L’agence du renseignement de la défense en Australie a mené des programmes secrets pour aider la NSA

Close up of cables on computer server

The Guardian, Paul Farrell, 13 octobre 2014

Il est difficile, à partir des documents divulgués par Edward Snowden, de dire si les programmes pour pirater des réseaux informatiques continuent à l’ASD [Australian Signals Directorate].

L’agence du renseignement de la défense en Australie a mené des programmes secrets pour aider la National Security Agency aux États-Unis à pirater et exploiter des réseaux informatiques, selon des documents publiés par The Intercept.

Les documents, qui ont été divulgués par le lanceur d’alerte de la NSA, Edward Snowden, révèlent de nouveaux détails sur quelques-uns des secrets les mieux gardés de la NSA. Les documents décrivent une classe de « renseignements extrêmement cloisonnés » (ECI) qui classe de manière stricte des informations sur certains programmes de la NSA.

L’information est tellement secrète que certaines parties de ces opérations sont seulement divulguées avec l’approbation du directeur de la NSA. Les pays partenaires du « Five Eyes » avec les Etats-Unis, qui comprennent l’Australie, le Canada, la Grande-Bretagne et la Nouvelle-Zélande, ont accès à certaines de ces informations, bien que la divulgation soit gérée « au cas par cas ».

Lire l’intégralité de l’article: http://www.theguardian.com/world/2014/oct/13/australias-defence-intelligence-agency-conducted-secret-programs-to-help-nsa

Les services de renseignement australiens vont se voir accordés de nouveaux pouvoirs

Le gouvernement [australien] veut créer une nouvelle infraction lorsque des agents du renseignement prennent des documents sans autorisation

Paul Farrell, The Guardian, 15 juillet 2014

Le gouvernement fédéral va chercher à introduire une législation donnant aux services de renseignement australiens de nouveaux pouvoirs et permettront de créer une nouvelle infraction lorsque des agents du renseignement prennent des documents sans autorisation appropriée.

Le procureur général, George Brandis, a déclaré mardi, lors d’une réunion de la Coalition des partis, que la première partie de la législation du renseignement gouvernemental serait présentée cette semaine. Il a déclaré que l’ensemble des mesures porteraient principalement sur les recommandations du chapitre quatre de la commission parlementaire mixte sur l’intelligence et l’enquête de sécurité.

Les mesures chercheront également à introduire une nouvelle infraction lorsque le gouvernement est au courant que des documents des services de renseignement ont été pris, mais qu’il y a des difficultés à prouver s’ils ont été divulgués à un tiers. Le [journal] Guardian Australia a constaté que le projet de loi sera présenté mercredi.

Lire l’intégralité de l’article: http://www.theguardian.com/world/2014/jul/15/australian-intelligence-agencies-to-be-given-new-powers

NSA: le gouvernement français aurait passé un accord secret

Selon le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, un accord secret de collaboration sur la surveillance du nom de code « Lustre » aurait été signé par la France avec les Etats-Unis et quatre autres puissances.

"Five eyes alliance"La « Five eyes alliance »: la France participerait au système Echelon anglo-saxon constitué de cinq nations.

TV5 Monde, 27.10.2013, Par Pascal Hérard

De nouveaux documents d’Edward Snowden démontreraient, selon le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, que la France serait engagée dans une vaste collaboration de surveillance, du nom de code « Lustre », avec ceux que l’on nomme les « Five Eyes », acteurs du programme d’écoutes planétaire Echelon: Etats-Unis, Grande-Bretagne, Canada, Australie et Nouvelle Zélande.

La ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, interrogée au sujet des écoutes illégales de la NSA dans l’émission « Internationales » de TV5Monde ce 27 octobre 2013 a déclaré qu’elle « espère bien qu’on se défend, qu’on sait quand même ce qu’il se passe chez les autres« , puis expliqué qu' »un grand pays comme la France doit aussi avoir un outil », et de conclure: « on n’est pas dépourvus en la matière ».

Nicole Bricq, au sujet de la NSA

Vidéo TV5: [Nicole Bricq, interrogée au sujet des écoutes illégales de la NSA]

Discours contradictoires?

Madame Bricq condamne les écoutes illégales entre partenaires alliés, mais estime logique et normal que de l’espionnage s’opère en matière d’intelligence économique. La ministre admet que la France est en pointe dans ces pratiques: les révélations du Süddeutsche Zeitung semblent démontrer, si elles se révèlent exactes, que la France est en plus un acteur privilégié de la surveillance mondiale et qui collabore avec ceux-là même qu’elle dénonce du bout des lèvres aujourd’hui, les Etats-Unis. Ce qui pourrait expliquer la prudence du chef de l’Etat français pour condamner trop fermement les pratiques de la NSA. Et confirmerait une thèse de Bernard Huygues qui déclarait sur le site de TV5Monde il y a quelques jours: « on peut aussi penser que si la France s’énervait trop fortement pour ensuite être prise la main dans le pot de confiture avec des révélations sur ses propres systèmes de surveillances illégaux, ce serait très ennuyeux… »

Source: http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Etats-Unis-2013/p-26618-NSA-le-gouvernement-francais-aurait-passe-un-accord-secret.htm

L’Agenda d’Assange, documentaire de Michael Weatherhead


L’histoire du projet 

L’Agenda d’Assange, Documentaire – La Surveillance, la Transparence… et Vous.

S’il vous plaît, soutenez la réalisation de cet important documentaire!

Imaginez que vous ayez à raconter l’histoire la plus importante au monde, et vous n’avez qu’un mois pour le dire au lieu d’un an?

L’Internet a changé la vie politique et la vie privée pour toujours, mais comment répond la Démocratie quand les citoyens, les entreprises et les gouvernements sont tous connectés?

Alors que l’Australie se prépare pour les élections fédérales, et que Julian Assange et les candidats du Wikileaks Party se préparent pour le Sénat, les yeux du monde se tournent pour voir comment les électeurs réagissent dans un monde post-Manning, post-Snowden.

Aucun film n’a jamais abordé ce que représente le politicien Julian Assange, que pouvons-nous attendre d’un sénateur Assange? Si Assange est élu, quel sera l’impact sur les élections à venir à travers le monde? Le Parti Wikileaks aura-t-il des candidats dans les élections américaines de 2016, par exemple?

One Planet Films, une société de production de film d’un documentaire gagnant une récompense, fait une course contre la montre pour terminer ce documentaire opportun avant les élections australiennes du 7 septembre. Nous organisons une équipe internationale d’intervieweurs, d’écrivains, d’éditeurs et plus pour réaliser un Documentaire en un mois (un travail qui nous aurait normalement pris un an).

