Le développement durable est un échec, mais il existe des alternatives au capitalisme

Partout dans le monde, les mouvements de justice environnementale mettent en difficulté le développement axé sur la croissance et le capitalisme néolibéral

capitalism isn't working

The Guardian, par Ashish Kothari, Federico Demaria et Alberto Acosta, le 21 juillet 2015

Face à l’aggravation des crises écologiques et économiques et à la misère sociale continuelle, les deux dernières décennies ont vu deux grandes tendances se dégager parmi celles qui cherchent la durabilité, l’égalité et la justice.

Il y a d’abord l’économie verte et les approches de développement durable qui dominent le prochain sommet sur le climat à Paris et les objectifs de développement durable (ODD) post-2015. À ce jour, ces mesures ont échoué à fournir une harmonisation de la croissance économique, du bien-être social et de la protection de l’environnement.

Les paradigmes de l’écologie politique, d’un autre côté, demandent des changements plus fondamentaux, en contestant la prédominance du développement axé sur la croissance et fondé sur les combustibles fossiles, le capitalisme néolibéral et les formes apparentées de ce qu’on appelle la démocratie représentative.

Cette quête sans fin pour la croissance verra l’autodestruction de la Grèce. (Jennifer Hinton à Athènes)

Les fausses réponses de l’économie verte

Si on regarde la politique environnementale internationale des quatre dernières décennies, le radicalisme initial des années 1970 a disparu.

Le document final du sommet 2012 de la Conférence Rio+20, L’avenir que nous voulons [UN.org], n’a pas réussi à identifier les racines historiques et structurelles de la pauvreté, de la faim, de la non-durabilité et de l’inégalité. Celles-ci comprennent: la centralisation du pouvoir de l’État, les monopoles capitalistes, le colonialisme, le racisme et le patriarcat. Sans diagnostic pour savoir qui ou quoi en est responsable, il est inévitable que les solutions proposées ne seront pas assez transformatrices.

Lire la suite: http://www.theguardian.com/sustainable-business/2015/jul/21/capitalism-alternatives-sustainable-development-failing

Fukushima a maintenant contaminé 1/3 des océans dans le monde (officiels)

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Un besoin urgent d’évaluer l’impact sur la nourriture & l’eau

NeonNettle.com, Sophia Akram, 9 juillet 2015

L’océan Pacifique – en fait, presque un tiers du globe – aurait été contaminé par la fuite lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui cherche à promouvoir l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, a établi en 2011 avec les Etats membres de l’Accord régional de coopération (RCA), un projet conjoint de coopération technique de l’AIEA (TC) dans la région de l’océan Pacifique. Il a été créé après la catastrophe de Fukushima, quand un séisme majeur a provoqué un tsunami, le 11 Mars 2011, désactivé l’alimentation et le refroidissement de trois réacteurs de Fukushima Daiichi, en provoquant un accident nucléaire. Il en résulte une grande quantité de matières radioactives qui se sont retrouvées dans l’océan Pacifique.

Lire la suite: http://www.neonnettle.com/features/448-officials-fukushima-has-now-contaminated-1-3-of-the-worlds-oceans

Lire aussi: Une grande partie de l’océan Pacifique menacée par les fuites de Fukushima, une surface couvrant 1/3 du globe – l’AIEA commence des tests (Global Research)

Changement climatique: les océans pourraient monter de 3 mètres en moins de 50 ans, selon un ancien scientifique de la NASA

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Illustration: montée des océans (ngm.com)

Le scientifique climatique le plus célèbre de la planète lance une bombe en avertissant de la montée des océans

Les océans pourraient-ils vraiment monter de 10 pieds [3 mètres] dans les 50 prochaines années?

Par Eric Holthaus, 22 juillet 2015

Dans ce qui pourrait se révéler être un point de départ pour l’action politique sur le changement climatique, une nouvelle étude à couper le souffle soulève un extrême doute sur la stabilité à court terme des niveaux de la mer à l’échelle mondiale.

L’étude — écrite par James Hansen, ancien responsable scientifique de la NASA pour le climat, et 16 co-auteurs, dont beaucoup sont considérés comme parmi les meilleurs dans leurs domaines — conclut que les glaciers du Groenland et de l’Antarctique vont fondre 10 fois plus rapidement que les estimations consensuelles antérieures, résultant dans l’élévation du niveau de la mer d’au moins 10 pieds [3 mètres] en moins de 50 ans. L’étude, qui n’a pas encore été évaluée par des pairs, apporte une nouvelle importance à une boucle de rétroaction qui conduit au refroidissement de l’eau près de l’Antarctique avec de l’eau douce provenant de la fonte des glaciers réchauffés, une eau plus salée sous les calottes glaciaires, accélérant la vitesse de fonte. Hansen, qui est connu pour être alarmiste mais également compétent, reconnaît que son étude implique un changement bien au-delà des estimations de consensus précédentes. Lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes, il a dit qu’il espérait que les nouvelles constatations soient « sensiblement plus persuasives que ce qui a été publié précédemment ». Je pense certainement qu’elles le sont.

