Est-ce que Google vole vos idées?

Est-ce que Google scanne et vole des idées?
Gmail scanne le contenu de tous les messages envoyés ou reçus à son service…
… y compris les courriels provenant de comptes n’appartenant pas à Google
Gmail prétend qu’ils ne le font que pour créer de la publicité sur mesure…
… mais est-ce qu’ils scannent aussi les e-mails, afin qu’ils puissent voler vos idées?
Gmail compte plus de 500 millions d’utilisateurs, ce qui en fait le fournisseur de messagerie le plus utilisé
60% des entreprises de taille moyenne aux États-Unis et la plupart des nouvelles startups technologiques utilisent Gmail
Ce qui donne accès à Gmail aux idées des dirigeants technologiques de demain
Mais comment pourraient-ils voler depuis leurs clients?
Les comptes Google consolident toutes leurs données utilisateurs…
… Google Drive enregistre des copies de tous les documents téléchargés…
… Google Search enregistre vos termes de recherche pour dire ce que vous pensez…
… et Youtube surveille ce que vous regardez
Dans les termes de politique de Gmail, ils affirment que les utilisateurs « conservent la propriété de tous les droits de propriété intellectuelle »
Mais dans la phrase suivante, ils admettent que
« lorsque vous téléchargez du contenu vers ou à travers [leurs] services…
vous accordez à Google une licence mondiale pour utiliser [tel contenu] et créer des œuvres dérivées »
Cette licence se poursuit même si vous arrêtez d’utiliser [leur] services
Dans une requête découverte déposée par Google dans un tribunal fédéral…
Google déclare que les gens qui envoient des e-mails aux utilisateurs de Gmail…
… n’ont pas d’ « attente raisonnable » que leurs communications soient confidentielles
Eric Schmidt, président exécutif de Google, affirme…
« la politique de Google est d’arriver jusqu’à la ligne rouge et de ne pas la franchir « 
à ce jour, Google n’a pas enfreint les droits de ses usagers.

(youtube)

Publicités

Exclusif: des emails révèlent les relations étroites de Google avec la NSA

Al Jazeera, 6 mai 2014, Jason Leopold

nsa3Les échanges d’emails entre le directeur de l’Agence nationale de sécurité [NSA], le général Keith Alexander, et les dirigeants de Google, Sergey Brin et Eric Schmidt, suggèrent une relation de travail beaucoup plus confortable entre certaines entreprises de haute technologie et le gouvernement des États-Unis, que ce qui avait été suggéré par les personnalités de la Silicon Valley après les révélations de l’année dernière sur l’espionnage de la NSA.

Les révélations fournies par l’ancien contracteur de la NSA, Edward Snowden, sur la vaste capacité de l’agence pour espionner les communications électroniques des Américains ont poussé un certain nombre de cadres de haute technologie dont les entreprises ont coopéré avec le gouvernement à insister qu’ils l’avaient fait uniquement s’ils y étaient contraints par une cour de justice.

Mais Al-Jazeera a obtenu deux séries d’emails datant d’il y a un an, avant que Snowden ne soit devenu un nom ordinaire, qui suggèrent que les coopérations n’étaient pas toutes faites sous pression.

Lire la suite: http://america.aljazeera.com/articles/2014/5/6/nsa-chief-google.html

Consulter les emails révélés par Al-Jazeera: http://www.documentcloud.org/documents/1154294-nsa-google.html#document/p1

 

 

Tunisie: Pourquoi Marzouki collabore-t-il avec Google?

Tunisie Numérique, 24 septembre, 2013 à 14:56

Lundi 23 septembre, Moncef Marzouki a donné une conférence à New York sur la constitution tunisienne. Il était invité par Google Ideas, une filiale du géant de la communication Google, à exposer l’expérience tunisienne en matière de démocratie.

