Quand les Etats-Unis piratent un gouvernement étranger ou votre vie privée, c’est défendre la sécurité nationale — quand la Corée du Nord pirate Sony, ils appellent ça du cyber-terrorisme

Kim Jong UnRécemment, un article a attiré mon attention. Ecrit par un analyste senior du renseignement sur les cyber-menaces, Nathaniel Beach-Westmoreland titre son article: « Si la Corée du Nord a piraté Sony, c’est un tout nouveau genre de cyber-terrorisme » (Wired). Je me suis dit qu’objectivement, quelqu’un qui travaille pour l’un des prestataires de la NSA, en l’occurrence Booz Allen Hamilton, ne peut pas avoir un point de vue neutre sur le sujet. Booz Allen Hamilton, c’est bien l’ex-employeur d’Edward Snowden qui a révélé tout le système d’espionnage américain au monde entier. C’est aussi Booz Allen Hamilton qui a condamné les révélations sur Prism comme « une grave violation du code de conduite et des valeurs fondamentales de la société » (Wikipedia). Pourquoi un analyste de Booz Allen Hamilton irait critiquer la politique américaine vis-à-vis de la Corée du Nord? S’il voulait perdre son travail et être fiché comme terroriste aux Etats-Unis, il le ferait sans doute, mais là, ce n’est pas le cas.

D’autre part, si même les Etats-Unis considèrent le piratage attribué à la Corée du Nord comme du cyber-terrorisme, que dire des activités de la NSA qui est supposée pirater des gouvernements et des opérateurs télécoms à l’échelle mondiale, y compris dans les pays alliés? Avec le même schéma de raisonnement, les Etats-Unis et les porte-paroles de leur idéologie pourraient presque nous convaincre que l’Amérique est une menace cyber-terroriste égale ou supérieure à celle de la Corée du Nord. Si les médias américains emploient ce terme pour la Corée du Nord, on devrait aussi pouvoir l’employer pour d’autres pays qui se livrent à des pratiques similaires dans l’espionnage et le piratage de données sensibles ou gouvernementales.

Ce qu’on oublie aussi de dire, c’est qu’il est très difficile d’attribuer le piratage d’un site internet à un Etat, comme le disent certains chercheurs internet:

« Un grave problème est la difficulté d’attribuer avec certitude une attaque particulière à sa nation d’origine. L’architecture technique de l’Internet a été construite pour fournir une connectivité ouverte, mais pas de responsabilité. » (The Conversation, octobre 2014)

La Corée du Nord était peut-être le parfait bouc-émissaire dans le piratage de Sony qui a provoqué tout ce buzz médiatique depuis le 24 novembre 2014 et qui nous ferait presque oublier le scandale qui a lieu autour de la NSA, des Etats-Unis et de leurs alliés au sein de la Five Eyes, une organisation de cinq pays (États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande) qui s’apparentent plus à une sorte de gouvernement secret en dehors du contrôle de la société et qui fonctionne de manière aussi secrète, d’ailleurs, que le régime de Corée du Nord, étant donné qu’on en sait si peu de choses.

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La NSA appelle les utilisateurs d’iPhone des « zombies » et Steve Jobs « Big Brother »

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9 septembre 2013, John Koetsier, VB Insight

Steve Jobs est Big Brother, et tout les publics qui achètent l’iPhone ne sont que des zombies, selon des documents internes de la NSA détaillant sur quoi l’agence a travaillé en termes de piratage de smartphones et d’extraction d’informations personnelles, de connections sociales, d’informations de localisation, et plus encore. Ne vous inquiétez pas, les fans d’Android, vous êtes aussi dans les cibles de la liste.

Selon de nouveaux documents du super-leaker Edward Snowden, la NSA a ciblé des smartphones comme un bénéfice massif de données sensibles que les nouveaux utilisateurs de l’appareil ont créé, stocké, et, finalement, partagé sans le savoir avec l’agence d’espionnage américaine qui a été impliquée dans la controverse depuis lors même que Snowden a commencé à publier des détails sur Prism et XKeyscore et d’autres technologies secrètes d’espionnage de l’agence gouvernementale.

Voici « big brother », selon une présentation de la NSA:

steve-jobs-big-brother-nsaCi-dessus: Steve Jobs en tant que Big Brother, selon la NSA

Et, les clients payants d’Apple ont été vus dans les yeux de la NSA comme des participants idiots désireux de leur propre chute. Un diaporama de présentation de la NSA les identifie péjorativement comme des « zombies ».

