Anonymous adresse une pétition à Obama pour légaliser les attaques DDoS

Wikileaks-op4-By Anonymous (Operation Payback IRC channel.) [Public domain], via Wikimedia Commons

Anonymous, le groupe de hacking Internet, a adressé une pétition à l’administration Obama pour légaliser les attaques DDoS.

Au moyen du formulaire en ligne de la pétition, sur le site officiel de la Maison Blanche, Anonymous affirme qu’une cyber-attaque, qui paralyse des sites web et les rend indisponibles en inondant leurs serveurs avec des données inutiles, n’est pas du hacking, mais une forme légitime de protestation.

Une attaque DDoS “est l’équivalent d’un clic répété sur un bouton pour rafraîchir une page web”, écrit Anonymous dans sa pétition. “Ce n’est pas différent, en ce sens, de n’importe quelle manifestation d’occupation. ”

“Au lieu d’un groupe de personnes qui se tiennent dehors face à un bâtiment pour occuper un espace, ceux-ci ont leur ordinateur pour occuper un site web dans le but de ralentir (ou d’empêcher) un service de ce site web particulier, pendant un court laps de temps.”

Anonymous a utilisé les attaques DDoS dans le cadre de diverses campagnes politiques et idéologiques dans le passé. Les sites web du gouvernement du Zimbabwe ont été pris d’assaut par le groupe en utilisant cette tactique en janvier 2011. L’ “Opération Payback” a été lâchée en retour, en décembre 2010, sur les sites des gouvernements et des entreprises qui ont aidé à arrêter le fondateur de Wikileaks, Julian Assange.

Les gouvernements utilisent aussi cette technique dans la cyber-guerre contre d’autres nations. Actuellement, l’Iran est suspecté d’utiliser des attaques DDoS sophistiquées pour paralyser les principaux sites web des banques américaines.

Les attaques DDoS sont illégales en Amérique, au vu du Computer Fraud and Abuse Act (Loi sur la Fraude et l’Abus Informatique), avec des peines allant jusqu’à 20 ans de prison et de lourdes amendes. La cyber-attaque est aussi illicite dans d’autres pays, incluant la Grande-Bretagne.

La pétition Anonymous appelle à ce que “ceux qui ont été emprisonnés pour un DDoS devraient être immédiatement [sic] libérés, et que toute mention au DDoS soit retirée de leurs casiers”.

Au moment de cet article, la pétition compte 735 signatures. Il en faut 25,000 avant le 6 février pour que la Maison Blanche donne une réponse.

Source: http://www.therightperspective.org/2013/01/09/anonymous-petitions-obama-to-legalize-ddos-attacks/

Image: http://commons.wikimedia.org/wiki/File%3AWikileaks-op4.png

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Kristinn Hrafnsson: « Les politiciens sont de plus en plus sous le contrôle de groupements privés »

John Robles, Voice of Russia, le 24 décembre 2012

Robles: Ici John Robles. Je m’entretiens avec M. Kristinn Hrafnsson, porte-parole officiel pour la WikiLeaks Organisation.

En 2010 vous disposiez de plus d’un million de dollars en réserve disponible et vous êtes descendus à moins de $1000. C’est alarmant, il me semble. WikiLeaks encourt-elle quelque risque de fermeture ou allez-vous réussir à vous en sortir comme il faut?

Hrafnssoon: Nous allons faire de notre mieux pour gérer et continuer à travailler. Nous avons bien sûr dû drastiquement nous réduire d’échelle, et de façon plus importante nous avons été privés de notre possibilité d’étendre nos opérations ainsi que nous eussions souhaité, au vu de l’importance de notre travail. Mais nous vivons des temps difficiles, et il ne peut être ignoré que les individus travaillant pour l’organisation, et la grande foule de volontaires et de supporters, s’assurent que le travaille continue.

Nous n’allons pas plier dans cette guerre, au contraire, nous commençons un nouveau front. Nous avons eu des victoires en Islande, avons entamé une procédure au Danemark, nous avons eu des victoires au Parlement Européen contre les autorités allemandes, en France nous sommes parvenus à ouvrir un « I »gate contre le blocus. Maintenant avec le bon appui d’individus aux USA nous entamons notre contre-attaque et j’affirme que nous aurons ces géants de la finance en déroute assez tôt.

Robles: Lorsque nous avions parlé il y a à peu près deux mois, vous aviez mentionné le moyen de financement en France. A-t-il été productif, cela vous a-t-il aidés, vous les gars?

Hrafnsson: Cela a été bénéfique comme d’autres initiatives pour contourner ce blocus mais il est toujours en place et cause des soucis à certains, ils ont l’impression que d’une manière ou d’une autre il y a de l’illégalité comprise dans la réalité du don à l’organisation, donc il est très important de poursuivre le combat et c’est ce que nous allons faire.

Robles: La dernière fois que nous avons parlé, nous avons parlé de la décision du Parlement Euroipéen. Y a-t-il eu de l’évolution de ce côté-là?

Hrafnsson: Mes collègues et moi-même, nous avons passé du temps à Bruxelles et parlé à beaucoup de soutiens aux politiciens de Bruxelles, et nous avons été fortement heureux de l’initiative du Parlement Européen qui a adopté une résolution incluant une directive envers la Commission, contenant simplement le vœu que la Commission Européenne instaure un encadrement juridique empêchant ce genre de pratiques arbitraires extrajudiciaires par des facilitateurs de paiement, Visa et MasterCard, basés aux USA. Il y a donc un clair consensus que ceci doit cesser et nous espérons que cela se traduira par une pression sur la Commission de changer sa position concernant la plainte anti-trust qui a été enregistrée par la Commission, et l’ouverture d’une enquête très formelle et ratissant large sur les méfaits de ces compagnies états-uniennes de cartes de crédit.

Robles: Maintenant nous avons parlé des USA et d’information qui a été rendue publique au sujet de la corruption gouvernementale états-unienne, les crimes de guerre, &c. Qu’en est-il d’autre pays: l’Australie, par exemple. Est-il possible de s’éloigner de seulement les USA?

Hrafnsson: Si nous considérons simplement les motivations autour de WikiLeaks, ce n’est pas une organisation qui choisit ses cibles; en tant que destinataire d’informations de la part de lanceurs d’alerte au cours de l’histoire de WikiLeaks depuis 2006 et avant 2010 il y a eu des fuites de la plus haute importance provenant de toutes les régions du monde et relatives à des gouvernements corrompus en Afrique, au Kenya, relatives à des pratiques bancaires corrompues de banques suisses et islandaises, relatives à la révélation de pratiques telles que des rejets illégaux de déchets toxiques par de grandes entreprises internationales &c. Donc, c’était en cours surtout depuis l’administration US, et ce sont les révélations commençant en 2010 qui ont provoqué cette réaction extrêmement vive de la part de cette administration, main dans la main avec les géants de la finance. C’est quelque chose qui n’est que la poursuite du travail déjà effectué et j’ose espérer que nous pourrons à l’avenir recevoir et publier de l’information sur les multinationales corrompues et sur la corruption dans tous les pays du monde. Pour cela nous avons besoin d’amis bien sûr, nous devons être forts, nous devons pouvoir offrir ce service sur de larges bases à l’avenir.

