Tetsunari Iida: « L’énergie nucléaire n’a pas d’avenir démocratique durable » au Japon

DW, 29/01/2016, interview par Gabriel Dominguez

[…] Dans une interview de DW, l’expert en politique énergétique durable Tetsunari Iida déclare que le lobby nucléaire au Japon a non seulement des intérêts économiques, mais aussi une forte conviction dans un concept conservateur de la politique énergétique, ce qui donne à l’énergie nucléaire un rôle majeur dans le mélange de la politique énergétique.

DW: Pourquoi le gouvernement a-t-il décidé de redémarrer certains des réacteurs malgré les protestations de la population?

Tetsunari Iida: Il y a une croyance forte parmi certaines catégories au Japon que l’énergie nucléaire serait l’un des éléments les plus importants du mix énergétique. Ceci est un concept de politique énergétique dépassé et conservateur partagé par ceux qui sont au centre du cercle de la politique énergétique du Japon, comme le Parti libéral démocrate (PLD) et l’association de l’industrie du pays Keidanren.

Pour eux, la reprise de la production d’énergie nucléaire est d’une importance capitale. Voilà pourquoi le gouvernement du Japon a reçu de vives recommandations pour redémarrer les réacteurs nucléaires.

Le gouvernement conservateur du Premier Ministre Abe ne prend-il pas au sérieux les préoccupations de la population?

Non, je ne crois pas que le PM [Premier Ministre] Abe prend les préoccupations de la population au sérieux. Je suis d’avis qu’Abe croit encore que l’énergie nucléaire est sûre, pas cher et stable, même après la catastrophe de Fukushima.

Selon les opposants à l’énergie nucléaire, de nombreux Japonais ont peur des conséquences potentielles du redémarrage des réacteurs nucléaires, et demandent un changement dans la politique énergétique. Alors pourquoi n’y a-t-il pas beaucoup plus de résistance du public face aux plans du gouvernement?

La majorité des gens au Japon ont été contre les plans du gouvernement Abe pour redémarrer les réacteurs nucléaires. Cette opposition, cependant, n’a pas nécessairement un impact sur les affiliations politiques des personnes et de leurs tendances de vote.

Le contrôle de l’administration Abe sur les médias contribue également à expliquer la raison de l’absence d’une plus grande résistance du public face aux plans nucléaires.

Quelle est la force de l’influence exercée par lobby nucléaire japonais?

Le lobby nucléaire au Japon est puissant. Il a non seulement des intérêts économiques, mais aussi une forte conviction dans le concept de la politique énergétique conservatrice, ce qui donne à l’énergie nucléaire un rôle majeur dans le mélange de la politique énergétique.

Les combustibles fossiles tels que le pétrole ne sont maintenant pas chers à importer. Cependant, le gouvernement fait valoir que l’énergie nucléaire est non seulement moins cher, mais permet aussi au pays d’être indépendant de l’approvisionnement en énergies étrangères. Les sources d’énergie renouvelable pourraient-elles aussi garantir cette indépendance?

Bien sûr, l’énergie renouvelable est vraiment utile pour atteindre l’indépendance énergétique. Mais les bénéfices ne sont pas uniquement limités à assurer l’indépendance énergétique, les énergies renouvelables contribuent également à atténuer les changements climatiques, à créer des emplois et à stimuler la croissance économique.

Pour parler en termes écologiques et économiques, quelles sources d’énergie renouvelable sont les mieux adaptées à un pays industrialisé comme le Japon?

Du point de vue du potentiel des ressources, le vent et l’énergie solaire sont les mieux adaptés pour le Japon.

De nombreux réacteurs nucléaires sont en construction dans les pays asiatiques voisins. Compte tenu de la forte concurrence dans ce domaine, le Japon peut-il se permettre de renoncer complètement à utiliser l’énergie nucléaire?

Oui, le Japon peut se permettre de renoncer complètement à l’énergie nucléaire. En fait, rester collé à l’énergie nucléaire représente une économie à l’ancienne, alors que l’énergie renouvelable est le symbole d’une nouvelle révolution industrielle.

Vous êtes vous-même un expert de l’énergie nucléaire. Mais vous avez décidé de rediriger votre attention sur les sources d’énergie renouvelable. Pourquoi?

