Le rôle des hackers pour contrer la surveillance et promouvoir la démocratie – Sebastian Kubitschko

publié sur cogitatiopress.com (2015)

Résumé

Les pratiques liées aux technologies et aux infrastructures médiatiques (MTI) sont une partie de plus en plus importante des constellations démocratiques, en général, et des tactiques de la surveillance, en particulier. Cet article ne cherche pas à discuter de la surveillance en soi, mais plutôt d’ouvrir une nouvelle ligne d’enquête en présentant la recherche qualitative sur le Chaos Computer Club (CCC), l’une des plus grandes organisations de hackers dans le monde et l’une des plus anciennes organisations en Europe. Malgré la conception de longue date du piratage animé d’une signification politique, la portée et le style d’engagement des hackers avec les nouveaux enjeux liés à la surveillance restent mal compris. La raison de cet article est d’examiner le CCC en tant qu’organisation de la société civile qui agit contre les assemblages contemporaines de la surveillance de deux façons: tout d’abord, en dé-construisant la technologie existante et en soutenant, construisant, en maintenant et en utilisant des technologies et des infrastructures de médias alternatifs qui permettent une communication plus sécurisée et anonyme; et deuxièmement, en articulant leur expertise en matière de MTI contemporaine à un large éventail d’auditoires, de publics et d’acteurs. Soulignant l’importance de la «vie privée» pour le bien-être de la démocratie, je soutiens que l’organisation de hacker co-détermine « les espaces interstitiels dans les pratiques de traitement de l’information » (Cohen, 2012, p. 1931), et ce faisant, agit sur les caractéristiques structurelles indispensables des constellations démocratiques contemporaines.

Télécharger l’étude en ligne: http://www.cogitatiopress.com/ojs/index.php/mediaandcommunication/article/view/281

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La France, pays corrompu? (débat BFM Business)

BFM Business, 9/12/2014

Voir la 2ème partie du débat: http://www.dailymotion.com/video/x2c6or1_la-france-pays-corrompu-2-4-09-12_news

Voir la 3ème partie du débat: http://www.dailymotion.com/video/x2c6pm2_la-france-pays-corrompu-3-4-09-12_news

Voir la 4ème partie du débat: http://www.dailymotion.com/video/x2c6pny_la-france-pays-corrompu-4-4-09-12_news

Voir toutes les vidéos sur le même sujet: http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/la-france-pays-corrompu-14-0912-368878.html

Comment définir les sociétés secrètes?

Tous partis politiques, secrets, liés par un serment, sont dangereux pour une nation. Président Ulysses Grant

Le language du profane

Définition

Logo "Opposé à toutes les sociétés secrètes"« Par société secrète était autrefois signifié une société dont on connaissait l’existence, mais dont les membres et les lieux de réunions n’étaient pas connus publiquement. Aujourd’hui, nous entendons par société secrète, une société avec des secrets, ayant un rituel exigeant un serment d’allégeance et de discrétion, prescrivant des cérémonies à caractère religieux, soit par l’utilisation de la Bible, soit par extraits, ou par la mise en place d’un autel dans une loge, par l’utilisation de prières, de chants, de signes et de symboles religieux, de services funéraires spéciaux, etc » (Rosen, « L’Eglise catholique et les sociétés secrètes », p. 2).

Raich donne une description plus détaillée: « Les sociétés secrètes sont des organisations qui cachent complètement leurs règles, l’activité de leur entreprise, les noms de leurs membres, leurs signes, mots de passe et usages de l’extérieur ou du « profane ». En règle générale, les membres de ces sociétés sont tenus au secret le plus strict concernant toutes les affaires de l’association par serment ou promesse ou parole d’honneur, et souvent sous la menace de peines sévères en cas de sa violation.

Si une telle société secrète a des degrés supérieurs et inférieurs, les membres du plus haut degré doivent également prendre soin de cacher leurs secrets de leurs frères issus du degré inférieur. Dans certaines sociétés secrètes, les membres ne sont pas autorisés à savoir même les noms de leurs plus hauts officiers. Les sociétés secrètes ont été créées pour promouvoir certains objectifs idéaux, obtenus non pas par la violence mais par des mesures morales.

