Oussama Ben Laden: Made in USA

par Jared Israël [Écrit le 28 Août 1998. Posté le 13 Septembre 2001] =======================================

Leaders d'Al-Qaïda (depuis la gauche), Ayman al-Zawahiri, Oussama Ben Laden et Mohammed Atef[Ce qui suit est un extrait de « L’illusion crédible », une étude de la couverture du « NY Times » sur les attaques de missiles américains en Afghanistan et sur une usine de comprimés au Soudan, en Août 1998 [cf. L’usine al-Shifa et l’Opération Infinite Reach]. Le texte complet peut être lu à http://emperors-clothes.com/articles/jared/sudan.html – Jared Israël]

La plupart d’entre nous n’ont jamais entendu parler d’Oussama Ben Laden avant le 21 Août dernier [cf. JT France 2 du 21 Août 1998], mais en disant qu’il était « l’organisateur par excellence et un financier du terrorisme international dans le monde d’aujourd’hui », le président Clinton a évoqué des images de rage et de chaos aléatoire qui semblaient justifier une action rapide, forte.

On nous a dit que la cible principale de l’attaque au missile était non seulement Ben Laden, mais: « … les installations et les infrastructures terroristes en Afghanistan. Nos forces ont ciblé une des bases terroristes les plus actives dans le monde… un camp d’entraînement pour littéralement des milliers de terroristes du monde entier ». (NY Times, 21/08/98, p. A12).

Ce thème – selon lequel il y a une organisation terroriste qui relie la base terroriste en Afghanistan avec une usine terroriste au Soudan – est répété tout au long du NY Times du 21 Août.

La « base terroriste » afghane est bien sûr le point fort de Clinton. Une «base terroriste» est un lieu où les terroristes préparent la guerre; une «base terroriste» est un jeu équitable. Les usines, d’autre part, sont un problème. Les Américains sont dégoûtés par les bombardements des usines et le fait de brûler la peau du dos des travailleurs. L’astuce, c’est: de relier la base à l’usine.

Voici l’argument: les terroristes, financés par le riche Oussama Ben Laden, cerveau des attentats de l’ambassade, ont construit un complexe de camps d’entraînement terroristes en Afghanistan. Les États-Unis, ennemi juré de la terreur, ont roulé leurs manches et détruit ces camps d’entraînement et aussi une usine appartenant à Ben Laden au Soudan. Les États-Unis ont ainsi envoyé un message aux terroristes partout dans le monde. Ils peuvent lire nos missiles. Ils seront traqués et détruits sans pitié. Les États-Unis sont à leur poste.

Mais attendez. Que faire si les camps d’entraînement ont été faussement représentés? Que faire s’ils avaient été construits par le gouvernement américain? Que faire si Ben Laden et ses associés étaient en fait de vieilles mains de la CIA?

Ce serait un peu maladroit, n’est-ce pas?

Si cela était vrai, et si le Times savait que c’était vrai le 21 Août [1998], est-ce que la défaillance du Times à imprimer ces informations sur la première page ne constituent pas une trahison profonde de la confiance?

Mais c’était alors, et c’est maintenant…

Le complexe attaqué par les États-Unis, le 20 Août, est situé près de la frontière pakistanaise:

 »Les camps, cachés dans des montagnes escarpées et des vallées très profondes de la province de Paktia, étaient le lieu où l’ensemble des sept leaders du rang de la résistance afghane ont maintenu un siège souterrain et des stocks d’armes clandestins lors de leur guerre acharnée et finalement victorieuse contre les troupes soviétiques de décembre 1979 à Février 1989, selon les anciens combattants du renseignement américain… La résistance afghane a été soutenue par les services de renseignement des États-Unis et de l’Arabie Saoudite… [et ce camp représente] le dernier mot dans les techniques d’ingénierie de l’OTAN ». (NY Times, 24.08.98, p.A1 et A7.)

Et les «combattants de la résistance» que les États-Unis ont soutenu dans la guerre en Afghanistan pendant les années 80?

« Certains de ces mêmes guerriers qui ont combattu les Soviétiques avec l’aide de la CIA se battent maintenant sous la bannière de M. Ben Laden. » (Ibid., P.A1)

Alors. Ces personnes, que le gouvernement américain qualifie des pires terroristes dans le monde, ont été mis en place dans ce boulot par le gouvernement américain. Et le Times le savait, le 21 Août, quand il a consacré de nombreux articles à la couverture des attaques de missiles. L’équipe du Times a choisi de retenir cette information critique face au public.

