Julian Assange interviewé par la Hollywood Foreign Press Association

Extrait 1 de l’interview Skype de Julian Assange, réalisée par la HFPA

Le fondateur de WikiLeaks se confie dans une interview exclusive accordée à notre correspondant [dhnet.be] à Hollywood.

Avec la sortie du Cinquième Pouvoir, un biopic consacré à Julian Assange (joué par l’acteur britannique Benedict Cumberbatch), le fondateur de WikiLeaks, c’était l’occasion rêvée pour approcher le dissident numérique. Quatorze mois de négociations ont été nécessaires. Mais le fruit de ces efforts soutenus a finalement payé. Traqué par le gouvernement américain après avoir révélé online et au monde entier quelques dossiers que l’on qualifiera – pour faire court – d’ultrasensibles, son interview, rare et personnelle, est publiée en exclusivité sur le site internet de La DH.

Lire l’intégralité de l’interview avec la HFPA: http://www.dhnet.be/actu/monde/assange-ma-famille-est-menacee-de-mort-5267545e3570c8cf50b9edc1

Voir les autres extraits vidéos de cette interview:

Extrait 2 de l’interview

Extrait 3 de l’interview

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Jacob Appelbaum se fait beaucoup de souci pour le futur de votre vie privée

Jacob Appelbaum à BerlinPhoto: Jacob Appelbaum à Berlin

Selon le magazine Rolling Stone, Jacob Appelbaum serait le « mec le plus dangereux du cyberespace ». Mais il ne l’est pas, et cette étiquette le fait chier. Appelbaum est en réalité un expert en cybersécurité et l’un des développeurs du Tor Project ; un collaborateur de WikiLeaks qui a récemment coécrit un livre avec Julian Assange et un ami de Laura Poitras, la confidente d’Edward Snowden, Laura Poitras avec qui il enquête sur la NSA pour Der Spiegel.

En 2010, Jacob est devenu une cible des services de renseignement étatsuniens du fait de ses liens avec WikiLeaks ; son matériel électronique a été saisi et Jacob a été placé en détention un paquet de fois. Pas particulièrement amateur de la persécution dont il faisait l’objet, Appelbaum est parti en Allemagne où il s’est fait approcher par tous les principaux partis politiques pour être leur expert en informatique ; il fait également office de consultant pour tous les films traitant de cybersurveillance et de sécurité sur Internet.

Le jour de notre interview, ses collègues du Chaos Computer Club – le plus grand collectif de hackers européen – s’attelaient à déjouer, avec succès, le fameux système de déverrouillage par empreinte digitale de l’iPhone 5S. Et Appelbaum promettait d’importants développements du réseau Tor. On s’est assis ensemble pour parler de la possibilité d’existence de la liberté individuelle dans le monde moderne.

Lire l’interview de Jacob Appelbaum: http://www.vice.com/fr/read/jacob-appelbaum-se-fait-beaucoup-de-souci-pour-le-futur-de-votre-vie-privee

La police suédoise enquête sur la disparition d’une valise de Julian Assange

Julian Assange-Londres

Publié par Associated Press le mardi 03 septembre 2013 à 17h54. Modifié par Léandre Drolet à 18h18

STOCKHOLM – La police suédoise a ouvert une enquête mardi après que le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, eut porté plainte pour la disparition de l’une de ses valises en 2010, alors qu’il quittait la Suède en direction de l’Allemagne.

La valise en question contenait trois ordinateurs portables avec du matériel de WikiLeaks, notamment des «preuves» de crimes de guerre qui auraient été commis par les forces américaines en Afghanistan, selon la déclaration sous serment et la plainte criminelle déposées par l’avocat de M. Assange à la police de l’aéroport de Stockholm.

Dans la déclaration, Julian Assange laisse entendre que sa valise pourrait avoir été saisie illégalement «dans le cadre d’une opération du renseignement ayant pour but de récolter des informations» à son sujet.

Il n’a offert aucune preuve de ses allégations, mais a précisé que toutes les tentatives pour retrouver sa valise, disparue en septembre 2010 après avoir été enregistrée auprès du transporteur aérien, avaient échoué.

La plainte a été déposée à la veille de la visite du président des États-Unis, Barack Obama, en Suède.

«La saisie présumée, ou le vol, s’est produite à une période de tentatives intenses des États-Unis pour empêcher les publications de 2010 par WikiLeaks», affirme M. Assange, qui a demandé aux autorités suédoises de «réclamer des explications» aux membres de la délégation du président américain durant leur visite.