Robles: Écoutez, vous tâtez le pouls du monde, vous voyez toutes sortes d’informations venant du monde entier. Voyez-vous dans tout ce mal qui est partout, voyez-vous la main des USA partout dans le monde, ou s’agit-il de « mal » plutôt indépendant qui se passe, si vous voulez, sans trouver de terme plus approprié?

Hrafnsson: Bien sûr, il est évident qu’évec le statut des USA dans la politique mondiale il y a beaucoup de mal qui vienne de cette partie du monde, cela va sans dire, mais cela ne veut pas dire que ce soit la seule source du mal, pour vous citer.

Robles: Oui. Oui.

Hrafnsson: Nous vivons bien sûr maintenant dans un monde où les politiciens ont moins de pouvoir qu’avant et ces pouvoirs sont davantage entre les mains de conglomérats financiers internationaux qui ont asservi beaucoup d’individus de beaucoup de nations et ce sont des entités qui ne connaissent presque pas de frontières et opèrent souvent sans la supervision nécessaire de la part de gouvernements politiquement élus. Nous constatons du mal dans beaucoup de coins et il y a beaucoup de choses à mettre en lumière, à exposer de manière à renverser la vapeur et simplement tâcher d’amener ce monde sur une voie un peu plus saine.

Robles: Je suis entièrement d’accord avec vous. Écoutez, n’y a-t-il pas d’autre mécanisme de financement que les gens puissent utiliser pour aider WikiLeaks? Je veux dire, avez-vous pensé à utiliser une banque basée en Russie, par exemple, ou quelque chose en quoi les USA ne sont pas impliqués? Est-ce une réelle possibilité, ou pensez-vous que ce n’est pas réaliste?

Hrafnsson: Nous avons étudié une vaste gamme de possibilités, et ce qu’il est notable de relever est qu’il existe beaucoup d’initiatives pour créer de nouvelles manières et de nouveaux moyens pour contourner ces entités financières toutes-puissantes souvent états-uniennes, mais ces tentatives sont encore en enfance et sont à l’étape expérimentale. Mais il s’agit d’un reflet du fait que des individus tout autour du monde reconnaissent le caractère on ne peut plus sérieux de l’octroi de tant de pouvoir à ces entreprises.

Ayons l’espérance que ceci croîtra en puissance et en reconnaissance et que nous puissions réellement voir un moyen alternatif et indépendant d’échange de l’argent d’une main à l’autre sans avoir à recourir à ces moyens dangereux d’entreprises internationales, qui ont déjà démontré combien elles sont prêtes et promptes à abuser de leur position d’influence.

Source: http://english.ruvr.ru/2012_12_24/Politicians-are-being-more-and-more-controlled-by-corporations-Hrafnsson/et http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,16750.0.html

Traduit depuis le web par willsummer

Le discours de Julian Assange à l’ambassade d’Equateur, le 20 décembre 2012

Bonsoir, Londres.

Quelle vision, pour des yeux fatigués. Les gens me demandent ce qui me donne de l’espoir. Hé bien, la réponse est juste ici. Il y a six mois – il y a 185 jours –  je suis entré dans ce bâtiment. Il est devenu mon domicile, mon bureau et mon refuge. Grâce à l’attitude de principe du gouvernement équatorien et au soutien de son peuple, je suis en sécurité dans cette ambassade pour vous parler. Et chaque jour à l’extérieur, pendant 185 jours, des personnes comme vous ont veillé sur cette ambassade – qu’il pleuve, grêle ou fasse beau. Chaque jour. Je suis venu ici en été. C’est l’hiver maintenant.

J’ai été sustenté par votre solidarité et je suis reconnaissant des efforts de personnes de par le monde entier soutenant le travail de WikiLeaks, soutenant la liberté d’expression, la liberté de la presse, des éléments esentiels de notre démocratie. Bien que ma liberté soit limitée, au moins suis-je capable de communiquer ce Noël, non pas comme les 232 journalistes qui sont en prison ce soir.

Non pas comme Gottfrid Svartholm en Suède ce soir.

Non pas comme Jeremy Hammond à New York ce soir.

Non pas comme Nabeel Rajab au Bahreïn ce soir.

Et non pas comme Bradley Manning, qui a eu 25 ans cette semaine, un jeune homme qui a préservé sa dignité après avoir passé plus d’un dixième de sa vie en prison, sans procès, une partie de ce temps dans une cage, nu et sans ses lunettes. Et non pas comme tant d’autres dont les épreuves sont reliées aux miennes.

Je salue ces hommes et ces femmes de courage. Et je salue les journalistes et les publications qui ont couvert ce qui continue d’arriver à ces personnes, et les journalistes qui continuent de publier la vérité face à la persécution, les poursuites judiciaires et les menaces – qui prennent le journalisme au sérieux. Parce que c’est à partir de la révélation de la vérité que tout le reste s’ensuit.

Nos édifices ne peuvent être aussi grands que leurs briques sont fortes. Notre civilisation est seulement aussi forte que ses idées sont vraies. Quand nos édifices sont érigés par les corrompu(e)s, quand leur ciment est coupé avec des salissures, quand l’acier vierge est remplacé par des débris – nos édifices ne sont pas sûrs comme domicile. Et quand nos médias sont corrompus, quand nos intellectuels sont pusillanimes, quand notre histoire est emplie de demi-vérités et de mensonges – notre civilisation ne sera jamais juste. Elle ne s’élèvera jamais jusqu’au ciel.

Nos sociétés sont des bidonvilles intellectuels. Nos croyances concernant le monde et nous-mêmes, entre nous, ont été créées par le même système par qui le mensonge nous a menés dans des guerres à répétition qui ont tué des millions de gens. Vous ne pouvez pas construire un gratte-ciel avec de la pâte à modeler. Et vous ne pouvez pas édifier une civilisation juste à partir d’ignorance et de mensonges.

Nous devons nous éduquer les un(e)s les autres. Nous devons célébrer ceux et celles qui révèlent la vérité et dénoncer ceux qui empoisonnent notre capacité à comprendre le monde dans lequel nous vivons. La qualité de notre discours est la limite de notre civilisation.

Mais cette génération s’est dressée sur ses jambes et révolutionne la manière dont nous percevons le monde. Pour la première fois dans l’histoire les personnes qui sont affectées par l’histoire en sont les créateurs. Et pour ce qui est des autres journalistes et publications – vos oeuvres parlent d’elles-mêmes, comme le font vos crimes de guerre.

Je salue ceux et celles qui reconnaissent la liberté de la presse et le droit du public à l’information – reconnus dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, reconnus dans le Premier Amendement des USA – nous devons admettre que ceux-ci sont en danger et ont besoin de protection, comme jamais auparavant.

