La biographie cachée des Obama: une famille au service de la CIA (2nde partie)

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Le jeune « Barry » Obama Soetoro, alors âgé de 10 ans, en compagnie de son beau-père Lolo Soetoro, de sa mère, Ann Dunham Obama Soetoro, et de sa demi-sœur, Maya Soetoro. (photo de famille, publiée par Bloomberg News)

Par Wayne Madsen, 20 septembre 2010

Dans la seconde partie de son enquête, Wayne Madsen s’intéresse à la biographie de la mère et du beau-père du Président Barack Obama. Il retrace leur parcours en tant qu’agents de la CIA d’abord à l’Université de Hawaii, où s’élaboraient quelques-uns des projets les plus sombres de l’Agence, puis en Indonésie, alors que les États-Unis préparaient un immense massacre de sympathisants communistes. Leur carrière s’inscrit dans cette période qui vit les débuts de la mondialisation en Asie et dans le reste du monde. À la différence de la dynastie Bush, Barack Obama a su cacher ses propres liens avec la CIA et en particulier, ceux de sa famille, jusqu’à aujourd’hui. Madsen conclut par cette question: « Que cache encore Barack Obama ? »

Lire la suite: http://www.voltairenet.org/article167038.html

Lire la 1ère partie de l’enquête: http://www.voltairenet.org/article166848.html

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Affaire Snowden: Un documentaire dévoile les liens secrets de la NSA et de la Suède

Relations de la NSA et de la SuèdePhoto: documents de la NSA exposés dans le documentaire suédois

« Les documents Snowden et la Suède » (avec sous-titres anglais)

Après six mois, les journalistes Fredrik Laurin, Sven Bergman et Joachim Dyfvermark ont pris contact avec Glenn Greenwald, qui détient les documents qu’Edward Snowden a fuité de l’organisation américaine du renseignement d’origine électromagnétique, la NSA. Ils ont réalisé ce rapport.

Voir la vidéo en ligne: http://www.svt.se/ug/view-the-report-about-the-snowden-documents-and-sweden-with-english-subtitles

Des documents révèlent les relations du renseignement de la NSA avec la Suède: https://wikileaksactu.wordpress.com/2013/12/11/des-documents-revelent-les-relations-du-renseignement-de-la-nsa-avec-la-suede/

Documents sur la NSA et la Suède: http://freesnowden.is/wp-content/uploads/2013/12/samtliga.pdf

Les espions de Stratfor en Tunisie

Par | 1 mars, 2012

Traduit de l’arabe par Farhat Othman.

Petits papiers du renseignement mondial

Nawaat a été le premier site à publier les documents diplomatiques de WikiLeaks concernant la Tunisie, mis en ligne deux semaines avant le déclenchement de la Révolution tunisienne sur le site TuniLeaks. Aujourd’hui, Nawat ouvre avec WikiLeaks le dossier de STRATEGIC FORECASTING ou STRATFOR, l’une des sociétés privées américaines de renseignement les plus en vue au monde.

Wikileaks a entamé, lundi 27 février 2012, en coopération avec 25 médias dont Nawaat, la publication de ce que le site appelle Petits papiers du renseignement mondial (The Global Intelligence Files) ou les petits papiers du renseignement mondial, comprenant un peu plus de cinq millions de messages électroniques (ou courriels) de la société américaine STRATFOR spécialisée dans le renseignement et l’analyse stratégique et dont le siège est au Texas aux États-Unis. Ces courriels entre les informateurs et les analystes de l’agence du renseignement s’étalent sur une période allant de juillet 2004 à fin décembre 2011.

Ces correspondances, dont Nawaat a eu une copie intégrale, lèvent le voile sur l’activité de renseignement tous azimuts de cette société qui se vend comme étant un «éditeur du renseignement» alors qu’elle loue ses services stratégiques à un nombre important d’appareils privés du renseignement secret, aux entreprises multinationales géantes ainsi qu’à un certain nombre d’agences gouvernementales américaines, y compris le Département américain de la Sécurité intérieure (DHS), les Marines, l’Agence du renseignement pour la défense (DIA) et d’autres agences et organes spécialisés. Cette société a, entre autres objectifs, d’« apprendre aux institutions américaines du renseignement à acquérir sa manière de fonctionner ».

Le site de WikiLeaks avait publié une annonce assurant que les messages électroniques dévoilent le recours de STRATFOR «à un réseau d’informateurs, à une infrastructure pour financer des dessous-de-table, à des techniques de blanchiment d’argent et à des méthodes psychologiques de manipulation». Cette annonce ajoute aussi que « les documents démontrent le type de fonctionnement d’une agence privée du renseignement et comment elle prend pour cible des individus les manipulant pour le compte de ses clients privés et gouvernementaux ».

STRATFOR, qu’on appelle la CIA privée (The Private CIA) ou la CIA de l’ombre (Shadow CIA), a été fondée en 1996 et est devenue célèbre au cours de la guerre du Kosovo en 1999 puis à la suite des événements du 11 septembre 2001 et ce qui s’en suivit comme « guerre contre le terrorisme ».