La police des frontières à l’aéroport de Stockholm a ouvert une enquête après avoir reçu la plainte mardi, a indiqué une porte-parole, Jessica Fremnell.

Elle a refusé de dire si les autorités suédoises interrogeraient des membres de l’entourage de M. Obama, comme le demande le fondateur de WikiLeaks.

«Nous prenons nos propres décisions quant à ce que nous pensons devoir faire», a-t-elle dit.

Julian Assange, originaire de l’Australie, est réfugié depuis plus d’un an dans l’ambassade d’Équateur à Londres afin d’éviter son extradition en Suède, qui veut l’interroger en lien avec des allégations de nature sexuelle.

Source: http://www.985fm.ca/international/nouvelles/la-police-suedoise-enquete-sur-la-disparition-d-un-263658.html

Communiqués de presse Wikileaks:

Wikileaks lance une enquête criminelle avant la visite d’Obama en Suède, mercredi: http://wikileaks.org/Press-Release-WikiLeaks-Launches.html
AFFIDAVIT de Julian Paul Assange (.pdf)

La police suédoise ouvre un fichier de plainte criminelle avant la visite d’Obama en Suède, mercredi: http://wikileaks.org/Updated-Press-Release-WikiLeaks.html
AFFIDAVIT de Julian Paul Assange (.pdf)

Wikileaks dépose une seconde plainte criminelle en Allemagne: http://wikileaks.org/WikiLeaks-Files-Second-Criminal.html
AFFIDAVIT de Julian Paul Assange (.pdf)

Anonymous adresse une pétition à Obama pour légaliser les attaques DDoS

Wikileaks-op4-By Anonymous (Operation Payback IRC channel.) [Public domain], via Wikimedia Commons

Anonymous, le groupe de hacking Internet, a adressé une pétition à l’administration Obama pour légaliser les attaques DDoS.

Au moyen du formulaire en ligne de la pétition, sur le site officiel de la Maison Blanche, Anonymous affirme qu’une cyber-attaque, qui paralyse des sites web et les rend indisponibles en inondant leurs serveurs avec des données inutiles, n’est pas du hacking, mais une forme légitime de protestation.

Une attaque DDoS “est l’équivalent d’un clic répété sur un bouton pour rafraîchir une page web”, écrit Anonymous dans sa pétition. “Ce n’est pas différent, en ce sens, de n’importe quelle manifestation d’occupation. ”

“Au lieu d’un groupe de personnes qui se tiennent dehors face à un bâtiment pour occuper un espace, ceux-ci ont leur ordinateur pour occuper un site web dans le but de ralentir (ou d’empêcher) un service de ce site web particulier, pendant un court laps de temps.”

Anonymous a utilisé les attaques DDoS dans le cadre de diverses campagnes politiques et idéologiques dans le passé. Les sites web du gouvernement du Zimbabwe ont été pris d’assaut par le groupe en utilisant cette tactique en janvier 2011. L’ “Opération Payback” a été lâchée en retour, en décembre 2010, sur les sites des gouvernements et des entreprises qui ont aidé à arrêter le fondateur de Wikileaks, Julian Assange.

Les gouvernements utilisent aussi cette technique dans la cyber-guerre contre d’autres nations. Actuellement, l’Iran est suspecté d’utiliser des attaques DDoS sophistiquées pour paralyser les principaux sites web des banques américaines.

Les attaques DDoS sont illégales en Amérique, au vu du Computer Fraud and Abuse Act (Loi sur la Fraude et l’Abus Informatique), avec des peines allant jusqu’à 20 ans de prison et de lourdes amendes. La cyber-attaque est aussi illicite dans d’autres pays, incluant la Grande-Bretagne.

La pétition Anonymous appelle à ce que “ceux qui ont été emprisonnés pour un DDoS devraient être immédiatement [sic] libérés, et que toute mention au DDoS soit retirée de leurs casiers”.

Au moment de cet article, la pétition compte 735 signatures. Il en faut 25,000 avant le 6 février pour que la Maison Blanche donne une réponse.

