Comment rendre les hommes politiques français plus vertueux (pour ceux qui ne le sont pas encore)

Alors que nous vivons dans une époque où les scandales politiques font partie de notre quotidien, peut-être qu’il suffirait d’une idée simple pour rendre les hommes politiques français plus vertueux (pour ceux qui ne le sont pas encore): et si on alignait le salaire présidentiel sur le Smic? Au lieu d’augmenter le salaire des présidents ou de le comparer aux salaires internationaux (le salaire du président français actuel est évalué à « 179.000 euros bruts annuels », selon La Tribune), ce serait sans doute plus simple de l’aligner sur le Smic national à 9,76 euros montant horaire au 1er janvier 2017. Comme ça, le jour où le Smic est réévalué, on saura que l’augmentation du salaire présidentiel sera comparable à celle des autres citoyens français et cela créera une forme d’égalité à l’échelle nationale.

Derrière leurs bureaux, les employés, ouvriers, étudiants, chômeurs, retraités, etc – quelle que soit l’origine sociale, chaque citoyen en France pourrait potentiellement se dire qu’il ou elle se sent l’égal(e) d’un(e) président(e) qui serait à leur niveau, qui vivrait avec un salaire semblable et qui vivrait proche de la réalité quotidienne des français. Pourquoi ne pas imaginer que le salaire d’un président puisse être réévalué par rapport au Smic? Aux Etats-Unis, on a bien vu Donald Trump renoncer à son indemnité présidentielle évaluée à 400 000 dollars et cela n ’empêche pas la Maison Blanche de fonctionner normalement et d’intervenir sur la scène politique internationale.

Cela pourrait aussi rendre les représentants politiques plus vertueux, et même si certains d’entre eux le sont déjà (et ne méritent pas d’être comparés à tous ceux qui sont empêtrés dans des scandales), leur image n’en serait que plus vertueuse. Qu’aurait en effet à gagner un président payé au Smic, si ce n’est l’honneur même de servir la nation française et d’oeuvrer pour le bien de son pays, sans aucune prétention à s’enrichir personnellement ou de bénéficier de privilèges que les autres n’ont pas? Pourquoi ne pas rétablir une forme de modestie dans la fonction de président, ainsi qu’une forme d’égalité entre ceux qui ont voté pour un représentant politique et ceux même qui ont été élus et exercent leur fonction au plus haut de l’échelle du pouvoir politique?

Une égalité de salaire donnerait peut-être une image plus noble de la fonction présidentielle, une image désintéressée, donc plus vertueuse. Plus personne ne pourrait dire, par exemple, à un président payé au Smic: « vous faites ce métier pour l’argent, ou pour les privilèges liés à ce métier ». Dans un tel monde, avec un salaire présidentiel aligné sur le Smic, ce genre de remarque n’aurait plus de sens. Mais il y aurait peut-être des polémiques sur d’autres sujets dans ce monde différent du monde actuel, car l’être humain aime les polémiques et pourrait difficilement s’en passer.

Mais si notre blog pouvait poser une question aux candidat(e)s à la présidentielle, ce serait donc la suivante: accepteriez-vous d’être payé(e)s au Smic si vous étiez élu(e)s président(e)? seriez-vous toujours dans la course aux élections présidentielles, si demain le salaire d’un président en France ne valait pas plus que ce que perçoit un employé de bureau, un ouvrier, un retraité, un chauffeur de taxi, un boulanger, un vendeur en magasin, etc? … est-ce qu’un tel salaire changerait votre vision de la politique et votre vision du monde?…

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CC BY-SA

Image: Wikimedia

Une déclaration de l’ONU considère certaines mesures de l’état d’urgence en France comme des « restrictions excessives »

Déclaration publique sur la loi relative à l’état d’urgence et sur la loi relative à la surveillance des communications électroniques internationales

GENÈVE (19/01/2015) – Plusieurs experts des Nations Unies* ont adressé au Gouvernement français une série de questions concernant la loi relative à la surveillance des communications électroniques et la loi sur l’État d’urgence. Ils ont indiqué que certaines dispositions de ces lois peuvent imposer des restrictions excessives et disproportionnées à l’exercice légitime du droit à la liberté d’expression, du droit à la vie privée, du droit à la liberté de réunion pacifique et la liberté d’association, rappelant l’obligation de l’État français de garantir une protection adéquate contre les abus lors du recours à des mesures d’exception et des mesures de surveillance dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Lire la suite: http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=16961&LangID=F#sthash.BTEXvIp1.dpuf source: https://twitter.com/laquadrature/status/689480085842321408

