L’Allemagne est le coeur révélateur de la guerre du drone de l’Amérique

Drohne vom Typ MQ-1 Predator beim Landeanflug

The Intercept, Par Jeremy Scahill @jeremyscahill, 17 avril 2015

Ceci est une enquête conjointe avec le magazine d’informations allemand Der Spiegel.

Un document top-secret du renseignement américain obtenu par The Intercept confirme que l’immense base militaire américaine de Ramstein, en Allemagne, sert de cœur high-tech au programme de drone de l’Amérique. Ramstein est le site d’une station de relais satellite qui permet aux opérateurs de drones dans le sud-ouest américain de communiquer avec leur appareil à distance au Yémen, en Somalie, Afghanistan et d’autres pays ciblés. Le série du diaporama top-secret, daté de Juillet 2012, fournit le plan le plus détaillé à ce jour sur l’architecture technique utilisée pour mener des frappes avec les drones Predator et Reaper.

Lire la suite de l’enquête: https://firstlook.org/theintercept/2015/04/17/ramstein/

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L’UE veut des sanctions contre l’Ukraine, mais pas de sanctions contre Obama?

Centre de Kiev (photo @SvobodaKyiv)A l’heure où les événements en Ukraine font réagir le monde occidental et où des sanctions sont peut-être envisagées contre le pouvoir ukrainien, l’Union Européenne a sans doute oublié d’envisager également des sanctions contre le président Barack Obama et contre les représentants de l’administration américaine qui, depuis le 18 juin 2004 (date de la première frappe de drone), et notamment depuis la fin du mandat de George Bush, ont commandité les assassinats par drones de plus de 4000 personnes au Pakistan, dont des centaines de civils et d’enfants, des frappes qui ont touché également des pays comme l’Afghanistan, le Yémen et la Somalie, comme on peut le lire dans beaucoup d’articles américains.

Il y a eu 70 morts en Ukraine lors des dernières contestations à Kiev. Au Pakistan, les Etats-Unis ont été beaucoup plus meurtriers, conduisant à la mort « entre 2.000 et 4.700 personnes, essentiellement des militants mais aussi des centaines de civils, selon différentes évaluations« . Est-ce que cela ne devrait pas faire réagir l’Union Européenne, de la même manière qu’on se mobilise pour dénoncer la violence et la répression en Ukraine? Il semble que les Etats-Unis ont pu assassiner librement et en toute impunité des populations et des civils au Pakistan pendant toutes ces années, sans même qu’aucun dirigeant européen ne se lève pour demander l’arrêt des violences.

Mais l’Ukraine n’est pas le Pakistan. Pour défendre les populations terrorisées par les drones, il en faut apparemment plus pour faire réagir les gouvernements en Europe. Les civils peuvent se faire tuer, sans que personne ne réagisse. L’allié américain est intouchable: il ne commet donc aucune erreur et on lui donne le droit de tuer? L’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, la Libye et la Syrie, etc — des guerres et des conflits au nom de la lutte anti-terroriste, au nom de la démocratie, ou pour les intérêts économiques de l’Occident, où la violence n’a pourtant pas été autant dénoncée que ce qui arrive aujourd’hui en Ukraine.

Y compris en Ukraine, les Etats-Unis et l’UE ne sont pas seulement préoccupés par la démocratie, mais par un intérêt économique et géostratégique: « renforcer l’OTAN par l’intégration d’un nouveau pays (le plus grand d’Europe), affaiblir la Russie en l’isolant diplomatiquement et s’approprier un marché jugé trop protectionniste en créant un «climat d’investissement favorable aux entreprises étrangères»« . Un jour viendra peut-être où l’Union Européenne sera un peu plus indépendante dans ses avis et osera critiquer les Etats-Unis pour ce qu’ils sont, notamment quand ils ne respectent pas les droits de l’homme, que ce soient la vie des civils pakistanais bombardés par les drones, les droits des prisonniers de Guantanamo, ou les droits à la liberté d’expression des lanceurs d’alerte qui subissent aussi une répression de la part du gouvernement américain.