Source: http://www.therightperspective.org/2013/01/09/anonymous-petitions-obama-to-legalize-ddos-attacks/

Image: http://commons.wikimedia.org/wiki/File%3AWikileaks-op4.png

Le Parti de l’égalité socialiste en Australie adopte une résolution pour défendre Julian Assange

Julian Assange

Premier Congrès national du PES (Australie)

Résolution 6 : Il faut défendre Julian Assange

Parti de l’égalité socialiste (Australie)
10 décembre 2012

Voici la sixième de sept résolutions adoptées à l’unanimité lors du premier congrès national du Parti de l’égalité socialiste (Australie) qui s’est tenu du 6 au 9 avril 2012 à Sydney.

1. Le présent congrès dénonce l’implication intime du gouvernement travailliste dans le complot ourdi par le gouvernement Obama pour jeter le fondateur de Wikileaks Julian Assange en prison. En refusant de défendre les droits juridiques fondamentaux d’un ressortissant de nationalité australienne, le gouvernement Gillard a joué un rôle crucial dans cette opération contre lui.

2. La persécution d’Assange et de WikiLeaks fait partie d’un assaut d’envergure mondiale contre les droits politiques et démocratiques fondamentaux, et dont le but est d’intimider et faire taire l’opposition populaire croissante au programme de militarisme et d’austérité imposé aux travailleurs partout dans le monde.

3. Des courriels internes de l’agence de renseignement privée américaine Stratfor révèlent que le gouvernement Obama a préparé, depuis décembre 2010, une mise en examen secrète contre Assange par un jury d’accusation. Détenu en Grande-Bretagne depuis plus d’un an, il est confronté à une extradition vers la Suède pour des accusations d’agressions sexuelles sans fondement. Ce coup monté est conçu pour ouvrir la voie à l’extradition d’Assange vers les États-Unis, où il serait jugé en vertu de l’Espionage Act, loi réactionnaire de 1917 sur l’espionnage.

4. Le traitement qui attend le fondateur de WikiLeaks est déjà imposé au soldat Manning Bradley, présumée source de WikiLeaks. Manning croupit dans les prisons militaires américaines depuis près de deux ans, où il est soumis à l’isolement, à la nudité forcée, à la privation de sommeil et autres formes de torture. Le but de ce traitement est de le forcer à négocier un plaidoyer de culpabilité qui servira de base à l’accusation du gouvernement américain contre Assange.

5. Washington fait campagne pour vilipender Assange et détruire WikiLeaks parce que ce site a mis en lumière des milliers de documents détaillant les meurtres par les États-Unis de civils et leur complicité dans la torture en Afghanistan et en Irak, ainsi dans de nombreux autres crimes auparavant cachés à la population mondiale. Parmi les câbles diplomatiques rendus publics, il y a ceux qui révèlent l’implication étroite de l’ambassade des États-Unis avec les éminences grises du Parti travailliste australien qui ont chassé Kevin Rudd du poste de premier ministre au milieu de l’année 2010 pour y installer Julia Gillard.

6. Gillard a soutenu la persécution d’Assange dès la première heure. En décembre 2010, au moment où le jury d’accusation était secrètement convoqué, elle a déclaré publiquement, sans la moindre preuve ou justification légale, que la publication de câbles diplomatiques des États-Unis par WikiLeaks était « illégale. » Son gouvernement a fait tout son possible pour aider l’opération américaine, autorisant même une enquête de la Police fédérale et des services de renseignement australiens pour dénicher tout ce qu’ils pouvaient trouver afin d’essayer de compromettre Assange.

7. En jetant Assange aux loups, le Parti travailliste cherche à couvrir les crimes de Washington et le rôle joué par les gouvernements australiens dans ces crimes, ainsi qu’à dissimuler l’ensemble des machinations de l’impérialisme américain et ses implications pour la classe ouvrière. Le gouvernement Gillard joue un rôle non moins pernicieux que le gouvernement Howard lorsque celui-ci avait soutenu la détention par le gouvernement Bush de deux citoyens australiens, David Hicks et Mamdouh Habib, aux côtés de plus de 650 autres prisonniers à Guantanamo Bay, à Cuba, au mépris des Conventions de Genève et du droit international.

8. Les opérations contre ces trois hommes s’inscrivent dans la frauduleuse « guerre contre le terrorisme » toujours en cours. Débutant avec les invasions de l’Afghanistan et de l’Irak, cette « guerre » a servi de prétexte pour mener des agressions militaires à l’étranger et imposer une avalanche de mesures d’État policier sur le plan intérieur. Tout comme l’administration Obama qui a intensifié l’assaut de grande envergure contre les droits démocratiques précédemment lancé sous le gouvernement Bush, le gouvernement travailliste a intensifié et institutionnalisé les mesures autoritaires « anti-terroristes » initiées par son prédécesseur.

