Pourquoi l’ex-URSS a beaucoup moins d’hommes que de femmes

FT_15.08.06_SexRatio_Map_2Illustration: [Les pays en bleu ont plus de femmes que d’hommes, les pays en jaune ont plus d’hommes que de femmes.]

Pew Research, par George Gao, le 14 août 2015

Dans notre carte ci-dessus, les pays les plus représentés en bleu foncé ont beaucoup moins d’hommes que de femmes – et l’ancienne Union soviétique se distingue du reste du monde.

Cette région a été à prédominance féminine depuis au moins la Seconde Guerre mondiale, quand beaucoup d’hommes soviétiques sont morts au combat ou ont quitté le pays pour se battre. En 1950, il y avait seulement 76,6 hommes pour 100 femmes dans le territoire qui constitue aujourd’hui la Russie. Ce nombre a augmenté de façon constante au cours des décennies suivantes, en montant à 88,4 en 1995, avant de diminuer à nouveau.

Le ratio entre les sexes en Russie est actuellement de 86,8 hommes pour 100 femmes, et les ratios en Lettonie (84,8), Ukraine (86,3), Arménie (86,5), Bélarus (86,8) et les autres anciens pays soviétiques sont également faibles.

(En comparaison, le ratio aux États-Unis est de 98,3 hommes pour 100 femmes, et le ratio global est de 101,8 hommes pour 100 femmes, selon les données des Nations Unies en 2015. Les États-Unis ont eu plus de femmes que d’hommes depuis au moins 1950, tandis que la population mondiale a d’abord été à majorité masculine autour de 1960.)

Lire l’intégralité de l’article: http://www.pewresearch.org/fact-tank/2015/08/14/why-the-former-ussr-has-far-fewer-men-than-women/

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Un accord (Iran) en cache un autre (Grèce) et masque le troisième (Corée du Nord) – par Farid DAOUDI

800px-Iran_negotiations_about_Iran's_nuclearPhoto: Accords sur le nucléaire iranien (Wikipédia)

     Beaucoup de confrères de la presse internationale, experts patentés, critiques littéraires, attitrés ou non, seraient enclin d’avoir une réaction épidermique en pensant que les médias laissaient l’essentiel de côté. On a tendance à oublier que les sanctions ont été votées au Conseil de Sécurité par la Russie aussi, comme pour l’Irak et l’Afghanistan… ou encore pour la connivence USA-Russie concernant la Palestine. La presse ne retient que les contradictions actuelles entre ces deux pays. On oublie encore qu’il y a à travers le monde des dizaines et des dizaines de pays et de peuples qui aspirent à l’accès à la science, à la culture et à la suffisance matérielle… et que cela ne leur sera pas facilité par le condominium du monde par les membres permanents du C.S. et leurs alliés directs (Japon, Allemagne, Inde, Pakistan, Israël). Et on oublie le rôle révolutionnaire de la Corée du Nord. Kadhafi a renoncé à l’arme atomique et il a fini tué comme un chien par des agents spéciaux…  Que va-t-il advenir en Iran si le pays ne se couche pas progressivement devant les USA et la Russie ?

L’accord, neutralisant l’Iran à toute prolifération nucléaire militaire, milite pour un équilibre sécuritaire régional assez énigmatique pour la paix mondiale. La Russie, pour cause d’hégémonie, privilégiant, à raison, ses intérêts géostratégiques, est pour autant responsable de la situation présente: en échange de la promesse occidentale de la laisser accéder à l’Organisation Mondiale du Commerce, elle a voté et légitimé les sanctions contre l’Iran qu’il est si difficile d’annuler totalement.

Et en plus, elle s’est gardée anachroniquement de dénoncer le nucléaire israélien, fermant les yeux sur le droit des Palestiniens à se libérer par les armes. Selon la Russie, on peut revenir sur la coupure de l’Allemagne en deux en 1945 et sur beaucoup de frontières depuis 1945, mais s’abstenant de revenir sur la création malhonnête d’Israël par l’ONU coloniale de 1947.

Maintenant, la Russie sait qu’accéder à l’OMC, refuser unilatéralement de vendre des missiles  S-300 à l’Iran, n’empêche pas des « sanctions » économiques contre elle-même.

L’accord imposé ce 14 juillet à l’Iran est un accord inégal, au détriment de tous les pays non nucléaires et non balistiques. Les Iraniens ont accepté faute de mieux, pour le moment. La vérité est que tous les pays du monde ont droit de tirer profit de la science, y compris militairement: pourquoi le droit au nucléaire serait-il naturel pour un pays comme les USA qui ont assassiné des millions de personnes à travers le monde depuis 1945? Et pourquoi les 180 autres États de la planète devraient en être privés et au surplus soumis au bon vouloir de celui-ci?

Par-delà la situation actuelle une question se pose: un pays du poids démographique et industriel de l’Iran peut-il se développer en toute indépendance, face à un boycott des principales puissances du monde?

Malgré le blocus, Cuba a continué d’exister dans des conditions très difficiles. Mais ce pays n’a pas le poids démographique, l’importance économique et les richesses naturelles de l’Iran. De plus, Cuba est une île, alors que l’Iran est un État continental et maritime, frontalier avec cinq pays. Ce pays dispose aussi d’une certaine profondeur stratégique propre, augmentée par la géographie du culte Musulman Chi’ite. Seuls les Iraniens savent si, face aux « sanctions », le régime en place pouvait encore tenir cinquante ans comme à Cuba ou s’il devenait urgent de sauver l’économie.

Une autre forme de réponse à cette question nous est apportée par l’accord de l’Euro-groupe et de l’UE avec la Grèce. La mise sous tutelle de l’Ukraine par les USA et l’UE est encore une illustration de la politique internationale actuelle: le rapport des forces économiques et militaires continue d’être le moteur des relations internationales ; le respect de la souveraineté ne pèse rien. La Grèce est humiliée, soumise à un protectorat collectif européen: à qualification égale, ses citoyens auront un niveau de vie cinq fois inférieur à celui des Allemands et cela pendant au moins quinze ans!

Cela signifie que tous les peuples ne sont pas égaux, qu’il existe une science, une finance des « Blancs » et, une science, une économie, bridées et surveillées, pour les « Coloured nations ».

À l’occasion de cette longue négociation intra-européenne et de celle concernant la Corée du Nord, on assiste à un retour au premier plan de la scène de deux protagonistes vaincus lors de la Seconde guerre mondiale: l’Allemagne et le Japon. Aujourd’hui, le Japon réclame la restitution de Sakhaline ; demain, l’Allemagne rachètera à la Pologne ou exigera tout simplement le retour des « terres de l’Est ». Pour l’Allemagne et le Japon, les vainqueurs avaient effacé la dette et allégé les réparations… On craignait de les voir basculer vers le Pacte de Varsovie.

Résultat, l’Allemagne et le Japon profitent de plus de libertés que l’Iran dans le domaine nucléaire et balistique… Cela est possible parce que ces deux pays sont à présent des alliés dociles aux USA contre la Russie et contre les pays qui aspirent à un développement indépendant, voire à échapper au contrôle et aux limitations américaines. Face à ce bloc agressif, les pays du BRICS veulent une émergence soft, sans confrontation directe aux conséquences incertaines ;  c’est ce qui explique pourquoi les USA continuent de tancer la Russie à ses frontières, alors que celle-ci continue de proposer ses services contre le « terrorisme » dans le cadre de l’ONU dominé pourtant par les Américains.

Mais, tôt ou tard, le sentiment de démocratie internationale entre États imposera la suppression du pouvoir d’intervention en meute des cinq pays du Conseil de Sécurité (chapitre 7 de la charte de l’ONU) et plus particulièrement de liquider l’interventionnisme  des USA qui  contournent à leur convenance les « lois internationales » en recourant à des « alliances » qui n’ont jamais eu valeur de légitimation universelle, dans le respect de la souveraineté des États.

L’espoir d’un changement des relations internationales perdure. Les USA, confirmant ces dernières années leur pouvoir de destruction et de sédition, ont aussi montré au monde entier qu’ils ne peuvent pas remporter plusieurs conflits simultanés de faible ou moyenne intensité.

Ce fut notamment le constat de Che Guevara: ils ne peuvent pas vaincre partout en même temps ; ils ont toujours un point faible. Tout en maintenant les autres zones de conflit, c’est ce point faible qu’il faut enfoncer. Enfin, ce point faible peut être créé à l’initiative de forces révolutionnaires ou encore par d’anciens « valets de l’impérialisme » parvenus au pouvoir et confrontés à la nécessité de développer leur pays – l’attitude récente de l’Arabie saoudite est une ébauche encore incertaine de celles d’Omar Torrijos ou Manuel  Noriegua au Panama ou encore d’Hugo Chavez au Venezuela.