En attendant, j’aurais aimé que ces mots parlant de l’Ukraine aient pu aussi être prononcés pour le Pakistan, si l’UE avait eu le courage de s’opposer à Obama face aux attaques meurtrières des drones:

« A la lumière de la dégradation de la situation, l’UE (a décidé) en urgence de mesures ciblées contre les responsables de ces violences et de l’usage de la force excessive »

Si seulement ces mots avaient pu être prononcés contre les attaques de drones au Pakistan, peut-être que les Etats-Unis et leur président Barack Obama auraient pris la mesure de leur erreur et des atteintes graves aux droits de l’homme qu’ils ont fait subir à la population. Mais que l’UE prenne des sanctions contre Obama, cela relève encore de la fiction.

On ne peut que se réjouir cependant de voir que le Pakistan a demandé récemment l’arrêt définitif des attaques de drones américains. Malheureusement, les Etats-Unis envisagent de continuer leurs frappes en installant des bases de drones dans d’autres pays et de continuer à cibler des individus de manière illégale. Que fera l’UE contre ça? Sans doute, rien.

Niger: les drones, la guerre en Libye, le nucléaire et Areva

NIGER-uranium

Alors que le public français se divertit de l’affaire Dieudonné et de l’affaire Julie Gayet, tout le monde semble oublier qu’il y a d’autres enjeux beaucoup plus importants en ce moment pour le gouvernement français: le Niger, les drones américains et Areva.

Dernièrement, François Hollande est arrivé à Washington pour négocier avec Barack Obama, notamment sur la question des drones au Sahel. Le terrorisme est l’une des préoccupations principales pour cette partie de l’Afrique, un enjeu de sécurité et de paix pour le continent. La France semble avoir décidé de s’armer de drones pour résoudre cette question et de s’allier avec les Etats-Unis. En décembre 2013, la France avait déjà reçu les deux premiers drones américains destinés à aller se poser au Niger. « À Paris, on se félicite déjà du partage au quotidien de renseignements obtenus par les drones français et américains basés à Niamey au Niger », comme le souligne un article du JDD. On comprend mieux pourquoi les pays occidentaux protestent si peu contre les drones tueurs des Etats-Unis au Moyen-Orient: ils envisagent de faire à peu près pareil en Afrique.

Si le gouvernement a fait le choix des drones, c’est sans doute, d’un point de vue militaire, pour économiser des vies humaines au sein de l’armée française et pour économiser les forces sur le terrain, mais il faut espérer que cela n’enclenchera pas des désastres humains comme ceux qui se sont produits au Moyen-Orient et que l’armée française fera un usage plus pacifique des drones par rapport à ce qu’ont fait les Américains. On se rappelle notamment des drones au Pakistan qui ont fait des milliers de victimes civiles, et parmi cela des dizaines d’enfants, sans parvenir à éradiquer les problèmes de sécurité et de terrorisme. Il faut espérer qu’en Afrique le même scénario ne se répètera pas et que les civils ne seront pas tués par ces machines aveugles qui survolent le ciel sans faire la différence entre un enfant, un terroriste ou un animal. Cependant, comme les Américains prévoient l’installation d’une base entière de drones au Sahel, on ne peut que prédire qu’il y aura certainement des victimes civiles, tôt ou tard.

Sur fond de négociations sur les drones, le Niger est au centre de la question, puisque la base de drones se situera sur son territoire. Les accords sont déjà signés à cet effet. Les négociations sur les drones et la sécurité au Sahel font du Niger un partenaire-clé de la France et des Etats-Unis: le Niger devient ainsi un nouvel allié occidental dans cette lutte contre le terrorisme, pour la sécurité et la stabilité de l’Afrique. On comprend donc mieux la prise de position du Niger qui désormais demande « une intervention internationale en Libye » et qui soutient la stratégie des pays occidentaux. Les drones au Sahel sont-ils le signe d’une nouvelle guerre occidentale en Libye? On imagine bien que le Niger n’a pas eu d’autre choix que de soutenir l’Occident, face à l’instabilité politique qui menace son territoire et face aux enjeux financiers avec la présence des sociétés comme Areva qui font vivre l’économie du pays.

