Interview de John Cusack: « Qu’est-ce qu’un ‘Assange’? »

par John Cusack, le 1 janvier 2013

Cette semaine, j’ai été fier de rejoindre le conseil et d’aider au lancement de la Freedom of the Press Foundation (FPF), une nouvelle organisation qui compte sur le crowd-funding pour une gamme de diffuseurs médiatiques dont la mission première est d’œuvrer à la transparence et à la responsabilité gouvernementales. Vous pouvez vous informer au sujet des quatre premières organisations – qui incluent la National Security Archive, MuckRock News, The UpTake et WikiLeaksici.

Je me suis assis, récemment, avec le professeur de la Washington Law School et spécialiste constitutionnel Jonathan Turley et mon ami proche Kevin McCabe pour discuter de l’impact de WikiLeaks sur la transparence, la réponse gouvernementale, et de la comparaison avec le lanceur d’alerte des Pentagon Papers, Daniel Ellsberg (aussi co-fondateur de la FPF). (Et lisez une conversation antérieure avec Jonathan Turley ici.)

WikiLeaks a été extra-judiciairement coupé de son financement après que deux membres du Congrès US aient fait pression sur Visa, MasterCard et PayPal pour qu’ils cessent de faire affaire avec l’organisation journalistique fin 2010. Nous espérons que la Freedom of the Press Foundation deviendra un bastion contre ce genre de tactiques non-officielles de censure à l’avenir.

Voici la première partie de notre conversation.

John Cusack – JC: Vous aviez lu ce papier d’Ellsberg avant les élections?

Kevin McCabe – KM: Non.

Jonathan Turley – JT: Non.

JC: C’était lourd de sens, je repense à ce que cela voulait dire que de voter pour Obama – la position d’Ellsberg en est une position de principe – mais il avait pris l’attitude de Chomsky de stopper les Républicains dans certains états décisifs. Mais de le faire sans illusions.

JT: Oui.

JC: En tout cas, j’ai pensé que le cas Ellsberg était fascinant. Et j’ai parlé à – John, tu connais Michael Ratner? Il m’a dit qu’il te connaissait –

JT: Ouais.

JC: Je lui ai parlé de cette requête pour voir Assange à Londres. Je pensais juste Assange, et comme Hedges et Ellsberg attaquent la NDAA, nous avons une situation où, si les choses sont telles qu’elles semblent être, Assange est reclus pour le simple fait d’avoir exposé des crimes de guerre.

JT: Ouais. Je pense que la chose la plus intéressante à propos d’Assange est que le même acte de diffusion d’informations, s’il était reconnu comme journaliste, lui aurait peut-être valu le Prix Pulitzer. Assange a ce statut particulier. Les médias ne savent pas vraiment comment dialoguer avec lui. Ils n’arrivent pas à se décider de savoir si c’est un bandit ou un héros, ou une espèce de bandit héros. Et beaucoup de gens ignorent le contenu d’une grande part de ce qu’il a publié.

Nous en avons parlé toi et moi par le passé, John, comme quoi le matériel diffusé par WikiLeaks avait énervé le gouvernement US, principalement parce qu’il démontrait que le gouvernement avait menti régulièrement au peuple des USA. Ceci a provoqué une immense colère chez des officiels du gouvernement qui n’ont pas l’habitude d’être exposés de cette manière, y compris des membres du Congrès. Ce sont des gens qui contrôlent de près ce qu’apprend le public et quelles informations sont permises hors du gouvernement.

Franchement, la plupart des gouvernements ont l’habitude de se mentir – à un point que la plupart des gens trouveraient choquant. Une partie de la diplomatie est l’art du mensonge stratégique. Ces câbles démontrent le niveau de mensonge atteint par les gouvernements non seulement envers d’autres gouvernements, mais envers leurs propres citoyens, dont les nôtres. Et c’était donc une divulgation particulièrement embarrassante.

Certaines d’entre elles ont été vraiment étonnantes et bien plus importantes que ne l’a suggéré la couverture médiatique. Par exemple, nous avons parlé du câble exposant que l’administration Obama avait menacé l’Espagne, si l’Espagne exerçait son droit par traité d’enquêter sur le programme de torture US, étant donnée le refus d’Obama de le faire.