9. L’assaut des deux partis contre les droits démocratiques a été approuvé par tout l’establishment politique, y compris les Verts. Soutenu en effet par les Verts, le gouvernement travailliste minoritaire a conservé et renforcé toutes les mesures draconiennes adoptées depuis 2000 – détentions sans procès, interrogatoires secrets, législation sur le recours à l’armée, interventions militaires sans précédent dans les communautés aborigènes dans le Territoire du Nord, et lois anti-réfugiés toujours plus sévères.

10. Ce bilan démontre qu’il n’y a pas le moindre engagement significatif au sein des cercles dirigeants australiens en faveur des droits démocratiques fondamentaux et juridiques. Suscitant à peine un murmure dans les médias, le Parti travailliste a bloqué à plusieurs reprises toute action en justice contestant la participation de Canberra aux opérations de torture, de restitutions et de détentions à Guantánamo Bay menées par les États-Unis, ainsi que contre les déportations arbitraires et les interdictions en masse menées par l’Australian Security Intelligence Organization – ASIO (services de renseignement australiens) contre les réfugiés et les saisies de passeport de citoyens australiens.

11. L’aggravation de la crise du système capitaliste est à l’origine de ces mesures. Il devient de plus en plus impossible pour les élites dirigeantes d’imposer, par des moyens démocratiques, le militarisme, les inégalités flagrantes et les attaques actuelles contre les conditions sociales et de travail.

12. Le présent Congrès salue la position courageuse prise par Assange et WikiLeaks et luttera pour les défendre. Assange et WikiLeaks ont aidé à dévoiler, aux yeux de millions de personnes dans le monde, les agissements et la nature véritables des gouvernements des États-Unis et d’autres pays dans le monde, y compris celui de Canberra.

13. Le présent Congrès exige la libération immédiate d’Assange et de Manning. Nous insistons sur le fait que la défense de leurs droits démocratiques est inséparable de la lutte pour mobiliser la classe ouvrière contre le gouvernement travailliste, complice direct de la conspiration de Washington contre eux. Les droits démocratiques ne peuvent être défendus derrière la façade décrépie du parlement, mais uniquement par la lutte pour un gouvernement ouvrier, engagé à réorganiser la société sur la base de la satisfaction des besoins de l’humanité et non pas du profit privé, et engagé à mettre en place une véritable démocratie dans tous les aspects de la vie économique, politique et sociale.

Source: https://www.wsws.org/fr/articles/2012/dec2012/ciqi-d10.shtml

1ère journée à Londres avec les supporters de Julian Assange, le 19 août 2012

Je suis restée 4 jours à Londres, du 19 au 23 août, avec les supporters de Julian Assange, avec l’envie de découvrir ce qui se passait devant cette mystérieuse ambassade d’Equateur et la curiosité de découvrir les londoniens qui le soutiennent. Anthony Timmons a passé un appel par mail le vendredi soir, en expliquant que cette journée serait décisive et que tous les supporters étaient invités à venir à Londres pour ce jour important. C’est donc dans la spontanéité la plus totale que je suis arrivée à Londres, avec très peu d’affaires et sans savoir ce qui allait exactement se passer.

Le matin du 19 août, j’arrive sur place, très tôt, dans Hans Crescent Street, près du célèbre magasin Harrods, comparable à nos Galeries Lafayette. On reconnaît le lieu grâce à la présence des policiers et de quelques fourgons, qui sont ceux de la police ou ceux des médias venus pour le discours de Julian Assange. Face à l’ambassade d’Equateur, des grilles et un modeste camp de supporters, 10 à 20 personnes, dont certains sont membres du mouvement Occupy London. Ambiance paisible, avec le soleil qui réchauffe l’atmosphère. Beaucoup de pancartes et d’indignation exprimée dans les messages.

Les premiers supporters avec lesquels je discute sont Elvis, Arthur et Josh, tous militants et appartenant à Occupy London. C’est là qu’on comprend que Julian Assange n’est pas vraiment soutenu par les riches, comme veulent le faire croire les médias. Non, Julian Assange est soutenu par des gens simples, des jeunes et des moins jeunes qui ont des idéaux révolutionnaires et qui veulent renoncer au monde capitaliste. Il y a peu d’espoir pour eux, pour nous, dans ce monde capitaliste qui ne laisse plus de place à l’humain. Ici, j’ai trouvé cette chaleur humaine, ces rêves de liberté inscrits sur de simples morceaux de cartons « Free Assange ». Se peut-il que le rêve d’une société meilleure soit si simple à exprimer qu’il suffise, en effet, d’écrire ces simples mots et de les partager avec les autres ? La société matérialiste et productiviste est si loin de nous à cet endroit, et nous sommes pourtant si proches de l’humain, à nous parler, à nous écouter, à partager.