Un reportage dénonce la « confusion des genres entre militants écologistes et terroristes » dont fait preuve l’Etat français

Les services de renseignement collectent les données d’Orange/France Télécom

Par Anthony Torres, 7 avril 2014

Des documents révélés par Edward Snowden et étudiés par le quotidien Le Monde soulignent le rôle de l’opérateur France Télécom/Orange dans la collecte de données pour le compte des services de renseignement français durant des décennies. La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) puisait librement, et de toute apparence de manière totalement illégale, dans les données des clients d’Orange.

Le Monde s’appuyait sur des documents des services secrets techniques britanniques GCHQ extraits des archives de la National Security Agency (NSA) par Snowden. Ils démontrent, selon le quotidien, que la coopération entre la DGSE et l’opérateur «est portée par des personnes habilitées secret-défense, au sein de l’entreprise, et pérennisée, depuis au moins trente ans, par des ingénieurs, qui font la navette entre les deux institutions».

Lire la suite: https://www.wsws.org/fr/articles/2014/avr2014/oran-a07.shtml

Surveillance: l’État français est-il en guerre contre les Français ?

Voltairenet.org, Par Jean-Claude Paye

La loi de programmation militaire française étend les pouvoirs des Armées à la « la prévention de la criminalité ». Ce faisant, elle abroge, sur le modèle de ce qu’ont fait les États-Unis après le 11-Septembre, la distinction classique entre défense et sécurité intérieure, entre armée et police. Du coup, elle soumet les citoyens français à un régime de surveillance autrefois réservé à des agents d’une puissance étrangère.

Lire la suite: http://www.voltairenet.org/article182979.html

WikiLeaks: Quand l’Elysée rendait visite à Bachar al-Assad – Le Liban, Israël et l’Union Pour la Méditerranée

640px-Palais_de_l'Elysée_EntréeCâble n°08PARIS1139 du 16 juin 2008: « Lecture de la présidence française sur la visite Guéant/Levitte du 15 juin à Damas »

ns 1.4. (b), (d).

1. (C) Le conseiller NEA [New Enterprise Allowance] de la présidence française, Boris Boillon, nous a donné une lecture rapide de la visite du 16 juin effectuée à Damas, un jour plus tôt, par le SecGen [Secrétaire Général] de l’Elysée, Claude Guéant, le conseiller diplomatique Jean David Levitte, et Boillon. Le trio a rencontré le président syrien Bachar al-Assad pendant environ une heure, suivi d’un déjeuner organisé par le FM [Ministre des Affaires étrangères] Mu’allim. Assad, « comme d’habitude », était « sincère et un peu ouvert » sur le plan de son attitude générale. (Note: Les Français, en remontant à l’initiative de l’Elysée sur le Liban, l’année dernière, ont toujours décrit Assad en ce qu’ils reconnaissent comme des termes étonamment positifs.) Assad a commencé par soulever [la question de] l’Union pour la Méditerranée (UPM), confirmant sa présence au sommet du 13 juillet à Paris. Assad a demandé, cependant, le changement de nom, puisqu’«union» impliquait pour lui une relation politique normale de travail avec Israël. Boillon a déclaré que les français ont fermement refusé et ont souligné que l’union était moins une structure rigide qu’un cadre pour un «processus». Assad a ensuite demandé des références encore plus claires dans l’UPM au processus de Barcelone existant. Boillon a ajouté, avec un clair regret, qu’Assad a confié que le résultat-clé du récent mini-sommet de Tripoli serait probablement la présence de Kadhafi au sommet de Paris du 13 juillet pour qu’il puisse exprimer ses doutes au sujet de l’UPM en personne. (Commentaire: Boillon a qualifié cette perspective de «malheureuse», et cela rappelle sans doute de nombreux souvenirs amers de la lutte constante qu’il menait avec les Libyens sur la visite longue et controversée de Kadhafi en décembre dernier. Fin de commentaire)