En cela, elles se distinguent des conspirations et complots secrets qui sont formés pour atteindre un objet particulier par des moyens violents. Les sociétés secrètes peuvent être religieuses, ou sociales, politiques, scientifiques. » (Kirchenlex., V, p. 519). En réduisant encore plus la définition à la signification technique des sociétés secrètes (societates clandestinae) dans les documents ecclésiastiques, l’archevêque Katzer dans une pastorale (20 janvier 1895) a dit: « L’Eglise catholique a déclaré qu’elle considère ces sociétés comme illicites et interdites quand elles (1) unissent leurs membres dans le but de conspirer contre l’État ou l’Église; (2) exigent le respect du secret à un point tel qu’il doit être maintenu devant même l’autorité ecclésiastique légitime; (3) demandent un serment de leurs membres ou une promesse d’obéissance aveugle et absolue; (4) font usage d’un rituel et de cérémonies qui les constituent en sectes ».

Lire l’intégralité de l’article: http://politicalvelcraft.org/secret-societies/

L’influence de la franc-maçonnerie au sein du gouvernement français

Le président défunt François Mitterrand (1916-1996) était un membre présumé de la franc-maçonnerie. Ses réalisations architecturales en sont la preuve, même si ce sujet est peu débattu en France, et certains considèrent que Mitterrand cherchait à mettre en place les piliers d’un gouvernement mondial.

Aujourd’hui, on peut se demander quels sont les restes de cette influence dans le gouvernement actuel, étant donné que le président François Hollande, par exemple, a travaillé pendant de nombreuses années dans le gouvernement de François Mitterrand:

« L’accession de François Mitterrand à l’Élysée en 1981 lance la carrière de François Hollande. Il devient chargé de mission en charge de l’Économie et est envoyé en Corrèze pour défier Jacques Chirac lors des législatives. » (Skynet.be)

Et d’autres politiciens comme Jean-Luc Mélenchon (FDG) ont aussi travaillé dans le gouvernement de François Mitterrand, même si aujourd’hui celui-ci n’est plus socialiste. Ce revirement est néanmoins récent, car J-L. Mélenchon faisait encore partie du gouvernement socialiste en 2000-2002 et il n’a quitté le parti qu’en 2008 pour fonder le Front de Gauche.

En 1987, J-L. Mélenchon qui n’est que sénateur à l’époque, a personnellement soutenu la candidature de François Mitterrand à la présidentielle face à deux autres candidats potentiels, comme on peut le voir dans une interview (archives INA).

J-L. Mélenchon a également admis publiquement dans une biographie datée de janvier 2012 être membre de la franc-maçonnerie, tout comme François Mitterrand avec qui il a travaillé était supposé l’être.

On peut aussi rappeler qu’en 1987, la même année que J-L. Mélenchon a soutenu la candidature de François Mitterrand à la présidentielle, Mitterrand une fois qu’il a été élu a reçu à l’Elysée une délégation de 350 franc-maçons (archives INA) accueillis pour une conférence au titre évocateur: « La place de la franc-maçonnerie dans le monde moderne », un titre qui peut laisser supposer que François Mitterrand devait son élection aux membres de la franc-maçonnerie ou qu’il était peut-être déjà membre de leur société.

Les sociétés secrètes peuvent avoir une grande emprise sur la politique, mais il n’y a jamais eu de révélations à ce sujet en France.

Mais dans un monde de transparence politique, ces sociétés secrètes ne devraient plus exister au sein des gouvernements.

Le gouvernement secret, ou la constitution en crise

« Le gouvernement secret », PBS.

Cette vidéo est extraite d’un documentaire de 1987, où le présentateur américain de la chaîne PBS, Bill Moyers, soulève la question de l’existence d’un gouvernement secret en mettant en lumière les nombreux réseaux qui pourraient y être reliés: politiques, économiques, services secrets, etc. Un autre terme employé pour y faire référence est celui de « gouvernement de l’ombre » [shadow government], un terme qui indique l’existence d’une conspiration qui agit en marge du pouvoir officiel.

