Anonymous essaie de déclencher le Printemps Africain et de faire tomber les dictateurs

Anonymous AfricaPar Joseph Hughes, le 23 juillet 2013

« Le printemps africain est arrivé. A bas les dictateurs! Cette fois pour l’Afrique! » (Anonymous Afrique)

Le groupe hacktiviste Anonymous envisage d’étendre ses opérations sur le continent africain, dans un effort pour destituer les dirigeants politiques corrompus. Le groupe international est tristement célèbre pour avoir fermé des sites Web du gouvernement des États-Unis à la Corée du Nord. La nouvelle branche d’Anonymous est active depuis juin et a été responsable de la fermeture de près de 50 sites internet différents du gouvernement sud-africain, y compris celui du parti au pouvoir, le Congrès National Africain [African National Congress, ANC].

Le blog du groupe a notamment dénoncé les actions du président du Zimbabwe Robert Mugabe, ainsi que la monarchie autoritaire oppressive du Swaziland. Le groupe a récemment ciblé des agences de presse zimbabwéenne pour avoir fait l’éloge notoire du président Robert Mugabe. Le Zimbabwe se prépare actuellement pour une élection présidentielle qui a été critiquée par la communauté internationale pour avoir été truquée. Anonymous Afrique a également cité ce qu’ils désignent comme l’un des «génocides non-dit de l’Afrique » dans lequel 20.000 personnes ont été tuées.

Le président Mugabe est au pouvoir depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1963 et a toujours refusé de céder le pouvoir. Human Rights Watch a mis en garde contre d’éventuelles violences électorales si les choses ne changent pas dans le pays.

Le mouvement, bien que noble, pourrait se révéler faire plus de mal que de bien. L’Afrique est connue pour les violences post-électorales (voir le Mali, le Kenya, le Zimbabwe pour ne citer qu’eux). La rébellion à grande échelle du Printemps Arabe pourrait conduire à encore plus d’instabilité et de violence sur une échelle massive. Les gouvernements africains n’ont tout simplement pas les capacités de construire de nouveaux gouvernements à partir de la base émanant du haut de la rébellion politique. Si Anonymous veut vraiment faire la différence, il faut y aller doucement et examiner les conséquences de ses actions.

Source: http://www.policymic.com/articles/56041/anonymous-attempts-to-spark-african-spring-and-bring-down-the-dictators

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Isanon: Retour sur l’opération Anonymous vs Scientologie à Lausanne, en Suisse, le 1er septembre 2012

1. Qui sont les Anonymous de Suisse Romande ?

Nous nous basons sur l’Idéologie de Jo Falxius, plus connu sous le nom de Guy Fawkes, dont le principe était que le pouvoir appartenait au peuple, ainsi que les droits d’opinion et d’expression dans une Angleterre à l’époque qui étouffait sous le joug totalitaire du protestantisme violent et cruel, implacable avec les contestataires.
Autre temps autres meurs, Fawkes voulut faire exploser le parlement anglais pour éliminer l’aristocratie dirigeante et rendre la liberté et le pouvoir au peuple, mais il fut arrêté peu avant.

Chez nous, en Suisse, nous avons notre symbole: Guillaume Tell, également contestataire rebelle et victime de l’oppression des puissants!

http://la2apsr.blogspot.ch/p/2apsr-definititions.html

2. Succès de l’action contre la scientologie à Lausanne

De retour de notre régulières #OP sur Lausanne… cette fois-ci contre les locaux de la scientologie, avec les flics arrivant 2 heures après pour nous demander de nous tirer… mais bien sûr, pas de bloblème, on ne cherche pas la bagarre, juste à informer… 10m plus loin, re musique anonymous, tract, banderolle et on a fait comme ils ont dit, on est pas resté sur place

Une belle réussite, tout d’abord le nombre de personnes, le noyau dur (Fondateur moteur de l’équipe) s’est agrandi à 7 personnes et le premier cercle de gens motivés est de 10.

Enormément de gens nous ont demandé de faire la pause: c’est l’évènement “quand on débarque en viiiileeuuu”… (Balavoine) Et la population commence à nous connaître et nous soutenir, l’action contre la scientologie a été très favorablement accueillie et l’on venait nous demander des tracts lorsque les personnes n’en avaient pas…

500 tract A4, 150 A3, 50 affiches… avec le son à donf grâce à un ampli où on a passé Sound System en arrivant, lancé des textes audio expliquant qui est Anonymous, puis qui est la scientologie… ainsi que des slogans et des appels en prenant les sciento non comme des méchants, mais comme des victimes à sauver, ce qui nous fait éviter le harcèlement dans le cadre d’une agression.

http://www.20min.ch/ro/news/vaud/story/28571144

3. Pourquoi avoir créé Anonymous en Suisse Romande ?

Après vous avoir observé, circonspects, la crise mondiale pendant 2 bonnes années et demi, certains d’entre nous ont rejoint Anonymous, puis nous avons décidé face à l’inertie des Suisses de créer une petite équipe, la 2AP@SR (Anonymous Actifs Permanent de Suisse Romande) afin de créer une dynamique permanente dans notre région et des actions régulières telles que trolling (informer les habitants par la farce), information du public (distributions régulières de tracts), actions diverses du Troll à la mini #OP comme celle d’aujourd’hui, dont l’équipe d’organisateurs a eu droit à sa photo dans le journal « 20 Minutes ».

4. Quel est le combat des Anonymous en Suisse ?

La Suisse est un pays avec une telle politique qu’il n’est pas de tradition de se révolter contre le pouvoir en place, ni de se révolter tout cours, la Suisse bénéficiant d’une loi qui leur permet de réunir 200 000 signatures pour créer, confirmer, infirmer, transformer une loi… Aussi ce pays est-il une prison dorée de drogués par le confort, à qui on ne parle qu’un minimum de ce qu’il se passe à l’étranger, un pays qui n’est pas conscient que sans le système économique qui est en train inéluctablement de sombrer, la Suisse serait le pays le plus pauvre d’Europe car privée de terre, de richesses autre que l’argent des autres… Et même si la Suisse est un pays riche, il existe aussi des inégalités de richesses dans la population et la crise pourrait à tout moment les accentuer.

La Suisse n’est pas une bulle hors de la réalité et ce qui se passe à côté de nous pourrait arriver jusqu’ici ou avoir des répercussions directes et graves sur notre économie et nos échanges de ressources vitales, car nous sommes à l’aube d’un éclatement mondial que les Etats préparent dans l’ombre par la seule stratégie qu’ils connaissent : la force et la destruction, l’emprise sur les peuples et la répression…

5. Le rôle de WikiLeaks pour combattre la dictature mondiale

Pour combattre cela, il faut combattre des Etats, empêcher l’obscurantisme de refaire surface comme au début du siècle, ce en quoi WikiLeaks joue un rôle primordial, il est la vitrine mondiale de la transparence et rien ne saurait empêcher les diffusions de WikiLeaks sans que le monde ne se transforme encore plus vite en une prison où la dictature se nommerait “Code Pénal”.

Les évènements sont identiques et nous versons par soi-disant nécessité dans la dictature la plus totalitaire qui soit, la dictature mondiale.

Dernière action des Anonymous: le 5 novembre pour Guy Fawkes.

Isanon

(#2AP@SR=Anonymous Actifs Permanents de Suisse Romande) http://la2apsr.blogspot.ch/

WikiLeaks – Contrat entre Microsoft & le Gouvernement Tunisien: L’arrière boutique des négociations

Identifiant du Câble diplomatique: 06TUNIS2424
Origine: Ambassade de Tunis
Créé: 2006-09-22 10:44:00

1. (SBU) Résumé : Durant le Microsoft Government Leaders Forum s’étant tenu en Afrique du Sud les 11 et 12 Juillet, le Gouvernement Tunisien et Microsoft Corporation ont signé un accord de partenariat qui prévoit des investissements de Microsoft en matière de formation, de recherche et de développement, mais engage également le Gouvernement Tunisien à utiliser des logiciels Microsoft sous licence. Selon Salwa Smaoui, Directeur Général de Microsoft Tunisie, il s’agit d’un contrat gagnant-gagnant à la fois pour le Gouvernement Tunisien et pour Microsoft. Le processus de négociation et de l’accord consenti en lui-même illustrent les priorités du GT et le coût de faire des affaires en Tunisie. Fin du Résumé.

2. (SBU) L’accord entre Microsoft et GT a été signé en Juillet lors du Microsoft Government Leaders Forum tenu en Afrique du Sud. Bien que signé en Juillet, nous n’avons encore reçu aucune information en provenance du GT ni de Microsoft et, en dépit de nos demandes répétées, Microsoft ne nous a pas encore fourni une copie de l’accord final. Lors d’une Réunion tenue en septembre avec EconOffs, Salwa Smaoui – Directeur Général de Microsoft Tunisie – a fourni un aperçu des principaux points. L’accord final décrit une coopération avec le GT en matière de e-gouvernance, cyber-sécurité, droits de propriété intellectuelle et développement des capacités pour les programmes de technologies de l’information en Tunisie. Microsoft mettra en place un Centre d’Innovation Microsoft en Tunisie pour développer la capacité de production locale de logiciels en fournissant des services de formation et de conseil aux développeurs de logiciels. L’expansion du secteur TI tunisien est devenu une priorité pour le GT comme moyen d’absorber le nombre croissant de diplômés universitaires au chômage. Selon Smaoui, le GT investit environ un pour cent du PIB en recherche et développement dans le secteur des TI. Microsoft a également accepté de fournir une formation aux Tunisiens handicapés afin de leur permettre de rechercher un emploi dans le secteur des TI par le biais du télétravail. (Note : L’épouse du Président Ben Ali, Leila Ben Ali, gère une association caritative pour les Tunisiens handicapés. Fin de la Note.).

