Pas seulement la Russie: l’Italie et d’autres européens ont vendu beaucoup d’armes à la Syrie

Tanks in Azaz, Syria

Par Francesco Grignetti, 06/09/2013

ROME – Retour en 1998, Bill Clinton a parié sur le jeune Assad. Il devait être le successeur de son père, et les États-Unis estimaient que le jeune Bachar al-Assad, une fois qu’il aurait atteint le pouvoir, serait la personne qui ferait revenir la Syrie au sein des nations civilisées du monde.

Et ainsi le gouvernement Clinton, en dépit de la controverse que cela a provoqué, a pris des décisions très importantes: la Syrie a été retirée de la liste noire des pays producteurs de stupéfiants, les sanctions ont été levées, et l’embargo sur les armes a été assoupli. Les alliés de l’Amérique ont rapidement suivi, et l’Italie a été le pays le plus rapide à rétablir des liens avec Damas. Résultat: un ordre massif de ce qui était alors un jour de paie de 400 milliards de lires (206 millions d’euros) pour l’industrie militaire italienne.

Le gouvernement italien a autorisé cet ordre-monstre comme on le voit dans le rapport d’armement présenté au Parlement le 31 Mars 1999, par le gouvernement du Premier ministre Massimo D’Alema: « En 1998, l’important total d’exportation provient principalement d’un seul pays de destination, et dans la pratique, venant d’une seule commande. Parmi les principaux pays, la Syrie était la première destination avec 21,79% des exportations d’armes, équivalant à 400,64 milliards de lires avec une autorisation unique. « Avec un seul achat, Damas a de loin dépensé plus que la France et les Etats-Unis dans sa son shopping militaire en Italie.

Ce que cet ordre impliquait effectivement apparut clairement au cours des années suivantes: des viseurs à vision nocturne pour les blindés avec des capacités thermiques et laser, appelés « Turms », produits par une société à l’intérieur du conglomérat italien Finmeccanica. Cela permettrait aux Syriens de moderniser les vieux chars soviétiques T72 qui ont été équipés avec des viseurs plutôt rudimentaires.

La société, Galileo Avionica [SELEX Galileo], a empoché 229 millions de dollars, en échange de 500 pièces Turms. Comme le veut la procédure, l’ordre a été établi par les entreprises, puis autorisé par le gouvernement. La provision a été étalée sur plusieurs années; ce genre d’équipement n’est pas tenu dans un entrepôt prêt à être emporté, mais produit et livré en lots.

Les faveurs du dictateur

Il n’est pas surprenant que les statistiques européennes montrent un flot impressionnant d’exportations de l’Italie vers la Syrie à travers la première décennie du nouveau millénaire [années 2000]. Le taux était si élevé que l’Italie est devenue le leader européen de la vente d’armes. Mais elle n’était pas seule. Toujours en 1998, un navire marchand a mis la voile depuis le Danemark avec 12 chars T72 à bord et 186 tonnes de munitions. Et en Allemagne, un scandale venait récemment d’éclater autour de Telemit Electronics, soupçonné d’avoir soudoyé le ministre des Affaires étrangères Hans-Dietrich Genscher du parti libéral en échange d’autorisations gouvernementales pour exporter vers la Syrie, la Jordanie, l’Arabie Saoudite et l’Irak.

Sans perdre le sens des proportions, cependant, il faut se rappeler que pour les 10 dernières années, la Russie de Vladimir Poutine est le marchand d’armes de réference de la Syrie: 78% des armes dans l’armée d’Assad viennent de Moscou.

