Une série de documentaires sur la géopolitique mondiale et les crises politiques au Moyen-Orient

WikiLeaks publie le lien sur Twitter d’une série de documentaires russes (sous-titrés en anglais) sur la géopolitique mondiale, portant entre autres sur les révolutions du monde arabe, les processus de démocratisation qui ont été soutenus par les Etats-Unis et les conséquences de ces révolutions qui ont notamment conduit à une crise des réfugiés en Syrie et l’impact que cela a pu avoir dans plusieurs pays européens.

Les vidéos sont accessibles gratuitement.

Voir la série de documentaires: http://www.liveleak.com/browse?q=world+order+eng+subs

La Grande-Bretagne: le partenaire silencieux de l’Arabie saoudite dans la guerre civile au Yémen

bombardement_yemenUn hôpital dans la province de Saada a été touché par un bombardement aérien en octobre

Independent, par Iona Craig, 19/12/2015

Les missiles britanniques et les avions de chasse fabriqués et vendus aux Saoudiens font partie d’une guerre que le gouvernement voudrait que l’on oublie

Si on vous a dit que des avions de chasse britanniques et des bombes britanniques étaient impliqués dans une guerre au Moyen-Orient qui a laissé des milliers de morts parmi les civils, vous pourriez être pardonné pour supposer que cela fait référence à l’Irak, ou peut-être à la plus récente campagne aérienne du Royaume-Uni étendue à la Syrie.

Lire plus:
Royaume-Uni pourrait faire face à des accusations de crimes de guerre pour les missiles vendus à l’Arabie Saoudite

Ce qui est moins susceptible de venir à l’esprit c’est un autre conflit oublié dans la région – une guerre parrainée par le Royaume-Uni dont on parle rarement. Pendant les neuf derniers mois, des avions fournis par les britanniques et des missiles de fabrication britannique ont fait partie des raids aériens quasi-quotidiens au Yémen, [des raids] effectués par une coalition de neuf pays conduite par l’Arabie saoudite.

Dans cette campagne bien cachée, des milliers [de personnes] sont mortes. Les bombardements de la coalition saoudienne ont représenté 60% des 4.493 victimes civiles au cours des sept premiers mois de l’année. L’Arabie Saoudite s’est engouffrée dans ce qui a commencé comme une lutte intérieure pour le pouvoir politique entre le président en exercice du pays, Abd Rabbu Mansour Hadi, et son prédécesseur pendant 33 ans, Ali Abdallah Saleh.

Lire la suite: http://www.independent.co.uk/voices/britain-saudi-arabia-s-silent-partner-in-yemen-s-civil-war-a6780186.html

La stratégie d’Israël contre le Hamas exposée dans deux câbles WikiLeaks

combats-syrieDe nombreux câbles WikiLeaks évoquent le conflit israélo-palestinien, mais il faut confronter plusieurs documents pour tenter de comprendre la vraie situation géopolitique qui s’est mise en place au Moyen-Orient. La guerre en Syrie, en effet, ne semble pas totalement étrangère au conflit israélo-palestinien. Comme nous l’avions mentionné dans un article, la Syrie avait pris la défense des Palestiniens et réclamé « l’arrêt des violations israéliennes continuelles contre les droits de l’homme des Palestiniens, [la fin du] siège injuste sur la bande de Gaza et pour l’octroi au peuple palestinien de leur droit à l’autodétermination et à l’établissement de leur Etat indépendant avec Jérusalem comme capitale ». Ces demandes n’ont jamais été entendues par l’Etat d’Israël.

Un câble WikiLeaks du 11 février 2009 (09TELAVIV363) intitulé « Le président du Likoud Netanyahu parle de l’Iran, des Palestiniens et de la Syrie avec Codel Smith » explique le point de vue israélien sur la situation géopolitique du Moyen-Orient. Ce câble est très important, car il montre que l’Etat d’Israël aurait pu avoir un intérêt direct dans la déstabilisation du régime syrien pour conduire à l’affaiblissement du Hamas en Palestine. Israël accuse l’Iran de financer les groupes terroristes au Moyen-Orient et d’être le « régime-mère » du terrorisme. Parmi ces groupes terroristes, Israël considère que c’est l’Iran – soutenu par la Syrie – qui apporte son soutien au Hamas palestinien.

La Syrie, l’Iran et le Hamas palestinien

La théorie du gouvernement israélien consiste à dire, en quelque sorte, que si le Hamas est si puissant en Palestine, c’est parce qu’il est soutenu financièrement et idéologiquement par les régimes alliés de la Syrie et de l’Iran. Autrement dit, selon Israël, le problème du conflit israélo-palestinien ne serait pas uniquement un problème entre Israël et la Palestine, mais un problème qui a sa source en Syrie et en Iran, et qui doit se résoudre par l’affaiblissement de ces deux régimes: « il [Netanyahu] prédit que le terrorisme diminuerait si on coupe la volonté et la capacité de l’Iran à soutenir des terroristes avec de l’argent, un entraînement et des directives« .

On voit bien comment la stratégie israélienne se met en place et pourquoi le renversement du régime syrien aurait pu servir par la suite les intérêts sécuritaires de l’Etat d’Israël, en assurant la présence de régimes favorables à Israël dans tout le Moyen-Orient. Dans la suite du câble, Netanyahu « affirma que le retrait du Hamas au pouvoir n’y produirait pas nécessairement un régime pire, étant donné que les groupes alternatifs ne sont pas aussi proche de l’Iran que le Hamas ». Ainsi, affaiblir l’Iran et la Syrie semble s’être présenté aux yeux des responsables israéliens comme un moyen possible pour obtenir la fin de la résistance du Hamas en Palestine.

Le conflit israélo-palestinien, un problème régional

A travers ce document Wikileaks, on comprend finalement que le gouvernement israélien perçoit la guerre avec le Hamas dans une logique régionale qui va au-delà des territoires de la Palestine occupée. Cette logique régionale inclut plusieurs pays: Israël, la Palestine occupée, la Syrie, l’Iran, l’Irak et le Liban. Le conflit israélo-palestinien est un enjeu pour toute cette région du Moyen-Orient, c’est un facteur de déstabilisation et c’est pourquoi beaucoup d’observateurs considèrent qu’il n’y aura jamais de paix au Moyen-Orient tant que le conflit israélo-palestinien ne sera pas résolu. Les câbles Wikileaks témoignent de cette logique.

Dans un autre câble du 4 avril 2005 (05TELAVIV2054), le gouvernement israélien évoque de nouveau le problème de la Syrie face aux groupes terroristes: « Il a dit que, bien que la Syrie ait fait de mauvaises choses, comme aider le Hamas et le Hezbollah, en compromettant la stabilité en Irak, et donnant refuge aux copains de [Saddam] Hussein, la chose la plus importante maintenant est de le sortir du Liban. » Dans ce même câble, le ministre israélien des Affaires étrangères, Silvan Shalom, évoque l’espoir que « d’autres pays de la région passent vers des systèmes démocratiques ». Ces propos témoignent d’une certaine volonté israélienne d’amener des changements de régime au Moyen-Orient, vers des régimes plus démocratiques et pacifiés, libérés du terrorisme, ou du moins d’une stabilisation politique en Irak et en Syrie, qui pourrait être favorable à la résolution du conflit israélo-palestinien.

Le câble diplomatique ne dit pas si le gouvernement israélien a eu une implication dans la déstabilisation du régime syrien, mais si tel était le cas, on constate aujourd’hui que la stratégie d’Israël a échoué au Moyen-Orient, car la déstabilisation des régimes hostiles à l’Etat d’Israël n’a pas pacifié le Moyen-Orient et n’a pas conduit à la mise en place de systèmes plus démocratiques. Au contraire, on voit aujourd’hui qu’avec la guerre en Syrie, non seulement les régimes se sont maintenus dans la violence et la répression, mais le jihadisme a aussi progressé et se répand comme une poudre sur toute la région.

Quel rôle pour la Russie?

Il semble aussi que le gouvernement israélien ait mal envisagé le rôle de la Russie dans le conflit au Moyen-Orient. Dans le premier câble (09TELAVIV363), Netanyahu présente la Russie comme un possible allié dans la stratégie de lutte contre le terrorisme en Iran et en Syrie: « La communauté internationale pourrait aussi imposer un blocus naval sur l’Iran […] avec la Russie comme pays clé dans cet effort. Le conseiller de Netanyahu, Arad, a ajouté que la Russie a été utile à certains moments […] et que les puissances occidentales pourraient avoir à faire des concessions avec la Russie sur d’autres questions pour les amener à collaborer plus étroitement contre Téhéran. »

Ce câble date d’avant le début de la guerre en Syrie, qui a commencé par les manifestations du 15 mars 2011, mais on sait aujourd’hui que la Russie n’a pas voulu s’allier avec l’Occident dans la lutte contre le régime syrien. Le câble Wikileaks montre ainsi que la stratégie prévue par le gouvernement israélien n’a pas fonctionné, car celui-ci pensait s’appuyer sur la Russie pour déstabiliser l’Iran et la Syrie. De son côté, la Russie n’a pas voulu intervenir contre le régime syrien par peur d’une extension du front islamique vers ses propres frontières: on voit que, là aussi, le raisonnement n’a pas fonctionné, car le front islamique s’est bel et bien étendu vers d’autres pays, même s’il n’atteint pas encore la Russie.