« Le gouvernement secret est un réseau fermé de fonctionnaires officiels, d’espions, de mercenaires, d’ex-généraux, de profiteurs et de super-patriotes qui, pour une variété de motifs, opèrent en dehors des institutions légitimes des gouvernements. Les présidents ont recours à eux quand ils ne peuvent pas gagner le soutien du congrès ou de la population, créant ce pouvoir sans surveillance tant redouté par les professionnels de notre constitution. Imaginez que le rêve de William Casey soit devenu réalité. Supposez que l’entreprise ait grandi jusqu’à devenir une organisation super-secrète, auto-financée, auto-perpétuée. Imaginez qu’ils décident seuls d’assassiner Gorbachev ou le leader de l’Afrique du Sud. Est-ce que le président pourrait les contrôler? Et qu’en serait-il si le président devenait l’ennemi public n°1 de l’entreprise — qui le saurait? qui aurait pu dire non?… » (Bill Moyers, PBS)

Aujourd’hui, on peut se demander si le rôle de la NSA, dans la surveillance quasi-totalitaire des communications de la planète, peut s’apparenter ou non au pouvoir d’un gouvernement secret: la NSA, comme l’a souligné Edward Snowden dans sa première interview, peut espionner n’importe qui dans le monde, n’importe quel leader politique de la planète, y compris le président des Etats-Unis. La NSA peut accéder à n’importe quel type de communications, n’importe quel contenu crypté ou non-crypté, sans véritable contrôle de la justice, et de ce fait, la NSA acquiert un pouvoir de contrôle humain et de contrôle sur la société entière.

Nous reposons à notre façon les questions de Bill Moyers: Et si des espions de la NSA, ou d’une agence partenaire de la NSA, aux Etats-Unis ou à l’étranger, décident d’assassiner un leader politique, un militant écologiste ou un défenseur des droits de l’homme, qui pourrait s’y opposer? Qui pourrait le savoir à l’avance, alors qu’il n’y a quasiment aucun contrôle sur les données stockées par les agences de renseignement? Le pouvoir quasi-totalitaire de la NSA sur les communications de la planète met-il en péril la démocratie? Des gouvernements ont-ils pu être déstabilisés grâce à ces informations? Si la NSA était infiltrée par une société secrète, cela pourrait-il aider un gouvernement secret à prendre le contrôle de la démocratie?

Transcription complète du documentaire PBS sur le gouvernement secret: http://www.wanttoknow.info/050423secretgovernment

Les vraies raisons pour lesquelles le gouvernement français a voté la Loi de Programmation Militaire

logo LPMAvec le vote de la LPM [Loi de Programmation Militaire] à l’Assemblée Nationale, le 3 décembre, et au Sénat, le 10 décembre, beaucoup s’inquiètent de l’avenir des libertés et de l’étendue de la cyber-surveillance en France. Des associations de défense des droits de l’homme, de liberté de la presse, et d’autres représentant les libertés numériques, ont envoyé récemment une lettre pour saisir le Conseil Constitutionnel, comme le publie la Quadrature du Net. La Loi de Programmation Militaire inquiète de manière réelle en France, autant que les révélations d’Edward Snowden ont pu inquiéter le monde.

Avec le scandale Prism, la France aurait dû montrer l’exemple démocratique et initier un débat sur l’espionnage, car la vie privée n’est-elle pas « un sujet de société qui justifie un débat général, et non spécifique, encore plus impérieux à l’heure de notre entrée dans ce nouveau monde du numérique »? (Source: Les Echos) La France aurait aussi pu proposer de rendre les services secrets plus transparents et d’expliquer son partenariat problématique avec la NSA, et sa participation supposée à la Five Eyes Alliance, ces cinq pays occidentaux qui auraient mis en commun leurs capacités de surveillance au niveau mondial – ce qui semble, somme toute, assez inquiétant. Au lieu de cela, rien du tout: le silence commun du gouvernement français et des services secrets.