Nous avons besoin de votre soutien pour finir le travail à temps et pour être sûrs que notre équipe sera nourrie 🙂

Cette histoire concerne tout le monde. C’est un moment spécial de l’histoire, et nous voulons que le plus de monde possible en fasse partie.

Nous avons eu une réponse incroyable du petit nombre de personnes qui ont vu cette campagne, s’il vous plaît aidez-nous à passer le mot?

Comment les fonds seront utilisés

Les fonds recueillis dans cette campagne serviront à:

– Payer notre équipe qui fait un travail acharné d’une petite partie des frais qu’ils méritent
– Acheter des vols pour emmener l’équipe aux interviews
– Images supplémentaires dont nous avons besoin pour raconter l’histoire
– Masteriser le film et le préparer pour la distribution à nos supporters.

Si nous recevons plus que nécessaire, nous pourrions être en mesure d’augmenter la longueur de la pièce et créer plus de valeur pour les supporters.

One Planet FilmsCertaines de mes autres réalisations

One Planet Films a réalisé le film primé « Retour à Gaza » qui a remporté les prix suivants:
– Prix d’Excellence, Indie Film Festival USA 2009
– Prix du Mérite, Long-métrage documentaire, « Le Concours d’accolade », USA 2010
– Sélection officielle, Prix du Film d’Asie Pacifique, 2010

Risques et défis

Le temps et le budget sont notre plus grand défi.

Nous travaillons dur pour s’assurer que ce n’est pas un problème, nous avons un calendrier très serré et nous avons veillé à ce que toutes les bases soient couvertes.

L’équipe aime tellement ce projet, qu’ils sont heureux d’y mettre les week-ends et les nuits pour respecter les délais.

L’Equipe

Directeur/Producteur exécutif – Michael Weatherhead est le fondateur de plusieurs entreprises dont le site VOD, ScreenZone et le diffuseur en ligne HotSpots. Il est un cinéaste primé avec un diplôme de Master en Entrepreneuriat et Innovation, ainsi qu’une solide expérience en entreprise et P.I. En tant que consultant d’affaires, il a développé des études de faisabilité et des plans d’affaires, qui comprenaient la création d’un parc technologique pour Agriculture Victoria et de lever 4 millions de dollars en capital de risque pour une entreprise de matériel de télécommunications.

Présentatrice/Journaliste – Lucy Anna Rhoades (PhD) est une journaliste, écrivain, cinéaste, conseillère et formatrice en entreprise avec une expérience dans le cinéma et la télévision à la BBC, travaillant dans la production, le développement et l’acquisition de contenu.

Producteur – Mike New est un producteur de films, producteur web IT chef de projet, consultant d’affaires, praticien tantrique et cinéaste travaillant en Australie, Mike a passé huit ans à vivre et travailler dans les pays asiatiques de l’Inde au Japon. Mike a réussi à livrer avec succès de grands projets IT jusqu’à 20 millions de dollars et a soutenu des sociétés d’édition à adopter avec succès de nouveaux médias.

Directeur de la Photographie/Camera/Editeur – Lynsey Allett a travaillé comme femme de caméra freelance, éditrice vidéo et éducatrice multi-médias pour les douze dernières années au Royaume-Uni, en Europe continentale et en Australie. Pendant ce temps, elle s’est spécialisée dans le documentaire indépendant cinématographique.

Equipe du Projet

Michael Weatherhead, Mullumbimby, Australie

Michael Weatherhead est le fondateur de plusieurs entreprises dont le site VOD, ScreenZone et le diffuseur en ligne HotSpots. Il est un cinéaste primé avec un diplôme de Master en Entrepreneuriat et Innovation, ainsi qu’une solide expérience en entreprise et P.I. En tant que consultant d’affaires, il a développé des études de faisabilité et des plans d’affaires, qui comprenaient la création d’un parc technologique pour Agriculture Victoria et de lever 4 millions de dollars en capital de risque pour une entreprise de matériel de télécommunications.

Pour soutenir le projet: http://www.pozible.com/project/31548

Julian Assange a-t-il été un hacker au service des gouvernements?

Julian Assange, le hacker australien

Le fondateur de Wikileaks a travaillé sur le système d’espionnage informatique du renseignement américain dans les années 1990

Opinion Maker, 8 Février 2011, Par Wayne Madsen via http://www.waynemadsenreport.com/

Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange n’a pas toujours été considéré comme un paria par la communauté du renseignement américain. En fait, selon une source bien informée qui a déjà travaillé sur les programmes sophistiqués de sécurité informatique pour la communauté du renseignement américain, à Oak Ridge National Laboratory, Assange a aidé à développer, à l’époque, un outil de pointe de surveillance informatique à l’usage de la communauté du renseignement américain, qui a fini par être utilisé par la NSA [Agence de Sécurité Nationale] et par la CIA.

Assange, selon notre source, a effectué son travail technique au Sandia National Laboratories au Nouveau-Mexique, où l’Agence d’Information des Systèmes de Défense (DISA) a conduit un travail de surveillance informatique mené dans un cadre relativement non-classifié par rapport à la NSA.

Le « deal » d’Assange avec le gouvernement américain à Sandia se serait produit au début des années 1990, après son arrestation par la police australienne pour s’être introduit dans les ordinateurs du Ministère de la Défense américain.

Les hackers comme espions

Assange est venu en premier à l’attention des agences de renseignement occidentales en 1990, quand, lors de l’opération Bouclier du Désert, précurseur de la guerre avec l’Irak concernant son invasion du Koweït, le Chaos Computer Club basé à Hambourg, avec les pirates informatiques aux Pays-Bas et en Australie, ont été attrapés en train de pirater les systèmes de défense informatique du Ministère américain de la Défense via des liens MILNET jusqu’à l’ARPANET omniprésent, un réseau qui liait la recherche gouvernementale et les agences de développement aux diverses universités à travers le monde.

En 1987, Assange, à l’âge de 16 ans, a commencé sa carrière de hacker en Australie. Lui et deux collègues ont créé un groupe de hackers clandestin appelé « Les Subversifs internationaux ». Assange a utilisé le nom de hacker « Mendax » pour usage, ce qui signifie en latin « celui qui est mensonger ». La fin des années 1980 représentaient une période où les agences de renseignement et les forces de l’ordre ont joué un jeu de capture avec les hackers — des jeunes qui, dans la plupart des cas, en savait plus que même la NSA sur la façon de pirater des systèmes informatiques. Finalement, en 1991, la police fédérale australienne a attrapé Assange dans le cadre de l' »Opération Weather », une opération de répression menée contre les pirates informatiques. L’un des ordinateurs ciblés par Assange a été l’un de ceux exploités par l’US Air Force au Pentagone. Et le piratage a eu lieu pendant la Tempête du Bouclier du désert, à un moment où l’Agence du Renseignement de la Défense (DIA) et la CIA ont commencé à prendre plus au sérieux la question du piratage informatique.