Lire la suite: http://www.motherjones.com/environment/2015/07/earth%E2%80%99s-most-famous-climate-scientist-issues-bombshell-sea-level-warning

La publication controversée de James Hansen sur la montée des océans a maintenant été mise en ligne (Washington Post)

Fukushima, Japon, 4 ans après: « L’énergie nucléaire et les humains ne peuvent pas coexister »

Le 11 Mars 2011, le plus puissant séisme dans l’histoire du Japon a provoqué un tsunami géant qui a tué plus de 18.000 personnes, le long de la côte nord-est du pays. Il a également déclenché une triple fusion à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, qui nécessitera quatre décennies pour nettoyer au coût de dizaines de milliards de dollars. Alors que le Japon se prépare à marquer le quatrième anniversaire de la catastrophe du 11 mars, le Guardian s’adresse aux figures clés des jours les plus critiques de la crise de Fukushima et à quelques-uns des dizaines de milliers [d’individus] contraints d’évacuer leurs communautés irradiées et qui continuent à vivre dans les limbes nucléaires.

(youtube)

La radiation de Fukushima testée positive sur la côte ouest des Etats-Unis

Kevin Kamps, Beyond Nuclear, se joint à Thom Hartmann. Trois ans et demi après la catastrophe nucléaire de Fukushima – les eaux de l’océan au large de la côte ouest [américaine] sont testées positives pour les éléments radioactifs. Comment devrions-nous en être préoccupés – et est-ce juste un signe des choses à venir? (youtube)

En août 2014, des échantillons ont été prélevés au large des côtes américaines par la Woods Hole Oceanographic Institution, révélant la présence de césium 134, un des éléments radioactifs provenant de la catastrophe de Fukushima, comme l’explique le présentateur de Russia Today. Ces échantillons ont été réalisés au large des côtes à Vancouver (Colombie-Britannique) et jusqu’en Californie.

Kevin Kamps, l’expert invité pour s’exprimer sur le sujet de la pollution nucléaire aux Etats-Unis, rappelle qu’il y a eu une quantité énorme de produits radioactifs libérés aussi bien dans l’atmosphère que dans l’eau océanique qui continue à être polluée par les éléments liquides échappés de la centrale de Fukushima. Tous ces produits radioactifs s’cheminent plus ou moins vite vers les côtes de l’Amérique du Nord. Selon l’expert, les césiums 134 et 137, tous deux radioactifs, vont continuer à se répandre dans la mer pendant des années, voire des décennies. Tous les jours, de l’eau radioactive continue en effet de se déverser dans l’océan depuis 4 ans.

Kevin Kamps parle d’un mélange de « poisons radioactifs » qui se déversent continuellement dans l’océan près de Fukushima: césium 134, césium 137, strontium 90, isotopes de plutonium. Il s’agit d’ « une catastrophe sans précédent pour l’océan ». Alors que la situation ne va cesser d’empirer, l’expert déplore l’indifférence du gouvernement américain face à la situation. Il affirme qu’il y a très peu de surveillance sur les produits de la mer qui viennent du Pacifique, mais également un problème de normes très faibles aux Etats-Unis pour évaluer la radioactivité de certains produits alimentaires. Ces normes seraient largement plus faibles qu’au Japon. Le Japon autorise 100 beckerels par kilo, au-delà la nourriture n’est pas propre à la consommation. Aux Etats-Unis, la norme est de 1200 beckerels par kilo, ce qui signifie qu’il y a un danger beaucoup plus grave pour la santé humaine.

La NSA a reçu pour ordre de divulguer la quantité d’eau qu’elle utilise

Mark Strauss, 7/04/2014

D’abord il y a eu Edward Snowden, et maintenant ceci: une commission d’Etat de l’Utah a ordonné la publication de documents concernant l’utilisation de l’eau dans un centre de données de la NSA récemment ouvert dans la ville de Bluffdale.

data center bluffdale

La décision est le dernier épisode d’une controverse qui a commencé en novembre dernier, lorsque le Salt Lake Tribune a révélé que Bluffdale avait accepté de vendre de l’eau à la NSA à un taux inférieur aux directives de la ville, afin de pouvoir s’assurer une offre pour devenir le site de l’installation de 1,5 milliard de dollars – ainsi que toutes les améliorations d’infrastructure qui vont avec.

Il a été estimé que le Data Center de l’Utah, au pic des opérations, utilise plus d’1 million de gallons d’eau [~3 787 878 litres] par jour pour refroidir ses systèmes informatiques et les équipements de grande capacité de stockage de données. En règle générale, les grands consommateurs d’eau à Bluffdale paient 3,25 $ pour 1000 gallons d’eau [~3 787 litres], quand ils excèdent de plus de 100 000 gallons [~378 787 litres] par mois. Mais la ville a déclaré à la NSA qu’elle devrait payer 2,05 $ pour 1000 gallons [~3 787 litres], peu importe la quantité d’eau utilisée.