Le principe est simple: tout ce qui nuit aux USA devient bon pour le reste de l’humanité tant que ce pays s’obstinera à vouloir régenter la planète par ses moyens militaires et financiers. Faut-il multiplier les points chauds ou tièdes? La politique US fait toujours des victimes qui n’ont plus rien à perdre ; il faut leur parler, les soutenir. Il est temps pour la « communauté internationale » d’arrêter sa politique de doubles standards et de falsifier l’Histoire. De tout temps, celle-ci  a montré que la juste cause des opprimés  triomphe toujours  de  l’arbitraire; qu’intransigeance, partialité de la loi du plus fort, diplomatique ou militaire, ne rapportent que de faibles dividendes à des ambitions irrationnelles.  Un  processus salvateur: l’avènement d’un monde multipolaire, supplantant l’hégémonie étatsunienne et desservant un support éducatif décadent.

    Farid DAOUDI – Journaliste (Tlemcen-Algérie)

Du même auteur: « Le Liban insoumis » paru sur Alterinfo.net.

Les USA d’Obama et le bellicisme: les présidents changent, le système perdure – par Farid DAOUDI

Barack_Obama,_Hamid_Karzai_&_Asif_Ali_Zardari_in_trilateral_meeting_5-6-09_3Le mandat de ce président, arrivant à terme, n’aura apporté rien de bon: recrudescence du racisme, de la violence, violation des droits humains, démagogie, ingérences dans les affaires intérieures des Etats et provocations de conflits internationaux ; et comble d’ingratitude, il discrédite son prix Nobel de la paix, ô combien dévalorisé. L’intégrité et la rationalité des politiciens et des historiens prendront soin d’établir un bilan contrasté, à l’instar de ses prédécesseurs… car il n’a pas représenté le changement attendu et une ligne digne du peuple américain. Souvenons-nous du 4 juin 2009 depuis l’université du Caire, son discours intitulé « Un nouveau départ » (« A New Beginning »), destiné à améliorer les relations américaines avec les musulmans. Obama avait mentionné son souhait de voir le Proche-Orient sans nucléaire militaire et de discuter avec l’Iran à propos de son programme nucléaire. S’était-il engagé à le faire avec Israël? Non. Souhaitait-il ne plus se mêler à l’avenir des affaires de la région? Sûrement pas.

Le discours démagogue d’Obama n’a pas marqué de rupture dans les relations entre les États-Unis et le monde musulman depuis l’ère Bush. Ses critiques à l’égard d’Israël à un moment donné (dans le cadre de la question palestinienne) ont constitué « une pression–test » infructueuse sur le gouvernement Netanyahou. Obama feint de dialoguer avec les islamistes modérés afin d’affaiblir l’islamisme radical. Un Occident vu positivement par le monde musulman serait un frein au développement du discours anti-occidental des radicaux. Ce discours ne présentera cependant aucun point concret car les dés étaient pipés d’avance. L’Islamophobie, carte maîtresse du sionisme, est un procédé rentable.

La souveraineté des pays non assujettis au diktat américano-sioniste se trouvera exposée aux troubles, à la déstabilisation ou à l’agression planifiée de machines de guerre malléables (EI, El Qaïda… au M-O, filières nazies en Europe centrale, et groupes d’extrémistes en Afrique ou de mercenaires en Amérique latine) pour s’approprier du territoire par les armes, balayant les populations éprises de paix et de développement durable. La flotille humanitaire Liberté III vers Gaza a été un échec sous les yeux complaisants d’une « communauté internationale » désavouée et la duplicité d’une Onu pervertie (Dernièrement, le véto des US à l’Onu concernant la colonisation de Jérusalem). Le blocus généralisé, refus obstiné d’Israël d’ouvrir les terminaux pour acheminer les aides humanitaires et médicales est un crime de guerre aussi bien qu’un génocide systématique (perpétré au nom du Talmud) qui a commencé par des attaques avec des armes inappropriées et illégales (usage de bombes au phosphore blanc et autres armes prohibées) contre les civils (femmes, enfants, malades ou vieillards) dans la bande de Gaza. Lors du bombardement de Gaza par l’armée israélienne, pendant vingt-deux jours consécutifs, le président demeura silencieux! Les organisations internationales sans cesse interpellées pour s’impliquer plus directement, par une intervention réelle, demeureront mutiques sous l’influence américano-sioniste. L’aide internationale pour la reconstruction urgente de Gaza, insidieusement réduite (les donateurs n’ont pas tenu leurs promesses) est aussi conditionnée par le bon vouloir d’Israël. Devant les violations continues des droits humains palestiniens, des demandes de suspendre l’Accord d’association de l’UE avec Israël affluent. L’Accord (quel accord?) est fondé sur un respect commun des droits de l’homme et des principes démocratiques, comme explicitement stipulé dans l’article 2 de l’Accord. « L’UE ne peut continuer à tolérer de telles actions par Israël », soutiennent 63 députés appartenant aux cinq plus grands groupes politiques du Parlement européen.

Moins engageants, les discours d’Obama n’auront traduit aucun changement dans la politique américaine. Obama s’est inscrit dans la continuité de la politique menée par ses prédécesseurs dans le conflit israélo-palestinien en apportant encore et encore un soutien quasi total à Israël. Certains leaders occidentaux (Hillary Clinton, John Mc Cain, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Manuel Valls, BHL, David Cohn Bendit, Matteo Renzi…) clament haut et fort leur appartenance à l’entité sioniste. Obama ne peut être étranger à cet état de fait. Obama lui-même est une énigme, comme Bush et bien d’autres. Il n’est pas difficile de comprendre qu’en tant que noir, il vit difficilement la situation des Noirs US. Il a souvent parlé de ses propres filles noires. Mais il n’a rien fait, rien pu faire d’essentiel et de spécifiquement destinés aux Noirs, ni à ceux victimes de discrimination raciale à caractère négrophobe… En vérité, un président des Etats-Unis d’Amérique n’est qu’une potiche, qui n’a qu’un rôle de représentation, sans pouvoir réel, aux mains des lobbies, et cela depuis des lustres. Le « Discours d’adieu » de Dwight David Eisenhower, prononcé le 17 janvier 1961, montre bien où est le véritable pouvoir et ceux qui ne jouent pas le jeu sont liquidés. Il ne fallait pas attendre des miracles d’Obama. A l’image de Carter en son temps, il a échoué à réaliser ses promesses ; mais il a eu le courage de prendre des engagements pacifistes et de tenter dans un contexte de perte d’influence des USA de vouloir les réaliser. Dans les années 60, le président Kennedy a demandé qu’il y ait des inspections à Dimona, en Israël. A cette époque, les États-Unis étaient opposés au programme nucléaire israélien. Kennedy a tenté d’arrêter Israël, en la matière, mais son assassinat ne lui en a pas laissé le temps… le mobile de l’assassinat de Kennedy est lié à la diffusion d’armes nucléaires en Israël et dans d’autres pays. Ceux qui l’ont assassiné étaient des gens qui étaient favorables à la dissémination nucléaire. Grâce à l’élimination du gêneur Kennedy, la prolifération a pu continuer. De fait, les présidents Johnson et Nixon qui lui ont succédé n’y voyaient aucun inconvénient: ils ont laissé faire Israël. Constatons simplement que c’est bien un changement allant en ce sens qui s’est manifesté, après l’assassinat de Kennedy… Le mal réside bien dans le système politique US, ses sénateurs, ses parlementaires qui surfent sur ces haines primaires en politique intérieure et internationale.

D’ailleurs, il en va de même pour l’État français et ses opérations extérieures sans aucun intérêt pour le pays, pour le peuple, sauf pour quelques groupes financiers et militaires. Quand De Gaulle, de guerre lasse, a voulu laisser partir l’Algérie, il a failli avoir un coup d’État à Paris : le système était remonté comme une horlogerie pour être colonial. De Gaulle lui-même avait tout fait pour garder un contrôle des anciennes colonies, y compris de l’Algérie. Les intellectuels en France – du moins les plus respectables d’entre eux – ont été, pendant deux siècles, à l’avant-garde du combat pour la justice et la liberté. La guerre d’Algérie les dressa, en majorité, contre la politique de « pacification » : la plupart dénoncèrent la torture et les exactions de l’armée française, et plus de 121 apportèrent leur soutien, dans un manifeste célèbre, aux déserteurs et aux insoumis. A leur tête, bien sûr, Jean-Paul Sartre et sa revue Les Temps modernes, mais aussi des ethnologues, des historiens, des orientalistes, des mathématiciens de réputation internationale, des écrivains, des artistes, des comédiens, des journalistes… On a du mal, aujourd’hui, à imaginer quel impact eut sur l’opinion, et les pouvoirs en place, pareille mobilisation des plus grands esprits de l’époque. L’opinion d’un peuple se façonne sous l’action des médias de masse ; leur effet néfaste s’avère indélébile à moins que survienne une hécatombe ou défaite majeure engendrant des pertes importantes qui modifierait son attitude. Pour changer le comportement des USA, modifier l’état d’esprit de son peuple, il faudrait une défaite majeure comme celle du Viet-Nâm. À ce moment-là, les masses réclameront à corps et à cris la fin des guerres provoquées par le complexe militaro-industriel, véritable décideur de la politique américaine. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, une formidable campagne médiatique fut alors lancée pour dénoncer l’imminence d’un danger soviétique sur fond de chasse aux sorcières, rendant absolument nécessaire une radicale augmentation du budget alloué au secteur de la défense.