C’est aussi pourquoi il y a sans doute eu des négociations au Niger: si le gouvernement du Niger a accepté la présence des drones français et américains, il y aura sans doute un soutien économique en échange, et pourquoi pas celui d’une renégociation des profits de la société Areva? En effet, ce n’est certainement pas un hasard si on a appris récemment que la France juge « légitimes » les demandes du Niger face à Areva (Le Monde). La déclaration du ministre délégué au développement, Pascal Canfin, coïncide étrangement avec les négociations sur les drones au Sahel et l’installation de la base américaine des drones au Niger. Autrement dit, le Niger a pris les drones, mais en échange la France va faire des efforts pour l’économie du Niger. Il semble que c’est sur ce point que se font les négociations entre les deux gouvernements. Areva est en ligne de mire, les anti-nucléaires sont certainement contents de cette petite avancée.

C’est ainsi que va le monde: il fallait des drones au Sahel, pour que la France remette en cause les profits d’Areva au Niger. Quand on pense qu’Areva exploite ce pays depuis 50 ans, on se dit que le Niger obtient tout de même très peu du gouvernement français, à travers les quelques paroles de soutien d’un ministre, face à l’immense catastrophe écologique qui a lieu dans ce pays et face à la pauvreté excessive de la population.

Les câbles Wikileaks confirment que les Etats-Unis et le Pakistan ont coordonné des attaques militaires contre les insurgés pakistanais

Les câbles Wikileaks confirment que le gouvernement du Pakistan a mené, en accord avec les Etats-Unis, une politique de répression contre des groupes présumés terroristes, en acceptant un financement américain de matériel militaire, et en autorisant notamment les survols et les tirs de drones américains sur le territoire pakistanais. La question est de savoir: comment un gouvernement qui se dit « indépendant » et se considère comme une « république » (le Pakistan) peut-il autoriser une force étrangère (les Etats-Unis) à bombarder son propre pays et à tuer des civils sur son propre territoire? C’est pourtant la triste réalité du 21ème siècle: quand un gouvernement tue et fait assassiner sa propre population, car les raids de l’armée visent aussi bien les terroristes que les civils, sans pour autant trouver de solution politique.

En témoignent les paroles du 1er ministre pakistanais, Youssuf Raza Gilani, dans un câble Wikileaks du 23 août 2008 (réf. 08ISLAMABAD2802):

« Beaucoup diront que nous avons passé un accord avec les Etats-Unis, mais je continue de comprendre que nous devons le faire. » (9.C)

« Je ne m’inquiète pas qu’ils le fassent, pour autant qu’ils attrapent les bonnes personnes. Nous protesterons à l’Assemblée Nationale, puis nous l’ignorerons. » (11.C)

Dans un autre câble daté du 9 octobre 2009 (réf. 09ISLAMABAD2449), on peut encore lire:

« L’Armée Pakistanaise vient juste pour la deuxième fois d’approuver le déploiement d’éléments des opérations spéciales des Etats-Unis pour soutenir les opérations militaires pakistanaises. »

Quelques jours avant cette décision d’approuver la présence d’éléments américains pour mener conjointement des opérations militaires, le Pakistan a demandé et reçu une aide de 300,000 $ des Etats-Unis, pour du matériel militaire destiné à la reconnaissance de nuit des cibles potentielles (réf. 09ISLAMABAD2380):

« Le Groupe des Services Spéciaux de l’Armée Pakistanaise (SSG) a demandé 25 appareils d’imagerie thermique (Renegade 320) pour ses unités à un coût de 300,000 dollars. » (2)

Justification pour la vente:

(SBU) Les opérations de contre-insurrection requièrent la capacité à conduire toute la gamme de la collecte de renseignements et des activités de combat 24 heures par jour, afin d’empêcher les militants ennemis de couvrir l’obscurité. » (3)

Considération sur les droits de l’homme:

(U) « Il n’y a pas de considérations relatives aux droits de l’homme qui exclueraient la livraison de NVD [Dispositifs de Vision de Nuit] à l’armée pakistanaise. » (8)

Dernièrement, en novembre 2013, deux chefs talibans ont été ciblés dans des attaques meurtrières, qui ne sont elles-mêmes que la continuation de cet accord passé entre les Etats-Unis et le Pakistan dans la lutte anti-terroriste.