En fait, il y a beaucoup d’incertitudes sur ce qui se passe désormais dans cette région du Moyen-Orient. Il semble que toutes les stratégies gouvernementales aient échoué pour pacifier la région et que les scénarios qui se déroulent actuellement en Syrie et en Irak avec l’avancée de l’Etat Islamique n’avaient certainement pas été imaginés ni par le gouvernement israélien, ni par les gouvernements américain, européen ou russe, à un moment où ils pensaient régler le conflit avec le Hamas.

Les documents Wikileaks mettent ainsi en lumière les profondes erreurs d’appréciation des responsables gouvernementaux israéliens qui, dans leur stratégie face à l’Iran et à la Syrie, en 2005, puis 2009, ont pensé qu’ils réussiraient à affaiblir le Hamas, mais n’ont pas compris que ce qu’ils redoutaient le plus allait se produire quelques années plus tard, à savoir l’avancée actuelle du front jihadiste, la radicalisation du terrorisme et la déstabilisation du Moyen-Orient qui remet profondément en cause tout espoir de résoudre de manière pacifique le conflit israélo-palestinien.

Source des documents Wikileaks: http://search.wikileaks.org/plusd/cables/09TELAVIV363_a.html et http://search.wikileaks.org/plusd/cables/05TELAVIV2054_a.html

Edward Snowden et la théorie des dominos

Est-ce qu’un seul lanceur d’alerte peut, à travers ses révélations, provoquer la chute de tout le système mondial de l’espionnage? Réponse: avec l’affaire de la NSA, on pourrait en effet penser qu’Edward Snowden a enclenché, de manière plus ou moins évidente et irrémédiable, la chute de tout un système injuste élaboré par les services secrets américains et destiné à la collecte illégale des données privées des citoyens dans le monde entier. Il a suffi d’une personne et d’une seule révélation pour enclencher toute une série d’autres révélations sur la NSA, des révélations toutes plus fracassantes les unes que les autres, et qui s’emboîtent les unes après les autres, enchaînant pays après pays les scandales liés à l’espionnage, et on ne sait pas encore où cela s’arrêtera. Car, effectivement, le jeu du domino semble loin d’être terminé.

La théorie des dominos, qui est une théorie de géopolitique inventée par les Etats-Unis avec la Guerre froide, est appuyée elle-même sur la théorie de l’effet domino, autrement dit selon Wikipedia: « une réaction en chaîne » qui provoque « la chute séquentielle d’une file de dominos » les uns à la suite des autres. Wikipedia nous apprend que cette théorie a été mise en évidence et utilisée dans la lutte contre le communisme, que cette théorie a justifié l’invasion du Vietnam « pour prévenir une future domination communiste du sud-est asiatique », mais aussi que ceci aurait justifié l’invasion de l’Irak en 2002-2003 en vue de « la disparition des régimes autoritaires » dans tout le Moyen-Orient, l’invasion du Moyen-Orient n’ayant été qu’une sorte de porte ouverte aux événements du Printemps Arabe. En géopolitique, la théorie des dominos semble donc illustrer une propagation idéologique par contagion: la chute de la dictature irakienne a propagé l’idéologie de la chute des dictatures au Moyen-Orient, de même que la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 avait propagé une idéologie de la libération de toute l’Europe de l’Est et conduit à la chute des régimes communistes. Pour ceux qui n’ont toujours pas compris la théorie des dominos, voici une vidéo simple qui en explique le principe:

WikiLeaks avait déjà emboîté le pas sur les révélations de l’espionnage gouvernemental, notamment à travers les câbles diplomatiques fournis par Bradley Manning et les e-mails de la société de renseignement Stratfor transmis par le hacker Jeremy Hammond. Dans la suite de WikiLeaks, Edward Snowden a donc dévoilé au grand jour un autre aspect de l’espionnage mené par le gouvernement américain et certains de ses partenaires qui sont d’autres gouvernements ou d’autres services secrets. Avec les câbles diplomatiques, WikiLeaks avait déclenché une sorte d’effet domino dans les pays du Printemps Arabe, où on a pu voir la Tunisie servir d’exemple à d’autres pays arabes, avec des manifestations qui ont conduit en 2010-2011 à la chute de plusieurs gouvernements au Moyen-Orient, des régimes assimilés à des dictatures ou définis comme des régimes autoritaires. Il y avait alors une effervescence politique générale au Moyen-Orient, une effervescence qui a continué à travers des projets de constitution. La volonté démocratique des Tunisiens avait incité d’autres peuples du Moyen-Orient à réclamer plus de liberté. La théorie des dominos permet de comprendre tous ces événements historiques de manière beaucoup plus claire.

Avec l’affaire de la NSA, ce sont désormais les gouvernements occidentaux, et notamment les Etats-Unis, qui vont devoir rendre des comptes à la population, face aux accusations d’atteintes à la vie privée et face à la collecte illégale de données menée à travers le monde entier. Comme dans la théorie des dominos, le gouvernement américain n’est pas le seul à être fragilisé par ces révélations, car on apprend en effet que plusieurs gouvernements européens ont collaboré avec la NSA, comme la Suède et la France. Si le président Obama a récemment fait un discours sur la réforme de la NSA, personne n’a malheureusement encore entendu François Hollande s’exprimer sur le rôle des services secrets français vis-à-vis de la NSA. Mais on imagine bien que si le président américain a dû donner des explications, il en sera de même pour tous les services secrets qui ont collaboré avec la NSA, et qu’ils devront tous rendre des comptes aux citoyens.

Finalement, ce qu’il faut retenir dans cette histoire, et ce qui nous semblerait à tous plutôt drôle, c’est que la théorie des dominos est à l’origine une théorie américaine visant à lutter contre le communisme, mais on constate aujourd’hui que cette théorie forgée par les Etats-Unis se retourne contre leur propre perception du pouvoir politique. Car aujourd’hui, c’est le système occidental, et non le communisme, qui montre ses faiblesses démocratiques et qui menace de s’effondrer ou en tout cas de s’émietter un tout petit peu. Comme vous pouvez le voir dans la vidéo qui illustre le tour du monde des dominos, l’affaire de la NSA américaine contamine désormais tous les autres pays du monde. Si vous aimez la théorie des dominos, vous aimerez forcément l’affaire de la NSA. Mais il faudra être patient pour en voir la fin, car il paraît que Snowden a dérobé 1,7 millions de dominos contenant des informations secrètes, et seul 1% d’entre eux seraient publiés…

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Texte: CC BY-SA

Vidéo: youtube

Roland Dumas: deux ans avant le début de la guerre, « l’Angleterre préparait l’invasion des rebelles en Syrie »

L’ancien ministre des Affaires étrangères de la France, Roland Dumas, a déclaré dans une émission télévisée sur LCP que les représentants du gouvernement britannique lui avaient parlé des préparatifs de guerre en Syrie deux ans avant le début des protestations et du conflit en 2011. La raison invoquée pour cette guerre est la position anti-israélienne du gouvernement syrien qui a fait de la Syrie une cible pour un changement de régime soutenu par l’Occident.

Al-Qaïda, nouveau prétexte à une propagande contre le Moyen-Orient – mais faut-il leur rappeler qu’il y a des solutions pour sortir du terrorisme?

En tant que responsable de ce blog, je voudrais sensibiliser les lecteurs à la continuelle propagande qui est faite contre le monde musulman, et notamment sur les causes du terrorisme international, surnommé Al-Qaïda. Un titre récent m’interpelle: « Al-Qaïda, plus forte et dangereuse que jamais, selon les experts« , peut-on lire dans plusieurs titres de presse. Les médias occidentaux, semble-t-il volontairement ou involontairement, quelques jours après le vote de la LPM [Loi de Programmation Militaire] en France, continuent de relayer une propagande qui vise à effrayer les citoyens du monde entier face à la menace terroriste, à influencer nos esprits pour nous faire croire qu’il existe toujours une guerre de civilisations et que les lois sur l’espionnage sont ainsi justifiées, mais sans pour autant expliquer les vraies raisons du terrorisme et sans expliquer qu’il y a des solutions faciles à trouver pour que tout le monde vive en paix sur cette planète, à l’abri du terrorisme. Nos médias, si intelligents et souvent complices des gouvernements, oublient de mentionner qu’il y a des solutions pour éradiquer le terrorisme, mais que si celui-ci n’est pas éradiqué, c’est que les réseaux terroristes sont utiles parfois aux intérêts des gouvernements pour renverser des régimes et pour évincer du pouvoir les gens qui font obstacle à certains. Les civils, que ce soit en Occident ou au Moyen-Orient, ne veulent plus du terrorisme, et nous ne voulons pas non plus que le terrorisme serve de prétexte aux gouvernements pour censurer l’internet, interdire des manifestations, accroître l’espionnage et réduire les droits à la liberté d’expression, où que ce soit dans le monde.