C’est en 1989 que certains pirates informatiques ont été soupçonnés de collaborer avec les services de renseignement étrangers, y compris le KGB soviétique, pour pénétrer dans les ordinateurs de la défense occidentale. Grâce à un lien fourni par le Chaos Computer Club, un groupe de hackers allemands – Karl Koch, alias « Hagbard », Markus Hess, alias « Urmel », Hans Heinrich Hubner, alias « Pengo », et Dirk-Otto Brezinski, alias « DOB « – ont fait équipe avec les pirates de l’Université d’Utrecht aux Pays-Bas et à Melbourne en Australie, pour pénétrer les ordinateurs militaires américains. C’était l’administrateur-système du Lawrence Berkeley Laboratory, Clifford Stoll, qui a d’abord découvert le portail des hackers au sein des ordinateurs militaires – à l’Université de Brême via le réseau allemand de Datex-P jusqu’au [laboratoire] Lawrence Berkeley via Tymnet, pour sortir dans quelque 400 ordinateurs militaires de la base aérienne de Ramstein en Allemagne jusqu’à Fort Buckner, à Okinawa, et la base de données OPTIMIS au Pentagone. Koch, ou « Hagbard », a été retrouvé brûlé à mort avec de l’essence dans une forêt près de Celle, en Allemagne de l’Ouest, en 1989. La police a établi la mort par suicide.

En octobre 1998, un autre hacker du Chaos, Boris Floriciz, alias « Tron », a été retrouvé pendu dans un parc de Berlin. Après avoir considéré la mort comme un suicide, la police a commencé à traiter la mort comme un homicide après que le magazine Stern ait indiqué que Floriciz avait travaillé pour des éléments peu recommandables. Le père de Floriciz a indiqué que son fils avait été approché par des agents du renseignement qui voulaient que le pirate travaille pour eux.

En Août 2001, Herwart Holland-Moritz, alias « Wau Holland, « l’un des fondateurs du Chaos, est mort à l’âge de 49 ans à Hambourg. Holland est décédé après avoir subi un accident vasculaire cérébral. En 1987, Holland avait affirmé que le Chaos avait obtenu des données sensibles sur les systèmes d’armement américains des ordinateurs VAX 11/785 de la NASA reliés au Réseau d’Analyse de Physique Spatiale ou SPAN.

En 1995, Jean-Bernard Condat, fondateur du Chaos Computer Club de France, a été découvert à travailler pour l’agence du renseignement intérieur français, la Direction de la Surveillance du Territoire (DST). Selon le journaliste d’investigation français Jean Guisnel, Condat a commencé à travailler pour la DST en 1989. L’officier de la DST en charge de Condat était connu sous le nom de couverture « Jean-Luc Delacour. »

Dans son livre, « Guerres dans le Cyberespace, Services secrets et Internet« , Guisnel a révélé: « Internet est contrôlé jusqu’à l’os par des mesures telles que tourner autour des pirates informatiques, l’écoute systématique des réseaux informatiques et la manipulation des groupes d’informations ».

En 2000, Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN), l’organisme international qui attribue les noms de domaine Internet, a élu d’Andy Mueller-Maguhn du Chaos en tant que directeur régional européen.

En 1998, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué un pirate informatique israélien de 18 ans, nommé Ehud Tenebaum, alias « L’Analyseur », qui avait piraté les systèmes informatiques du Pentagone et de la NASA à partir de Tel Aviv, via un modem de l’université à Sde Boker dans le sud d’Israël. Netanyahu a déclaré que Tenebaum était « sacrément bon ». Leader du groupe ViRii, Tenebaum a été détenu par la police israélienne ainsi que deux autres hackers israéliens et un américain, Calidan Levi Coffman de Carson, à Washington. Le FBI a perquisitionné les domiciles de deux adolescents membres de ViRii à Cloverdale, en Californie, mais le Ministère de la Justice ne cherchait que la surveillance probatoire dans leurs affaires criminelles. Les procureurs fédéraux y sont allés facilement sur l’anneau des hackers israéliens, même après que la procureur général Janet Reno a déclaré que les Etats-Unis traiteraient les intrusions informatiques comme des « crimes graves ».

Le Secrétaire adjoint à la Défense John Hamre a déclaré que les attaques de ViRii sur le Pentagone constituaient « l’attaque la plus organisée et systématique » à ce jour. Etaient ciblés par les Israéliens, le personnel du Pentagone et les fichiers des effectifs. Comme le deal d’Assange avec le renseignement australien, il a été ensuite rapporté que la négociation de la peine de Tenebaum avec les autorités israéliennes avait impliqué qu’il travaille pour le renseignement israélien. Les apologistes d’Israël dans la presse officielle ont assimilé le piratage de ViRii au fait de jeter « des missiles électroniques ». L’attaque informatique sur le Pentagone est intervenue, alors que la secrétaire d’État Madeleine Albright demandait le gel des colonisations israéliennes sur la Rive Ouest [Cisjordanie] et à Jérusalem-Est, et que les forces américaines se préparaient à une action militaire contre l’Irak. Les récentes révélations de Wikileaks des câbles du Département d’Etat, ce qui inclut la publication sélective des câbles sur les négociations israélo-palestiniennes, interviennent au milieu d’exigences américaines similaires sur le gel des colonies israéliennes.

Dans une indication que Tenebaum a continué son piratage pour le renseignement israélien, en 2003, un nouveau-zélandais connu sous le nom de « VeNoMous » [VeNiMeux] a été accusé d’entretenir des liens avec Tenebaum et de s’être introduit par effraction à l’intérieur du Centre Indien de Recherche Atomique de Bhabha à Mumbai. L’attaque informatique a éliminé des données et volé des e-mails. Il a été rapporté que VeNoMous et les hackers qui étaient liés avec lui ont été impliqués dans le piratage des systèmes informatiques du programme nucléaire pakistanais. Le programme de cyber-sécurité du Pentagone, comme indiqué précédemment par WMR, a été minutieusement pénétré à hauts niveaux par des agents d’influence israéliens. John P. Wheeler III, qui, en tant qu’assistant au secrétaire de l’Armée de l’Air dans l’administration Bush, et plus tard à MITRE Corporation, a été impliqué fortement dans le programme cyber-guerre du Pentagone, a été retrouvé mort dans une décharge de Wilmington, dans le Delaware, le 30 Décembre de l’année dernière [2010].