JC: Ouais, ce n’est pas comme si ce mec était poursuivi à travers le globe parce qu’il avait embarrassé quelques diplomates.

JT: C’est sûr, c’est bien plus que ça.

JC: J’aimerais beaucoup discuter de ce que sont ces principes légaux sous-jacents. Penses-tu qu’il pense qu’il fait quelque chose qui devrait être fait par les journalistes et les diffuseurs – penses-tu qu’il remplisse une vacance dans le journalisme, ou ceci est-il une nouvelle forme de journalisme? Peut-être ne se soucie-t-il pas de ces distinctions, et devrions-nous?

JT: Hé bien, la réponse à Assange est remarquable – c’était un peu comme un changement de paradigme. Les médias ont l’habitude de divulgations isolées qui sont maîtrisées et focalisées sur des sujets tels que les prisons secrètes en Europe, ou le programme de torture. Ce qu’a fait Assange a été la diffusion massive de matériel qui montrait la choquante malhonnêteté du gouvernement US et de gouvernements autour du monde… elle a montré comment beaucoup de nos politiques domestiques ou internationales sont juste une espèce de kabuki, qui –

JC: Vu ainsi, c’est adéquatement analogue aux Pentagon Papers. De la même manière – disons qu’Eric Holder signant des documents disant que vous pouvez tuer des citoyens US est le même genre de patine légale de merde que le document de John Yoo sur la torture. Quelles sont les différences importantes ou les parallèles, entre les publications des Pentagon Papers par Ellsberg et les publications de WikiLeaks exposant les crimes de guerre et les mensonges d’Etat?

JT: Je pense que vous faites la bonne analogie. En un sens, les Pentagon Papers étaient si importants parce qu’ils étaient focalisés sur le thème du mensonge autour de la guerre du Vietnam. Assange est presque blessé parce que ses publications étaient 100 fois plus vastes que les Pentagon Papers.

Ironiquement, s’il avait simplement pris des parties de ces divulgations et les avaient publiées de manière isolée, il aurait peut-être eu davantage de soutien. À la place, il a rendu publique cette chronique exhaustive des mensonges du gouvernement US et d’autres gouvernements. Et franchement, je pense que les médias classiques ont eu du mal à la couvrir, la décrire et à s’en servir.

Le résultat, c’est que ce mec est isolé, à la fois juridiquement et physiquement. Il est tout bonnement retenu captif dans cette ambassade, à moins qu’il ne convienne de la quitter et d’être sujet à arrestation. Il a de bonnes raisons de suspecter que le gouvernement US projette de le déporter dès que n’importe quel gouvernement – n’importe quel gouvernement ami – arrive à mettre la main sur lui.

JC: Ouais – je n’ai aucune idée de ce qu’est la vérité en la matière. Mais je sais que vous n’avez pas vu tant de gouvernements se piquer d’un tel intérêt et s’impliquer autant dans des affaires suédoises de viol.

JT: En fait, il y a beaucoup de scepticisme autour du timing. Le fait est que les USA avaient besoin qu’un gouvernement attrape Assange sur la base de quelque accusation criminelle. Pourtant, nous ne connaissons pas complètement tous les faits de l’affaire.

Assange est peut-être, en effet, un individu hautement imparfait – même un violeur si les allégations étaient jamais prouvées. Comme je l’ai déjà dit, je dis sans cesse à mes étudiants que nos causes sont souvent meilleures que nos clients. C’est juste une réalité du travail pro bono ou d’intérêt public. Il n’est pas rare d’avoir des personnes qui soulèvent des questions d’intérêt public importantes, mais qui ont pu commettre de grands torts.

Honnêtement, je ne sais pas quelle est la vérité au fond de cette affaire. Je sais qu’Assange a proposé de rencontrer des enquêteurs à l’ambassade, et cela a été refusé. Je ne suis pas bien sûr de pourquoi cela a été refusé.