C’est parce que l’énergie nucléaire n’a pas d’avenir démocratique durable. Et voilà pourquoi j’ai décidé de ne pas consacrer ma vie à l’énergie nucléaire, et de diriger plutôt mon attention sur les sources renouvelables.

Tetsunari Iida est directeur de l’Institut pour les politiques énergétiques durables au Japon.

Source: http://www.dw.com/en/nuclear-energy-has-no-sustainable-democratic-future-in-japan/a-19011468?maca=en-rss-en-all-1573-rdf

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Fukushima a maintenant contaminé 1/3 des océans dans le monde (officiels)

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Un besoin urgent d’évaluer l’impact sur la nourriture & l’eau

NeonNettle.com, Sophia Akram, 9 juillet 2015

L’océan Pacifique – en fait, presque un tiers du globe – aurait été contaminé par la fuite lors de la catastrophe nucléaire de Fukushima.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui cherche à promouvoir l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, a établi en 2011 avec les Etats membres de l’Accord régional de coopération (RCA), un projet conjoint de coopération technique de l’AIEA (TC) dans la région de l’océan Pacifique. Il a été créé après la catastrophe de Fukushima, quand un séisme majeur a provoqué un tsunami, le 11 Mars 2011, désactivé l’alimentation et le refroidissement de trois réacteurs de Fukushima Daiichi, en provoquant un accident nucléaire. Il en résulte une grande quantité de matières radioactives qui se sont retrouvées dans l’océan Pacifique.

Lire la suite: http://www.neonnettle.com/features/448-officials-fukushima-has-now-contaminated-1-3-of-the-worlds-oceans

Lire aussi: Une grande partie de l’océan Pacifique menacée par les fuites de Fukushima, une surface couvrant 1/3 du globe – l’AIEA commence des tests (Global Research)

Fukushima, Japon, 4 ans après: « L’énergie nucléaire et les humains ne peuvent pas coexister »

Le 11 Mars 2011, le plus puissant séisme dans l’histoire du Japon a provoqué un tsunami géant qui a tué plus de 18.000 personnes, le long de la côte nord-est du pays. Il a également déclenché une triple fusion à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, qui nécessitera quatre décennies pour nettoyer au coût de dizaines de milliards de dollars. Alors que le Japon se prépare à marquer le quatrième anniversaire de la catastrophe du 11 mars, le Guardian s’adresse aux figures clés des jours les plus critiques de la crise de Fukushima et à quelques-uns des dizaines de milliers [d’individus] contraints d’évacuer leurs communautés irradiées et qui continuent à vivre dans les limbes nucléaires.

(youtube)

Le Hezbollah accuse Israël d’avoir tué cinq ingénieurs nucléaires en Syrie

Un des scientifiques était iranien; le Hezbollah soupçonne les rebelles syriens travaillant pour Israël d’avoir effectué l’attaque.

Hassan Nasrallah et Bachar al-AssadCette photo montre le leader du Hezbollah, Sheik Hassan Nasrallah, à gauche, qui parle avec le président syrien Bachar al-Assad, à droite. 25 février 2010.

Haaretz, 11 novembre 2014

Le Hezbollah accuse Israël de la mort de cinq ingénieurs nucléaires, quatre syriens et un iranien, lundi, à Damas.

Les premiers rapports syriens ont déclaré que quatre Syriens ont été tués dans une embuscade, mais plus tard, la télévision d’Etat syrienne a admis qu’un cinquième scientifique, un iranien, était également parmi les victimes. Les cinq ont été tués après que des tireurs ont ouvert le feu sur leur bus dans une zone non touchée par les combats entre les groupes rebelles et les forces du président syrien Bachar al-Assad.

« Nous pouvons confirmer que cinq experts scientifiques ont été martyrisés par des terroristes dans le cadre des complots en cours de l’entité sioniste », a déclaré un commandant anonyme du Hezbollah à Beyrouth dans un rapport publié mardi par le Sydney Morning Herald.