L’Enigmatique Assange

Certains dans les médias officiels ont loué de manière similaire Assange et Wikileaks pour la publication des câbles du Département d’Etat, mais le directeur de publication du New York Times, Bill Keller, a récemment exprimé ses regrets sur les relations de son journal avec Assange. Keller a déclaré que, lorsque les relations entre le Times et Assange sont devenues glaciales, trois personnels du Times ont été témoins de piratage sur leurs comptes de messagerie e-mail. Keller n’est manifestement pas au courant du travail passé d’Assange pour la communauté du renseignement américain, et la diligence journalistique par lui et son journal auraient découvert ce que WMR a découvert sur Assange et ses collègues pirates avant d’entrer dans une relation avec Wikileaks et son fondateur, décrit par Keller comme habillé à la manière d’un sac de femme et qui a besoin d’un bain.

La seule chose que les forces de l’ordre et le renseignement pouvaient faire, face à une telle nouvelle menace de piratage informatique technologiquement avancé, était de passer des accords avec les hackers qui ont été arrêtés. Le choix pour la police australienne a été simple: soit faire face à la prison de visage et à une énorme amende, ou bien venir travailler pour les forces de l’ordre et le renseignement dans les nouvelles divisions et branches de la sécurité informatique. Pour Assange, le choix a aussi été simple. Quelque part entre son arrestation en 1991 et son inculpation en 1994, avec 31 accusations criminelles, dont six ont été abandonnées, Assange, selon notre source, a pris ses fonctions au Sandia National Laboratory au Nouveau Mexique, où sous couverture non-classifiée de la DISA, Assange a travaillé sur un système qui permettrait au renseignement américain de pirater des systèmes informatiques à travers une faille de sécurité dans les modems des télécopieurs. Le programme de la DISA développé pour la communauté du renseignement a permis aux opérateurs du renseignement de passer clandestinement des modems en mode fax aux modems en mode données connectés à des ordinateurs, permettant aux fichiers informatiques d’être subrepticement téléchargés. C’était via des modems qu’Assange, depuis l’Australie, a été capable de pénétrer dans les ordinateurs du Ministère de la Défense et c’était via la faille de sécurité du modem des télécopieurs — l’utilisation de modems de fax qui étaient en ligne et qui attendaient de recevoir des télécopies — que certaines agences de renseignement américaines voulaient pour être en mesure d’accomplir la même tâche sur leurs objectifs de renseignement.

À l’issue de sa mission et à son retour en Australie pour son procès, Assange a reçu une simple amende de 2100$A et a été libéré sous caution par la déclaration suivante du juge: « il n’y a tout simplement pas eu de preuve qu’il y ait eu autre chose qu’une sorte de curiosité intelligente et le plaisir d’être capable, comme le dit l’expression, de surfer à travers ces différents ordinateurs. « 

Le juge a également mentionné l’enfance difficile d’Assange, dans laquelle il a grandi dans une secte religieuse, la Santiniketan Park Association, également connue sous le nom « The Family » [« La Famille »] et « Great White Brotherhood » [« La Grande Fraternité Blanche »], et dirigée par le gourou-yoga Anne-Hamilton Byrne. « The Family », en plus d’infliger des châtiments corporels et la privation de sommeil et la privation de nourriture, soumettait les enfants des membres de la secte aux médicaments psychotropes, y compris les médicaments psychiatriques, Anatensol, Diazépam, Halopéridol, Largactil, Mogadon, Serepax, Stelazine, Tegretol ou Tofranil. Les enfants étaient également soumis au LSD. WMR a appris que le culte avait des liens aux opérations de Mind-Control menées conjointement par la CIA et son partenaire, l’Organisation du Renseignement de la Sécurité Australienne (ASIO). En 1978, la police de l’Etat de Victoria a fermé le culte. Ainsi, la première interaction apparente d’Assange, quoique involontaire, avec un service de renseignement, est venue quand il était un enfant maltraité par le culte Santiniketan. « The Family » en Australie présente des similitudes frappantes avec un autre culte d’abus sur les enfants aux États-Unis lié à la CIA: « The Finders » [« Les Inventeurs »].

En Octobre 1990, alors que de plus en plus de ministères du gouvernement américain sont devenus conscients de la menace posée par les hackers du Chaos et de leurs associés, une réunion des responsables de la sécurité informatique auprès de divers organismes traitant des systèmes informatiques classifiés a eu lieu dans une salle sécurisée au siège de la CIA à Langley, en Virginie. Cet éditeur a pris part à la réunion, représentant la Division de la Sécurité des Systèmes d’Information du Département d’Etat au sein du Bureau de la Sécurité Diplomatique. Etaient présents des représentants de la CIA, du FBI, du Ministère du Commerce, du Ministère de la Défense, la DIA, et la NSA.

La CIA était préoccupée par l’angle du KGB avec le gang du Chaos allemand et leurs amis pirates aux Pays-Bas et en Australie. Cependant, après environ une heure de va-et-vient, le représentant-en-chef du FBI se leva, sa ceinture de boucle en laiton très importante avec son costume de tricot-double voyant, et a assuré à tous les participants que comme agent-en-chef du contre-espionnage soviétique de la branche du FBI, il avait « tout sous contrôle. » Le nom de l’agent du FBI était Robert Hanssen, arrêté le 18 Février 2001, pour espionnage pendant 22 ans pour les Soviétiques et les Russes.

Les médias avaient rapporté les faits au sujet des hackers liés au Chaos depuis 1987. Sur le World News Tonight, à ABC News, le soir du 15 Septembre 1987, Peter Jennings a signalé que: « Il y a eu un autre cas de pirates informatiques indiscrets faisant électroniquement leur chemin vers certains dossiers très secrets. Deux allemands de l’Ouest ont apparemment obtenu l’accès à un réseau informatique mondial utilisé par la NASA pour relier les centres de recherche sur l’espace en Europe et en Asie. La NASA a confirmé que le système a été visité, mais a nié que les pirates aient obtenu aucune sorte d’informations classifiées ». Mais le 25 Avril 1991, l’histoire du piratage dans les systèmes militaires au cours du Bouclier du Désert a été rapportée dans son intégralité par ABC:

« Peter Jennings: Une fois de plus, les voleurs électroniques ont réussi à s’introduire dans quelques-uns des systèmes informatiques géants dans les installations militaires et les universités américaines. Une enquête d’ABC News a constaté que, pour au moins un an maintenant, les pirates informatiques, les intrus électroniques basés aux Pays-Bas, ont piraté la sécurité des systèmes informatiques américains où ils peuvent lire des informations sensibles au sujet des plans et des opérations militaires. Voici John Martin d’ABC.