Arthur a 28 ans, Elvis en a 24. Et Josh à peine 18 ans. A 18 ans, j’avais aussi des idéaux révolutionnaires, mais je ne campais pas encore devant une ambassade pour soutenir une cause. Je me dis qu’il y a déjà une différence de génération, même si je suis à peine plus âgée qu’eux, à 28 ans.

Arthur est ici depuis 3 jours, depuis la tentative des policiers d’envahir l’ambassade. Tout cela est très récent. Il n’a dormi qu’une nuit sur place. Il soutient Julian Assange car, comme il dit, « c’est une bonne chose pour la transparence, et si on veut voir un changement c’est une chose importante ». Il n’a aucune confiance dans le système juridique de son pays et dans la corruption qui y règne. Il a rejoint le mouvement Occupy depuis le 15 octobre 2011. Les médias sont toujours là, mais comme en France, les images sont peu nombreuses et il y a peu d’informations au sujet de Julian Assange (du moins, avant le discours de l’après-midi qui va refaire parler de lui). L’ambassade est un grand bâtiment en brique, de 5 ou 6 étages, mais seuls les 2 premiers correspondent aux locaux de l’ambassade. Arthur m’explique où dort Julian Assange : il dort du côté gauche de l’ambassade, dans l’impasse, où des policiers surveillent une possible tentative de fuite. Il va parler au balcon cet après-midi, à la fenêtre du rez-de-chaussée.

Elvis et Josh, eux, sont là depuis 4 jours pour les mêmes raisons qu’Arthur. La veille, sur Twitter, j’avais lu une anecdote au sujet d’une pizza qui n’avait pas pu être livrée à l’ambassade à cause des policiers. On m’explique l’histoire : les millitants qui dorment sur place ont commandé une pizza pour Julian Assange, mais comme tout est filtré, les policiers ont tout simplement jeté la pizza à la poubelle. Ainsi, ce qui venait du cœur de ces gens, a fini à la poubelle : triste reflet de notre société moderne ! Ce qui vient du cœur n’a pas le droit d’exister. Voici ce que nous offre comme avenir cette société qui se veut démocratique.

Je reste marquée par ces jeunes qui tout comme moi semblent abandonnés de la société, sans travail et parfois sans logement. Ceux qui nous ont élevés ne nous ont pas offert d’avenir et ils nous ont juste laissés avec nos rêves de liberté à bâtir. Et nous sommes tous là à soutenir Julian Assange, parce qu’il représente ce rêve de liberté et d’un monde meilleur que nous sommes venus réclamer aux gouvernements, puisque leurs promesses étaient vides. Mais maintenant nous sommes là, et nous savons que nous avons le droit de clamer cette liberté et ces rêves, afin qu’ils se réalisent.

D’autres jeunes sont là aussi : Lee, Gena, Anthony, et tant d’autres. La place se remplit au fur et à mesure des heures, et vers midi des discours commencent, notamment ceux de Craig Murray et de Tariq Ali, qui ce dernier explique que la majorité des pays d’Amérique Latine soutiennent l’asile politique de Julian Assange. Ensuite, vers 14h, ce fut le discours de Julian Assange, très applaudi et admiré, par une foule de 200 ou 300 personnes. Difficile de dire exactement. Les médias ont rabaissé le chiffre à 100 personnes, mais c’est peu crédible. En tout cas, le nombre de policiers était impressionnant, mais tout autant impressionnantes leur froideur et leur indifférence à ce discours mémorable et porteur d’un immense espoir. Après ce discours, la majorité des gens ont compris que le Royaume-Uni ne pouvait pas envahir l’ambassade. C’est illégal et, en plus, les policiers pourraient être poursuivis par la loi de l’Equateur et y être extradés. Ce dernier argument a été très applaudi : les gens étaient fous de joie à l’idée d’entendre cela, que les policiers soient extradés en Equateur ! Je pense que certains d’entre eux ont dû effectivement prendre peur et que cela a marqué un point non-négligeable dans le conflit entre le Royaume-Uni et la République de l’Equateur.