STRATFOR se définit comme étant « le fournisseur à ses abonnés d’un service d’analyses géopolitiques (…) leur permettant la compréhension des relations internationales, de ce qui se passe dans le monde aujourd’hui et de ce qui se passera après ».

C’est après la guerre contre l’Irak en 2003 que STRATFOR a commencé à s’intéresser au Moyen-Orient en s’employant à mettre en place un réseau d’agents, d’informateurs et d’analystes dans la région. Le rythme d’activité de l’agence s’est accéléré et son réseau s’est étendu avec la précipitation des événements du Printemps arabe et la vague de révolutions qui a secoué la région. Témoin en est la correspondance secrète reproduite en fin d’article évoquant la revalorisation du salaire des espions dans la région arabe à partir du mois d’octobre 2011.

C’est le groupe de hackers Anonymous, lors d’une attaque de LulzXmas en décembre dernier, qui a réussi à pirater la messagerie de la société, mettant la main sur la liste des contacts et des millions de correspondances secrètes entre les agents, les responsables et les analystes de la société et qui les a remis à WikiLeaks.

Comment fonctionne STRATFOR ?

STRATFOR recueille les informations auprès d’un certain nombre de sources ouvertes comme les articles publiés sur Internet, dans les magazines, les sites sociaux et de chat ainsi que les études universitaires et gouvernementales non classées confidentielles. À cela s’ajoute un réseau de ressources humaines composé d’informateurs répartis autour du monde et ayant des antécédents dans le milieu sécuritaire, militaire, économique, informationnel ou académique. STRATFOR diffuse ses rapports sous forme de correspondances auprès de 300.000 abonnées et un peu plus de deux millions agents de courriels qui reçoivent gratuitement les «mises à jour» de la société.

Dans son activité du renseignement, STRATFOR compte sur un groupe d’agents appelés «sources» dont le travail consiste à recueillir les informations et à mobiliser d’autres agents. La «source» obtient un salaire modulable selon l’importance de l’information obtenue. Et ces «sources» travaillent selon la pratique traditionnelle du renseignement, soit sous couverture diplomatique, journalistique ou académique. Les rapports de la «source» sont envoyés périodiquement par le courrier électronique au secteur des «Analystes» qui procèdent à l’évaluation de l’information, son analyse et sa classification puis son envoi par courrier électronique à d’autres listes d’adresses selon la catégorie de l’information (économique, politique, sécuritaire, terrorisme, etc.), la localisation géographique (Moyen-Orient, Asie Centrale, Amérique Latine, etc.) et son importance (L’importance de l’information se classe entre des notes allant A à F, la note A représentant l’information importante et la note F l’information sans intérêt). Les sources sont, elles aussi, classées selon une gradation préétablie de conditions comme sa crédibilité et son degré d’investissement à servir la société en informations.

Le deuxième flux d’informations est véhiculé par les «Contrôleurs» (Monitors) qui compilent les articles et les études publiées sur les journaux et sur internet et les envoient à l’«Officier de contrôle».

Le travail de cet «Officier de contrôle» est central puisqu’il procède au filtrage et à la catégorisation des informations en provenance des «Contrôleurs» par le biais du groupe des «Analystes» et à partir des «sources». Par la suite, il se charge de les envoyer à un certain nombre de listings de courriels en vue d’évaluation et d’analyse. Certains de ces listings de messagerie sont confidentiels, réservés aux analystes et directeurs de la société, d’autres ne le sont pas, en ce sens qu’elles atterrissent chez tous les employés de la société en tant qu’information.

Ensuite vient le tour des analystes qui procèdent à la collecte de tous ces renseignements et informations puis les envoient au service de la rédaction se chargeant de la mission de mettre en forme les rapports de renseignement avant de les vendre aux clients de la société.

Cas de la Tunisie

Grâce à la coopération existant entre les sites Nawaat et WikiLeaks, Nawaat procédera les prochaines semaines, en partenariat avec le site de Julian Assange et 25 médias internationaux, à la publication de ce qui pourrait se révéler d’intérêt concernant l’activité de renseignement de cette société en Tunisie ainsi que la nature des sujets ayant retenu son attention et celui de ses espions dans notre pays.

Selon une première investigation dans le contenu de ces correspondances secrètes, Nawaat est parvenu à dénombrer quelque 5000 courriels ayant trait à la Tunisie parmi les cinq millions de courriels que comprend le corpus documentaire.

Le groupe Nawaat est aussi parvenu à identifier le principal agent des informateurs de cette société en Tunisie, un jeune d’origine européenne, apparemment de nationalité allemande, gérant son activité de renseignement à partir de la capitale et ayant le grade d’«Officier de contrôle» (Watch Officer).

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Augmentation du salaire de ME1
Date 17-10-2011 21:22:41
De: holly.sparkman@stratfor.com
À: bassetti@stratfor.com
Autres MessageId: <297576380.226029.1318879361850.JavaMail.root@core.stratfor.com>
En réponse à : 4E9C5652.3060306@stratfor.com
Texte
Est-ce que Don a eu ces e-mails? Il devrait.