De même, les prémices de l’attentat du 11 septembre 2001 sont à chercher, entre autres, dans le livre programme de Samuel Hutington « Le Choc des civilisations » (1993). Cet ouvrage et la notoriété que le pouvoir US lui a accordée a eu pour objectif principal de préparer l’opinion publique américaine et internationale à une croisade des temps modernes, contre le monde musulman et accessoirement la Chine que les stratèges du Pentagone ont déjà classé comme puissance rivale (Peer Compétitor), et donc future ennemie, dans un document intitulé Joint vision 2020. Cette théorie du choc des civilisations, qualifiée par le défunt Pr. Edward W. Saïd de « choc de l’ignorance » est une reprise de l’argumentaire de l’orientaliste Bernard Lewis tiré de son ouvrage, « Les racines de la rage musulmane » (1990). Les Etats-Unis ont constamment relancé la course aux armements en prétendant à intervalles réguliers que le pays est menacé. Les Think Tanks ou clubs de réflexion sionistes ont finalement trouvé dans le fondamentalisme musulman ce que les Etats-Unis utilisèrent jadis, à leur profit et à son insu, en Afghanistan. Ce mensonge a réussi à s’imposer grâce à la complexité des médias américains et de leurs relais en Europe.

La défense des droits humains, prélude à une ingérence politico-militaire

L’usage de l’argument des droits humains, galvaudé dans la rhétorique étatsunienne, contribue au conditionnement de l’opinion internationale: « La traite d’humains est une insulte à la dignité humaine et une attaque contre la liberté », a martelé John Kerry dans l’introduction d’un rapport, appelant à mener le « combat contre de l’esclavage moderne ». Les États-Unis accusent la Thaïlande, la Russie, l’Iran ou encore la Libye de ne pas lutter suffisamment contre la traite des êtres humains, dans un rapport annuel mondial accablant sur l' »esclavage moderne ». Ces pays, tout comme le Venezuela, l’Algérie, la Syrie, le Yémen, la Corée du Nord ou le Zimbabwe étaient déjà au plus bas d’un classement dressé chaque année par le département d’État. La Russie figure dans cette dernière catégorie, au moins depuis 2013, ce qui avait provoqué la fureur de Moscou à l’époque. La plupart des pays occidentaux, ceux d’Europe, les États-Unis et l’Australie, mais aussi Israël, Taïwan, le Chili ou l’Arménie, sont en revanche dans la première catégorie, loués pour leur lutte contre la traite des êtres humains et le respect total des normes internationales. Ce rapport n’a pas droit à l’oubli, le fait que plus de 500.000 sionistes habitent actuellement dans plus de 150 colonies qu’Israël a construites depuis l’occupation, en 1967, des territoires palestiniens, en Cisjordanie et à Qods oriental ; or, les Nations Unies et une grande majorité de pays qualifient d’illégitime la colonisation israélienne.

Selon le discours d’Obama, « les grandes nations ne doivent pas intimider les petites » : or, il semble que le Président américain ait oublié, par exemple, le blocus économique imposé par son pays à Cuba depuis 1962 et qui dure depuis 52 ans. Le président Obama, le 23 Février 2011, sortant de son silence, constatant la Libye en proie à la violence sanglante et à l’insécurité, avait exigé des autorités libyennes qu’elles respectent les droits humains. De hauts responsables américains ont indiqué à l’agence Reuters, le 30 mars, que le président Obama avait signé, dans les dernières semaines, un décret confidentiel autorisant des opérations secrètes de la CIA en Libye pour soutenir des insurgés. Le pays faisait face à une soudaine rebellion populaire organisée par des opposants internes au régime du président Kadhafi, déterminés à mettre fin à son règne, avec l’aide de groupes d’islamistes armés et mercenaires fanatiques. Les options déjà envisagées par Washington, avec Nicolas Sarkozy et le premier ministre britannique David Cameron incluaient de coordonner leurs actions en vue de stopper toute progression des forces loyalistes et la répression régnante. Prenant la suite de la coalition dirigée par les Etats-Unis, l’Alliance atlantique assurait déjà depuis plusieurs jours deux autres missions: le contrôle de l’embargo sur les armes et l’imposition de la zone d’interdiction aérienne. Le chaos, instauré militairement par l’OTAN, qui en résulte, fait émerger une nouvelle coalition d’intérêts tribaux, dont les délégués représentés au sein d’un CNT dans un pays menacé de démembrement, ont à mal de rétablir l’autorité et la sécurité dans le pays. Cela cause préjudice au développement soutenu de son économie (IDH le plus élevé d’Afrique) et à la poursuite d’une coopération utile à l’essor de l’Afrique. Personne n’a le droit d’intervenir dans les affaires intérieures d’un Etat souverain ni de le déclarer sans fondement, comme menace pour sa sécurité nationale ; le décret exécutif extrêmement honteux d’urgence nationale pris par Obama, le 9 mars 2015, en déclarant que « la situation au Venezuela représente une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des Etats-Unis ». Ce qui n’est pas sans nous rappeler la décision ordonnée par Reagan, il y a plus de trente ans, de déclencher la guerre des Contras contre le Nicaragua dans les années 80. Cette décision, extrêmement hypocrite est en plus une violation flagrante du droit international: Il s’agit bien d’une menace d’user de la force contre le Venezuela, et en même temps une incitation pour les valets vénézuéliens de poursuivre leurs efforts pour déstabiliser le pays.

Aux Etats-Unis, le poids réel des organisations sionistes est à la fois considérable et incommensurable et leur influence se fait sentir, sinon voir, dans chaque secteur critique de la société américaine. L’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) et l’ADL (Anti-Defamation League) sont seulement les plus connus au sein d’un réseau d’organisations politiques puissantes qui fonctionnent pour le compte d’Israël (base militaire américaine off-shore) et définissent efficacement les paramètres de la politique américaine au Moyen-Orient. Alors qu’ils constituent une minorité de six millions de Juifs en Amérique, leurs capacités organisationnelles, leur dévouement à la cause sioniste et leur empressement à utiliser leur richesse considérable pour promouvoir ce qu’ils perçoivent comme les intérêts d’Israël, compensent plus qu’il n’en faut n’importe quelle infériorité numérique dans une nation de 300 millions d’individus. En continu, les lobbies relais judéo-sionistes s’activent dans le monde à inféoder toute velléité nationale s’inspirant des valeurs universelles. L’islamisme radical s’avère un outil propice à infléchir la politique intérieure des Etats, attisant le communautarisme, au mépris de toute légalité. Les USA, État foncièrement agressif et dominateur, n’ont pas toujours été cette grande « démocratie respectueuse des droits humains » : le soutien constant, inconditionnel, que les USA ont toujours apporté aux pires dictatures (Franco, Suharto, Sig Man Ree, Pinochet, Salazar, Batista, Somoza, Duvalier, Mohamed V, Shah d’Iran, Colonels grecs, Argentins, Brésiliens…) et leurs crimes par millions, en Irak et ailleurs, ne sont pas des détails sans importance.

L’Onu garde un teint colonial, en dépit de ses engagements pacifistes, depuis le dernier partage du monde opéré au dépens du droit des palestiniens à leur autodétermination, ne réussissant pas à se dégager de l’emprise du sionisme juif qui abuse des organisations et mine les relations internationales. S’incrustant dans les rouages institutionnels (UE, OMC , FMI, Banque Mondiale…), investissant les secteurs-clé de la vie politique et économique, les ramifications sionistes infiltrent insidieusement les réseaux sociaux (CIA, MI6, Mossad, …), usant d’ingéniosité et de corruption à cette excroissance. Le mécanisme de relais n’épargnera pas les couches sociales défavorisées pour faciliter la création d’opportunités de spéculation à grande échelle (trafic de drogue, fausse monnaie, contrebande d’armes, sabotage, tractations illicites…) ; les méthodes d’ingérence et d’instrumentation des interventions se font plus sophistiquées, depuis la mise sous contrôle des marchés financiers et des médias, pour plus d’impact et obligation de résultat sur des cibles très diversifiées. Les services de sécurité des pays ont fort affaire pour prévenir les déconvenues, en matière de défense d’intégrité et de souveraineté. Les connexions multiformes sont d’un trait mafieux. Sous la bénédiction d’Obama et ses alliés vassaux, la propension de ce fléau maîtrise une circulation par milliards de dollars de brassage d’affaires sous diverses étiquettes pour soutenir ses ambitions planétaires. Les pays en mal développement se retrouvent dans une situation fragilisée par cette mondialisation rampante du sionisme dévastateur annihilant tout effort de progrès de développement ; la croissance volontariste des économies oeuvrant à l’autosuffisance et au bien-être des populations est contrariée. Cette menace globalisante concerne l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du Sud, exposés aux appétits impérialo-sionistes sans foi ni loi d’une « communauté internationale » inégalitaire. Le changement annoncé par Obama ne s’est pas rangé du côté de la légalité internationale.