3. (U) Dans le cadre de l’accord, Microsoft aidera le GT à améliorer et moderniser ses ordinateurs et ses capacités réseaux. À son tour, le GT a accepté d’acheter douze mille licences pour la mise à jour des ordinateurs du gouvernement avec des logiciels Microsoft sous licence, plutôt que les versions piratées couramment utilisées jusqu’ici, selon un employé de Microsoft. Depuis 2001, le GT a adopté une politique de logiciels libres, utilisant uniquement des logiciels libres. En outre, les futurs appels d’offres pour les équipements TI du Gouvernement préciseront que les équipements doivent être compatibles avec Microsoft, ce qui est actuellement interdit par la politique des logiciels libres en Tunisie.

4. (SBU) L’accord porte également sur la sécurité Internet. Grâce à un programme sur la cybercriminalité, Microsoft formera les représentants du gouvernement au sein des ministères de la Justice et de l’Intérieur à l’utilisation des ordinateurs et d’internet pour lutter contre la criminalité. Dans le cadre de ce programme, Microsoft fournira au GT les codes source originaux de ses programmes. Interrogée par EconOff par rapport à d’éventuelles préoccupations que pourrait avoir Microsoft en fournissant ses codes sources, Smaoui a répondu que les codes source ne seront disponibles que pour un petit nombre de fonctionnaires. Néanmoins, l’accord contient un langage indiquant que Microsoft et le GT travailleront conjointement sur les droits de propriété intellectuelle. Cet accord prévoit également un accord séparé à signer pour l’instauration d’un programme de coopération sécuritaire qui fournira au public davantage de formation en matière de sécurité Internet générale.

5. (C) Selon Smaoui, l’accord est l’aboutissement d’un processus de négociation de cinq ans. Smaoui a été nommée Directeur général de Microsoft Tunisie il y a environ un an et, bien qu’encore hésitante quant à la divulgation intégrale des détails de l’accord final, a fourni des mises à jour fréquentes concernant l’avancement des négociations. Elle a signalé que, parfois, les soupçons du Gouvernement concernant Microsoft en raison de son «américanité» semblaient l’emporter sur l’évaluation technique de la proposition. Elle a rapporté que certains ministres du GT lui avaient demandé à plusieurs reprises pourquoi, en tant que Tunisienne, elle «travaillait pour les Américains», et que des soupçons frôlant souvent l’hostilité posaient sur les négociations. Smaoui a également noté que le Gouvernement Tunisien souhaitait un accord « sur mesure » plutôt qu’un programme préemballé qui serait «imposé» à la Tunisie. Cette attitude lors du processus de négociation imposait à Microsoft de se concentrer attentivement autant sur la forme que sur le fond.

6. (C) Dans un appel DCM, quelques jours avant le Forum de l’Afrique du Sud Forum, Smaoui s’inquiétait de se rendre au Forum sans un accord signé en main et ne pouvait même pas confirmer que le Représentant du Gouvernement s’y rendra. Elle appréhendait d’être amenée à avouer à Bill Gates qu’elle n’avait aucune raison de se rendre au Forum. Durant l’évènement, Khedija Ghariani, Secrétaire d’Etat pour l’Informatique, Internet, et les Logiciels Libres a assisté et signé l’accord au nom du GT. Malgré les négociations de longue haleine, Smaoui a déclaré que parvenir à un accord était «vital» pour Microsoft. Le fait que le gouvernement se soit appuyé sur les logiciels open source limitait drastiquement les affaires en Tunisie et empêchait Microsoft de participer aux appels d’offres du Gouvernement Tunisien. En outre, l’accord renforce un objectif commun à Microsoft et au GT – l’établissement d’une société de la connaissance. Smaoui a déclaré que même si Microsoft investissait en Tunisie, le montant de l’investissement sera inférieur au coût des achats du GT.

7. (C) Commentaire : Bien que l’accord ait été salué comme un triomphe pour les droits de propriété intellectuelle, les négociations et l’accord consenti révèlent une réalité plus compliquée. Microsoft a réussi à négocier l’accord final en séduisant les sensibilités du GT en matière de chômage ainsi qu’en s’adaptant aux réalités des affaires en Tunisie. Même si l’objectif de l’élargissement des possibilités d’emploi pour les Tunisiens handicapés constitue un objectif digne, l’affiliation du programme à l’association caritative de Leila Ben Ali est révélatrice des manoeuvres d’arrière-boutique parfois nécessaires pour finaliser un accord. La réticence de Microsoft quant à la divulgation intégrale des détails de l’accord met l’accent sur le fait que le GT fait prévaloir le secret à la transparence. En théorie, augmenter la capacité du gouvernement à appliquer la loi à travers la formation en TI est positif, mais étant donné la lourde interférence du GT en matière d’Internet, il est à se demander si cela ne va pas accroître la capacité du GT en matière de surveillance de ses propres citoyens. Finalement, pour Microsoft les bénéfices l’emportent sur les coûts. Fin du Commentaire.
BALLARD

Source: http://tobegoodagain.canalblog.com/archives/2011/09/04/21933939.html

Câble original: http://wikileaks.org/cable/2006/09/06TUNIS2424.html#

L’affaire Assange ou l’hypocrisie de la Grande-Bretagne

Par Josefina Martínez et Alexandra Rios

Le cas Assange révèle le cynisme de Londres et la vraie nature impérialiste de la « démocratie britannique ». Mais Rafael Correa, le président équatorien, n’est pas en reste non plus dans l’instrumentalisation de cette affaire.

En septembre 1998, à la demande du juge espagnol Baltasar Garzón, le dictateur chilien Augusto Pinochet était arrêté lors d’une visite à Londres, afin d’être jugé dans l’affaire des citoyens espagnols tués par la dictature au Chili dans les années 1970. Après dix-sept mois de litige judiciaire, la Grande-Bretagne décidait de refuser l’extradition du dictateur et se chargeait de le libérer pour qu’il puisse retourner au pays, invoquant des raisons « humanitaires » (sic), liées à son état de santé. C’est donc grâce au soutien du gouvernement britannique, alors dirigé par les travaillistes, que Pinochet a pu tranquillement vivre les dernières années de sa vie à Santiago, sans avoir jamais été condamné ni même inquiété, en dépit des dizaines de milliers de victimes de la dictature chilienne à la suite du coup d’Etat de 1973 contre Salvador Allende.

« le dictateur chilien Augusto Pinochet était arrêté lors d’une visite à Londres, afin d’être jugé dans l’affaire des citoyens espagnols tués par la dictature au Chili dans les années 1970 »

Aujourd’hui pourtant, bien loin de la position qu’elle avait prise dans l’affaire Pinochet, la Grande-Bretagne entend recevoir la demande d’extradition formulée par la Suède à l’encontre de Julian Assange. Stockholm souhaite juger le fondateur de WikiLeaks dans une affaire de viol dont il serait l’auteur. Après le rejet par la Cour suprême britannique de son recours en appel, Assange s’est réfugié dans l’ambassade de l’Équateur à Londres. Dès l’annonce de la décision de l’Équateur d’accorder l’asile politique à Assange, le gouvernement de David Cameron a envoyé la police cerner le bâtiment diplomatique. Cameron a même menacé d’avoir recours à un décret de 1987 permettant de pénétrer à l’intérieur de n’importe quelle ambassade, et ce en violation de l’extraterritorialité des bâtiments diplomatiques garantis par la Convention de Vienne de 1961. Une intrusion dans l’ambassade d’Equateur représenterait un précédent dangereux pour le respect du droit d’asile. C’est en ce sens qu’il est nécessaire de dénoncer l’attitude du gouvernement britannique et son ingérence dans les affaires internes équatoriennes, qui témoigne bien de l’arrogance impérialiste de Londres.

En réalité, ce nouvel épisode de « l’affaire Assange » dévoile au grand jour l’hypocrisie et le cynisme de la Grande-Bretagne, et plus généralement de la politique internationale des pays impérialistes. Lorsqu’elle refusa l’extradition de Pinochet en 1998, ce ne fut évidemment pas pour des raisons « humanitaires », mais en reconnaissance des « services rendus » par le dictateur qui fut toujours un défenseur des intérêts impérialistes en Amérique Latine, et notamment de l’aide apporté par la dictature chilienne à la Grande-Bretagne pendant la guerre des Malouines au début des années 1980.

« C’est donc grâce au soutien du gouvernement britannique, alors dirigé par les travaillistes, que Pinochet a pu tranquillement vivre les dernières années de sa vie à Santiago »

Aujourd’hui encore, la Grande-Bretagne protège ses propres intérêts, ainsi que ceux des États-Unis, dans « l’affaire Assange ». La demande d’extradition de la Suède est, bien entendu, fonctionnelle à ces mêmes intérêts. En diffusant des centaines de milliers de documents et de mémorandums secrets, WikiLeaks a passablement écorné l’image de la diplomatie américaine dans le monde entier. Même si les documents menaçant sérieusement la « sécurité militaire » des États-Unis n’ont pas été publiés, le site internet dirigé par Assange a permis de dévoiler de nombreux mécanismes d’espionnage et de contrôle sur des gouvernements, la piètre opinion qu’ont des chefs d’Etat et des responsables politiques de nombreux pays semi-coloniaux les ambassadeurs occidentaux en poste, des opérations de « pression » menées par tel ou tel pays pour défendre les intérêts de ses multinationales, etc. L’une des révélations les plus retentissantes concerne les assassinats, les tortures et les mauvais traitements perpétrés sur des milliers de civils en Irak et en Afghanistan de la part des troupes américaines, ainsi que de la leurs alliés…notamment britanniques. Avec plus de 400.000 documents déclassifiés et publiés, les « fichiers d’Irak » de WikiLeaks ont dévoilé le caractère planifié de la politique d’assassinat et de torture des armées impérialistes d’occupation. Le fait que ces informations étaient classées « secret défense » par Washington ou Londres n’a rien à voir avec des questions de « sécurité nationale », tel que cela a été expliqué par les politiciens démocrates et républicains aux États-Unis. Il s’agissait simplement de protéger leur image vis-à-vis de la communauté internationale. « Contrairement à ce que dit le Pentagone, expliquait le grand quotidien espagnol El País en octobre 2010, les documents sur la guerre en Irak diffusés par WikiLeaks montrent que la sécurité des troupes n’est pas la raison principale de cette rétention d’information. Dans la plupart des 400.000 rapports déclassés, on peut trouver la légende suivante : Events that may elicit political, media or international reaction [Ce sont des évènements qui peuvent provoquer des réactions politiques, des médias et internationales]. L’un des rapports marqué de cette légende concerne un affrontement ayant eu lieu le 9 juin 2007, dans la prison de Camp Bucca, au sud de l’Irak. Ce jour-là, il y eut cinquante-huit blessés et six morts du côté des irakiens, tandis qu’un seul blessé était compté du côté des forces de coalition. L’information est alors qualifiée de ‘secrète’ ».