« Et nous ne parlons que des ventes officielles ici, » avertit le vice-président de l’archive du désarmement de l’Italie [Archivio Disarmo], Maurizio Simoncelli, « pas des marchés gris ou au noir. Les statistiques, comme on pouvait s’y attendre, n’enregistrent que les contrats enregistrés. Ensuite, il y a tout le reste. « 

« Tout le reste » est tout ce qui est transporté secrètement. Sinon, il serait impossible d’expliquer comment il y a encore tant d’armes en Syrie, alors qu’un embargo sur les armes a été mis en place sur le régime pendant deux ans et que presque personne n’admettra avoir fourni les rebelles. Selon l’Observatoire permanent sur les « armes légères » (une définition vague comprenant généralement des pistolets, des fusils, cartouches, et même des bombes manuelles, mitrailleuses et lance-missiles) et le réseau du désarmement en Italie, la forte hausse des exportations d’armes légères vers la Turquie est très suspecte.

Selon une enquête récente sur le site Wired, les commandes de Galileo Avionica ont continué pendant 10 ans, avec un pic en 2002 et 2003. Et étant donné que 500 viseurs de blindés est un nombre énorme, même pour la vaste armée d’Assad, on pense qu’un certain nombre de ces pièces ont été transmises à Saddam Hussein « sous le comptoir ».

C’était la veille de la deuxième guerre du Golfe, après tout. Le Secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a accusé le régime d’Assad de fournir des armes à Saddam et de contourner ainsi l’embargo qui était en place. Qui plus est, c’est la même période où le régime irakien a déménagé son arsenal chimique en Syrie. Voilà quelques-unes des mêmes armes chimiques que Saddam avait utilisé contre les rebelles kurdes, et qu’Assad utilise aujourd’hui. Un échange de faveurs d’un dictateur à l’autre.

Source: http://www.worldcrunch.com/syria-crisis/not-just-russia-italy-other-europeans-sold-plenty-of-weapons-to-syria/arms-syria-italy-weapons-embargo/c13s13307/#.VHg0lIc3fxw

Des ex-dirigeants du GCHQ/MoD à la tête d’une compagnie associée au fournisseur d’équipements de défense du régime Assad

Un pilote d’hélicoptère US chante « Bye, bye, miss American pie » alors qu’il pulvérise une cible afghane

La même compagnie qui fournit des hélicoptères à l’OTAN (la vidéo en lien ci-dessus montre les forces états-uniennes en action en Afghanistan dirigées par l’OTAN) fournit également des équipements de communication militaire au gouvernement syrien, et ceci n’est qu’une petite partie de l’information…

Avec ce rapport, une compilation d’informations provenant des ‘Syria Files’ récemment mise en ligne par WikiLeaks, ainsi que des câbles, dossiers/documents transmis par l’intermédiaire de l’installation Darker Net ‘Supersearch’, nous entrons dans le monde équivoque des entrepreneurs spécialisés dans la défense, qui gagnent des millions grâce à la guerre et qui évitent les sanctions et les embargos par des manœuvres trompeuses. C’est également le monde d’anciens chefs de gouvernements qui migrent vers le secteur commercial, en utilisant leurs contacts antérieurs pour établir des contrats lucratifs.

Les premiers e-mails rendus publics tirés des ‘Syria Files’ de WikiLeaks montrent que Finmeccanica, une multinationale italienne spécialisée dans la défense ayant des intérêts importants au Royaume-Uni, a fourni au régime syrien du matériel de communication, ainsi que de l’expertise sur les hélicoptères après le début des attaques contre les manifestations pacifiques en Mars 2011. Selex Elsag, une filiale de Finmeccanica au Royaume-Uni, a vendu le matériel de radiocommunication destiné à l’usage de la police syrienne en mai 2011, au moment où l’UE imposait un embargo sur le régime interdisant l’exportation d’armes et de matériel pouvant être utilisés pour la répression interne. Le matériel radio Tetra, dont 500 radiotéléphones portatifs VS3000 non sujets aux interférences, était destiné à être utilisé par la police et les militaires stationnés à Muadamia, une banlieue de Damas, et valait 50 millions de dollars. Les fuites au niveau des e-mails montrent également qu’en février 2012, bien après que l’UE ait imposé des sanctions économiques à la Syrie, des ingénieurs de Selex Elsag se sont rendus en Syrie pour offrir une formation sur la technologie des communications, y compris la façon dont elle pourrait être installée dans les hélicoptères.