Dans son affirmation de mener une politique de paix à travers le monde, prenant en compte le droit des peuples à s’autodéterminer ou à conduire leur propre destin, la Maison Blanche, a contrario, choisit de multiplier les conflits dans ces régions du globe, provoquant une recrudescence de la guerre asymétrique (Palestine, Afghanistan, Irak, Liban, Libye, Syrie, Yémen, Centrafrique, Nigéria, Mali, Soudan, Donbass…). Un nouveau mode de relations internationales dominées par l’effroi, la peur et la douleur s’en trouve instauré. Le Professeur Matti Steinberg, ex-analyste principal du Shin Beth: « La défense du Mont du Temple… La défense du Haram al Sharif, va pousser les chiites et sunnites à s’unir… L’affrontement entre eux – au centre de l’agitation actuelle dans le monde arabe – va disparaître. Ce sera une guerre de religions à tous points de vue, fondée sur des valeurs sacrées, absolues. » Un changement majeur souhaitable dans les relations américano-israéliennes doit s’opérer dans un proche avenir, après l’accord avec l’Iran, ouvrant la voie à la dénucléarisation possible de la région. Une adhésion universelle au TNP — y compris par l’Inde, Israël, le Pakistan et la Corée du Nord — doit demeurer un objectif fondamental des Etats-Unis. Obama a déclaré devant l’Assemblée plénière de l’ONU: « la seule solution à long terme de la guerre civile en Syrie est politique, y compris une transition politique qui répond aux aspirations légitimes de tous les citoyens syriens, indépendamment de leur appartenance ethnique ou de croyance ». Or, depuis les premiers jours du conflit, Obama a montré son soutien aux rebelles, mettant à leur disposition armes, équipements et formation. A plusieurs reprises, il a préconisé l’intervention en Syrie et finalement les USA ont bombardé ce pays en Septembre 2014. En moins de 6 ans de présidence, Obama aura bombardé 7 pays. La menace des djihadistes de l’État islamique, se développe jour après jour au Moyen Orient et en Afrique, l’épidémie d’Ebola pouvant affecter presque 1 million de personnes en 2015, l’Ukraine, la Syrie, Gaza, la Libye, le Yémen, restent déchirées par les conflits armés. Des terroristes mercenaires recrutés et formés dans des camps et bases militaires par des officines et avec le concours d’Israël et quelques pays arabes à la solde des USA s’activent à imposer la terreur à la population civile d’autres pays, pour maintenir la pression sur leur gouvernement à changer de politique, voire le contraindre à abandonner le pouvoir. Ces objectifs ne sont parfois pas frontaux mais souterrains, et peuvent frapper de manière inattendue et sporadique, laissant des doutes sur la réapparition ou la disparition de cette violence.

Nous assistons, en fait, depuis peu d’années à une montée fulgurante de l’extrémisme violent. Ce dernier prend différentes formes et touche de plus en plus de pays. D’où la multiplication de manifestations régionales et internationales dédiées à cette question sensible afin de lutter contre ce fléau et mettre en œuvre des politiques de déradicalisation. La lutte contre l’extrémisme violent doit s’étendre à tous les secteurs d’une société et impliquer gouvernements et citoyens. Cette lutte (stratégies et programmes à même de contribuer au renforcement des capacités de tous les pays) ne peut s’accommoder d’Etats faibles ou de situations d’anarchie et de chaos, et doit inclure la lutte contre la xénophobie et l’islamophobie qui s’affirment comme les nouveaux visages de l’extrémisme violent. Le Professeur Mustapha Chérif, philosophe algérien, lauréat 2013 du prix Unesco du dialogue des cultures, dans une lettre ouverte au peuple américain (août 2014), rassure que les musulmans ne sont pas anti-américains. « Citoyens américains, dit-il, sachez que les musulmans ne ressentent aucune haine contre l’Amérique et quiconque d’autre. Au contraire, ils aspirent à l’amitié et savent que dans notre village planétaire le devenir est commun. Ils ont simplement le droit d’être en « colère » face à la politique génocidaire en Palestine. » Ces mêmes musulmans, affirme-t-il, comptent beaucoup sur le peuple américain pour mettre fin au massacre. « Face à la tragédie palestinienne, les musulmans sont convaincus que les paroles ne suffisent pas, ce sont les actes qui font la différence. Les Américains, attachés à la démocratie, universelle, dans l’intérêt général, dans l’intérêt des Etats-Unis et pour la paix dans le monde, devraient imposer l’arrêt de l’agression, l’évacuation des territoires occupés et la création de l’Etat de Palestine, au côté d’Israël », demande-t-il, décrivant ainsi l’Amérique que les musulmans respectent. « Celle, précise-t-il, que les Pères fondateurs avaient initiée pour viser l’universel juste et non l’arbitraire. L’avenir du monde se joue en Palestine. » Mustapha Chérif a saisi l’occasion pour dénoncer l’immobilisme des régimes arabes. Un immobilisme aggravé par « leur duplicité, et les réactions irrationnelles et chaotiques des radicaux ». « Les musulmans ne doivent pas oublier ce qui reste à faire pour que le monde arabo-musulman ne prête pas le flanc et tienne sa digne place dans le monde », soutient-il, espérant que son cri soit entendu de l’autre côté de l’Atlantique.

Farid DAOUDI (Journaliste -Tlemcen- Algérie) Du même auteur : « Que fera Barack Obama de la nuisance d’Israël face au droit de résistance du peuple palestinien ? », paru sur Sputniknews (Janv.2009).


Il faut avoir en mémoire que les USA sont le pays qui:


 fut conquis par le massacre des Indiens et dont les derniers représentants sont cantonnés aujourd’hui dans des réserves ;
 co-organisa la traite des Noirs, l’esclavage puis le racisme, dont le Ku Klux Klan ;
 finança le nazisme ;
 largua 2 bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki ;
 fit la guerre à la Corée parce que le régime politique ne convenait pas ;
 fit la guerre au Vietnam durant 20 ans ;
 arme et finance l’expansionnisme de l’état sioniste israélien pour imposer sa politique aux pays de la région ;
 massacra les communistes en Indonésie : 500 000 morts ;
 initia la guerre froide après avoir coupé le monde en 2 ; menaça Cuba puis la frappa d’embargo, lequel sévit encore ;
 mit en place, directement ou non, les dictatures sud-américaines : Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay, Bolivie, Chili, etc. … ;
 fit bombarder le Nicaragua et le Salvador… ;
 décida de la guerre dans le Golfe, à la tête des armées occidentales ;
 décida de la guerre en Afghanistan et en Irak ; Avec emploi de bombes à neutrons, à billes, à fragmentation, napalm, gaz orange, défoliants, plutonium, uranium, mines antipersonnel, etc., … ;
 possède plus de 700 bases à travers le monde ; soutient les pires dictatures ;
 consacre un budget militaire supérieur à celui de tous les pays du monde ;
 torture à Abou Ghraïb et Guantanamo et emprisonne de façon arbitraire et illégale
 a perfectionné sa plus puissante bombe « anti-bunker », le Massive Ordnance Penetrator (MOP) en 2015 ;


Les USA mènent une nouvelle guerre froide dirigée contre la Russie et la Chine et une politique judéo-sioniste de démembrement (M-O) et de déstabilisation mondiale pour contrer l’avènement d’un ordre multipolaire.