Lire la suite: http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/1.625906

La radiation de Fukushima testée positive sur la côte ouest des Etats-Unis

Kevin Kamps, Beyond Nuclear, se joint à Thom Hartmann. Trois ans et demi après la catastrophe nucléaire de Fukushima – les eaux de l’océan au large de la côte ouest [américaine] sont testées positives pour les éléments radioactifs. Comment devrions-nous en être préoccupés – et est-ce juste un signe des choses à venir? (youtube)

En août 2014, des échantillons ont été prélevés au large des côtes américaines par la Woods Hole Oceanographic Institution, révélant la présence de césium 134, un des éléments radioactifs provenant de la catastrophe de Fukushima, comme l’explique le présentateur de Russia Today. Ces échantillons ont été réalisés au large des côtes à Vancouver (Colombie-Britannique) et jusqu’en Californie.

Kevin Kamps, l’expert invité pour s’exprimer sur le sujet de la pollution nucléaire aux Etats-Unis, rappelle qu’il y a eu une quantité énorme de produits radioactifs libérés aussi bien dans l’atmosphère que dans l’eau océanique qui continue à être polluée par les éléments liquides échappés de la centrale de Fukushima. Tous ces produits radioactifs s’cheminent plus ou moins vite vers les côtes de l’Amérique du Nord. Selon l’expert, les césiums 134 et 137, tous deux radioactifs, vont continuer à se répandre dans la mer pendant des années, voire des décennies. Tous les jours, de l’eau radioactive continue en effet de se déverser dans l’océan depuis 4 ans.

Kevin Kamps parle d’un mélange de « poisons radioactifs » qui se déversent continuellement dans l’océan près de Fukushima: césium 134, césium 137, strontium 90, isotopes de plutonium. Il s’agit d’ « une catastrophe sans précédent pour l’océan ». Alors que la situation ne va cesser d’empirer, l’expert déplore l’indifférence du gouvernement américain face à la situation. Il affirme qu’il y a très peu de surveillance sur les produits de la mer qui viennent du Pacifique, mais également un problème de normes très faibles aux Etats-Unis pour évaluer la radioactivité de certains produits alimentaires. Ces normes seraient largement plus faibles qu’au Japon. Le Japon autorise 100 beckerels par kilo, au-delà la nourriture n’est pas propre à la consommation. Aux Etats-Unis, la norme est de 1200 beckerels par kilo, ce qui signifie qu’il y a un danger beaucoup plus grave pour la santé humaine.

Les 8 théories de la conspiration gouvernementale. Conspiration #6: Le gouvernement m’a exposé à des radiations nocives

La vérité: Si vous avez plus de 50 ans, c’est possible.

Explosion nucléaire

Il est souhaitable que ne soit publié aucun document se référant à des expériences avec les humains et qui pourrait avoir un effet négatif sur l’opinion publique ou entraîner des poursuites judiciaires. Les documents couvrant ce champ de travail doivent être classés «secret». — Mémo de la Commission de l’énergie atomique, 1947

À la fin des années 1980, le Comité de la Chambre américaine de l’Energie et du Commerce a publié un rapport accablant intitulé « Les cobayes nucléaires américains: Trois décennies d’expériences d’irradiation sur les citoyens américains ». Le rapport a mis en lumière l’Opération Green Run, un essai militaire dans une usine de plutonium à Washington. Ici, en 1949, les gestionnaires ont délibérément lancé un nuage massif d’iode-131 radioactif pour tester dans quelle mesure il pourrait voyager sous le vent. L’iode-131 et le xénon-133 se seraient rendus jusqu’à la frontière de la Californie et de l’Orégon, infectant 500 000 acres [202 342 ha]. On prétend que 8000 curies d’iode radioactif ont flotté hors de l’usine. Pour mettre cela en perspective, en 1979, Three Mile Island a émis environ 25 curies d’iode radioactif.

Le rapport a montré que l’armée planifiait 12 rejets radioactifs similaires dans d’autres usines.

Le gouvernement a parrainé de plus petits tests, également. À la fin des années 1950, des enfants handicapés mentaux à l’hôpital d’État de Sonoma ont été nourris avec du lait irradié. Aucun n’avait donné son consentement. Dans le Tennessee, 829 femmes enceintes ont bu une boisson vitaminée pour améliorer la santé de leur bébé. Les mères n’ont pas été informées que la « vitamine » était en réalité du fer radioactif. Dans le Massachusetts, la Commission américaine de l’énergie atomique a nourri 73 enfants handicapés mentaux avec de l’avoine. L’ingrédient secret? Du calcium radioactif. (Les fonctionnaires ont dit aux enfants que s’ils mangeaient de la bouillie, ils se joindraient à un « club de science ».) De 1960 à 1971, le ministère de la Défense a mené des expériences d’irradiation du corps entier sur des patients atteints de cancer noir, qui pensaient qu’ils recevaient un traitement. Au lieu de cela, le DOD [ministère de la Défense] a utilisé le test pour calculer comment les humains ont réagi à des niveaux élevés de rayonnement.

