Les liens de WikiLeaks et de l’ONU

Personne ne s’est peut-être encore posé la question, mais à observer le phénomène Wikileaks depuis plusieurs années — le combat mené pour dénoncer les crimes de guerre, les attaques de drones, ou encore la défense de Bradley Manning —, on peut remarquer que les prises de position de Wikileaks tendent à rejoindre les centres d’intérêts de l’ONU et à coïncider avec une même perception des droits de l’homme. De là, peut-on dire que Wikileaks a des liens avec l’ONU? Aucun journaliste ne s’est jamais penché sur ce problème. Il n’y a rien d’évident dans une telle affirmation, si ce n’est que Julian Assange lui-même a affirmé, un jour, que lui et son organisation « travaillent avec des services secrets ». (TheLocal.se) Alors, pourquoi ne pas imaginer qu’il travaille aussi avec l’ONU ou certains de ses représentants dans la défense d’intérêts communs? En cinq points, nous tenterons d’élucider le problème.

1. En 2010, WikiLeaks révèle l’espionnage des représentants de l’ONU

A travers les séries de révélations du Cablegate, les fuites diplomatiques des Etats-Unis, WikiLeaks a rendu public le système d’espionnage qui avait été mis en place de manière illégale à l’égard des représentants de l’ONU. En juillet 2009, comme le précise Wikipedia, Hillary Clinton avait signé une directive qui ordonnait aux diplomates américains en fonction d’espionner leurs collègues à l’ONU, de collecter leurs « emails, mots de passe Internet et intranet, numéros de cartes bancaires, numéros de cartes de fidélité de compagnies aériennes et plannings de travail « . (Le Monde) Cette directive provient du Département d’Etat américain et a pour référence le câble n°09STATE80163 sur le site Wikileaks. Tout comme l’espionnage de la NSA révélé par Edward Snowden, l’espionnage des représentants de l’ONU avait aussi suscité la colère dans le monde politique. On peut aussi constater dans le wiki de Wikileaks que, bien avant l’année 2010, l’organisation a publié certains rapports confidentiels de l’ONU, notamment « 70 rapports d’enquête des Nations Unies classés strictement confidentiel »Ceci semble confirmer que l’ONU et Wikileaks poursuivent des intérêts communs dans la défense des droits de l’homme.

2. Le soldat Bradley Manning défendu par Juan Mendez, ancien conseiller spécial de l’ONU

Autre lien entre Wikileaks et l’ONU: Bradley Manning, qui est le soldat à l’origine de la plus grande fuite de documents secrets de l’histoire, le Cablegate. Le traitement inhumain de Bradley Manning après son arrestation par les Etats-Unis a été dénoncé par Juan Mendez, ancien conseiller spécial de l’ONU et « rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels » depuis 2010, comme on peut le lire dans la description de son parcours professionnel publié sur le site de l’ONU. Juan Mendez s’était exprimé au Guardian en avril 2011 sur l’affaire Manning: « Je suis profondément déçu et frustré par le manquement aux responsabilités du gouvernement américain à l’égard de mes tentatives pour rendre visite à M. Manning ».

3. Wikileaks, l’ONU et la dénonciation des attaques de drones

Une autre prise de position qui rapproche Wikileaks et l’ONU serait la dénonciation des attaques de drones et les nombreuses atteintes à la vie des civils. Les Nations Unies ont appelé par exemple à « la transparence dans l’utilisation des drones armés, en citant les risques d’une utilisation illégale » (Centre d’informations de l’ONU, 25 octobre 2013), et à ce que « la communauté internationale doit tenir compte des préoccupations du Pakistan sur les drones, selon un expert de l’ONU ». (Centre d’informations de l’ONU, 15 mars 2013) En décembre 2013, « l’ONU appelle à ce que les frappes de drones se conforment au droit international ». (Dawn.com) On se rappelle aussi qu’à la même période où l’ONU fait ces communiqués sur les attaques américaines, Julian Assange « dénonce les drones, les assassinats ciblés » et les « raisons arbitraires » qui conduisent les Etats-Unis à placer des personnes sur des listes d’assassinats programmés, dans une interview avec Bill Maher. Il avait appelé dans cette interview à ce que le gouvernement américain déclassifie les documents secrets sur les attaques de drones.

4. L’ONU défend et veut assurer la protection des lanceurs d’alerte

Comme nous l’avions traduit dans un article du 12 juillet 2013, « La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a souligné vendredi la nécessité de protéger ceux qui révèlent des violations des droits de l’homme, citant le cas de l’Américain Edward Snowden », et plus largement se référant à tout type de lanceurs d’alerte qui pourraient révéler des abus sur les droits de l’homme. Les lanceurs d’alerte sont bien plus que de simples héros solitaires de la société, comme le décrivent certains médias: au contraire, rejoignant la vision de l’organisation Wikileaks, l’ONU voit clairement en eux des militants utiles à la défense des droits de l’homme, des citoyens qui doivent donc être protégés comme les autres par la Déclaration universelle des Droits de l’homme et bénéficier des mêmes droits à l’asile politique ou au statut de réfugié, etc. Les lanceurs d’alerte sont aussi perçus dans leur dimension pacificatrice, à savoir que les révélations politiques peuvent aussi aider à résoudre des conflits, à trouver l’origine réelle de certaines guerres et à favoriser ainsi la paix dans le monde. La moindre information, si insignifiante soit-elle, peut parfois changer le destin du monde — c’est pourquoi chaque lanceur d’alerte est important, et c’est pourquoi chaque être humain peut devenir un lanceur d’alerte.

5. L’ONU, comme Wikileaks, dénonce la surveillance numérique

Dans la suite du scandale de la NSA, l’ONU a pris la défense d’Edward Snowden, mais a aussi entamé toute une réflexion sur le droit à la vie privée à l’ère numérique. Dans notre dernier article, nous nous sommes penchés sur les récents communiqués de l’ONU qui proposent des résolutions pour que les droits de l’homme soient mieux pris en compte et respectés dans le cadre de la surveillance. Voici donc encore un point qui rapproche Wikileaks et l’ONU, même si beaucoup d’autres organisations défendent aussi le droit à la vie privée. Vous pouvez lire le document A/C.3/68/L.45 dont il est question sur le site de l’ONU (disponible en différentes langues, en cliquant ici). Tout cela fait beaucoup de points communs entre Wikileaks et l’ONU: la défense de Bradley Manning, Edward Snowden, la défense du statut des lanceurs d’alerte, la défense des droits de l’homme, la défense des droits à l’asile politique et au statut de réfugié (Julian Assange et Edward Snowden ne sont-ils pas aussi des demandeurs d’asile politique?), la dénonciation de la surveillance numérique, la dénonciation des guerres et des abus de toutes sortes commis pendant les conflits. A travers certains aspects, l’ONU apparaît comme une instance internationale qui permet de réguler les droits de l’homme et d’instaurer un équilibre politique entre les pays. Wikileaks a aussi eu un rôle semblable: en rendant publics l’espionnage des diplomates ou les crimes de guerre, l’organisation Wikileaks a permis de mettre fin à des abus et à réguler la politique internationale en faveur de plus de justice et d’une prise de conscience face aux enjeux de la démocratie dans le monde.