JOHN MARTIN: [CU DOCUMENTS/Graphiques] Des documents obtenus par ABC News montrent que les hackers ont eu tellement d’informations sur le missile Patriot, qu’ils ont dû s’infiltrer dans plusieurs ordinateurs afin de juste trouver un endroit pour stocker les données. [Les soldats] À un moment donné, les intrus ont arrêté des ordinateurs dans le Wisconsin et en Virginie qui ont ensuite été utilisés pour mobiliser des troupes pour l’opération Tempête du désert. [BAT EXT] La CIA considère le vol si grave, qu’ils ont convoqué une réunion spéciale.
 
ANCIEN OFFICIEL DU GOUVERNEMENT: [SILHOUETTE] Il y avait des informations recueillies à partir des systèmes, sur le système Patriot de lancement de fusées, des missiles de croisière Tomahawk de la Marine, l’appel des réserves militaires. [JET D’EMBARQUEMENT DES TROUPES] Les mots qu’ils ont été particulièrement intéressés par étaient « militaire », « nucléaire », « missile » et « Tempête du désert » ou « Bouclier du désert ».

JOHN MARTIN: Des sources indiquent que la plupart des pénétrations informatiques provenaient de Geldrop, aux Pays-Bas. [BAT EXT] Les enquêteurs croient que les voleurs étaient des espions indépendants qui cherchent à vendre des informations au KGB ou au renseignement irakien. [HACKER SUR ORDINATEUR] Un pirate néerlandais a démontré combien c’était facile. [MAP/Graphiques] En utilisant des téléphones locaux, les hackers sont entrés par voie électronique dans un ordinateur de l’université voisine, puis ont traversé l’Atlantique à travers les lignes du campus des universités américaines. [DIVERS BATIMENTS] A partir d’ordinateurs ici, à Bowling Green, dans l’Ohio et d’autres campus, ils ont fait irruption dans au moins 22 réseaux: [DIVERSES INTALLATIONS] La commande des Systèmes de la Naval Sea, système de préparation de l’armée à Fort Belvoir, en Virginie, le laboratoire de recherche de missile à Aberdeen, au Maryland. Aucune des informations qu’ils ont obtenu n’était classifiée, mais le gouvernement est inquiet.

GERALD BURKE: L’une des grandes réalisations de l’espionnage moderne qui ont résulté de la collecte de données non-classifiées, en apparence anodines.
 
JOHN MARTIN: Le gouvernement a alerté son équipe d’intervention informatique d’urgence.
 
LARRY Druffel PhD/RÉPONSE LEADER DE L’ÉQUIPE: Chaque fois que quelqu’un pénètre un système utilisé à des fins militaires, alors vous devez supposer qu’ils essaient d’obtenir des informations qu’ils ne devraient pas et c’est de l’espionnage.
 
JOHN MARTIN: Une raison pour lesquelles les hackers ont été capables de pénétrer dans les ordinateurs, ce sont les mots de passe faibles.
 
WAYNE MADSEN: Tous ces crackers informatiques là-bas savent ce que sont ces mots de passe et ils savent comment les utiliser essentiellement pour s’introduire dans les systèmes.
 
JOHN MARTIN: [SU] Le FBI est sur l’affaire, mais a rencontré des difficultés. La loi néerlandaise ne permet pas la poursuite contre les hackers informatiques à moins que les informations qu’ils volent soient classées. John Martin, ABC News, Crystal City, en Virginie.
 
PETER JENNINGS: En fait, certains néerlandais pensent qu’il n’y a rien de mal à ce genre de piratage informatique. Le directeur d’Economie à l’Université d’Utrecht dit que la plupart des écoles néerlandaises encouragent en fait les élèves à infiltrer d’autres systèmes informatiques dans le cadre de leur formation. Il dit que la sécurité est la responsabilité des propriétaires des systèmes ».

Mais ce que ABC News et personne d’autre ne savaient, c’est que certaines agences de renseignement, y compris l’ASIO en Australie et la NSA avaient décidé de choisir les services de certains hackers afin de pénétrer leurs groupes et dans le but de déterminer la technologie qu’ils utilisaient pour pirater les systèmes. Le projet avec l’étudiant de Cornell, Robert Morris, Jr., qui était capable de lancer un programme internet perturbateur de ver informatique en 1988 qui a fait tomber un certain nombre de systèmes informatiques, en est un exemple. Le père de Morris se trouvait être Robert Morris, Sr., scientifique en chef de la NSA à l’époque. La « punition » du jeune Morris fut notamment de travailler au craquage des codes cryptographiques utilisés par les trafiquants de drogue et autres pirates. La punition de Morris était semblable à la douce affaire amoureuse qui a fait travailler Assange en retour de ses services à Sandia.

Assange continue à jouer son rôle en étant un agent à « repaire limité » pour la communauté du renseignement américain. La fuite sélective du Département d’Etat sur les câbles sur-classifiés du Secret maximal SIPRNET, des câbles qui rapportent sur des ragots et des informations open-source recueillies auprès des diplomates américains et de leurs contacts à l’étranger, ont été utilisés pour influencer les événements dans le monde entier. Il s’agit d’une opération classique d' »infiltration cognitive » tel que préconisé par le Dr. Cass Sunstein, chef du Bureau de l’Information des Affaires Réglementaires de la Maison Blanche, un promoteur de Wikipedia et Wikileaks, tous deux utilisés par les agences de renseignement pour l’information et les opérations de guerre psychologique.

Peut-être que ce n’était pas un hasard si, en Décembre 2010, le Parti Pirate international, qui trouve ses débuts en Suède, où Assange est recherché pour crimes sexuels, et sa branche autrichienne, ont offert d’accueillir le cache de plus de 250.000 câbles du Département d’Etat de Wikileaks. Le Parti Pirate, avec des branches aussi en Allemagne, en Suisse et au Luxembourg, a des contacts étroits avec le Chaos Computer Club.

Wayne Madsen est un journaliste d’investigation de Washington, DC, auteur et chroniqueur. Il a écrit pour plusieurs journaux et blogs renommés.