WikiLeaks est sous le coup d’une enquête en cours du Ministère de la Justice US, et ce fait a été correctement reconnu par l’Équateur et les gouvernements d’Amérique Latine comme mettant matériellement en danger ma vie comme mon travail. L’asile n’est pas accordé sur un coup de tête, mais selon des faits. L’enquête états-unienne est rapportée par témoignage – sous serment – dans les Cours US, est reconnue par le Ministère de la Justice, et dans le Washington Post il y a tout juste quatre jours par le Procureur de la Virginie, comme un fait. Ses citations à comparaître sont combattues par nos agents dans les Cours US. Le Pentagone a réitéré ses menaces contre moi en septembre et affirmé que l’existence même de WikiLeaks était un crime en plein jour.

Mon oeuvre ne sera pas étouffée. Mais tant que cette enquête immorale se poursuit, et tant que le gouvernement australien ne défendra pas le journalisme et la publication de WikiLeaks, je dois rester ici.

Toutefois, ma porte est ouverte – et la porte a toujours été ouverte – pour quiconque désire me parler. Comme vous, je n’ai pas été accusé de crime. Si jamais vous vous entendez de la propagande suggérant autre chose, faites note de cette corruption du journalisme et allez sur justice4assange.com pour tous les faits réels. Dites au monde la vérité, et dites-le au monde qui vous a menti. Malgré les limitations, malgré le blocus bancaire extra-judiciaire, qui entoure WikiLeaks comme l’embargo sur Cuba, malgré une enquête criminelle sans précédent et une campagne pour nuir à et détruire mon organisation, 2012 a été une année immense.

Nous avons publié presque un million de documents. Des documents concernant la guerre qui se poursuit en Syrie. Nous avons exposé l’état de surveillance des masses dans des centaines de documents issus d’entreprises privées de renseignement. Nous avons publié des informations au sujet du traitement des détenus à Guantanamo Bay et ailleurs – le symbole de la corruption de la règle du droit en Occident, et au-delà.

Nous avons gagné contre le blocus bancaire illégal dans les tribunaux et au Parlement Européen. Après un combat de deux ans, les dons à WikiLeaks sont passés d’un statut de blocage et de non-déductibilité fiscale à la déductibilité dans le calcul des impôts à travers toute l’Union Européenne et les USA. Et la semaine dernière l’information révélée par WikiLeaks était cruciale – et citée au cours du jugement – dans la détermination de ce qui est vraiment arrivé à El-Masri, un Européen innocent kidnappé et torturé par la CIA.

L’année prochaine sera également riche en événements. WikiLeaks a déjà plus d’un million de documents en préparation pour être publiés, des documents qui concernent tous les pays du monde. Tous les pays du monde. Et en Australie un Sénateur non-élu sera remplacé par un Sénateur qui lui, l’est.

En 2013, nous continuons à nous dresser face aux brutes. Le gouvernement équatorien et les gouvernements de l’Amérique Latine ont démontré combien la coopération au travers de valeurs partagées peut enhardir les gouvernements pour résister à la contrainte et soutenir l’auto-détermination. Leurs gouvernements ne menacent personne, n’attaquent personne, n’envoient des drones sur personne. Mais ensemble ils sont forts et indépendants. Les appels las des manipulateurs de pouvoir à Washington en faveur de sanctions économiques contre l’Équateur, simplement à cause de la défense de mes droits, sont mal inspirés et immoraux. Le Président Correa a justement dit, « les principes de l’Équateur ne sont pas à vendre. » Nous devons nous unir ensemble pour soutenir le courageux peuple équatorien, pour les défendre contre une intervention à l’encontre de leur économie et une interférence dans leurs élections l’année prochaine.

La puissance de personnes parlant haut et fort et résistant ensemble terrifie le pouvoir corrompu et anti-démocratique. Tant et si bien que des gens ordinaires ici en Occident sont devenus les ennemis des gouvernements, des ennemis à surveiller, des ennemis à être contrôlés et appauvris.

La vraie démocratie n’est pas la Maison Blanche. La vraie démocratie n’est pas Canberra. La vraie démocratie est la résistance des peuples, armés de la vérité, de la place Tahrir jusqu’ici à Londres. Chaque jour, des personnes ordinaires nous enseignent que la démocratie c’est la liberté de parole et la dissidence. Car dès que nous, le peuple, cessons de dire ce qu’il y a à dire et cessons de nous révolter, dès que nous sommes distraits ou pacifiés, dès que nous nous détournons les un(e)s des autres, nous cessons d’être libres. Car la vraie démocratie est la somme – LA SOMME – de notre résistance.

Si vous ne vous exprimez pas – si vous abandonnez ce qui est uniquement à vous en tant qu’être humain: si vous abandonnez votre conscience, votre indépendance, votre sens de ce qui est bien et de ce qui est mal, en d’autres mots – peut-être sans le savoir, vous devenez passif(ve)s et sous contrôle, incapables de vous défendre et de défendre ceux et celles que vous aimez.

Les gens me demandent souvent, « Que puis-je faire? »

La réponse n’est pas si compliquée.

Apprenez comment fonctionne le monde Remettez en question les déclarations et les intentions de ceux et celles qui cherchent à nous contrôler derrière une façade de démocratie et de monarchie. Unissez-vous en un but commun et un principe commun pour imaginer, construire, documenter, financer et défendre.

Apprenez. Défiez. Agissez.

Maintenant.

Source: http://wikileaks.org/Statement-by-Julian-Assange-after.html

Discours de Julian Assange sur Russia Today


Traduit depuis le web par willsummer

« Ne tirez pas sur le messager! » Pétition Avaaz à signer!

publié le 28 août 2012

Lien de la pétition: http://www.avaaz.org/en/wikileaks/?bERgibb&v=17392

Les USA et leurs alliés essayent d’étrangler WikiLeaks et de déclarer la chasse ouverte sur les lanceurs d’alerte qui risquent tout pour rendre les démocraties transparentes — seule une montée aux créneaux inarrêtable de l’opinion publique mondiale peut renverser cette répression!

Après avoir secrètement rassemblé des preuves, l’administration Obama pourrait faire pression pour que le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, actuellement à Londres, soit extradé aux USA à tout moment — où il pourrait subir le même traitement inhumain que l’informateur présumé Bradley Manning. Assange est prêt à faire le voyage vers la Suède pour y être interrogé sur des accusations d’agression sexuelle, mais il est crucial que la Suède et le Royaume-Uni garantissent qu’ils ne l’expédieront pas aux USA. Ceci provoquerait un glaçant précédent mondial à l’encontre de ceux qui dévoilent courageusement la corruption et les violations des droits de l’homme.

Quoique nous pensions d’Assange en tant que personne, WikiLeaks a été un outil essentiel dans l’exposition de malversations gouvernementales et entrepreneuriales massives. Unissons-nous maintenant pour nous assurer que les puissants ne puisssent pas réduire au silence les voix dissidentes qui renforcent nos démocraties. Signez la pétition pour stopper la répression mondiale et appeler les gouvernements suédois et britannique à ne pas embarquer Assange aux USA, puis partagez ce message — nous livrerons notre voix de manière spectaculaire à travers une chaîne humaine de lanceurs d’alerte vers l’ambassade suédoise de Londres, lorsque nous aurons atteint 1 million de signatures.