Finalement, ce qu’on peut en conclure, c’est qu’au vu de toutes les questions qui concernent les droits de l’homme, il est à peu près évident que l’ONU a des liens avec Wikileaks. Que tant de choses les rapprochent uniquement par le hasard serait peu probable. Comme les pièces d’un puzzle, tous les éléments prennent sens dans ce tableau: Wikileaks et l’ONU, on dirait que c’est un peu la même chose, avec un but commun dans la défense des droits de l’homme et l’instauration d’une paix mondiale. Mais de là à savoir si l’ONU a pu être à l’origine d’une idée comme Wikileaks, avoir incité ou eu une influence dans la création de l’organisation, lui fournir des documents secrets ou une quelconque forme d’assistance — pour le savoir, il faudrait le demander à Julian Assange lui-même, si seulement il se sentait le courage de faire toute la transparence sur son organisation! Si Wikileaks avait des liens avec l’ONU, pourquoi l’aurait-il caché? Est-ce que la défense des droits de l’homme serait une chose que l’on cache et que l’on dissimule au public?… Ce serait somme toute assez bizarre de se dire que Wikileaks a peut-être bénéficié de l’assistance d’une organisation internationale telle que l’ONU: d’un côté, cela paraîtrait normal puisqu’ils défendent tous deux les droits de l’homme; d’un autre côté, pourquoi Wikileaks se décrirait comme une organisation non-gouvernementale? S’il y avait un lien avec l’ONU, ce serait certainement préférable de dire les choses clairement au grand public et aux médias, pour permettre à chacun de comprendre le vrai sens du combat de Wikileaks.

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CC BY-SA

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WikiLeaks a traqué les vendeurs d’armes de surveillance

Wikileaks:SpyFiles3Voir la carte interactive sur Rue89

Rue89, publié le 4/09/2013

Jean-Marc Manach, journaliste

Selon les révélations de l’unité de contre-espionnage de WikiLeaks, auxquelles Rue89 a eu accès avec 18 médias étrangers, les marchands de surveillance numérique privilégient les pays peu regardants sur les droits de l’homme.

Les marchands d’armes n’aiment guère la publicité. Problème: les télécommunications, ça laisse des traces, opportunément exploitées par la NSA (entre autres), comme Edward Snowden l’a amplement démontré.

WikiLeaks a décidé de rendre publique la liste des pays visités par les principaux marchands d’armes de surveillance numérique, dont trois « sociétés ennemies d’Internet » – pointées du doigt par Reporters sans frontières pour avoir vendu des logiciels espions à des pays eux aussi considérés par RSF comme des « ennemis d’Internet ».

En 2011, WikiLeaks avait rendu publics, avec ses « SpyFiles », des centaines de documents internes révélant l’ampleur du business des logiciels et systèmes d’espionnage et de surveillance des télécommunications.

Dans une nouvelle série de révélations, intitulée « SpyFiles 3 », à laquelle Rue89 a eu accès en partenariat avec dix-huit autres médias étrangers, WikiLeaks révèle que la WLCIU (pour WikiLeaks Counter Intelligence Unit), son « unité de contre-espionnage » (sic), a recensé les pays d’où se sont connectés les téléphones portables de dix-neuf employés ou responsables de onze marchands d’armes de surveillance numérique.

Surveillés depuis des mois par WikiLeaks

Du 4 au 6 juin derniers, le gotha de la surveillance des télécommunications se réunissait au Clarion Congress Hotel de Prague, à l’invitation d’ISS World. L’entrée de ce salon itinérant, interdit aux journalistes mais organisé sur les cinq continents, facturée entre 995 et 2 295 dollars (entre 755 et 1 742 euros), est réservée aux représentants de services de renseignement, forces de l’ordre et gouvernements.

issworldISS World, le supermarché des marchands d’armes de surveillance numérique

Les participants viennent y découvrir les dernières nouveautés en matière de surveillance et d’interception des télécommunications, assister à des démonstrations « live » de logiciels espions, et à des dizaines de conférences où les marchands d’armes expliquent comment leurs systèmes et logiciels peuvent aider les autorités à surveiller et combattre « les activités criminelles conduites sur les réseaux de télécommunication, l’Internet et les réseaux sociaux ».

Du 7 au 9 juillet, plusieurs de ces marchands d’armes se retrouvaient à Lyon, au forum Technology Against Crime, qui se targue de vouloir devenir le « Davos de la sécurité » puis, du 22 au 25, au Brésil, pour l’édition sud-américaine du salon ISS.

Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que plusieurs d’entre eux étaient surveillés, depuis des mois et pour certains des années, par l’unité de contre-espionnage de WikiLeaks.

Et force est de constater que, lorsqu’ils sont en voyage d’affaires, ces mercenaires du numérique ont une furieuse tendance à privilégier les pays peu regardants en matière de droits de l’homme. (Dans la carte ci-dessus, cliquez sur les pays en rouge pour connaître leur rang au classement RSF de la liberté de la presse, et découvrir quels marchands d’armes les ont visités.)

Droits de l’homme et bord de mer

L’allemand Trovicor, ex-Nokia Siemens Networks, est l’un des plus gros fournisseurs de solutions légales d’interception dans le monde. Plus de 100 pays utiliseraient ses technologies, et c’est le principal sponsor du salon ISS. Son code de bonne conduite précise, au chapitre « business ethics » que l’objectif de l’entreprise est de faire partie des industries leaders en matière de responsabilité sociale et de respect des droits de l’homme.

Elle n’en a pas moins fourni des systèmes d’interception à l’Iran, au Bahreïn et en Syrie, ce qui en a fait l’un des principaux « ennemis d’Internet » pour RSF. Sur ses 170 employés, un seul était surveillé par la WLCIU, qui avance que, depuis janvier, il a été deux fois aux Emirats arabes unis (où Trovicor a une filiale), ainsi qu’en Bulgarie, Serbie, et en Thaïlande, l’un des quatorze pays placés « sous surveillance » par RSF en 2012, en raison de ses velléités de contrôle, de filtrage et de censure d’Internet.

Contactée, la responsable communication de Trovicor à répondu à Rue89 que la liste de ces pays lui fait penser à l’itinéraire de quelqu’un qui apprécierait particulièrement les pays en bord de mer, et que son employeur s’interdit par ailleurs de vendre ses solutions à tout pays en guerre civile…

Mr Q. au Turkménistan

Elaman, elle aussi allemande, se présente comme spécialiste des « solutions de sécurité gouvernementale ». Son catalogue, que WikiLeaks avait rendu public à l’occasion des Spy Files, est un inventaire de tout ce dont aurait rêvé le Mr Q. de James Bond.

Sur la page d’accueil de son site web, Elaman avance que « la confidentialité est essentielle dans le business de la sécurité ». Elle aurait donc probablement préféré que l’on ne sache pas que, du 21 au 24 janvier dernier, puis les 12 et 13 juin, son responsable commercial, Holger Rumscheidt, était au Turkménistan, 177e (sur 179) au classement RSF de la liberté de la presse, un des douze pays considérés par l’ONG, en 2012, comme faisant partie des « ennemis d’Internet ».

Décrit par RSF comme « l’un des plus fermés au monde », le Turkménistan est aussi l’« un des pays les plus hostiles à la liberté d’expression ». Facebook, Twitter, YouTube et Gmail y sont bloqués et « les possesseurs d’antennes paraboliques ou de téléphones portables sont considérés comme des ennemis en puissance ».

La liste des pays d’où Rumscheidt s’est connecté au réseau téléphonique indique qu’il a aussi visité l’Azerbaïdjan (156e du classement RSF) en février 2012, la Jordanie (134e) en avril dernier, et multiplié les déplacements au Liban (101e), au sultanat d’Oman (141e) et aux Emirats arabes unis (114e), par ailleurs placés « sous surveillance » par RSF en 2012, suite aux « arrestations arbitraires » de plusieurs blogueurs qui avaient osé demander aux autorités de procéder à des réformes, ce qui leur avait valu des condamnations de deux à trois années de prison.