Les États-Unis ont également mené des centaines de tests nucléaires inopinés. En 1957, l’Opération Plumbob a vu 29 explosions nucléaires dans le sud-ouest de l’Amérique. Les explosions, que 18 000 soldats surveillaient à proximité, a laissé échapper 58 curies de radiation d’iode radioactif — suffisant pour provoquer de 11.000 à 212.000 cas de cancer de la thyroïde. À travers les seules années 1950, plus de 400.000 personnes sont devenues des «vétérans atomiques». Beaucoup ne le savent pas.

Source: http://mentalfloss.com/article/33497/8-government-conspiracy-theories-and-how-they-could-be-right

Fukushima: Le cancer radioactif qui provoque la propagation des «particules chaudes» sur tout le Japon et la côte ouest de l’Amérique du Nord

Par Arnie Gundersen – Global Research, 5 avril 2014

(republié depuis Fairewinds.org)

Il y a trois ans, Fairewinds était l’une des premières organisations à parler des «particules chaudes» qui sont dispersées à travers tout le Japon et la côte ouest de l’Amérique du Nord. Les particules chaudes sont dangereuses et difficiles à détecter.

Dans cette vidéo, M. Kaltofen parle de la plus chaude particule chaude qu’il a jamais trouvé, et on l’a découverte à plus de 300 miles [482 km] du site de Fukushima Daiichi. Si Fairewinds Energy Education était un site japonais, la loi sur les secrets d’État serait susceptible de nous empêcher d’émettre cette vidéo. Arnie Gundersen fournit une brève introduction et un résumé de la vidéo.

Lire la suite: http://www.globalresearch.ca/fukushima-radioactive-cancer-causing-hot-particles-spread-all-over-japan-and-north-americas-west-coast/5376695

Les problèmes de pollution nucléaire, conséquences de la guerre en Irak

Greenpeace in IrakPhoto: Des militants Greenpeace marquent un site hautement radioactif à l’extérieur d’une école avec des avertissements en arabe. Le site référencé comme 3000 fois plus élevé que le fond.

Greenpeace International, « Un voyage en Irak »

Contexte – 10 avril 2006

L’installation de recherche nucléaire à Tuwaitha

Construite dans les années 1960, l’installation de recherche nucléaire à Tuwaitha est un complexe de plus de 100 bâtiments répartis sur un site de 35 miles carré [56 km2], situé à 18 km SSE [sud-sud-est] de Bagdad. Il était considéré comme le cœur du programme d’armement nucléaire de l’Irak. Les activités passées sur le site ont inclu plusieurs réacteurs de recherche, la séparation du plutonium et le traitement des déchets, la métallurgie de l’uranium, le développement d’initiateurs de neutrons et le travail sur le nombre de méthodes d’enrichissement d’uranium.

Après la guerre du Golfe de 1991, l’AIEA a supprimé tous les stocks connus d’armes irakiennes de matières nucléaires utilisables, conformément aux dispositions de la Résolution 687 du Conseil de sécurité de l’ONU. Toutes les autres matières radioactives, y compris l’uranium, ont été stockées dans des barils étanches à Tuwaitha et ont été vérifiées une fois par an par l’AIEA, selon les termes du Traité de non-prolifération nucléaire. L’AIEA a déclaré qu’en décembre 2002, 500 tonnes de « yellowcake » et 1,8 tonnes d’uranium faiblement enrichi sont restés à Tuwaitha, et des centaines d’autres, de sources industrielles hautement radioactives étaient encore dans le pays.

Le problème

Quand l’Irak est tombé sous le contrôle des États-Unis, le 9 avril 2003, les puissances occupantes n’ont pas réussi à sécuriser correctement Tuwaitha et d’autres sites nucléaires. Les forces d’occupation ont également échoué à procéder à un inventaire des matériaux sur n’importe lequel des sites.