Au Premier Ministre britannique David Cameron, au Premier Ministre suédois Fredrik Reinfeldt et au Président états-unien Barack Obama:

Nous en appelons à vous pour protéger les droits des lanceurs d’alerte et des plateformes de promotion de la transparence en cessant immédiatement la répression à l’encontre de WikiLeaks et en garantissant de ne pas extrader, poursuivre ou maltraiter Julian Assange pour de charges relevant de l’amélioration de la transparence. Nous en appelons à vous pour établir un précédent mondial de protection des dissidents et des activistes qui renforcent le gouvernement en mettant en lumière la corruption et l’injustice.

Lien de la pétition:   http://www.avaaz.org/en/wikileaks/?bERgibb&v=17392

Traduit depuis le web par willsummer

Quatre choses que les médias ne vous disent pas sur Assange

Manifestation en soutien à Julian Assange devant l’Hôtel de Ville de Sydney, le 10 décembre 2010 (photo: Wikipedia)

par Nicholas Mead, journaliste, le 19 août 2012

L’intérêt des médias pour l’affaire Julian Assange a encore atteint des hauteurs de fébrilité la semaine dernière avec la décision du gouvernement équatorien d’accorder l’asile politique à Julian Assange. Cependant, comme d’habitude, une bonne partie de la couverture médiatique continue d’ignorer les faites importants et le contexte, tournant l’histoire d’une manière qui seille à leurs agendas politiques et économiques ou simplement attaquer Assange ou quiconque est en désaccord avec eux. Il est important de souligner certains faits importants qui sont sempiternellement ignorés des médias concernant la situation actuelle du fondateur de WikiLeaks.

1. Assange a déjà une fois été questionné en Suède.

L’accusation est tout à fait dans ses droits de demander à ré-interroger Assange mais presque aucun diffuseur médiatique ne met la situation en contexte en mentionnant le fait qu’il a déjà été interrogé une fois en Suède et relâché sans suites. Peu de temps après, la transcription de l’entretien fuita mystérieusement vers la presse suédoise. Et aucun média ne souligne qu’Assange a attendu pendant 5 semaines avant d’obtenir la permission de quitter le pays et de continuer son travail sur les publications des War Logs et du CableGate avec le journal The Guardian au Royaume-Uni. Quelques journaux, surtout en Suède, ont plutôt dit qu’il avait « fui » le pays impliquant qu’il est en quelque sorte « en cavale » devant les accusations.

2. Assange a exprimé sa volonté de retourner en Suède mais les enquêteurs peuvent aussi l’interroger au Royaume-Uni.

Assange a déclaré son plein gré de retourner en Suède si une garantie légale est faite qu’il ne sera pas extradé vers les USA pour son travail avec WikiLeaks. Toutefois, il n’y a aucune obligation pour lui de se trouver ne Suède pour un interrogatoire. C’est usuel dans la pratique suédoise quand il n’y a pas d’accusation formelle et qu’une personne est voulue pour simple interrogatoire, et il peut être effectué dans n’importe quel pays du monde y compris par téléphone ou visio-conférence. Les procureurs suédois voyagent souvent vers d’autres pays comme ils l’ont fait récemment pour interroger un homme soupçonné de meurtre en Serbie. Par contre, dans le cas d’Assange, la procureure suédoise Marianne Ny insiste qu’Assange doit physiquement être en Suède pour être interrogé. Aucune raison n’a été fournie pour cette inflexibilité mais le journal suédois Dagens Nyheter le justifie en disant qu’il s’agit d’une question relative au prestige de la Suède.

3. Il y a une accumulation de preuves que les USA compilent un dossier de plainte criminelle contre Assange.

Il y en a suffisamment pour suggérer que les craintes de l’équipe de défense juridique d’Assange sont justifiées. Des câbles diplomatiques australiens diffusés au Sydney Morning Herald selon la loi [australienne] sur la liberté de l’information révèlent que le gouvernement australien a confirmé que WikiLeaks a été la cible d’une enquête du Département de la Justice US en Australie « sans précédent à la fois dans son étendue et sa nature ». Le gouvernement australien suggère également que les rapports des médias selon lesquels un grand jury secret a été convoqué à Alexandria en Virginie, étaient « sûrement vrais ». De plus, les publications par WikiLeaks des Stratfor Intelligence Files ont révélé que le vice-président de Stratfor Fred Burton a déclaré que: « Nous avons un acte d’accusation scellé contre Assange ». En sus de cela, prenant en compte le traitement atroce auquel a été soumis Bradley Manning actuellement dans une prison militaire aux USA pour avoir peut-être transmis à Assange des documents confidentiels, vous n’avez pas besoin de vous coiffer d’une passoire et de papier alu pour croie que les USA feront n’importe quoi pour mettre la main sur Assange et faire de lui un « exemple ».

4. C’est en réalité plus facile pour les USA de faire extrader Assange depuis la Suède que depuis le Royaume-Uni.

Beaucoup de gens rejettent les craintes d’extradition d’Assange du fait que s’ils le voulaient, il leur serait plus facile de l’avoir depuis le Royaume-Uni de toute façon. Mais en fait, il est considérablement plus difficile de l’extrader depuis le Royaume-Uni pour diverses raisons. Une est que le Royaume-Uni n’a pas l’accord d’extradition « d’abandon temporaire » (par lequel un suspect dans deux pays différents se trouvant dans l’un d’entre eux peut être ‘temporairement’ extradé vers l’autre, ndt) qui existe entre la Suède et les USA qui puisse outrepasser les accords internationaux d’extradition et effectivement donner aux USA des pouvoirs « immédiats » d’extradition. Un autre problème est  que si les USA devaient émettre une demande d’extradition pour Assange depuuis le Royaume-Uni vers les USA, cela mettrait le Royaume-Uni dans une position très difficile parce que normalement, la première demande d’extradition reçue de la Suède devrait être honorée en premier. Par ailleurs, la plus grande diversité médiatique et le plus grand soutien du public au Royaume-Uni sont des facteurs qui rendraient plus difficile encore pour les USA d’extrader Assange depuis la Grande-Bretagne. Et pour tous ceux qui pensent que le système judiciaire suédois est d’une quelconque manière le meilleur du monde, les archives de Human Rights Watch sur la Suède offrent de la lecture intéressante.

24-08-12: Il est depuis venu à mon attention que l’accord « d’abandon temporaire » existe aussi entre les USA et le Royaume-Uni ce qui est certainement quelque chose que beaucoup de supporters d’Assange ne semblent pas savoir. Cependant, le même problème s’appliquerait – puisque la Suède a déjà émis une demande d’extradition, cela mettrait assurément le gouvernement britannique dans une situation très compliquée. Il y a une discussion intéressante là-dessus ici.

