La Pologne, un outil au service des Etats-Unis pour réformer la démocratie dans les anciens pays de l’Est

Europe de l'EstUn câble américain du 5 janvier 2010, publié sur le site Wikileaks (réf. 10WARSAW7), montre l’implication de la Pologne dans la transition et l’effort démocratique des anciens pays de l’Est. Le rôle des ONG y est notamment exposé. En 1999, avec l’entrée de la Pologne dans l’OTAN, ce sont les frontières géostratégiques de l’Europe qui se redessinent. C’est le renforcement de l’Occident et des Etats-Unis face à l’ancien ennemi de la Guerre froide, la Russie. Les câbles Wikileaks témoignent de l’effort constant et de la volonté continue des Etats-Unis d’étendre leur sphère d’influence sur l’Europe de l’Est, comme en Ukraine, ces dernières années. La Pologne apparaît ainsi comme un outil au service des Etats-Unis pour réformer la démocratie dans les anciennes républiques soviétiques.

(SBU: Sensible Mais Non-Classifié) RÉSUMÉ: Lors d’une réunion du 21 octobre, le vice-président, un groupe diversifié de représentants de la société civile polonaise, y compris des organisations actives dans la promotion de la transformation démocratique et l’autonomisation des femmes et des minorités, ont souligné les efforts de la Pologne pour partager son expérience de transformation réussie avec des pays en Europe de l’Est et dans le Caucase. Les participants ont souligné les forces uniques de la Pologne et les défis auxquels ils sont encore confrontés. Notant que la Pologne a bénéficié de l’aide du SEED et de l’USAID dans les années 1990, les participants ont déclaré que la Pologne souhaiterait l’assistance technique et l’expertise des États-Unis pour renforcer la capacité de la Pologne à fournir une aide au développement aux pays tiers. Ils ont exprimé leur confiance dans le fait que le partenariat américano-polonais – réunissant le savoir-faire et l’expérience de la Pologne avec les ressources et l’expertise de développement des États-Unis – soutiendrait les efforts pour renforcer les institutions et les processus démocratiques à l’est. Le vice-président a félicité la Pologne pour tout ce qui avait été accompli et a encouragé les Polonais à continuer de passer d’une pensée de ce que les États-Unis peuvent faire pour la Pologne à ce que les États-Unis peuvent faire avec la Pologne. Il a dit aux leaders de la société civile que la Pologne est un excellent exemple de transition réussie vers la démocratie, et les Polonais devraient avoir confiance en eux-mêmes pour délivrer des conseils. FIN DU RÉSUMÉ.

2. (U) PARTICIPANTS

Etats-Unis ————-
Le vice-président Biden
L’ambassadeur Feinstein [Lee A. Feinstein], ambassadeur américain en Pologne

Société civile polonaise ——————
Jolanta Kwasniewska, ancienne Première Dame de la Pologne et fondatrice de la Fondation Communication Sans Barrières
Bronislaw Misztal, Directeur Exécutif, Secrétariat Permanent de la Communauté des Démocraties
Eleonora Bergman, directrice de l’Institut Historique Juif
Jacek Michalowski, Directeur de programme, Fondation américano-polonaise pour la Liberté
Dorota Mitrus, Présidente de l’Institut Européen pour la Démocratie
Mirella Panek-Owsianska, Présidente du Forum des Entreprises Responsables
Paula Sawicka, Présidente de l’Association République Ouverte
Jacek Strzemieczny, Président du Centre pour l’Education de la Citoyenneté

Comme le souligne le câble Wikileaks, le vice-président américain « a souligné l’importance qu’il avait personnellement placé sur la Pologne en tant que sénateur des États-Unis, en particulier son leadership au Sénat pour l’adhésion de la Pologne à l’OTAN. » L’entrée de la Pologne dans l’OTAN apparaît bien comme faisant partie d’une stratégie américaine qui, dans la continuité de la Guerre froide, a cherché par tous les moyens à intégrer les anciens pays soviétiques et à contrer la puissance russe. Mais cela fait aussi partie d’une stratégie globale: les Etats-Unis semblent, en effet, intéressés par l’idée de dominer globalement, économiquement et politiquement, en Europe et dans le monde — un défi et un objectif pour les années à venir, comme le révèlent les paroles du vice-président Biden:

Une Europe « entière et libre » est l’une des deux bases de la construction d’un appareil de sécurité globale pour le 21ème siècle, et les pays d’Europe Centrale sont prêts à jouer un rôle de premier plan. (par. 3)