Les logiciels espions des Printemps arabes

Le groupe britannique Gamma, une des cinq sociétés classées « ennemies d’Internet » par RSF, n’est pas en reste : entre les 2 et 10 mars 2013, pas moins de quatre de ses principaux responsables se rendaient ainsi aux Emirats arabes unis, en compagnie d’Holger Rumscheidt (Gamma a noué une alliance de sécurité avec Elaman). Au total, huit des onze entreprises surveillées par la WLCIU ont visité les Emirats l’an passé.

La liste de WikiLeaks révèle que les employés de Gamma placés sous surveillance auraient par ailleurs visité le sultanat d’Oman, le Liban, l’Ouganda (104e au classement RSF), le Qatar (110e), le Nigéria (115e), Brunei (122e), l’Ethiopie (137e), l’Indonésie (139e) et la Guinée Equatoriale (166e), ainsi que deux des douze pays placés « sous surveillance » par RSF à l’occasion de son rapport sur les « ennemis d’Internet »: la Malaisie (145e) et le Kazakhstan (160e).

L’employé de Gamma dont le téléphone portable était, du 9 au 12 juin dernier, localisé au Kazakhstan, est un « usual suspect »: Martin Münch, né en 1981, est le responsable de FinFisher, une suite de logiciels espions (ou « chevaux de Troie ») qui ont beaucoup fait parler d’eux depuis que, Printemps arabes aidant, on a découvert qu’ils avaient été utilisés en Egypte, pour espionner des dissidents au Bahrein, ainsi que, comme l’ont révélé des chercheurs américains au printemps dernier, dans au moins 35 pays, dont quinze des pays visités par les employés de Gamma et de ses filiales l’an passé (Brunei, Nigeria, Afrique du Sud, République tchèque, Ethiopie, Indonésie, Malaisie, Mexique, Qatar, Serbie, Singapour, Turkménistan, Royaume-Uni, Etats-Unis, Emirats arabes unis).

Finfisher Spying & Monitoring Tools
Par Guillaume Dasquié

25 200 euros le « kit d’intrusion »

WikiLeaks publie par ailleurs une dizaine de documents révélant comment FinFisher et une entreprise suisse, DreamLab, ont vendu un « proxy d’infection » afin de pouvoir infecter les ordinateurs des citoyens ou résidents d’Oman et du Turkménistan (à la demande de leur gouvernement), ainsi qu’une fiche confidentielle révélant combien sont facturés ces logiciels espion.

Comptez 25 200 euros le « kit d’intrusion », ou bien 100 000 euros la licence de FinSpy, sa solution complète d’intrusion à distance, si vous voulez espionner de une à dix cibles, mais 250 000 euros si vous voulez en surveiller plusieurs centaines, plus 9 500 euros de licence (par client). Le support technique, et les mises à jour, sont facturés 255 338 euros la première année, ou 308 960 euros pour trois ans. Les formations, elles, sont facturées 22 500 euros, les cinq jours. Un juteux business qui a d’ailleurs conduit Gamma à ouvrir un compte « offshore » aux Iles vierges britanniques…

Interviewé par un journaliste de Bloomberg, Martin Münch déplorait l’an passé la publicité faite par les nombreux articles expliquant comment les logiciels espions de FinFisher étaient utilisés pour espionner des défenseurs des droits de l’homme et cyberdissidents, et expliquait avoir abandonné toute forme de vie sociale : « Si je rencontre une fille et qu’elle tape mon nom dans Google, je suis sûr qu’elle ne me rappelera jamais »…

Le blog du « voyageur au Moyen-Orient »

D’autres employés n’ont pas ces pudeurs de jeunes filles : Nelson Brydon, qui se présente sur son compte Twitter (@Brydon_N, désormais indisponible) comme « voyageur au Moyen-Orient » a ouvert un blog (désormais indisponible aussi) où il narre ses nombreux voyages en avion entre le Qatar et Dubaï, l’Ouganda, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Munich – siège social d’Elaman, révélant incidemment la liste des pays où sont donc probablement installés des logiciels ou systèmes espions de Gamma, son employeur.

Sur ce blog, Nelson Brydon ne parle pas de son métier mais, une fois par an, il rédige un (très) long billet où il explique ce que cela fait de prendre l’avion, et compare les compagnies aériennes, les stewards, hôtels…

Le dernier billet se conclut par un « rendez-vous en 2013 ». Sans trahir de secret professionnel, la liste de WikiLeaks indique que, rien qu’entre février et août, il a déjà été cette année sept fois au Qatar, ainsi qu’aux Emirats arabes unis, à Oman, en Malaisie, qu’il était à Chypre du 8 au 29 juillet (en vacances ?), et qu’il était de nouveau au Qatar du 18 au 22 août derniers.

Les petits secrets d’Hacking Team

L’unité de contre-espionnage de WikiLeaks s’est également intéressée au principal concurrent de FinFisher, Hacking Team, une entreprise italienne elle aussi placée dans la liste des « ennemis d’Internet » de RSF. Elle s’était en effet fait connaître après que des journalistes marocains, et un blogueur des Emirats arabes unis, ont reçu des e-mails infectés par « Da Vinci », son logiciel espion.

En avril dernier, une étude de Kaspersky Lab avait révélé que le cheval de Troie d’Hacking Team était particulièrement utilisé au Mexique, en Italie, au Vietnam, aux Emirats arabes unis, en Irak, au Liban et au Maroc. La WLCIU révèle aujourd’hui que les deux employés de Hacking Team qu’elle a surveillé ont multiplié les courts séjours (de deux jours) au Maroc en 2011, 2012 et 2013, ainsi qu’aux Emirats arabes unis, à Singapour, en Serbie, en Espagne, Egypte, Arabie saoudite, au Qatar, Liban, en Malaisie et à Oman.

Eric Rabe, conseiller juridique de Hacking Team, a refusé de commenter la liste des pays visités, mais a tenu à préciser que son employeur avait constitué un panel d’experts indépendants habilité à opposer un veto à tout contrat, qu’il vérifie systématiquement si leurs nouveaux clients pourraient se servir de leurs logiciels espions pour commettre des violations des droits de l’homme, et qu’Hacking Team se réserve le droit de refuser ou suspendre tout contrat en pareil cas, ce qui serait déjà arrivé.

Interrogé sur les soupçons d’utilisation de leur cheval de troie pour espionner des opposants marocains et émiratis, Eric Rabe refuse de rendre publiques les conclusions de leur contre-enquête, ni d’éventuelles mesures prises depuis. Il refuse également de révéler l’identité des experts indépendants, non plus que de leur permettre de répondre aux questions des journalistes, afin d’éviter qu’ils ne fassent l’objet de « pressions pouvant influencer leurs décisions »…

Julian Assange : « Surveiller les surveillants »

Et c’est précisément, explique le fondateur Julian Assange, pour « mettre en lumière cette industrie secrète de la surveillance, qui travaille main dans la main avec les gouvernements de par le monde pour autoriser l’espionnage illégitime de citoyens » que WikiLeaks a lancé ces « SpyFiles 3 », qui permet de doubler le nombre de documents, brochures, plaquettes et autres portfolios émanant des marchands d’armes de surveillance numérique contenus dans la base de données de l’ONG.