Le Salt Lake Tribune, cherchant à savoir précisément combien d’eau utilise la NSA, a déposé une demande auprès de Bluffdale pour obtenir la publication des données, relativement à la loi de l’Utah sur les dossiers ouverts.

Dans un vote de 5-0, le Comité des archives d’Etat a confirmé la demande. Comme le rapporte le Salt Lake Tribune:

Le procureur de la ville de Bluffdale, Vaughn Pickell, a soutenu au nom des avocats militaires que les données concernant l’eau « pourraient être utilisées pour extrapoler la consommation d’énergie électrique, et donc la puissance de calcul, du Data Center de l’Utah. »

En publiant les données, Pickell a déclaré que les responsables de la ville et le Comité des archives d’Etat seraient en violation de la loi fédérale.

Mais Ernest Rowley, membre du comité qui représente les intérêts du gouvernement local à la commission des dossiers composée de sept membres, a fait valoir que le public avait un intérêt manifeste dans la communication des documents de Bluffdale.

« Ce n’est pas l’eau d’un individu », a déclaré Rowley, qui a présenté la motion pour publier les documents. « C’est l’eau de la population. »

Source: http://io9.com/the-nsa-has-been-ordered-to-disclose-how-much-water-it-1560256151

Fukushima: Le cancer radioactif qui provoque la propagation des «particules chaudes» sur tout le Japon et la côte ouest de l’Amérique du Nord

Par Arnie Gundersen – Global Research, 5 avril 2014

(republié depuis Fairewinds.org)

Il y a trois ans, Fairewinds était l’une des premières organisations à parler des «particules chaudes» qui sont dispersées à travers tout le Japon et la côte ouest de l’Amérique du Nord. Les particules chaudes sont dangereuses et difficiles à détecter.

Dans cette vidéo, M. Kaltofen parle de la plus chaude particule chaude qu’il a jamais trouvé, et on l’a découverte à plus de 300 miles [482 km] du site de Fukushima Daiichi. Si Fairewinds Energy Education était un site japonais, la loi sur les secrets d’État serait susceptible de nous empêcher d’émettre cette vidéo. Arnie Gundersen fournit une brève introduction et un résumé de la vidéo.

Lire la suite: http://www.globalresearch.ca/fukushima-radioactive-cancer-causing-hot-particles-spread-all-over-japan-and-north-americas-west-coast/5376695

Révélation WikiLeaks: l’industrie pétrolière se prépare pour la plus importante campagne environnementale jamais connue

Hey, Big Oil-Go Frack Yourself!

MichelCollon.info, 15 décembre 2013

WikiLeaks, la plateforme des lanceurs d’alerte, a dévoilé récemment une série de documents qui révèlent à quel point les compagnies pétrolières se sentent acculées par les activistes. Les experts pensent que l’opposition aux projets dangereux pour l’environnement, notamment l’exploitation des sables bitumeux, pourrait à terme devenir la plus grande campagne pour l’environnement de tous les temps. Ces révélations éclairent les méthodes mises des multinationales pour appréhender la résistance (subdivisée en catégories allant de « réaliste » à « radicale »).

Alors que durant plusieurs décennies, les entreprises pétrolières et gazières ont pu jouir d’une certaine liberté de mouvement, elles doivent depuis quelques années faire face à une contestation toujours plus importante. Les multinationales impliquées dans le très controversé oléoduc Keystone-XL s’estiment d’ailleurs à ce point menacées par les activistes qu’elles encouragent leurs départements de relations publiques et de conseil à s’armer contre la critique.

La plus vaste campagne de défense de l’environnement jamais connue

Rendu public par WikiLeaks, le document « Oil Sands Market Campaigns«  de la société Strategic Forecasting est une présentation destinée à avertir les grands groupes pétroliers qu’en cas de contre-offensive tardive, l’hostilité à l’égard des activités du secteur pourrait se cristalliser dans la plus remarquable campagne pour l’environnement à laquelle ces grands groupes furent jamais confrontés. Bien qu’elle nie avoir sollicité les services de Strategic Forecasting, la société canadienne Suncor semble bien être le destinataire de cette présentation. WikiLeaks possède d’ailleurs quelques courriels dans lesquels des collaborateurs de Strategic Forecasting évoquent le payement par Suncor d’un montant de $ 14.890 pour deux projets achevés.

Radicaux, idéalistes, réalistes et opportunistes

Strategic Forecasting classe les opposants des compagnies pétrolières en différentes catégories (radicaux, idéalistes, réalistes et opportunistes) avant d’expliquer comment appréhender chacune de ces d’entre elles. Parmi les radicaux, on retrouvera des organisations militantes populaires telles que Rising Tide North America, Oil Change International et Indigenous Environmental Network. Greenpeace et Rainforest Action Network sont perçues comme deux entités hybrides, mi-radicales, mi-idéalistes. Sierra Club – le plus grand groupe environnemental américain, Amnesty International et Communities for a Better Environment demeurent des « idéalistes » ; et les différentes structures plus conventionnelles telles que le World Wildlife Funds, Natural Resources Defense Council et Ceres (une association du secteur non-marchand qui rassemble des entreprises, des investisseurs et des groupes d’intérêt publics) se rangent dans la classe des réalistes.