La Pologne apparaît également jouer un rôle dans le changement démocratique en Ukraine. Cette volonté des représentants polonais d’assister et d’aider les Etats-Unis est présentée comme une « obligation morale » par Jacek Michalowski, directeur de programme à la Fondation américano-polonaise pour la Liberté, qui travaille aujourd’hui au cabinet de la Présidence polonaise. Parce que les Etats-Unis ont aidé la Pologne à se libérer du communisme dans les années 80, les polonais se sentent « obligés » de continuer la bataille pour la démocratie dans les anciennes républiques soviétiques. Jacek Michalowski souligne aussi le rôle des ONG polonaises et il demande explicitement au vice-président américain d’encourager l’aide financière de ces ONG pour renforcer l’effort de transition en Europe de l’Est. Le paragraphe 6 du câble est plus précisément consacré à l’Ukraine. On apprend que:

Alors que les organisations polonaises font face à une rude concurrence pour les subventions et travaillent donc dur pour identifier des partenaires efficaces, ce n’est pas toujours facile, dit Michalowski. (par. 6)

Les protestations actuelles en Ukraine contre le gouvernement peuvent apparaître aujourd’hui comme le fruit d’efforts communs, ces dernières années, entre des groupes d’opposition et des ONG plus ou moins financées par les Etats-Unis, comme le démontre ce câble diplomatique. Les Etats-Unis se sont beaucoup impliqués pour obtenir un changement politique en Ukraine. Dorota Mitrus, présidente de l’Institut Européen pour la Démocratie, parle notamment du rôle de sa propre ONG pour organiser par exemple « des stages et des programmes d’échange pour les fonctionnaires du gouvernement ukrainien« . Si la Pologne a joué un rôle, d’autres pays ont certainement aussi joué un rôle dans la prise de contact et le renforcement des liens avec l’opposition ukrainienne. Ce câble n’offre qu’un petit aperçu des moyens mis en oeuvre par les Etats-Unis. De la même manière, le groupe des Femen présent en Ukraine a de fortes chances d’avoir été initié et soutenu par le gouvernement américain, dans le cadre de cette stratégie de réforme en Europe de l’Est. Ce qui se passe aujourd’hui en Ukraine résulte donc de tout ce qui a été entrepris par les Etats-Unis pendant ces dernières années et par les efforts multiples qui ont accompagné les nombreuses prises de décision.

A la lumière de ce document diplomatique, on peut se demander, d’une part, où s’arrêtera la stratégie de démocratisation en Europe de l’Est. Le câble diplomatique cite les pays de l’Est et le Caucase, une région qui inclut la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Est-ce que les Etats-Unis vont ainsi continuer leurs programmes de démocratisation en ciblant ces pays, qui sont tous d’anciennes républiques soviétiques? C’est probablement ce à quoi on peut s’attendre pour les prochaines années. Ce sont les derniers actes de l’histoire de la Guerre froide, où les Etats-Unis vont symboliquement aux portes de la Russie comme s’ils s’emparaient des anciens territoires qui leur avaient été confisqués pendant le communisme. Les Etats-Unis ne cherchent pas seulement à apporter la démocratie dans ces pays, ils viennent aussi chercher une partie de leur orgueil perdu dans le passé face à l’empire communiste.

D’autre part, on peut aussi se demander si les guerres en Afghanistan et en Irak n’ont pas fait également partie, ces dernières années, de cette stratégie américaine qui a consisté à mettre en place des programmes pour la démocratie dans le but de contrer la Russie et d’affaiblir sa puissance. Si les programmes de démocratisation des pays de l’Est ont eu pour objectif d’amener les anciens pays soviétiques dans la sphère d’influence américaine, est-ce que les programmes de démocratisation au Moyen-Orient ont eu le même rôle? A savoir, les Etats-Unis ont-ils cherché avec les guerres au Moyen-Orient à étendre leur influence politique et idéologique dans le monde, par crainte de voir la Russie s’emparer de certaines richesses ou bien par crainte qu’elle puisse étendre son influence politique et idéologique? Ceci semble toujours évident, que derrière tout ce que les Etats-Unis nomment « programmes de démocratisation », se cache en fait la volonté de continuer une certaine forme de Guerre froide contre la Russie — une guerre à la fois politique, idéologique et stratégique.