Interrogé sur ce qui lui avait permis de mener l’opération de « location tracking » (sic), Julian Assange oppose un « no comment » ferme et définitif. Tout juste consent-il à expliquer que « le rôle de la WLCIU est de protéger les actifs, personnels et sources de WikiLeaks de toute opération d’espionnage hostile, et de révéler la nature des menaces en terme d’espionnage qui pèsent sur les journalistes et leurs sources »:

« Cela comprend des mesures de contre-espionnage incluant, par exemple, la détection de mesures de surveillance mais également le fait de recevoir des informations émanant de sources internes aux organisations susceptibles de menacer la sécurité des journalistes.

Les données collectées par la WLCIU et révélées dans ces SpyFiles 3 permettent aux journalistes et citoyens d’aller plus loin dans leurs recherches portant sur l’industrie de la surveillance, et de surveiller les surveillants. »

Les révélations de la WLCIU ont permis au magazine espagnol Publico de découvrir que la Guardia Civil et l’armée espagnole avaient passé un contrat avec Gamma. En février dernier, plusieurs ONG, dont Reporters sans frontières et Privacy International, portaient plainte contre Gamma et Trovicor, qui auraient violé onze des principes directeurs de l’OCDE, censés garantir la responsabilité sociale des multinationales, en fournissant des armes de surveillance numérique au Bahreïn.

Les nouvelles révélations de WikiLeaks, et la liste des pays, pourraient donner de nouveaux arguments à ceux qui plaident pour un contrôle à l’exportation des systèmes et outils de surveillance et d’interception des télécommunications qui, à ce jour, ne sont pas considérés comme des « armes », et peuvent donc être vendus à des pays connus pour bafouer les droits de l’homme, en toute légalité.

Source: http://www.rue89.com/2013/09/04/nouvelles-revelations-lunite-contre-espionnage-wikileaks-245374

La Syrie attaquée pour avoir défendu les Palestiniens contre Israël en 2010?

Le conflit syrien, ou guerre civile syrienne, peut trouver une autre porte d’interprétation, si on considère la problématique du conflit israélo-palestinien. En effet, la Syrie avait plusieurs fois défendu les droits des Palestiniens, avant le début de la guerre. En 2010, le gouvernement syrien avait appelé Israël à « mettre fin aux violations systématiques des droits humains dans le Golan occupé ». Est-ce que la Syrie a indirectement été victime d’un complot terroriste, organisé par les Etats-Unis et Israël, — comme le prétendent certains journalistes — pour la défense que le régime prenait en faveur de la cause palestinienne? Un document Wikileaks retrace cet épisode.

israel_palestine-map-edit-1353601538.24Illustration: La perte du territoire palestinien 1946-2005

SYRIE/ISRAEL/ANP/ONU – La Syrie Renouvelle la Demande pour Mettre Fin aux Violations Systématiques dans le Golan Occupé

Publié le 02-03-2012 01:00 GMT

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La Syrie Renouvelle la Demande pour Mettre Fin aux Violations Systématiques dans le Golan Occupé

28 Sept. 2010

http://sana.sy/eng/22/2010/09/28/310091.htm

Genève, (SANA) – La Syrie a renouvelé lundi sa demande pour l’arrêt des violations israéliennes continuelles contre les droits de l’homme des Palestiniens, pour lever le siège injuste sur la bande de Gaza et pour l’octroi au peuple palestinien de leur droit à l’autodétermination et à l’établissement de leur Etat indépendant avec Jérusalem comme capitale.

Cette demande est intervenue au cours du discours du Représentant Permanent de la Syrie Faisal al-Hamwi, auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, au nom du Groupe Arabe, pendant les discussions du Conseil des Droits de l’homme sur les violations israéliennes des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés et dans les territoires occupés du Golan syrien.

Le Conseil a été informé sur le rapport du juge Goldstone qui a condamné le refus d’Israël pour la coopération avec son comité.

Al-Hamwi a appelé à condamner Israël pour son refus de coopérer avec le comité de Goldstone, en notant que l’indifférence israélienne et le rejet des enquêtes de la Commission visent à échapper au châtiment.

Il a souligné la nécessité que le Conseil ne devrait pas permettre que les droits des victimes du massacre de Gaza soient négligés, tout comme les droits des victimes de Bait Hanoun et d’autres massacres perpétrés par Israël.

Le Conseil a situé les violations des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés et dans les territoires occupés du Golan syrien. Al-Hamwi a énuméré les violations israéliennes des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés et le Golan syrien occupé, ce qui comprenait tous les aspects de la vie.

Au cours des discussions générales du Conseil concernant le Chapitre VII sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés et dans les autres territoires arabes occupés, al-Hamwi a dit, dans la déclaration de la Syrie au Conseil, « Jour après jour, l’occupation israélienne a continué ses violations des droits de l’homme dans le Golan syrien occupé », soulignant que dans l’entrée des prisonniers syriens dans leur 26ème année dans les prisons israéliennes, Israël continue de priver les citoyens du Golan syrien occupé d’eau potable et l’exploite dans l’intérêt des colons israéliens.

La déclaration a appelé à faire l’examen des détails de cette attaque et d’un certain nombre d’autres attaques contre les citoyens syriens du Golan occupé, dans un message adressé par le ministre des Affaires étrangères de la Syrie au président du Conseil des droits de l’homme, le 31 Août 2010.

Al-Hamwi a conclu son intervention, en disant que peu importe la façon dont la campagne de distorsion israélienne augmente, nous et tous les pays qui croient dans les vrais droits de l’homme sans doubles standards, nous suivrons l’occupation dans ce conseil pour exposer la vérité et pour libérer les prisonniers, et permettre à nos citoyens de jouir de leur droit en ce qui concerne la visite sans conditions de leur patrie, en plus de la principale demande de mettre fin à l’occupation israélienne du Golan syrien occupé.

H. Zain / Al-Ibrahim

Source: http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=1850591

Interview de Bachar al-Assad sur le Hezbollah et le front du Golan: http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=114299&frid=18&seccatid=37&cid=18&fromval=1

Pourquoi la politique israélienne des destructions massives? http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=46&frid=46&eid=64129

Sayed Nasrallah: « Seule la solution politique est valable en Syrie » http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=46&frid=46&eid=56969

Anonymous #NOV5TH2013 – « Le lion ne dort plus »

« Le lion ne dort plus », vidéo postée par Anonymous le 28 juin 2013

Message de la vidéo:

Greetings world
[Salutations au monde]
We are Anonymous We are the people
[Nous sommes Anonymous Nous sommes le peuple]
Governments of the world, take this as your last will and testament
[Gouvernements du monde, prenez ce message comme votre dernière volonté et testament]
The game is officially over
[Le jeu est officiellement terminé]
Social media has given birth to something new
[Les médias sociaux ont donné naissance à quelque chose de nouveau]
Now its time to set the record straight
[Maintenant, il est temps de remettre les pendules à l’heure]
This video was intended as that spark that gets delivered straight into the hearts and minds of the world
[Cette vidéo a été conçue comme cette étincelle qui soit délivrée droit aux coeurs et aux esprits du monde]
This video is an idea, a shared idea, so listen very carefully
[Cette vidéo est une idée, une idée partagée, alors écoutez très attentivement]
And make sure you are sitting down
[Et assurez-vous d’être bien assis]
On the 5th of November 2013, Anonymous calls for a GLOBAL day of civil dosobedience
[Le 5 Novembre 2013, Anonymous appelle à un jour MONDIAL de désobéissance civile]
This time we target all government facilities across the globe, calling on all free thinkers
[Cette fois, nous ciblons toutes les installations des gouvernements à travers le monde, en appelant tous les libres penseurs]
The time for global civil disobedience is now
[Le temps de la désobéissance civile mondiale est venu]
This time it seems that Unions from around the world are also supporting this action
[Cette fois, il semble que les Unions à travers le monde soutiennent aussi cette action]