Le soir, dormi avec les supporters sur des cartons, face à l’ambassade. Mais impossible de s’endormir avec le bruit régulier des camions de police et les voitures qui circulent à longueur de temps. Il faut vraiment être courageux pour passer tout ce temps pour la protection et le bien-être de Julian Assange. Il est quelque part ici, derrière des rideaux. Nous sommes de l’autre côté de la rue, et pourtant c’est comme si un monde entier s’interposait entre lui et nous, les supporters. Ce sont ces hommes, des policiers, qui empêchent ceux qui rêvent ensemble de se rencontrer, ceux que des rêves communs unissent, ceux qui luttent pour la démocratie et la vérité : comment est-ce possible que des lois nous empêchent de communiquer et de construire ces rêves de liberté, pourquoi ces lois existent-elles, ces lois qui interdisent aux peuples de réaliser leurs rêves de justice et de paix? C’est un mur irréel qui nous sépare de Julian Assange : le mur de l’absurdité, le mur de l’incompréhension et le mur du silence, qui sont le symbole même de l’absurdité, de l’incompréhension et du silence de nos gouvernements.

Ecrit par kimono

Vue sur la foule devant le magasin Harrods

Policiers devant l’ambassade

Craig Murray (discours devant l’ambassade)

Tariq Ali (discours devant l’ambassade)

Tariq Ali (discours devant l’ambassade)

kimono

Texte et images CC BY-SA

Un célèbre juge espagnol défendra WikiLeaks

Nouveau coup de théâtre dans la saga judiciaire au cœur de laquelle se trouve le créateur de WikiLeaks : l’ancien juge espagnol ultra-médiatisé Baltasar Garzon va diriger l’équipe d’avocats qui défendront Julian Assange.

L’un est connu pour avoir été le tombeur d’Augusto Pinochet, le dictateur chilien, l’autre a défié l’intelligence américaine en rendant publics sur Internet des documents classés « Secret défense ». Le site WikiLeaks annonce que Baltasar Garzon sera le grand artisan de la défense de Julian Assange dans la procédure d’extradition vers la Suède qui le vise.

Depuis le 19 juin, Julian Assange s’est réfugié à l’ambassade d’Equateur à Londres afin d’échapper à son extradition pour une affaire de viol présumé. Clamant son innocence, il réclame l’asile politique à ce pays latino-américain. Le fondateur de WikiLeaks redoute en effet par dessus tout le scénario d’un retour en Suède qui pourrait ensuite entraîner une extradition vers les Etats-Unis où il risque la peine capitale pour avoir divulgué, via son site Internet, 250 000 télégrammes diplomatiques américains.

Dans ce feuilleton judiciaire qui dure depuis bientôt deux ans, Baltasar Garzon, ancien magistrat espagnol, va s’employer à « montrer comment des procédures secrètes américaines contre Julian Assange et Wikileaks ont compromis et contaminé d’autres procédures légales, dont la procédure d’extradition contre M. Assange », indique WikiLeaks. Toujours selon ce texte, le juge aurait récemment rencontré Julian Assange pour mettre en place sa nouvelle stratégie de défense.

Retour à la lumière

Baltasar Garzon revient ainsi sur le devant de la scène après avoir été condamné à onze ans d’interdiction d’exercer la fonction de magistrat dans son pays. Il aurait ordonné des écoutes entre des suspects incarcérés et leurs avocats dans le cadre d’une enquête sur un réseau de corruption qui avait éclaboussé la droite espagnole en 2009 .

Mais avant cette condamnation, Baltasar Garzon s’est également illustré sur la scène internationale comme un défenseur acharné des droits de l’homme. Avec des décisions particulièrement médiatisées telle que le mandat d’arrêt lancé contre Augusto Pinochet pour meurtre et tortures sur des citoyens espagnols dans les années 70 au Chili ou les poursuites pour génocide contre des militaires de la junte argentine durant la dictature de 1976 à 1983.

C’est donc un beau coup pour le clan Assange, tant sur le plan médiatique que juridique, qui en recrutant Baltasar Garzon s’adjoint les services d’un des plus grands spécialistes des libertés fondamentales au monde.

Source: http://www.metrofrance.com/info/baltasar-garzon-assurera-la-defense-de-julian-assange/mlgy!YLmqVcnMLjY/

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