Al-Qaïda est utilisé aujourd’hui, comme c’était le cas il y a dix ans, avec l’Irak et l’Afghanistan, comme un prétexte pour attiser la haine entre les populations, pour nous faire croire que le Moyen-Orient est un ennemi de l’Occident, au risque de nous faire oublier qu’Al-Qaïda a eu des liens avec les Etats-Unis dans les années 80, comme l’affirmait Hillary Clinton. Au contraire, n’avez-vous pas compris que les seuls ennemis, ce sont les gouvernements qui ne cessent de se livrer des guerres entre eux? Le terrorisme, c’est une affaire d’Etat: ce sont des Etats qui se livrent une guerre pour le pouvoir et qui règlent leurs comptes personnels sur le dos des civils qui meurent et qui sont les victimes de tous ces attentats. Nous ne connaissons même pas les vrais enjeux de tous ces actes terroristes, mais certainement, il n’y a derrière tous ces attentats aucun prétexte religieux, et si les terroristes étaient religieux, ils devraient savoir qu’il n’y a rien de plus précieux que la vie pour un être humain et que la religion donne pour principe d’aimer la vie, et non de la détruire. Ceux qui tuent et commettent des attentats terroristes ne croient pas en la vie, ils ne croient pas en la démocratie et ils ne respectent pas la vie des civils qui meurent aux quatre coins de la planète. Le terrorisme ne sert en fait que l’intérêt des gouvernements et de gens haut placés au sein des gouvernements, et ceci leur permet de manipuler l’opinion publique et de faire passer toutes sortes de lois.

Mais parce que l’Occident persiste à fermer les yeux sur les vraies causes du terrorisme, nous, en tant que citoyens, nous leur disons: Il y a des solutions pour mettre fin à tous ces attentats et tous ces crimes. Et si vos services secrets ne sont pas en mesure de trouver des solutions efficaces pour mettre fin au terrorisme, malgré tous les moyens diplomatiques et technologiques que vous possédez, malgré tout l’argent que vous investissez, alors nous allons vous les donner, ces solutions qui sont pourtant si simples à trouver:

Premièrement, arrêtez d’opprimer les peuples du Moyen-Orient et de les rendre responsables du terrorisme. Traitez-les de manière égale aux peuples occidentaux, car les civils ne sont en rien la cause du terrorisme. Les civils au Moyen-Orient veulent la paix, comme nous voulons aussi la paix ici en Europe et ailleurs. Nous sommes solidaires avec eux, car ils veulent aussi le développement économique et le bien-être de leur société. Ils ne sont pas responsables de ce que des fous islamistes prétendent faire en leur nom ou au nom de la liberté. Que l’Occident traite ces peuples avec respect, et ce n’est pas parce que leur civilisation est moins développée économiquement, que vous avez le droit de les menacer diplomatiquement ou d’envoyer des embargos contre leurs nations.

Deuxièmement, aidez les peuples du Moyen-Orient à développer les droits de l’homme avec des aides économiques, au lieu de consacrer des millions de dollars à financer des armées et le développement militaire de ces pays. Si ces pays ne maîtrisent pas encore clairement le concept des droits de l’homme à la manière de l’Occident, il faut arrêter de leur livrer des armes ou des logiciels d’espionnage de leur population, ces choses ne faisant qu’accroître le manquement aux droits de l’homme et mettant en péril des milliers de civils. Actuellement, l’économie au Moyen-Orient a surtout pour destination l’intérêt des multinationales, le pétrole et les technologies de surveillance, alors que l’intérêt de l’économie devrait être centré sur la promotion des droits de l’homme et de la liberté des citoyens.

Troisièmement, arrêtez d’envoyer des drones sur les civils et de tuer les gens dans des pays qui détiennent des terroristes sur leur territoire. Tout civil a droit à la vie, même s’il est terroriste ou présumé terroriste. Il est préférable d’arrêter un terroriste et de le juger de manière démocratique, pour qu’il puisse faire face aux accusations de manière responsable face à la société. Les Etats-Unis envoient des drones sur des civils, sans même savoir si ceux-ci sont effectivement des terroristes, sans même qu’ils aient été arrêtés ou jugés. Certains sont tués par erreur. Comment voulez-vous que des réseaux comme Al-Qaïda n’exploitent pas la détresse des civils dont les proches ou les enfants ont été tués par erreur par vos armes ou par vos drones? L’Occident ne fait que donner des raisons à Al-Qaïda d’attiser la colère des populations et de recruter encore plus de terroristes, parce que ce sont des politiques inefficaces. La politique du drone est une politique de la violence, qui n’apportera que la violence au sein des populations dans le monde. La promotion de la paix au Moyen-Orient doit se faire dans le dialogue, et non dans le meurtre de la population par des moyens de haute-technologie.

Quatrièmement, incitez les multinationales étrangères à faire la promotion des droits de l’homme et à investir une partie de leurs énormes profits pour développer les droits de l’homme au Moyen-Orient. Incitez les multinationales étrangères à montrer l’exemple et à être digne des valeurs démocratiques de l’Occident. Quand les multinationales sont à l’étranger, leurs dirigeants devraient appliquer et respecter les mêmes droits que ceux qu’ils respectent quand ils sont dans leur pays: ils ne devraient pas chercher à exploiter la population locale, ils devraient appliquer une égalité dans les salaires et accorder des conditions de travail respectables à leurs salariés, respecter l’écologie et au besoin intervenir pour prévenir des catastrophes environnementales. La terre est un bien commun à tous. En Occident ou au Moyen-Orient, les multinationales doivent se rendre responsables de leurs activités face aux populations, afin de permettre le développement au sein de ces pays, et non pas pour freiner les droits et la liberté d’expression des habitants. Moralisez les multinationales internationales, et peut-être que le monde deviendra un peu plus moral et respectueux des droits de l’homme.

Enfin, demandez aux médias internationaux d’arrêter de relayer les propagandes en faveur de la guerre. Les médias ont un poids de conscience dans la construction d’un conflit entre les civilisations de l’Occident et du Moyen-Orient. Les médias propagent la haine entre les cultures du monde, parce qu’ils obéissent aux ordres des gouvernements et parce qu’ils ne comprennent pas l’intérêt de donner une vraie information aux citoyens dans le monde. Les médias ne donnent pas non plus d’informations sur les problèmes, les causes et les origines réelles du terrorisme international, qui fut utilisé et financé par les Etats-Unis comme un instrument de lutte contre l’influence soviétique, notamment en Afghanistan. On veut nous faire croire aujourd’hui que l’Occident est plus sûr, – grâce à vos systèmes d’espionnage qui portent atteinte à notre vie privée -, et l’Orient moins sûr avec Al-Qaïda. Mais les problèmes sont les mêmes partout: il n’y a pas un Moyen-Orient avec ses problèmes particuliers, et un Occident avec d’autres problèmes. Les civils font partout sur terre face aux mêmes problèmes de pauvreté, de logement, de crise et d’austérité, face à des gouvernements qui investissent dans les guerres, au lieu de développer l’éducation et la santé, et face à des gouvernements de plus en plus oppressifs quand aux libertés accordées aux citoyens. Al-Qaïda, encore un prétexte pour attiser le nationalisme en Europe et envoyer des soldats se faire tuer au Moyen-Orient? Les médias devraient nous apporter des solutions pour faire face au terrorisme, au lieu de nous répéter sans cesse qu’il y a des problèmes. Les médias piaillent comme des poules dans un poulailler pour nous alerter sur du vent, mais nous citoyens, nous aimerions entendre parler des êtres humains dotés de conscience et faisant pleinement face aux problèmes et aux défis de la société future. Arrêtez de nous faire peur avec Al-Qaïda, en agitant l’ombre de vos médias, et présentez-nous des vraies solutions, pacifistes et humaines à la fois, pour mettre fin au terrorisme et à l’extrémisme religieux. Les solutions sont à la portée de tous, il ne manque que le courage à ceux qui nous gouvernent pour les appliquer.

La paix peut exister en ce monde, si seulement nous pouvons être gouvernés par des gens intelligents – qui vivent les yeux ouverts sur les problèmes du monde, et non le regard fermé face aux enjeux et aux espoirs de l’avenir -, des gens emplis de sincérité et de courage qui devront nécessairement avoir pour principe premier le respect des droits de l’homme et le droit à la vie de chaque être humain sur la terre. Le droit à la vie est un principe inébranlable dans la construction et la diffusion des valeurs de  la démocratie. Ni peine de mort, ni torture, ni drones, prisons secrètes ou répression politique ne peuvent remplacer cela, de même que l’espionnage mondial ne pourra pas non plus améliorer la démocratie. L’avenir de la démocratie est dans les mains de l’Occident, c’est à nos dirigeants de changer la donne et de redonner un sens à ce mot partout dans le monde.