« Avec plus de 400.000 documents déclassifiés et publiés, les « fichiers d’Irak » de WikiLeaks ont dévoilé le caractère planifié de la politique d’assassinat et de torture des armées impérialistes d’occupation »

Pour l’instant, Assange est reclus dans l’ambassade de l’Équateur et l’issue de sa situation reste incertaine. Après avoir menacé le gouvernement équatorien de Rafel Correa de pénétrer au sein l’ambassade afin d’y arrêter Assange, Cameron a dû faire marche arrière, par peur des réactions de la communauté internationale. Mais pour Assange, les choses sont claires : s’il met un pied en hors de l’ambassade, le gouvernement britannique l’arrêtera sur le champ.

Pour les avocats d’Assange, l’extradition en Suède, pour le juger dans une affaire de viol, n’est qu’un prétexte pour l’extrader vers les États-Unis. Bradley Manning, ancien soldat de l’armée américaine et accusé d’avoir envoyé un certain nombre de documents classifiés à WikiLeaks est en prison depuis deux ans sur une base militaire en attente de jugement et sera probablement condamné à la réclusion à perpétuité. C’est en ce sens aussi qu’il est nécessaire de défendre le droit d’asile de Julian Assange, que ce soit en Équateur ou dans un autre pays.

« Aujourd’hui encore, la Grande-Bretagne protège ses propres intérêts, ainsi que ceux des États-Unis, dans l’affaire Assange »

Nous entendons des arguments avancés par les défenseurs d’Assange. Nous défendons le droit de WikiLeaks de publier les documents et nous dénonçons l’hypocrisie des gouvernements des États-Unis et de la Grande-Bretagne. Mais en tant que militantes révolutionnaires, nous ne pouvons ignorer les accusations de crime sexuel qui pèsent sur Assange. La seule façon d’y répondre, pour Assange et ceux qui le soutiennent, serait de demander à ce qu’elles soient examinées par une commission d’enquête indépendante, constituée par des personnalités reconnues dans le domaine de la défense des droits humains et des droits des femmes, sans aucune collusion avec les gouvernements impliqués dans cette affaire. Dans le cas inverse, la suspicion continuera à peser sur le fondateur de WikiLeaks.

« Nous défendons le droit de WikiLeaks de publier les documents et nous dénonçons l’hypocrisie des gouvernements des États-Unis et de la Grande-Bretagne »

Le président équatorien a réussi à obtenir le soutien de l’UNASUR, l’Union des nations sud-américaines, ainsi que le soutien moins explicite de l’OEA, l’Organisation des États américains, qui, en raison de la pression exercée par les États-Unis, ne fait aucune mention des menaces émanant de la Grande-Bretagne concernant le droit d’asile. Avec cette affaire, Correa veut s’afficher en défenseur de la liberté d’expression et des droits humains. C’est une façon pour lui de regagner du crédit face aux critiques qui sont formulées contre son gouvernement en Equateur, aussi bien de la part de l’opposition de droite que de la part des secteurs du mouvement étudiant, paysan et ouvrier. Même s’il se prétend défenseur de la liberté d’expression à l’étranger, cela ne l’a pas empêché de limiter l’expression des médias qui critiquent sa gestion gouvernementale. C’est ainsi que Correa a fermé pas moins de dix-sept stations de radio depuis son élection en janvier 2007 et pas moins de cent cinquante journalistes ont été agressés, ce qui a été également été dénoncé par les organisations qui défendent WikiLeaks et Julian Assange.

Par-delà le dénouement de l’affaire Assange, avec une négociation entre Quito et Londres ou une réclusion de longue durée pour Assange dans l’ambassade équatorienne, il est clair que ce nouvel épisode de la saga WikiLeaks révèle un nouvel aspect de la profonde hypocrisie qui préside aux « relations internationales ». Et nous ne sommes qu’au début de l’affaire…

23/08/12

Source: http://www.ccr4.org/L-affaire-Assange-ou-l-hypocrisie-de-la-Grande-Bretagne#nb1
http://www.clasecontraclase.org/El-caso-Assange-y-la-hipocresia-de-Gran-Bretana

« Colères d’Arabie, le logiciel espion »: FinFisher, FinSpy et Gamma International

Le 6 septembre 2012, par Jean Marc Manach

Cruel paradoxe de ce Printemps Arabe : les défenseurs des Droits de l’homme bahreïnis utilisent les réseaux sociaux occidentaux pour manifester ; leurs tortionnaires, des systèmes de surveillance occidentaux pour les espionner.

Au printemps dernier, un Bahreïni exilé à Londres, une économiste britannique résidant à Bahreïn et le propriétaire d’une station service en Alabama, naturalisé Américain, recevaient un e-mail émanant apparemment d’une journaliste d’Al-Jazeera.

Il y était question d’un rapport rédigé par Zainab Al-Khawaja, sur les tortures infligées à Nabeel Rajab, deux des défenseurs des droits de l’homme incarcérés (et probablement torturés) à Bahreïn, suivi de cette précision :

“Merci de vérifier le rapport détaillé en pièce-jointe, avec des images de torture.“


Quelques jours plus tard, ils recevaient d’autres emails évoquant l’arrestation d’opposants bahreïnis, ou encore l’agenda du roi du Bahreïn, et systématiquement accompagnés de fichiers compressés en pièce jointe, laissant penser qu’il pourrait s’agir de virus informatiques.

Ces e-mails, transmis au journaliste de Bloomberg Vernon Silver (qui a particulièrement suivi l’utilisation de technologies de surveillance occidentales par les dictatures arabes), ont ensuite été analysés par deux chercheurs associés au Citizen Lab, un laboratoire de recherche canadien qui étudie notamment les technologies de surveillance politique.

Morgan Marquis-Boire, un ingénieur en sécurité informatique travaillant chez Google, est un spécialiste des logiciels espions utilisés par les barbouzes libyens et syriens pour pirater les ordinateurs des cyber-dissidents. Bill Marczak, un doctorat en informatique de Berkeley, fait quant à lui partie de Bahrain Watch, qui veut promouvoir la transparence au Bahreïn, et dont le site tient la comptabilité des manifestants et civils tués par les autorités, des armes (chevrotine, grenades et gaz lacrymogènes) achetées à des entreprises occidentales, et des entreprises de relations publiques anglo-saxonnes financées par le régime.

En analysant les e-mails envoyés aux défenseurs des Droits de l’homme bahreïnis, les deux chercheurs ont découvert un logiciel espion particulièrement perfectionné, utilisant une “myriade de techniques destinées à échapper à toute forme de détection“, notamment par les antivirus, dont le code n’en mentionnait pas moins, et plusieurs fois, le mot FinSpy, la société Gamma International, et le nom de plusieurs de ses responsables.

 » des serveurs utilisés pour contrôler FinSpy, et donc espionner des ordinateurs, en Estonie, Éthiopie, Indonésie, Lettonie, Mongolie, au Qatar, en République Tchèque et aux USA, mais également en Australie, ainsi qu’à Dubaï « 

FinSpy, à en croire cette proposition de contrat trouvée en mars 2011 dans l’un des bâtiments de la sécurité égyptienne après la chute du régime Moubharak, est vendu près de 300 000 euros. C’est l’un des produits phares de la gamme d’outils de “lutte informatique offensive” commercialisés par FinFisher, filiale de la société britannique Gamma, spécialisée dans les systèmes de surveillance et d’interception des télécommunications. Owni avait déjà eu l’occasion de présenter sa gamme de produits, et même de réaliser un montage vidéo à partir des clips promotionnels expliquant le fonctionnement de ses logiciels.

A l’occasion de l’opération SpyFiles, WikiLeaks et Privacy International avaient révélé que FinFisher faisait partie des cinq marchands d’armes de surveillance numérique spécialisés dans les chevaux de Troie. Derrière ce nom, des logiciels espions créés pour prendre le contrôle des ordinateurs qu’ils infectent afin d’activer micro et caméra, d’enregistrer toutes les touches tapées sur le clavier (et donc les mots de passe) ou encore les conversations sur Skype, par messagerie instantanée, par e-mail etc, avant de renvoyer, de façon furtive et chiffrée, les données interceptées via des serveurs situés dans plusieurs pays étranger.

Un autre chercheur en sécurité informatique a ainsi réussi à identifier des serveurs utilisés pour contrôler FinSpy, et donc espionner des ordinateurs, en Estonie, Éthiopie, Indonésie, Lettonie, Mongolie, au Qatar, en République Tchèque et aux USA, mais également en Australie, ainsi qu’à Dubaï, deux des pays placés “sous surveillance” dans le classement des Ennemis d’Internet émis par Reporters sans frontières.

Dans une seconde note, publiée fin août, CitizenLab révèle avoir identifié d’autres serveurs dans 2 des 12 pays considérés comme des “Ennemis d’Internet” par RSF : l’un au Bahreïn, l’autre contrôlé par le ministère des télécommunications du Turkménistan, considéré comme l’un des régimes les plus répressifs au monde.

Les deux chercheurs détaillent par ailleurs le fonctionnement de FinSpy Mobile, qui permet d’infecter les iPhone et autres téléphones portables Android, Symbian, Windows et Blackberry, afin de pouvoir espionner les SMS, emails et télécommunications, exfiltrer les contacts et autres données, géolocaliser le mobile, et même d’activer, à distance, le téléphone à la manière d’un micro espion, sans que l’utilisateur ne s’aperçoive de la manipulation.