… et les ressorts de la politique de l’Etat d’Israël voulue par les USA ;


Fin XIXème, le sionisme – mouvement politique (juif) minoritaire – apparaît sur la scène internationale. Son but est de créer un Etat pour les Juifs quelque part dans le monde. Ce choix se portera finalement sur la Palestine. Cependant cette terre palestinienne « parle arabe » et se trouve habitée par un peuple, les Palestiniens. Pour mettre en avant leur projet, les leaders sionistes élaborent une solution bien avant la déclaration Balfour de 1917. Il s’agit de penser d’abord et d’organiser ensuite le transfert de la population locale palestinienne hors de sa terre. Tous les moyens seront utilisés pour cela et en particulier la force brutale. Ce projet, élaboré en secret dans les premières années, sera progressivement mis en avant par ses leaders après la grande révolte palestinienne de 1936 au cours de laquelle toutes les formes d’oppositions à ce projet par les Palestiniens seront fortement réprimées par la puissance mandataire britannique. Le principal est sans conteste la colonisation qui est la marque infamante que les thuriféraires de cet Etat tentent de masquer: il s’agit d’un processus qui structure depuis le début la construction d’Israël comme excluant les Palestiniens. Exclusion de leurs terres, de leurs maisons, d’eux-mêmes… La dimension religieuse de cette exclusion, dont l’envers est la dépossession et l’expropriation des dominés, a désormais totalement (comme on dit totalitaire) pris le dessus. Le sionisme, idéologie fondamentaliste de cette colonisation a pu séduire des laïques et des socialistes, y compris révolutionnaires (les kibboutz ont pu participer d’un idéal collectiviste), sa trajectoire aujourd’hui qui l’amène à être un sionisme religieux le met en collusion ouverte, comme jamais, avec tous les mouvements annexionnistes des terres palestiniennes. Le mouvement de la paix en Israël s’est fracassé devant le processus combiné d’une résistance palestinienne indéracinable et d’une colonisation qui, en renonçant à Gaza au prix de la transformer en prison absolue et en espace de guerre totale, travaille à convaincre définitivement les Israéliens qu’ils sont bien le peuple élu et que ce statut fonde qu’ils acceptent le massacre d’un autre peuple.


Voir Documentaires : « La Terre parle arabe de Maryse Gargour (2007) et « Au nom du Temple » de Charles Enderlin (2014).

Le journaliste d’ECHELON au Royaume-Uni: « Snowden a prouvé que les espions doivent rendre des comptes »

Duncan Campbell

Les journalistes Duncan Campbell et Crispin Aubrey avec l’ancien opérateur Sigint, John Berry, en 1978

BoingBoing.net, le 3 août 2015, par Cory Doctorow

Le journaliste d’investigation légendaire Duncan Campbell décrit sa vie dans son enlèvement par la branche spéciale de la police métropolitaine de Londres, surveillé et harcelé par les espions et les ministres du Royaume-Uni, et il révèle l’identité du lanceur d’alerte qui lui a divulgué les détails d’ECHELON.

L’article de Campbell est accompagné par des documents de Snowden jamais publiés qui démontrent l’étendue de la surveillance ECHELON, et retrace la lignée des journalistes et des lanceurs d’alerte qui ont pris d’énormes risques personnels pour révéler la corruption, les actes criminels, et le secret parmi les espions et leurs maîtres au sein du gouvernement.

Il révèle aussi, pour la première fois, l’identité du lanceur d’alerte qui a révélé l’existence du programme d’écoutes téléphoniques de masse de Menwith Hill: « Oliver G. Selfridge, un des fondateurs du domaine de l’intelligence artificielle et membre du Conseil consultatif scientifique de la NSA jusqu’en 1993 ». Selfridge est mort en 2008. […]

« Le GCHQ et moi »: ma vie à démasquer les oreilles indiscrètes britanniques [Duncan Campbell/The Intercept]

Lire la suite: http://boingboing.net/2015/08/03/uk-echelon-journalist-snowd.html

La preuve des liens de la Turquie et de l’Etat Islamique (ISIS) | L’objectif de la Turquie est de détruire les Kurdes (pas seulement les Kurdes du PKK)

Syrie:Turquie

Undercoverinfo, posté le 28 juillet 2015

La preuve d’une alliance informelle entre la Turquie et l’Etat Islamique (ISIS) constitue la toile de fond de l’escalade des raids aériens et terrestres contre les Kurdes. L’objectif de la Turquie est de saisir le territoire kurde en créant une zone dite de «sécurité», d’anéantir le PKK, puis d’attaquer d’autres groupes kurdes. Les États-Unis savent depuis des mois le lien avec l’Etat Islamique (ISIS), mais ils sont prêts à l’oublier si la Turquie fournit des bases aériennes pour les Américains. Lors de la réunion de l’OTAN d’aujourd’hui, hors de portée du public ou de la presse, ces questions ont été sans doute discutées. Tout cela donne plus de poids à la suspicion que l’attentat de Suruç a été arrangé pour donner à la Turquie le prétexte de commencer une nouvelle offensive contre le PKK et une excuse pour convoquer une réunion d’urgence de l’OTAN afin de chercher son soutien à l’initiative.

Lire la suite: https://undercoverinfo.wordpress.com/2015/07/28/evidence-of-turkeys-links-to-isis-turkeys-objective-to-destroy-kurds-not-just-pkk-kurds/

La Russie sur le point d’interdire une ONG financée par le Congrès américain, la National Endowment for Democracy

La National Endowment for Democracy étiquetée d’«indésirable» en vertu d’une nouvelle loi

RT, le 28 juillet 2015

Les procureurs ont reconnu les activités de la NED [National Endowment for Democracy] en Russie comme indésirables et portant atteinte à la sécurité nationale, après que l’ONG américaine ait dépensé des millions dans des tentatives de remettre en question la légitimité des élections russes et de ternir le prestige du service militaire.

Selon le communiqué publié sur le site du Bureau du Procureur général, le chef de l’agence Vladimir Malinovsky a signé mardi la décision de reconnaître comme indésirables sur le territoire de la Fédération de Russie toutes les activités de l’organisation non gouvernementale étrangère de la National Endowment for Democracy. Le même jour, cette décision a été transmise au ministère de la Justice qui doit désormais inclure la NED dans la liste des organisations étrangères indésirables. […]

La National Endowment for Democracy, fondée en 1983 à l’initiative de Ronald Reagan, est sponsorisée par le Congrès américain et voit sa tâche principale dans l’aide aux institutions démocratiques partout dans le monde. Le Ministère de la Justice russe a reconnu plus tôt cette organisation comme étant le fournisseur le plus actif de diverses subventions en politique et dans les sphères liées à la politique, telles que la sociologie ou la recherche politique.

Lire la suite: https://www.rt.com/politics/310958-us-national-endowment-for-democracy/

Voir le communiqué de la NED: http://www.ned.org/national-endowment-for-democracy-statement-on-russian-undesirable-organizations/

Etats-Unis: Hillary Clinton a envoyé des emails contenant des informations classifiées

BBC.com, par Anthony Zurcher, 24 juillet 2015

220px-Secretary_Clinton_8x10_2400_1La candidate démocrate à la présidentielle, Hillary Clinton, a envoyé au moins quatre messages depuis son serveur de messagerie personnelle qui contenaient des informations provenant de documents classifiés, alors qu’elle était secrétaire d’Etat américaine, selon un inspecteur général du gouvernement américain.

Lire la suite: http://www.bbc.com/news/world-us-canada-33660942

Lire aussi « Etats-Unis: demande d’enquête criminelle sur les emails de Hillary Clinton (NYT) »

Changement climatique: les océans pourraient monter de 3 mètres en moins de 50 ans, selon un ancien scientifique de la NASA

rising-seas-2000

Illustration: montée des océans (ngm.com)

Le scientifique climatique le plus célèbre de la planète lance une bombe en avertissant de la montée des océans

Les océans pourraient-ils vraiment monter de 10 pieds [3 mètres] dans les 50 prochaines années?

Par Eric Holthaus, 22 juillet 2015

Dans ce qui pourrait se révéler être un point de départ pour l’action politique sur le changement climatique, une nouvelle étude à couper le souffle soulève un extrême doute sur la stabilité à court terme des niveaux de la mer à l’échelle mondiale.

L’étude — écrite par James Hansen, ancien responsable scientifique de la NASA pour le climat, et 16 co-auteurs, dont beaucoup sont considérés comme parmi les meilleurs dans leurs domaines — conclut que les glaciers du Groenland et de l’Antarctique vont fondre 10 fois plus rapidement que les estimations consensuelles antérieures, résultant dans l’élévation du niveau de la mer d’au moins 10 pieds [3 mètres] en moins de 50 ans. L’étude, qui n’a pas encore été évaluée par des pairs, apporte une nouvelle importance à une boucle de rétroaction qui conduit au refroidissement de l’eau près de l’Antarctique avec de l’eau douce provenant de la fonte des glaciers réchauffés, une eau plus salée sous les calottes glaciaires, accélérant la vitesse de fonte. Hansen, qui est connu pour être alarmiste mais également compétent, reconnaît que son étude implique un changement bien au-delà des estimations de consensus précédentes. Lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes, il a dit qu’il espérait que les nouvelles constatations soient « sensiblement plus persuasives que ce qui a été publié précédemment ». Je pense certainement qu’elles le sont.