« En somme, ce que les activistes exigent, c’est une régularisation »

Selon Strategic Forecasting, bien que les activistes demandent l’arrêt des projets dangereux pour l’environnement, il apparaît que leur « exigence avérée » est l’application d’un code déontologique au secteur pétrolier. C’est pourquoi, la firme conseille aux compagnies concernées de poursuivre leurs activités tout en veillant à se fabriquer une image plus éthique destinée à atténuer la contestation. Elle préconise en outre de limiter les contacts avec les organisations de défense de l’environnement, de reporter sciemment les négociations, et d’établir des programmes environnementaux propres visant à éclipser les exigences des activistes. Il s’agit ni plus ni moins de museler l’opposition le plus longtemps possible, en tout cas tant que son influence politique est limitée.

Les compagnies pétrolières s’arment de longue date contre les activistes

Les révélations de WikiLeaks confirment l’ampleur toujours croissante des moyens mis en œuvre pour faire pression sur l’opinion publique afin de pouvoir poursuivre ses projets. Les travaux tels que le « fracking » et la pose d’oléoducs amènent les entreprises pétrolières toujours plus près des communautés locales – parfois jusqu’à littéralement envahir les jardins privés! Les citoyens inquiets rejoignent alors les rangs des activistes et donnent davantage de poids aux campagnes de protestation.

Une machine RP bien huilée, un outil essentiel pour une technologie contestée

En Roumanie, la société Chevron a demandé et obtenu l’aide de la police antiémeute pour investir ce mois-ci un camp de résistance pacifique. Activistes et riverains ont été dégagés manu militari pour permettre à Chevron de s’installer et de démarrer les travaux d’extraction du gaz de schiste. Dans le documentaire Gasland II traitant de l’extraction du gaz de schiste aux Etats-Unis, on apprend que des formations RP pour apprendre à appréhender les citoyens réfractaires et en colère, aux livres mettant en scène le « Gentil Frackosaure » et distribués aux enfants des écoles locales, l’industrie du gaz ne lésine pas sur les moyens pour tenter de manipuler le public. Craignant de voir la population locale s’opposer au fracking, Chevron aurait lancé en Pologne la campagne « We Agree », une énième manœuvre pour acheter l’opinion publique selon les activistes du groupe « Occupy Chevron »: « Chevron fournit des ordinateurs aux écoles locales, aménage des voies piétonnières et a même été jusqu’à faire reconstruire la maison d’un particulier qui se plaignait des dégâts causés par les vibrations des camions. Si ça, ce n’est pas de la corruption… »

Activistes: nos campagnes font de l’effet

Depuis qu’est la parution du document Strategic Forecasting, les mouvements de désobéissance civile et de protestation contre les sables bitumeux ont exercé une telle pression que le président Obama s’est vu contraint de postposer un arrêté portant sur le projet Keystone XL, du nom de cet oléoduc qui devrait assurer le transport du pétrole extrait des sables bitumeux canadiens vers les raffineries du Golfe du Mexique. D’autres actions de protestation ont également retardé l’aménagement d’autres oléoducs canadiens. Les campagnes de marketing élaborées par les compagnies pétrolières encouragent les activistes à poursuivre leurs actions. Scott Parkin, membre du Rainforest Action Network et de Rising Tide North America, déclarait à Inside Climate News: « Le fait que des sociétés telles que Strategic Forecasting nous étudient et nous ciblent est révélateur de l’influence de nos structures. Il va de soi que de tels documents n’étaient pas destinés à des non-initiés, mais nous ne nous laisserons pas intimider. Au contraire, cela nous encourage à exercer une pression encore plus forte. »

 Traduit par Olivier Porignaux pour Investig’Action

Source: http://michelcollon.info/Revelation-WikiLeaks-l-industrie.html?lang=fr

Les ONG de Bhopal révèlent les câbles de WikiLeaks sur Dow Chemicals

[Cet article a été initialement traduit et publié par un traducteur volontaire sur le Forum Wikileaks, le 28 avril 2013.]

Les ONG de Bhopal révèlent les câbles de WikiLeaks sur Dow Chemical; Elles prétendent que le gouvernement indien s’est incliné face aux pressions américaines

Pervez Bari, TwoCircles.net, le 17 avril 2013

Bhopal: les représentants de cinq ONG (organisations non-gouvernementales) qui travaillent à la protection des survivants de la tragédie de Bhopal de 1984, la pire catastrophe industrielle que le monde ait jamais connue, ont accusé le gouvernement de l’Inde de courber l’échine devant la pression du gouvernement américain afin de servir les intérêts d’Union Carbide et Dow Chemical à Bhopal.