Mais en termes de l’importance de WikiLeaks, je ne pense pas que qui que ce soit puisse réellement remettre en question que ces publications ont une importance considérable.

JC: Oui, de beaucoup de façons, cela change le monde. Assange et WikiLeaks disent-ils en fait qu’il n’y a plus personne qui fasse encore ce genre de journalisme, et que donc nous devons le faire nous-mêmes? Ou comble-t-il quelque autre espace journalistique, ou essaie-t-il de tronquer l’espace journalistique. Légalement, où est la différence? Pourquoi est-il puni alors que le New York Times ne l’est pas? Ils ont publié son matériel.

Je pense que tu dis que c’est un terrain tellement plus vaste que les Pentagon Papers que cela explique peut-être la frénésie – quand l’éditeur du New York Times et les reporters autour des divulgations d’Ellsberg ont juste eu à se dire – mensonges du Vietnam – OK, ces types vont nous courir après – nous irons peut-être en prison, peut-être pas. Mais ils ont pris le risque, et ils les ont publiés. WikiLeaks s’en prend à tous les gouvernements tout autour du monde.

JT: Ouais, je trouve fascinant de regarder la réaction à Bradley Manning et à Assange. Le gouvernement est vraiment monté jusqu’à DEFCON 4 pour s’occuper de ce gars. ET la question c’est pourquoi. Je pense que la réponse est qu’ils veulent pendre les malheureux. Ils veulent que tout le monde voie ces hommes se tordre dans le vent, pour que personne ne refasse plus ce genre de choses.

Et qu’ont-ils fait? Ils ont publié –

JC: Ce sont des lanceurs d’alerte.

JT: Oui, lis ont publié des informations portant préjudice au gouvernement. Mais quand vous regardez la couverture médiatique, ils ne veulent clairement pas traiter Assange comme un lanceur d’alerte, et ils ne veulent surtout pas le considérer comme un journaliste.

Et ceci mène donc à la question, longtemps en suspens, de ce qui constitue un journaliste à l’ère des blogs et des sites Internet?

JC: J’imagine que c’est probablement la question vers laquelle je me dirigeais – que penses-tu que soit la différence, du point de vue constitutionnel de la liberté d’expression, ou de sa protection?

JT: Les journalistes en ont adopté une définition très étroite parce qu’ils ont une crainte légitime que, avec la possibilité de créer un blog en quelques minutes, tout(e) un(e) chacun(e) puisse se déclarer journaliste. Si tout le monde est journaliste, personne n’aura plus sans doute de privilèges journalistiques. Les journalistes vivent grâce à ces privilèges et ceux-ci s’évaporeront comme neige au soleil si tout le monde peut les réclamer.

Et donc si vous regardez certaines choses comme le National Press Club, ils ont depuis longtemps eu une définition de ce qu’est un journaliste qui s’occupe de combien gagne la personne pour faire du journalisme, et excluant des personnes qui sont des journalistes légitimes mais ne reçoivent pas un salaire à plein temps, ou même un salaire à temps partiel significatif. Ces définitions sont hautement artificielles aujourd’hui. L plupart des gens obtiennent leurs infos d’Internet et de blogs.

KM: – Dans une référence dans un article du Times, le reporter citait Chris Matthews et Katie Couric comme journalistes, et qui seraient présents au dîner d’Al Smith. Et j’allais envoyer une note disant que Chris Matthews n’est pas journaliste. À une époque il a été pigiste. Mais c’est un commentateur de la TV par câble maintenant. Je pense que ce que vous êtes en train de dire apporte juste à tout ceci un relief surprenant. C’est juste si évident.

JT: Cela suscite aussi cette situation étrange, où si Adam Liptak au New York Times publie du matériel venant d’Assange, c’est un acte de journalisme. Quand Assange publie ces informations en masse, c’est considéré comme un acte de terrorisme. Et personne ne semble être à l’aise pour tenter d’expliquer cette différence. Et je ne suis pas trop sûr qu’ils le puissent.