Pour relater la conférence, le communiqué de presse officiel de la présidence de la république, désigne Google Ideas sous le nom de « fondation ». Or il serait fallacieux de dire que Google Ideas est seulement une fondation ou une société. C’est surtout un think tank créée par Google, c’est à dire un cercle de réflexion politique affilié à Google ou plus clairement un lobby à travers lequel Google veut influer sur les politiques internationales.

Le dirigeant de Google Ideas, Jared Cohen, élu par le magazine Times comme l’une des 100 personnalités les plus influentes du monde, est un ancien conseiller de l’ex-secrétaire d’état de Geoges .W. Bush: Condoleezza Rice. Il est soupçonné par le biais de  révélations de messages Wikileaks de collaborer avec la maison blanche dans un travail à la fois politique et technologique de Google Ideas à travers le monde, pour manipuler certains soulèvements et renverser des régimes opposés aux États-Unis.

Officiellement Google Ideas va créer un nouveau portail qui recense les constitutions du monde entier afin de permettre la comparaison entre elles, dans le but d’aider notamment les pays en transition politique. D’après un article du Figaro, « présent aux côtés des représentants de Google, le président tunisien Moncef Marzouki s’est dit « fasciné » par l’initiative, qui sera « extrêmement utile » pour des pays comme le sien, qui ont du mal à se doter d’une constitution ou d’une loi électorale. »

Mais cette fascination béate devrait être plus nuancée.

Premièrement parce que la crise politique en Tunisie qui a débouché sur le blocage de la rédaction de la constitution, a été provoquée par les agissements de la Troïka et son refus de l’aide des experts en droit constitutionnel. Les experts de la commission de Venise avaient d’ailleurs signalé toutes les fautes et les incohérences du projet de constitution rédigé par des députés sur lesquelles domine une Troïka majoritaire.  La Troïka dont fait partie le parti du président Marzouki, a toujours été contre l’intervention d’experts dans la rédaction.

Deuxièmement, parce que cette initiative a l’air d’être une façade pseudo-démocratique de ce think tank pro-américain appelé Google Ideas. Julian Assange n’a-t-il pas dit dans un article publié au New York Times, très critique envers un livre coécrit par Jarred Cohen et le patron de Google Eric Schmidt: « l’avancée des technologies de l’information incarnée par Google porte en elle la mort de la vie privée de la plupart des gens et conduit le monde à l’autoritarisme ».

Alors les question qu’on peut se poser sont:   Moncef Marzouki a-t-il lu l’article en question de Julian Assange avant de déclarer sa fascination ? Sait-il, lui l’anti-impérialiste, que des preuves comme ceux d’Edward Snowden accusent Google d’avoir collaboré à une gigantesque entreprise d’espionnage montée par les États-Unis ? D’autant plus que Marzouki s’était laissé interviewer avec enthousiasme par Assange, en 2012. A cette occasion, notre président, surfant sans doute sur la notoriété du fondateur de Wikileaks, avait déclaré qu’il « admirait son travail » et qu’il l’invitait à d’installer en Tunisie en cas de problème.

Peut-être sait-il tout cela mais tend-il simplement à concrétiser son projet personnel d’une cour constitutionnelle internationale. Seulement un président d’une république a-t-il le droit de côtoyer et de collaborer avec les dirigeants d’une grande entreprise privée, même pour des buts nobles?

Quoi qu’il en soit, en collaborant avec « la fondation » de Jarred Cohen, Marzouki, le défenseur des droits de l’homme et des libertés individuelles, se contredit sur plusieurs plans: sur le plan idéologique et sur le plan politique. Cette contradiction connote soit une naïveté face aux enjeux profonds de certaines entreprises qui le dépassent soit un machiavélisme visant à internationaliser des projets personnels soit une implication dans des consignes parachevées par la récente rencontre avec Barack Obama.

Un communiqué de la présidence se doit de répondre à ces questions sans langue de bois.