A Bloomberg, qui l’interrogeait, Martin J. Muench, 31 ans, le concepteur de FinFisher, a nié avoir vendu son cheval de Troie au Bahreïn, tout en reconnaissant qu’il pourrait s’agir d’une version de démonstration de son logiciel espion qui aurait été volée à Gamma.

Au New York Times, où il démentait toute espèce d’implication, expliquant, tout comme l’avait fait Amesys, que ses produits ne servaient qu’à combattre les criminels, à commencer par les pédophiles :

« Les utilisations les plus fréquentes visent les pédophiles, les terroristes, le crime organisé, le kidnapping et le trafic d’être humain. »

Dans une déclaration publiée moins d’une heure après la publication de la deuxième note de Citizen Lab, Martin J. Muench envoyait un communiqué mentionné par le New York Times pour expliquer que l’un des serveurs de Gamma aurait été piraté, et que des versions de démonstrations de FinSpy auraient bien été dérobées. Dans la foulée, plusieurs des serveurs utilisés par FinFisher pour permettre aux données siphonnées de remonter jusqu’à leurs donneurs d’ordre ont disparu des réseaux.

« Aucune loi n’interdit donc à un marchand d’armes occidental de faire commerce avec une dictature ou un pays dont on sait qu’il se servira de ces outils pour espionner opposants politiques et défenseurs des droits humains. »

Comme notre enquête sur Amesys, le marchand d’armes français qui avait créé un système de surveillance généralisé d’Internet à la demande de Kadhafi l’avait démontré, les logiciels espions et systèmes d’interception et de surveillance des télécommunications ne font pas partie des armes dont l’exportation est juridiquement encadrée. Aucune loi n’interdit donc à un marchand d’armes occidental de faire commerce avec une dictature ou un pays dont on sait qu’il se servira de ces outils pour espionner opposants politiques et défenseurs des droits humains.

François Hollande recevant le roi Hamed ben Issa al-Khalifa de Bahreïn, le 23 juillet 2012.

Interrogé lors d’un point presse ce 4 septembre, le porte-parole de l’ambassade de France au Bahreïn a expliqué avoir “appris avec déception les décisions de la Cour d’appel du Bahreïn qui confirment les lourdes peines infligées à ces opposants” :

 » Le cas de Monsieur Khawaja nous préoccupe tout spécialement. Nous espérons vivement qu’un réexamen de ces condamnations aura lieu lors d’un éventuel pourvoi en cassation. »

« Nous restons préoccupés par la persistance des tensions dans le royaume de Bahreïn et rappelons notre profond attachement aux principes de liberté d’expression et de droit à manifester pacifiquement. »

Le 23 juillet dernier, François Hollande recevait très discrètement le roi du Bahreïn, Hamed ben Issa Al Khalifa, à Paris. Etrangement, cette visite officielle ne figurait pas sur l’agenda du président, et n’a été connue que parce qu’une journaliste de l’AFP a tweeté, interloquée, leur poignée de main sur le perron de l’Elysée. Officiellement, côté français, il a été question de la situation en Syrie, et de la menace nucléaire en Iran. Jean-Paul Burdy, maître de conférences à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble, relève cela dit que l’agence de presse du Bahreïn avance que de nombreux autres sujets ont été abordés, y compris la coopération entre les deux pays en matière de lutte contre “toutes les formes de terrorisme et d’extrémisme“, ainsi que de “l’importance de la promotion de la démocratie et des droits humains“.

Au lendemain de cette visite, la presse bahreïnie salue en “une” l’accord de coopération signé entre la France et le Bahreïn, et visant à mettre en place, souligne Le Monde, des réformes dans les secteurs de la presse et de la justice, ce qui fait bondir l’opposition :

 » La France prend le risque de devenir la complice des tours de passe-passe de la monarchie, s’indigne Abdel Nabi Al-Ekry, un vieil opposant de gauche. Comment peut-elle prétendre réformer la justice bahreïnie alors que 21 des dirigeants de l’opposition croupissent en prison, au terme de procès bidons ? C’est décevant de la part d’un socialiste comme Hollande. »

L’agenda de l’Élysée, dépiauté par Rue89, révèle qu’”au moins six autres représentants de pays autoritaires ou franchement dictatoriaux ont été reçus par François Hollande depuis son élection“, alors même que François Hollande avait pourtant promis de “ne pas inviter de dictateurs à Paris“. Cinq d’entre eux sont soupçonnés d’avoir voulu acheter le système Eagle de surveillance généralisé de l’Internet conçu par la société française Amesys à la demande de Kadhafi, et dont le nom de code, en interne, était Candy, comme bonbon, en anglais.

À la manière d’un mauvais polar, les autres contrats négociés par Amesys portent en effet tous un nom de code inspiré de célèbres marques de friandises, bonbons, chocolats, crèmes glacées ou sodas : “Finger” pour le Qatar (sa capitale s’appelle… Doha), “Pop Corn” pour le Maroc, “Kinder” en Arabie Saoudite, “Oasis” à Dubai, “Crocodile” au Gabon, et “Miko” au Kazakhstan, dont le dictateur-président est le seul à ne pas avoir encore été reçu par François Hollande, quand bien même il utiliserait par contre le système FinSpy de FinFisher.

 » La France prend le risque de devenir la complice des tours de passe-passe de la monarchie, s’indigne Abdel Nabi Al-Ekry »

Depuis le classement sans suite de la plainte déposée à l’encontre d’Amesys, à la veille de la présidentielle, le nouveau gouvernement ne s’est jamais prononcé sur cette affaire, par plus que sur l’implication de Claude Guéant, Brice Hortefeux et des services secrets français, non plus que sur une éventuelle interdiction, à l’exportation, de la commercialisation des armes de surveillance numérique.

Pour se prémunir de ce genre de chevaux de Troie, Citizen Lab rappelle tout d’abord que ces logiciels espions ne peuvent être installés que si le pirate a un accès physique à la machine (ordinateur ou téléphone portable), ou si la victime accepte d’ouvrir une pièce jointe ou une application que les espions prennent cela dit généralement soin de maquiller de sorte qu’elle émane d’une personne ou institution de confiance. Les chercheurs recommandent également de régulièrement mettre à jour systèmes d’exploitation et logiciels – à commencer par l’anti-virus, les suites Office, Acrobat, Java, Flash, en vérifiant que les mises à jour proviennent de sources légitimes et de confiance-, mais également d’installer des fonds d’écran protégés par mot de passe (pour éviter à un intrus de profiter d’une pause pipi pour pirater votre système), et enfin d’utiliser si possible des mots de passe forts, et des logiciels de chiffrement. Voir aussi, à ce titre, notre petit manuel de contre-espionnage informatique.

Source: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,14457.0.html
http://owni.fr/2012/09/06/coleres-darabie-le-logiciel-espion/

« The World Tomorrow », épisode 11: Interview de Noam Chomsky et de Tariq Ali

Julian:
Noam, Tariq – 2011/2012 a été une année historique pour les mouvements de libération dans de nombreux endroits à travers le monde. Vous attendiez-vous à cela?

Tariq:
Je n’avais pas vu cela venir. Je ne pense pas que la plupart des gens l’ont vu venir. Mais ce qui est intéressant, c’est que vous avez ces soulèvements arabes dans une partie du monde dont les commentateurs disaient «Les gens ne s’intéressent pas à la démocratie, les musulmans sont génétiquement hostiles à la démocratie»…

Julian:
Ouais.

Tariq:
… et vous avez ces éruptions et ensuite elles se propagent, parce que c’est l’occupation de la Place Tahrir au Caire qui a inspiré les activistes partout aux Etats-Unis, même en Russie. Qui se serait attendu à ces mouvements en Russie, venant soudainement défier l’autorité? Donc, le… le Printemps Arabe a été très contagieux, et continue encore de différentes façons.

Noam:
Non, je ne peux pas dire que je l’ai pressenti. Je pensais que, un jour ou l’autre, il y aurait une réaction populaire à l’amère lutte des classes qui… a été menée lors de la génération passée, et une lutte des classes très consciente qui a… par ceux qui ont toujours une conscience de classe, la bourgeoisie… qui pensait réellement jouer sur du velours. Aux Etats-Unis, par exemple, bien, nous connaissons tous les faits, lors de la dernière génération, il y a eu de la richesse créée, mais elle est allée dans très peu de poches. Donc, l’extrême inégalité aux Etats-Unis profite à littéralement 10% de la population, principalement les dirigeants des fonds alternatifs (hedge funds), les directeurs généraux des plus grandes entreprises, etc. Je parle des Etats-Unis, mais le phénomène est évidemment mondial. Le…Le mouvement qui a démarré avec les manifestations de la Place Tahrir il y a un an s’appelle le Mouvement du 6 Avril. Il y a une raison.Le 6 Avril 2008 a été le jour d’une protestation de grande échelle des salariés dans les plus importants sites industriels d’Egypte avec des manifestations, etc. Il y avait un petit groupe de professionnels férus de technologie qui ont essayé de… qui voulaient participer et les ont aidé en utilisant les  réseaux sociaux, etc. Ils ont été écrasés par la dictature, mais ce groupe était le Mouvement du 6 Avril, et le nom est resté. C’est une indication de combien ces manifestations sont enracinées… oui, il y avait des gens prêts à… beaucoup de gens… pour beaucoup c’était juste le moment de… une ouverture avec laquelle chacun peut faire quelque chose. Mais il y a eu… les choses étaient prêtes pour cela, et c’était quelque chose de similaire en Tunisie. Vous avez demandé si je l’avais prédit, non. Ce n’est pas le cas. Mais maintenant, ça arrive dans le monde entier sous une forme ou sous une autre.

Julian:
Tariq?