Révélations sur des écoutes téléphoniques entre l’ex-président Mohamed Morsi et le chef d’Al-Qaïda

AlgeriePatriotique.com, 12 décembre 2013

morsi-zawahiriDes sources très bien informées font état de fuites organisées concernant des appels téléphoniques secrets entre Mohamed Morsi et Ayman Al-Zawahiri, chef d’Al-Qaïda, mettant dans l’embarras plus d’un gouvernement, que ce soit en Occident, en Israël ou dans certains pays arabes. Les Etats-Unis n’ont pas soufflé mot pour commenter ces révélations choc démontrant la collusion entre un chef d’Etat en exercice et le terroriste soi-disant ennemi public numéro un, dont un journal égyptien à gros tirage vient de publier le deuxième volet. Les conversations téléphoniques entre le chef d’Al-Qaïda, Ayman Al-Zawahiri, et le président déchu Mohamed Morsi attestent également de l’implication de Khairat Al-Shater, chef adjoint du guide suprême des Frères musulmans et de celle de Tahtawi, l’ancien conseiller présidentiel de Morsi. Cet échange secret témoigne de la relation qui unit les Frères musulmans et Al-Qaïda et divulgue, en outre, l’utilisation par la confrérie d’un réseau de communications très pointu, fondé par une société américaine pour empêcher tout contrôle de communications téléphoniques et pour éviter l’espionnage des e-mails, et dont les responsables de cette société entretiennent, selon des sources souveraines, une relation directe avec l’homme fort de l’organisation des Frères musulmans, Khairat Al-Shater. Les dispositifs de renseignement ont été en mesure de déchiffrer les codes utilisés par la confrérie pour les échanges téléphoniques et les e-mails avec Al-Qaïda, et découvert que les téléphones satellitaires spéciaux provenaient de Turquie et qu’ils avaient été remis à Mohamed Morsi en personne, qui les avait à son tour distribués à certains fonctionnaires de la présidence, dont Ahmed Shiha, l’un des conseillers de l’ex-président, et l’ambassadeur Tahtawi ; tous ont utilisé les téléphones plusieurs fois dans leurs contacts avec Al-Qaïda. Les sources souveraines affirment que depuis l’avènement de Mohamed Morsi au pouvoir, Ayman Al-Zawahiri est devenu le responsable d’Al-Qaïda à l’intérieur du territoire égyptien. Les enregistrements des conversations révèlent ainsi, pour la première fois, que des Pakistanais et des Palestiniens ont rencontré Khairat Al-Shater, qu’ils ont eu un contact direct avec Ayman Al-Zawahiri et qu’ils en ont reçu des directives 24 heures avant le massacre des soldats égyptiens à Rafah. En outre, il s’avère qu’Al-Qaïda s’est connectée aux réseaux israéliens à partir de différents endroits à l’intérieur du Sinaï, profitant de la difficulté de décodage de l’entreprise israélienne pour éviter la censure, mais les dispositifs égyptiens ont réussi à en décrypter trois codes et surveiller les liens entre les éléments d’Al-Qaïda et sa filiale «l’Etat islamique en Irak et au Levant», depuis la prise de pouvoir de Morsi.

Appel du 1er octobre 2012
Ayman Al-Zawahiri, le chef d’Al-Qaïda, à Mohamed Morsi, à propos du massacre des soldats égyptiens de Rafah: «Les soldats n’ont pas commis de péché, leurs tyrans de dirigeants qui exercent la politique sioniste et américaine portent la responsabilité de leur mort. Il ne faut pas avoir peur de ce sang. Il faut repousser l’attaque de la religion islamique à laquelle nous sommes exposés.» Puis: «L’armée égyptienne doit être une armée islamiste. Il faut lui permettre de former l’ensemble de nos éléments, permettre la barbe et accepter des djihadistes, ne pas laisser les tyrans gérer l’armée et accepter des soldats de toutes les nationalités pour faire face à la tyrannie et soutenir la terre de l’islam.» Morsi répond: «Nous cherchons à former une armée islamique de djihadistes sous la direction de « l’Armée de l’Islam », intégrant les enfants des moudjahidines et les Frères musulmans de toutes les nationalités au sein de l’institution de l’armée…»

Appel du 28 décembre 2012
Al-Zawahiri à Morsi: «Les laïques agissent au détriment de la doctrine de l’islam qu’ils menacent par des manifestations sans ampleur. Je vous ordonne la nomination du cheikh Hazem Salah Abou Ismaël comme vice-président, parce que ce serait appliquer la loi de Dieu, et ils ont tellement peur de lui. Si vous n’appliquez pas la charia, nous allons la mettre en œuvre nous-mêmes. Il faut donner un poste à cheikh Imad Abdul Ghafour, homme de valeur et de respect apprécié par les moudjahidine. Tu dois arrêter le cheikh d’Al-Azhar, ordonner la fermeture de l’ensemble de cette institution pour sa déviation de la trajectoire et appliquer la charia sur eux. Vous devez nommer Khairat Al-Shater prince des moudjahidines…»

Appel du 12 janvier 2013
Ayman Al-Zawahiri à Morsi: «Les enseignements de Dieu doivent être appliqués et mis en œuvre, ainsi que la loi islamique. L’arrêt des laïques commence par empêcher la construction des églises, les Coptes doivent payer une dîme (jiziya) et renoncer aux demandes s’ils veulent vivre en paix.» Puis: «Vous allez régner des centaines, voire des milliers d’années, vous devez appliquer l’expérience du Pakistan et de l’Afghanistan en Egypte en appliquant la loi.» Il explique: «L’exécution de toute personne qui enfreint la loi et pour appartenance laïque qui contribue à répandre l’immoralité. Aider les chrétiens est une violation de la loi.» Il ajoute: «Nous ne reconnaissons pas une Constitution laïque, il n’y a pas de Constitution par le juge, elle n’existe qu’en vertu de Dieu.» Morsi répond: «Ô Commandeur de la droiture, nous avons pris des décisions de dissuasion face à ceux-là, et nous préparons une nouvelle législation, un nouveau défi dans les médias. Dans un avenir proche, nous allons fermer ces canaux et nous allons créer des médias islamistes. Un gros budget doit venir de l’organisation internationale de la confrérie des Frères musulmans dont le programme est d’établir des canaux satellites islamiques pour exhorter au djihad. Il y aura un canal fixe par satellite pour vous et vos hommes d’Al-Qaïda, et ce canal pourra être diffusé à partir de l’Afghanistan et former les cadets des Frères musulmans.» Al-Zawahiri: «Certains médias sont financés par l’église et travaillent avec les adversaires de la loi.» Morsi: «Nous allons bientôt honorer nos engagements envers vous.»

Appel du 20 janvier 2013
Al-Zawahiri à Morsi: «Grâce à nous, vous êtes à l’extérieur des prisons de la tyrannie et nous voulons libérer tous nos frères du système des tyrans. Nous voulons installer le califat au Yémen et en Irak, et nous soutenir est un devoir. Nous avons une demande: la libération des moudjahidine d’Al-Qaïda détenus dans les geôles d’Al-Arab et dans les autres prisons. Nous avons soutenu avec l’argent et les armes en Libye, au Yémen et dans le Sinaï, et il faut qu’une partie de cet argent aille aux familles des moudjahidines, et pour l’entraînement et la formation des moudjahidine dans le Sinaï. Nos demandes ne sont pas nombreuses, mais il y en aura d’autres par des intermédiaires qui sont nos frères.» Suite à cet appel, les sources de renseignement révèlent que pour la première fois, 350 familles de groupes takfiristes sont entrées au Sinaï et d’autres familles appartenant à Ahmed Ashoush ont été logées là-bas sur la demande personnelle de Morsi, leur offrant des habitations et des terres. Morsi avait prévu à l’époque de fermer définitivement la prison de Burj Al-Arab, mais la confrérie des Frères musulmans est revenue sur sa décision, car elle envisageait d’emprisonner un certain nombre de dissidents et de journalistes sur les conseils d’Al-Shater qui a déclaré: «La prison sera pour les opposants et les djihadistes pourront tous sortir.»

Appel du 2 février 2013
Al-Zawahiri à Morsi: «Demandez la libération de cheikh Omar Abdel Rahman et mettez la pression sur l’Amérique pour le libérer.» Morsi: «D’accord, bien sûr !» Les sources ont révélé que Morsi a eu des contacts directement après l’appel avec les autorités américaines et a demandé à son assistant Issam Haddad de se déplacer pour négocier la libération d’Omar Abdel Rahman, acceptant de faire des concessions importantes aux Etats-Unis, comme l’augmentation des forces de maintien de la paix internationale dans le Sinaï, l’exploitation de plusieurs kilomètres carrés dans le Sinaï pour réinstaller les Palestiniens de Ghaza et permettre à Israël de planter des capteurs à la frontière avec l’Egypte, mais les dispositifs sécuritaires ont arrêté le processus et déjoué complètement le complot.

Appel du 9 mars 2013
Morsi à Al-Zawahiri, en présence de Tahtawy et Shiha et d’un autre conseiller, à l’intérieur du palais présidentiel: «Nous avons l’intention de faire voyager les fils des Frères musulmans en Afghanistan, puis au Pakistan.» Il a demandé le soutien d’Al-Zawahiri pour aider à la coordination de ces voyages. Les sources révèlent que plus d’un voyage avait déjà été effectué, et les services de renseignement ont déconseillé au président de permettre à nouveau ce genre de voyages dans des moments aussi sensibles, lui disant qu’il serait accusé d’extrémisme. Mais Morsi n’a pas tenu compte des mises en garde qu’il a complètement ignorées. Les forces de sécurité ont réagi en arrêtant à leur retour en Egypte tous les éléments qui avaient participé à ces voyages en Afghanistan et au Pakistan, mais ils ont été libérés au bout d’une semaine, suite à l’intervention directe de la présidence.