Juste un jour plus tard, le 10 avril [2003], la porte d’une zone de stockage à Tuwaitha a été trouvé avec une brèche. Les forces américaines ont été réclamées par l’AIEA pour garantir la sécurité de l’installation de stockage peu de temps après le 11 avril [2003], mais le 3 mai, lorsque les forces américaines ont mené une surveillance du site, ils laissaient encore des dizaines de « travailleurs » entrer et prendre tout ce qu’ils voulaient. Sept sites liés au programme nucléaire de l’Irak ont été visités par les équipes de programmes nucléaires spéciaux du Pentagone depuis la fin de la guerre, et tous ont montré des signes de «pillage».

Les résidents vivant à proximité de Tuwaitha auraient pris des barils de matières nucléaires, appelées « yellowcake », et autres contenants, parce qu’ils en ont besoin pour conserver les aliments, l’eau, le lait et le yaourt. Ils ne savaient pas que les barils étaient radioactifs et toxiques, et qu’ils s’exposaient à de graves risques. Des témoins rapportent avoir vu des gens transportant des conteneurs et vider le contenu faiblement radioactif dans le sol ou dans les approvisionnements locaux en eau. Les signes d’avertissement destinés à la communauté locale ont été limités et rédigés uniquement en anglais. Une partie du matériel volé est maintenant retourné à la mosquée voisine où il est stocké, mais n’a pas été contenu.

Les médecins locaux sont préoccupés par le fait que les gens montrent des signes de maladie suite aux rayons, comme des saignements et des vomissements. Le Dr. Jaafar Nasser Souhayb, qui dirige l’une clinique à proximité, a déclaré que, sur une période de cinq jours, il a traité environ 20 patients du quartier près de Tuwaitha pour des symptômes similaires: essoufflement, nausées, saignements de nez graves, éruptions cutanées avec démangeaisons. [Le médecin] Suhayb craint que les résidents souffrent d’un empoisonnement suite au rayonnement, parce que plusieurs des symptômes sont compatibles avec ceux du syndrome d’irradiation aiguë.

L’expédition de Greenpeace

Nous sommes allés en Irak en juin 2003 pour examiner l’environnement local et évaluer l’ampleur de la contamination nucléaire. L’équipe a pris des échantillons du sol et de l’eau pour des analyses en laboratoire et effectué une surveillance sur place avec un équipement spécial de détection des radiations. Tandis que l’ampleur de l’enquête radiologique de Greenpeace était complète, cela a donné une idée du véritable niveau de risque pour les gens de la région et pour l’environnement.

Source: http://www.greenpeace.org/international/en/campaigns/peace/say-no-to-war-and-yes-to-peace/trip-to-iraq/

Des documents WikiLeaks évoquent le rachat du « yellowcake » irakien par les pays occidentaux

Tuwaitha-IrakPhoto: Tuwaitha Bâtiment 15 (publié sur le site de la CIA)

Dans les médias, on cite souvent les pays du Moyen-Orient pour évoquer les problèmes de droits de l’homme, mais il apparaît à travers les documents Wikileaks que le nucléaire est aussi une autre raison qui rend ces pays importants au regard des Occidentaux. Ainsi en est-il de l’Irak et de la centrale nucléaire de Tuwaitha (site nucléaire principal de l’Irak), où il est aussi question de rachat d’uranium, comme on le voit dans cette sélection de documents.

Câble n°08PARIS77, du 14 janvier 2008: « La vente du yellowcake irakien » [selon Wikipedia, le yellowcake est un « concentré d’uranium (…) qui n’est pas soluble dans l’eau et qui contient environ 80 % d’uraninite]

10. (S) Enfin, l’USDP [Secrétaire à la Défense pour la politique] Edelman s’est enquis de la position du GOF [Gouvernement français] concernant la vente possible de yellowcake irakien à la société française Areva. Les États-Unis et le gouvernement irakien étaient inquiets de faire sortir le yellowcake à l’extérieur du pays et nous avons compris qu’Areva est un acheteur potentiel. Carré a confirmé que le gouvernement français soutient la vente, et l’a fait savoir à Areva, mais que les détails techniques devront être élaborés, étant donné qu’une partie du yellowcake qui doit être vendu ne sera pas utilisable et que le droit français ne lui permettrait pas d’être importé et stocké en France. Le GOF [Gouvernement français] espère, par conséquent, que les États-Unis ou un autre pays serait en mesure d’accepter ces déchets. Cela dit, Carré a souligné, le gouvernement français avait « donné le feu vert » à la vente.