Il y a plein d’autres exemples de faits et de mises en contexte régulièrement ignorés dans la couverture médiatique qui sont importants pour la compréhension de l’affaire Assange. Voici certains des plus importants mais alors que la guerre de propagande continue dans cette bataille juridique de plus en plus dramatique, ils ne seront certainement pas les derniers.

Postscriptum: Si vous voulez un éclairage réellement révélateur et dérangeant sur la façon dont les accusations de crimes sexuels contre Assange en Suède se sont déroulées, lisez le fil de commentaires du post original sur Assange publié [par l’auteur] il y a maintenant presque exactement deux ans.

Source: http://nicholasmead.com/2012/08/19/4-things-the-media-wont-tell-you-about-assange/

Traduit depuis le web par willsummer

Rappel des faits: Quand les préservatifs d’Assange deviennent un enjeu d’information – Viol, ou sexe par surprise?

Article initialement publié le 08/12/2010 – Gilles Klein, 12/08/2012

Son préservatif a-t-il craqué ? A-t-il refusé d’en remettre un ? Quelles sont les motivations de ses partenaires féminines ? La presse britannique, et quelques sites et blogs français, commencent à détailler les charges suédoises qui pèsent contre Julien Assange. Ces accusations à caractère sexuel ont été présentées le 7 décembre devant un tribunal londonien par les autorités suédoises, ce qui a conduit le juge Howard Riddle à placer le porte-parole de Wikileaks en détention à Londres jusqu’au 14 décembre, en attendant un jugement sur son éventuelle extradition.

Compte-tenu des enjeux géopolitiques de l’affaire, chaque détail de ces faits intimes va certainement devenir, dans les prochains jours, un âpre enjeu d’information.

Le Daily Mail du mardi 7 décembre raconte longuement de manière un peu confuse le parcours d’Assange en Suède (le journal avait déja résumé le 29 août dernier l’histoire d’Assange avec ces deux femmes).

Assange (39 ans) est arrivé le 11 août à Stockholm pour une conférence. Son point de contact était Miss A. qui ne l’avait jamais rencontré auparavant. Elle lui avait proposé de l’héberger dans son petit appartement de Stockholm. Là, ils auraient eu une relation sexuelle librement consentie, au cours de laquelle un préservatif se serait rompu.

Miss A. (de son vrai nom, Anna Ardin) a été une militante connue pour sa lutte pour l’égalité entre les sexes dans son université, certains la présentent comme une féministe convaincue (etLa Tribune de Genève rappelle que Miss A avait publié sur son blog un texte intitulé les 7 étapes de la vengeance légale après une rupture, en janvier 2010). Ardin a une trentaine d’années. Malgré l’incident de la nuit (préservatif rompu), Assange et Ardin restent en bons termes.

Au cours de son intervention publique, Assange remarque une autre personne, une jeune fille d’une vingtaine d’années, Miss W. au premier rang. Il déjeune avec elle, avant de l’accompagner au cinéma, où elle lui fait (librement) une fellation. Le soir, Assange participe à une réception chez Ardin (qui le loge toujours). Lundi 16 août, nouvelle rencontre à Stockholm avec la jeune Miss W. qui habite en dehors de la ville. Assange prend le train (aux frais de la jeune fille, car il dit ne pas avoir d’argent liquide et ne veut pas laisser de trace avec sa carte de crédit) et dort avec elle. Leur relation de la nuit se déroule avec préservatif (sans incident, apparemment). Mais le lendemain matin, il aurait eu une relation sexuelle avec elle sans préservatif alors qu’elle dormait Le mardi, Assange rentre à Stockholm. Miss W. (qui aurait payé son billet de retour) lui aurait demandé si elle pouvait le rappeler, il aurait répondu oui, mais n’aurait finalement jamais retourné ses appels. Miss W
Assange à la tribune, Miss W. (blonde queue de cheval) au premier plan visage flouté

Les deux femmes, qui se sont rencontrées lors de la réunion publique du samedi, se téléphonent et parlent de leur aventure respective avec Assange. Ardin aurait alors demandé à Assange de quitter son appartement pour dormir ailleurs. Il aurait refusé. Les deux femmes lui auraient demandé, en outre, de faire un test de détection de maladies sexuelles, mais il aurait également refusé. Le vendredi 20 août, les deux femmes se rendent au commissariat pour évoquer des rapports sexuels non protégés subis lors de leurs nuits avec Assange. C’est cette visite au commissariat qui déclenche l’enquête de la police suédoise, ainsi que le souligne le blogueur hébergé sur le site du Monde, Jean-Marc Manach. La déposition de Miss W devant la police suédoise est notamment diffusée en France sur Rue89.

Daily Mail

Daily Mail mardi 7 décembre 2010

Le Guardian raconte lui aussi les aventures de Miss A et Miss Wet ajoute que Ardin aurait travaillé pour l’ambassade de Suède aux États-Unis, qu’elle aurait fait une thèse sur « Cuba après Castro » financée par des anti-castristes, tous détails qui ne sont évidemment pas indifférents dans l’affaire.The Guardian mercredi 8 décembre 2010 Guardian

Guardian

The Guardian mercredi 8 décembre 2010

The Independent « Assange pourrait être jugé aux USA pour espionnage » titre The Independent, si la Grande Bretagne extradait Assange vers la Suède, et si la Suède recevait ensuite une demande d’extradition des USA.
« Le juge enferme Assange de crainte qu’il ne prenne la fuite. » titre la page 2. »Cette affaire ne doit pas faire oublier ce que Wikileaks nous a appris » titre la page 3 en faisant allusion aux échanges aux détails sur des bavures commises lors des guerres en Irak et en Afghanistan, avant de parler du cas Assange.

« La CIA est connue pour ses campagnes de rumeurs contre les personnes qui osent se mettre en travers de la machine d’Etat des Etats-Unis. Il est possible que les accusations contre Assange en soient un exemple supplémentaire. Mais il y a aussi une longue histoire d’hommes, par ailleurs admirables, qui sont des violeurs et il se peut aussi qu’il s’agisse d’un exemple supplémentaire. Tout ceci doit être vérifié devant un tribunal – et le procès devrait être surveillé de très près pour s’assurer qu’il ne s’agit pas de manipulations ou de menaces. » analyse The Independent en page 3

The Independent

The Independent mercredi 8 décembre 2010

« Mardi, devant la cour anglaise, la représentante des autorités suédoises a détaillé les quatre chefs d’accusation qui ont semblé assez sérieux outre-Manche pour refuser la libération sous caution de Julian Assange » explique Rue89
« • la contrainte sexuelle («tvang» en suédois): Assange est accusé par une première femme -«Miss A» – d’avoir usé du poids de son corps pour la maintenir couchée d’une certaine manière sexuelle, le 14 août; »
« • l’agression sexuelle : Assange aurait fait l’amour avec Miss A sans préservatif alors qu’elle avait exprimé le souhait d’en utiliser un. Selon Me Pernilla Dahlrot, avocate suédoise du barreau de Paris, cet acte peut être qualifié de viol en Suède; »
« • l’agression, encore, pour le «viol de son intégrité sexuelle» le 18 août, soit quatre jours plus tard; »
« • relations sexuelles avec Miss W, le 17 août dans sa maison de Stockholm, sans préservatif alors qu’elle était endormie. D’après l’acte d’accusation, la qualification retenue serait le viol. »
Rue89,

Rue89 cite aussi Christian Diesen, professeur de droit à l’université de Stockholm, interrogé par Libération : « «Aujourd’hui, les femmes en Suède considèrent qu’elles ont le droit de dire “non” à n’importe quel moment d’un rapport et qu’une relation forcée, même sans menace ou violence, est un viol qui doit faire l’objet de poursuites.»