Hakimullah MehsudLe 1er novembre 2013, les drones américains ont tué le chef des Talibans pakistanais, Hakimullah Mehsud, recherché notamment depuis l’attentat qui avait tué 7 militaires américains dans la province de Khost. La violence et les drones, c’est malheureusement la seule manière dont les Etats-Unis pensent résoudre le problème du terrorisme au Moyen-Orient. Or, on sait très bien que cela ne résout rien. Au contraire, à chaque assassinat, les Talibans choisissent un nouveau chef: « Hakimullah Mehsud enterré, les talibans choisissent un successeur », comme le titre le journal Le Monde. De plus, les combattants tués par les drones américains sont tous considérés comme des martyrs par la population et cela ne fait qu’accroître le sentiment anti-américain: « Hakimullah a été martyrisé« , témoigne un commandant taliban dans India Times, et comme on peut lire aussi dans l’article de Marie-France Calle, « Hakimullah Mehsud, ‘héros’ et ‘martyr’ au Pakistan« . Donc, le problème du terrorisme n’est en rien résolu. Les Etats-Unis jettent seulement de l’huile sur le feu en assassinant les talibans, car cela ne fait qu’augmenter leur motivation ainsi que la colère de la population contre leur gouvernement et contre l’armée américaine qui sont tous deux responsables de ces crimes.

Nasiruddin HaqqaniLe deuxième assassinat qui a visé un chef taliban est celui qui a eu lieu dimanche 10 novembre 2013 contre Nasiruddin Haqqani, fils de Jalaluddin Haqqani, le fondateur du réseau Haqqani, un réseau d’insurgés qui opéraient contre les forces de l’OTAN et des Etats-Unis sur la frontière afghano-pakistanaise. « Au moins quatre hommes armés ont ouvert le feu sur lui » a déclaré un représentant des Talibans à Miranshah. Les deux raisons invoquées de cet assassinat sont d’une part la responsabilité de Nasiruddin Haqqani dans le financement de cette organisation, et d’autre part, le fait qu’il était un soutien au chef taliban Hakimullah Mehsud, considéré par les Etats-Unis comme l’un des terroristes les plus recherchés. Même si la mort de Nasiruddin Haqqani n’a pas été revendiquée dans le cadre de la lutte anti-terroriste, on peut néanmoins considérer que cette mort est la résultante des accords communs passés entre les Etats-Unis et le Pakistan, comme ce fut le cas pour Hakimullah Mehsud: « Un cadavre fantôme, une police absente et des espions affairés: les suites de la mort au Pakistan de Nasiruddin Haqqani, figure des Talibans afghans, renforcent les forts soupçons de complicité d’Islamabad avec des groupes accusés de terrorisme« .

Sources de l’article:

http://www.wikileaks.org/plusd/cables/08ISLAMABAD2802_a.html

http://www.wikileaks.org/plusd/cables/09ISLAMABAD2449_a.html

http://www.wikileaks.org/plusd/cables/09ISLAMABAD2380_a.html

http://www.liberation.fr/monde/2013/11/11/pakistan-l-argentier-d-un-reseau-taliban-assassine_946139

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/11/11/pakistan-le-financier-du-reseau-haqqani-tue_3511815_3216.html

http://www.indiatimes.com/news/asia/us-drones-kill-pakistan-taliban-chief-hakimullah-mehsud-109826.html

http://blog.lefigaro.fr/inde/2013/11/hakimullah-heros-et-martyr-au.html

http://mediarabe.info/spip.php?breve20697

« Oui, tu peux. Mais tu ne le fais pas »: un manifestant contre Obama

Yes you can.But you don't-Obama protester

Plus de 30 organisations ont uni leurs forces pour protester contre la visite du président Barack Obama à Stockholm mercredi. Plus d’un millier de participants se sont inscrits sur les sites de médias sociaux pour une manifestation du quartier des Söder à Stockholm jusqu’au parlement suédois.