Mais alors que François Hollande semblait s’offusquer de la surveillance pratiquée par les Etats-Unis, le Sénat a confirmé, dans notre pays, la Loi de Programmation Militaire — une loi au nom peu amical qui va exactement dans le sens de ce que fait la NSA, c’est-à-dire d’étendre la collecte des données numériques en temps réel, sans autorisation judiciaire et sans véritable contrôle sur les services secrets. Le Sénat a d’ailleurs ignoré, en France, les appels des associations qui avertissent sur les possibles atteintes aux libertés individuelles dans le cadre de cette loi et qui évoquent « la possibilité pour l’Etat de capter aussi bien les données de connexion (horadatage, adresse IP) que les documents « traités ou conservés », c’est à dire du contenu privé (photo, courriels) en bonne et due forme », et encore plus inquiétant, « leur captation directe et en temps réel, sur les réseaux des opérateurs, par les services de renseignement ». (Source: 01net.com)

C’est donc dans cette direction que va la démocratie française, en plein scandale Prism, sans qu’il y ait même eu un grand débat public sur la surveillance et sans même que notre président ait pris la peine d’éclaircir le rôle des services secrets français vis-à-vis de la NSA américaine – alors que la DGSE aurait bien transmis des données aux services de renseignement américains, selon le journal Le Monde -, et sans même que les citoyens français aient pu donner leur avis sur ce genre de pratiques d’espionnage illégal et sur le renforcement des lois de la surveillance?… Où va-t-on?

La vraie raison de cette Loi de Programmation Militaire, c’est sans doute que le gouvernement français veut légaliser certaines pratiques d’espionnage qui sont peut-être déjà utilisées par les services secrets — et la précipitation dans laquelle a été votée cette loi semble plutôt indiquer que des pratiques illégales sont en cours ou existent déjà dans notre pays, renforçant ainsi les affirmations de la presse, mais s’ils se précipitent de légaliser ces pratiques et de les autoriser par une loi peu objective, c’est évidemment pour éviter qu’un lanceur d’alerte à la Snowden le révèle au grand public, un jour ou l’autre. L’Etat français manifeste-t-il ainsi sa peur de futures révélations sur ses propres services d’espionnage? Des révélations plus graves pourraient-elles aller plus loin que ce qu’a publié Le Monde en dévoilant la France comme « un précieux partenaire de l’espionnage de la NSA »? On aurait tendance à le penser, avec le vote précipité de la LPM qui dévoile une certaine peur du gouvernement français.

Car, que ferait l’Etat français, si un autre Snowden décide, en effet, de publier les documents de la prétendue Five Eyes Alliance, témoignant de collectes illégales faites par les services de renseignement français dans le cadre, par exemple, d’une collaboration secrète avec la NSA, comme cela a été révélé pour la Suède? Si ces choses existaient, cela ferait beaucoup de bruit et le gouvernement français aurait du mal à expliquer et à justifier une collaboration secrète avec la NSA, dans un contexte actuel marqué par une crise de confiance des français envers leur propre gouvernement et dans un contexte politique difficile sur beaucoup d’autres sujets.

Mais pourquoi l’Etat français voudrait-il cacher et censurer des choses, me direz-vous? Pourquoi la DGSE refuse-t-elle de communiquer à ce sujet? Pourquoi vouloir faire passer cette loi peu objective et liberticide? Tous ces signes d’un refus de communication sont très inquiétants. Ce n’est pas normal que l’Etat et les services secrets refusent de communiquer à ce sujet, alors que l’on vit en démocratie. Les problèmes de sécurité et de terrorisme ne sont pas une raison suffisante pour faire passer ce genre de lois: il est tout à fait possible de rendre le pays plus sûr, en construisant un internet libre qui protège nos données personnelles, ou de laisser les citoyens accéder même partiellement aux informations qui sont stockées sur eux par les services de renseignement, une idée parfois proposée pour éviter toutes sortes d’abus.

Et surtout, ce genre de loi ne peut passer sans l’avis et la connaissance exacte de ce que sont le contenu et les implications de la loi de programmation militaire — si la loi est votée sans le consentement de la population française, soulevant les inquiétudes de journalistes, d’associations et de divers membres de la société, et sans véritable consensus autour de son contenu, cela peut s’assimiler à ce que font les régimes autoritaires de certains pays, quand ils imposent des décisions à l’encontre des intérêts de leur population. Mais, bien sûr, en France, ceci ne serait pas digne de notre gouvernement. Il faut espérer que tous les citoyens continuent à se mobiliser pour défendre leurs droits et leurs libertés.