THE LION SLEEPS NO MORE
[LE LION NE DORT PLUS]
Ask yourself « Where will you be, when we make history? »
[Posez-vous la question « Où serez-vous, quand nous écrirons l’histoire? »]
November 5th 2013, worldwide
[Le 5 Novembre 2013, partout dans le monde]
Now it’s a Vendetta, now it’s personal, now it’s time to occupy everywhere
[Maintenant c’est une Vendetta, maintenant c’est personnel, maintenant c’est le moment d’occuper partout]
It’s time to throw everything we have at November 5th
[C’est le moment de jeter tout ce que nous avons pour le 5 Novembre]
It’s time to re-light the flame of protest till our demands are met
[C’est le moment de faire revivre la flamme de la protestation jusqu’à ce que nos demandes soient satisfaites]
Now it’s time for our brothers and sisters of the awakening to take to the streets
[Le moment est venu maintenant pour nos frères et nos soeurs du réveil de prendre les rues]
Austerity means WAR
[L’austérité signifie la GUERRE]

Here’s to the dreamers, the ones who stand for human freedom
[Voici pour les rêveurs, ceux qui défendent la liberté humaine]
The Occupiers, the ones who change things
[Les militants Occupy, ceux qui changent les choses]

It’s about solidarity, but more than that, it’s about the people
[Il s’agit de solidarité, mais plus que ça, il s’agit des gens]
The people we can help, the people we meet, the people of this once great nation standing together for a common goal
[Les gens que nous pouvons aider, les gens que nous rencontrons, les gens de cette nation qui fut grande et qui se rejoignent dans un but commun]
Concerned by numerous ecological and social problems, we stand united
[Concernés par de nombreux problèmes sociaux et écologiques, nous sommes unis]
As long as there are young and idealistic people out there who share the ideas of ultimate human freedom
[Tant qu’il y aura dehors des jeunes gens idéalistes qui partagent les idées de la liberté ultime de l’homme]
There will always be hope for the world
[Il y aura toujours un espoir pour le monde]

We are Anonymous
[Nous sommes Anonymous]
We are Legion
[Nous sommes Légion]
We do not Forgive
[Nous ne pardonnons pas]
We do Not Forget
[Nous n’oublions pas]
On November 5th 2013
[Le 5 Novembre 2013]
EXPECT US!
[ATTENDEZ-NOUS!]

Le 5 Novembre 2013, la nuit aux 1 million de masques

L’Assemblée du Peuple: Message d’Anonymous (avec John Reese, historien, écrivain et penseur de gauche, qui s’est exprimé lors de l’assemblée dans un discours contre l’austérité et qui a appelé à mener des actions le 5 Novembre)

« Les peuples se soulèveront contre leurs gouvernements, et le monde sera libéré »

2011-10-19_Syntagma_squarePhoto: Manifestation place Syntagma, en Grèce (2011)

Nous vivons une époque unique de notre histoire. Avec l’affaire Prism, un scandale planétaire d’espionnage qui vient s’ajouter aux révélations antérieures de Wikileaks, le monde se trouve aujourd’hui, en 2013, face à un tournant historique. Le monde change, et la liberté des peuples n’aura jamais été autant menacée qu’à présent. L’humanité et les Droits de l’homme n’auront jamais autant régressé. Certaines parties du monde sont plongées dans le chaos, alors que d’autres se relèvent difficilement de la guerre ou de la révolution.

Il y a d’abord eu l’Afghanistan, une guerre meurtrière comme toutes les guerres qui existent. Puis, il y a eu l’Irak, un massacre comparable à celui de la 2ème guerre mondiale. Comme si ces guerres n’avaient pas suffi, et comme si le nombre des morts n’avait pas été suffisamment effrayant, il y a aujourd’hui la guerre en Syrie — une guerre sans fin. Toutes ces guerres engendrées par l’Occident ont fait de nombreux morts parmi les musulmans. Les pays du Moyen-Orient ont souffert, et si on compte ces guerres comme une seule guerre de l’Occident contre le Moyen-Orient, alors on peut dire qu’il y a eu un génocide commis envers les peuples musulmans vivant au Moyen-Orient. Ces peuples n’ont pas pu se défendre.

L’Irak, l’Afghanistan, la Libye et la Syrie — sans compter les musulmans d’autres pays qui ont aussi été les victimes de toutes ces guerres. Les Etats-Unis et l’Europe ont mené des guerres inutiles, honteuses et inhumaines au Maghreb et au Moyen-Orient. Ces derniers mois, nous a aussi été révélée l’horreur du système concentrationnaire mis en place pour détenir les prisonniers de Guantanamo. Cette prison existe toujours. Des milliers de détenus et des milliers de morts encore dans les attaques de drones.

Quel est donc ce pays qui a torturé des hommes, sans leur avoir laissé la possibilité de se défendre? Quel est ce pays qui a enfreint les traités internationaux sur les Droits de l’homme? Quel est ce pays qui a incité également 54 autres nations à participer au vaste programme de torture et de déportation vers la prison de Guantanamo? Quel est ce pays qui aveugle les hommes avec des principes de liberté, mais qui en échange ne donne que l’injustice et la répression contre tous ceux qui veulent s’élever vers la liberté?

Quel est ce pays d’injustice et de honte qui livre désormais la guerre contre les lanceurs d’alerte? Ce pays, ce sont les Etats-Unis, et plus largement l’Occident qui se livre à une dénégation totale du principe des Droits de l’homme dans nos pays depuis ces toutes dernières années. Guantanamo, détention illégale, détention indéfinie.Torture, prisons secrètes, prison à vie, peine de mort. Toutes ces choses viennent des Etats-Unis. Aujourd’hui, le scandale Prism.

Il n’y a jamais eu autant de guerres, mais les guerres continuent. Il n’y a jamais eu autant de misère, mais la misère continue, sans que les gouvernements s’en soucient. Il n’y aura jamais eu autant de sans-abris. Il n’y aura jamais eu autant de crises économiques, de licenciements et de profits bancaires. Il n’y aura jamais eu autant de pauvres asservis au pouvoir des plus puissants. Il n’y aura jamais eu autant de désespoir dans le monde, sans compter la destruction programmée de notre environnement et de notre écologie.

2011-10-19_Athens_general_strike_3Que font nos gouvernements pour résoudre cette situation mondiale? Ils ne font rien. Ils votent l’austérité et la répression pour tous les citoyens du monde. Ils enferment les individus. Aucun de nous ne peut y échapper. Les gouvernements arrêtent tous ceux qui veulent se révolter et dénoncer l’injustice, comme c’est le cas pour Bradley Manning, Julian Assange et Edward Snowden. Tous ceux qui se révoltent sont censurés et arrêtés. Tous les autres sont encore libres, mais pour combien de temps? Pour combien de temps pourrons-nous encore parler librement, dans un monde où chacun de nos gestes est espionné, où chacune de nos phrases est enregistrée par la NSA? Combien de temps accepterons-nous d’être surveillés et réprimés?

