Le Canada aide les USA à espionner grâce aux connections wi-fi

Edward Snowden-espionnage CanadaChaque jour ou presque amène son lot de révélations sur l’étendue de l’espionnage américain. Edward Snowden continue de distiller ses documents confidentiels au compte-goutte. Cette fois, on sort des Etats-Unis pour aller au Canada qui donne des coups de main à son voisin pour obtenir des données sur les voyageurs ayant fréquenté ses aéroports.

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Au moins 13 agences gouvernementales canadiennes ont eu des contrats avec Stratfor, révèle WikiLeaks

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Ressources naturelles et de la Sécurité publique, ainsi que la GRC et la Commission canadienne de sûreté nucléaire, entre autres, ont des abonnements aux services de Stratfor.

Des agences canadiennes en lien avec une firme américaine privée

Publié le 15 décembre 2013 à 17h03

Ben Makuch
La Presse Canadienne
OTTAWA

Au moins 13 agences gouvernementales canadiennes avaient des contrats avec la firme américaine privée de renseignement Strategic Forecasting Inc., ou Stratfor, révèlent des courriels tout juste publiés sur le site WikiLeaks.

Stratfor a fait parler d’elle récemment, après qu’un document destiné à une société pétrolière suggérant des manières de contourner les groupes environnementaux, dont Greenpeace, eut filtré.

Les courriels indiquent que les agences canadiennes ont dépensé au moins un demi-million de dollars pour les services de Stratfor.

Des correspondances entre janvier 2009 et février 2011 contiennent des factures de 13 125 $ et de 13 725 $ pour des contrats d’un an du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement, qui ne les a pas rendues publiques.

Selon une politique de divulgation proactive, le gouvernement doit pourtant publier sur Internet les transactions de plus de 10 000 $.

Le porte-parole des Affaires étrangères, Jean-Bruno Villeneuve, affirme que c’était un simple oubli clérical.

Il ajoute que ces abonnements étaient «largement utilisés dans le département pour apporter de l’information pour le développement de politiques et l’analyse».

Stratfor n’a pas voulu commenter la récente fuite, dirigeant plutôt La Presse Canadienne vers une politique de l’entreprise qui stipule qu’elle ne commente pas sur les documents de WikiLeaks.

«Certains courriels peuvent avoir été falsifiés ou modifiés pour inclure des inexactitudes, certains peuvent être authentiques, dit la politique. Nous ne confirmerons pas dans un cas comme dans l’autre. Nous n’expliquerons pas non plus la philosophie derrière les courriels. Notre propriété a été volée; nous n’allons pas être victimes une seconde fois en nous soumettant à des interviews sur le sujet.»

Un expert en renseignement canadien affirme que certains ministères fédéraux retiennent les services de firmes privées pour améliorer leur base de renseignement.

«Je pense que c’est plutôt commun, particulièrement pour les gens du domaine de l’analyse de renseignement du gouvernement canadien, d’avoir des contrats de temps en temps avec des firmes du secteur privé pour certains types de problèmes analytiques, ce que fait Stratfor, à la base», affirme Wesley Wark.

Dans d’autres courriels, on apprend que le Collège des Forces armées canadiennes à Toronto s’est abonné pour trois ans au portail «Premium» de Stratfor, ce qui donne accès à 10 utilisateurs différents à des analyses sophistiquées et des prévisions géopolitiques. Ce contrat a coûté 240 600 $ sur trois ans et l’armée l’a rendu public.

En plus des Forces armées, les ministères des Transports, de l’Industrie, de la Citoyenneté et de l’Immigration, des Ressources naturelles et de la Sécurité publique, ainsi que la GRC et la Commission canadienne de sûreté nucléaire, entre autres, ont des abonnements aux services de Stratfor.

Un pirate informatique et membre du groupe de piratage Anonymous, Jeremy Hammond, a plaidé coupable pour le vol de ces cinq millions de courriels et reçu une sentence de dix ans d’emprisonnement aux États-Unis.

M. Wark ne croit pas que Stratfor ait accès à de l’information confidentielle.

«Les gens qui travaillent pour Stratfor sont pour la plupart d’anciens membres de la communauté du renseignement américain. Ils ont des connexions. Mais je pense qu’ils travaillent principalement avec des données du domaine public.»

Source: http://www.lapresse.ca/international/dossiers/fuites-de-wikileaks/201312/15/01-4721198-des-agences-canadiennes-en-lien-avec-une-firme-americaine-privee.php

Le Canada espionne à l’étranger pour le compte des États-Unis

Radio-Canada, mise à jour le mardi 10 décembre 2013

Les précisions de Daniel Thibeault

Exclusif – Des partages d’agents et de matériel informatique. Des missions d’espionnage menées par le Canada à la demande des États-Unis. Les liens entre les agences de renseignement canadienne et américaine vont bien au-delà du partage d’information, révèle un document divulgué par Edward Snowden et obtenu par CBC.

Grâce à l’aide que lui fournit son homologue canadien, l’Agence nationale de sécurité des États-Unis (NSA) aurait un « accès géographique unique à des régions inaccessibles aux États-Unis », révèle le document.

À la demande de la NSA, le Centre de la sécurité des télécommunications Canada (CSTC) organise des opérations d’espionnage à l’étranger, souvent à l’intérieur des ambassades et consulats canadiens quand une proximité avec la cible est nécessaire.

Le CSTC est impliqué de toutes les façons dans les missions d’espionnage communes, tant dans la collecte, que dans le traitement et l’analyse des renseignements, y compris l’installation de postes d’écoute à la demande des Américains, indique le document.