Lire la suite: http://www.motherjones.com/environment/2015/07/earth%E2%80%99s-most-famous-climate-scientist-issues-bombshell-sea-level-warning

La publication controversée de James Hansen sur la montée des océans a maintenant été mise en ligne (Washington Post)

Un lanceur d’alerte du FBI: La CIA aurait pu facilement arrêter le 11 septembre s’ils l’avaient voulu

Attentat du 11 septembre - Tours jumelles

Mark Rossini, la déclaration explosive d’un ancien agent du FBI

NeonNettle.com, Par Sophia Akram, 26 juin 2015

En début de mois, un nouveau rapport d’enquête largement expurgé, daté de 2005, sur les attaques des tours jumelles, a été déclassifié. Cette publication, considérée comme une avancée vers la transparence, a été critiquée, pour ne pas être allée assez loin dans la mise à jour de la pleine connaissance de la Central Intelligence Agency (CIA) face aux événements entourant l’attaque.

Le rapport, publié sous le Freedom of Information Act après de nombreuses demandes de sa publication intégrale, aux côtés de cinq autres documents, expose le travail de l’agence dans la course jusqu’aux atrocités du 11 septembre.

On a fait valoir que la nouvelle information va loin en essayant de démontrer que l’agence d’espionnage américaine a fait tout son possible pour arrêter le terrorisme qui planait ce jour-là; mais Mark Rossini, un ancien agent du FBI qui a été affecté au Centre de lutte contre le terrorisme (CTC) au moment des attaques, dit que le rapport est trompeur et qu’ils continuent toujours de supprimer des informations sur ce qui était connu avant les incidents du 11/9.

Rossini affirme que la CIA couvre des liens nuisibles entre des individus qui peuvent avoir été impliqués dans le complot depuis le Royaume d’Arabie Saoudite.

Lire la suite: http://www.neonnettle.com/features/446-fbi-whistleblower-the-cia-could-ve-easily-stopped-9-11-if-they-wanted

Géopolitique de la 3ème Guerre mondiale: Etats-Unis, Russie, Arabie Saoudite, pétrole et cours du dollar

Veterans Today, 19 septembre 2014

Traduction intégrale:

[Charles Krauthammer, chroniqueur affilié] Nous avons, comme vous le dites, Isis, l’Etat islamique, au cœur du Moyen-Orient, l’Iran qui fait le nucléaire, la Russie en mouvement, la Chine réclamant un territoire qu’elle n’a pas vraiment le droit de réclamer.

[Journaliste] Les rapports au jour le jour montrent les troupes russes qui vont plus loin dans le sud-est de l’Ukraine et aident à inverser la tendance.

[Gen. Martin Dempsey] Peuvent-ils être vaincus, sans aborder cette partie de l’organisation qui réside en Syrie? La réponse est non.

[Ben Rhodes, conseiller national adjoint de sécurité] Nous envisageons activement ce qui va être nécessaire pour faire face à cette menace et on ne va pas être limité par des frontières.
http://www.reuters.com/article/2014/08/23/us-iraq-security-usa-idUSKBN0GM1T920140823

[Juge Jeanine Pirro, vidéo] Des frappes aériennes, bombardez-les, bombardez-les, continuez de les bombarder, encore et encore…

[Howard Zinn, vidéo] Si vous êtes né hier, vous croyez à tout ce que quelqu’un vous dit là-haut, et vous n’avez aucun moyen de le vérifier. Avec un peu d’histoire, cela ne prouve pas que le gouvernement vous ment aujourd’hui, cela vous demande juste de vérifier si c’est le cas, et ensuite de décider pour vous-même.

[Narrateur] Contrairement à la croyance générale, la conduite des nations sur les scènes internationales n’est presque jamais guidée par plus de considérations. Mais plutôt par un sombre cocktail d’argent et de géopolitique, comme quand vous voyez les porte-paroles de la classe dirigeante qui commencent à diaboliser un pays étranger, la première question dans votre esprit doit toujours être: « qu’est-ce qui est réellement en jeu ici? »

Depuis quelques temps, la Russie, la Chine, l’Iran et la Syrie ont été dans le collimateur. Une fois que vous comprenez pourquoi, les événements qui se déroulent en ce moment même dans le monde prennent beaucoup plus de sens. Le dollar américain est une monnaie vraiment unique. En fait, sa conception actuelle et sa relation à la géopolitique ne ressemblent à aucune autre dans l’histoire.

Avant 1971, le dollar américain était lié au standard de l’or, du moins officiellement. Selon le FMI, en 1966, les banques centrales étrangères détenaient 14 milliards en dollars américains, mais les Etats-Unis avaient seulement 3,2 milliards $ en or alloués pour couvrir les avoirs étrangers.

Traduction: la Réserve fédérale imprimait plus d’argent que ce qu’elle pouvait rembourser.

Le résultat a été une inflation galopante et une fuite générale du dollar.

En 1971, dans ce qui est allait être appelé plus tard appelé le « Choc Nixon« , le président Nixon a supprimé le dollar du standard de l’or, intégralement.

[Richard Nixon] J’ai ordonné au Secrétaire du Trésor de prendre les mesures nécessaires pour défendre le dollar contre les spéculateurs. J’ai ordonné au secrétaire, calmement, de suspendre temporairement la convertibilité du dollar en or ou en d’autres avoirs de réserve, à l’exception du montant et des conditions déterminées à être dans l’intérêt de la stabilité monétaire et dans le meilleur intérêt des États-Unis.

[Narrateur] À ce stade, le dollar est devenu une monnaie purement fondée sur la dette. Avec des monnaies basées sur la dette, l’argent est littéralement prêté à l’existence.

Environ 70% de la monnaie en circulation est créé par les banques ordinaires qui sont autorisés à prêter plus d’argent que ce qu’elles possèdent sur leurs comptes. Le reste est créé par la Réserve fédérale, qui prête de l’argent qu’ils ne possèdent pas, la plupart du temps au gouvernement.

C’est un peu comme faire des chèques sans provision, sauf que c’est légal, pour les banques.

Cette pratique qui est désignée comme un « système de réserves fractionnaires » est prétendument réglementée par la Réserve Fédérale, une institution qui se trouve être  détenue et contrôlée par un conglomérat de banques, et aucune agence ou branche du gouvernement ne réglemente la Réserve Fédérale.

[Journaliste] Quelle est la relation appropriée, quelle devrait être la relation appropriée entre le président de la Fed et le président des États-Unis?

[Allen Greenspan, président du FMI – vidéo] Eh bien, tout d’abord, la Réserve Fédérale est une agence indépendante, ce qui signifie essentiellement qu’il n’y a pas d’autre agence gouvernementale qui peut passer outre les actions que nous prenons. Cela est en place depuis si longtemps et il n’y a aucune preuve que l’administration, ou le Congrès ou qui que ce soit d’autre demande que nous faisons des choses autres que ce que nous pensons être la chose appropriée. Alors, de savoir quelle relation, cela n’a franchement pas d’importance.

Maintenant, pour rendre les choses encore plus intéressantes, ces prêts de réserve fractionnaire ont un intérêt attaché, mais l’argent pour payer ces intérêts n’existe pas dans le système. En conséquence, il y a toujours plus de dette totale que d’argent en circulation, et afin de rester à flot, l’économie doit croître sans cesse.

Ceci n’est évidemment pas durable.

Maintenant, vous commencez peut-être à vous demander comment le dollar a maintenu une position si dominante sur la scène mondiale depuis plus de quarante ans, si c’est réellement un peu plus qu’un système de Ponzi élaboré.

Eh bien, c’est là où le dollar rejoint la géopolitique.

En 1973, sous l’ombre de la crise pétrolière artificielle de l’OPEP, l’administration Nixon entame des négociations secrètes avec le gouvernement de l’Arabie Saoudite pour établir ce qui plus tard va être appelé le système de recyclage des pétrodollars. Selon l’accord, les Saoudiens ne vendaient leur pétrole qu’en dollars américains, et investiraient la majorité de leurs profits pétroliers excédentaires dans les banques américaines et les marchés de capitaux.

Le FMI utiliserait alors cet argent pour faciliter les prêts aux pays importateurs de pétrole qui avaient des difficultés pour couvrir l’augmentation des prix du pétrole. L’intérêt et les paiements sur ces prêts seraient évidemment libellés en dollars américains.

Cet accord a été formalisé dans la « Commission mixte américano-saoudienne sur la coopération économique » mise en place par le secrétaire d’État de Nixon, Henry Kissinger, en 1974.

[Un autre document publié par le Congressional Research Service révèle que ces négociations avaient un avantage pour eux, alors les responsables américains discutaient ouvertement de la possibilité de saisir des champs de pétrole en Arabie Saoudite militairement.]

Le système a été élargi pour inclure le reste de l’OPEP, en 1975.

Bien que présenté comme un tampon pour les effets récessifs de la hausse des prix du pétrole, cet arrangement a eu un effet caché. Il a supprimé les contraintes traditionnelles sur la politique monétaire américaine.