2. (C) Sur les relations bilatérales, Assad a demandé une réunion bilatérale avec le Président français Nicolas Sarkozy avant les activités du sommet du 13 juillet. Boillon a déclaré que les français ont accepté en principe, mais ont dit qu’ils auraient à soumettre la question à Sarkozy. (Commentaire: Nous soupçonnons que, en plus de comprendre les optiques difficiles d’une telle réunion, les Français n’ont pas encore décidé de la manière de gérer des réunions bilatérales avec les nombreux chefs d’Etat dont la présence est attendue. Fin de commentaire) Assad a soulevé [la question] de l’amélioration des relations économiques, mis l’accent sur l’accroissement du commerce et de l’investissement français en Syrie, ainsi que la mise à niveau de l’accord d’association entre la Syrie et l’Union européenne pendant la présidence française de l’UE. La réponse française a été que les progrès dans tous ces domaines dépendent du contexte global des relations bilatérales et en particulier:

— Les progrès sur les relations diplomatiques complètes entre la Syrie et le Liban: Assad a dit qu’il attendrait un nouveau gouvernement libanais pour envoyer Mu’allim à Beyrouth pour inviter «les trois présidents» à Damas pour discuter et annoncer officiellement la mise en place de relations diplomatiques complètes. Selon Boillon, Guéant et Levitte ont soulevé avec Assad et Mu’allim des préoccupations partagées par l’USG [Gouvernement US]/France sur la renégociation des Syriens pour les accords actuels (par exemple, sur le commerce) qui étaient favorables au Liban. En outre, Boillon n’est pas certain de savoir comment les Libanais réagiront à l’engagement d’Assad d’éliminer le conseil suprême actuel entre la Syrie et le Liban qui gère efficacement la relation «bilatérale» et remplace l’établissement d’ambassades dans les capitales respectives.

— L’évolution des pourparlers Syrie/Israël: Assad les a ouvertement décrit comme «très sérieux» et dans l’intérêt de la Syrie. Il s’est dit optimiste sur leur progrès et a affirmé que la Syrie attend la réponse d’Israël à un document de deux pages sur des questions de sécurité (Boillon ne savait pas si cela incluait les frontières ou quelles questions spécifiques ont été couvertes) pour juger des intentions israéliennes. Selon Boillon, Assad a déclaré que la Syrie comptait sur un éventuel parrainage des États-Unis et/ou de l’Europe des possibles pourparlers directs. Mu’allim a indiqué que, afin de prévenir les problèmes de Palestiniens entravant les pourparlers Syrie/Israël, Damas était en contact avec le Hamas pour dire au Hamas, qu’il n’avait pas envie d’une escalade de la violence et pour encourager la libération du soldat israélien Gilad Shalit (un double national français/israélien).

— Geste positif sur les droits de l’homme: Guéant et Levitte ont dit à Assad que la France souhaite un geste positif sur les droits de l’homme avant le 14 juillet, une occasion qui en France, entre autres, célèbre la France comme le lieu de la naissance des conceptions occidentales des droits de l’homme. Ces gestes pourraient inclure la libération de détenus de l’opposition et permettre à Riadh Saif et à d’autres dirigeants malade de quitter la Syrie pour un traitement médical. Assad a répondu avec un non « ferme et sanglant », en faisant valoir que la France doit comprendre comment accepter la conduite de la Syrie sur les droits de l’homme et de traiter cela dans le contexte approprié. Il était, en tout cas, un non-starter, puisque les droits de l’homme sont une affaire interne. Lorsque nous avons demandé à Boillon ce qu’était la réponse française, il a indiqué que l’Elysée serait susceptible d’accepter qu’il n’y ait pas lieu d’appuyer cette question comme un préalable absolu à de meilleures relations.

3. (C) Sur le Liban, Assad a déclaré que la Syrie n’interférerait pas dans les efforts pour former un nouveau gouvernement et laisserait les Libanais arriver à un accord par eux-mêmes. Il a ajouté que sa compréhension de l’obstacle principal était l’insistance d’Aoun pour être nommé ministre des Finances, et que c’était à Aoun et Siniora de résoudre cette impasse.

4. (U) L’Elysée a publié un communiqué annonçant la visite Guéant/Levitte du 15 juin à Damas, et leurs rencontres avec Assad et Mu’allim. Il était noté que les envoyés avaient transmis à Assad un message du président Sarkozy et ont discuté des relations bilatérales, de la situation au Proche-Orient (en particulier le Liban, les contacts Israël/Syrie, et le «processus de paix»), ainsi que l’Union pour la Méditerranée. Le communiqué a caractérisé les discussions comme «utiles et constructives», avec les deux parties étant d’accord sur la nécessité de renforcer les relations bilatérales, de poursuivre les efforts coordonnés pour instaurer une paix juste globale dans la région, et de continuer à encourager les Libanais à appliquer l’accord de Doha.