Source: http://www.tunisienumerique.com/tunisie-pourquoi-marzouki-collabore-t-il-avec-google/193707

Stratfor Files: le directeur de Google Ideas fricote avec le « changement de régime »

Le 27 février 2012, Wikileaks a lancé la publication des « Global Intelligence Files » (petits papiers du renseignement mondial), plus de 5 millions d’emails de la société de renseignement privée Stratfor, basée au Texas. Les emails couvrent une période allant de juillet 2004 à fin décembre 2011. Ils révèlent le fonctionnement interne d’une entreprise qui annonce être un service de renseignement privé, mais qui fournit des services de renseignement confidentiels à de grandes entreprises, comme Dow Chemical Corporation à Bhopal (Inde), Lokheed Martin, Northrop Grumman, Raytheon, ainsi qu’à des agences gouvernementales, telles que le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS), les « Marines » et l’Agence du renseignement pour la défense (DIA).

Eric Schmidt, président du conseil d’administration de Google – Photo Reuters/Fabian Bimmer

Par Yazan al-Saadi, le 14 mars 2012

Certains des cadres les plus haut placés de Google, dont le président du conseil d’administration et l’un des donateurs majeurs de la campagne présidentielle de Barack Obama Eric Schmidt, ont informé la firme de renseignements Stratfor sur les activités et les communications internes de Google sur le sujet du « changement de régime » au Moyen-Orient, selon des emails de Stratfor publiés par WikiLeaks et obtenus par al-Akhbar. L’autre source citée était le directeur de Google pour la sécurité Marty Lev.

Les échanges se sont surtout focalisés sur les actions de Jared Cohen, actuellement directeur de Google Ideas, un « think/do tank » étiqueté comme véhicule de la diffusion de la démocratie libérale à l’états-unienne. Cohen a aussi fait partie de l’équipe de prospective politique du Secrétaire d’État US (ministre des affaires étrangères, ndt) et été conseiller pour Condoleeza Rice et Hillary Clinton.

Les échanges d’emails, commençant en février 2011, suggèrent que les cadres de Google redoutaient que Cohen ait été en train de coordonner ses actes avec la Maison Blanche et avaient parfois raccourci sa mission, de peur qu’il ne prenne trop de risques. Le vice-président de Stratfor pour le contre-terrorisme Fred Burton, qui semblait opposé au rôle dissimulé et allégué à Google dans l’excitation des soulèvements, décrit Cohen comme un « électron libre » dont le meurtre ou l’enlèvement « pourraient être la meilleure chose qui puisse arriver » à Google.

(suite…)

La banalité du « Ne faites pas le mal » de Google, par Julian Assange

Image – Matt Rota

Par Julian Assange, le 1er juin 2013

« Le Nouvel Âge Digital » est un schéma directeur étonnamment clair et provocateur pour l’impérialisme technocratique, de la main de deux de ses plus ardents marabouts, Eric Schmidt et Jared Cohen, qui construisent une nouvelle définition de la puissance globale des USA au 21ème siècle. Cette définition reflète la fusion toujours plus proche entre le State Department et la Silicon Valley, telle que personnifiée par Eric Schmidt, le directeur exécutif de Google, et M. Cohen, un ancien conseiller de Condoleeza Rice et de Hillary Clinton, aujourd’hui le nouveau patron de Google Ideas.

Les auteurs se sont rencontrés dans le Bagdad occupé de 2009, où le livre fut conçu. Se promenant à travers les ruines, le tandem fut tout excité par l’idée que la technologie consumériste était en train de transformer une société anéantie par l’occupation militaire US. Ils ont décidé que l’industrie de haute technologie pouvait être un outil puissant de la politique étrangère états-unienne.

Le livre fait la propagande du rôle de la technologie dans le remodelage des peuples du monde et de ses nations en ersatz de la superpuissance dominante mondiale, qu’ils veuillent se faire remodeler ou non. La prose est laconique, l’argument sûr de lui et la sagesse – vulgaire. Mais ce n’est pas un livre destiné à être lu. C’est une déclaration majeure destinée à susciter des alliances.

(suite…)