S’exprimant lors d’une conférence de presse, mercredi, les représentants des ONG, tout en citant des documents récemment publiés par WikiLeaks, les « Kissinger Cables», ont déclaré que Kamal Nath, ancien Ministre du Commerce et Montek Singh Ahluwalia, Vice-Président de la Commission de Planification, ont accueilli les investissements de Dow en Inde à bras ouverts, contredisant la position exprimée par le gouvernement indien  au sujet du lourd passif de Dow en Inde.

Représentants ONG-BhopalPhoto: Les représentants de cinq ONG qui travaillent pour le bien-être des survivants de la tragédie de Bhopal en 1984 s’expriment en Conférence de presse

Un câble envoyé par le Chef de Mission Adjoint à New Delhi, Steven J. White, le 27 Juillet 2007, indique: «Au cours du forum CEO [Forum des Chefs d’Entreprises] en Octobre 2006, les officiels du  gouvernement indien, y compris le Ministre du Commerce Nath et  Montek Singh Ahluwalia, Vice-Président de la Commission de Planification, ont déclaré qu’ils se félicitaient des nouveaux investissements de Dow en Inde et ne pensaient pas que Dow soit responsable du nettoyage du site où la catastrophe a eu lieu. »

Apparement, l’ambassadeur américain David Mulford a exhorté le gouvernement indien à « abandonner les charges contre Dow » dans un câble envoyé le 18 Septembre 2007.
En réponse, Montek Singh Ahluwalia, Vice-Président de la Commission de Planification  à l’époque, avait assuré Mulford que le gouvernement fédéral ne tenait pas Dow responsable du nettoyage, mais était dans l’incapacité de retirer ses poursuites contre la société à cause d’ONG «actives et vocales». Selon le câble, Ahluwalia a alors conseillé à l’ambassadeur de discuter de la question du passif de Dow Chemical au sujet de Bhopal avec Chidambaram, Ministre des Finances.

Les ONG de Bhopal ont déclaré que les câbles disponibles montrent que le gouvernement indien a toujours floué les Indiens et les habitants de Bhopal tout en servant les intérêts de l’Union Carbide Corporation. Dès les années 1970, le gouvernement indien a établi un compromis de principe sur les opérations de devises étrangères pour aider Union Carbide à conserver le contrôle majoritaire dans UCIL [Union Carbide India Limited].

Les ONG affirment également qu’un câble envoyé par David T. Schneider, Chef de Mission Adjoint à l’ambassade américaine à New Delhi, le 4 Février 1975, montre que le gouvernement indien a permis à Union Carbide aux Etats-Unis de contourner la loi sur la réglementation des devises étrangères afin d’obtenir des prêts auprès de l’American Exim Bank, au lieu d’une agence de financement indienne. Un autre câble daté du 11 Septembre 1975, envoyé par Henry Kissinger, Secrétaire d’Etat des Etats-Unis à l’ambassade américaine en Inde, montre le soutien que le gouvernement américain a donné à Union Carbide aux États-Unis afin d’obtenir des prêts auprès de l’US Exim Bank pour ses opérations à Bhopal.

Les organisations ont également présenté une copie d’un câble envoyé par l’ancien ambassadeur américain en Inde, William Saxbe, le 20 Avril 1976, dans lequel il exprime sa satisfaction face à la dissolution des directives FERA [Foreign Exchange Regulation Act] de sorte qu’Union Carbide puisse continuer à détenir des participations majoritaires dans sa filiale indienne.

Les représentants de cinq associations [de victimes] – Bhopal Gas Peedit Mahila Papeterie Karmchari [Karmachari] Sangh, Bhopal Gas Peedit Mahila Purush Sangharsh Morcha, Bhopal Gas Peedit Nirashrit Pensionbhogi Sangharsh Morcha, Children against Dow/Carbide and Bhopal Group for Information & Action – ont déclaré que les documents de WikiLeaks mettent en évidence les racines historiques de l’injustice chronique dans le cas de la pire catastrophe industrielle que le monde ait jamais connue à Bhopal. Elles affirment que l’injustice de Bhopal est perpétuée par le soutien des gouvernements américain et indien à Union Carbide et Dow Chemical, ainsi que par des traîtres comme Kamal Nath, Chidambaram et Ahluwalia.

Il convient de rappeler ici que dans la nuit du 2 au 3 Décembre 1984, l’usine de fabrication de pesticides Union Carbide avait laissé échappé de l’isocyanate de méthyle, gaz toxique, et 3000 personnes en étaient mortes pratiquement instantanément, plus de 25 000 personnes sont mortes depuis des suites de l’accident,  et la triste saga se poursuit ininterrompue. Environ un demi-million de personnes souffrent d’effets secondaires dûs au gaz toxique et plusieurs milliers ont été mutilées à vie.

Oncle Sam contrôlant les leaders indiensPhoto: Une caricature sur une affiche de l’Oncle Sam qui contrôle les dirigeants et les responsables indiens de haut rang, sur le lieu de la conférence de presse.