Tariq:
Je pense que Noam a raison, et je pense essentiellement que, ce dont nous avons été témoins tous deux avec l’économie néolibérale, est une contraction de la politique, dans le sens, j’en parle depuis quelque temps, que ce que nous avons dans les politiques Occidentales n’est ni l’extrême-gauche, ni l’extrême-droite, mais l’extrême-centre. Et cet extrême-centre englobe le centre-droit et le centre-gauche, qui sont d’accord sur les fondamentaux: mener des guerres à l’étranger, occuper des pays et punir les pauvres, faire adopter des mesures d’austérité. Ce n’est pas important quel parti est au pouvoir, soit aux États-Unis ou dans le monde occidental… les choses, vous savez, continuent comme avant. Il y a une continuité d’un régime à l’autre, ce qui affecte le fonctionnement des médias, qui est devenu de plus en plus étroit, donc il y a très peu de diversité, très peu de débats constructifs dans les médias traditionnels. Et ceci est une caractéristique importante maintenant, c’est une forme que je… c’est une dictature du capital qui est exercé à travers cet extrême-centre. Les pays arabes avaient des dictateurs soutenus par l’Occident depuis un certain temps, et la vitesse et l’ampleur de ces soulèvements ont certainement pris tout le monde par surprise. Aucun d’entre nous n’aurait pu le prévoir.

Julian:
Est-ce que… pensez-vous que le manque de prévisibilité est en fait une partie des raisons pour lesquelles ils ont réussi?

Tariq:
Sans aucun doute.

Julian:
Que si… que s’ils auraient pu être prédits, des mécanismes auraient été mis en place pour les empêcher d’arriver?

Tariq:
Ouais. Et des mécanismes assez extrêmes – ils auraient essayé d’arrêter des gens, d’écraser les gens, de torturer les gens, d’enfermer des militants, mais c’était devenu hors de contrôle très rapidement, et les États-Unis et les Français en Tunisie et en Egypte, par exemple, ne pouvaient pas le contrôler. Je veux dire, ils ont été surpris aussi. Je veux dire, ils n’ont agi ensemble que pour essayer de subvertir le processus quand il y a eu un bombardement durant six mois en Libye par un truc de l’OTAN, afin qu’ils puissent à nouveau exercer un certain contrôle sur le monde arabe tout entier. Mais c’est encore incroyablement volatile, et, vous savez, parfois les gens disent, euh, «Mais pas grand-chose a changé». Cela est vrai. Mais une chose a changé, c’est que les gens, les masses, se sont rendus compte que, pour apporter des changements, ils doivent se déplacer et devenir actifs. Et ceci est une grande leçon de ces soulèvements.

Julian:
Je veux considérer quels choix il y a vraiment. Est-ce que le choix est illusoire, ou est-ce que les nouveaux régimes doivent faire face à la situation qui est autour d’eux, les contraintes de base dans les relations avec les autres nations? Souhaitez-vous, par exemple, sachant que Cuba est à 90 miles (145 km)  de Miami – 90 miles de distance  d’une superpuissance agressive… qui diffuse de la propagande à Cuba – introduire de la censure? Souhaitez-vous introduire de la police d’Etat comme un moyen d’empêcher la fin de l’indépendance de Cuba? Parce qu’il me semble que ces questions sont celles que les nations qui luttent vont devoir affronter non seulement pour renverser leurs dirigeants, mais pour être indépendantes – comme nation – des puissances occidentales ensuite.

Noam:
Eh bien, Cuba est un cas très particulier. Donc, je ne… Je veux dire, dans une certaine mesure il a des caractéristiques comme d’autres petits pays, mais il est unique. Depuis 50 ans, les États-Unis se sont consacrés à étrangler et écraser Cuba. Et le conseiller de Kennedy sur l’Amérique latine a dit: «Le problème, c’est l’idée de Castro de prendre les choses dans ses propres mains, ce qui pourrait en conduire d’autres dans des circonstances similaires à essayer de suivre cette voie et bientôt l’ensemble du système de contrôle américain serait atteint». Donc, pour ces raisons qui persistent, les États-Unis ont effectué, tout d’abord, une campagne de terreur massive – Cuba a été la victime de plus de terrorisme que probablement tout le monde dans son ensemble, le terrorisme international – et au-delà, l’étranglement économique, d’une façon extraordinaire.

Julian:
Si vous êtes une population qui veut être indépendante, qui veut un État indépendant – on pourrait parler d’autres formes d’indépendance plus tard – mais un Etat indépendant, au mépris de l’OTAN ou si vous êtes près de la Chine, au mépris de la Chine ou de la Russie pour certains des anciens États soviétiques, alors il arrive que cela ait un coût. Dans le cas de Cuba, peut-être que ce coût est que vous êtes dans un état ​​de guerre… d’être dans un état ​​de guerre.

Noam:
Vous regardez à travers le monde, il y a des problèmes similaires, mais pas aussi graves que celui auquel Cuba fait face. Alors, allez un peu vers le sud – l’Amérique du Sud. Maintenant, l’un des développements les plus spectaculaires et importants de la dernière décennie, c’est que l’Amérique du Sud, pour la première fois depuis que les conquérants européens sont venus, pour la première fois en 500 ans, a fait un geste très significatif vers l’indépendance, vers l’intégration. Il ne reste pas une seule base militaire américaine en Amérique du Sud, ce qui est assez remarquable.

Julian:
Qu’en pensez-vous, Tariq?

Tariq:
Eh bien, je pense qu’au cours des dernières décennies, les modifications les plus significatives que nous avons vues sont venues de l’Amérique du Sud. Je veux dire, j’ai visité le Venezuela, la Bolivie, le Brésil… et l’ambiance est simplement différente, et beaucoup de gens disent: «C’est la première fois que nous nous sentons vraiment indépendants», quelles que soient les faiblesses que ces régimes peuvent avoir – et il y en a certaines qui existent – ce sont des États souverains et ils agissent en tant que tels, et quand Chavez, par exemple, dit quelque chose aux États-Unis, il est très franc et ouvert à ce sujet. Et il m’a dit une fois, il a dit: «Vous savez, j’ai prononcé un discours à l’ONU et beaucoup d’autres pays qui ne peuvent pas dire ceci en public viennent me féliciter et me dire: « Je vous remercie, vous parlez pour nous tous »», et il a dit: «je leur dis « mais vous pouvez parler aussi. Personne ne peut vous arrêter »», mais, vous savez… Le…

Julian:
Eh bien, c’est évident qu’ils pensent qu’ils ne peuvent pas parler.

Tariq:
Ils pensent qu’ils ne peuvent pas. Et… c’est maintenant un moule dans la plupart de l’Amérique du Sud, je veux dire, à l’exception de la Colombie, du Mexique, et, partiellement, du Chili. Ailleurs, les gens se disent « Nous sommes indépendants pour la première fois ». Je pense que cela va être un énorme problème pour les États-Unis. Je veux dire, ils sont obsédés par le monde arabe et la Chine – et maintenant l’Iran – mais en Amérique du Sud depuis…depuis une dizaine d’années, ou un peu plus, les États-Unis ne sont pas en situation de contrôle.

Noam:
Ça les inquiète énormément. En fait, le Conseil national de sécurité, un organisme de planification supérieur, a averti que «Si nous ne pouvons pas contrôler l’Amérique Latine, comment allons-nous imposer avec succès notre ordre sur le reste du monde?», ce qui signifie gouverner le reste du monde, «Donc, si nous ne pouvons même pas contrôler notre arrière-cour, comment allons-nous contrôler tout le reste?». Maintenant, il y a un point plus profond. Concernant le Moyen-Orient: la profonde préoccupation des États-Unis et des autres puissances impériales traditionnelles – la Grande-Bretagne et la France, en particulier – notre souci est que maintenant ils peuvent… le Moyen-Orient peut devenir hors de contrôle. Et c’est grave, beaucoup plus grave que l’Amérique du Sud. Maintenant…

Tariq:
Je suis d’accord. C’est pourquoi ils ont envahi la Libye, Noam, j’en n’ai aucun doute. C’était pour rétablir le contrôle.

Noam:
Je suis d’accord, mais je pense que les jeux sont faits. Ainsi, par exemple, si vous jetez un oeil à ce qui s’est passé dans le Printemps Arabe, les pays qui sont cruciaux pour les puissances impériales occidentales – les producteurs de pétrole – ils ont été soumis à une chape de plomb. En Arabie saoudite, le Koweït, les Emirats, les principales régions productrices de pétrole, le Printemps n’a jamais pris son envol. L’intimidation des forces de sécurité, soutenue par l’Occident, était si énorme que les gens avaient littéralement peur d’aller dans les rues de Riyad. L’Occident – principalement la France, en Tunisie, les États-Unis et la Grande-Bretagne, en Egypte – suivent un modèle très traditionnel. Il y a une règle de jeu que vous suivez… et qui vous donne une sorte de plan de match lorsque certains dictateurs favoris perdent la capacité à gouverner. Ce que vous faites est de les soutenir jusqu’à la dernière minute possible, quand il est impossible de le faire plus longtemps – peut-être l’armée se retourne contre eux – vous organisez votre classe d’intellectuels à émettre des déclarations sonnantes à propos de la démocratie, et puis vous essayez de restaurer l’ancien système, autant que possible – comme cela a été fait avec Samosa, Marcos, Duvalier, Mobutu, Suharto. Je veux dire, c’est la routine. Il faut le vouloir pour ne pas le voir.

Tariq:
Mais je pense que le vrai problème pour cela est que la démocratie elle-même est dans une situation très grave, à cause des entreprises privées. Lorsque vous avez deux pays européens, quand vous avez la Grèce et l’Italie, les politiciens abdiquent et disent: «Laissons les banquiers gérer»…

Julian:
Ouais.

Tariq:
… Je veux dire, où est-ce que ca va aller?… Vous savez, alors, ce à quoi nous assistons, c’est que la démocratie devient de plus en plus dénuée de contenu. C’est comme une coquille vide, et c’est ca qui énerve les jeunes, qui sentent «Quoi que nous fassions, quoi que nous votions, rien ne change», ce qui explique toutes ces protestations.