Il y a deux manières de voir si une personne est ou non un(e) journaliste – leur fonction et leur motivation. Et, en général, nous considérons les deux. Alors, quelle était la motivation d’Assange? Sa motivation, il me semble, était clairement d’être un lanceur d’alerte et de publier ces informations. Mais il faisait aussi une chose qui est identique à ce que font les journalistes.

Et pourtant, si vous lisez comment il est traité dans les journaux, ils ne le considèrent pas comme un lanceur d’alerte ou un journaliste; ils le traitent en quelque sorte comme sui generis, quelque chose d’unique. C’est un ‘Assange’.

JC: Oui. Quelle est la différence entre lui soulevant des fonds, créant un site web, WikiLeaks, et ayant sa propre équipe d’enquêteurs rassemblant des informations et accumulant du contenu; et le Huffington Post recrutant des gens faisant la même chose – je la regarde mettant son truc en place et devenit le journal en ligne… beaucoup de ceux qui étaient blogueurs sont maintenant journalistes – des mecs super comme Sam Stein – et ils font du très bon boulot – maintenant ils ont des titres – ils se font accréditer et vont à la Maison Blanche, et ils sont journalistes, mais prioritairement, ils écrivent en ligne…

JT: Ouais, je pense que c’est vrai. La différence que tu peux tirer entre ces actes – et je pense que tu as tout à fait raison à ce sujet. Je pense qu’une partie de cette différence vient du fait que si le gouvernement disait qu’Assange est en fait un hacker – s’ils disent qu’il a fait effraction dans un système informatique et en a enlevé ce matériel –

JC: – ils disent en gros qu’Assange est Anonymous.

JT: Oui.

JC: Alors leur argument c’est que si Assange est Anonymous; c’est un cyber-terroriste?

JT: Oui. Et si c’est un hacker, je pense que cela –

JC: Cela tient-il?

JT: Hé bien, non – si c’est un hacker, cela le met dans une autre catégorie, dans le sens où il commet un délit –

JC: Est-il un hacker? Savons-nous cela?

JT: Alors non, nous ne le savons pas. En fait, beaucoup de personnes insistent sur le fait qu’il est clair qu’il n’est pas hacker, qu’il a d’une manière ou d’une autre obtenu ce matériel d’une tierce personne. Mais je ne sais pas ce qu’il en est, dans un sens ou dans l’autre. Cependant je pense que la différence que nous pouvons distinguer, et qui est celle qui a existé –

JC: Comme le New York Times a eu d’Ellsberg – il était la tierce personne.

JT: Correct.

KM: Mais je pense qu’il est important de recadrer ici cette conversation et de considérer ce problème depuis une perspective plus large que juste Julian Assange. Parce que je ne m’intéresse pas aux individus.

Je m’intéresse aux mouvements. Nous avons besoin de protéger le Premier Amendement et son application au sens le plus large. Assange m’indiffère outre que c’est un individu dont les droits sont bafoués. la raison pour laquelle nous devrions nous soucier de ce qui arrive à Assange aux USA est que ce qui lui arrive, arrive au Premier Amendement.

Vous pouvez également lire ce post sur le blog de Jonathan Turley.

Source: http://www.huffingtonpost.com/john-cusack/what-is-an-assange_b_2317824.html

Et: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,16829.0.html

Lire la 2ème partie de l’interview: https://wikileaksactu.wordpress.com/2013/01/18/interview-de-john-cusack-2eme-partie-quest-ce-quun-assange/

Traduit depuis le web par willsummer

Kristinn Hrafnsson, porte-parole de WikiLeaks: « Les politiciens instables aux USA sont dangereux »

Kristinn Hrafnsson, porte-parole officiel de WikiLeaks – Photo AFP

John Robles, Voice of Russia, le 20 décembre 2012

Dans une interview exclusive avec Voice of Russia, le porte-parole officiel de WikiLeaks Kristinn Hrafnsson s’exprime au sujet de la FPF (Free Press Foundation, Fondation pour la Liberté de la Presse, ndt) et de leur nouvelle initiative pour fournir aide et assistance à des membres de la presse qui sont persécutés du fait d’essayer de dire la vérité. La FPF offre aussi une manière de contourner le blocus extra-judiciaire et illégal contre WikiLeaks. Il a aussi parlé de politiciens états-uniens instables et dangereux.