En attendant, les détails des extraits de WikiLeaks sont à lire ici:

EXTRAITS DE WIKILEAKS

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Date: 4 Février 1975
Sujet: Demande d’Union Carbide pour EXIM
De: Ambassade américaine, New Delhi, Inde
À: Département d’État des États-Unis
URL: https://www.wikileaks.org/plusd/cables/1975NEWDE01606_b.html
Extrait: DU POINT DE VUE DU GOI [GOVERNMENT OF INDIA, GOUVERNEMENT DE L’INDE] IL S’AGIT D’UNE QUESTION DE PRINCIPE ET SON ACCORD A DEJA ETE DONNE POUR DES COMPROMIS GENERALEMENT REFUSES AUX EMPRUNTEURS INDIENS
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Date: 25 septembre 1975
Sujet: Relations indo-américaines: Ambiance: Vibrations Positives
De: Ambassade américaine, New Delhi, Inde
À : Département d’État des États-Unis
URL: https://www.wikileaks.org/plusd/cables/1975NEWDE12918_b.html
Extrait: Nous essayons de profiter de l’ouverture suscitée par l’intérêt de Kaul dans la résolution des problèmes économiques en demandant des décisions au niveau de la finance pour résoudre de multiples problèmes tels que l’affaire d’arbitrage pour les engrais, les retards de paiement, les problèmes avec Pan Am et TWA, l’attente des propositions d’investissement d’Union Carbide et National Starch, ainsi qu’un assouplissement des onéreuses directives FERA [Foreign Exchange Regulation Act]. (Durant la rédaction de ce câble, Union Carbide a téléphoné pour dire que sa proposition avait été soudainement approuvée après 6 mois d’attente). Nous espérons obtenir plus de résultats. Les «belles réussites» jusqu’à présent se rapportent au problème du gouvernement indien avec  le  Vietnam du Nord, un assouplissement notable des restrictions de « vol indien » imposées sur les Indiens en voyages d’affaires pour les programmes de l’USG [Gouvernement US] et Union Carbide.
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Sujet: Communiqué de presse sur EXIMBANK crédit à l’Inde
De : Département d’État des États-Unis Inde
À:  Ambassade des Etats-Unis, New Delhi
URL: https://www.wikileaks.org/plusd/cables/1976STATE001679_b.html
Extrait: L’Export-Import Bank des Etats-Unis a autorisé un crédit direct de 1.260.000 dollars à Union Carbide India Limited (UCIL), afin de soutenir la vente d’équipements et de services américains d’une valeur de 2.8 millions de dollars, requis pour la construction d’une usine pour produire des insecticides et autres produits chimiques agricoles. L’usine sera construite à Bhopal, Madhya Pradesh, pour la production de pesticides à base d’isocyanate de méthyle. Les achats américains consisteront en des réacteurs, des tours de distillation, des échangeurs de chaleur non-classifiés d’après la page 2 réf. 001679 02, des centrifugeuses, des filtres, sécheurs, vannes, instruments de contrôle, équipements de sécurité. Les fournisseurs US seront Vulcan, une entreprise de fabrication de Cincinnati, Ohio, et Gould Pumps Inc., de Seneca Fall, New York, entre autres.
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Sujet: Loi (FERA) Directives sur la règlementation des devises  modifiées
De: Ambassade américaine, New Delhi, Inde
À : Département d’État des États-Unis
URL: https://www.wikileaks.org/plusd/cables/1976NEWDE05722_b.html
Extrait: les directives précédentes avaient créé des problèmes pour les pouvoirs publics indiens dans les cas d’entreprises multi-produits tels qu’Union Carbide, Phillips aux Pays-Bas, Imperial Chemical Industries et d’autres, dont la contribution au développement industriel indien et aux exportations était vitale, mais qui ne pouvaient pas se mettre en conformité avec les critères stricts des anciennes directives et, en même temps, n’étaient pas disposés à accepter de ne posséder que 40 pour cent d’une société. Il est dorénavant possible de retenir une participation majoritaire et de contrôler les investisements de capitaux étrangers d’une manière jugée non-restrictive par la plupart des hommes d’affaires étrangers.
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Date: 27 juillet 2007
Sujet: Bureau de New Delhi Bureau ECON Rapport hebdomadaire
De: Ambassade américaine, New Delhi, Inde
À: Ministère de l’Agriculture, Ministère de l’Énergie, Département d’État, Ministère des Transports, Ministère du Trésor, Administration Fédérale de l’Aviation, Inde Chennai, Inde Kolkata, Inde Mumbai
URL: https://www.wikileaks.org/plusd/cables/07NEWDELHI3429_a.html
Extrait: Au cours du CEO Forum [Forum des Chefs d’Entreprises], en octobre 2006, les responsables du gouvernement indien, y compris le Ministre du Commerce Nath et le Vice-Président de la Commission de Planification Montek Singh Ahluwalia, ont déclaré qu’ils se félicitaient des nouveaux investissements de Dow Chemical en Inde et ne pensaient pas que Dow soit responsable du nettoyage du site où la catastrophe a eu lieu.
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Date: 18 septembre 2007:
Sujet: L’ambassadeur discute du CEO Forum et des problèmes avec Ahluwalia, Vice-Président de la Commission de planification
De: Ambassade américaine, New Delhi, Inde
À: Ministère du Commerce | Ministère de l’Énergie | Secrétariat d’Etat | Ministère du Trésor  | Inde Chennai | Inde Kolkata | Inde Mumbai
URL: https://www.wikileaks.org/plusd/cables/07NEWDELHI4272_a.html
Extrait: L’Ambassadeur a également cité les poursuites toujours en cours contre Dow Chemical à Bhopal liées à la remise en état des terres comme étant un obstacle supplémentaire pour Dow et d’autres sociétés pour investir en Inde, et il a demandé que les pouvoirs publics indiens abandonnent leurs revendications contre Dow. Ahluwalia a pris en compte les remarques de l’ambassadeur au sujet de  McDermott, notant l’importance  de la nécessité de résoudre le problème. Au sujet de Dow, il a dit que les pouvoirs publics indiens ne comprennent pas les préoccupations de Dow au sujet de possibles futures responsabilités civiles ou pénales puisque les réclamations des tiers ne suggèrent pas que le gouvernement indien tienne Dow pour responsable du nettoyage.
Le problème du gouvernement indien est que les ONG sont très actives et vocales, et dans ce cas, il est très difficile pour le gouvernement d’abandonner ses revendications contre Dow. Le gouvernement indien espérait que l’affaire serait résolue rapidement, ce qui aurait réglé cette question, mais Dow a retardé la résolution en demandant un sursis en rapport avec l’action en justice. Ahluwalia a noté que la question de savoir si une entreprise comme Dow peut être tenue pour responsable des actions d’une autre société, uniquement sur la base de l’acquisition de cette société après que le délit soit survenu, est une question de droit importante et inédite en Inde qui doit être adressée. Ahluwalia a recommandé à l’ambassadeur d’en discuter avec Chidambaram,  Ministre des Finances – un juriste notoire.