5. (C) Commentaire: le grand absent de la lecture de Boillon était une mention de la spéculation des médias que Sarkozy espère organiser une réunion Assad/Olmert sur ​​les marges du sommet du 13 juillet. Fin de commentaire

STAPLETON

Source: http://www.wikileaks.org/plusd/cables/08PARIS1139_a.html

WikiLeaks: Quand Sarkozy disait son admiration pour George Bush

Avec l’actualité de l’affaire Buisson, qui ramène au devant de la scène politique française le personnage de Nicolas Sarkozy, ainsi que son entourage, nous avons retrouvé des documents qui parlent de l’ancien président français, dont le premier date de l’époque où celui-ci est encore ministre de l’Intérieur.

Extraits du câble diplomatique n°05PARIS5335, du 4 août 2005: « Allan Hubbard rend visite au ministre de l’Intérieur Sarkozy ».

Classifié par l’Ambassadeur Craig R. Stapleton

Sarkozy a exprimé son admiration pour le président Bush et a déclaré qu’il attendait avec impatience l’occasion de s’attaquer aux problèmes économiques et sociaux de la France avec la même franchise pour laquelle le Président est justement célèbre.

ADMIRATION POUR LE PRÉSIDENT BUSH —————————–

3. (C) Sarkozy a exprimé son admiration pour le président Bush. Sarkozy a dit que, comme le président, lui aussi était engagé à tenir sa parole et à traiter avec honnêteté les vrais problèmes du pays, « contrairement au reste de ces politiciens ». Tout au long de la réunion d’une heure, Sarkozy est revenu à plusieurs reprises sur l’importance de s’aligner avec les gens. Il a illustré son propos en disant que « le peuple français doit entendre la vérité – et ils veulent l’entendre. » Il a ajouté que la plupart des politiciens, et en particulier le président Chirac, se contentent d’enfiler les gens avec leur « tergiversation constante. » La présentation du directeur du Conseil économique Hubbard sur la manière directe du Président de s’attaquer avec principes aux principaux défis domestiques de l’Amérique (les impôts, la sécurité sociale, l’éducation), a attiré le haut compliment de Sarkozy qui, lui aussi, souhaite s’attaquer aux mêmes problèmes, de la même façon, pour la France.

Ce câble diplomatique a été entièrement analysé dans un article du Monde, du 30/11/2010: « WikiLeaks: Nicolas Sarkozy, l’Américain »

Outils de recherche des documents Wikileaks:

Search WikiLeaks
PlusD (Cablegate et câbles Kissinger)
GiFiles
War Diaries, journaux de guerre en Irak et en Afghanistan
Wikileaks Storage

Caton, quand François Hollande donnait dans les PsyOps

Opération Caton-François HollandePhoto: François Hollande se faisant passer pour Caton, lors de l’interview téléphonique avec Philippe Caloni sur France Inter, le 3 février 1983 (Archives INA)

PsyOps.fr, publié le 23 décembre 2013

François Hollande, fraichement diplômé de l’ENA (1980 promotion Voltaire) s’adonnait aux psyops en tant qu’homme de main de François Mitterand. Les psyops ou “psychological operations” désignent les opérations psychologiques ou plus généralement les opérations d’influence qui visent à modifier le comportement d’un groupe ou d’une population.

Suite à son élection, François Mitterand commandite en 1982 l’opération Caton – une manipulation politique visant à déstabiliser la droite et à resserrer la gauche – dirigée par son conseiller spécial Jacques Attali. Caton est le pseudonyme utilisé par l’auteur du livre  “De la reconquête : pour vaincre la gauche, il faudra se débarrasser de la droite” édité par Claude Durand chez Fayard. Lors de sa sortie, comme expliqué dans le prière d’insérer, l’éditeur présentera l’auteur comme un dirigeant de la droite qui, craignant les représailles, souhaite préserver son anonymat.