Robles: Ici John Robles. Je m’entretiens avec Kristinn Hrafnsson, il est porte-parole officiel de la WikiLeaks Organisation.

(Salutations. Échange à propos du temps qu’il fait)

Pouvez-vous nous parler un peu de la déclaration de guerre par WikiLeaks contre les géants bancaires US?

Hrafnsson: Aujourd’hui marque le début d’un nouvel épisode de cette guerre. Je peux même vous dire que cette guerre fut commencée par les géants de la finance et que nous ne l’avons jamais demandée, ils nous ont déclaré la guerre en décembre 2010 par le biais du blocus bancaire contre WikiLeaks et depuis nous avons connu plusieurs batailles durant cette guerre, sur le front judiciaire, et remporté des succès sur plusieurs fronts; aujourd’hui bien sûr nous avons gagné beaucoup de soutien depuis les USA où la nouvelle organisation, la FPF, a ouvert un site web, permettant les dons à WikiLeaks et à d’autres organisations qui se battent pour la transparence et pour mettre fin au secret le ridicule secret qui engloutit en ce moment nos nations occidentales.

Robles: Elle se nomme la Free Press Foundation, c’est celà?

Hrafnsson: Oui.

Robles: Alors ils disent qu’ils fournissent du « crowd-source fundraising » pour des organisations et des individus qui se font attaquer pour l’expression de la vérité. Qu’est-ce exactement que le crowd-source financing et qui déterminera si une personne est attaquée pour avoir dit la vérité?

Hrafnsson: Je présume que le conseil de la fondation décidera quels individus ou organisation sera placée dans le comité de choix sur le site web et ensuite il revient à la personne qui fait le don à la fondation de décider par elle-même comment diviser le don entre telles organisations ou tels individus qui y sont enregistrés et qui est directement accessible au public, et je pense pour soutenir l’initiative du combat pour la transparence et l’ouverture et combattre contre le secret.

Robles: Qu’est donc exactement le crowd-source financing? Qu’est-ce que c’est, exactement?

Hrafnsson: Dans son essence, bien sûr, cela va directement au public et finance des initiatives, des batailles ou des publications directement par la main d’individus au travers de petits dons financiers. Par essence WikiLeaks a bien sûr toujours été une organisation plus ou moins « crowdsourcée » puisque tous nos revenus sont provenus de petits ou de moyens dons d’un grand nombre d’individus, des dizaines de milliers de personnes.

Robles: Et j’entends donc que l’organisation a commencé son travail aujourd’hui. Avez-vous déjà eu des résultats initiaux?

Hrafnsson: Je n’ai pas entendu de résultats initiaux. Je veux dire ils ont eu une conférence de presse un peu plus tôt et elle se poursuit peut-être encore, en fait. Je n’ai pas d’information si ils ont énoncé des chiffres mais ceci a retenu quelque attention des médias, de l’attention de personnes qui portent ce message, donc j’espère que ceci sera une importante initiative résultant en du bon travail par WikiLeaks et les autres organisations qui sont retenues par la fondation.

Robles: Y a-t-il des chances que les ainsi-nommés géants de la finance, qu’ils puissent en fait bloquer la Freedom of the Press Foundation?

Hrafnsson: J’ai beaucoup de mal à croire qu’ils puissent en fait le faire. La fondation a le statut d’organisation caritative reconnue aux USA et je ne vois pas du tout comment ils pourraient entamer la moindre action contre la fondation. Et si c’est le cas, je suis à peu près sûr qu’ils trouveront un tribunal ouvert les attendant avec des avocats éminents, contre-attaquant toute tentative d’y mettre un terme.

Robles: Une question technique, est-il possible que la quantité d’argent allant à WikiLeaks puisse être pistée ou bloquée d’une manière ou d’une autre ou ceci vous préserve-t-il, en quelque sorte?