En l’état actuel du dossier, sont donc reprochés à Assange d’avoir imposé des relations sexuelles non protégées (mais le point de savoir si la partenaire a effectivement demandé à Assange de remettre un préservatif sera certainement disputé) et une relation avec une femme endormie. Même si le code pénal suédois, sous réserve de vérifications, qualifie ces faits de viols, cette qualification peut-elle être utilisée par des médias appartenant à des pays dans lesquels le terme a une acception bien différente ?

Source: http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3591

Le silence de l’UE sur les réclamations d’Assange

par Ana Palacio, le 23 août 2012 – NOTE: cet article reflète l’opinion circonstanciée de son auteure, et non celle de Wikileaks Actu, qui ne saurait en être tenu pour responsable. Il est traduit et publié à titre d’information – willsummer.

 

Le brouhaha entourant l’octroi de l’asile politique par l’Équateur au fondateur de WikiLeaks Julian Assange a laissé dans l’ombre d’énormes incohérences. C’est seulement en les examinant que nous comprendrons ce qui est réellement en jeu.

Pour commencer, un gouvernement avec une réputation douteuse sur le maintien de la liberté, et de la liberté de la presse en particulier, prend fait et cause pour la règle du droit et la liberté d’expression, tout en provoquant des doutes sur la Suède, un pays qui mène le monde par son respect de la procédure légale et de la loi internationale.

Ce n’est pas tout. Le chef de l’équipe légale d’Assange, Baltasar Garzón, a été un fervent défenseur de l’interprétation la plus étroite de l’asile politique, gagnant une prestance internationale avec sa pétition couronnée de succès pour extrader le dictateur chilien Augusto Pinochet. Maintenant, par contre, il en défend l’exact opposé.

Le refus d’Assange d’être extradé en Suède pour interrogatoire sur des accusations d’agression sexuelle est basé sur l’interférence supposée des USA. Mais aucune telle interférence ne s’est matérialisée. Donc, alors que l’Équateur brandit la bannière de l’anti-colonialisme contre la Grande-Bretagne, la chute de l’histoire en est qu’Assange et le président équatorien Rafael Correa jouent la vieille carte « c’est la faute des Ricains » pour échapper à un mandat d’arrêt international, soutenu par la Cour Suprême britannique.

Au-delà des faits de l’affaire Assange, son sens plus profond repose en l’émergence d’une forme de populisme qui s’habille avec la règle du droit et la loi internationale tout en minant par conséquent la portée de la loi et de son application. La position de l’Équateur sur cette affaire a trouvé un soutien chez d’autrfes membres de l’Alliance Bolivarienne pour les Amériques (ALBA), comprenant Cuba et le Venezuela. Et pourtant, selon Reporters Sans Frontières, l’Équateur se classe 104ème sur 179 pays pour la liberté de la presse en 2011-12. De la même façon, l’Index Freedom House classe l’Équateur comme « partiellement libre ».

Il est également intéressant de noter que le Venezuela, membre leader de l’ALBA, n’est pas mieux noté (117ème sur l’échelle de RSF et aussi « partiellement libre » sur le IFH 2012). Dans un contraste saisissant, la Suède mène le classement de RSF, et est l’un des deux pays auxquels le score « excellent » à la fois sur les libertés politiques et civiles ait été attribué par Freedom House.

RSF et Freedom House ont noté une régression des libertés en Équateur récemment, désignant la campagne persistante des médias envers les critiques des médias, l’usage par son gouvernement de ressources nationales pour influencer un référendum, et la réorganisation du système judiciaire en infraction flagrante des provisions constitutionnelles. Entre-temps, un nouveau rapport sur le Venezuela par l’International Crisis Group dénote des conditions injustes dans les préparatifs des prochaines élections présidentielles et l’absence de conditions équitables dans les médias.

Les déclarations récentes de Correa incarnent ces contradictions. Aussi récemment qu’en mai, il a dit « Le gouvernement essaye de faire quelque chose pour la majorité de la population qui est persécutée par les journalistes, qui pensent que, en ayant un stylo et un micro, ils peuvent diriger leurs ressentiments même envers vous. Ils insultent fréquemment et diffament par pur dédain. Ce sont des médias de masse qui servent des intérêts particuliers. »

Cette déclaration est venue lors d’un échange avec nul autre que Julian Assange pendant une émission télévisée diffusée par la chaîne russe contrôlée par le gouvernement de Vladimir Poutine.

Malheureusement, l’espèce de règle de droit promue par Assange, Correa, et d’autres populistes gagne de plus en plus d’adhérents dans le monde globalisé d’aujourd’hui.

Ceci est dangereux, car leur approche signée est l’application sélective et inconstante de préceptes ou de principes légaux ou quasi-légaux, ce qui est l’exact inverse de la dépendance de la règle du droit sur la prévisibilité et la généralité. En distordant la réalité et en offensant le système juridique suédois, les champions de cette subversion minent les fondations d’un système international qui sert de rempart contre les pulsions totalitaires.

Mais l’aspect le plus étrange de l’affaire Assange est le silence assourdissant de la part de ces acteurs et institutions dont l’existence et la légitimité émanent de la complétude de la règle du droit. Le silence de l’UE est peut-être le plus dérangeant.

Le site Internet du Service d’Action Extérieure Européen contient une pléthore de déclarations sur des sujets allant de la Syrie à Madagascar au Texas, mais une recherche avec le mot-clé « Julian Assange » ne rend qu’une seule entrée datant d’avril sur la réaction à WikiLeaks du leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah. (qui a aussi répondu à une interview de Julian Assange dans « Le Monde Demain », ndt)

En effet, aucun leader européen  – pas plus le verbeux président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso, que le toujours-gris président du Conseil de l’Europe, Herman von Rompuy, ou la prudente Haute Représentante pour l’Union dans le domaine des Affaires Étrangères et de la Politique de Sécurité, Catherine Ashton – n’a jugé bon de contrer des attaques sans fondement envers deux états membres. Ou se sont-ils souciés de défendre un outil grandement annoncé et pierre d’achoppement de l’UE – le mandat d’arrêt par lequel le Royaume-Uni détint initialement Julian Assange.