Lire la suite: http://venturebeat.com/2013/09/09/nsa-calls-iphone-users-zombies-and-steve-jobs-big-brother/

Démasquer le monstre du Five-Eyes, un régime mondial et secret dans le partage du renseignement

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Par Privacy International

Privacy International est fier d’annoncer notre nouveau projet, Eyes Wide Open, qui vise à attirer l’attention sur le dispositif des Five Eyes et le mettre sous la règle de droit. Lisez notre rapport spécial « Eyes Wide Open » et apprenez-en plus sur le projet ci-dessous.

Pour près de 70 ans, une alliance secrète d’après-guerre entre cinq pays anglophones a permis la construction d’une infrastructure mondiale de surveillance, pour «maîtriser l’internet » et espionner les communications dans le monde. Ce dispositif lie les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande afin de créer ce qui est collectivement connu sous le nom de Five Eyes.

Lire la suite: https://www.ifex.org/international/2013/11/27/eyes_wide_open/

NSA: Les 103 millions $ de « frais d’adhésion » de la Nouvelle-Zélande pour l’espionnage

Waihopai Station-New ZealandPhoto: Station d’espionnage de Waihopai

NZ Herald, 21 octobre 2014, par David Fisher

Le financement contribuable à hauteur de 103 millions $ pour les agences de renseignement de Nouvelle-Zélande est effectivement une cotisation d’adhésion à la surveillance du Club des Fives Eyes avec les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et le Canada, selon un rapport déclassifié.

Le rapport dit que l’argent paie nos espions pour faire bien quelques tâches de «niche» et utiliser nos partenaires internationaux pour faire le reste.

Le « Rapport Murdoch » a été écrit par l’ancien diplomate et haut fonctionnaire Simon Murdoch en 2009 pour le Commissaire aux Services d’Etat et classé secret, car il contenait des détails sur les agences d’espionnage de la Nouvelle-Zélande.

Lire la suite: http://m.nzherald.co.nz/nz/news/article.cfm?c_id=1&objectid=11345892

L’agence du renseignement de la défense en Australie a mené des programmes secrets pour aider la NSA

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The Guardian, Paul Farrell, 13 octobre 2014

Il est difficile, à partir des documents divulgués par Edward Snowden, de dire si les programmes pour pirater des réseaux informatiques continuent à l’ASD [Australian Signals Directorate].

L’agence du renseignement de la défense en Australie a mené des programmes secrets pour aider la National Security Agency aux États-Unis à pirater et exploiter des réseaux informatiques, selon des documents publiés par The Intercept.

Les documents, qui ont été divulgués par le lanceur d’alerte de la NSA, Edward Snowden, révèlent de nouveaux détails sur quelques-uns des secrets les mieux gardés de la NSA. Les documents décrivent une classe de « renseignements extrêmement cloisonnés » (ECI) qui classe de manière stricte des informations sur certains programmes de la NSA.

L’information est tellement secrète que certaines parties de ces opérations sont seulement divulguées avec l’approbation du directeur de la NSA. Les pays partenaires du « Five Eyes » avec les Etats-Unis, qui comprennent l’Australie, le Canada, la Grande-Bretagne et la Nouvelle-Zélande, ont accès à certaines de ces informations, bien que la divulgation soit gérée « au cas par cas ».

Lire l’intégralité de l’article: http://www.theguardian.com/world/2014/oct/13/australias-defence-intelligence-agency-conducted-secret-programs-to-help-nsa

Les ambassades de Nouvelle-Zélande utilisées pour l’espionnage — documents Snowden

Edward SnowdenUne information fraîchement publiée sur la sécurité des États-Unis par le lanceur d’alerte Edward Snowden semble suggérer que le GCSB [Government Communications Security Bureau] utilise les ambassades de Nouvelle-Zélande à l’étranger pour effectuer la collecte de renseignements secrets.

Parmi une série de documents de la NSA postés sur le site web The Intercept ce week-end, en est un qui est étiqueté « Information Exceptionnellement contrôlée ».

Il est répertorié comme top secret et semble documenter certains détails et codes opérationnels de la NSA.

A l’intérieur, il s’agit d’une liste appelée STATEROOM, qui parle de «restreindre l’accès à l’information au sujet du personnel impliqué dans la collecte secrète et le traitement SIGNIT (signaux et renseignement) depuis les missions diplomatiques à l’étranger ».