Appel du 12 avril 2013
Dans un appel de deux minutes, Al-Zawahiri a critiqué Morsi à la suite des événements de la cathédrale Saint-Marc à Abbassiya: «Nous avons suivi ce qui s’est passé pour les chrétiens et leurs partisans et nous avons parlé avec nos frères dans les différents groupes. Parler de réconciliation et de pardon est une insulte à tous les musulmans. Les chrétiens doivent quitter cette terre.» Morsi: «La présidence n’a rien fait, même pas des excuses à la minorité copte. Leur droit de vivre en Egypte et leurs tentatives de demander l’aide de l’extérieur ne sera pas à leur avantage, ils sont une minorité en vertu de la loi islamique.»

Appel du 15 mai 2013
Dans cet appel, Al-Zawahiri décrit Omar Al-Bashir du Soudan comme «un président croyant qui ne reconnaît pas l’opposition». Ensuite, il déclare: «Tu dois procéder à l’abolition de la justice d’Etat. Le pouvoir judiciaire ne se prononce pas dans un pays islamique.» Morsi a répondu qu’il se préparait «pour le prochain nettoyage de toutes les institutions de l’Etat».

Appel du 21 juin 2013
Ce volet concerne les appels successifs entre Ayman Al-Zawahiri et Faraj Al-Abed Al-Mowafy, élément d’Al-Qaïda, spécialiste du transport des fonds. Al-Zawahiri: «Laissez les groupes appliquer la loi de Dieu, l’argent est entré au Pakistan à travers un certain nombre de lieux.» Ce Faraj Al-Abed Al-Mowafy a réussi à faire sortir plus de trois milliards de dollars hors d’Egypte via la Libye, après avoir rencontré Ramzy Mowafy dans le Sinaï sur ordre des Frères musulmans et d’Al-Qaïda, et s’est ensuite rendu en Libye.
Des sources indiquent qu’Al-Qaïda prévoyait, à ce moment-là, de faire sauter un certain nombre d’ambassades arabes et étrangères pour empêcher le départ de Morsi du pouvoir, y compris le bombardement du bâtiment de la National Security Agency (NSA). Les sources confirment que, sur ordre des services de sécurité, des Pakistanais ont été interdits d’accès dans le pays et que d’autres éléments qui y étaient entrés pour planifier une série d’attentats à la bombe ont été arrêtés. Ainsi, les sources ont révélé pour la première fois que les agences de renseignement de trois pays ont prévu de capturer Ayman Al-Zawahiri grâce à ses relations et contacts avec le président déchu, surtout après la surveillance de ses appels, et l’accord conclu avec Mohamed Morsi d’entrer en Egypte et de vivre dans un endroit caché loin des yeux du monde et des services de sécurité et du renseignement.
Après toutes ces informations que nous avons essayé de synthétiser, nous ne pouvons que nous poser des questions légitimes: pourquoi les Etats-Unis sont-ils restés silencieux face à ces révélations? Bien entendu, cette divulgation doit certainement embarrasser bon nombre de personnalités et d’Etats qui ont soutenu Morsi. N’oublions pas le défilé permanent des Occidentaux au Caire, hypocrites comme à leur habitude, lors de l’arrestation de Morsi. Pensons à McCain qui continue à soutenir les Frères musulmans. Pensons aussi à Catherine Ashton qui a visité Morsi dans sa cellule. Pensons à l’ambassadrice des Etats-Unis, Ann Paterson, qui a joué un rôle crucial entre les Etats-Unis et la confrérie des Frères musulmans. D’après des sources sécuritaires et bien informées, un plan a été déjoué visant à la libération de Morsi afin de pouvoir le liquider pour le réduire au silence. Qui a intérêt à ce que Morsi ne parle pas? En tout cas, ces enregistrements viennent à point nommé pour nous démontrer les liens entre le président issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi, et le chef d’Al-Qaïda, Ayman Al-Zawahiri.

Mohsen Abdelmoumen

Source: http://www.algeriepatriotique.com/article/revelations-sur-des-ecoutes-telephoniques-entre-lex-president-mohamed-morsi-et-le-chef-dal-q

PRISM, Tempora: Les programmes de surveillance internet guettent la Tunisie

HuffPost Maghreb, 3 juillet 2013

Le 7 juin 2013, de nombreux détails des programmes de surveillance internet PRISM et Tempora, dirigés par l’américaine NSA (National Security Agency) et la britannique GCHQ (Government Communications Headquarters), sont portés au grand jour. A l’origine de ces révélations initialement publiées par le quotidien britannique The Guardian: Edward Snowden, ex-consultant pour la NSA et la CIA.

De quoi sont capables ces programmes de surveillance ?

Les allégations, fondées sur une série de documents classés top-secret et fournis par le jeune informaticien de 30 ans, concernent l’existence d’une back-door chez plusieurs géants de l’internet. Des multinationales comme Facebook, Microsoft ou encore Google auraient fourni un accès direct à leur système aux agences de sécurité gouvernementales.

Les gouvernements auraient ainsi accès, entre autre, au contenu de mails et de live chats, ainsi qu’aux conversations audiovisuelles via un accord avec Skype. Toujours, selon The Guardian, les multinationales mises en cause auraient, pour celles qui ont répondu, réfuté ces accusations.

Etant donné le caractère multinational de ces entreprises, de nombreux États craignent pour la protection des données privées de leurs consommateurs ainsi que celle de leurs institutions. La France a annoncé ne pas pouvoir « accepter ce comportement » qui doit cesser « immédiatement ». Un responsable européen a souligné une possible « rupture de confiance » au cas où les faits seraient avérés (AFP), tandis que The Guardian, révélait que l’Italie, la France ou encore la Grèce seraient parmi les 38 cibles privilégiées de la NSA.

La NSA défend les programmes de surveillance

Qu’en est-il de la Tunisie ?

Près d’un tiers des tunisiens sont utilisateurs de Facebook et nombre d’entre eux sont adeptes du service de boîte électronique de Google ou encore du logiciel de communication audiovisuelle Skype. Les risques constatés dans d’autres pays devraient donc également s’appliquer en Tunisie.

Selon le directeur de l’Agence tunisienne d’Internet (ATI), Moez Chakchouk, joint par le HuffPost Maghreb, les récentes révélations ne changent que peu l’état des choses, car les autorités « se doutaient probablement de l’existence de tels comportements » de la part des multinationales. Mais alors que la Commission nationale de l’informatique et des libertés française (CNIL) et son équivalente espagnol AEPD leur ont déjà promis des sanctions au cas où ces comportements persisteraient, le sujet reste étrangement absent des débats en Tunisie.

Moez Chakchouk admet que malgré « son nombre comparativement réduit d’internautes, la Tunisie, comme tout autre pays, est bien sûr concernée par ces révélations, surtout que l’usage des réseaux sociaux a atteint son apogée, notamment depuis la révolution et l’ouverture totale de l’Internet ». Mais il analyse également que les tunisiens « sont encore très sensibles au sujet de la censure du net » et ne se préoccupent donc pas de la protection de leurs données. Un débat en efface un autre.

Lors de la conférence 2013 de la Freedom Online Coalition (FOC), qui regroupe 21 pays et avait lieu à Tunis le 17 et 18 juin, les enjeux des libertés en ligne devaient être abordés sous tous leurs aspects. Mais les participants tunisiens « se sont peu intéressés pour les sujets de protection, et bien plus pour ceux de la censure », indique Moez Chakchouk. En revanche, un évènement annexe, hébergé par Nawaat, a été dédié exclusivement à une discussion autour de la surveillance internet, comme le rappelle Jillian C. York, directrice de l’EFF.

Même s’il identifie des risques non moins importants liés à la protection de données personnelles et à la garantie de la liberté d’expression sur internet, M. Chakchouk pense que les enjeux de ces révélations sont autre part.

« Moi aussi, je veux! »

Des « rapports de transparence » publiés par Google, Microsoft et bientôt Facebook font état de nombreuses demandes d’accès aux données personnelles de la part de plusieurs gouvernements. Pour le moment, « ces rapports ne mentionnent pas la Tunisie », précise Moez Chakchouk, « mais il y a là un véritable risque de contagion ». Ayant constaté l’accès privilégié offert aux américains par ces multinationales, il est en effet plausible que certains gouvernements songent alors à réclamer les mêmes privilèges. A titre personnel, il ne pense pas que « Google ou Facebook agiront dans ce sens, surtout dans les pays où il n’existe aucun garde-fou juridique pour garantir les droits de l’homme sur internet ». Quant à l’espionnage d’État tant craint par les grandes puissances, Moez Chakchouk ne croit pas que la Tunisie soit concernée, les « intérêts commerciaux y étant relativement faibles ».

Pour le directeur de l’ATI, il faut avant tout agir « à échelle internationale », notamment via l’adhésion à la convention 185 du Conseil de l’Europe sur la cybercriminalité mais aussi à la convention 108 relative à la protection des données personnelles. La Tunisie, en attendant, a d’autres priorités : « l’emploi, la croissance économique, la démocratie, etc… ». Et en ce but, « c’est dans le sens économique qu’il faut coopérer avec ces multinationales pour promouvoir l’innovation, avant de poser toute question liée à la sécurité nationale et les risques relatifs à l’usage d’internet ».