Madsen est un contributeur régulier sur Russia Today. Il a été un fréquent commentateur sur la politique et la sécurité nationale sur Fox News et est également apparu sur ABC, NBC, CBS, PBS, CNN, BBC, Al Jazeera, et MS-NBC. Madsen a été accepté par Bill O’Reilly et Sean Hannity dans leurs émissions de télévision. Il a été invité à témoigner comme témoin devant la Chambre des représentants américaine, le Tribunal pénal pour le Rwanda, et un panel d’enquête du gouvernement français sur le terrorisme.

Comme un officier de la marine américaine, il a réussi l’un des premiers programmes de sécurité informatique pour l’US Navy. Il a ensuite travaillé pour la National Security Agency, le Commandement Naval des données d’automatisation, le Département d’État, la RCA Corporation, et la Computer Sciences Corporation.

Madsen est un membre de la Société des journalistes professionnels (SPJ), l’Association des agents de renseignement (AFIO), et le National Press Club. Il est un collaborateur régulier de l’Opinion Maker.

Source: http://www.opinion-maker.org/2011/02/wikileaks-and-us-intelligence-computers/

Interview avec Julian Assange sur Lateline Australia

Lateline - Interview de Julian Assange

Le fondateur de WikiLeaks a jeté à la poubelle le « soi-disant soutien consulaire » du gouvernement australien durant son séjour à l’intérieur de l’Ambassade équatorienne de Londres.

Ce mois de juin marque l’anniversaire de l’entrée de M. Assange dans l’Ambassade de l’Équateur londonienne, y demandant l’asile politique.

Le lanceur d’alerte australien est responsable de la publication des 700 000 documents diffusés par le soldat américain Bradley Manning, qui a plaidé coupable pour ces fuites de matériel et qui est actuellement en cour martiale aux USA pour aide à l’ennemi.

M. Assange est convaincu qu’il y a un acte d’accusation secret issu d’un grand jury qui l’attend aux USA et redoute l’extradition si le gouvernement britannique le déporte en Suède, où il est confronté à des accusations d’agression sexuelle.

(suite…)

Bob Carr: L’homme de Washington en Australie

Bob Carr, l'homme de Washington en AustraliePhoto: Ami de longue date des États-Unis. Le Ministre des Affaires Etrangères Bob Carr.

Philip Dorling, 8 Avril 2013

Bob Carr n’a peut-être été Ministre des Affaires étrangères que pendant 12 mois, mais il y a près de 40 ans, il commença à parler aux diplomates américains des politiques internes du Labor [parti travailliste].

Des  rapports appartenant à l’ambassade et au consulat américains, préalablement classés  secrets, et incorporés dans une nouvelle base de données dévoilée par WikiLeaks lundi dernier, révèlent que M. Carr était une source pour les diplomates américains à la recherche d’information sur le gouvernement Whitlam et le mouvement Labor en général dans le milieu des années 1970.

A l’époque, il était une étoile montante dans le NSW [New South Wales] Labor, et M. Carr ne tarda pas à se joindre à la critique envers le Premier Ministre Gough Whitlam, ceci au moment où le Gouvernement fédéral du Labor rencontrait de plus en plus de difficultés politiques et économiques suite a l’élection fédérale de mai 1974.

En Août 1974, l’ambassade américaine à Canberra documentait longuement ce qui est décrit comme «un sentiment généralisé de tristesse et d’anxiété, au moment où le gouvernement Whitlam “lutte de façon désordonnée pour endiguer l’inflation croissante».

En compagnie du président du NSW Labor, John Ducker, M. Carr a confié candidement au consul général des États-Unis à Sydney que «la politique économique n’a jamais été la spécialité de Whitlam » et a critiqué la «tendance »  du  Premier Ministre  « à déléguer pratiquement tout ».

Ancien président de l’Australian Young Labor [parti des Jeunes du Labor Australien] et responsable de l’éducation  dans le NSW Labor Council [Conseil de Ville du Labor], M. Carr a plus tard « exprimé sa profonde préoccupation au consul général américain au sujet de l’impact des conflits au sein du Labor sur les perspectives du gouvernement Labor ».

Interrogé sur ses contacts avec des diplomates américains pendant les années 1970, le sénateur Carr a déclaré lundi: «J’avais une vingtaine d’années, j’aurais pu dire n’importe quoi.»

Ces câbles, un temps confidentiels, suggèrent également que les diplomates américains ont eu recours  à M. Carr en tant que source pour connaître les antécédents des personnalités politiques  du Labor: par exemple, M. Carr a expliqué qu’un porte-parole, lors d’une manifestation pro-palestinienne en 1975 – le parlementaire Labor de gauche George Petersen – était «le NSW équivalent de Bill Hartley à Victoria ».

Le sénateur Carr a longtemps été un fervent partisan de l’alliance de l’Australie avec les Etats-Unis et a un intérêt marqué pour la politique et l’histoire des États-Unis.

Lors de ses premières conversations avec des responsables américains, il semble avoir suivi l’exemple de son mentor M. Ducker, de la faction de droite du NSW Labor et qui lui avait avisé les Etats-Unis des problèmes de relations industrielles et de politiques internes du parti Labor, en dénonçant  les critiques de l’alliance avec les États-Unis, les trouvant engagés dans «une expression idiote et émotionelle manquant de substance et caractéristique de la frange de gauche du ALP [Australian Labor Party].

Les câbles de l’ambassade des États-Unis, transmis à WikiLeaks en 2010, ont exposé un autre membre important de la faction de droite du NSW Labor, l’ancien sénateur Mark Arbib, qui était un plus récent « protégé » de l’ambassade américaine en tant que source, fournissant des informations privilégiées et des commentaires sur les politiques du Labor.

Environ 11.000 câbles de l’ambassade américaine à Canberra et des consulats de Sydney et Melbourne entre 1973 et 1976 font partie d’un trésor immense de plus de 1,7 millions de documents électroniques qui furent transférés à l’US National Archives and Records Administration [Administration des Archives et Dossiers Nationaux des Etats-Unis] en 2006.

Toutefois, les documents ont été largement négligés par les historiens, en raison de l’absence d’un moteur de recherche efficace.

WikiLeaks a incorporé une copie de l’ensemble des archives électroniques dans une base de données facilement consultable qui comprend également les plus de 250.000 câbles diplomatiques américains divulgués par le soldat de l’Armée Américaine Bradley Manning.

Avec plus de deux millions de documents et plus d’un milliard de mots, la Public Library of US Diplomacy [Bibliothèque Publique de la Diplomacie Américaine] de WikiLeaks est la plus grande archive électronique consultable mise à la disposition des historiens, des journalistes et des autres chercheurs.