Finmeccanica est également un important fournisseur d’hélicoptères de l’OTAN et il est le quatrième plus grand industriel spécialisé dans la défense en Europe, classé dans le top 10 mondial. La société basée en Italie génère des revenus d’environ 5,9 milliards de dollars par le biais de ses opérations militaires, qui comprennent des avions, des systèmes de radar, des véhicules de combat, des munitions, des systèmes de contrôle/commandement, des systèmes spatiaux, des hélicoptères et des drones. En juillet 2011, Finmeccanica a débuté des négociations dans le but de fournir l’équipement Tetra à l’Iran et à ses services de police, mais l’entreprise a ensuite été forcée de faire marche arrière sous la pression des Etats-Unis – pour voir le câble secret à ce sujet cliquez ici.

Il est intéressant de noter que les opérations de Finmeccanica au Royaume-Uni sont dirigées par Sir Kevin Tebbit, ancien directeur du GCHQ, le service de renseignements des transmissions britannique, et ancien secrétaire permanent à la Défense, où il a géré le Comité tout-puissant du D-Notice. Tebbit (qui est aussi le président de Selex – voir ci-dessous) a été appelé à témoigner pendant l’enquête Chilcott au sujet de la guerre en Iraq et devant la Commission d’Enquête Hutton sur la mort mystérieuse du Dr David Kelly, inspecteur des armements de l’ONU. Tebbit a également pris part dans la dissimulation d’un scandale de caisses noires impliquant des contrats BAE de la Défense et l’Arabie Saoudite.


                        Sir Kevin Tebbit

Un autre chef Finmeccanica (administrateur non-exécutif) et aussi un ancien directeur du GCHQ est Sir David Ormond, qui comme Tebbit était témoin à l’enquête Chilcott. Ormond était parmi ceux qui avaient décidé que David Kelly devrait être poursuivi pour avoir parlé aux médias du dossier du gouvernement sur les présumées armes de destruction massive en Iraq. Ormond est également le co-auteur du rapport DEMOS “Intelligence” sur l’espionnage informatique (préconisant l’espionnage sur Twitter et Facebook), cliquez ici pour en savoir plus.

En ce qui concerne Selex, elle emploie plus de 10 000 personnes dans 15 usines et bureaux au Royaume-Uni. Pour citer le site Internet de Selex Elsag :

« Dans le domaine de la défense, SELEX Elsag possède des capacités de référence dans le domaine des communications sécurisées, notamment sur le champ de bataille, l’intégration de systèmes, la cryptographie, l’ingénierie des radiofréquences et les projets spéciaux. Dans le secteur civil, l’entreprise est couronnée de succès dans le cadre des marchés de la Sécurité et de la Résilience, et des communications professionnelles. SELEX Elsag propose des solutions et des conseils de sécurité informatisés, avec des technologies et des processus éprouvés dans de grands programmes à la fois au Royaume-Uni et à l’étranger. Il a récemment été sélectionné dans le but de fournir une protection en cyber-sécurité à l’OTAN et à ses pays membres. »

Pour voir les fichiers secrets et les câbles relatifs à Selex, ainsi que les sources via l‘installation Darker Net Supersearch, cliquez ici. Pour voir des câbles et des dossiers similaires sur Finmeccanica, cliquez ici.

Pour un aperçu complet de la défense européenne et de l’industrie de surveillance, cliquez sur: http://darkernet.files.wordpress.com/2012/07/bigbrother.pdf  pour télécharger le document.