Lire la suite: http://www.psyops.fr/2013/12/23/caton-francois_hollande-psyops-bercoff-attali/

WikiLeaks – La France, complice diplomatique de Guantanamo

Rue89, par Arnaud Mafille, le 12/01/14

Prisonniers à GuantanamoIl y a douze ans, la CIA transportait le premier détenu à Guantanamo. Plus d’une décennie plus tard, 155 hommes y demeurent détenus. Parmi eux, 77 ont été déclaré libérables depuis plusieurs années par les autorités américaines. Pour 45 autres, les Etats-Unis estiment ne pas avoir de preuves pour les faire comparaître devant la justice mais ont également décidé qu’ils devaient restés incarcérés indéfiniment.

D’emblée, la France ne semble pas avoir joué de rôle particulier dans cet épisode kafkaïen de l’histoire contemporaine. Pourtant, une analyse extensive des câbles publiés par WikiLeaks semble bel et bien montrer que les autorités françaises ont été les complices diplomatiques de leurs comparses US.

Lire la suite de l’article: http://rue89.nouvelobs.com/2014/01/12/france-complice-diplomatique-guantanamo-248958

Des rabbins anti-sionistes expliquent les dangers du sionisme en présence de Dieudonné

Rabbins antisionistes « Neturei Karta » et Dieudonné

En plein débat sur la quenelle de Dieudonné, les médias et le gouvernement français, dont François Hollande (ainsi que tous ceux qui attaquent un humoriste apprécié de beaucoup de français) auraient dû rappeler que Dieudonné a participé en 2004 à une conférence avec des rabbins juifs qui dénoncent eux-mêmes le sionisme comme une chose contraire et potentiellement dangereuse pour la religion juive. Anti-sionisme et anti-sémitisme sont donc deux choses très différentes — alors, sans prendre part pour ou contre Dieudonné, nous demandons: sur quoi repose aujourd’hui le fond du débat?

Transcription de la vidéo:

Novembre 2004, Paris – 4 rabbins au théâtre de la Main d’Or

Au moment du décès de Yasser Arafat, 4 rabbins ultra-orthodoxes viennent se recueillir à Paris devant la dépouille du président défunt. Leurs paroles, politiquement très incorrectes, ne trouvant aucun lieu pour s’exprimer — Dieudonné, au nom de la liberté d’expression, leur propose son théâtre pour une conférence de presse.

Dieudonné: « Ceci n’est pas un sketche, ne pas confondre »

Quelques rares journalistes y assistent, pas un article n’a été publié.

La présentatrice: « Nous avons le plaisir d’accueillir ici 4 rabbins extraordinaires qui représentent le mouvement « Neturei Karta », les protecteurs de la cité, qui sont radicalement anti-sionistes, et qui ont tout de suite accepté l’invitation de venir ici dans le théâtre de Dieudonné, parce qu’ils savent que dans le monde entier on essaye d’empêcher les gens de réfléchir et d’agir selon leur intuition, selon leur bonté, leurs qualités spirituelles, en les accablant sous les accusations d’anti-sémitisme. Donc, même sans connaître Dieudonné, ils étaient persuadés que c’était une accusation infondée, et donc je pense qu’il y a beaucoup d’échanges qui peuvent avoir lieu entre toutes les sensibilités tellement variées que nous représentons. »

Le rabbin Weiss: « Etant donné la raison de ma présence parmi vous, je pense qu’avant d’aborder les sujets que je vais traiter, je me dois d’évoquer la mémoire du président Abou Ammar Yasser Arafat, qui était un homme exceptionnel, sortant de l’ordinaire. Pour le peuple juif, contrairement à la croyance populaire, c’était également une personne à l’esprit clair. Il avait une vision de l’avenir, une compréhension très profonde de ce qu’est vraiment le judaïsme et de ce qu’est le sionisme. Il avait compris que le judaïsme est une sainte religion, pluri-millénaire, et il n’avait absolument aucune forme d’animosité d’une quelconque façon à l’encontre du judaïsme ou du peuple juif; au contraire, il savait que le sionisme est très différent, c’est ce que j’expliquerai brièvement.

Les sionistes, bien entendu, le dépeignirent sous les traits d’un anti-sémite, comme ils le font de n’importe qui, en Europe ou ailleurs dans le monde, qui tenterait de se dresser contre l’Etat criminel d’Israël et contre les agissements criminels qui émanent de l’Etat d’Israël. Ils affirment de manière automatique que cet opposant est anti-sémite, afin d’étouffer son opposition, en la faisant passer pour une lutte contre Dieu. Ils donnent à croire que toute personne qui s’oppose au sionisme et à Israël serait quelqu’un qui blasphémerait la Bible et nourrirait de la haine envers les juifs.