De: “Rob Bassetti”
À: “payroll”
Envoyé le: Lundi, 17 octobre, 2011 11:22:42 AM
Objet: Augmentation du salaire de ME1

Vient juste recevoir un mot de Meredith pour augmentation salaire de ME1 à $6000 par mois, moitié imputée sur actuel département, moitié imputée sur 570 (Stratcap).

Source: http://nawaat.org/portail/2012/03/01/les-espions-de-stratfor-en-tunisie/
http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,11578.0.html

WikiLeaks déshabille Stratfor

Le 27 février 2012

En partenariat avec WikiLeaks, OWNI met en évidence le fonctionnement de l’un des leaders du renseignement privé, la société Stratfor, basée au Texas. Sorte de mercenaire du renseignement, particulièrement soucieux de ses secrets de fabrication. Cinq millions de courriers de cette société seront progressivement mis en ligne par WikiLeaks.

WikiLeaks met à jour la correspondance d’une des plus importantes entreprises de renseignement privé au monde, Stratfor, en partenariat, notamment, avec Rolling Stones aux États-Unis, la chaîne ARD en Allemagne, la Republica et l’Espresso en Italie, Publico en Espagne et OWNI en France.

À travers cette opération, WikiLeaks met en place une base de données de cinq millions d’emails, rédigés entre juillet 2004 et décembre 2011, et décrivant les petits secrets de cette société très particulière, basée à Austin au Texas, et fondée en 1996. Autour d’elle gravitent d’anciens agents secrets, d’ex-diplomates, des militaires en retraite, ou des fonctionnaires en poste soucieux de préparer leurs vieux jours.

Au mois de décembre dernier, des Anonymous avaient expliqué qu’ils avaient pénétré sur les serveurs de cette entreprise chef de file du secteur aux États-Unis, et qu’ils avaient pu copier quantité de fichiers permettant de mieux connaître ses activités.

Fabrication du renseignement privé

À terme, l’exploitation de la base de données constituée par WikiLeaks devrait mettre à jour les procédés de fabrication du renseignement privé, facturé par Stratfor aux plus offrants dans des proportions industrielles (à des entreprises comme à des administrations, dans le monde entier), entretenant des liens pour le moins ambigus avec les services étatiques.

Dans un premier temps, nous avons voulu comprendre les supports et la matière première des notes et des rapports vendus par l’entreprise. Car elle apporte un soin tout particulier à son marketing, volontairement construit dans un registre proche de celui de l’espionnage.

Ainsi, dans cet échange d’emails du 1er octobre 2009 entre plusieurs hauts responsables de l’entreprise, il est question de diffuser des informations brutes en direction des clients. Après quelques réflexions, la réponse des dirigeants résume le décalage entre l’image d’une telle société – teintée de mystère – et la réalité de son fonctionnement :

« Du point de vue de la marque, fondée sur la Qualité, le Statut et l’Aura mystique, je pense que montrer trop de notre travail interne dévaluerait notre aura mystique. Personne ne sait comment nous collectons nos informations. C’est l’un des aspects les plus cools et mystérieux de Stratfor. Rendre public de l’information brute serait cool pour quelques semaines, mais cela rendrait notre travail plus attendu et nous perdrions un peu de notre aura mystique sur la collecte d’informations. »

Officiellement, Stratfor se targue de diffuser des informations confidentielles, mais les messages internes montrent qu’une gradation existe. La note A sanctionne une information qu’on “ne peut trouver nulle part ailleurs” et la note B une information disponible uniquement “dans des cercles limités”. Les autres notes renvoient à des informations accessibles dans des sources ouvertes avec une analyse pertinente qui fait leur valeur ajoutée (note C), dont le contenu est resté néanmoins peu connu (note D), ou qui est accessible à de nombreux endroits différents (note F).

Dans les correspondances internes, les analystes ajoutent plusieurs champs quand ils rapportent leurs échanges avec des sources: son code, l’attribution (comment citer le source), une description de la source pour un usage interne, la possibilité de publier l’information ou non, des précautions particulières et le nom de la personne chargée du suivi.

Ministres et sources ouvertes

Dans la réalité de ses échanges au quotidien cependant, peu de sources de Stratfor justifient un tel mystère. D’abord, dans la majorité des cas, il s’agit simplement d’articles lus sur des sites. Quand ce n’est pas le cas, les fonctions et qualités des sources apparaissent au fil de la lecture. Il s’agit de journalistes, d’hommes d’affaires, parfois de membres de la communauté du renseignement ou de l’armée, plus rarement de diplomates ou d’hommes politiques.

Ainsi, le 2 septembre 2011, un analyste raconte son entretien avec le Premier conseiller et l’attaché de défense de l’ambassade tchèque à Washington. Le Premier conseiller devait devenir secrétaire d’Etat aux affaires étrangères. Un entretien en off sur le rôle de l’Otan qui sera attribué à des sources de Stratfor à Prague et à Washington.

Le directeur de Stratfor, Georges Friedman, a accès à des sources plus haut placées, mais qui partagent davantage des analyses que des informations précises. Dans un email daté du 20 février 2010, il raconte une réunion avec Henry Kissinger, l’ancien secrétaire d’État de Reagan, Paul Volcker, ancien directeur de la réserve fédérale américaine et ancien conseiller d’Obama, ainsi que Nicholas Brady, secrétaire d’Etat au trésor sous Reagan et Bush. En juillet 2011, il mentionne un entretien avec le ministre des affaires étrangères du Kazakhstan à propos de la situation régionale.

