Edward Snowden condamne le projet de loi d’urgence sur la surveillance du Royaume-Uni

Le lanceur d’alerte de la NSA Edward Snowden dit que la loi de surveillance du Royaume-Uni « défie l’entendement »

Le lanceur d’alerte de la NSA Edward Snowden a condamné la nouvelle loi sur la surveillance qui est adoptée au parlement du Royaume-Uni cette semaine.

Il a exprimé son inquiétude au sujet de la vitesse à laquelle c’est fait, l’absence de débat public, les campagnes de peur et ce qu’il décrit comme des pouvoirs accrus d’intrusion.

(texte youtube)

Lire l’article du Guardian: http://www.theguardian.com/world/2014/jul/13/edward-snowden-condemns-britain-emergency-surveillance-bill-nsa

Lire aussi:

Le Royaume-Uni vote en catastrophe une loi sur la surveillance électronique (LeMonde.fr)

Le Royaume-Uni adopte à la hâte des lois autorisant une surveillance intrusive tandis que le renseignement passe en jugement (Amnesty International)

 

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Edward Snowden s’est exprimé devant le Conseil de l’Europe

Devant le Conseil de l’Europe, Snowden confirme que des ONG ont fait l’objet d’écoutes

Edward Snowden, ancien consultant de la NSA, a été entendu, via une liaison vidéo en direct depuis Moscou. Le lanceur d’alertes, devenu célèbre après ses révélations sur les programmes d’espionnage de la NSA, est intervenu dans le cadre d’une audition parlementaire sur ces opérations massives de surveillance, en marge de la session plénière de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

Voir le témoignage intégral d’Edward Snowden (vidéo): http://fr.euronews.com/2014/04/08/edward-snowden-va-sexprimer-via-liaison-video-devant-le-conseil-de-leurope/

Espionnage: Snowden explique comment la Nsa a instrumentalisé l’Europe

Edward SnowdenLaNouvelleTribune.info, 9 mars 2014

Edward Snowden, l’ancien consultant de l’agence nationale de sécurité américaine (Nsa), réfugié à Moscou depuis la mi-2013, fait une fois encore parler de lui. L’homme qui est à la base des révélations fracassantes sur les méthodes controversées de surveillance de la Nsa vient de remettre une déposition aux députés européens.

Edward Snowden précise qu’il ne s’agit pas de nouvelles révélations sur les méthodes de la Nsa. Seulement, il remet à cette grande institution européenne des éléments à dénoncer sur l’espionnage au sein même de l’Europe, par des Etats européens et pour la Nsa.

Il le fait bien évidemment dans un contexte un peu spécial. Le Parlement européen se prononce la semaine prochaine sur une motion préconisant la suspension de deux importants accords d’échange de données entre l’UE (Union Européenne) et les Etats-Unis. Ces accords sont Swift et Safe Harbour. Aussi, en Ukraine, se déroule actuellement une guerre froide entre la Russie d’un côté, l’UE et les Etats-Unis de l’autre. Cette crise ukrainienne, qui se joue pour étendre ou rétrécir  la zone d’influence de l’Occident, pourrait sans doute renforcer la coopération UE-Usa dans plusieurs domaines, y compris celui de l’espionnage et du contre-espionnage.

Edward Snowden dénonce comment certains Etats européens ont fait le jeu des Etats-Unis. En version Pdf, c’est un document de 12 pages. Il comprend des liens renvoyant aux révélations faites par des journaux sur leurs sites web. « L’une des activités essentielles de la division des affaires étrangères de la Nsa est de faire pression sur les Etats membres de l’Union européenne, pour qu’ils changent leurs lois et permettent ainsi la surveillance de masse », indique l’ancien informaticien et consultant de la Nsa. Il a ajouté que la Nsa a fourni aux pays européens l’expertise et la technologie nécessaires à la surveillance de masse. Cela a permis à nombre d’Etats européens d’espionner les ressortissants des Etats voisins, mais pas leurs propres citoyens. Lire ci-dessous l’intégralité de la version anglaise de la déposition de Snowden aux parlementaires européens.

Pour lire la déposition de Snowden, cliquez ici

Source: http://www.lanouvelletribune.info/index.php/actualite/etranger/18430-espionnage-snowden-explique-comment-la-nsa-a-instrumentalise-l-europe

Snowden invoque le principe de Nuremberg lors de sa conférence de presse à Moscou

Edward Snowden à Moscou

Solidarité & progrès, samedi 13 juillet 2013

Le lanceur d’alerte Edward Snowden a rencontré le 12 juillet, à l’aéroport Sheremetyevo de Moscou, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, incluant Amnesty International et Human Rights Watch (HRW).