Il poursuit en disant que «cette activité est menée par les US [Etats-Unis], AUS [Australie], CAN [Canada], GRB [Grande-Bretagne] et NZ [Nouvelle-Zélande] » qui sont tous membres du réseau d’espionnage des Fives Eyes.

Le GCSB dit qu’il ne se prononce pas sur les questions du renseignement et de la sécurité nationale.

Source: http://tvnz.co.nz/national-news/nz-embassies-used-spying-snowden-documents-6105265

Les vraies raisons pour lesquelles le gouvernement français a voté la Loi de Programmation Militaire

logo LPMAvec le vote de la LPM [Loi de Programmation Militaire] à l’Assemblée Nationale, le 3 décembre, et au Sénat, le 10 décembre, beaucoup s’inquiètent de l’avenir des libertés et de l’étendue de la cyber-surveillance en France. Des associations de défense des droits de l’homme, de liberté de la presse, et d’autres représentant les libertés numériques, ont envoyé récemment une lettre pour saisir le Conseil Constitutionnel, comme le publie la Quadrature du Net. La Loi de Programmation Militaire inquiète de manière réelle en France, autant que les révélations d’Edward Snowden ont pu inquiéter le monde.

Avec le scandale Prism, la France aurait dû montrer l’exemple démocratique et initier un débat sur l’espionnage, car la vie privée n’est-elle pas « un sujet de société qui justifie un débat général, et non spécifique, encore plus impérieux à l’heure de notre entrée dans ce nouveau monde du numérique »? (Source: Les Echos) La France aurait aussi pu proposer de rendre les services secrets plus transparents et d’expliquer son partenariat problématique avec la NSA, et sa participation supposée à la Five Eyes Alliance, ces cinq pays occidentaux qui auraient mis en commun leurs capacités de surveillance au niveau mondial – ce qui semble, somme toute, assez inquiétant. Au lieu de cela, rien du tout: le silence commun du gouvernement français et des services secrets.

Mais alors que François Hollande semblait s’offusquer de la surveillance pratiquée par les Etats-Unis, le Sénat a confirmé, dans notre pays, la Loi de Programmation Militaire — une loi au nom peu amical qui va exactement dans le sens de ce que fait la NSA, c’est-à-dire d’étendre la collecte des données numériques en temps réel, sans autorisation judiciaire et sans véritable contrôle sur les services secrets. Le Sénat a d’ailleurs ignoré, en France, les appels des associations qui avertissent sur les possibles atteintes aux libertés individuelles dans le cadre de cette loi et qui évoquent « la possibilité pour l’Etat de capter aussi bien les données de connexion (horadatage, adresse IP) que les documents « traités ou conservés », c’est à dire du contenu privé (photo, courriels) en bonne et due forme », et encore plus inquiétant, « leur captation directe et en temps réel, sur les réseaux des opérateurs, par les services de renseignement ». (Source: 01net.com)

C’est donc dans cette direction que va la démocratie française, en plein scandale Prism, sans qu’il y ait même eu un grand débat public sur la surveillance et sans même que notre président ait pris la peine d’éclaircir le rôle des services secrets français vis-à-vis de la NSA américaine – alors que la DGSE aurait bien transmis des données aux services de renseignement américains, selon le journal Le Monde -, et sans même que les citoyens français aient pu donner leur avis sur ce genre de pratiques d’espionnage illégal et sur le renforcement des lois de la surveillance?… Où va-t-on?

La vraie raison de cette Loi de Programmation Militaire, c’est sans doute que le gouvernement français veut légaliser certaines pratiques d’espionnage qui sont peut-être déjà utilisées par les services secrets — et la précipitation dans laquelle a été votée cette loi semble plutôt indiquer que des pratiques illégales sont en cours ou existent déjà dans notre pays, renforçant ainsi les affirmations de la presse, mais s’ils se précipitent de légaliser ces pratiques et de les autoriser par une loi peu objective, c’est évidemment pour éviter qu’un lanceur d’alerte à la Snowden le révèle au grand public, un jour ou l’autre. L’Etat français manifeste-t-il ainsi sa peur de futures révélations sur ses propres services d’espionnage? Des révélations plus graves pourraient-elles aller plus loin que ce qu’a publié Le Monde en dévoilant la France comme « un précieux partenaire de l’espionnage de la NSA »? On aurait tendance à le penser, avec le vote précipité de la LPM qui dévoile une certaine peur du gouvernement français.