Néanmoins, la plupart des échanges se fonde sur des informations obtenues en sources ouvertes. Les discussions tentent ensuite de faire émerger une analyse pertinente et inédite de la situation, en mêlant des informations difficiles à étayer.

Dans un email du 13 septembre 2010, un analyste, Sean Noonan, envoie un article de The New York Observer sur la construction d’un centre islamique à proximité de Ground Zero. Un autre, Fred Burton, lui répond que l’imam responsable du projet est un informateur du FBI, une affirmation difficilement vérifiable, mais qui modifie le sens de l’article.

Sources ouvertes

De manière bien plus ordinaire donc, ce sont des sources ouvertes qui servent à rédiger des fiches synthétiques pour des clients prêts à dépenser beaucoup d’argent pour se sentir informés. En septembre 2009 par exemple, Stratfor rédige deux rapports sur les offres formulées au Brésil par trois fabricants d’avions de chasse.

Mais ces documents de 7 et 17 pages reprennent en réalité des articles de presse récents consacrés aux propositions commerciales du Suédois Saab et du Français Dassault, ainsi que des extraits de leur site Internet.

En février 2008, des recherches sur le secteur de l’industrie chimique sont commandées. Le client, dont le nom n’est pas précisé, veut des informations sur “les risques actuels ou futurs” que pourraient courir des entreprises du secteur. En particulier, l’attention est portée sur le prix du pétrole, le risque de nationalisation dans certains pays et la législation en vigueur sur les produits chimiques. Des informations disponibles en source ouverte.

Stratfor se nourrit aussi de documents obtenus avant publication. Un analyste de la section Eurasie envoie ainsi un rapport de l’agence de notation Moody’s sur la crise de la dette irlandaise avant sa sortie officielle.

Meilleure note

Le classement des quelques sources fermées, laissant supposer des liens ambigus avec des personnes en poste dans des services de renseignement étatique, obéit à d’autres règles. Sont pris en compte la vitesse de réaction à une demande (“Source Timeliness”), le degré de proximité avec le sujet traité (“Source accessibility”), et la disponibilité (“Source availability”). De même pour la qualité des informations transmises.

La crédibilité et l’exclusivité (“Uniqueness”) sont aussi mesurés. Chaque catégorie est ensuite notée sur une échelle de A (la meilleure note) à F (la plus mauvaise), sans utiliser le E. Une source répondant dans les 24 heures sera créditée d’un A, tandis qu’une source dont on a de “la chance de recevoir une réponse tout court” hérite de la plus mauvaise note.

Le degré de proximité commence à “la connaissance intime” d’un sujet (note A). Vient ensuite la connaissance proche (“demander à quelqu’un de l’industrie pétrolière son avis sur le gaz naturel”). Le classement le plus bas renvoie à “quelqu’un qui n’a aucune connaissance du tout d’une industrie en particulier”.  L’information que l’on peut “déposer à la banque” a la meilleure note de crédibilité. La plus mauvaise sanctionne celle qui “s’apparente à de la désinformation”.

Rumeurs

Le champ d’expertise de Stratfor se veut large. Il va de l’intelligence économique à la géopolitique. Mais l’agence de renseignement privé traite aussi de politique intérieure, en diffusant des messages dans lesquels les interlocuteurs ne semblent pas discerner entre la rumeur et l’information vérifiée. Ainsi, au lendemain de l’élection présidentielle américaine de 2008, un responsable rapporte que John McCain, candidat républicain malheureux, a décidé de ne pas entamer de poursuites pour des cas de fraudes en Ohio et en Pennsylvanie car ce “serait au détriment [du] pays”.

Deux jours plus tard, un autre message revient sur les conditions du scrutin. Fred Burton, un haut responsable de Stratfor, affirme que des “Démocrates noirs ont été surpris en train de bourrer les urnes à Philly [Philadelphie, NDLR] et dans l’Ohio” mais il assure que McCain aurait choisi de ne pas se battre, ce qui ne ferait pas consensus au sein de son parti.

Une hypothèse qui, ainsi formulée, tient quasiment de la conspiration. Au-delà de l’aura de mystère, de tels messages laissent planer sur la production de ce marchand d’études des risques et d’analyses géopolitiques comme une aura d’esbroufe.

Sources: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,8958.0.html et http://owni.fr/2012/02/27/stratfor-wikileaks-gi-files/

OWNI: Le dir’com états-unien de la Syrie

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Bachar al-Assad avait recruté des « spin doctors » anglo-saxons. Ils avaient déclaré ne plus travailler pour le président-dictateur syrien. Or, les documents obtenus par WikiLeaks, et révélés par Owni, montrent qu’il n’en est rien et qu’ils ont continué pendant la répression.

En plein printemps arabe, le magazine Vogue publiait, dans son édition de mars 2011, un portrait élogieux d’Asma al-Assad, la femme du dictateur syrien, sobrement intitulé “Une rose dans le désert“.