Si le monde doit changer, il faut que les gouvernements se réveillent maintenant et qu’ils arrêtent les injustices contre les citoyens. Il faut que les guerres cessent partout dans le monde. Il faut que des pays comme la Palestine puissent être libres, et que les Israéliens acceptent de vivre en paix avec les peuples qui les entourent. Nous ne sommes qu’un seul peuple sur la terre, nous ne sommes qu’une seule histoire. Nous ne pouvons plus accepter que les gouvernements détruisent l’humanité et la vie sur cette terre. Nous ne pouvons plus accepter d’être traités de cette manière par ceux qui nous gouvernent.

Nous appelons nos gouvernements à nous rendre notre liberté et à respecter nos droits. Nos droits sont tous égaux, quel que soit le pays: nous avons tous le droit de vivre et d’exister, nous avons tous le droit d’aimer, le droit d’être libre et de vivre en paix. Nous appelons nos gouvernements à respecter ces droits et à faire preuve de bon sens. Les gouvernements doivent arrêter de persécuter les citoyens. Les gouvernements doivent soutenir les rêves des hommes, et non pas les détenir, les censurer ou les torturer. Les rêves des hommes ne doivent pas être détenus indéfiniment dans des prisons, comme Bradley Manning, pour avoir espéré la paix dans le monde. Les rêves des hommes ne doivent pas mourir dans des prisons. Ces rêves doivent vivre éternellement.

Nous appelons les gouvernements à libérer les lanceurs d’alerte, quel que soit le pays où ils se trouvent. Personne ne mérite la prison pour avoir rendu une information publique. Nous appelons les gouvernements à arrêter les guerres, à ne plus engendrer de conflits et à pacifier les peuples. Nous appelons les gouvernements à ne plus vendre d’armes et à ne plus détruire la vie de ceux qui n’ont rien. Nous appelons les gouvernements à ne plus se nourrir de notre sang et de nos larmes, en vendant des armes de destruction à des dictatures. Nous appelons les gouvernements à ne plus détruire nos rêves de liberté, mais à porter l’humanité vers un monde meilleur. Vous ne l’avez jamais fait, il est temps de changer d’attitude.

Mais si vous persistez dans votre silence et dans vos crimes, si vous persistez dans la corruption, si vous n’arrêtez pas de nous emprisonner, de nous censurer et de nous tuer, si vous n’arrêtez pas la torture et l’espionnage, si vous n’arrêtez pas toutes ces guerres, alors sachez que nous — citoyens du monde, citoyens sans frontières — nous saurons nous libérer des forces qui oppriment le monde, avec la seule force de nos rêves et celle de notre courage. Alors, ce sera la fin de toutes les injustices. Les peuples se soulèveront contre leurs gouvernements, et le monde sera libéré.

Ecrit par kimono

19 juillet 2013

Lien pdf de l’article: « Les peuples se soulèveront contre leurs gouvernements, et le monde sera libéré »

Révélation sur les ventes chimiques du Royaume-Uni à la Syrie

Révélation sur les ventes chimiques du Royaume-Uni à la Syrie

17 Juillet 2013, 7h18

Le Royaume-Uni a vendu des matériaux industriels en Syrie qui auraient pu être utilisés pour fabriquer des armes chimiques, selon un nouveau rapport publié par les députés sur les ventes d’armes.

Les Comités Communs sur le Contrôle des Exportations d’Armes [Committees on Arms Export Controls] (CAEC) a dit que c’était juste un exemple parmi de nombreuses transactions douteuses entre les entrepreneurs du Royaume-Uni et les pays que le Ministère des Affaires étrangères [Foreign & Commonwealth Office] (FCO) estime avoir de mauvais antécédents en matière de droits de l’homme.

Le CAEC [Committees on Arms Export Controls] a déclaré que des fournitures de fluorure de sodium, qui pourraient être utilisées pour fabriquer des armes chimiques, ont été envoyées en Syrie dans les deux dernières années.

Le fluorure de sodium est une composante légitime d’un certain nombre de produits civils, y compris la pâte dentifrice, mais il n’y a aucun moyen de savoir comment il a été utilisé au final.

Les députés ont tiré un coup de semonce à travers les arcs du gouvernement, remettant en cause les contrôles effectués sur plus de 3.000 licences d’exportation d’une valeur de plus de 12 milliards de £ [13,78 milliards d’euros] à 27 pays sur la propre liste du FCO [Foreign & Commonwealth Office] des pays concernés par les questions de droits de l’homme.

Alors que le CAEC [Committees on Arms Export Controls] a reconnu que la plupart des licences ont été pour des biens à double usage (civil ou militaire), ou pour d’autres équipements qui ne pouvaient pas facilement être utilisés pour la « répression interne », les députés ont dit que les chiffres étaient encore « étonnamment élevés ».

Le plus gros morceau des 12 milliards de £ [13,78 milliards d’euros] provient d’Israël, qui représente 7,8 milliards de £ [8,95 milliards d’euros].

Les Saoudiens sont les suivants, avec près de 1,9 milliard de £ [2,18 milliards d’euros], et la Chine est troisième, avec près de 1,4 milliard de £ [1,6 milliard d’euros].

Le Royaume-Uni a également permis de vendre des armes à l’Iran, à l’Egypte et à la Syrie parmi beaucoup d’autres.

« L’ampleur des licences stratégiques existantes dans 27 pays concernés par des préoccupations sur les droits de l’homme listés par le Ministère des Affaires étrangères [Foreign & Commonwealth Office, FCO] place dans un relief saisissant le conflit inhérent entre les exportations d’armes du Gouvernement et les politiques de droits de l’homme », a déclaré le président du CAEC, Sir John Stanley.

« Les comités adhèrent à leur précédente recommandation selon laquelle le Gouvernement devrait appliquer de manière significative des jugements beaucoup plus prudents quand il prend en considération les demandes de licence pour l’export d’armes pour des produits destinés à des régimes autoritaires ‘qui pourraient être utilisés pour faciliter la répression interne’ en violation de la politique officielle du gouvernement. »

Le député travailliste Richard Burden, qui préside le Groupe Parlementaire Multipartite Royaume-Uni-Palestine [Britain-Palestine All Party Parliamentary Group], a déclaré que la quantité allant vers Israël était « déconcertante ».

« Ce qui est le plus frappant, c’est que plus de la moitié du total va à Israël et aux Territoires Occupés Palestiniens », a-t-il dit.

« Regardez d’un peu plus près et vous verrez que la quasi-totalité de ces exportations vont vers Israël, avec seulement 5539 £ [6363 euros] à destination des Territoires Occupés. »

« Regardez de plus près encore, et vous voyez quelque chose de tout à fait déconcertant – 380 licences différentes ont été accordées pour les exportations d’armes et de matériel militaire à Israël. »

« Cependant, 7 765 450 000 de £ de la valeur des 7,8 milliards de £ d’équipements exportés vers Israël est couvert par une seule approbation de licence – pour les équipements utilisant la cryptographie et les logiciels pour les équipements utilisant la cryptographie. »

« C’est bizarre, d’autant plus qu’il y a des dizaines d’autres licences accordées pour l’exportation du matériel de cryptographie et pour des logiciels qui ont une valeur considérable – mais cela s’ajoute seulement à une infime fraction de ce montant. »

« Je mets à plat des questions au ministre aujourd’hui, pour savoir au juste sur quoi repose exactement toute cette autorisation. Est-ce qu’une seule entreprise est juste impliquée? Pourquoi l’ampleur de cette licence éclipse toutes les autres avec des titres similaires? Qu’est-ce que le contact implique réellement? »

Le Premier ministre David Cameron n’a montré aucun secret sur son désir de pousser les ventes de la défense britannique et il a conduit des missions en Inde, dans le Golfe et l’Arabie saoudite, pour tenter de rapporter des contrats de plusieurs millions de pounds, même si l’Arabie saoudite se situe dans les pays de la liste des préoccupations du Ministère des Affaires étrangères.