Avant la conférence de presse prévue pour l’occasion, l’ambassadeur américain à Moscou avait demandé à HRW de transmettre un message à Snowden, disant que le gouvernement américain ne le reconnaissait pas comme un lanceur d’alerte mais comme un simple criminel.

Voici les remarques faites par Snowden lors de la conférence de presse, au cours de laquelle il en a appelé à la Constitution américaine, à la déclaration des droits de l’Homme et au principe du tribunal de Nuremberg pour juger de la criminalité de l’administration Obama.

Bonjour,

Je m’appelle Ed Snowden. Il y a un peu plus d’un mois, j’avais une famille, un foyer au paradis, et je vivais dans un grand confort. J’avais aussi la capacité de faire des perquisitions sans mandat, de saisir et de lire vos communications. Les communications de quiconque, à n’importe quel moment. C’est-à-dire le pouvoir de changer le destin des gens.

C’est également une violation majeure de la loi. Les 4ème et 5ème amendements à la Constitution de mon pays, l’Article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, ainsi que plusieurs traités interdisent de tels systèmes de surveillance massive et étendue.

Tandis que la Constitution américaine prescrit ces programmes comme illégaux, mon gouvernement prétend que des ordonnances de justice secrètes, que personne n’a le droit de regarder, confèrent une certaine légitimité à cette affaire illégale. Ces ordonnances ne font que corrompre les notions de justice les plus fondamentales. Ce qui est immoral ne peut être rendu moral par le recours à des lois secrètes.

Je crois aux principes affirmés à Nuremberg en 1945 : ’Les individus ont des devoirs internationaux qui transcendent les obligations nationales d’obéissance. Par conséquent, les citoyens ont à titre privé le devoir de violer les lois domestiques pour empêcher des crimes contre la paix et l’humanité d’avoir lieu.’

Ainsi, j’ai fait ce que je croyais être juste et j’ai commencé une campagne visant à corriger ces méfaits. Je n’ai pas cherché à m’enrichir. Je n’ai pas cherché à vendre des secrets américains. Je ne me suis allié à aucun gouvernement étranger pour garantir ma sécurité. Au lieu de cela, j’ai pris ce que je savais pour le mettre à la disposition du public, afin que ce qui nous affecte tous puisse être discuté par nous tous au grand jour, et j’ai demandé au monde la justice.

Cette décision morale de dire au public comment cet espionnage nous affecte tous m’a coûté cher, mais c’était la bonne chose à faire et je n’ai aucun regret.

Depuis ce jour, le gouvernement et les services de renseignements des Etats-Unis d’Amérique ont cherché à faire de moi un exemple, un avertissement à tous les autres qui pourraient parler comme je l’ai fait. On m’a rendu apatride et on m’a pourchassé pour mon acte d’expression politique. Le gouvernement des Etats-Unis m’a inscrit sur une liste d’interdiction de vol. Il a demandé à Hong Kong de me renvoyer en dehors du cadre de ses lois, en directe violation des principes de non-refoulement – la Loi des nations. Il a menacé de sanctions les pays qui respecteraient les droits de l’Homme et le système d’asile de l’ONU.

Il a même pris l’initiative sans précédent d’ordonner à des alliés militaires de forcer l’atterrissage d’un avion présidentiel dans sa recherche d’un réfugié politique. Cet escalade dangereuse représente une menace non seulement à la dignité de l’Amérique latine, mais aux droits humains partagés par tout individu, toute nation vivant en liberté contre la persécution, et cherchant à bénéficier de l’asile.

Pourtant, confronté à cette agression hors de proportion d’un point de vue historique, des pays à travers le monde m’ont offert soutien et refuge. Ces pays, incluant la Russie, le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua et l’Équateur, ont ma gratitude et mon respect pour être les premiers à tenir tête aux violations des droits humains perpétrées par les plus puissants plutôt que par les plus faibles. En refusant de compromettre leurs principes face à l’intimidation, ils ont gagné le respect du monde. J’ai l’intention de me rendre dans chacun de ces pays pour faire part de ma gratitude à leur peuple et à leurs dirigeants.