L’article du 24 Août, cité ci-dessus, a involontairement trahi la méthode par laquelle le parrainage de Ben Laden par le gouvernement américain est justifié. Quand les États-Unis ont ouvertement soutenu Ben Laden et ses amis, ils avaient reçu l’étiquette («combattants de la résistance»), de sorte qu’ils étaient ok. Maintenant, ils ont reçu un nouveau label («terroristes») et ils sont ainsi transformés. Le gouvernement américain est absous de toute culpabilité, parce que les gens qu’ils ont soutenu dans le passé ne sont pas ces terroristes qu’ils bombardent aujourd’hui, ils étaient ces combattants de la résistance. Incroyable.

« Quand j’utilise un mot, « Humpty Dumpty répondit d’un ton assez dédaigneux, que «cela signifie juste ce que je veux qu’il dise — ni plus ni moins ». (Lewis Carroll, De l’autre côté du miroir, ch. 6. )

Une fois renommés, ces personnes, ou quoi que ce soit ou qui que ce soit que le gouvernement américain accuse d’être lié à ces personnes, peuvent être bombardés. Pas besoin de discussion à l’ONU, pas besoin de preuve, pas besoin de rien: les Etats-Unis sont l’enquêteur secret, le juge inflexible, le jury impartial et le bourreau invincible, tous sanctifiés par la lutte contre le «terrorisme».

Ben Laden va avoir son label modifié pour revenir au « combattant de la résistance » lorsque le gouvernement américain exigera une fois de plus ses services?

Cela peut sembler absurde. Mais considérez que l’Armée de libération du Kosovo (UÇK) a fait une telle transformation – en fait, les gens de l’UÇK ont non seulement passé [du statut] de terroristes à des combattants de la liberté, mais ils ont passé tout le chemin de terroristes/trafiquants de drogue jusqu’à bâtisseurs de la nation. Et d’ailleurs, il a largement été rapporté que les terroristes fondamentalistes islamiques ont contribué à la formation et se sont battus aux côtés de l’UÇK. Ces aides de l’UÇK incluent apparemment les associés d’Oussama Ben Laden. Alors, peut-être que Ben Laden a été réhabilité et déjà re-transformé (!). [Voir la note A]

Lire la suite de l’article: http://emperors-clothes.com/articles/jared/madein.htm

Le mensonge des Etats-Unis sur la mort de Ben Laden: le terroriste le plus recherché au monde assigné à résidence par l’armée pakistanaise?

Le meurtre d’Oussama ben Laden

London Review of Books, Par Seymour Hersh, Mai 2015

Oussama Ben LadenCela fait quatre ans qu’un groupe de commandants de l’US Navy a assassiné Oussama ben Laden dans un raid nocturne sur un complexe avec de hauts murs à Abbottabad, au Pakistan. Le meurtre a été le point principal du premier mandat d’Obama, et un facteur majeur de sa réélection. La Maison Blanche maintient toujours que la mission était une affaire toute-américaine, et que les généraux de haut rang de l’armée pakistanaise et de l’Inter-Services Intelligence (ISI) [Direction pour le renseignement inter-services] n’ont pas été prévenus du raid à l’avance. Ceci est faux, comme le sont de nombreux autres éléments venant de l’administration Obama. L’histoire de la Maison Blanche aurait pu être écrite par Lewis Carroll: est-ce que ben Laden, cible d’une chasse à l’homme internationale et massive, aurait vraiment décidé qu’une grande ville à quarante miles d’Islamabad serait le meilleur endroit pour vivre et commander les opérations d’al-Qaïda? Il se cachait à l’air libre. C’est ce qu’a dit l’Amérique.

[…] Le complexe de ben Laden était à moins de deux miles de l’Académie militaire du Pakistan, et un quartier général du bataillon de combat de l’armée pakistanaise était à environ un mile. Abbottabad est à moins de 15 minutes en hélicoptère de Tarbela Ghazi, une importante base pour les opérations clandestines de l’ISI et un bâtiment où sont formés ceux qui gardent l’arsenal nucléaire du Pakistan. « Ghazi est la première raison pour laquelle l’ISI a placé ben Laden à Abbottabad », a déclaré le responsable à la retraite, « pour le maintenir sous surveillance constante ».