Source: http://darkernet.wordpress.com/2012/07/07/a-wikileaks-syria-files-darker-net-investigation-ex-gchqmod-chiefs-head-company-that-supplies-defence-equipment-to-assad-regime/ et  http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12766.0.html

[Note : le jeudi 5 juillet 2012, Wikileaks a commencé à publier les fichiers sur la Syrie, soit plus de deux millions d’e-mails provenant de personnalités politiques, de ministères et d’entreprises associées syriens, datant d’août 2006 à mars 2012. Cet ensemble de données provient de 680 entités ou noms de domaines liés à la Syrie, y compris ceux des Ministères des Affaires présidentielles, des Affaires étrangères, des Finances, de l’Information, du Transport et de la Culture.

Dans les deux mois à venir, des histoires tirées des fichiers apparaîtront dans Wikileaks (global), Al Akhbar (Liban), Al Masry Al Youm (Egypte), ARD (Allemagne), Associated Press (Etats-Unis), L’Espresso (Italie), Owni (France) et Publico.es (Espagne). D’autres publications seront annoncées avant la date de publication. Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, a déclaré :

« Le matériel est embarrassant pour la Syrie, mais il est également embarrassant pour les opposants de la Syrie. Non seulement il nous permet de critiquer un groupe ou un autre, mais il nous aide à comprendre leurs intérêts, leurs actions et leurs pensées. C’est seulement grâce à la compréhension de ce conflit que nous pouvons espérer le résoudre. »

En ce moment, la Syrie fait l’objet d’un violent conflit interne qui a fait entre 6000 et 15000 mots au cours des 18 derniers mois. Les fichiers sur la Syrie mettent en lumière les rouages du gouvernement et de l’économie syriens, mais ils révèlent également comment les entreprises occidentales et l’Ouest disent une chose et font son contraire.

L’éventail des informations s’étend de la correspondance intime des plus hauts personnages du parti Baas à des enregistrements de transferts financiers envoyés par les ministères syriens à d’autres nations. La base de données comprend 2434899 e-mails provenant de 680 domaines. Il y a 678752 adresses courriel différentes ayant envoyé des e-mails et 1082447 destinataires différents. Il y a un certain nombre de langues différentes dans le lot, y compris près de 400000 e-mails en arabe et 68000 e-mails en russe. Les données font plus de huit fois la taille de la « Cablegate » en termes de nombre de documents, et plus de 100 fois sa taille en termes de données.

Environ 42000 e-mails étaient infectés par des virus ou des chevaux de Troie. Pour surmonter ces difficultés, Wikileaks a élaboré un système politique d’exploration de données, d’usage général et multilingue, capable de traiter des ensembles de données massifs comme ceux représentés par les fichiers sur la Syrie.]

Traduit sur le Forum WikiLeaks par Dragonfly84

Une société italienne vend à la Syrie des radios sécurisées pendant l’embargo

Les compagnies ont travaillé à contourner les sanctions imposées par les États-Unis et l’Union européenne pour construire un réseau sécuritaire « d’urgence ».

Pendant que les États-Unis et l’Europe imposaient des sanctions de plus en plus sévères à la Syrie, des compagnies de haute technologie occidentale travaillaient toujours avec le gouvernement syrien et des sociétés sous son contrôle. Ceci est selon des courriels obtenus par WikiLeaks datant de 2006 jusqu’à mars 2012. Les courriels sont maintenant publiés par vague par WikiLeaks sur son propre site web et avec la collaboration d’organisations journalistiques.

La première vague de courriels mis en ligne – 25 sur plus des deux millions obtenus par WikiLeaks – met l’accent sur le réseautage italien et la compagnie SELEX (une division de Finmeccanica – qui, par coïncidence,  possède aussi Agusta qui est le constructeur lié au développement de l’hélicoptère chinois d’attaque Z-10)  et la compagnie d’intégration réseau grecque Intracom Telecom. Des courriels échangés entre des représentants des deux compagnies publiés par WikiLeaks démontrent comment ils ont travaillé à contourner les sanctions commerciales de plus en plus dures imposées à la Syrie pour y exécuter un projet commun. Le projet? Un système de radio logiciel sécurisé pour le gouvernement syrien basé sur  les radios à ressources partagées TETRA.