Julian:
Et… pensez-vous… pensez-vous que c’est… vous savez, ce problème, est-il dans les médias, est-il structurel, est-il… est-il dans la capacité accrue du centre de contrôler  la périphérie à la suite de télécommunications plus sophistiquées…?

Tariq:
C’est le…

Julian:
C’est quoi… qu’est-ce qui le motive?

Tariq:
Ce qui le motive est… une démocratie qui est devenue pétrifiée. Mais les médias sont devenus un pilier, un pilier central, désormais de l’établissement – beaucoup plus qu’ils ne l’étaient pendant la guerre froide. À ce moment-là, ils prouvaient aux Russes et aux Chinois: «Notre système est meilleur que le vôtre»…

Julian:
Ouais.

Tariq:
… Maintenant, ils ne ressentent pas le besoin de le prouver, donc ils fonctionnent comme ils veulent, un point c’est tout.

Julian:
Ou bien ils… ils utilisaient la liberté d’expression comme un bâton pour battre l’Union soviétique, et maintenant cela n’est pas nécessaire. Je pense que… vous avez eu cette, comme une alliance entre les libéraux et les militaires et les élites dans l’Occident, tous se rassemblant pour des intérêts mutuels afin de démontrer la supériorité de l’Occident par rapport aux Soviétiques, et que… ce genre d’alliance fortement contre nature est maintenant divisée.

Tariq:
a) elle est rompue, et b) bien qu’il soient le monde occidental, ils ont maintenant un tel contrôle sur les choses qu’ils peuvent littéralement se permettre le crime. Je veux dire, Obama a signé une loi, selon laquelle le président Américain peut décider d’autoriser la mise à mort d’un citoyen américain sans aucun recours à la loi. Sans procès, ce qu’aucun autre président US dans l’histoire n’a fait…

Julian:
Ouais.

Tariq:
… Même pendant la guerre d’indépendance, les gens qui ont essayé de tuer Lincoln – ou qui ont tué Lincoln – les conspirateurs – ont été traduits en justice, aussi grande soit leur faute. Plus maintenant. Maintenant vous pouvez ordonner que quelqu’un soit tué. Et cette attaque contre les libertés civiles est naturellement très dérangeante, parce qu’elle affecte réellement la démocratie.

Julian:
Je veux dire, croyez-vous que ces mouvements sociaux qui ont lieu en Amérique Latine…Si vous regardez comment…l’évolution technologique en Amérique Latine est semblable à ce qu’elle était aux US dans les années 70. Est-ce que….L’interaction sociale et politique qui a lieu dans ces pays est-elle le résultat des interactions technologiques qui s’y déroulent? Enfin, …peut-être qu’il n’est pas possible pour un pays plus industrialisé d’adopter le modèle d’un pays moins industrialisé? Devrions-nous….renoncer à l’industrialisation pour le faire?

Tariq:
Je ne pense pas. Je veux dire, la plupart des pays occidentaux sont fort heureusement devenus désindustrialisés et ont fait de la Chine le pouvoir économique dominant dans le monde, comme les Anglais l’étaient au 19ème siècle. Je veux dire, la Chine est l’atelier du monde…

Julian:
Oui

Tariq:
Il y a eu une énorme croissance… l’actuelle… la population active, pendant qu’elle déclinait en Occident, a augmenté de 1 milliard dans les années 70 et 80, à trois milliards aujourd’hui, à cause de ce qui a lieu en Chine, en Inde et dans certaines parties de l’Amérique Latine. Donc, je pense que les pouvoirs prétendument avancés auraient beaucoup à apprendre des bonnes choses qui se passent en Amérique du Sud, pourquoi pas?

Julian:
Noam, y a-t-il un modèle, un mode pratique de fonctionnement?

Noam:
Eh bien, je pense que Tarik a raison – il y a beaucoup de modèles – mais le… Je ne crois pas que les forces populaires qui essayent de changer leurs sociétés devraient chercher des modèles, je crois qu’elles devraient créer leurs propres modèles. Et c’est exactement ce qui se passe. Alors, les modèles en Amérique du Sud… disons que… Bon, il y a eu beaucoup de progrès. Il y a des modèles de développement en cours, par exemple en Bolivie, que vous avez mentionnée quelques fois, une des choses les plus significatives est qu’une des parties de la population la plus réprimée de tout l’hémisphère, la population indigène est entrée dans l’arène politique. Elle s’est, en fait, saisie du pouvoir politique, et elle défend ses propres intérêts. Cela existe aussi en Equateur et au Pérou. Bien, ils sont en train de développer des modèles nouveaux et significatifs, et il y a certains aspects de ces modèles que l’Occident ferait bien de prendre en compte très vite, au risque de s’écrouler et disparaître.

Julian:
Nous avons toujours eu cette idée que « le capitalisme et la démocratie vont de pair », et la Chine semble être le gros exemple que… il est plus efficace et facile d’être un pays capitaliste qu’un pays démocratique.

Tariq:
Bon, je n’ai jamais cru que le capitalisme et la démocratie allaient de pair. Les Chinois démontrent aujourd’hui que le pays capitaliste qui réussit le plus dans le monde, n’a pas une once de démocratie dans son fonctionnement. Mais, même historiquement, au cours des centaines d’années de son existence, le capitalisme a fonctionné sans démocratie jusqu’au début du 20ème siècle. Je veux dire, les femmes n’ont obtenu le droit de vote qu’après la deuxième Guerre mondiale, ainsi ni la démocratie, ni même une démocratie partielle ne s’accorde parfaitement avec le capitalisme, et cette notion que le capitalisme et la démocratie vont ensemble a été une construction intellectuelle de la Guerre froide, destinée à nuire aux… aux Russes et aux Européens des Pays de l’Est, et aux Chinois. Cela n’avait pas de base historique démontrée.

Julian:
Noam?

Noam:
Eh bien, je… d’abord, nous n’avons pas des sociétés capitalistes, nous avons l’une ou l’autre variété de capitalisme d’Etat, et c’est vrai quel que soit l’endroit où un système industriel fonctionne. Par exemple, aux Etats-Unis le rôle de l’Etat dans l’économie est énorme. Je veux dire, prenons ce que nous trois sommes en train de faire en ce moment, c’est basé sur la révolution des technologies de l’information… les ordinateurs, internet, les satellites, la micro-électronique et tout ça… et la plupart de tout ça a été développé par le secteur d’Etat. En fait, le lieu où je travaille au MIT est l’endroit exact où ces choses ont été développées dans les années 50 et 60 avec principalement des financements du Pentagone. Il y avait à la fois les financements, les subventions, l’invention, la création, les marchés… pendant des dizaines d’années, cela a été dans le secteur public avant d’être transmis au capital privé pour en faire la commercialisation et le profit. Et si on retourne en arrière…

Julian:
Ce progrès technologique…Vous voyez, dans les années 30, on… dans la littérature de cette époque, on voit souvent les Soviétiques dire combien leur système est simplement plus efficace, et par conséquent, en tant que système économique plus efficace, il doit dominer. On a vu également les Nazis exprimer exactement dans les mêmes termes qu’un investissement technologique massif produisant une industrie efficace est censé dominer les autres forces en présence. Est-ce que ce n’est pas une contrainte idéologique de base? Que, quel que soit le système que vous souhaitez, quoi que le peuple désire – que tous puissent être bons les uns envers les autres pour changer, quelque chose de très basique, simplement de l’éthique et de l’humanité – si ce système n’est pas efficace comparé à un autre, l’autre va simplement croître  jusqu’à tout dominer?

Tariq:
Eh bien, je… oui… mais seulement s’il se développe militairement. Vous voyez, les Etats-Unis sont faibles économiquement en ce moment. Vous voyez, ils sont énormément endettés, comme Noam l’a dit. Il y a une réelle crise structurelle, mais ils sont très dominants militairement, et utilisent leur puissance militaire pour dominer d’autres parties du monde, qui pourraient bien s’en sortir économiquement, mais n’ont pas cette puissance. C’est le problème que nous avons.

Julian:
Alors, ce conflit entre… entre le désir de faire quelque chose pour des raisons idéologiques et un genre de réalité pratique qui, comme le capitalisme totalitaire, peut simplement être plus efficace comme système, ce dernier va en conséquence dominer.

Noam:
Ce n’est pas un système efficace. En fait, regardez un peu la Chine. La croissance de la Chine a été spectaculaire, mais… La Chine s’est développée largement en tant que chaine d’assemblage. C’est originairement la chaine d’assemblage pour les pays industriellement avancés de sa périphérie, le Japon, la Corée du Sud, Taïwan… donc… Voyez par exemple Foxconn, cette énorme et détestable entreprise en Chine, où les conditions de travail sont parfaitement épouvantables. C’est une entreprise qui appartient à Taïwan, qui produit des ordinateurs Apple, des I-pods, des ordinateurs Dell, etc. Ce qui s’est passé pendant les dernières années est que la Chine a été la chaine d’assemblage pour les Etats capitalistes industriellement avancés de sa périphérie, et pour les multinationales occidentales. Maintenant, bien sûr, tôt ou tard, la Chine va commencer à bouger l’échelle technologique, en fait, pour certains aspects, c’est déjà en train d’arriver. La Chine a actuellement commencé à innover avec des cellules solaires qui surpassent toutes les autres partout ailleurs. Et cela va commencer à arriver dans tous les domaines, mais c’est un processus long et lent. La Chine reste…

Julian:
Tariq,  vous comme Noam, vous avez un long passé de militants. Quand vous regardez la génération actuelle en Occident, qui commence juste à se radicaliser politiquement, je pense que le terme de jeunesse radicalisée grâce à internet est la meilleure manière dont je peux les décrire, que… que voudriez-vous leur dire? Quelle expérience acquise au cours des luttes que vous avez menées depuis ces douzaines d’années voudriez-vous leur communiquer? Parce qu’il me semble que, il y a eu un moment, peut-être dans les années 80 ou 90, où il n’y a pas eu de continuité de cette tradition de lutte en Occident. Tariq?