Des écrivains se mobilisent « Pour une Défense de la Démocratie à l’Ère Numérique »

Pétition de Writers Against Mass Surveillance

Change.org, le mardi 10 décembre

À l’occasion de la Journée mondiale des Droits de l’Homme, 562 auteurs, dont 5 lauréats du Prix Nobel, issus de 80 pays, ont lancé conjointement un appel pour la défense des libertés individuelles face à la surveillance organisée par les entreprises et les gouvernements. Les 5 Prix Nobel signataires sont: Orhan Pamuk, J.M. Coetzee, Elfriede Jelinek, Günter Grass et Tomas Tranströmer. Parmi les signataires, se trouvent également Umberto Eco, Margaret Atwood, Don DeLillo, Daniel Kehlmann, Nawal El Saadawi, Arundhati Roy, Henning Mankell, Richard Ford, Javier Marias, Björk, David Grossman, Arnon Grünberg, Angeles Mastretta, Juan Goytisolo, Nuruddin Farah, João Ribeiro, Victor Erofeyev, Liao Yiwu et David Malouf.

Cet appel mondial a été organisé par un collectif indépendant d’écrivains: Juli Zeh, Ilija Trojanow, Eva Menasse, Janne Teller, Priya Basil, Isabel Cole et Josef Haslinger. Le 10 décembre, il a été publié dans 30 journaux à travers le monde: 

Ces derniers mois, l’étendue de la surveillance de masse est devenue notoriété publique. De quelques clics de souris, l’État peut accéder à votre portable, à votre adresse e-mail, à vos réseaux sociaux et à vos recherches sur Internet.

Il peut suivre vos penchants et vos activités politiques et, en partenariat avec des sociétés de l’Internet, il recueille et stocke vos données et il peut donc prédire votre consommation et vos comportements.

Le pilier fondamental de la démocratie est l’intégrité inviolable de l’individu. L’intégrité humaine s’étend bien au-delà du corps physique.  Dans leurs pensées et dans leurs environnements personnels et de communication, tous les êtres humains ont le droit à une intimité sans encombre.

Ce droit fondamental est rendu caduc par l’abus de l’évolution technologique par les États et par les sociétés organisées à des fins de surveillance de masse.

Une personne placée sous surveillance n’est plus libre;  une société sous surveillance n’est plus une démocratie. Pour rester valides, nos droits démocratiques doivent s’appliquer aussi bien dans le virtuel que dans le concret.

* La surveillance viole la sphère privée et compromet la liberté de pensée et d’opinion.

* La surveillance des masses traite chaque citoyen comme un suspect potentiel. Elle remet en question un de nos triomphes historiques : celui de la présomption d’innocence.

* La surveillance rend l’individu transparent, tandis que l’État et la société fonctionnent dans le secret. Comme nous l’avons vu, ce pouvoir est systématiquement abusif.

* La surveillance est un vol. Ces données ne sont pas un bien public: elles nous appartiennent. Quand elles sont utilisées pour prédire notre comportement, nous sommes spoliés d’autre chose : du principe de la libre volonté, essentiel à la liberté démocratique.

NOUS EXIGEONS LE DROIT pour tous les peuples à déterminer, comme citoyens démocratiques, dans quelle mesure leurs données personnelles peuvent être légalement collectées, stockées et traitées et par qui;  d’obtenir des informations sur l’endroit où leurs données sont stockées et comment elles sont utilisées;  d’obtenir la suppression de leurs données si elles ont été illégalement recueillies et stockées.

NOUS APPELONS TOUS LES ÉTATS ET SOCIÉTÉS à respecter ces droits.

NOUS APPELONS TOUS LES CITOYENS à se lever en défense de ces droits.

NOUS APPELONS LES NATIONS UNIES à reconnaître l’importance centrale de la protection des droits civils de l’ère numérique et de créer une Charte internationale des droits numériques.