Câble n°08BAGHDAD591, du 29 février 2008: « Mise à jour de l’acheteur de Tuwaitha — post-réunion de Paris »

Coopération nucléaire à long terme des États-Unis et l’Irak

5. (S) Comme il l’a fait dans les discussions précédentes, Fahmi a posé la question sur l’établissement d’une relation sur le nucléaire à long terme entre les États-Unis et l’Irak, soulignant combien cela est important pour le GOI [Gouvernement irakien]. Ries a répondu que le GOI [Gouvernement irakien] voudra peut-être soulever cette question dans le dialogue sur la Relation à Long Terme de Sécurité Américano-Irakienne, mais il a noté que des accords de coopération nucléaire peuvent prendre une longue période de temps pour se négocier.

L’accès à Tuwaitha zone B

6. (S) Fahmi a déclaré que le ministère irakien de l’agriculture avait recueilli un certain nombre de sources de rayonnement et le MOST [Ministère des Sciences et de la Technologie] avait besoin d’un accès au site de Tuwaitha pour les stocker adéquatement. Ils sont maintenant dans un stockage temporaire et le MOST aimerait les déplacer dès que possible. Parks a répondu que les Etats-Unis fourniraient les procédures suggérées pour l’accès, la semaine prochaine. Ces procédures doivent permettre un accès relativement rapide fondé sur la coordination avec le col. Ra’ad sur le site. Fahmi a remercié Parks et réitéré qu’il était important de déplacer bientôt les sources dans le site.

Câble n°08BAGHDAD610, du 2 mars 2008: « Matériel nucléaire de Tuwaitha »

8. (S) L’ambassadeur Ries a indiqué que deux offres ont été faites pour l’achat de l’uranium irakien yellowcake, et l’offre la plus élevée est de l’enchérisseur canadien. Il a déclaré que le ministre Fahmi du Ministère de la Science et de la Technologie proposerait d’accepter l’offre du Canada lors de la prochaine réunion du Conseil des ministres. L’USG [Gouvernement US] demande au moins 14 millions de dollars pour le partage des coûts, les frais de transport et d’emballage de l’USG. L’ambassadeur Crocker a exhorté le DPM à convaincre le Cabinet d’accepter l’offre canadienne, depuis qu’AREVA a indiqué que si elle fait une offre, elle ne le fera pas avant la mi-mars, le prix de l’offre canadienne expire le 29 février, et le prix du marché ne cesse de descendre.

Câble n°08BAGHDAD1088, du 8 avril 2008: « Mise à jour des négociations de Tuwaitha »

1. (C) Résumé: Le ministère de la Science et de la technologie a tenu une conférence téléphonique le 6 avril à l’ambassade pour finaliser les négociations contractuelles avec Cameco, l’acheteur canadien du yellowcake d’uranium. Les négociations se sont bien passées, et le contrat une fois finalisé et révisé par les parties pourrait être signé dès le 11 avril, en attendant une clarification de l’USG [Gouvernement US] sur les plans de livraison. FIN DE RÉSUMÉ

2. (SBU) Le dimanche 6 avril, le ministre irakien des Sciences et de la Technologie, Riad Fahmi, a tenu une conférence téléphonique à l’ambassade avec la société canadienne Cameco. Les autres participants étaient le Dr. Fadhel Jawad, conseiller juridique du MOST [Ministère des Sciences et de la Technologie]; le sous-ministre de l’Industrie, Sami Alarjee; le sous-ministre du MOST [Ministère des Sciences et de la Technologie], Fouad Shati; Tayseer Mohammed et Mohammed Mahmood de la Banque commerciale de l’Irak.

Voir aussi: le rapport en ligne de la CIA sur le programme nucléaire irakien

Autres annexes sur l’Irak publiées sur le même site: Cartes, Bâtiments et Chiffres de Tuwaitha

Points forts en photographies: Mission de Tuwaitha, 20-22 novembre 2003 (annexe F) et description d’autres bâtiments de Tuwaitha (annexe B) – voir toutes les photos

Témoignage de Charles Duelfer sur les programmes ADM (Armes de Destruction Massive) de l’Irak

La bombe dans mon jardin: Les Secrets du Mastermind nucléaire de Saddam

Niger: les drones, la guerre en Libye, le nucléaire et Areva

NIGER-uranium

Alors que le public français se divertit de l’affaire Dieudonné et de l’affaire Julie Gayet, tout le monde semble oublier qu’il y a d’autres enjeux beaucoup plus importants en ce moment pour le gouvernement français: le Niger, les drones américains et Areva.