[…]

Source: http://www.huffpostmaghreb.com/2013/07/03/prism-tempora-surveillanc_n_3539309.html

Irak: Une guerre pour Israël – par Mark Weber

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Mark Weber est directeur de l’Institute for Historical Review. Il a étudié l’histoire à l’Université de l’Illinois (Chicago), l’Université de Munich, l’Université de Portland State et l’Université d’Indiana (MA, 1977).

L’invasion américaine de l’Irak en mars-avril 2003 et l’occupation du pays depuis lors, a coûté plus de quatre mille vies américaines et plus de 500 milliards de dollars, et a apporté la mort de plusieurs dizaines de milliers d’Irakiens.

Pourquoi le président Bush a-t-il décidé d’aller à la guerre? Dans l’intérêt de qui l’a-t-il lancé?

Dans les mois qui ont précédé l’attaque, le président Bush et d’autres hauts responsables américains ont averti à plusieurs reprises que la menace envers les États-Unis et le monde posée par le régime de Bagdad était si grave et imminente que les États-Unis devaient agir rapidement pour bombarder, envahir et occuper l’Irak.

Le 28 septembre 2002, par exemple, Bush a déclaré:

« Le danger pour notre pays est grave et il l’est de plus en plus. Le régime irakien possède des armes biologiques et chimiques, il assure la reconstruction des installations pour en fabriquer plus et, selon le gouvernement britannique, il pourrait lancer une attaque chimique ou biologique en aussi peu que 45 minutes après que l’ordre est donné… Ce régime est à la recherche d’une bombe nucléaire, et avec des matériaux fissiles pourrait en construire une d’ici un an. »

Le 6 mars 2003, le président Bush a déclaré:

« Saddam Hussein et ses armes sont une menace directe pour ce pays, pour notre peuple, et pour tous les peuples libres… Je crois que Saddam Hussein est une menace pour le peuple américain. Je crois qu’il est une menace pour le voisinage dans lequel il vit. Et j’ai obtenu des preuves suffisantes pour le croire. Il possède des armes de destruction massive… Le peuple américain sait que Saddam Hussein possède des armes de destruction massive. »

Ces allégations étaient fausses. Comme le monde le sait maintenant, l’Irak n’avait pas de dangereuses « armes de destruction massive », et ne représentait aucune menace pour les États-Unis. En outre, les suggestions alarmistes selon lesquelles le régime de Bagdad travaillait avec le réseau terroriste Al-Qaïda se sont également avérées sans fondement.

Donc, si les raisons officielles données pour la guerre étaient fausses, pourquoi les Etats-Unis ont-ils attaqué l’Irak?

Quelles que soient les raisons secondaires de la guerre, le facteur déterminant dans la décision du président Bush d’attaquer était d’aider Israël. Avec le soutien d’Israël et le lobby juif-sioniste d’Amérique, et poussé par des « néo-conservateurs » juifs qui occupent des postes de haut niveau dans son administration, le président Bush – qui a déjà été vivement engagé vers Israël – a résolu d’envahir et de soumettre l’un des principaux ennemis régionaux d’Israël.

C’est si largement compris à Washington que le sénateur américain Ernest Hollings a été déplacé en mai 2004 pour avoir reconnu que les États-Unis ont envahi l’Irak « pour assurer la sécurité d’Israël », et que « tout le monde » le sait. Il a aussi identifié trois des influents juifs pro-israéliens à Washington qui ont joué un rôle important pour pousser les États-Unis dans la guerre: Richard Perle, président du Conseil de la Politique de la Défense du Pentagone, Paul Wolfowitz, secrétaire adjoint à la Défense, et Charles Krauthammer, chroniqueur et auteur. [1]

Hollings faisait référence à la réticence lâche de ses collègues du Congrès pour reconnaître cette vérité ouvertement, en disant que  » personne n’est prêt à se lever et à dire ce qui se passe. » En raison des « pressions que nous recevons politiquement », a-t-il ajouté, les membres du Congrès soutiennent aveuglément Israël et ses politiques.

Quelques mois avant l’invasion, un général de l’armée américaine à la retraite décoré de quatre étoiles et ancien commandant allié suprême de l’OTAN, Wesley Clark, a reconnu dans une interview: « Ceux qui sont favorables à cette attaque [des États-Unis contre l’Irak], je vais maintenant vous dire franchement, et en privé, qu’il est probablement vrai que Saddam Hussein n’est pas une menace pour les États-Unis. Mais ils ont peur à un certain point qu’il puisse décider, s’il avait une arme nucléaire, de l’utiliser contre Israël. » [2]

Six mois avant l’attaque, le président Bush a rencontré à la Maison Blanche onze membres de la Chambre des représentants des États-Unis. Alors que « la guerre contre le terrorisme se passe bien », a-t-il dit aux législateurs, les États-Unis auraient bientôt à faire face à un danger encore plus grand: « La plus grande menace, cependant, c’est Saddam Hussein et ses armes de destruction massive. Il peut faire exploser Israël et ceci déclencherait un conflit international. » [3]

Bush a également évoqué de manière franche les raisons pour lesquelles les États-Unis allaient à la guerre, lors d’une réunion à la Maison Blanche le 27 février 2003, à peine trois semaines avant l’invasion. Dans un entretien avec Elie Wiesel, l’écrivain juif bien connu, M. Bush a déclaré: « Si nous ne désarmons pas Saddam Hussein, il va mettre une arme de destruction massive contre Israël, et ils feront ce qu’ils pensent qu’ils doivent faire, et nous devons éviter cela. » [4]

Pro-Israël avec ferveur

Le fervent soutien du président Bush pour Israël et son gouvernement intransigeant est bien connu. Il a réaffirmé cela, par exemple, en juin 2002, dans un important discours sur le Moyen-Orient. De l’avis des « grands commentateurs israéliens », le Times de Londres a rapporté que l’adresse était « tellement pro-Israël qu’elle aurait pu être écrite par [le Premier ministre israélien] Ariel Sharon. » [5] Dans un discours aux militants pro-israéliens, à la convention de 2004 du Comité Americain pour les Affaires Publiques Israéliennes (AIPAC), Bush a déclaré: « Les États-Unis sont fortement engagés, et je suis fortement engagé, à la sécurité d’Israël en tant qu’Etat juif dynamique. » Il a également déclaré à l’assemblée: « En défendant la liberté, la prospérité et la sécurité d’Israël, vous servez aussi la cause de l’Amérique. » [6]

Condoleezza Rice, qui a servi comme Conseillère à la Sécurité Nationale du président Bush, et plus tard, comme son secrétaire d’État, fait écho à la vision du président dans une interview de mai 2003, disant que la « sécurité d’Israël est la clé de la sécurité du monde. » [7]

Des plans à long terme

Les plans sionistes juifs pour la guerre contre l’Irak avaient été en place depuis des années. À la mi-1996, un document d’orientation préparé pour le Premier ministre israélien d’alors, Benjamin Netanyahu, a présenté une grande stratégie pour Israël au Moyen-Orient. Intitulé « Rupture Nette: Nouvelle stratégie pour sécuriser le Royaume », il a été rédigé sous les auspices d’un think tank israélien, l’Institut d’Etudes Stratégiques et Politiques Avancées [IASPS]. Plus précisément, il a appelé à un « effort [qui] pourrait se concentrer sur le renversement de Saddam Hussein du pouvoir en Irak, un important objectif stratégique israélien dans son propre droit… » [8]

Les auteurs de la « Rupture Nette » ont inclus Richard Perle, Douglas Feith, David Wurmser, trois juifs influents qui plus tard ont occupé des postes de haut niveau dans l’administration Bush, de 2001-2004: Perle, en tant que président du Conseil Politique de la Défense, Feith comme sous-secrétaire de la Défense, et Wurmser comme adjoint spécial au sous-secrétaire d’État pour le contrôle des armes. Le rôle joué par les représentants de l’administration Bush qui sont associés à deux des centres de recherche majeurs pro-sionistes « néoconservateurs » a été scruté par The Nation, un hebdomadaire d’affaires publiques influent. [9]

L’auteur, Jason Vest, a examiné les liens étroits entre l’Institut Juif pour les Affaires de Sécurité Nationale (JINSA) et le Centre pour la Politique de la Sécurité (CSP), en précisant les liens entre ces groupes et divers politiciens, marchands d’armes, hommes de l’armée, de riches juifs américains pro-Israël, et les administrations présidentielles républicaines.