Le document divulgué compte quatre pages, est étampé de la mention « ultrasecret » et est daté du 3 avril 2013. Une bonne partie de son contenu révèle des détails opérationnels délicats que Radio-Canada a préféré ne pas rendre publics.

Le document révèle que le Canada est impliqué dans des activités de surveillance visant environ 20 pays « à haute priorité » en partenariat avec la NSA, pour laquelle travaillait par le passé le lanceur d’alerte Edward Snowden. Parmi ces pays ciblés se trouveraient des partenaires commerciaux du Canada.

Cette relation étroite, les deux parties souhaiteraient même l’« étendre et [la] renforcer », dit le document. La NSA mentionne d’ailleurs que le CSTC a accru ses investissements dans des projets de recherche et développement « d’intérêt mutuel ».

Selon Wesley Wark, expert en sécurité et terrorisme à l’Université d’Ottawa, ce genre de collaboration indique que le Canada projette l’image d’un pays inoffensif.

« Une opération canadienne pourra échapper à la surveillance étrangère, alors que des opérations semblables faites par les États-Unis ou la Grande-Bretagne attireront davantage l’attention. » — Wesley Wark, expert en sécurité et terrorisme

« Pensez à tous les accords ou relations qui unissent des pays étrangers au Canada, mais dont sont privés les États-Unis. Sous le couvert de ces relations, devinez ce que vous pouvez faire. Ce genre de surveillance secrète ou de travail de collecte », explique-t-il.

Récemment, un autre document dévoilé par Edward Snowden et diffusé par CBC montrait que le Canada avait donné le feu vert pour que la NSA puisse espionner les dirigeants internationaux réunis au G20 de Toronto en 2010. Aussi, le Canada et les États-Unis ont depuis longtemps partagé des renseignements de sécurité avec leurs homologues de Grande-Bretagne, Australie et Nouvelle-Zélande, un club surnommé les « Cinq yeux ».

Le CSTC et la NSA collaborent depuis 1949, mais les dernières révélations montrent qu’elles ont poussé leur collaboration encore plus loin que par le passé, allant jusqu’à « l’échange d’agents de liaison », ce qui laisse entendre que des agents du CSTC auraient travaillé à l’intérieur de la NSA, et vice-versa.

Le document indique aussi que la NSA fournit au CSTC une grande partie du matériel et des logiciels utilisés pour le cryptage, le décodage et d’autres activités de surveillance électronique. En échange, la NSA reconnaît que son homologue canadien partage ses propres outils et technologies.

Des agents « d’une compétence extraordinaire »

Le CSTC mène la plupart de ses opérations de cyberespionnage depuis son quartier général à Ottawa, utilisant des équipements informatiques parmi les plus puissants du pays pour intercepter les appels étrangers et pirater les systèmes de données de diverses nations dans le monde.

L’agence américaine fait la même chose, mais elle est elle-même surveillée par Washington depuis qu’Edward Snowden a levé le voile sur les masses d’informations recueillies par la NSA sur des millions de citoyens américains ordinaires.

« On ne sait pas grand-chose sur les services de renseignements canadiens. » — Wesley Wark

Dans la plus récente fuite, la NSA brosse un portrait flatteur de l’agence canadienne, décrite comme une agence sophistiquée, compétente et hautement respectée.

Thomas Drake, un lanceur d’alerte autrefois cadre de la NSA, n’est pas étonné d’apprendre que le Canada accède aux demandes de l’agence américaine. « Ça a été le cas pendant des années. »

M. Drake affirme avoir lui-même collaboré avec le CSTC alors qu’il travaillait pour la NSA et est lui aussi d’avis que les agents canadiens sont « d’une compétence extraordinaire ».

Approbation supérieure?

Les opérations que le CSTC accepte de mener pour les États-Unis comportent des risques non négligeables pour le Canada, notamment le risque de se faire prendre et d’entraîner une catastrophe diplomatique, estime Wesley Wark.

En plus de compromettre l’opération en tant que telle, une mission d’espionnage révélée au grand jour peut mettre en danger d’autres opérations diplomatiques. « Les contacts politiques, les contacts commerciaux, le climat de coopération et de confiance entre les pays », énumère-t-il.

« Sont-ils vraiment des diplomates ou s’agit-il d’espions? », se demanderont les pays étrangers s’ils se mettent à soupçonner qu’ils sont la cible d’une ambassade canadienne.

Devant de tels risques de dérapage, il est fort probable que l’aval pour de telles opérations vienne du niveau ministériel du gouvernement canadien, voire du premier ministre lui-même, croit M. Wark.

« C’est beaucoup trop délicat sur les plans politique et diplomatique. Les conséquences en cas de découverte sont trop graves pour que ce soit une simple affaire opérationnelle d’agence de renseignement », ajoute-t-il.

Pour M. Drake, « ces opérations secrètes de surveillance vont si loin qu’« il y a un danger clair et irréfutable qui menace la démocratie au Canada ».

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Les édifices du Centre de la sécurité des télécommunications et du Service canadien du renseignement de sécurité, en construction.

Le CSTC emploie environ 2000 personnes et a un budget annuel qui tourne autour de 450 millions de dollars. Son quartier général déménagera bientôt dans un nouveau bâtiment à l’architecture spectaculaire à Ottawa, ce qui coûtera aux contribuables canadiens environ 1,2 milliard de dollars.

En comparaison, la NSA emploie plus de 40 000 personnes et dépense plus de 40 milliards de dollars par année.

Avec des informations de Greg Weston, Glenn Greenwald, Ryan Gallagher, et Daniel Thibeault

Source: www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2013/12/09/006-espionnage-canada-usa-document-nsa-snowden-collaboration-etroite.shtml

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