La Réserve Fédérale était maintenant libre d’augmenter l’offre de l’argent à volonté. La demande toujours croissante de pétrole permettrait d’éviter une fuite du dollar, tout en distribuant les conséquences inflationnistes sur l’ensemble de la planète.

Le dollar est passé d’une monnaie basée sur l’or à une monnaie basée sur le pétrole. Il est également devenu le premier produit d’exportation de l’Amérique.

Vous êtes-vous déjà demandé comment l’économie américaine a été en mesure de rester à flot, tout en gardant plusieurs milliards de déficits commerciaux en dollars pendant des décennies? Vous êtes-vous jamais demandé comment il se fait que les États-Unis détiennent une telle quantité disproportionnée de la richesse mondiale, quand 70% de l’économie américaine est fondée sur le consommateur?

Dans l’ère moderne, les combustibles fossiles font tourner le monde. Ils se sont intégrés dans tous les aspects de la civilisation: l’agriculture, le transport, les matières plastiques, le chauffage, la défense et la médecine, et la demande ne cesse de croître.

Aussi longtemps que le monde aura besoin de pétrole, et aussi longtemps que le pétrole sera vendu uniquement en dollars américains, il y aura une demande pour le dollar américain, et cette demande est ce qui donne sa valeur au dollar.

Pour les États-Unis, c’est une très bonne affaire. Les dollars sortent, soit en papier ou en chiffres dans un système informatique, et des produits et services réels et tangibles arrivent. Toutefois, pour le reste du monde, c’est une forme très sournoise d’exploitation.

En ayant un commerce mondial principalement en dollars, cela confère également à Washington une puissante arme financière à travers les sanctions. Cela est dû au fait que la plupart des transactions en dollars à grande échelle sont forcées de passer par les Etats-Unis.

Ce système de pétrodollars restera incontesté jusqu’en septembre 2000, lorsque Saddam Hussein a annoncé sa décision de faire passer les ventes de pétrole de l’Irak du dollar vers l’euro. Ce fut une attaque directe sur le dollar, et facilement, l’événement géopolitique le plus important de l’année, mais seulement un article dans les médias occidentaux l’a mentionné.

Dans le même mois où Saddam a annoncé qu’il s’éloignait du dollar, une organisation appelée « Le Projet pour un Nouveau Siècle Américain » [PNAC], dont Dick Cheney s’est juste avéré être un membre, a publié un document intitulé « Reconstruire les défenses de l’Amérique. Stratégie, Forces et Ressources pour un Nouveau Siècle« . Ce document a appelé à l’augmentation massive des dépenses militaires américaines et à une politique étrangère beaucoup plus agressive afin d’étendre la domination américaine dans le monde. Cependant le document a déploré que la réalisation de ces objectifs prendrait de nombreuses années dans « l’absence d’un événement catastrophique et catalyseur – comme un nouveau Pearl Harbor ».

Un an plus tard, ils l’avaient.

Surfant sur la réaction émotionnelle du 11 septembre, l’administration Bush a réussi à envahir l’Afghanistan et l’Irak, et à passer le Patriot Act, sans aucune résistance significative.

Wesley Clark: Le plan US post 11/9: envahir 7 pays dont l’Irak, la Lybie, la Syrie et l’Iran

Il n’y avait pas d’armes de destruction massive en Irak, et ce ne fut pas une question de mauvaises informations. Ce fut un mensonge froid et calculé, et la décision d’envahir a été faite en pleine connaissance de la catastrophe qui allait suivre.

[Dick Cheney en 1994, vidéo]

[Journaliste]: Pensez-vous que les Etats-Unis, ou les forces de l’ONU, auraient dû venir à Bagdad?

[Dick Cheney]: Non

[Journaliste]: Pourquoi non?

[Dick Cheney]: Parce que si nous étions allés à Bagdad, nous aurions été tout seuls. Il n’y aurait eu personne d’autre avec nous. Il y aurait eu une occupation américaine en Irak. Aucune des forces arabes prêtes à se battre avec nous au Koweït n’étaient prêtes à envahir l’Irak.

Une fois que vous êtes en Irak et que vous en avez pris le contrôle, que vous faites tomber le gouvernement de Saddam Hussein, alors qu’est-ce que vous allez mettre à sa place? Voilà une partie très instable du monde, et si vous faites tomber le gouvernement central de l’Irak, vous pourriez très facilement finir par voir des morceaux de l’Irak s’envoler: une partie, les Syriens aimeraient en avoir à l’ouest, une partie de celui-ci – l’est de l’Irak – les Iraniens aimeraient le récupérer, ils se sont battus pour ça pendant huit ans. Dans le nord, vous avez les Kurdes, et si les Kurdes se rassemblent et rejoingnent les Kurdes en Turquie, alors vous menacez l’intégrité territoriale de la Turquie.

C’est un bourbier si vous allez aussi loin et essayez de prendre le contrôle de l’Irak.

L’autre chose, c’était les victimes. Tout le monde a été impressionné par le fait que nous avons pu faire notre travail avec aussi peu de victimes que nous avons eues. Mais pour les 146 Américains tués en action, et pour leurs familles – cela n’a pas été une guerre sans prix. Et la question pour le président, pour savoir si oui ou non nous poursuivons notre présence à Bagdad, si nous prenons des pertes supplémentaires dans un effort pour obtenir Saddam Hussein, était de savoir combien de morts supplémentaires Américains vaut Saddam?

Notre jugement a été qu’il n’en vaut pas beaucoup, et je pense que nous avons eu raison.

Ils savaient exactement ce qui allait se passer, mais en 2003, ils l’ont quand même fait. Une fois que les champs de pétrole irakiens ont été sous contrôle américain, les ventes de pétrole ont été immédiatement rétablies en dollars. Mission accomplie.

Peu de temps après l’invasion de l’Irak, l’administration Bush a tenté d’étendre ces guerres à l’Iran. Soi-disant le gouvernement iranien travaillait à la construction d’une arme nucléaire. Après le fiasco en Irak, la crédibilité de Washington a été gravement endommagée, et par conséquent, ils ont été incapables de rassembler un soutien national ou international pour une intervention. Leurs efforts ont en outre été sabotés par des éléments au sein de la CIA et du Mossad qui sont venus à l’avant pour déclarer que l’Iran n’avait même pas pris la décision de développer des armes nucléaires, et encore moins d’en commencer une tentative. Cependant, la campagne de diabolisation contre l’Iran a continué même au sein de l’administration Obama.

Pourquoi?

Eh bien, cela pourrait-il avoir quelque chose en rapport avec le fait que, depuis 2004, l’Iran a été dans un processus d’organisation d’une bourse pétrolière indépendante? Les Iraniens construisaient leur propre marché du pétrole, et il n’allait pas être lié au dollar. Les premières livraisons de pétrole ont été vendues par ce marché en juillet 2011. Incapables d’obtenir la guerre qu’ils voulaient, les États-Unis ont utilisé l’ONU pour imposer des sanctions contre l’Iran. L’objectif des sanctions était de renverser le régime iranien. Bien que cela ait porté préjudice à l’économie iranienne, les mesures ont échoué à déstabiliser le pays. Cela était dû en grande partie à l’aide de la Russie dans le contournement des restrictions bancaires américaines.

En février 2009, Mouammar Kadhafi a été nommé président de l’Union Africaine. Il a immédiatement proposé la formation d’un Etat unifié avec une monnaie unique. C’est la nature de cette monnaie proposée qui l’a tué.

En mars 2009, l’Union Africaine a publié un document intitulé « Vers une monnaie unique africaine ». Les pages 106 et 107 de ce document discutent spécifiquement les avantages et les aspects techniques de l’exécution de la Banque Centrale Africaine sous un standard en or. À la page 94, il est dit explicitement que la clé de la réussite de l’Union monétaire de l’Afrique serait la « liaison éventuelle d’une monnaie unique africaine à la plus monétaire de toutes les marchandises – l’or. »[Remarque: La numérotation des pages est différente sur d’autres versions du document qu’ils ont publié]

En 2011, la CIA est venue en Libye et a commencé à soutenir des groupes militants dans leur campagne pour renverser Kadhafi, et les Etats-Unis et l’OTAN ont soutenu et appliqué une résolution de zone d’exclusion aérienne à l’ONU pour faire pencher la balance avec des frappes aériennes. La présence d’extrémistes d’Al-Qaïda parmi ces combattants rebelles a été mise sous le tapis. La Libye, comme l’Iran et l’Irak, avait commis le crime impardonnable de contester le dollar américain.