Illustré de photographies de James Nachtwey et signé Joan Juliet Buck, ex-rédactrice en chef de la version française de Vogue, l’article a depuis été effacé du site web de Vogue (on peut le retrouver via archive.org).

Aux États-Unis, des dizaines d’articles avaient en effet dénoncé l’incongruité d’une telle publication, quelques jours seulement avant le déclenchement de la révolution syrienne, et la façon dont il cherchait à humaniser un dictateur en montrant à quel point sa femme était belle et raffinée.

Cet article n’aurait probablement jamais été rendu possible sans l’entregent de Mike Holtzman et de son employeur, le cabinet de relations publiques Brown Lloyd James.

Ex directeur des affaires publiques du Council on Foreign Relations, passé par le département d’Etat américain et le cabinet de Bill Clinton, désigné comme “officier de liaison” à Ground Zero en septembre 2001, Mike Holtzman s’illustra en aidant la Chine à remporter les jeux olympiques de 2008, ce qui lui valut d’être désigné comme la personnalité de l’année par PRWeek, le magazine des relations publiques, et d’être recruté dans la foulée par Brown Lloyd James.

Créé par Peter Brown, l’ancien assistant des Beatles, et Sir Nicholas Lloyd, un ancien journaliste du Daily Express, ce cabinet de relations publiques, qui a notamment aidé le Qatar à emporter la coupe du monde de football 2022, travaille tout aussi bien pour Russia Today que pour Disneyland Paris, la principauté de Monaco et Al Jazeera, avec un focus sur les pays arabo-musulmans.

En 2002, Mike Holztman faisait ainsi paraître une tribune libre appelant à la privatisation de la diplomatie, afin d’améliorer les rapports entre les États-Unis et le Moyen-Orient, puis une seconde, en 2003, fustigeant la propagande américaine dans les pays arabo-musulmans.

En 2009, Brown Lloyd James se faisait également remarquer en travaillant pour la Libye, afin de permettre à Kadhafi de publier une tribune libre dans le New York Times, de faciliter son célèbre voyage au siège des Nations-Unis (où il avait accusé le Conseil de sécurité d’être un “Conseil de la terreur car le terrorisme ce n’est pas seulement al-Qaida“), ou encore de favoriser une rencontre entre George Bush et le fils Kadhafi.

Brown Lloyd James a toujours refusé de répondre aux questions de la presse. Mais un mémo de la Justice américaine a révélé que le cabinet avait bien été sous contrat avec la Syrie, afin d’améliorer l’image de marque d’Asma al-Assad à l’étranger, la société tenant cela dit à préciser n’avoir “fourni aucun service à la famille Assad depuis décembre 2010“, date à laquelle elle avait organisé, selon The Guardian une interview avec Asma al-Assad.

Ce même mois de décembre 2010, Paris Match avait lui aussi rencontré la femme du dictateur syrien, à l’occasion d’une visite officielle des époux al-Assad à Paris, et publié une interview de 4 pages intitulée “Deux amoureux à Paris“. Contacté par Owni, Régis Le Sommier, le journaliste de Paris Match qui avait signé le papier, répond n’avoir jamais “été en contact avec Brown Lloyd James, ni avec Mike Holtzman“.

Pourtant, un des 2 434 899 emails obtenus par WikiLeaks dans le cadre de l’opération Syria Files, estampillé “classified“, révèle la présence de Mike Holtzman à Paris en compagnie d’Asma al-Assad en décembre 2010.

Surtout, d’autres e-mails et documents montrent qu’il a bel et bien continué à conseiller le dictateur syrien, jusqu’en janvier 2012, et alors que la répression faisait des centaines, voire des milliers de morts.
Un “super-héros” musulman, et amputé.

Plusieurs emails, révélés par les Syria Files et confirmés par un article du magazine Foreign Policy, montrent par ailleurs que Mike Holtzman, censé avoir cessé de travaillé pour la Syrie depuis décembre 2010, s’était rendu à l’Opéra Dar al Assad de Damas pour une conférence le 9 février 2011.

Dans un premier email, Rachel Walsh, qui travaille pour Brown Lloyd James au Qatar, écrit à Sondos Sosi, chargée des relations avec la presse au ministère syrien des Affaires Présidentielles, que sa “collègue Sheherazad Jaafari lui a conseillé d’envoyer des documents à propos de la conférence du 9 février“.

Sheherazad Jaafari n’est pas n’importe qui : fille de l’ambassadeur de Syrie aux Nations Unies et conseillère en communication de la famille al-Assad, elle avait effectué un stage chez Brown Lloyd James, et Mike Holtzman avait été son “chef“. Dans un message envoyé à Sondos Sosi dans la foulée, elle joint un tableau recensant les sièges réservés pour la conférence du 9 février. Aux premiers rangs, des places destinées aux membres du gouvernement syrien ainsi qu’à des ambassadeurs étrangers, mais également à Asma Al Assad, épouse de Bachar, à côté de laquelle est installé Mike Holtzman.

Quelques heures plus tard, Sondos Sosi fait parvenir par email le programme de la soirée à Luna Chebel, une autre conseillère en relations presse de Bachar al-Assad et ancienne journaliste à Al Jazeera. Mike Holtzman y est présenté comme le “maître de cérémonie de la soirée“, chargé d’introduire tous les invités.