Dernièrement, François Hollande est arrivé à Washington pour négocier avec Barack Obama, notamment sur la question des drones au Sahel. Le terrorisme est l’une des préoccupations principales pour cette partie de l’Afrique, un enjeu de sécurité et de paix pour le continent. La France semble avoir décidé de s’armer de drones pour résoudre cette question et de s’allier avec les Etats-Unis. En décembre 2013, la France avait déjà reçu les deux premiers drones américains destinés à aller se poser au Niger. « À Paris, on se félicite déjà du partage au quotidien de renseignements obtenus par les drones français et américains basés à Niamey au Niger », comme le souligne un article du JDD. On comprend mieux pourquoi les pays occidentaux protestent si peu contre les drones tueurs des Etats-Unis au Moyen-Orient: ils envisagent de faire à peu près pareil en Afrique.

Si le gouvernement a fait le choix des drones, c’est sans doute, d’un point de vue militaire, pour économiser des vies humaines au sein de l’armée française et pour économiser les forces sur le terrain, mais il faut espérer que cela n’enclenchera pas des désastres humains comme ceux qui se sont produits au Moyen-Orient et que l’armée française fera un usage plus pacifique des drones par rapport à ce qu’ont fait les Américains. On se rappelle notamment des drones au Pakistan qui ont fait des milliers de victimes civiles, et parmi cela des dizaines d’enfants, sans parvenir à éradiquer les problèmes de sécurité et de terrorisme. Il faut espérer qu’en Afrique le même scénario ne se répètera pas et que les civils ne seront pas tués par ces machines aveugles qui survolent le ciel sans faire la différence entre un enfant, un terroriste ou un animal. Cependant, comme les Américains prévoient l’installation d’une base entière de drones au Sahel, on ne peut que prédire qu’il y aura certainement des victimes civiles, tôt ou tard.

Sur fond de négociations sur les drones, le Niger est au centre de la question, puisque la base de drones se situera sur son territoire. Les accords sont déjà signés à cet effet. Les négociations sur les drones et la sécurité au Sahel font du Niger un partenaire-clé de la France et des Etats-Unis: le Niger devient ainsi un nouvel allié occidental dans cette lutte contre le terrorisme, pour la sécurité et la stabilité de l’Afrique. On comprend donc mieux la prise de position du Niger qui désormais demande « une intervention internationale en Libye » et qui soutient la stratégie des pays occidentaux. Les drones au Sahel sont-ils le signe d’une nouvelle guerre occidentale en Libye? On imagine bien que le Niger n’a pas eu d’autre choix que de soutenir l’Occident, face à l’instabilité politique qui menace son territoire et face aux enjeux financiers avec la présence des sociétés comme Areva qui font vivre l’économie du pays.

C’est aussi pourquoi il y a sans doute eu des négociations au Niger: si le gouvernement du Niger a accepté la présence des drones français et américains, il y aura sans doute un soutien économique en échange, et pourquoi pas celui d’une renégociation des profits de la société Areva? En effet, ce n’est certainement pas un hasard si on a appris récemment que la France juge « légitimes » les demandes du Niger face à Areva (Le Monde). La déclaration du ministre délégué au développement, Pascal Canfin, coïncide étrangement avec les négociations sur les drones au Sahel et l’installation de la base américaine des drones au Niger. Autrement dit, le Niger a pris les drones, mais en échange la France va faire des efforts pour l’économie du Niger. Il semble que c’est sur ce point que se font les négociations entre les deux gouvernements. Areva est en ligne de mire, les anti-nucléaires sont certainement contents de cette petite avancée.

C’est ainsi que va le monde: il fallait des drones au Sahel, pour que la France remette en cause les profits d’Areva au Niger. Quand on pense qu’Areva exploite ce pays depuis 50 ans, on se dit que le Niger obtient tout de même très peu du gouvernement français, à travers les quelques paroles de soutien d’un ministre, face à l’immense catastrophe écologique qui a lieu dans ce pays et face à la pauvreté excessive de la population.

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