Les membres du JINSA et du CSP, note [le journaliste] Vest, « sont montés jusqu’à de puissants postes gouvernementaux, où… ils ont réussi à introduire un certain nombre de questions – le soutien à la défense antimissile nationale, l’opposition aux traités de contrôle des armements, le parrainage de systèmes d’armes dépensiers, des aides à l’armement pour la Turquie et un unilatéralisme américain en général – dans une ligne dure, avec le soutien pour la droite israélienne à sa base… En aucun cas, la ligne dure du JINSA/CSP n’est plus évidente que dans sa campagne incessante pour la guerre – pas seulement avec l’Irak, mais dans une « guerre totale », comme le soumet Michael Ledeen, l’un des plus influents JINSAs à Washington… Pour cette équipe, le « changement de régime » nécessaire par tous les moyens en Irak, Iran, Syrie, Arabie Saoudite et Autorité palestinienne est un impératif urgent. »

Samuel Francis, auteur, éditeur et chroniqueur, s’est également penché sur le rôle « néo-conservateur » dans la fomentation de la guerre. [10] « Ma propre réponse, » écrit-il, « est que le mensonge [d’un Irak massivement armé qui pose une menace grave et imminente pour les Etats-Unis] a été fabriqué par les néo-conservateurs de l’administration dont la loyauté première est pour Israël et ses intérêts, et qui voulaient que les Etats-Unis écrase l’Irak parce que c’était la plus grande menace pour Israël dans la région. Ils sont connus pour avoir poussé à la guerre avec l’Irak depuis au moins 1996, mais ils ne pouvaient pas en faire un cas efficace jusqu’au jour de l’après-11 septembre 2001… »

Dans la foulée des attentats terroristes du 11 septembre 2001, les « néo-conservateurs » ardemment pro-sionistes de l’administration Bush – qui pendant des années avaient cherché une guerre au Moyen-Orient pour renforcer la sécurité d’Israël dans la région – ont exploité la tragédie pour appuyer leur agenda. En cela, ils ont été soutenus par le gouvernement israélien, qui a également fait pression sur la Maison Blanche pour frapper l’Irak.

« Le leadership militaire et politique [israélien] aspire à la guerre en Irak », a rapporté un quotidien israélien de premier plan, Haaretz, en février 2002. [11]

Le correspondant à Jérusalem pour le Guardian, le quotidien britannique respecté, a rapporté en août 2002: « Israël a signalé sa décision, hier, de mettre la pression publique sur le président George Bush d’aller de l’avant avec une attaque militaire contre l’Irak, même s’il croit que Saddam Hussein pourrait bien riposter en frappant Israël ». [12]

Trois mois avant l’invasion américaine, le journaliste de Washington bien informé, Robert Novak, a rapporté que le Premier ministre israélien Sharon disait aux dirigeants politiques américains que « la plus grande aide américaine pour Israël serait de renverser le régime irakien de Saddam Hussein. » En outre, a ajouté Novak, « ce point de vue est largement partagé à l’intérieur de l’administration Bush, et c’est une raison majeure pour laquelle les forces américaines d’aujourd’hui se rassemblent pour la guerre. » [13]

Les agences d’espionnage d’Israël étaient « partenaire à part entière » des États-Unis et de la Grande-Bretagne dans la production d’appréciations avant-guerre largement exagérées sur la capacité de l’Irak à la guerre, a reconnu un ancien haut-fonctionnaire du renseignement militaire israélien. Shlomo Bron, un général de brigade dans les réserves de l’armée israélienne, et ancien chercheur principal dans un important think tank israélien, a déclaré que les renseignements transmis par Israël ont joué un rôle important dans le soutien du cas des États-Unis et de la Grande-Bretagne pour faire la guerre. Les services de renseignement israéliens, a-t-il dit, « ont mal surestimé la menace irakienne contre Israël et ont renforcé la croyance américaine et britannique que les armes [de destruction massive] ont existé. » [14]

Le rôle du lobby pro-israélien dans le soutien pressant à la guerre a été soigneusement examiné par deux chercheurs américains de renom, John J. Mearsheimer, professeur de sciences politiques à l’Université de Chicago, et Stephen M. Walt, professeur de relations internationales à l’Université d’Harvard. [15] Dans un document de 81 pages, « Le Lobby Israélien et la Politique Etrangère Américaine », ils ont écrit:

« La pression d’Israël et du lobby [pro-israélien] n’était pas le seul facteur derrière la décision d’attaquer l’Irak en mars 2003, mais elle était cruciale. Certains Américains pensent que c’était une guerre pour le pétrole, mais il n’y a guère de preuves directes pour étayer cette allégation. Au lieu de cela, la guerre a été motivée en grande partie par le désir de faire d’Israël [un lieu] plus sûr… Aux États-Unis, la principale force motrice derrière la guerre en Irak était une petite bande de néo-conservateurs, la plupart avec des liens étroits au Likoud d’Israël. Par ailleurs, les principaux leaders des grandes organisations du Lobby ont prêté leurs voix à la campagne pour la guerre ».

Des membres importants du lobby pro-Israël firent ce que les professeurs Mearsheimer et Walt ont appelé « une campagne de relations publiques implacable pour gagner le soutien de l’invasion de l’Irak. Un élément-clé de cette campagne a été la manipulation de l’information du renseignement, de manière à faire ressembler Saddam à une menace imminente. »

Pour certains leaders juifs, la guerre en Irak fait partie d’un effort à long terme pour installer des régimes favorables à Israël à travers le Moyen-Orient. Norman Podhoretz, un écrivain juif de premier plan et un ardent défenseur d’Israël, a été pendant des années rédacteur en chef de Commentary, un mensuel sioniste influent. Dans le numéro de septembre 2002, il a écrit:

« Les régimes qui méritent amplement d’être renversés et remplacés ne se limitent pas aux trois membres distingués sur l’axe du mal [Irak, Iran, Corée du Nord]. Au minimum, l’axe devrait s’étendre à la Syrie, et au Liban, et à la Libye, aussi bien que les « amis » de l’Amérique comme la famille royale saoudienne et Hosni Moubarak en Egypte, en même temps que l’Autorité palestinienne, qu’elle soit dirigée par Arafat ou l’un de ses hommes de main ».

Patrick J. Buchanan, l’écrivain et commentateur bien connu, et ancien directeur des Communications à la Maison Blanche, a parlé sans retenue en identifiant ceux qui ont poussé à la guerre [16]:

« Nous accusons le fait qu’une cabale de polémistes et de responsables publics cherchent à piéger notre pays dans une série de guerres qui ne sont pas dans l’intérêt de l’Amérique. Nous les accusons de collusion avec Israël pour enflammer ces guerres et détruire les Accords d’Oslo. Nous les accusons de nuire délibérément aux relations américaines avec chaque Etat dans le monde arabe qui défie Israël ou soutient le droit du peuple palestinien à une patrie qui leur est propre. Nous les accusons d’avoir aliéné les amis et les alliés partout dans le monde islamique et occidental par leur arrogance, leur orgueil, et leur bellicisme… »

« Cui Bono? [A qui cela profite?] A qui profitent ces guerres interminables dans une région qui ne détient rien de vital pour l’Amérique en dehors du pétrole, que les Arabes doivent nous vendre afin de survivre? Qui bénéficierait d’une guerre de civilisations entre l’Islam et l’Occident? »

« Réponse: une nation, un chef, un parti. Israël, Sharon, le Likoud. »

Uri Avnery – un journaliste primé et auteur israélien, et membre à trois reprises du parlement israélien – voit la guerre en Irak comme l’expression d’une immense influence et d’un immense pouvoir juif. Dans un essai rédigé quelques semaines après l’invasion américaine, il écrit: [17]

« Qui sont les gagnants? Ce sont les prétendus néo-cons, ou néo-conservateurs. Un groupe compact, dont presque tous les membres sont juifs. Ils occupent les postes-clés dans l’administration Bush, ainsi que dans les think tanks qui jouent un rôle important dans la formulation de la politique américaine et les pages d’opinion des journaux influents… L’immense influence de ce groupe largement juif découle de son alliance étroite avec les fondamentalistes chrétiens de l’aile droite extrême, qui contrôlent aujourd’hui le parti républicain de Bush. … Apparemment, tout cela est bon pour Israël. L’Amérique contrôle le monde, nous contrôlons l’Amérique. Jamais auparavant les Juifs n’ont exercé une influence si importante sur le centre du pouvoir mondial. »

En Grande-Bretagne, un membre vétéran de la Chambre des Communes a crûment déclaré en mai 2003 que les Juifs avaient pris le contrôle de la politique étrangère de l’Amérique, et ont réussi à pousser les États-Unis dans la guerre. « Une cabale juive a pris le relais du gouvernement des États-Unis et a formé une alliance profane avec les Chrétiens fondamentalistes », a déclaré Tam Dalyell, un député du parti travailliste et membre le plus ancien de la Chambre. « Il y a beaucoup trop d’influence juive aux Etats-Unis », a-t-il ajouté. [18]

Résumé

Depuis de nombreuses années, les présidents américains des deux partis ont été fermement engagés envers Israël et sa sécurité. Cette politique enracinée est une expression de l’emprise judéo-sioniste sur la vie politique et culturelle de l’Amérique. C’était le soutien fervent à Israël – partagé par le président Bush, les hauts-fonctionnaires de l’administration et la quasi-totalité du Congrès américain – qui s’est avéré crucial dans la décision d’envahir et de soumettre l’un des plus grands ennemis régionaux d’Israël.

Alors que l’invasion américaine injustifiée de l’Irak aurait pu aider Israël, comme l’avaient espéré ceux qui ont voulu et planifié la guerre, cela a été une calamité pour l’Amérique et pour le monde. Cela a coûté plusieurs dizaines de milliers de vies et des centaines de milliards de dollars. Partout dans le monde, cela a généré une méfiance inégalée et une hostilité envers les États-Unis. Dans les pays arabes et musulmans, cela a alimenté une haine intense des Etats-Unis, et cela a apporté beaucoup de nouvelles recrues dans les rangs des terroristes anti-américains.