Le VS-3000 et l’AS-3000 TETRA, livré en vertu du contrat — pour ce qui avait été annoncé comme un réseau de « sécurité publique » d’urgence et de réponse aux catastrophes – permet de transmettre les conversations et des données aux véhicules terrestres, les bateaux de la garde côtière et des aéronefs. Ils sont reliés à un réseau national de stations au sol lié par un réseau de fibre optique. Mais à partir de mai de l’année dernière, le projet a augmenté de son budget originel, de 40 millions d’euros, de plus de 25 %. Une facture datant du mois de février chiffre le projet à plus de 66 millions d’euros. Ces expansions sont venues en même temps que le gouvernement syrien a demandé le système de cryptage TEA3 pour son système de radio et a commencé à le déployer à la police.

Le travail des deux sociétés a continué durant la répression violente des dissidents en Syrie pendant le mois de février de cette année. Cela comprenait un voyage à Damas par les ingénieurs de SELEX pour aider à l’installation de radios et d’accessoires (certains ont été remis personnellement par les ingénieurs). Tout au long du projet, SELEX a continué à trouver des moyens alternatifs d’obtenir les composants pour le projet, alors que les sanctions successives ont commencé à créer des problèmes avec la chaîne d’approvisionnement de l’entreprise.

Les produits de SELEX sont tombés dans une zone grise à la suite des sanctions de septembre 2011 imposées par l’Union européenne (UE). Les sanctions permettent le commerce dans le domaine des télécommunications, mais interdisent l’exportation de matériel ayant des implications militaires. Mais le contrat a officiellement été conclu avec la Syrian Wireless Organization (SWO) et a été signé par Imad Abdul-Ghani Sabbouni (ministre syrien des Communications). Sabbouni a été nommé dans les sanctions de l’UE en février 2012 pour avoir participé à la censure et à la surveillance de l’accès à Internet des Syriens. Bien que n’étant pas, techniquement, en violation des sanctions de l’UE (du moins jusqu’en février), il y a eu quelques problèmes pour obtenir l’équipement nécessaire.

Comme la plupart des connecteurs pour fibre optique commandés par la Syrie à SELEX étaient fabriqués aux États-Unis, la société a également dû contourner les interdictions américaines sur l’exportation d’équipement technologique à la Syrie. Dans un courriel d’octobre 2011, la gestionnaire de programme de SELEX, Simone Bonechi, et le gestionnaire de projet chez Intracom, Mohammad Shoorbajee, discutent d’un délai dans la livraison de composantes de fibre optique à cause de ses interdictions – spécialement pour les pièces utilisées pour moduler la lumière étant transmise sur un réseau en fibre optique. Shoorbajee écrit “Le client commence à devenir suspicieux du fait que nous n’envoyons pas le câble. Recommandez-vous que je leur dise quelque chose? “

Bonechi a répondu qu’il y avait eu un retard, car “nous avons eu à gérer un problème inattendu avec quelques connecteurs, des parties de la marchandise qui devait être envoyée sont fabriquées aux États-Unis. “ SELEX a eu de la difficulté à trouver un autre fournisseur pour les connecteurs. Shoorbajee rapporte que les représentants de la SWO “devenaient de plus en plus inquiets chaque jour“ que les sanctions allaient bloquer la finition du projet.

Dans une déclaration accompagnant les documents, WikiLeaks a dit que les courriels “révèlent comment l’Ouest et les compagnies occidentales disent une chose et font autre chose. “ Des courriels additionnels seront publiés par vague au courant des deux prochains mois.

Liens d’origine: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12729.0.html et http://arstechnica.com/tech-policy/2012/07/wikileaks-italian-firm-sold-syria-secure-radios-as-crackdown-raged/

Traduit sur le Forum WikiLeaks par Nicolas1

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