Tout comme l’Arabie saoudite, la liste des préoccupations du FCO [Foreign & Commonwealth Office] comprend l’Afghanistan, le Bélarus, la Birmanie, la Chine, la Colombie, Cuba, la Corée du Nord, la République Démocratique du Congo, l’Érythrée, Fidji, l’Iran, l’Irak, Israël et les Territoires Occupés Palestiniens, la Libye, le Pakistan, la Russie, la Somalie, le Soudan du Sud, le Sri Lanka, le Soudan, la Syrie, le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Vietnam, le Yémen et le Zimbabwe.

L’Argentine est l’un des cinq pays supplémentaires au sujet duquel le CAEC [Committees on Arms Export Controls] a montré de l’inquiétude – les autres sont le Bahreïn, l’Egypte, Madagascar et la Tunisie.

Le commerce des armes permet aux nations d’acheter de l’influence diplomatique et politique, en vendant des armes et de la technologie, tout en protégeant dans le même temps des centaines de milliers d’emplois à la maison.

Mais le problème, semble-t-il, d’après ce dernier rapport, est de s’assurer que l’on sait qui est en train de mettre la main sur cette technologie en dernier lieu.

Un porte-parole du Ministère de l’Economie, de l’Innovation et des Compétences [Department for Business, Innovation and Skills] a déclaré que le Gouvernement « exploite l’un des régimes les plus rigoureux en matière de contrôle des exportations d’armes dans le monde ».

« Une licence d’exportation ne serait pas accordée si nous évaluions qu’il existe un risque évident que les produits puissent être utilisés pour la répression interne, pour provoquer ou prolonger des conflits au sein d’un pays, pour être utilisés de manière agressive contre un autre pays ou présenter un risque pour notre sécurité nationale », a-t-il dit.

« Toutes les licences mises en évidence dans le rapport des comités ont été pleinement évaluées par rapport à un ensemble de critères rigoureux convenus au niveau international, et qui tiennent compte de la situation au moment où la demande de licence a été faite. »

« Lorsque les circonstances changent ou que de nouvelles informations apparaissent au grand jour, nous pouvons – et nous le faisons – en révoquant les autorisations existantes où la proposition d’exportation n’est plus compatible avec les critères. »

L’expert d’Amnesty International en matière de contrôle des armes, Oliver Sprague, a appelé à une plus grande transparence.

« En les regardant, les propres chiffres du Gouvernement, il serait difficile de ne pas conclure que les pratiques de vente d’armes du gouvernement britannique sont en contradiction avec sa politique déclarée de ne pas envoyer des armes là où cela pose un risque clair qu’elles pourraient être utilisées pour des violations des droits de l’homme », a-t-il dit.

« Ce qui est nécessaire maintenant, c’est une explication urgente de ce à quoi ces licences étaient réellement destinées, qui allait les utiliser et quelles garanties étaient en place pour s’assurer qu’elles n’allaient pas être utilisées pour des violations des droits de l’homme. »

« Tant qu’il n’y aura pas une plus grande transparence sur ce que nous vendons exactement et à qui, il sera impossible pour le Parlement ou pour le public d’avoir confiance dans les politiques de ventes d’armes du Royaume-Uni. »

Source: http://web.orange.co.uk/article/news/britain_s_chemical_sales_to_syria_revealed

L’Etat français prévoit encore plus de moyens pour la surveillance et le renseignement

StormyParadePhoto CC par leg0fenris: « Stormy Parade« 

Alors que le gouvernement français faisait croire fin juin qu’il était contre la surveillance mondiale du programme Prism, le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (.pdf) qui a été mis en ligne par l’Elysée cette année prouve du moins tout le contraire: le gouvernement n’a jamais autant compté sur le renseignement et sur l’efficacité des services secrets pour défendre ses intérêts et sa sécurité nationale. Nos libertés, nos communications sur internet et nos vies privées, n’auront donc jamais été autant menacées.

Pour citer une présentation du document (Ministère de la Défense):

Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale a été rendu public par le président de la République le lundi 29 avril 2013. Ce document fixe les orientations stratégiques des quinze prochaines années et servira de socle à la future loi de programmation militaire (2014-2019).

Comme le dit cet extrait, l’orientation stratégique va au-delà de 2013 et témoigne de la politique qui sera menée dans les « quinze prochaines années ». Le document présente quatre orientations majeures, en ce qui concerne le domaine du renseignement:

 le principe de mutualisation des moyens pour le renseignement ; [*ce qui veut dire que les services de renseignement seront de plus en plus amenés à partager toutes les données qu’ils possèdent pour cibler les citoyens et les individus visés par l’espionnage]

– le renforcement de la gouvernance du renseignement ; [*ce qui signifie indirectement l’indépendance et le pouvoir accordé aux services de renseignement]

– un effort particulier en faveur du renseignement intérieur ; [*ce qui signifie plus de fichage pratiqué envers les citoyens et les personnes résidant sur le territoire français au nom des efforts de sécurité intérieure]

– un effort d’investissement majeur dans tous les domaines du renseignement. [*c’est-à-dire que les nouveaux budgets seront recentrés sur le renseignement et les services d’espionnage, que ce soit au niveau civil, militaire, national, international, etc]

Autrement dit, les orientations demontrent que la volonté de l’Etat français n’est pas de réduire la surveillance globale des citoyens, mais au contraire d’accroître toujours plus de budget et de moyens aux services de renseignement. La collecte des données personnelles et l’espionnage des citoyens français ne risquent donc pas de diminuer. Comme le souligne un article du Figaro datant du 29 avril (pt. 5), « Cyberdéfense et renseignements sont prioritaires » dans ce projet du gouvernement, avec notamment le développement de méthodes d’interception des données à partir d' »émetteurs électromagnétiques depuis l’espace ».

Ceci permet d’autant mieux de comprendre la position de l’Etat français vis-à-vis de l’asile politique d’Edward Snowden. Il ne faut pas s’attendre à ce qu’une démocratie qui vend des logiciels d’espionnage à des dictatures, comme cela a été le cas en Libye, qui pratique la surveillance de l’Internet comme le font les Américains avec Prism, et qui prévoit de développer dans les prochaines années des outils d’espionnage fonctionnant depuis l’espace, comment une telle « démocratie » aurait pu accorder l’asile politique à celui qui vient démentir tous les mensonges des gouvernements en Occident sur la surveillance de masse et l’interception des données personnelles?

La surveillance de masse devient de plus en plus importante dans nos pays, et les Etats qui maîtrisent ces technologies ne comptent pas la réduire. Ces technologies vont se développer, et cela aura des conséquences graves pour les libertés. La question est désormais de savoir: est-ce qu’en France, comme c’est déjà le cas aux Etats-Unis, nous sommes en train de devenir un Etat policier, qui au nom de la sécurité nationale et du terrorisme, continuera à porter atteinte aux libertés des individus et à étendre toujours plus loin le pouvoir des services de renseignement? Est-ce que ceci est le bon choix pour notre économie, pour notre culture, pour nos libertés et pour notre civilisation?