Tariq:
J’essaie d’éviter de donner des conseils aux jeunes générations, parce que les générations sont si différentes les unes des autres, et vu que le monde a tellement changé, le seul conseil universel à donner est « Ne laissez pas tomber ». On vit de mauvais moments, et on sent, vous savez bien, que tout est perdu, et beaucoup de gens sont passifs, mais la passivité est… elle conduit généralement au désespoir. Et je crois qu’il est très important pour les jeunes qui deviennent adultes aujourd’hui de réaliser qu’ils doivent être actifs. Et actifs… l’activité est quelque chose qui conduit à l’espoir, et s’ils ne sont pas actifs eux-mêmes, personne ne va leur amener les choses sur un plateau. Ce sont les leçons de ces dernières années avec cette nouvelle radicalisation. Ne laissez pas tomber. Ayez de l’espoir. Restez sceptiques. Soyez critiques sur le système qui nous domine tous, et tôt ou tard, si ce n’est pas pour cette génération, ce sera pour les générations à venir, mais les choses vont changer.

Julian:
Noam?

Noam:
Bien, beaucoup de choses ont changé depuis ces années. Et elles ont changé souvent pour le mieux, elles ont changé parce que des gens s’y sont employés et… l’histoire n’est pas terminée. Il y a des changements en cours et nous pouvons y faire quelque chose. Et en fait, il y a de… très sérieux problèmes. Par exemple, si l’Espèce continue sa course actuelle, nous nous confronterons certainement avec la possibilité de survivre décemment, seulement à cause de choses comme l’utilisation d’énergies fossiles. Donc, c’est un sujet très préoccupant et c’est comme… vous voyez, des lemmings qui se jettent de la falaise.

Traduit sur le forum WikiLeaks par Irien et Arduenna Silva

Source: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12631.0.html
http://worldtomorrow.wikileaks.org/episode-11.html

Willsummer: Appel à Roosevelt 2012 pour le rassemblement du 10 août parisien en soutien à Julian Assange

 

Place Saint-Michel

Place Saint-Michel

par willsummer, le 9 aoüt 2012

Bonjour!

Je suis membre du collectif depuis plusieurs mois, via l’adhésion par internet. Ce qui m’a décidé, outre le discours, est la présence de Stéphane Hessel parmi vos membres les plus éminents, à laquelle s’adjoint celle, cité en second mais non moindre, bien que possédant une histoire plus « douce », d’Edgar Morin: eu égard à l’ouvrage « Indignez-vous! », ils disposent pour moi de toute la légitimité suffisante…

Je suis militant EELV et ai organisé les manifestations anti-ACTA dans ma ville d’Angers, en arborant le masque des Anonymous (libre de droits, comme vous savez 😉 ). Depuis, je me tourne comme tous les autres militants vers INDECT http://indect.investigation.overblog.com/indect-quelques-precisions-a-savoir-d-urgence, mais y inclus Smart Borders http://willsummer.wordpress.com/2012/08/08/smart-borders-les-nouvelles-frontieres-hi-tech-de-leurope/; les deux mis ensemble font de l’Europe une forteresse-prison, sans qu’il y en ait JAMAIS eu besoin – les êtres humains entre eux ne se comportent pas comme les médias vous le présentent, de quelque (ou presque) émission de divertissement, éducative ou informative que ce soit: vous avez là un diffuseur de mensonges qui ne vous présente qu’une PARODIE de la réalité, dont l’unique raison d’être, aujourd’hui, malgré de louables efforts, n’est plus que d’alimenter les servants et capitaines de Babylone, tel un charlatan vous vantant les mérites d’un poison…

Il y a INDECT, Smart Borders, le MES; SOPA, PIPA, le NDAA; la Syrie; l’Iran; j’en passe, ils y passeront tous, ces sujets, et ils seront tous réglés… Et il y a WikiLeaks.

Julian Assange est un homme que beaucoup, soyons honnêtes, eussions rêvé d’être, pour connaître le frisson qui habite sa vie, comme un Emile Zola/Jean Moulin australien, nous parlant aujourd’hui et à nous tous, en ce début de XXIè siècle. Non pas pour sa chevelure argentée, ou son succès auprès des femmes (voir une certaine affaire suédoise récente), ou son charme de gentleman intellectuel mais libertaire (c’est sans doute ce qui les affole! … je plaisante… ! ), mais parce qu’il incarne, par ses actes et ceux de son entourage, l’expression même de la liberté d’expression, de la presse et du droit de la population d’être informée de ce qui a un impact sur sa vie.

Ce n’est pas parce qu’il n’est pas français, qu’il ne se prénomme ni Emile ni Jean, que nous ne devons pas ressentir de solidarité avec cet homme. Parce qu’il a bravé la machine, que décriait Jacques Ellul… Parce qu’il est vivant, vibrant, que son âme exulte de par ses actes et ses paroles la joie, le bonheur de vivre sur cette Terre et d’aimer ce qui est bon, ce qui est juste…

Ce n’est pas un homme qui se complaît à faire le mal, ainsi que le lui aboient ses détracteurs: c’est notre frère, notre voisin, un homme qui a une étincelle dans le regard et dont vous souhaiteriez faire la connaissance en le rencontrant selon le hasard de votre chemin.

Je me souviens de paroles que nous échangions dans la cour de récréation, alors que j’étais en école primaire: face à ce que j’appelle aujourd’hui avec mon esprit d’adulte irraisonnée, il y avait parmi la liste de réponses possibles: « c’est celui qui dit qui y est »…

Depuis j’ai appris que c’est un exemple merveilleux de la sagesse enfantine, et surtout de la sagesse humaine intrinsèque: lorsque vous êtes accusé de quelque chose, que cette chose s’avère être sans fondement ni propos, la meilleure chose à faire est encore de renvoyer son venin (toutes proportions gardées!) à son accusateur; car c’est pour cacher ses vilaines pensées qu’il les présente sous forme d’agression sur un autre. C’est lorsque vous rentrez dans son jeu que les vrais problèmes commencent…

Ici, naturellement, nous ne sommes pas dans un bac à sable, à moins d’avoir des moeurs enfantines à notre âge (dussé-je le préciser j’estime m’adresser à des adultes)… Ce collectif, les récents soulèvements et mouvements populaires mondiaux n’ont d’autre cause, source et douleur que d’être issus de la réaction normale et intrinsèquement humaine de l’exécration de l’injustice et du profit mal acquis…

Julian Assange va savoir, la semaine prochaine, s’il dispose ou non d’un havre pour échapper aux conséquences de crimes qu’il n’a PAS COMMIS, et qui n’ont JAMAIS EXISTE, à lui imputés par la nation qui dans l’histoire récente (voir les écrits de Mark Twain, « La Prodigieuse Procession et Autres Charges » http://atheles.org/agone/manufacturedeproses/laprodigieuseprocessionautrescharges/index.html, et la plus grande partie de l’histoire contemporaine depuis 1917), a été sans aucun doute possible, à mesure que les informations deviennent publiques, le « maître d’oeuvre » d’un projet dont l’Allemagne nazie (hello Godwin point 😉 ) n’était qu’un avant-goût (mauvais, le goût, n’est-ce pas…?).

Cherchez dans les romans, les filmes, les pièces et oeuvres d’anticipation pour trouver ce qui peut nous attendre: point de « nirvana cyberpunk globale » http://willsummer.wordpress.com/2012/07/29/131/, mais une dictature mondialisée où une fraction du 1% déjà pointé du doigt profitera d’une foule de servants et d’une « masse » de serviteurs, n’ayant pour horizon que la poursuite de la même et sempiternelle illusion: que l’homme n’est qu’un loup pour l’homme…

A travers toute la planète, un vent se lève; un esprit de renouveau, porteur de fruits dont nous n’avions pas osé rêver, souffle sur les eaux de nos consciences… Un bel exemple de ce fait se trouve dans les paroles de Julian Assange, qu’il publia ce 4 avril dernier (traduction par votre serviteur 😉 ):

“Nous vivons dans le monde que nous percevons. Nos limites sont celles de nos perceptions.

Cette génération en sait plus que toutes les générations qui l’ont précédée. Ses actes éclipseront ceux des générations passées. Nous changeons le monde en observant son comportement, en y réfléchissant et en agissant selon nos pensées.

Pour observer, nous devons ouvrir nos yeux.

Pour réfléchir, nous devons ouvrir nos esprits.

Pour agir, nous devons ouvrir nos cœurs.

Nos yeux n’ont jamais été aussi ouverts. Nos esprits n’ont jamais été aussi entraînés. Et le courage dans nos cœurs se répand comme une contagion.”

Demain, à partir de 16h et jusqu’à 19h, les FoWL de France, avec l’appui du Parti Pirate d’Ile de France, organisent un rassemblement place Saint Michel à Paris (Métro Saint-Michel), devant la fontaine. Nous espérons bien sûr, comme pour toute manifestation, être aussi nombreux(ses) que possible; nous vous invitons à venir vous-mêmes affirmer votre accord et votre soutien à la défense des quelques principes qui ont été évoqués ci-avant.

L’appel a déjà été relayé par demosphere, WikiLeaks, USDayofRage, le PP d’Ile de France, EELV (par mes soins), et via notre blog, qui en réalité est à l’origine de cet événement et où se trouve non seulement l’appel à manifester, ci-après, https://wikileaksactu.wordpress.com/rassemblement-a-paris/; si vous vous sentez pris au dépourvu, si j’ose dire, c’est sans doute parce que vous n’aviez rien organisé – en tout bien et honneur, cela va sans dire.

Que ce soit INDECT, le MES, SYSSEC, j’en passe (encore), il y a bien des raisons de faire connaître à ceux qui détiennent en dernier lieu selon notre système – visiblement (?) – les cordons de la bourse et le contrôle du bâton (comment cela se fait-il…?) que nous sommes éveilles et actifs. Ce n’est pas parce que le monde s’écroule autour de soi qu’il faut se laisser aller; comme disent les Anglais, « When the going gets tough, the tough get going », c’est-à-dire « Quand le chemin devient dur, les durs se mettent en route ».