Traduit sur le forum WikiLeaks par mayya: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,18603.0.html

Source: http://www.theage.com.au/opinion/political-news/bob-carr-washingtons-man-in-australia-20130408-2hgut.html

Le Parti de l’égalité socialiste en Australie adopte une résolution pour défendre Julian Assange

Julian Assange

Premier Congrès national du PES (Australie)

Résolution 6 : Il faut défendre Julian Assange

Parti de l’égalité socialiste (Australie)
10 décembre 2012

Voici la sixième de sept résolutions adoptées à l’unanimité lors du premier congrès national du Parti de l’égalité socialiste (Australie) qui s’est tenu du 6 au 9 avril 2012 à Sydney.

1. Le présent congrès dénonce l’implication intime du gouvernement travailliste dans le complot ourdi par le gouvernement Obama pour jeter le fondateur de Wikileaks Julian Assange en prison. En refusant de défendre les droits juridiques fondamentaux d’un ressortissant de nationalité australienne, le gouvernement Gillard a joué un rôle crucial dans cette opération contre lui.

2. La persécution d’Assange et de WikiLeaks fait partie d’un assaut d’envergure mondiale contre les droits politiques et démocratiques fondamentaux, et dont le but est d’intimider et faire taire l’opposition populaire croissante au programme de militarisme et d’austérité imposé aux travailleurs partout dans le monde.

3. Des courriels internes de l’agence de renseignement privée américaine Stratfor révèlent que le gouvernement Obama a préparé, depuis décembre 2010, une mise en examen secrète contre Assange par un jury d’accusation. Détenu en Grande-Bretagne depuis plus d’un an, il est confronté à une extradition vers la Suède pour des accusations d’agressions sexuelles sans fondement. Ce coup monté est conçu pour ouvrir la voie à l’extradition d’Assange vers les États-Unis, où il serait jugé en vertu de l’Espionage Act, loi réactionnaire de 1917 sur l’espionnage.

4. Le traitement qui attend le fondateur de WikiLeaks est déjà imposé au soldat Manning Bradley, présumée source de WikiLeaks. Manning croupit dans les prisons militaires américaines depuis près de deux ans, où il est soumis à l’isolement, à la nudité forcée, à la privation de sommeil et autres formes de torture. Le but de ce traitement est de le forcer à négocier un plaidoyer de culpabilité qui servira de base à l’accusation du gouvernement américain contre Assange.

5. Washington fait campagne pour vilipender Assange et détruire WikiLeaks parce que ce site a mis en lumière des milliers de documents détaillant les meurtres par les États-Unis de civils et leur complicité dans la torture en Afghanistan et en Irak, ainsi dans de nombreux autres crimes auparavant cachés à la population mondiale. Parmi les câbles diplomatiques rendus publics, il y a ceux qui révèlent l’implication étroite de l’ambassade des États-Unis avec les éminences grises du Parti travailliste australien qui ont chassé Kevin Rudd du poste de premier ministre au milieu de l’année 2010 pour y installer Julia Gillard.

6. Gillard a soutenu la persécution d’Assange dès la première heure. En décembre 2010, au moment où le jury d’accusation était secrètement convoqué, elle a déclaré publiquement, sans la moindre preuve ou justification légale, que la publication de câbles diplomatiques des États-Unis par WikiLeaks était « illégale. » Son gouvernement a fait tout son possible pour aider l’opération américaine, autorisant même une enquête de la Police fédérale et des services de renseignement australiens pour dénicher tout ce qu’ils pouvaient trouver afin d’essayer de compromettre Assange.

7. En jetant Assange aux loups, le Parti travailliste cherche à couvrir les crimes de Washington et le rôle joué par les gouvernements australiens dans ces crimes, ainsi qu’à dissimuler l’ensemble des machinations de l’impérialisme américain et ses implications pour la classe ouvrière. Le gouvernement Gillard joue un rôle non moins pernicieux que le gouvernement Howard lorsque celui-ci avait soutenu la détention par le gouvernement Bush de deux citoyens australiens, David Hicks et Mamdouh Habib, aux côtés de plus de 650 autres prisonniers à Guantanamo Bay, à Cuba, au mépris des Conventions de Genève et du droit international.

8. Les opérations contre ces trois hommes s’inscrivent dans la frauduleuse « guerre contre le terrorisme » toujours en cours. Débutant avec les invasions de l’Afghanistan et de l’Irak, cette « guerre » a servi de prétexte pour mener des agressions militaires à l’étranger et imposer une avalanche de mesures d’État policier sur le plan intérieur. Tout comme l’administration Obama qui a intensifié l’assaut de grande envergure contre les droits démocratiques précédemment lancé sous le gouvernement Bush, le gouvernement travailliste a intensifié et institutionnalisé les mesures autoritaires « anti-terroristes » initiées par son prédécesseur.

9. L’assaut des deux partis contre les droits démocratiques a été approuvé par tout l’establishment politique, y compris les Verts. Soutenu en effet par les Verts, le gouvernement travailliste minoritaire a conservé et renforcé toutes les mesures draconiennes adoptées depuis 2000 – détentions sans procès, interrogatoires secrets, législation sur le recours à l’armée, interventions militaires sans précédent dans les communautés aborigènes dans le Territoire du Nord, et lois anti-réfugiés toujours plus sévères.

10. Ce bilan démontre qu’il n’y a pas le moindre engagement significatif au sein des cercles dirigeants australiens en faveur des droits démocratiques fondamentaux et juridiques. Suscitant à peine un murmure dans les médias, le Parti travailliste a bloqué à plusieurs reprises toute action en justice contestant la participation de Canberra aux opérations de torture, de restitutions et de détentions à Guantánamo Bay menées par les États-Unis, ainsi que contre les déportations arbitraires et les interdictions en masse menées par l’Australian Security Intelligence Organization – ASIO (services de renseignement australiens) contre les réfugiés et les saisies de passeport de citoyens australiens.

11. L’aggravation de la crise du système capitaliste est à l’origine de ces mesures. Il devient de plus en plus impossible pour les élites dirigeantes d’imposer, par des moyens démocratiques, le militarisme, les inégalités flagrantes et les attaques actuelles contre les conditions sociales et de travail.

12. Le présent Congrès salue la position courageuse prise par Assange et WikiLeaks et luttera pour les défendre. Assange et WikiLeaks ont aidé à dévoiler, aux yeux de millions de personnes dans le monde, les agissements et la nature véritables des gouvernements des États-Unis et d’autres pays dans le monde, y compris celui de Canberra.