Ironie de l’histoire, et alors que le soulèvement syrien allait débuter un mois plus tard, Mike Holtzman venait y présenter “Le Scorpion d’Argent“, une bande dessinée qui raconte l’histoire d’un jeune arabe amputé des deux jambes après avoir sauté sur une mine antipersonnel, écrite par de jeunes handicapés américains et syriens, et produite par l’ONG Open Hands Initiative -dont Mike Holtzman fait partie du comité consultatif- afin d’ouvrir “une nouvelle phase diplomatique” entre les États-Unis et les pays arabo-musulmans…
“Il n’est pas nécessaire de détruire le pays”

Les Syria Files révèlent un autre document, encore plus embarrassant : le 19 mai 2011, Mike Holtzman envoyait, en effet, à Fares Kallas, proche collaboratrice d’Assam al-Assad, un “Memorandum” intitulé “analyse de la communication de crise“, lui expliquant ce qu’il conviendrait de faire pour que l’image de la Syrie ne soit pas trop entachée par la répression, qui avait débuté deux mois plus tôt :

« Il est clair, au vu des déclarations du gouvernement américain depuis le début des manifestations en Syrie, que l’administration Obama veut la survie du régime actuel. Contrairement à ses réactions aux manifestations dans d’autres pays de la région, il n’y a eu aucune demande de changement de régime, ni d’intervention militaire. »

Le mémorandum n’en souligne pas moins que la position des États-Unis pourrait évoluer en fonction, notamment, de la couverture médiatique, tout en déplorant l’approche déséquilibrée de la communication” de la Syrie depuis le début de la “crise” :

 » S’il est nécessaire de se reposer sur un pouvoir fort afin de réprimer la rébellion, le soft power est nécessaire pour rassurer le peuple syrien ainsi que le public extérieur sur le fait que la réforme se poursuit rapidement, que les griefs légitimes sont pris en compte et au sérieux, et que les actions de la Syrie visent essentiellement à créer un environnement dans lequel le changement et le progrès peuvent avoir lieu. »

Début mai, alors que Michael Hotzman rédigeait ce mémorandum, les ONG estimaient que plusieurs centaines de personnes avaient d’ores et déjà été tuées par l’armée, et que des milliers avaient été arrêtées. Hotzman se borne, lui, à alerter le président syrien sur les risques de dérive et d’instabilité si d’aventure les manifestants étaient renvoyés chez eux par la peur plutôt que par “la conviction que leur gouvernement est sensible à leurs préoccupations” :

 » La Syrie semble communiquer avec deux mains. Une qui propose la réforme, l’autre l’autorité de la loi. L’autorité de la loi est un poing. La réforme une main ouverte. A ce jour, le poing semble, pour l’opinion publique internationale, et probablement pour de nombreux Syriens, 10 fois plus fort que la main tendue. Elles doivent être mieux équilibrées. »

Brown Lloyd James propose ainsi au président syrien de communiquer plus souvent, tout en estimant “nécessaire que la First Lady rentre dans le jeu : la clef est de montrer force et sympathie en même temps“, comme ce fut le cas avec les précédents papiers de Vogue et de Paris Match.

La société de conseil propose également de lancer une campagne de presse internationale expliquant les difficultés rencontrées par Bachar al-Assad dans sa volonté de réforme, mais également d’améliorer sa communication “sur le plan de la sécurité“, en le montrant prendre des sanctions publiques envers les forces de sécurité qui, ne respectant pas ses ordres, tirent sur des civils désarmés.

 » Cela permettrait de montrer sans équivoque possible que toute personne qui enfreint la loi – qu’il s’agisse de manifestants ou de soldats – devront faire face à leurs responsabilités. »

Afin de contrer la mauvaise publicité faite par les “figures de l’opposition syrienne” vivant à l’étranger, mais également de contrecarrer le “torrent quotidien de rumeurs, de critiques et de mensonges“, Brown Lloyd James propose également de mettre en place une cellule de veille 24h/24 afin de surveiller les médias, voire de contre-attaquer :

 » Les réseaux sociaux devraient être surveillés et les faux sites poursuivis en justice et effacés. »

En conclusion, Brown Lloyd James suggère d’en appeler au patriotisme des Syriens afin de mettre l’accent sur le fait qu’”il n’est pas nécessaire de détruire le pays pour atteindre l’objectif partagé par tous : vivre dans un pays libre et prospère“, et met l’accent sur deux recommandations :

. reconnaître que la violence qui a lieu en ce moment est regrettable. Mais ce ne sont pas les responsables syriens qui l’ont cherché. Ses dirigeants sont obligés de protéger la Syrie, afin de créer les conditions de calme nécessaire à la mise en place de la réforme.
. continuer à exprimer sa confiance dans l’avenir, et dans le fait que la crise est sur le déclin.

“On ne tue pas sa population”

Début janvier 2012, Fares Kallas, à qui avait été adressé le mémorandum de Mike Holtzman, faisait fermer 11 faux comptes Twitter usurpant l’identité du couple al-Assad (@FirstLadysyria, @Asma_AlAssad, @Bashar_alAssad, @SyrianPresident, etc.).