Le scandale de surveillance de la NSA, les attaques de drones américains et la prison de Guantanamo Bay sont quelques-unes des questions qu’ils veulent que le gouvernement suédois soulève avec le président américain.

L’un des organisateurs est un militant du Parti de Gauche, Dror Feiler qui était aussi derrière la manifestation du bateau pour Gaza, l’année dernière.

Il a parlé à Tom Sullivan. Ecoutez le témoignage

Source: http://sverigesradio.se/sida/artikel.aspx?programid=2054&artikel=5635291

Un rapport confidentiel du gouvernement pakistanais confirme que des douzaines d’enfants ont été tués par des drones US

Drone américain

Par Kevin Gosztola, le 22 juillet 2013

Une évaluation produite par le gouvernement pakistanais sur des douzaines de frappes de drones menées par la CIA qui ne devait pas être rendue publique l’est devenue. Le document démontre que des douzaines d’enfants ont été tués par des drones entre 2006 et 2009.

Le rapport intitulé, « Détails d’Attaques par les Forces/Predators de l’OTAN dans les FATA (Federally Administered Tribal Areas, Zones Tribales d’Administration Fédérale, ndt) a été « obtenu de trois sources différentes », selon The Bureau of Investigative Journalism (Bureau de Journalisme d’Investigation, TBIJ, ndt). Il couvre soixante-quinze frappes de drones qui ont eu lieu entre le 13 janvier 2006 et le 24 octobre 2009.

TBIJ précise:

Tiré de rapports de terrain établis par des officiels locaux des Zones Tribales d’Administration Fédérale pakistanaises, le document liste plus de 70 frappes de drones entre 2006 et fin 2009 et un petit nombre d’autres incidents tels que des attaques attribuées à l’OTAN sans certitude et des frappes de forces non-spécifiées.

Sur 746 personnes listées comme tuées lors des frappes de drones, au moins 147 d’entre elles sont clairement définies par le rapport dévoilé comme étant de victimes civiles. Quelques 94 d’entre elles sont dites être des enfants.

Le document omet également de mentionner les détails concernant un certain nombre de commandants militaires gradés, connus pour être morts lors des frappes.

Une fois de plus, voici un exemple de comment une fuite peut avoir une immense valeur pour la compréhension du public vis-à-vis des opérations gouvernementales.

Les USA, comme le souligne avec justesse TBIJ,

Les chiffres enregistrés sont beaucoup plus élevés que ceux fournis par l’administration US, qui continue d’insister que pas plus de 50 ou 60 « non-combattants » ont été tués par la CIA au cours des neuf années de bombardements au Pakistan. Le nouveau directeur de la CIA John Brennan a décrit les allégations allant dans le sens contraire comme de « fausses interprétations intentionnelles ».

Pendant un temps de discussion sur Google+ le 30 janvier 2012, le président Barack Obama a affirmé que le gouvernement n’avait entrepris que des frappes « de précision » contre al-Qaeda et ses affiliés. Il a dit qu’il y avait une « perception » que les USA s’engageaient dans des volées de frappes « au petit bonheur » alors que ce qui se passait était un « effort ciblé » pour atteindre des personnes sur une liste, qui veulent frapper les Américains et les équipements américains.

Obama a aussi dit, selon un rapport de septembre 2012 du Center for Civilians in Conflict (Centre pour les Civils en Conflit, ndt):

Comme proposition générale… Je veux être sûr que les gens comprennent qu’en fait, les drones n’ont pas causé un grand nombre de victimes civiles. Pour la plupart, les frappes ont été des frappes précises, de précision contre al-Qaeda et leurs affiliés et nous faisons très attention à la manière dont elles sont accomplies.