Je vous fais part aujourd’hui de mon acceptation formelle de toutes les offres d’asile que j’ai reçues et de celles qui peuvent m’être faites à l’avenir. Avec, par exemple, le droit d’asile qui m’a été accordé par le Président du Venezuela Maduro, mon statut de réfugié est maintenant officiel, et aucun autre Etat n’a le droit d’interférer dans mon droit de bénéficier de cet asile. Comme nous l’avons toutefois constaté, certains gouvernements en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord ont démontré leur volonté d’agir en dehors du droit, et leur comportement persiste jusqu’à ce jour. Cette menace illégale m’enlève la possibilité de me rendre en Amérique latine pour bénéficier du droit d’asile qui m’a été accordé là-bas, en accord avec les droits que nous partageons.

Cette volonté des Etats puissants d’agir en dehors du droit représente une menace pour nous tous, et nous ne devons pas lui permettre de triompher. Ainsi, je demande votre assistance dans ma requête de garanties pour un sauf-conduit à l’égard des pays concernés, afin que je puisse me rendre en Amérique latine, ainsi que dans ma requête d’asile en Russie, jusqu’à ce que ces Etats agissent selon le droit et que mes voyages légaux soient permis. Je vais soumettre ma requête à la Russie aujourd’hui, et j’espère qu’elle sera reçue favorablement.

Source: http://www.solidariteetprogres.org/actualites-001/article/snowden-invoque-le-principe-de-nuremberg-lors-de.html

Communiqué d’Edward Snowden aux groupes de Droits de l’homme à l’aéroport Cheremetievo de Moscou: http://wikileaks.org/Statement-by-Edward-Snowden-to.html

Communiqué audio intégral d’Edward Snowden à l’aéroport Cheremetievo de Moscou: https://soundcloud.com/frank-forrester-1/full-edward-snowdens-statement

Voir l’extrait vidéo du communiqué d’Edward Snowden: http://lifenews.ru/news/116311

WikiLeaks: Déclaration d’Edward Snowden à Moscou

Save Snowden:Save Freedom

Lundi 1er Juillet, 21:40 GMT

Il y a une semaine, j’ai quitté Hong Kong lorsqu’il est devenu clair que ma liberté et ma sécurité étaient menacées parce que j’avais révélé la vérité. Je suis toujours en liberté grâce aux efforts continus de vieux et de récents amis, de ma famille, et d’autres personnes que je n’ai jamais rencontrées et que je ne rencontrerai probablement jamais. J‘ai mis ma vie entre leurs mains et ils m’ont rendu cette confiance en mettant leur foi en moi et je leur en serai pour toujours reconnaissant.

Jeudi, le président Obama a déclaré au monde entier qu’il n’y aurait pas d’ »affairisme diplomatique »  à mon sujet. Pourtant, il est dit à présent qu’après avoir promis qu’il ne le ferait pas, le président a ordonné à son vice-président de faire pression sur les dirigeants des nations a qui j’ai demandé protection pour qu’ils refusent mes demandes d’asile.

Ce genre de tromperie  de la part d’un dirigeant mondial ne représente pas la justice, et il en est de même pour la peine additionelle extra-légale de l’exil. Ce sont de vieux, de mauvais outils d’agression politique. Leur but est de faire peur, pas à moi, mais à ceux qui voudraient  en faire autant.

Pendant des décennies, les Etats-Unis d’Amérique ont été l’un des plus ardents défenseurs du droit d’asile. Malheureusement, ce droit, énoncé et voté par les Etats-Unis et figurant dans l’article 14 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, est actuellement rejeté par le gouvernement de mon pays. L’administration Obama a adopté la stratégie qui consiste à utiliser la citoyenneté comme une arme. Même si je ne suis reconnu coupable de rien, il a unilatéralement révoqué mon passeport, me laissant apatride. Sans aucune décision judiciaire, l’administration cherche maintenant à m’empêcher d’exercer un droit fondamental. Un droit qui appartient à tout le monde. Le droit de demander l’asile.

En fait,  l’administration Obama n’a pas peur des lanceurs d’alerte tels que moi, Bradley Manning ou Thomas Drake. Nous sommes apatrides, emprisonnés, ou impuissants. Non, l’administration Obama a peur de vous. Elle a peur d’un public informé et en colère qui demande le gouvernement constitutionnel qui lui a été promis – et elle devrait l’être.

Je suis invaincu dans mes convictions et impressionné par les efforts déployés par tant de personnes.

Edward Joseph Snowden

Lundi 1er Juillet 2013

Source: http://wikileaks.org/Statement-from-Edward-Snowden-in.html?snow

Traduction française par Mayya: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,20052.0.html