S’il vous plaît, venez nous rejoindre pour vous prouver à vous-mêmes et à tous que vous êtes des citoyen(ne)s conscient(e)s et éveillé(e)s!

Tous à Saint-Michel à 16h vendredi 10 août à Paris!

Page Facebook: https://www.facebook.com/events/183090775158123/
Page Changebook: http://thechangebook.org/event/14/rassemblement-en-soutien-%C3%A0-julian-assange-%C3%A0-paris-ce-vendredi-pour-soutenir/
Infos sur Twitter: https://twitter.com/WikileaksActu

Et le blog, les leaks de WikiLeaks en français et les actualités sur les procès en cours: https://wikileaksactu.wordpress.com/

En fuite, Qaddafi aurait tenté de trouver refuge auprès des autorités algériennes

Initialement publié en anglais le 24-07-2012 sur Liberté-info.net

Peu d’informations étaient jusque-là disponibles concernant l’éventuelle tentative par l’ancien dictateur libyen de trouver refuge hors du pays qu’il a commandé d’une main de fer pendant quarante-deux années.

Grâce à la publication par WikiLeaks de la suite des GIFiles (les Global Intelligence Files, nom prêté à l’importante masse d’e-mails de la société de renseignement américaine Stratfor, considérée comme étant la CIA de l’ombre, car elle renseigne entre autres le Homeland Security et la Defense Intelligence Agency américains), le public, les journalistes, et les historiens vont pouvoir mieux comprendre et enquêter sur ce qui s’est passé lors de cet épisode de la révolution libyenne, et plus spécialement au regard du rôle joué par l’Algérie.

Liberté-info, association pour la défense des libertés informatiques, a pu obtenir l’accès à la suite des GIFiles, grâce à un partenariat d’investigation organisé par WikiLeaks et impliquant des journalistes, des universitaires, et des organisations de défense des droits de l’homme.

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Après son renversement et sa fuite, il y a eu beaucoup de spéculation si et où Qaddafi chercherait refuge en quittant le territoire libyen. Mais nous savons peu, sinon que finalement il n’a pas quitté le territoire, où il fût rattrapé par les frappes aériennes de l’OTAN avant de tomber et d’être tué entre les mains des rebelles révolutionnaires.

L’Algérie, pays voisin dont la classe dirigeante a observé avec effroi la propagation de la vague démocratique et révolutionnaire qui a débuté en Tunisie et s’est étendue jusqu’à la frontière ouest, au Maroc, a donné l’asile aux principaux proches de Qaddafi: sa femme Safia, ses deux fils Mohamed et Hanibal, et sa fille Aicha. La raison de ce geste seraient d’ordre « humanitaire », d’après l’ambassadeur algérien aux Nations Unies. La grossesse avancée d’Aicha – elle donnera naissance à une fille peu après avoir pénétré le territoire algérien – peut effectivement justifier son entrée à elle, mais pas celle du reste de la famille. La corruption endémique de l’Etat algérien, ainsi que la richesse amassée et probablement en partie transportée par la famille en fuite expliqueraient cet apparent excès de générosité.

Ceci eut lieu à la fin du mois d’août 2011, et mit le gouvernement algérien dans une position fâcheuse envers l’organe provisoire gouvernant la Libye, le Conseil National de Transition (CNT). En effet, la famille de Qaddafi, jugée complice de nombreux crimes du patriarche, était et est toujours voulue en Libye pour y être jugée. Les quatres proches ainsi que la fille d’Aicha se trouvent toujours en Algérie.

En dépit de ses déclarations affirmant qu’il ne quitterait jamais le territoire libyen, des informations provenant des nouvelles publications des GIFiles suggèrent le contraire: le Colonel aurait tenté de trouver l’asile au moins en Algérie.

L’e-mail dont l’identifiant est 120909, daté du 1er septembre 2011 et envoyé par un employé de Stratfor (un « watch officer », qui est le grade au-dessus d’analyste et en-dessous de directeur) à la mailing-liste interne nommée Alpha (qui comprend les analystes, les rédacteurs, et les employés de plus haut niveau) cite une source diplomatique algérienne qui aurait affirmé que Qaddafi (dont le nom de code utiilisé dans la correspondance est « Q », initiale de Qaddafi) aurait tenté de trouver refuge en Algérie en contactant le président algérien Bouteflika. La source déclare que Bouteflika a ignoré les appels répétés du dictateur déchu. Elle suggère aussi que les services de renseignement algériens auraient partagé la localisation du Colonel (qu’ils ont estimé être la ville de Béni Walid) avec leurs confrères britanniques, et aurait prédit qu’il « serait abattu tôt ou tard ».

Malgré la notation moyenne par l’employé de Stratfor de sa source (crédibilité estimée à C, A étant le mieux et F le pire) et de la crédibilité du renseignement (noté à 3-4, 1 étant le mieux sur une échelle de dix), il semblerait avec le recul que le renseignement était plutôt fiable: Qaddafi fût abattu peu après, le 20 octobre 2011 près de Syrte, à moins de 300 kilomètres de Béni Walid.

L’employé de Stratfor a précisé que sa source lui a été présentée par une autre source, ME1 (pour Middle East 1), qui semble être une importante source de Stratfor car il/elle apparaît dans de nombreux mails remontant au moins jusqu’à 2006.

Source: http://blogs.mediapart.fr/blog/mehdi-taileb/260712/exclusif-alors-quil-etait-en-fuite-kadhafi-aurait-tente-en-vain-de-tro

http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,13271.0.html

Publié sur Mediapart par Mehdi Taileb

Qaddafi a cherché refuge en Algérie avant de se faire rattraper en route

L’email ayant l’ID 120909 rendu public ce lundi 24 juillet 2012 par WikiLeaks, daté du premier septembre 2011 et échangé entre l’Officier de contrôle (Watch officer) Ben Preisler et les services de la société de renseignement privée Stratfor, reflète un peu de lumière sur les derniers jours du dictateur libyen déchu, Mouammar Qaddafi.

Selon des informations recueillies par un des agents de Stratfor auprès d’un diplomate algérien, le guide libyen Mouammar Qaddafi a tenté de trouver refuge en Algérie ; l’email daté du 1 septembre 2011, soit deux jours après l’arrivée la famille Qaddafi en Algérie, nous révèle que le président algérien Abdelaziz Bouteflika a refusé de répondre aux appels répétés de Qaddafi, la source diplomatique algérienne avait affirmé aussi que les services de renseignements algériens ont localisé l’emplacement du guide libyen et ils l’ont transmis à l’intelligence britannique, cette information a permis à des unités spéciales britanniques de l’attraper et de l’exécuter.

Le document original du site WikiLeaks est accessible ici :
http://wikileaks.org/gifiles/docs/120909_-alpha-insight-libya-algeria-q-seeking-refuge-in-algeria-me1.html

Email-ID : 120909
Date : 2011-09-01 17:07:49
De : ben.preisler@stratfor.com
A : alpha@stratfor.com
Liste-Nom : alpha@stratfor.com

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SOURCE : Sous-source via ME1 (Middle East 1)
ATTRIBUTION: STRATFOR source
SOURCE DESCRIPTION: Diplomate algérien via ME1
PUBLICATION: Oui
FIABILITÉ DE LA SOURCE: C
CRÉDIBILITÉ DE L’ÉLÉMENT: Pourrait être un cover-up (un camouflage) puisque l’Algérie été sous pression pour avoir soutenu Q (Qaddafi)
TRAITEMENT SPÉCIAL : Alpha
GESTIONNAIRE DE SOURCE : Reva
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La source confirme des nouvelles sur les tentative de Mouammar Qaddafi a cherché refuge en Algérie. Le président algérien Abdulaziz Boutafliqa a refusé de répondre aux appels répétés de Qaddafi. La fille et la première épouse de Qaddafi ont été autorisés à rentrer en Algérie après que le conseil provisoire libyen avait renoncé à son opposition à l’affaire. Les services de renseignements algériens ont déterminé la localisation du Qaddafii dans la ville de Bani Walid, qui se trouve à environ 100 miles (160 kilomètres) au sud-ouest de Tripoli. Il (La source) dit que les Algériens ont transmis l’information à l’intelligence britannique. La tâche de chasser Qaddafi a été confiée à des unités spéciales britanniques. Il (la source) est convaincu que les britanniques finiront par l’attraper (Qaddafi).

Qaddafi sera abattu tôt ou tard. La question en cours est la sécurisation de l’approbation des anciens de la tribu Warfala (une tribu libyenne) qui fournit un sanctuaire au Qaddafi. Le problème avec Warfala devra être résolu pacifiquement, car elle est la plus grande tribu de la Libye et aussi parce que beaucoup de ses jeunes hommes ont combattu aux côtés des forces du Conseil provisoire. L’Algérie a un intérêt direct dans l’élimination de Qaddafi afin de l’empêcher de s’allier avec Al-Qaeda au Maghreb.


Benjamin Preisler
+216 22 73 23 19

Source: https://operationleakspin.wordpress.com/2012/07/26/the-the-gifiles-alpha-insight-libyealgerie-q-qaddafi-a-cherche-refuge-en-algerie-me1/
http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,13286.0.html

Publié par W sur WikiLeaks

Note éditoriale de Julian Assange sur le changement, 4 avril 2012

Par Julian Assange, le 4 avril 2012

Nous vivons dans le monde que nous percevons. Nos limites sont celles de nos perceptions.

Cette génération en sait plus que toutes les générations qui l’ont précédée. Ses actes éclipseront ceux des générations passées. Nous changeons le monde en observant son comportement, en y réfléchissant et en agissant selon nos pensées.

Pour observer, nous devons ouvrir nos yeux.

Pour réfléchir, nous devons ouvrir nos esprits.

Pour agir, nous devons ouvrir nos cœurs.

Nos yeux n’ont jamais été aussi ouverts. Nos esprits n’ont jamais été aussi entraînés. Et le courage dans nos cœurs se répand comme une contagion.

Source: http://www.twitlonger.com/show/gq5p3c

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