Source: http://www.wikileaks.org/plusd/cables/10WARSAW7_a.html

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Qui se tient derrière le mouvement ridicule des FEMEN?

Pravda.ru, 20.08.2013

Femen, "EURO-2012 without prostitution"Les actualités des rapports sur les actes scandaleux commis par l’organisation publique des FEMEN font régulièrement les gros titres dans les journaux partout dans le monde. Les jeunes femmes arrachent leurs vêtements en public et organisent des actions de protestation dans différents pays. Beaucoup de gens voient leurs actes comme un spectacle, et peu de gens se demandent ce que sont les véritables objectifs des FEMEN et qui soutient le mouvement financièrement.

Les FEMEN sont un mouvement féministe ukrainien qui est devenu célèbre pour ses actions scandaleuses de protestation, au cours desquelles les militantes de l’organisation apparaissent généralement demi-nues en public. Les FEMEN ont commencé leur existence en 2008. La leader et fondatrice du mouvement est Anna Gutsol, qui, soit dit en passant, n’a jamais montré son corps devant les caméras, comme le font les autres.

En 2008, les activistes Femen ont tenu leur première manifestation sous le slogan « L’Ukraine n’est pas un bordel. » Depuis lors, les militantes du mouvement montrent régulièrement leurs seins, apparaissant dans les journaux et à la télévision.  Des slogans pulvérisés au spray sur des seins nus, quelques affiches et des couronnes sur les têtes – ce sont les attributs essentiels des nouvelles féministes. Comme le dit FEMEN, elles se battent pour les droits des femmes, ainsi que contre la religion, la société patriarcale, la prostitution et l’industrie du sexe en Ukraine.

En outre, les militantes du mouvement FEMEN mènent souvent des actions politiques, même si elles ne se considèrent pas comme une organisation politique. Le mouvement cherche à se distancier de la politique. L’idéologie du mouvement est le « sextrémisme. » La plupart des militantes du mouvement sont des étudiantes des universités de Kiev. Il convient de noter que les FEMEN possèdent des bureaux au Brésil et en France. Récemment, des militantes du mouvement ont vu le jour en Allemagne.

Selon les experts, les FEMEN en tant que mouvement se composent de deux parties. La première correspond aux leaders du mouvement, qui servent également de porte-paroles de l’organisation. Ils donnent des interviews pour expliquer pourquoi telle ou telle action a eu lieu dans tel ou tel pays. Ce groupe se compose seulement de quatre femmes – Anna Gutsol, Eugenia Kraizman, Alexandra et Inna Shevchenko.

Le deuxième groupe n’est pas solide en soi. Il comprend des filles (généralement des étudiantes des universités de Kiev) qui souhaitent avoir leur moment de gloire. Les organisatrices n’exposent jamais leurs noms – elles ne disent jamais rien, ni ne donnent d’interviews. Leur tâche principale est de montrer leur corps, juste pour une fois.

De nouvelles actions voient de nouvelles filles impliquées. Les actions choquantes se tiennent généralement sur ​​de grandes places ou à proximité de bâtiments gouvernementaux. Les militantes se dépouillent seins nus, montrant divers slogans écrits sur leur corps. Habituellement, elles portent des couronnes de fleurs sur la tête.

Les FEMEN ne sont pas directement liées aux mouvements féministes. Par ailleurs, le mouvement provoque le rejet et le ressentiment parmi les féministes. Selon les féministes classiques, les activistes des FEMEN jouent un double jeu: – parler contre la violence faite contre les femmes, elles placent effectivement les femmes dans cette optique, causant des dommages au féminisme et renforçant la perception des femmes comme objets sexuels.

Les psychologues disent que les militantes Femen ont probablement subi des traumatismes psychologiques graves. Elles ne comprennent pas comment se réaliser dans la vie moderne, ce qu’il faut faire et comment vivre. Selon les psychologues, ce sont des problèmes de traumatismes de réalisation de soi et de l’enfance qui encouragent les femmes à ces actions extrêmes et folles comme se déshabiller en public devant les caméras.

En 2009, les militantes ont protesté devant le ministère de l’Éducation contre le harcèlement sexuel des étudiantes. L’action a été associée avec l’arrestation du recteur de l’Académie du Transport de l’Eau, qui a été accusé d’avoir commis des actes de violence sexuelle contre des femmes et même de faire du porno avec leur participation.