L’intervention de l’OTAN en Libye s’est transformée en une guerre secrète contre la Syrie. Le gouvernement libyen a été torpillé et les armes ont été expédiées via la Turquie aux rebelles syriens travaillant à renverser Assad. Il était déjà clair à ce stade qu’un grand pourcentage de ces combattants avaient des liens avec des organisations terroristes. Cependant l’appareil de sécurité nationale des États-Unis a considéré cela comme un mal nécessaire. En fait, le Conseil des relations étrangères a publié un article en 2012 déclarant que « L’afflux des djihadistes apporte de la discipline, de la ferveur religieuse, de l’expérience de la bataille d’Irak, du financement de sympathisants sunnites dans le Golfe, et surtout, des résultats mortels. En bref, la FSA [Armée Syrienne Libre] a maintenant besoin d’al-Qaïda ».

[Voir theantimedia.org pour lire ça]

[Soyons clairs, les Etats-Unis ont mis l’Etat Islamique (ISIS) au pouvoir]

En 2013, ces mêmes rebelles syriens liés à Al-Qaïda ont lancé deux attaques au gaz sarin. Ce fut une tentative d’encadrer Assad et de mobiliser le soutien international pour une intervention militaire. Heureusement, ils ont été exposés par les Nations Unies et les enquêteurs russes, et la poussée en faveur des frappes aériennes s’est complètement effondrée lorsque la Russie est intervenue pour négocier une solution diplomatique.

La campagne pour un changement de régime en Syrie, tout comme en Libye, a été présentée en termes de droits de l’homme. Évidemment, ce ne sont pas les véritables motifs.

En 2009, le Qatar a mis en avant une proposition visant à lancer un pipeline de gaz naturel à travers la Syrie et la Turquie vers l’Europe. Assad l’a toutefois rejeté, et en 2011, il a forgé un pacte avec l’Irak et l’Iran pour construire un pipeline en coupant complètement le Qatar et l’Arabie saoudite de la boucle. Sans surprise, le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie ont été les joueurs régionaux les plus agressifs dans la poussée pour renverser le gouvernement syrien.

Mais pourquoi ce pipeline aurait mis la Syrie dans la ligne de mire de Washington?

Trois raisons:
1. Cet arrangement du pipeline permettait de renforcer de manière significative la position de l’Iran, leur permettant d’exporter vers les marchés européens sans avoir à passer par l’un des alliés de Washington. Cela réduisait évidemment le levier du gouvernement américain.
2. La Syrie est le plus proche allié de l’Iran. Son effondrement aurait intrinsèquement affaibli l’Iran.
3. La Syrie et l’Iran ont signé un accord de défense mutuelle, et une intervention américaine en Syrie pourrait ouvrir la porte à un conflit ouvert avec l’Iran.

En février 2014, ce jeu d’échecs mondial a chauffé dans un nouveau lieu: l’Ukraine. La véritable cible était cependant la Russie.

Vous voyez, la Russie se trouve être juste le deuxième plus grand exportateur de pétrole au monde, et non seulement ils ont été une épine dans le pied de Washington au niveau diplomatique, mais ils ont aussi ouvert une bourse de l’énergie en 2008, avec des ventes libellées en roubles et en or. [Ce projet était en cours depuis 2006. Ils ont également travaillé avec la Chine pour se retirer du dollar dans l’ensemble de leur commerce bilatéral.]

La Russie a également été dans un processus d’organisation d’une Union Economique Eurasienne, qui comprend des plans pour adopter une unité monétaire commune, et qui est prévue pour avoir son propre marché indépendant de l’énergie.

Avant la crise, l’Ukraine a été face à un choix: soit rejoindre l’UE en vertu d’un accord d’association ou rejoindre l’Union eurasienne. L’UE a insisté que ce n’était pas une proposition optionnelle. L’Ukraine ne pouvait pas rejoindre les deux. La Russie, d’autre part, a affirmé que l’adhésion aux deux ne posait pas de problème. Le Président Ianoukovitch a décidé d’aller avec la Russie.

[Cet article du Guardian vaut aussi la peine d’être lu.]

En réponse, l’appareil de sécurité nationale des États-Unis a fait ce qu’il fait le mieux: ils ont renversé Ianoukovitch et installé un gouvernement fantoche. Pour voir la preuve complète de l’implication de Washington dans le coup d’Etat, regardez « La crise en Ukraine: ce qu’on ne vous dit pas ».

Bien que tout cela semblait aller bien au début, les États-Unis ont rapidement perdu le contrôle de la situation. La Crimée a organisé un référendum et le peuple a voté massivement pour faire sécession de l’Ukraine et pour une réunification avec la Russie. La transition a été ordonnée et pacifique. Personne n’a été tué, mais l’Occident a immédiatement encadré tout l’événement comme un acte d’agression russe, et cela est devenu le point de mantra à partir de là.

La Crimée est importante sur le plan géostratégique en raison de sa position sur la mer Noire, qui permet la projection de la puissance navale en Méditerranée. [Elle a aussi été un territoire russe dans une grande partie de l’histoire récente.]

Les Etats-Unis ont fait pression pour l’inclusion de l’Ukraine dans l’OTAN depuis des années maintenant. Une telle démarche aurait placé les forces américaines juste sur la frontière de la Russie et aurait potentiellement pu aboutir à la perte pour la Russie de leur base navale en Crimée. C’est la raison pour laquelle la Russie a immédiatement accepté les résultats du référendum de Crimée et a rapidement consolidé le territoire.

Pendant ce temps, dans l’Est de l’Ukraine, deux régions ont déclaré l’indépendance face à Kiev et ont tenu des référendums de leur propre côté. Des résultats qui ont plébiscité l’autonomie.

Kiev a répondu à cela avec ce qu’ils appelaient des opérations anti-terroristes. Dans la pratique, ce fut une campagne massive et aveugle de bombardements qui ont tué des milliers de civils. Apparemment, tuer des civils n’était pas considéré comme une agression pour l’Occident. En fait, le FMI a explicitement mis en garde le gouvernement provisoire que leur enveloppe de prêts de 17 milliards de dollars pourrait être en danger, s’ils ne sont pas en mesure de mettre un terme au soulèvement en Ukraine orientale.

Alors que la guerre contre l’Ukraine orientale faisait rage, les élections ont eu lieu et Petro Porochenko a été élu président. Il se trouve que Porochenko a été exposé par un câble diplomatique publié par Wikileaks en 2008, pour avoir travaillé comme taupe pour le Département d’État des États-Unis depuis 2006. Ils se sont référés à lui comme « Notre homme en Ukraine » et la plupart du câble fait référence à l’information qu’il fournissait. [Un autre câble montre que les Etats-Unis savaient que Poroshenko était corrompu même à ce moment.]

Avoir une marionnette en place n’a cependant pas été suffisant pour donner à Washington la haute main dans cette crise. Qu’est-ce que Washington fait quand ils n’ont pas d’autre effet de levier? Ils imposent des sanctions, ils diabolisent et ils font des tentatives d’intimidation.

Cela n’est pas une très bonne stratégie lorsqu’ils traitent avec la Russie. En fait, cela s’est déjà retourné contre eux. Les sanctions ont simplement poussé la Russie et la Chine à une coopération plus étroite et a accéléré l’agenda dé-dollarisation de la Russie. Et en dépit de la rhétorique, cela n’a pas conduit la Russie à être isolée. Les États-Unis et l’OTAN ont creusé un fossé entre eux et la Russie, mais pas entre la Russie et le reste du monde.

Ce nouvel axe anti-dollar va plus loin que l’économie. Ces pays comprennent ce qui est en jeu ici. Voilà pourquoi, dans le sillage de la crise ukrainienne, la Chine a proposé un nouveau pacte de sécurité eurasienne qui inclurait la Russie et l’Iran.

Considérez les implications ici, alors que l’administration Obama commence les bombardements en Syrie, un pays qui a également un accord de défense mutuelle avec l’Iran.

Cela n’est pas la guerre froide 2.0. C’est la guerre mondiale 3.0. Les masses n’ont peut-être pas encore compris, mais l’histoire s’en souviendra de cette manière.

Les alliances se consolident et une guerre chaude prend son cours sur de multiples fronts. Si les provocations et les guerres par procuration continuent, c’est seulement une question de temps avant que les grands joueurs s’affrontent directement, et ceci est une recette pour un désastre.

Est-ce que tout cela résonne de manière folle pour vous? Eh bien, vous avez raison. Les gens qui dirigent le monde en ce moment sont fous, et le public est comme un somnambule dans une tragédie. Si vous voulez modifier le cours où nous sommes, il n’y a qu’une seule façon de le faire. Nous devons réveiller ce public. Même les armes les plus puissantes de la guerre sont neutralisées, si vous atteignez l’esprit de l’homme derrière la détente.

Comment pouvons-nous réveiller les masses, demandez-vous? N’attendez pas que quelqu’un d’autre réponde pour vous. Faites preuve de créativité. Agissez comme si l’avenir de vos enfants et de vos petits-enfants était en jeu, parce que c’est le cas.

Transcription originale en anglais: http://www.veteranstoday.com/2014/09/19/the-geopolitics-of-world-war-iii/

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