(Pervezbari@eth.net)

Source: http://twocircles.net/2013apr17/bhopal_gas_tragedy_ngos_reveal_wikileaks_cables_dow_chemicals_allege_indian_govt_kowtowed_

Traduction française: http://www.wikileaks-forum.com/french/315/seo/18795/

Niger: des milliers de travailleurs et d’habitants manifestent contre Areva

mine-uranium

Coordination Anti-nucléaire, dimanche 13 octobre 2013, 14:43

A l’occasion de la ré-négociation des contrats d’exploitation de l’uranium du Niger par Areva, des milliers de Nigériens ont manifesté ce samedi 12 octobre 2013 dans la cité minière d’Arlit pour dénoncer l’impact environnemental causé par les activités du groupe nucléaire français accusé de polluer et contaminer la région depuis des décennies.

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Des milliers de manifestants ont défilé samedi dans la cité minière d’Arlit, dans le nord du Niger, contre le groupe nucléaire français Areva qui exploite depuis plus de 40 ans l’uranium dans ce territoire où vivent et se déplacent, traditionnellement, les nomades touareg. Les manifestants – élus locaux et membres de la société civile, auxquels se sont joints des habitants –, ont défilé dans les rues de la ville en scandant des slogans farouchement anti-Areva.

Les milliers de protestataires accusent Areva de polluer l’environnement et de ne n’avoir fait aucun cas des préoccupations quotidiennes des habitants. Eau d’irrigation et puits contaminés, déchets radioactifs entassés, air chargé de particules radioactives: la stratégie néo-colonialiste de l’Etat français et de ses fers de lance affairistes ronge la terre et ses habitants.

Azaoua Mamane, l’un des organisateurs, dresse un bilan accablant de la présence du groupe nucléaire français sur le sol nigérien depuis près d’un demi-siècle: « La population a hérité de 50 millions de tonnes de résidus radioactifs stockés à Arlit et Areva continue de pomper gratuitement 20 millions de mètres cubes d’eau par an pendant que la population meurt de soif. Les rues et les habitations d’Arlit sont construites à l’aide de résidus radioactifs et la nappe phréatique usée et contaminée s’assèche par la faute d’Areva ».

La manifestation qui a regroupé quelque 5 000 personnes veut montrer  » que nous en avons assez de cette domination et soutenir le nouveau gouvernement dans ses prochaines discussions avec Areva au sujet des ressources du pays», a précisé A.Mamane. Le Premier ministre du Niger, Brigi Rafini, a précisé le 6 octobre dernier que son pays allait « passer au peigne fin » ses contrats miniers avec Areva, jugeant le partenariat pour le moins « déséquilibré ».

Le Niger, qui compte parmi les grands producteurs mondiaux d’uranium mais reste l’un des pays les plus pauvres du monde, avait critiqué fin octobre 2012 le partenariat historique « très déséquilibré » avec Areva et réclamé des retombées plus importantes. Deux co-entreprises ont été monté par l’exploitant nucléaire avec l’Etat nigérien, la Cominak et la Somaïr, pour une production annuelle de l’ordre de 4.500 tonnes.