NOUS APPELONS LES GOUVERNEMENTS à signer et à adhérer à une telle convention.

Écrivains à l’origine de l’appel:

Juli Zeh Allemagne
Ilija Trojanow Allemagne
Eva Menasse Allemagne
Janne Teller Danemark
Priya Basil Royaume-Uni
Isabel Fargo Cole États-Unis
Josef Haslinger Autriche

Lien de la pétition: https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/pour-une-d%C3%A9fense-de-la-democratie-%C3%A0-l-%C3%A8re-num%C3%A9rique

Vidéo: Le Gén. Paul Vallely exige la démission d’Obama

Vidéo publiée le 2 décembre 2013

Un général de l’armée à la retraite, le major-général Paul E. Vallely, exige du Congrès et de toutes les branches de notre gouvernement d’accomplir leurs « devoirs constitutionnels » en exigeant les « démissions forcées » d’Obama et d’autres responsables de l’administration dans cette interview Skype avec Steve Malzberg.

http://en.wikipedia.org/wiki/Paul_E._Vallely

Le gouvernement britannique contre ses journalistes

Le journaliste Glenn Greenwald et Edward Snowden

Nathalie Collard (Lapresse.ca), le 07 novembre 2013

Au moment où on pleure la mort des deux reporters français assassinés au Mali le week-end dernier, et qu’en même temps, on réitère l’importance du travail journalistique en démocratie, la Grande-Bretagne livre une charge sans précédent à l’endroit du journalisme d’enquête.

Les pressions exercées par le premier ministre David Cameron sur le quotidien The Guardian sont tellement intenses qu’elles ont fait réagir plusieurs groupes de défense des droits de la personne qui ont publié lundi une lettre ouverte dénonçant cette menace à la liberté de presse.

Rappelons les faits: depuis plusieurs mois, le Guardian publie des articles du journaliste Glenn Greenwald qui reposent sur des données divulguées par Edward Snowden, ancien consultant auprès de la National Security Agency (NSA), aujourd’hui réfugié en Russie. Ces informations explosives concernent entre autres des opérations d’espionnage des États-Unis dans divers pays européens. Pour des raisons de sécurité, et pour éviter d’être intercepté par les autorités américaines, Glenn Greenwald travaille de chez lui, au Brésil. Il y a quelques semaines, son conjoint a été intercepté à l’aéroport d’Heathrow où on lui a confisqué téléphone cellulaire et ordinateur et où on l’a interrogé pendant neuf heures. Bref, la tension est grande.

Le Guardian est au coeur de la tempête et fait l’objet de pressions continues de la part du gouvernement britannique. L’été dernier, son rédacteur en chef, Alan Rusbridger, a révélé avoir été forcé par des représentants des services secrets britanniques de détruire des fichiers reliés à l’affaire Snowden. Loin de se laisser intimider, il avait déclaré qu’il publierait désormais à partir des bureaux du Guardian aux États-Unis.

Mais les pressions gouvernementales se sont poursuivies jusqu’à atteindre leur point culminant, la semaine dernière, lorsque le premier ministre Cameron y est allé d’une déclaration que d’aucuns ont qualifiée de menace.

«Je ne veux pas avoir à utiliser des injonctions ou d’autres mesures plus dures, a déclaré David Cameron. Je préfère de loin en appeler au sens de la responsabilité sociale des journaux. Mais s’ils ne font pas preuve de responsabilité sociale, il sera très difficile pour le gouvernement de rester passif et de ne pas agir.»

Le député Keith Vaz a pour sa part annoncé que la commission parlementaire britannique sur le contre-terrorisme allait enquêter sur le Guardian. Est-ce que le quotidien a enfreint la loi en publiant les informations divulguées par Edward Snowden? A-t-il mis la sécurité du pays en danger? Ce sont des questions auxquelles la commission tentera de répondre.

De leur côté, les signataires de la lettre – environ 70 organismes issus d’une quarantaine de pays- sonnent l’alarme à propos de ces pressions qui, disent-ils, tentent d’empêcher le débat public sur les questions soulevées par les révélations du Guardian.