Lire l’intégralité de l’article: http://www.lrb.co.uk/v37/n10/seymour-m-hersh/the-killing-of-osama-bin-laden

Quand Ben Laden était considéré comme le héros de l’Amérique…

ben laden-the independentPhoto de Ben Laden publiée par The Independent, en 1993: «Le guerrier anti-soviétique met son armée sur la route de la paix»

Ce profil ahurissant de Ben Laden est sorti il y a exactement 20 ans, aujourd’hui

Business Insider, 6 décembre 2013

Cet article du 6 décembre 1993, par Robert Fisk du [journal] The Independent avec le titre «Le guerrier anti-soviétique met son armée sur la route de la paix» est étonnant à considérer 20 ans plus tard.

Oussama ben Laden, fraîchement débarqué de la victoire des moudjahidins soutenus par les USA contre la Russie en 1989, a ramené ses hommes, ses matériaux, et de l’argent vers le Soudan, apparemment pour commencer des projets de travaux publics.

Lorsqu’on lui a demandé si c’étaient des camps d’entraînement de militants, l’ « entrepreneur d’Arabie » et futur leader d’Al-Qaïda dit à Fisk: « Je suis un ingénieur de la construction et un agronome. Si j’avais des camps d’entraînement ici, au Soudan, je ne pourrais pas faire ce travail. ».

La pièce est fascinante, parce que c’est le profil positif d’un homme qui allait devenir un cerveau terroriste mondial.

Lire la suite: http://www.businessinsider.com/1993-independent-article-about-osama-bin-laden-2013-12

Lettres d’Abbottabad: Ben Laden mis à l’écart?

Centre de lutte contre le terrorisme (CTC), 3 mai 2012

Auteurs: Don Rassler, Gabriel Koehler-Derrick, Liam Collins, Muhammad al-Obaidi, Nelly Lahoud

Télécharger l’étude des « Lettres d’Abbottabad » publiée par le CTC (PDF)

LettersFromAbbottabad-240x310Ce rapport est une étude de 17 documents déclassifiées, capturés lors du raid d’Abbottabad et donnés au Centre de lutte contre le terrorisme (CTC). Ils se composent de lettres électroniques ou de projets de lettres, pour un total de 175 pages dans l’original arabe et 197 pages dans la traduction anglaise. La première est datée de septembre 2006 et la dernière d’avril 2011. Ces communications internes d’al-Qaïda ont été rédigées par plusieurs dirigeants, dont le plus important est Oussama ben Laden. Contrairement à ses déclarations publiques axées sur l’injustice de ceux qu’il croyait être les «ennemis» des musulmans, à savoir la corruption des dirigeants musulmans « apostats » et de leurs « surveillants » occidentaux, l’objet des lettres privées de Ben Laden se concentre sur la souffrance des musulmans aux mains de ses « frères » jihadistes. Il peine à les conseiller d’abandonner les attaques intérieures qui provoquent des victimes civiles musulmanes et de se concentrer sur les États-Unis, « notre objectif désiré. » La frustration de Ben Laden avec les groupes jihadistes régionaux et son apparente incapacité à exercer un contrôle sur leurs actions et leurs déclarations publiques est l’histoire la plus fascinante à raconter sur la base des 17 documents déclassifiés. Les « Lettres d’Abbottabad » sont une exploration initiale et une contextualisation de 17 documents qui seront le grain à moudre pour l’avenir de la discussion et du débat académique.

Note sur la traduction: La qualité de la traduction anglaise fournie au CTC n’est pas suffisante dans tous les cas. Quand la traduction a été jugée insuffisante, les citations citées dans ce rapport ont été soit modifiées soit traduites de nouveau par Nelly Lahoud. En outre, la conversion de la datation des lettres depuis l’Hégire au calendrier grégorien est inexacte à certains endroits. L’annexe fournit les dates corrigées pour certaines des lettres, ainsi que quelques conseils sur la façon dont certaines lettres se rapportent à d’autres. Pour ceux qui souhaitent mener leur propre analyse des documents, il est fortement recommandé de se référer aux documents d’origine en arabe, et non pas aux traductions.

Source: https://www.ctc.usma.edu/posts/letters-from-abbottabad-bin-ladin-sidelined

Télécharger les « Lettres d’Abbottabad » (documents originaux en arabe ou traduction anglaise), en cliquant sur l’onglet bleu, en bas à gauche: https://www.ctc.usma.edu/posts/letters-from-abbottabad-bin-ladin-sidelined

Télécharger l’étude des « Lettres d’Abbottabad » publiée par le CTC (PDF): https://www.ctc.usma.edu/v2/wp-content/uploads/2012/05/CTC_LtrsFromAbottabad_WEB_v2.pdf

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