Enfants tués au Pakistan par les drones américains

Par ailleurs, en 2009, Leon Panetta, alors directeur de la CIA et actuel ministre de la défense, a dit que les frappes aériennes au Pakistan étaient « très limitées en termes de dommages collatéraux ».

Voici les remarques de Brennan (John Brennan, actuel directeur de la CIA, ndt), au long de 2011:

Janvier 2011: Selon un officiel anonyme, « depuis que le programme des drones a été accéléré à la mi-août [nous] avons tué plusieurs centaines de militants sans causer de morts parmi les civils non-combattants. »

Février 2011: Selon un officiel anonyme, aucun civil n’a été tué en plus de 75 frappes dans les zones tribales du Pakistan depuis le 22 août 2010.

Juin 2011: Le conseiller au contre-terrorisme John Brennan a dit que « en presque un an il n’y a pas eu une seule mort en dommage collatéral à cause de l’efficacité exceptionnelle et de la précision des capacités que nous avons pu développer. »

Août 2011: Brennan a déclaré: « Heureusement, depuis plus d’un an, grâce à notre discrétion et à notre précision, le gouvernement US n’a pas trouvé de preuves crédibles de morts collatérales résultant d’opérations de contre-terrorisme US à l’extérieur de l’Afghanistan ou de l’Irak, et nous allons continuer à faire de notre mieux pour que cela reste ainsi. »

Ceci, comme l’a expliqué le Centre, a « mené à la stigmatisation des civils ciblés par erreur, » et que la « précision vantée des drones peut vouloir dire que des victimes civiles de frappes de drones sont présumées être en connexion avec la militance par leur communauté. Les victimes portent le double poids de faire face aux attaques physiques et aussi de laver leur nom. »

Le même rapport a ensuite ajouté, « Plus étonnant, les officiels US ont estimé en juin 2010 que les frappes de drones avaient causé 50 victimes civiles à cette date, mais ont révisé leur estimation six mois plus tard à 30 victimes. »

Des remarques mentionnées précédemment et le secret se sont combinés pour faire accroire qu’il n’y a pas de raison pour que les organisations des droits de l’homme soient concernées. Naureen Shah, Conseillère en Défense des Intérêts chez Amnesty International USA, a commenté, « Plus de quatre mille personnes ont été tuées lors de frappes de drones, mais pour la plupart d’entre eux les USA sont restés silencieux sur leurs identités exactes. Le gouvernement US devrait enquêter toutes allégation crédible de morts illégitimes et rendre publics ses propres chiffres sur les victimes. » (Shah a travaillé sur le rapport du Center for Civilians in Conflict)

Le gouvernement du Pakistan a réclamé que les USA cessent les frappes de drones, mais l’administration Obama a témoigné une indifférence ininterrompue face à cette requête, qui a été faite à plusieurs reprises.

Une haute cour du Pakistan avait auparavant statué que les frappes de drones en cours au Pakistan étaient « absolument illégales » et constituaient des « crimes de guerre ». Elle a trouvé que « des dommages considérables à des biens, à du bétail, à la vie sauvage & le meurtre de bébés/nourrissons, de femmes et d’enfants pré-adolescents » étaient un « crime impardonnable de la part des autorités US y compris la CIA. »

Consulter l’intégralité du rapport secret du gouvernement pakistanais: http://www.thebureauinvestigates.com/2013/07/22/get-the-data-the-pakistan-governments-secret-document/

Source: http://dissenter.firedoglake.com/2013/07/22/leaked-pakistan-government-report-indicates-dozens-of-children-have-been-killed-by-us-drones/

Traduction française par WillSummer: http://globalepresse.com/2013/07/24/un-rapport-confidentiel-du-gouvernement-pakistanais-confirme-que-des-douzaines-denfants-ont-ete-tues-par-des-drones-us/