«Nous avons uni nos voix au sein d’une coalition internationale, car nous croyons que la réponse de la Grande-Bretagne face aux révélations concernant les opérations de surveillance de la NSA porte atteinte aux droits de la personne au pays, écrivent-ils. La réponse du gouvernement a été de condamner au lieu de célébrer le journalisme d’enquête qui joue un rôle crucial dans une société démocratique en santé.»

La lettre est disponible dans son intégralité sur le site du Guardian.

Source: http://www.lapresse.ca/international/dossiers/sous-surveillance/201311/07/01-4708150-le-gouvernement-britannique-contre-ses-journalistes.php

Avec le scandale Prism, quel avenir pour la NSA?

Recyclage NSA-CIA-PRISMAvec le flot des révélations sur Prism qui a envahi les journaux du monde entier, on peut se demander comment la NSA pourra continuer son travail d’espionnage, alors que tous les pays sont en train de se retourner contre le gouvernement américain. Est-ce que la NSA va devoir cesser ses activités face aux pressions internationales? Est-ce que les Etats vont renoncer définitivement aux services secrets et licencier massivement tous leurs agents, afin de respecter la vie privée de tout le monde? Est-ce que les Etats feront de vrais efforts pour la transparence dans les années qui viennent?

Les prochaines années vont certainement rester très turbulentes sur ce thème de l’espionnage gouvernemental. Ce n’est pas seulement la NSA qui est en cause, mais le système d’espionnage en lui-même, tel qu’il est pratiqué par tous les pays. Ce qui nous apparaît, à nos petits yeux de citoyens, c’est que tous les services secrets du monde entier pratiquent ces méthodes injustes qui portent atteinte à la vie privée des gens. La NSA n’est pas seule à engendrer ces programmes, tous les gouvernements font pareil et n’hésitent pas à parler d’une voix commune quand il s’agit de réprimer les dissidents.

Alors, pourquoi accuser la NSA, plus que la DGSE française, le KGB russe, ou tout autre service secret de n’importe quel Etat, que ce soit une démocratie ou une dictature? (car vous avez bien compris qu’ils veulent tous garder le pouvoir, qu’ils soient des présidents élus ou des dictateurs) Est-ce qu’après les révélations sur la NSA, vous n’avez pas simplement envie de dire: « Ils sont tous pareils, ces services secrets qui nous espionnent. Ils sont tous aussi corrompus les uns que les autres. »

Les services secrets apparaissent de plus en plus, dans leur essence même, comme des systèmes injustes qui portent atteinte aux libertés des individus et qui menacent l’équilibre de la vie démocratique. Alors, pourquoi ne pas y renoncer définitivement, comme le proposent des candidats aux Etats-Unis, notamment Ron Paul qui propose de supprimer la CIA? Pourquoi ne pas mettre un terme définitif à l’espionnage massif des citoyens?

En pleine crise économique, est-ce que le licenciement de plusieurs milliers – voire millions – d’agents secrets, ne serait pas plus utile, plutôt que de licencier des milliers d’enseignants, d’ouvriers, d’agriculteurs ou de médecins? En pleine austérité économique, licencier les espions et les agents secrets ferait peut-être beaucoup de bien à l’économie de nos pays. Personne ne s’est vraiment encore penché sur la question.

Est-ce que les services secrets sont vraiment utiles?

– Non, ils menacent surtout nos libertés.

Est-ce que l’espionnage est utile?

– Non, c’est de l’argent dépensé dans des technologies oppressives qui agissent contre les droits de l’homme.

On imagine les millions de dollars dépensés par la NSA dans l’espionnage, et les millions d’euros qui sont certainement aussi dépensés en France et en Europe par nos gouvernements. Tout cet argent économisé pourrait être réinvesti ailleurs. Si Mme Eva Joly voulait encore se présenter comme candidate aux prochaines élections en France, est-ce qu’elle ne voudrait pas – par hasard – recycler tous ces vilains agents secrets qui nous espionnent via nos Iphones en gentils lanceurs d’alerte et en militants de la vie privée (ou en autre chose d’utile, si elle trouve une autre idée)?…

Ecrit par Kimono

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