Lire l’intégralité du Livre blanc 2013: http://www.elysee.fr/assets/pdf/Livre-blanc-sur-la-Defense-et-la-Securite-nationale.pdf

L’ONU peut-elle envisager un statut de protection internationale pour les lanceurs d’alerte?

03-18-2013commissionerpilla
Les individus tels que Snowden qui révèlent des violations des droits doivent être protégés, dit Pillay

12 juillet 2013 – La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a souligné vendredi la nécessité de protéger ceux qui révèlent des violations des droits de l’homme, citant le cas de l’Américain Edward Snowden qui a mis à jour les violations à grande échelle du droit à la vie privée du fait de programmes de surveillance.

« Alors que les préoccupations concernant la sécurité nationale et les activités criminelles peuvent justifier l’utilisation exceptionnelle et ciblée de programmes de surveillance, un manque de garanties suffisantes du droit à la vie privée risque d’avoir un impact néfaste sur le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales », a déclaré Mme Pillay dans un communiqué de presse.

« Le cas Snowden a montré la nécessité de protéger les personnes qui divulguent des informations ayant des répercussions sur les droits humains et le respect du droit à la vie privée », a-t-elle souligné.

M. Snowden, un ancien employé de l’agence de sécurité nationale des Etats-Unis, est accusé d’avoir divulgué aux médias des informations secrètes sur des programmes de surveillance électronique menés à une grande échelle. Selon les médias, M. Snowden aurait formulé des demandes d’asile auprès de plusieurs pays.

« Sans préjuger de la validité de la demande d’asile formulée par M. Snowden, je lance un appel à tous les États afin qu’ils respectent le droit d’asile garanti par les normes internationales, notamment l’article 14 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et l’article 1 de la Convention des Nations Unies relative au statut des réfugiés, et qu’ils statuent sur ladite demande en conformité avec leurs obligations internationales », a déclaré Mme Pillay.

La Haut commissaire a également rappelé que, selon l’article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et l’article 17 du Pacte international sur l’état des droits civils et politiques, personne ne peut faire l’objet d’ingérences arbitraires dans sa vie privée et que chacun a le droit de bénéficier de la protection de la loi contre de telles ingérences.

«Les individus doivent avoir la certitude raisonnable que leurs communications privées ne sont pas indûment examinées par les autorités étatiques », a affirmé la Haut commissaire. « Le droit à la vie privée, les libertés d’information et d’expression sont intimement liés. Le public détient un droit démocratique de participer aux affaires publiques. Un tel droit, s’il est uniquement adossé à des informations autorisées, ne peut s’exercer pleinement», a-t-elle conclu.

Source: http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=30716&Cr=pillay&Cr1=#.UeD_QlNSw1s

Lettre d’Edward Snowden pour demander l’asile politique en Amérique Latine

Edward SnowdenLes médias du Nicaragua ont révélé la lettre du fugitif américain Edward Snowden, où il demande à Managua [capitale du Nicaragua] de lui accorder l’asile politique sur le motif qu’il pourrait faire face à un procès et traitement injustes aux Etats-Unis qui peuvent l’emprisonner à vie ou même le condamner à mort pour avoir publié les documents du renseignement. Une copie de la lettre a été publiée sur la page web de Radio Ya samedi soir. La demande date du 30 juin en provenance de Moscou. Elle est écrite en anglais et s’adresse aux représentants de la République du Nicaragua dans les mêmes termes que la lettre adressée aux représentants de Pologne.

Aux Représentants du Pays de la République du Nicaragua,

Moi, Edward Snowden, citoyen des Etats-Unis d’Amérique, je vous écris pour demander l’asile à la République du Nicaragua, à cause du risque d’être persécuté par le gouvernement des Etats-Unis et leurs agents, en relation à ma décision de rendre publiques de sérieuses violations de leur Constitution de la part du gouvernement des Etats-Unis, plus spécifiquement de leur 4ème et 5ème amendements, et de plusieurs traités des Nations Unies qui sont l’obligation de mon pays. En conséquence de mes opinions politiques, et de mon désir d’exercer ma liberté d’expression, à travers quoi j’ai montré que le gouvernement des Etats-Unis intercepte la majorité des communications dans le monde, le gouvernement des Etats-Unis a publiquement annoncé une enquête criminelle contre moi.

Des membres éminents du Congrès et d’autres dans les médias m’ont accusé d’être un traître et ont appelé à ce que je sois emprisonné ou exécuté en conséquence d’avoir communiqué cette information au public. Certaines des accusations qui ont été présentées contre moi par le Ministère de la Justice des Etats-Unis sont liées à l’Espionage Act de 1917, l’une d’entre elles incluant la prison à vie parmi les sentences possibles.

Un précédent international pour accorder l’asile aux personnalités dans ma situation a déjà été établi, avec l’Equateur accordant l’asile au fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, en relation à ce genre d’enquête de représailles. Mon cas est aussi très semblable à celui du soldat américain Bradley Manning, qui a rendu publiques des informations du gouvernement à travers les crimes de guerre révélés par WikiLeaks, qui a été arrêté par le gouvernement des Etats-Unis et a été traité de manière inhumaine pendant sa période en prison. Il a été placé en détention solitaire avant son procès et le représentant des Nations Unies contre la torture a jugé que M. Manning a subi des actes inhumains et cruels de la part du gouvernement américain.

Le procès contre Bradley Manning est en cours maintenant, et des documents secrets ont été présentés à la cour et des témoins secrets ont témoigné. Etant donné ces circonstances, je crois qu’il est peu probable que je reçoive un jugement équitable ou un traitement approprié avant ce procès, et je dois faire face à la possibilité d’une peine de prison à vie ou même la mort.

Edward Joseph Snowden,

Moscou, 30 juin 2013

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Source: http://inserbia.info/news/2013/07/nicaraguan-media-revealed-snowdens-request-for-asylum-photo/

Honte à la France qui a rejeté la demande d’asile politique de Snowden!

Edward Snowden

La France vient de rejeter aujourd’hui la demande d’asile politique déposée par le lanceur d’alerte de la NSA, Edward Snowden. Malgré le soutien de la population française, le Ministère de l’Intérieur a pris une décision qui est à l’encontre des principes et des valeurs que devrait représenter un pays comme le nôtre. Une fois de plus, l’Etat français décide à la place des citoyens et contre l’avis des citoyens qui l’ont massivement soutenu.

La population française est prise dans le filet des 1% de responsables politiques qui ne défendent pas, en France, les droits fondamentaux qui sont la base de toute démocratie. Edward Snowden est devenu un réfugié apatride, privé de ses droits fondamentaux, privé de son droit de voyager et privé de sa liberté, dans un monde où pourtant le continent européen clame la libre circulation des êtres humains. Pour avoir dit la vérité et pour avoir défendu l’intérêt du public, les droits de l’homme d’Edward Snowden ne sont pas respectés.

Manuel Valls a invoqué l’entente et la confiance entre les Etats-Unis et la France, « un pays ami avec lequel nous avons des relations », alors même que François Hollande nous faisait croire il y a quelques jours qu’il dénonçait la surveillance de la NSA. Visiblement, le discours de notre président n’avait rien d’authentique, puisque la France refuse d’accorder un droit fondamental à une personne dont la vie est menacée et qui a besoin de protection.

Soutenons Snowden, quelles que soient les pressions politiques exercées par nos gouvernements!

Source: http://www.interieur.gouv.fr/Presse/Les-communiques/Demande-d-asile-de-M.-Edward-Snowden