Hrafnsson: La fondation gère le site avec attention de façon à ce qu’il n’y ait aucune possibilité de pister les donations individuelles à leur source, donc cela sera parfaitement sûr. Comme je l’ai dit plus tôt, la fondation a le statut d’organisme de charité reconnu aux USA et bien sûr aucune des organisations, y compris WikiLeaks qui sont sur le site web et auxquelles vous pouvez faire des dons ont été mises en accusation pour quoique ce soit où que ce soit sur la planète; (WikiLeaks) a même reçu l’aval de la US Treasury il y a pas mal de temps quand il y avait eu une tentative par des politiciens US sur la US Treasury de mettre l’organisation sur liste noire. Ils n’y avait aucune charge retenue contre WikiLeaks et il eut été complètement absurde qu’il y ait eu quelque tentative pour essayer de pister les dons ou d’essayer de stopper cette initiative, et ceci serait vraiment accueilli, j’en suis sûr, avec une immense clameur de la part de tout le monde aux USA et dans le reste du monde.

Robles: WikiLeaks n’a jamais, pas une seule fois, été mis en accusation où que ce soit pour avoir commis quelque crime que ce soit en publiant ce qu’ils ont publié. N’est-ce pas correct?

Hrafnsson: WikiLeaks n’a jamais été mis en accusation pour quoique ce soit où que ce soit, à travers son histoire, et il a eu de grands mots prononcés et des prétentions à l’illégalité de la part de politiciens et de commentateurs aux USA à la suite de nos publications en 2010, mais les paroles de politiciens instables sont une chose et des accusations formelles que nous n’avons jamais reçues nulle part en sont une autre.

Robles: Comment les avez-vous appelés? Des politiciens instables?

Hrafnsson: Eh bien, je les appelle politiciens instables, les membres du Tea Party qui se sont avancés et ont appelé à des attaques de drones, appelant à l’assassinat de Julian Assange ou d’autres chefs d’organisations. Je les appelle des individus instables qui sont emplis de paroles de haine et en gros crachent sur eux par le biais des médias, ce qui est en soi une chose très grave. CEla aurait pu provoquer, ou inciter d’autres individus instables à accomplir réellement de tels actes. Donc, c’est extrêmement grave d’entendre et d’être témoins de ce genre de scénarios de la part de politiciens élus dans une soi-disante démocratie.

Robles: J’aime beaucoup cette phrase – politiciens instables.

Hrafnsson: Vous êtes bienvenu de vous en servir à m’avenir peut-être avec un lien vers le site web, de la vidéo que nous avons compilée: une collection de ces commentaires qui ont été émis à l’encontre de Julian Assange et de WikiLeaks qui est plutôt intéressante à visionner. C’est à vous rendre bouche-bée que de les voir en une fois dans un clip de quelques minutes.

Robles: Quelle en est l’adresse, pouvez-vous la donner à nos auditeurs?

Hrafnsson: Elle est sur notre site web Wikileaks.org et elle a aussi été téléchargée sur YouTube et devrait facilement y être trouvée.

Robles: Ok Kristinn, merci beaucoup. Avez-vous quoique ce soit d’autre avec lequel vous voudriez finir?

Hrafnsson: Non merci, je vais bien, je voulais juste ajouter qu’aujourd’hui c’est le 25è anniversaire de Bradley Manning, son 3è anniversaire derrière les barreaux sans procès.

Robles: Tout le monde, bon anniversaire à Bradley Manning, de moi, de Kristinn aussi et merci encore pour m’avoir parlé j’apprécie vraiment beaucoup.

Source: http://english.ruvr.ru/2012_12_20/The-unstable-politicians-in-the-US-are-dangerous-WikiLeaks-spokesperson/ et http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,16750.msg43397.html#msg43397

Traduit depuis le web par willsummer

  • Creative Commons

    Ce blog est mis à disposition selon les termes de la Licence CC-BY-SA 4.0, sauf pour les contenus traduits depuis d'autres sites internet et qui restent la propriété des médias qui les ont publiés à l'origine.
  • Articles récents

  • Catégories

  • Archives