Comment se fait-il que l’UE, beaucoup critiquée pour sa propension aux commentaires et déclarations, soit silencieuse sur un sujet où entendre sa voix non seulement tomberait sous le sens, mais pourrait aussi faire la différence? Qu’elle qu’en soit la raison, il est temps pour que les leaders de l’UE se prononçent.

Ana Palacio, ancienne Ministre espagnole des affaires étrangères et ancienne vice-présidente de la Banque Mondiale, est sur le Conseil d’État espagnol. Copyright: Project Syndicate, 2012

Source: http://www.project-syndicate.org/commentary/julian-assange-s-misrule-of-law-by-ana-palacio

Traduit depuis le web par willsummer

Assange: l’Equateur considère comme surmonté l’incident avec le Royaume-Uni

Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, sur le balcon de l’ambassade équatorienne à Londres le 19 août 2012 – Carl Court afp.com

publié le 25 août 2012

Le président de l’Equateur, Rafael Correa, a considéré comme étant surmonté l’incident diplomatique avec le Royaume-Uni né des « menaces » britanniques de pénétrer dans l’ambassade équatorienne pour arrêter le fondateur de Wikileaks Julian Assange.

« Nous considérons que ce malheureux incident est surmonté, cela a été une grave erreur de la diplomatie britannique que de dire qu’ils allaient entrer dans notre ambassade », a déclaré le chef de l’Etat équatorien.

« C’est une bonne chose que le Royaume-Uni ait renoncé à sa menace, nous faisons comme si nous n’avions jamais reçu de menace. Dorénavant, il faut chercher une solution consensuelle par la voie du dialogue au cas de M. Julian Assange », a ajouté M. Correa.

« C’est bien qu’on reprenne la voie du dialogue (…) et que l’on recherche une issue consensuelle, sans jamais abdiquer de nos principes, sans jamais négocier les droits de l’homme d’une personne », a poursuivi le président équatorien.

M. Correa a ajouté que la solution passerait par un transfert de Julian Assange en Suède à condition qu’il ne soit pas extradé vers un pays tiers ou par l’octroi par le Royaume-Uni d’un sauf-conduit afin que le fondateur de Wikileaks puisse sortir en sécurité de l’ambassade équatorienne à Londres et se rende là où il le souhaite.

Le 16 août, l’Equateur a accordé l’asile politique au fondateur australien de Wikileaks Julian Assange, âgé de 41 ans, qui tente d’échapper à une extradition en Suède où il est accusé de viol et d’agression sexuelle.

M. Assange dit redouter d’être transféré aux Etats-Unis pour y répondre d’espionnage après la divulgation par son site de 250.000 télégrammes diplomatiques, ce qui pourrait selon lui lui valoir une condamnation à la peine de mort.

Mais la Grande-Bretagne refuse de le laisser quitter libre son territoire.

Le président équatorien s’est réjoui de la « rétractation » de Londres dans une note diplomatique dans laquelle la Grande-Bretagne indique selon lui qu' »elle n’a jamais songé à pénétrer dans notre ambassade, qu’il n’y a jamais eu de menace ».

Vendredi, lors d’une réunion ministérielle de l’Organisation des Etats américains, la Grande-Bretagne, par la voix de son observateur permanent à l’OEA Philip Barton, avait invité « le gouvernement équatorien à reprendre le plus rapidement possible le dialogue constructif », tout en assurant que son pays n’avait « à aucun moment proféré de menaces contre l’ambassade de l’Equateur ».

L’OEA avait manifesté sa « solidarité et son soutien » à l’Equateur tout en appelant les deux pays à « poursuivre le dialogue ».

M. Correa n’a pas précisé quand reprendraient les contacts pour régler la situation du fondateur de Wikileaks.

Qu’Assange soit violeur ou non se voit comme le nez au milieu de la figure

Des sourires pour tout le monde: la Femme A, à gauche, Julian Assange au centre, son hôte Rick Falkvinge, Anna Troberg et Sara Sangberg

par Abul Taher, le 25 août 2012

Cette photo semble banale: un groupe d’amis arborant de larges sourires. Mais c’est avec ce cliché que Julian Assange espère laver son nom et sa réputation.

Le visage de la femme sur la gauche a été obscurci pour des raisons juridiques.

Car bien qu’elle sourie de toutes ses dents, elle dirait plus tard à la police que 48 heures avant que cette photo soit prise, le fondateur de WikiLeaks l’a clouée au lit dans son appartement et sexuellement abusé d’elle.

Si l’affaire atteint jamais les tribunaux – M. Assange est à l’heure actuelle cloîtré à l’intérieur de l’ambassade équatorienne de Londres – ses avocats plaident que le cliché photographique sape toute l’histoire de la femme de 33 ans. Et, ajoutent-ils, ce n’est pas fini.

Dans les deux jours qui ont suivi la prétendue agression sexuelle en Suède, M. Assange et la Femme A (c’est ainsi que les premiers rapports de police suédois l’ont définie), telle qu’elle est connue, assistèrent à une conférence et deux dîners mondains où il est rapporté qu’ils étaient quasiment inséparables.

Pendant l’une de ces soirées, la Femme A tweeta qu’elle était « avec les personnes les plus cool et les plus intelligentes du monde! ».

La photographie fut prise le 15 août 2010, au restaurant Glenfiddich de Stockholm, pendant un repas de boulettes de viande arrosées de schnapps à l’invitation de Rickard Falkvinge, fondateur du Parti Pirate suédois (PP), qui fait campagne pour une plus grande transparence gouvernementale.

Bien que selon tous ce fut une réunion joyeuse, il s’y tint des discussions sérieuses qui à certains moments devenaiznt « passionnées et intenses ».

Le discours depuis le balcon de l’ambassade équatorienne est la première apparition publique de M. Assange depuis qu’il y est entré

M. Falkvinge affirma que le but du dîner, qui dura trois heures, était de signer un contrat entre le PP et WikiLeaks afin que l’organisation de M. Assange puisse se servir des serveurs informatiques du parti.

Présente également était la vice-présidente du PP, Anna Troberg, et le directeur des services informatiques du PP Richard Olson, qui vint avec sa fiancée d’alors, Sara Sangberg.

Depuis que les accusations d’agression ont été portées, M. Falkvinge et Mme. Troberg ont fourni à la police des déclarations détaillées en soutien à M. Assange. M. Falkvinge dit que leur témoignage comprenait des observations sur le langage corporel entre M. Assange et la Femme A, qui arriva avec une autre femme, Pietra, qui ne resta que pour le hors d’oeuvre.

M. Falkvinge s’assit à côté de M. Assange, avec la Femme A assise diagonalement en face d’eux.

« La plupart du temps, Julian me parlait », dit M. Falkvinge. « Ceci était une réunion de chefs d’organisation et tout le monde avait un interlocuteur à qui parler. C’était un dîner à caractère professionnel. »
Pour M. Falkvinge, l’une des choses les plus surprenantes du dîner, au vu de ce qu’il apprendrait plus tard, fut que la Femme A se porta volontaire pour devenir l’attachée de presse de M. Assange durant le repas. M. Falkvinge refusa d’entrer dans davantage de détails sur la nature du comportement de la Femme A avec M. Assange, car il devra donner son témoignage au procès si celui-ci est tenu un jour.