En mars 2012, le quotidien britannique The Guardian révélait des échanges d’e-mail entre Sheherazad Jaafari et Mike Holtzman, son “ancien chef” chez Brown Lloyd James.

Dans ces emails, datés du 11 janvier 2012, la fille de l’ambassadeur de Syrie aux Nations Unies, devenue conseillère en communication des époux al-Assad, évoque un meeting à Damas où Bachar al-Assad martela, devant des dizaines de milliers de supporters, qu’il voulait faire du rétablissement de la sécurité “la priorité absolue“, promettant de frapper les “terroristes” d’une main de fer :

« Je suis venu pour puiser la force auprès de vous. Grâce à vous, je n’ai jamais ressenti la faiblesse. Nous allons triompher sans aucun doute du complot. Leur complot approche de sa fin, qui sera la leur aussi. »

Dans cette série d’emails, Sheherazad écrit à Mike que “cet homme est aimé par son peuple“, ce à quoi le communiquant américain lui répond “je suis fier de toi. J’aimerais être là pour (vous) aider“, avant de préciser :

« Nous avons besoin d’une nouvelle politique américaine. Quels idiots. »

Ce jour-là, le journaliste Gilles Jacquier du magazine télévisé « Envoyé spécial » était tué à Homs pendant un tournage autorisé par les autorités syriennes. Et la répression avait d’ores et déjà fait plusieurs centaines de morts, et des milliers de Syriens avaient été arrêtés, et torturés.

Sheherazad Jaafari est depuis tombée en disgrâce, et retournée aux États-Unis, pour avoir tenté de mettre en pratique les conseils de son “ancien chef“.

D’autres emails, obtenus par Anonymous et publiés en février 2012 par Haaretz, révèlent en effet qu’elle avait expliqué à Bachar al-Assad que “la psyché américaine peut facilement être manipulée“, afin de le préparer à la désormais célèbre interview où il allait déclarer à la télévision américaine ABC qu’”il n’y a pas eu d’ordre demandant de tuer ou d’être violent“, et qu’il avait “fait de son mieux pour protéger la population“, contestant le chiffres de 4000 morts dressés par l’ONU, pour affirmer que “la majorité” des personnes tuées étaient “des partisans du régime et non l’inverse” :

«On ne tue pas sa population… Aucun gouvernement dans le monde ne tue son propre peuple, à moins d’être mené par un fou.»

L’affaire a rebondi début juin avec la publication dans le Telegraph d’autres e-mails échangés cette fois entre Sheherazad Jaafari et Barbara Walters, la journaliste qui avait interviewé Bachar al-Assad pour ABC, révélant comment cette dernière avait cherché à pistonner la jeune syrienne afin qu’elle soit embauchée par CNN, ou qu’elle intègre la Columbia School of Journalism… ce qui a poussé la vénérable journaliste, prise en flagrant délit de conflit d’intérêts, à présenter ses excuses.

Mike Holtzman, si prompt à aider ses clients, dictateurs compris, à manipuler la presse, a toujours refusé de répondre aux questions des journalistes.

Enquête réalisée avec Pierre Leibovici (@pierreleibo sur Twitter).

Voir l’article original ici :
http://owni.fr/2012/07/06/le-dir-com-americain-de-la-syrie/

Une firme US encourage « le poing et la main ouverte » en Syrie

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Le 19 mai 2011, un mémorandum intitulé “Analyse des communications en temps de crise“ a été transmis par sam@alshahba.com, un compte qui est probablement utilisé par le président syrien Bachar al-Assad, au ministre syrien des Affaires présidentielles Mansour Azzam. Le mémo a été écrit par Brown Lloyd James (BJL), une puissante firme de communication de renommée mondiale engagée par le régime syrien pour améliorer son image.

La firme de communications avait initialement envoyé le mémo à Fares Kallas, le directeur des projets et initiatives au bureau de la première dame, Asma al-Assad. Il contient une évaluation de la situation en Syrie et donne des recommandations sur comment gérer le soulèvement d’un point de vue des communications. BJL a été fondé par Peter Brown, présentement chef de direction, et Sir Nicholas Lloyd, présentement directeur, en 1997 à New York et à Londres. Mike Holtzman est présentement le président de la compagnie.

BJL a trois “bureaux principaux“ basés à New York, à Londres et à Doha, avec des “bureaux stratégiques“ à Washington DC, Hô Chi Minh-Ville, Rome, Francfort, Paris, Moscou et Madrid. La page “À propos de BJL“ sur le site web proclame “Brown Lloyd James est géré par un groupe d’élite de distingués anciens cadres du domaine des nouvelles, des conseillers politiques de haut niveau de la Maison-Blanche et du Downing Street, des cadres de haut niveau de l’industrie du divertissement et des experts des affaires internationales. Notre équipe a été le bras droit de présidents, de premiers ministres, de barons des médias, et oui, même des Beatles.”