Les implantations d'Areva au NigerPhoto: Les Implantations d’Areva au Niger (source: Areva)

Le rouleau compresseur du colonialisme nucléaire écrase le peuple

Le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), mené par des Touaregs, a lancé un mouvement de rébellion en février pour demander une plus grande autonomie de la région nord du pays où est extrait l’essentiel de l’uranium nigérien. Une première rébellion touarègue avait eu lieu au début des années 90. Elle avait pris fin en 1995 par un accord de paix qui n’avait pas été totalement respecté par le gouvernement. Ce dernier refuse de négocier avec les rebelles qu’il n’hésite pas à qualifier de trafiquants de drogue et de bandits.

Un attentat suicide avait fait le 23 mai dernier un mort et 14 blessés parmi les employés d’Areva, tous nigériens sur le site de la Somaïr (Société des mines de l’Aïr,détenue à 64% par Areva et 36% par l’Etat du Niger). La production du site minier avait été suspendue, arrêtée et n’avait pu reprendre que 3 mois plus tard alors que le groupe nucléaire espérait ouvrir d’ici deux ans une nouvelle mine (géante) à Imouraren contre laquelle se battent les populations locales et nomades.

Depuis des mois les manifestations, notamment de jeunes, se multiplient tant contre le renforcement des dispositifs policiers et militaires à Niamey pour protéger les ambassades occidentales que contre les activités du lobby nucléaire français. « Nous sommes très en colère, ces barrières nous empêchent de nous rendre au centre-ville par la voie naturelle. Nos ambulances et corbillards sont obligés de faire de longs détours« , a expliqué un habitant à l’AFP qui précise qu’ils en ont assez des « tracasseries et contrôles sécuritaires humiliants« .

Corruption des institutions et dirigeants par le lobby nucléaire?

Fin 2012, l’Observatoire du Nucléaire révélait que la Loi de finance 2013 du Niger, alors étudiée par l’Assemblée nationale de ce pays, qui est supposé être indépendant après avoir été colonisé par la France jusqu’en août 1960, venait d’être subitement modifiée par le ministre des finances. Cette intervention, probablement illégale, a consisté à rajouter au budget national la somme de 17 milliards de FCFA (environ 26 millions d’euros) « offerte » au Niger par la société nucléaire française Areva, dont 10 milliards de FCFA (plus de 15 millions d’euros) directement affectés à l’acquisition d’un avion pour le Président du Niger, M. Issoufou.

L’organisation de veille sur le nucléaire déclarait: « Il s’agit donc clairement d’une manoeuvre de corruption, probablement sur le plan légal et assurément sur le plan moral, par Areva qui entend ainsi perpétuer sa mainmise sur les réserves d’uranium du Niger, pour continuer à alimenter les centrales nucléaires françaises. Par l’intermédiaire d’Areva (anciennement la Cogéma), la France pille l’uranium du Niger depuis des décennies, s’octroyant ce minerai à un prix ridiculement bas tout en causant de graves dommages à l’environnement et en nuisant aux populations locales… il n’est acceptable de voir Areva attribuer de son propre chef une somme au Niger, comme un « généreux donateur » venant au secours d’un déshérité. Et ce d’autant plus que la majeure partie de cette somme est d’ores et déjà affectée à l’achat d’un équipement de luxe et de prestige pour le Président du Niger. » L’opposition démocratique du Niger, regroupée dans l’Alliance pour la réconciliation nationale (ARN), avait dénoncé cette manœuvre.

Areva contrôle le gouvernement Nigérien et… Français

Le Président du Niger, M. Issoufou, est un … ancien directeur de la Somaïr… filiale d’Areva ! Son prédécesseur, Mamadou Tandja, a été renversé en 2010. Ayant fait modifier la constitution du Niger afin de rester au pouvoir, il n’avait lui-même rien d’un grand démocrate. Mais il avait aussi commencé à résister à l’ancien colonisateur français, jouant de l’intérêt des chinois pour l’uranium afin de faire augmenter le prix payé par Areva. Il n’est donc pas surprenant que M Tandja ait été renversé… et remplacé par un employé d’Areva.

Ce véritable putsch de la France sur le Niger a été supervisé par le Président français M Sarkozy, mais c’est aujourd’hui M. Hollande et son gouvernement qui sont au pouvoir… et qui laissent Areva corrompre le président du Niger. Signe des temps, l’un des premiers actes du Président Hollande fut de recevoir M. Issoufou à l’Elysée, le 11 juin 2012, pour s’assurer de la mise en exploitation par Areva, qui plus est avant même la date prévue de 2014, de la mine géante d’uranium Imouraren.

Rappel:  depuis le 16 septembre 2010, cinq employés d’Areva et de Vinci et deux Africains, enlevés à Arlit dans le nord du Niger, sont retenus en otage par Al-Qaida au Maghreb islamique.

carteareva-ffb52Carte: Areva en Afrique- au Niger, des mines en activité

Source: http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2013/10/13/Des-milliers-de-Nig%C3%A9riens-manifestent-contre-Areva

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