Maintenant, je vais vous expliquer brièvement ce qu’est le sionisme. Comme je vous l’ai dit, le judaïsme est une religion pluri-millénaire, elle remonte aux patriarches, Abraham, Isaac et Jacob. Le sionisme est à peine centenaire, créé par Théodor Herzl et ses amis, des gens totalement athées, des gens qui étaient totalement étrangers à la religion, qui détestaient la religion.

D’après la croyance juive, depuis la destruction du temple, il y a près de 2000 ans, c’est-à-dire depuis l’exil du peuple juif, Dieu a fait jurer au peuple juif de ne point tenter de retourner en masse sur la terre d’Israël, nous ne devrions jamais nous rebeller contre une quelconque nation et nous ne devrions jamais rien tenter afin de mettre un terme au décret exilique émanant de Dieu. Seul Dieu, sans la moindre intervention humaine, peut mettre un terme à cet exil, et Dieu est très compatissant. Il regarde tous les peuples qu’il a créés, et donc le peuple juif parmi eux, dans l’exil, et c’est quand il jugera le moment opportun qu’il mettra immédiatement un terme à l’exil. Il se produira alors une révolution métaphysique dans le monde. Le monde entier reconnaîtra qu’il n’y a qu’un seul Dieu, et il le servira, rassemblé dans l’harmonie et la paix. Nous n’utiliserons pas les armes, ni ne lancerons une offensive militaire pour convaincre les gens qu’il n’y a qu’un Dieu unique — simplement, nous nous léverons tous ensemble pour servir Dieu, ce à quoi un juif aspire, ce qu’il espère, ce pour quoi il prie.

A l’époque, au début du sionisme, ses prémices, les rabbins se sont insurgés unanimement. Ils protestaient disant « c’est un blasphème, c’est de la rébellion contre Dieu, si cette idéologie est mise en application, nous en souffrirons terriblement. » Malheureusement, les sionistes ont réussi: tout d’abord, ils voulurent aller en Ouganda. Là-bas, il y avait des terres vierges, mais ils comprirent que la nation juive ne les suiverait pas. Aussi, se jouèrent-ils et abusèrent-ils des espoirs et des aspirations que pouvaient entretenir tout juif à retourner à Jérusalem, et ils leur dirent: « Nous sommes en train de vivre les prémices de la rédemption. Viens, suis-nous. Retournons ensemble sur la terre d’Israël. » S’ppuyant sur l’ignorance des multitudes non-juives dans le monde entier, ils abusèrent de leur compassion, espérant qu’elle prendrait pour argent comptant ce que dit la Bible, à savoir que cette terre appartient aux juifs, et dirait « qu’on leur donne la terre ». Ils ont utilisé ces sentiments afin de poursuivre leur entreprise, de marquer des points sur le terrain, dans l’objectif de s’accaparer la Palestine.

La Palestine était un pays peuplé d’êtres humains, les Palestiniens, c’est-à-dire les arabes habitant cette contrée, ainsi que des juifs orthodoxes qui craignent Dieu. Et tous dirent comme un seul homme: « Nous ne voulons pas d’un Etat d’Israël. Nous ne voulons pas de ça. Et étant donné que les sionistes ont usurpé la terre, qu’ils sont allés en Palestine et qu’ils l’ont volé au peuple palestinien, ils ont soumis ce peuple par la force des armes, puis ils l’ont expulsé. C’est là une seconde grande tragédie, une transgression, une rébellion contre Dieu, un agissement criminel contre Dieu. Et tous les rabbins étaient contre ces exactions, ils étaient ulcérés, révoltés par ce que ces juifs non-religieux avaient fait. Je terminerai par ceci: je tiens à dire simplement que les sionistes, bien loin d’être les protecteurs des juifs et les garants d’un havre de sécurité pour eux, sont en réalité les principaux responsables de l’antisémitisme dans l’ensemble du monde. Là où l’antisémitisme n’existe pas, les sionistes le fabriquent. Ils sont les principaux responsables des dissensions et de la haine envers les juifs dans le monde entier. Nous prions, nous demandons à tout le monde de prier pour la liberté de la Palestine et pour la venue du jour où la gloire de Dieu sera révélée au monde entier et où nous pourrons tous le servir dans la paix et l’harmonie, dans un futur proche. Amen.