Un nombre de clients internationaux très importants a été représenté par BJL, incluant le Royaume du Maroc, Mouammar Kadhafi, la Fondation du Qatar, la Tony Blair Faith Foundation, la ville de Londres et le ministre de l’Intérieur irakien. Elle a été impliquée dans un certain nombre de campagnes réussies, incluant la soumission gagnante du Qatar pour la tenue de la coupe du monde FIFA 2022 et le lancement d’al-Jazeera anglais aux États-Unis. L’année dernière, la firme a été impliquée dans l’embellissement de l’image du régime Assad en Occident à travers différents projets, en commençant par un portrait flatteur d’Asma al-Assad dans le Vogue publié en février 2011. Vogue a supprimé l’article de ses archives à la suite des critiques qu’il a reçu.

Le mémorandum de mai 2011 offre un guide pour les membres de la clique politique syrienne du régime pour retravailler leur image et redéfinir leur message, alors que l’armée tente d’écraser le soulèvement. En plus, le mémo contient des conseils sur une possible campagne de relation publique et sur des actions sociales qui pourraient revigorer l’image du régime de par ce processus. Il commence par noter que “l’administration Obama veut que la direction en Syrie survive“, mais reconnaît que la position du gouvernement américain a changé au fil du temps.

Une brève évaluation de la gestion du soulèvement par les autorités politiques syriennes, strictement basée sur ses talents au niveau de la communication, s’en suit. Il est écrit, “La Syrie a eu un déséquilibre dans son approche des communications depuis le début de la crise.” ”Si le pouvoir dur est nécessaire pour apaiser la rébellion, la puissance douce est aussi nécessaire pour rassurer le peuple syrien et l’extérieur que cette réforme se poursuit rapidement, que les griefs légitimes sont pris en compte et pris au sérieux, et que les actions de la Syrie visent ultimement à créer un environnement dans lequel le changement et le progrès peuvent avoir lieu. »

BJL a averti que l’agenda de la réforme a été largement perçu comme étant dépourvu de volonté et semblait avoir « pris l’arrière-plan face à la crise politique immédiate ». Ainsi, le résultat continuera très probablement à être « une recette pour des énervements et de l’instabilité à l’avenir » à l’intérieur de la sphère domestique, en même temps que d’ »enhardir les critiques et le renforcement de ceux qui ne croient pas que la réforme est sincère » en dehors de la Syrie.

Ainsi, le mémo de BJL a recommandé un équilibre entre les “deux mains“ du régime: “La règle de droit est un poing. La réforme est une main ouverte. Maintenant, le poing apparaît pour l’extérieur, et probablement à beaucoup de Syriens, comme si elle est dix fois plus grande que la paume tendue. Ils doivent être mis en meilleur équilibre. »

« La réforme axée sur la sensibilisation doit être radicalement améliorée, à la maison et à l’étranger, ou bien la crédibilité de ces efforts – et un élément clé de l’appel du Président et de sa popularité parmi le peuple – sera diminuée. Le recentrage de la perception de l’extérieur et des Syriens sur la réforme fournira une couverture politique au gouvernement des États-Unis en général sympathique, et délégitimer les critiques tant à la maison qu’à l’étranger. » Pour ce faire, l’entreprise a fait cinq recommandations stratégiques essentielles pour surmonter l’échec du régime dans les  relations publiques. Il s’agit d’exploiter l’image de Bachar et d’Asma à travers des actions telles que des visites inopinées et bien prévues, des rencontres médiatisées avec des familles et des jeunes, ainsi que l’utilisation de promesse de réforme sur la condition de la stabilité, et en plaçant un accent particulier sur l’avenir.

En outre, il est recommandé que l’administration tienne l’armée et les forces de sécurité responsables, faisant « un spectacle visible, très public, de punir/congédier/ inculper les troupes qui ne respectent pas les ordres [d’Assad] » de ne pas tirer sur des civils, de dépeindre un sentiment d’équité et indiquer ses sérieuses intentions face à la réforme. Aussi, il est recommandé d’établir un système de surveillance médiatique, opérant 24 heures, pouvant combattre les récits négatifs contre le régime.

Finalement, l’entreprise a souligné que « des efforts devraient être faits pour convaincre de la “normalité“ pour faire contraste aux nouvelles actuelles représentant la Syrie comme étant sur le bord du chaos. » Le mémorandum prend fin en conseillant la direction politique “de continuer à exprimer sa confiance dans l’avenir et que la crise est en déclin. » Essentiellement, le mémo appelle le régime Assad à réorganiser ses messages afin de convaincre la communauté internationale et le peuple syrien que des erreurs ont été faites et que le régime essaye de changer si on lui en donnait la chance.

Ce n’était pas la dernière fois que BJL et le régime d’Assad interagissait. Selon un courriel d’Assad qu’a reçu The Guardian plus tôt cette année, Mike Holtzman a été en contact avec un conseiller de la direction syrienne en janvier 2012, dans laquelle il a exprimé sa fierté au sujet d’un événement de relation publique réussi qui a impliqué une visite surprise d’Assad et de sa femme à une manifestation pro-régime.

Traduit sur WikiLeaks par Nicolas1

Article original : http://english.al-akhbar.com/content/us-firm-encourages-fist-and-open-hand-syria et sur le forum WikiLeaks http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12786.0.html

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