Pendant la course à la présidentielle en Ukraine en 2010, les participantes du mouvement ont protesté contre Ianoukovitch. En mai 2010, elles ont mené une action contre la visite de Dmitri Medvedev en Ukraine. En octobre 2010, elles ont organisé une manifestation contre la visite de Poutine en Ukraine. Le jour de l’élection du président de la Fédération de Russie, les militantes Irina Fomina, Anna Deda et Oksana Shachko sont apparues nues dans le bureau de vote, où Vladimir Poutine avait voté quelques instants auparavant.

Les militantes ont été arrêtées. Après avoir purgé leur peine d’arrestation, les femmes ont été renvoyées chez elles en Ukraine comme « personas non grata ». En 2011, les militants Alexandra Nemchinova, Oksana Shachko et Inna Shevchenko ont mené une action de protestation devant le KGB à Minsk contre la politique du président du Bélarus, Alexandre Loukachenko.

En août 2012, en soutenant le groupe punk Pussy Riot, les femmes des FEMEN ont utilisé une scie à chaîne pour abattre une croix catholique près de la Place de l’Indépendance à Kiev (la croix a été installée en mémoire des victimes de la répression de Staline).

En 2012, lorsque le patriarche Kirill est arrivé à Kiev pour la fête du Baptême de la Russie, l’activiste Yana Zhdanova est apparue en face de lui seins nus. Il y avait un slogan sur son corps – « Tuez Kirill « .

Il convient de noter que les participantes du mouvement s’en tirent avec leurs actes. Elles peuvent être arrêtées pendant quelques jours, mais ce serait tout. Il semble que ces simples femmes ukrainiennes, à première vue, ont des patrons sérieux qui poursuivent leurs propres objectifs égoïstes.

Tout le monde veut savoir d’où des étudiantes ordinaires de Kiev prennent de l’argent pour leurs actes. Les activistes disent qu’elles reçoivent de l’argent d’Européens ordinaires qui soutiennent le mouvement. Parfois, cependant, les filles « oublient » ce qu’elles disent normalement et disent qu’elles se financent elles-mêmes. Selon elles, elles reçoivent des revenus de la vente de marchandises des FEMEN.

Bien sûr, c’est difficile à croire. Toutes les filles sont au chômage, mais elles louent des appartements à Kiev, elles ont toujours quelque chose à manger et à porter, pour organiser des rassemblements et voyager à l’étranger, ce qui n’est pas pas cher du tout. La publication italienne Il Foglio a mené sa propre enquête, qui a révélé que les gens riches des Etats-Unis et d’Allemagne donnet les fonds aux femmes ukrainiennes.

« Chaque militante à Kiev reçoit environ mille euros par mois, le salaire des dirigeants est de 2.500 euros (à noter que le salaire moyen à Kiev est d’environ 500 euros). En Europe, les dépenses sont encore plus élevées, et les filles des FEMEN reçoivent 1.000 € par jour », écrit le journal italien. Selon Il Foglio, le magnat des médias américain Judd Sanden, qui a une entreprise à Kiev, finance les activistes des FEMEN. Il y a aussi deux individus fortunés en provenance d’Allemagne. Pourquoi font-ils cela? Pour quoi faire?

Selon les experts, les protestations à seins moitié nus nuisent fortement à l’image de l’Ukraine. Leur objectif principal est de faire tout ce qui est possible pour ne pas laisser les Occidentaux prendre l’Ukraine au sérieux. Il s’agit d’une opinion du politologue Taras Berezovets. La journaliste Sandra Novikova croit qu’il y a des gens derrière les filles qui se déshabillent, qui veulent transformer l’Ukraine en un centre de tourisme sexuel. Selon le député Vadim Kolisnichenko, l’objectif principal des FEMEN est de détruire l’Ukraine et de démoraliser la société.

Il y a des objectifs plus globaux. Si l’on analyse tous les actes de l’organisation, on peut voir une autre tendance: les FEMEN s’opposent à tout ce que la Russie et l’Ukraine peuvent faire pour se rapprocher. Elles se tiennent également contre les personnes qui soutiennent des liens plus étroits entre les deux pays.

L’Occident ne veut pas que l’Ukraine maintiennent des relations amicales avec la Russie, car cela renforcera considérablement la position de la Fédération de Russie dans la région.

Sergei Vasilenko

Source: http://english.pravda.ru/society/stories/20-08-2013/125440-femen-0/

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