Les Américains ont déjà payé un prix élevé pour l’engagement de leur pays envers Israël. Nous allons payer un prix encore plus élevé – pas seulement en dollars ou en prestige international, mais dans les vies des jeunes hommes perdues pour les intérêts d’un Etat étranger – jusqu’à ce que l’emprise judéo-sioniste sur la vie politique des États-Unis soit finalement brisée.

Source: http://www.ihr.org/leaflets/iraqwar.shtml

La Pologne, un outil au service des Etats-Unis pour réformer la démocratie dans les anciens pays de l’Est

Europe de l'EstUn câble américain du 5 janvier 2010, publié sur le site Wikileaks (réf. 10WARSAW7), montre l’implication de la Pologne dans la transition et l’effort démocratique des anciens pays de l’Est. Le rôle des ONG y est notamment exposé. En 1999, avec l’entrée de la Pologne dans l’OTAN, ce sont les frontières géostratégiques de l’Europe qui se redessinent. C’est le renforcement de l’Occident et des Etats-Unis face à l’ancien ennemi de la Guerre froide, la Russie. Les câbles Wikileaks témoignent de l’effort constant et de la volonté continue des Etats-Unis d’étendre leur sphère d’influence sur l’Europe de l’Est, comme en Ukraine, ces dernières années. La Pologne apparaît ainsi comme un outil au service des Etats-Unis pour réformer la démocratie dans les anciennes républiques soviétiques.

(SBU: Sensible Mais Non-Classifié) RÉSUMÉ: Lors d’une réunion du 21 octobre, le vice-président, un groupe diversifié de représentants de la société civile polonaise, y compris des organisations actives dans la promotion de la transformation démocratique et l’autonomisation des femmes et des minorités, ont souligné les efforts de la Pologne pour partager son expérience de transformation réussie avec des pays en Europe de l’Est et dans le Caucase. Les participants ont souligné les forces uniques de la Pologne et les défis auxquels ils sont encore confrontés. Notant que la Pologne a bénéficié de l’aide du SEED et de l’USAID dans les années 1990, les participants ont déclaré que la Pologne souhaiterait l’assistance technique et l’expertise des États-Unis pour renforcer la capacité de la Pologne à fournir une aide au développement aux pays tiers. Ils ont exprimé leur confiance dans le fait que le partenariat américano-polonais – réunissant le savoir-faire et l’expérience de la Pologne avec les ressources et l’expertise de développement des États-Unis – soutiendrait les efforts pour renforcer les institutions et les processus démocratiques à l’est. Le vice-président a félicité la Pologne pour tout ce qui avait été accompli et a encouragé les Polonais à continuer de passer d’une pensée de ce que les États-Unis peuvent faire pour la Pologne à ce que les États-Unis peuvent faire avec la Pologne. Il a dit aux leaders de la société civile que la Pologne est un excellent exemple de transition réussie vers la démocratie, et les Polonais devraient avoir confiance en eux-mêmes pour délivrer des conseils. FIN DU RÉSUMÉ.

2. (U) PARTICIPANTS

Etats-Unis ————-
Le vice-président Biden
L’ambassadeur Feinstein [Lee A. Feinstein], ambassadeur américain en Pologne

Société civile polonaise ——————
Jolanta Kwasniewska, ancienne Première Dame de la Pologne et fondatrice de la Fondation Communication Sans Barrières
Bronislaw Misztal, Directeur Exécutif, Secrétariat Permanent de la Communauté des Démocraties
Eleonora Bergman, directrice de l’Institut Historique Juif
Jacek Michalowski, Directeur de programme, Fondation américano-polonaise pour la Liberté
Dorota Mitrus, Présidente de l’Institut Européen pour la Démocratie
Mirella Panek-Owsianska, Présidente du Forum des Entreprises Responsables
Paula Sawicka, Présidente de l’Association République Ouverte
Jacek Strzemieczny, Président du Centre pour l’Education de la Citoyenneté

Comme le souligne le câble Wikileaks, le vice-président américain « a souligné l’importance qu’il avait personnellement placé sur la Pologne en tant que sénateur des États-Unis, en particulier son leadership au Sénat pour l’adhésion de la Pologne à l’OTAN. » L’entrée de la Pologne dans l’OTAN apparaît bien comme faisant partie d’une stratégie américaine qui, dans la continuité de la Guerre froide, a cherché par tous les moyens à intégrer les anciens pays soviétiques et à contrer la puissance russe. Mais cela fait aussi partie d’une stratégie globale: les Etats-Unis semblent, en effet, intéressés par l’idée de dominer globalement, économiquement et politiquement, en Europe et dans le monde — un défi et un objectif pour les années à venir, comme le révèlent les paroles du vice-président Biden:

Une Europe « entière et libre » est l’une des deux bases de la construction d’un appareil de sécurité globale pour le 21ème siècle, et les pays d’Europe Centrale sont prêts à jouer un rôle de premier plan. (par. 3)

La Pologne apparaît également jouer un rôle dans le changement démocratique en Ukraine. Cette volonté des représentants polonais d’assister et d’aider les Etats-Unis est présentée comme une « obligation morale » par Jacek Michalowski, directeur de programme à la Fondation américano-polonaise pour la Liberté, qui travaille aujourd’hui au cabinet de la Présidence polonaise. Parce que les Etats-Unis ont aidé la Pologne à se libérer du communisme dans les années 80, les polonais se sentent « obligés » de continuer la bataille pour la démocratie dans les anciennes républiques soviétiques. Jacek Michalowski souligne aussi le rôle des ONG polonaises et il demande explicitement au vice-président américain d’encourager l’aide financière de ces ONG pour renforcer l’effort de transition en Europe de l’Est. Le paragraphe 6 du câble est plus précisément consacré à l’Ukraine. On apprend que:

Alors que les organisations polonaises font face à une rude concurrence pour les subventions et travaillent donc dur pour identifier des partenaires efficaces, ce n’est pas toujours facile, dit Michalowski. (par. 6)

Les protestations actuelles en Ukraine contre le gouvernement peuvent apparaître aujourd’hui comme le fruit d’efforts communs, ces dernières années, entre des groupes d’opposition et des ONG plus ou moins financées par les Etats-Unis, comme le démontre ce câble diplomatique. Les Etats-Unis se sont beaucoup impliqués pour obtenir un changement politique en Ukraine. Dorota Mitrus, présidente de l’Institut Européen pour la Démocratie, parle notamment du rôle de sa propre ONG pour organiser par exemple « des stages et des programmes d’échange pour les fonctionnaires du gouvernement ukrainien« . Si la Pologne a joué un rôle, d’autres pays ont certainement aussi joué un rôle dans la prise de contact et le renforcement des liens avec l’opposition ukrainienne. Ce câble n’offre qu’un petit aperçu des moyens mis en oeuvre par les Etats-Unis. De la même manière, le groupe des Femen présent en Ukraine a de fortes chances d’avoir été initié et soutenu par le gouvernement américain, dans le cadre de cette stratégie de réforme en Europe de l’Est. Ce qui se passe aujourd’hui en Ukraine résulte donc de tout ce qui a été entrepris par les Etats-Unis pendant ces dernières années et par les efforts multiples qui ont accompagné les nombreuses prises de décision.

A la lumière de ce document diplomatique, on peut se demander, d’une part, où s’arrêtera la stratégie de démocratisation en Europe de l’Est. Le câble diplomatique cite les pays de l’Est et le Caucase, une région qui inclut la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Est-ce que les Etats-Unis vont ainsi continuer leurs programmes de démocratisation en ciblant ces pays, qui sont tous d’anciennes républiques soviétiques? C’est probablement ce à quoi on peut s’attendre pour les prochaines années. Ce sont les derniers actes de l’histoire de la Guerre froide, où les Etats-Unis vont symboliquement aux portes de la Russie comme s’ils s’emparaient des anciens territoires qui leur avaient été confisqués pendant le communisme. Les Etats-Unis ne cherchent pas seulement à apporter la démocratie dans ces pays, ils viennent aussi chercher une partie de leur orgueil perdu dans le passé face à l’empire communiste.

D’autre part, on peut aussi se demander si les guerres en Afghanistan et en Irak n’ont pas fait également partie, ces dernières années, de cette stratégie américaine qui a consisté à mettre en place des programmes pour la démocratie dans le but de contrer la Russie et d’affaiblir sa puissance. Si les programmes de démocratisation des pays de l’Est ont eu pour objectif d’amener les anciens pays soviétiques dans la sphère d’influence américaine, est-ce que les programmes de démocratisation au Moyen-Orient ont eu le même rôle? A savoir, les Etats-Unis ont-ils cherché avec les guerres au Moyen-Orient à étendre leur influence politique et idéologique dans le monde, par crainte de voir la Russie s’emparer de certaines richesses ou bien par crainte qu’elle puisse étendre son influence politique et idéologique? Ceci semble toujours évident, que derrière tout ce que les Etats-Unis nomment « programmes de démocratisation », se cache en fait la volonté de continuer une certaine forme de Guerre froide contre la Russie — une guerre à la fois politique, idéologique et stratégique.

Source: http://www.wikileaks.org/plusd/cables/10WARSAW7_a.html

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