Mais il fut explicite qu’il ne pensait pas que la Femme A se comportât comme une victime ou quelqu’un qui aurait vécu une expérience sexuelle traumatisante seulement deux jours plus tôt.

Il dit: « Vous pouvez observer les faits objectifs et arriver à des conclusions qui ont beaucoup de portée: le fait que nous soyons à un dîner et que c’était avec des personnes très passionnées avec de la bonne nourriture et de la bonne boisson; le fait qu’Anna Troberg et moi ayons laissé des dépositions comme témoins-clés de la défense dans le procès à venir – ceci vous en dit beaucoup.

Si l’affaire de M. Assange devait aller en procès après son extradition en Suède, ses avocats se serviront de la photo en sa défense

Vous pouvez dire que ce que nous avons vu est plus en accord avec la défense qu’avec l’accusation. »

Du fait de la plainte de la Femme A envers la police, ainsi que d’une autre victime présumée, M. Assange a combattu l’extradition vers la Suède depuis la Grande-Bretagne pendant les deux dernières années.

Il insiste sur le fait qu’il est victime d’une machination, et craint que d’aller en Suède soit une ruse pour le faire rapidement extrader vers les USA, où il pourrait être jugé pour la publication de centaines de milliers de documents militaires US confidentiels sur le site Internet de WikiLeaks.

Son combat de deux ans pour éviter l’extradition prit une tournure étrange quand M. Assange pénétra dans l’ambassade équatorienne en juin, y demandant l’asile politique.

Il lui fut accordé l’asile politique par le président équatorien Rafael Correa la semaine dernière, provoquant une dispute diplomatique entre l’Équateur et le Royaume-Uni.

Le journal « The Mail on Sunday » a également découvert que quelques heures seulement après la prétendue agression, la Femme A accompagna M. Assange à une conférence du Parti Socio-Démocrate.

Selon les rapports de police, ce fut là que M. Assange rencontra la Femme B, âgée de 29 ans, qui l’accuserait plus tard de viol.

L’avocat des deux femmes, Claes Borgström, affirma hier: « Nous ne discuterons du dîner au restaurant et de la photo qu’au procès. »

Source: http://www.dailymail.co.uk/news/article-2193641/Julian-Assange-rape-claim-Is-photo-clear-him.html

Traduit depuis le web par willsummer

Après Assange, le Déluge

Publié par Jaraparilla, le 15 juillet 2012

Le roi Louis XV est largement accrédité de la phrase « Après moi, le déluge », bien que celle-ci ait pu être prononcée par sa maîtresse officielle, Madame de Pompadour (le titre était électif à l’époque : elle divorça de son époux après avoir assumé cette position). De toute manière, c’était prophétique : Louis XV fut le dernier monarque avant la Révolution Française. Louis XVI, son petit-fils et successeur, fut guillotiné sur la Place de la Révolution en 1793.

En ce jour de Fête Nationale, comme le 21ème siècle titube d’une crise à l’autre, il nous est présenté un tournant nouveau, intrinsèquement riche de la même opportunité révolutionnaire. Les dictateurs modernes et les régimes répressifs ont depuis longtemps cherché à prendre le contrôle d’Internet, et avec, les moyens de contrôler toute l’information. Mais maintenant même les gouvernements occidentaux, corrompus par le grand Capital et manquant d’une réelle légitimité démocratique, tentent de verrouiller l’information et de dicter jusqu’à nos propres histoires.

Soyons clairs. Les banksters recouverts de Teflon qui ont apporté cette Crise Financière Globale qui n’en finit pas, et les gouvernements fantoches qui nous ont apporté la guerre d’Irak, ont des secrets sanglants qu’ils espèrent conserver cachés. Leur manque de moralité psychopathe est déjà clair. Des millions de personnes innocentes ont déjà été tuées, estropiées, déplacées et torturées au bénéfice de leur avidité. Les médias classiques sont dans leurs poches. Ils ont marché sur les lois internationales, la Constitution US, et ont jeté la souveraineté nationale par la fenêtre. Ces gens ne s’en iront pas sans faire de bruit – ils ont beaucoup trop à perdre.

Dormant la nuit sur un matelas gonflable dans un bureau de l’ambassade équatorienne de Londres, Julian Assange est au cœur même de cette tempête qui se prépare. Et son destin pourrait bien déterminer l’avenir de l’humanité.

WikiLeaks sera-t-il suivi d’un déluge d’information libre, transformant notre compréhension de l’histoire et introduisant une nouvelle ère de gouvernance ouverte ? La bataille d’Assange pour la transparence ouvrira-t-elle les vannes vers une transformation radicale de la société, où les gardiens des portes de l’information seront contraints de rationaliser leurs prises de décisions avec des preuves empiriquement confirmées ? Ceci sera-t-il la fin d’une pseudo-science politiquement motivée et d’une dérive politique socialement destructrice ?

Ou bien WikiLeaks sera-t-il le dernier hourra de la parole libre, suivi d’un déluge de nouvelles lois et de restrictions qui tuent la liberté d’Internet une fois pour toutes ? Internet s’en ira-t-il sur le chemin de la bombe atomique pour devenir l’outil le plus efficace du pouvoir jamais inventé ? Des guerres de ressources incessantes continueront-elles d’être justifiées par des exercices de relations publiques merdiques pendant que notre planète se réchauffe au-delà du point de non-retour ? Est-ce ainsi, la fin du monde ?

Sommes-nous, les citoyens de cette Terre – maintenant, là – en train de choisir entre l’Armageddon et une Utopie comparable ? Et si c’est le cas, pourquoi y en a-t-il si peu parmi nous qui se rendent compte de ce qui se passe ?

Bien sûr, ceci ne concerne pas seulement Julian Assange, ou même WikiLeaks. Il y a des milliers de personnes merveilleusement douées et inspirantes à travers le monde, se battant courageusement dans la même bataille pour la vérité, la transparence et la liberté en ligne.

Mais je ne peux m’empêcher de penser qu’Assange est comme un canari dans une mine de charbon.

En ce moment critique, je presse tout le monde en mesure de comprendre les enjeux en cours de mettre de côté leurs petites querelles, leurs égos fragiles, et de s’unir pour soutenir Julian Assange. Quoique vous pensiez de sa personnalité augmentée-par-les-médias, voici un homme qui a voué sa vie à la vérité, la transparence, la paix et l’amour. Si ses sacrifices s’avèrent finalement avoir été vains, alors tous nos efforts pourraient aussi s’avérer inconséquents.

L’avenir nous appartient. Ensemble, nous sommes forts. Vive la Révolution !

Source : http://wlcentral.org/node/2732

Traduit depuis le web par willsummer, mis en ligne sur le forum WikiLeaks par Green.

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