Car, que ferait l’Etat français, si un autre Snowden décide, en effet, de publier les documents de la prétendue Five Eyes Alliance, témoignant de collectes illégales faites par les services de renseignement français dans le cadre, par exemple, d’une collaboration secrète avec la NSA, comme cela a été révélé pour la Suède? Si ces choses existaient, cela ferait beaucoup de bruit et le gouvernement français aurait du mal à expliquer et à justifier une collaboration secrète avec la NSA, dans un contexte actuel marqué par une crise de confiance des français envers leur propre gouvernement et dans un contexte politique difficile sur beaucoup d’autres sujets.

Mais pourquoi l’Etat français voudrait-il cacher et censurer des choses, me direz-vous? Pourquoi la DGSE refuse-t-elle de communiquer à ce sujet? Pourquoi vouloir faire passer cette loi peu objective et liberticide? Tous ces signes d’un refus de communication sont très inquiétants. Ce n’est pas normal que l’Etat et les services secrets refusent de communiquer à ce sujet, alors que l’on vit en démocratie. Les problèmes de sécurité et de terrorisme ne sont pas une raison suffisante pour faire passer ce genre de lois: il est tout à fait possible de rendre le pays plus sûr, en construisant un internet libre qui protège nos données personnelles, ou de laisser les citoyens accéder même partiellement aux informations qui sont stockées sur eux par les services de renseignement, une idée parfois proposée pour éviter toutes sortes d’abus.

Et surtout, ce genre de loi ne peut passer sans l’avis et la connaissance exacte de ce que sont le contenu et les implications de la loi de programmation militaire — si la loi est votée sans le consentement de la population française, soulevant les inquiétudes de journalistes, d’associations et de divers membres de la société, et sans véritable consensus autour de son contenu, cela peut s’assimiler à ce que font les régimes autoritaires de certains pays, quand ils imposent des décisions à l’encontre des intérêts de leur population. Mais, bien sûr, en France, ceci ne serait pas digne de notre gouvernement. Il faut espérer que tous les citoyens continuent à se mobiliser pour défendre leurs droits et leurs libertés.

NSA: le gouvernement français aurait passé un accord secret

Selon le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, un accord secret de collaboration sur la surveillance du nom de code « Lustre » aurait été signé par la France avec les Etats-Unis et quatre autres puissances.

"Five eyes alliance"La « Five eyes alliance »: la France participerait au système Echelon anglo-saxon constitué de cinq nations.

TV5 Monde, 27.10.2013, Par Pascal Hérard

De nouveaux documents d’Edward Snowden démontreraient, selon le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, que la France serait engagée dans une vaste collaboration de surveillance, du nom de code « Lustre », avec ceux que l’on nomme les « Five Eyes », acteurs du programme d’écoutes planétaire Echelon: Etats-Unis, Grande-Bretagne, Canada, Australie et Nouvelle Zélande.

La ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, interrogée au sujet des écoutes illégales de la NSA dans l’émission « Internationales » de TV5Monde ce 27 octobre 2013 a déclaré qu’elle « espère bien qu’on se défend, qu’on sait quand même ce qu’il se passe chez les autres« , puis expliqué qu' »un grand pays comme la France doit aussi avoir un outil », et de conclure: « on n’est pas dépourvus en la matière ».

Nicole Bricq, au sujet de la NSA

Vidéo TV5: [Nicole Bricq, interrogée au sujet des écoutes illégales de la NSA]

Discours contradictoires?

Madame Bricq condamne les écoutes illégales entre partenaires alliés, mais estime logique et normal que de l’espionnage s’opère en matière d’intelligence économique. La ministre admet que la France est en pointe dans ces pratiques: les révélations du Süddeutsche Zeitung semblent démontrer, si elles se révèlent exactes, que la France est en plus un acteur privilégié de la surveillance mondiale et qui collabore avec ceux-là même qu’elle dénonce du bout des lèvres aujourd’hui, les Etats-Unis. Ce qui pourrait expliquer la prudence du chef de l’Etat français pour condamner trop fermement les pratiques de la NSA. Et confirmerait une thèse de Bernard Huygues qui déclarait sur le site de TV5Monde il y a quelques jours: « on peut aussi penser que si la France s’énervait trop fortement pour ensuite être prise la main dans le pot de confiture avec des révélations sur ses propres systèmes de surveillances illégaux, ce serait très ennuyeux… »

Source: http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Etats-Unis-2013/p-26618-NSA-le-gouvernement-francais-aurait-passe-un-accord-secret.htm

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