13. Le présent Congrès exige la libération immédiate d’Assange et de Manning. Nous insistons sur le fait que la défense de leurs droits démocratiques est inséparable de la lutte pour mobiliser la classe ouvrière contre le gouvernement travailliste, complice direct de la conspiration de Washington contre eux. Les droits démocratiques ne peuvent être défendus derrière la façade décrépie du parlement, mais uniquement par la lutte pour un gouvernement ouvrier, engagé à réorganiser la société sur la base de la satisfaction des besoins de l’humanité et non pas du profit privé, et engagé à mettre en place une véritable démocratie dans tous les aspects de la vie économique, politique et sociale.

Source: https://www.wsws.org/fr/articles/2012/dec2012/ciqi-d10.shtml

La mère du fondateur de WikiLeaks lance un appel au soutien

La mère de Julian Assange s’adressant à la presse. Source : Hackernews. DR.

Par Pierre Fontaine, le 19 juillet 2012

Dans une lettre ouverte au peuple australien, Christine Assange lance un appel pour la vérité et pour le renforcement du soutien de son fils. Un appel qui, de fait, devient international…

Julian Assange, toujours réfugié au sein de l’ambassade de l’Equateur à Londres, pour éviter son extradition vers la Suède, peut compter sur un soutien indéfectible, celui de sa mère. Christine Assange a, en effet, un petit quelque chose d’une mère courage.

Comme le rapporte le site Hackernews, elle vient d’adresser une lettre ouverte (PDF) à ses concitoyens. Cette missive est accompagnée d’un courrier destiné aux membres du parlement australien et signé par des membres de WikiLeaks. Ce dernier message rappelle, entre autres, que Julian Assange, sans avoir jamais commis aucun crime, a déjà été incarcéré 540 jours. Que l’extradition vers la Suède serait synonyme de procès plus ou moins secret, de confinement et très rapidement d’une extradition vers les Etats-Unis, où « Julian pourrait être enfermé indéfiniment dans une prison militaire, pendant que les Etats-Unis constituent un dossier contre lui pour la diffusion des câbles diplomatiques américains ».

Liberté ?

Et cette liberté de parole, comme un crime de lèse-majesté contre les Etats-Unis, est également au cœur de la lettre de Christine Assange. Un courrier qui commence par un constat simple : « Un grand nombre de déclarations publiques faites à propos de Wikileaks et de son rédacteur en chef, Julian Assange, sont factuellement inexactes. » Et de continuer : « Certaines de ces déclarations sont dues à une mauvaise information, mais d’autres sont destinées à entacher Julian, à réduire le nombre de ses soutiens publics, à discréditer le travail de Wikileaks et à éviter la publication d’autres vérités inconfortables. »
Ces contre-vérités, elle va tenter de les terrasser en donnant des informations complémentaires, non sans avoir rappelé, incidemment, que, pour beaucoup, le gouvernement australien, resté muet sur l’affaire Assange, donne l’impression d’être une chambre d’écho pour les grandes entreprises et le gouvernement américains.

Une cible à abattre ?

Elle rappelle ensuite ce qu’est WikiLeaks et l’impact qu’il a eu en termes de liberté de communication de données, notamment dans la presse ; tout en prenant soin de préciser que personne n’a été blessé physiquement à cause des informations révélées et que leur authenticité n’a jamais été mise en doute, même par les gouvernements incriminés.
Christine Assange évoque ensuite rapidement les faits constituant l’affaire suédoise qui pourrait faire tomber son fils. Non sans mettre en avant quelques détails assez troublants qui laissent entendre que Julian Assange est l’homme à abattre, et avec lui, WikiLeaks. Un site dont on peut discuter les méthodes mais dont on ne peut nier le rôle important depuis son lancement en 2006, pour le journalisme en particulier mais aussi, et surtout, pour la liberté d’expression en ligne en général.

Le premier entretien avec Julian Assange à l’ambassade équatorienne


Une entrevue avec Julian Assange sur ABC Radio National Breakfast, le 21 Juin 2012. Ceci est son premier entretien mené depuis qu’il a demandé l’asile politique en Équateur. Au moment de cette entrevue, M. Assange était à l’ambassade de l’Équateur depuis trois jours. L’audio complet est disponible sur le site Web de Radio ABC.

Fran Kelly: Et nous allons tout droit en Grande-Bretagne où Julian Assange s’apprête à passer sa troisième nuit réfugié dans l’ambassade de l’Équateur à Londres, alors qu’il attend une décision sur sa candidature à l’asile politique. L’australien de quarante ans est entré dans l’ambassade mardi dans une tentative spectaculaire d’éviter l’extradition vers la Suède pour être interrogé à propos des allégations d’agression sexuelle. Même s’il lui est accordé l’asile en Équateur, la police britannique dit qu’ils vont l’arrêter dès qu’il met le pied à l’extérieur de l’ambassade, l’accusant d’être en violation de ses conditions de libération sous caution. Julian Assange nous rejoint en live maintenant de l’ambassade de l’Équateur à Londres. Julian, bienvenue à RN Breakfast.

Julian Assange: B’jour Fran. Content de vous voir.

FK: Julian Assange, pourquoi êtes vous entré à l’ambassade de l’Équateur?

JA: Bien, je viens de remarquer, dans votre introduction, Fran, que vous avez dit « une tentative spectaculaire d’éviter une extradition vers la Suède »…

FK: Pour éviter une extradition vers la Suède pour répondre aux questions?

JA: Ouais, et c’est… je ne sais pas d’où vous tenez ça. Nous n’avons jamais dit que c’était le cas, et ce n’est tout simplement pas le cas. Le problème est qu’il y a une très sérieuse question avec les US, et une annonce a été faite par les Suédois, le gouvernement Suédois, comme quoi je serais emprisonné, sans mise en examen, en Suède, immédiatement après mon extradition. Ils ont tenté de faire annuler les 14 jours que j’avais ici pour faire appel à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Ainsi mes possibilités de faire jouer mon droit d’asile une fois aux US étaient  dans une impasse. Et ce n’est pas une question d’extradition ultérieure depuis la Suède vers les US. La situation ici pour moi, au Royaume-Uni, a été extrêmement précaire. Et le refus de la procureure Suédoise a conduit à un souci technique… le refus de la procureure Suédoise de venir au Royaume-Uni pendant les 18 derniers mois, bien que ce soit une procédure parfaitement normale, et son refus de s’expliquer devant les Tribunaux Britanniques m’a pris au piège au Royaume-Uni, alors que les États-Unis ont préparé un procès contre moi. Nous avons maintenant des renseignements, des documents publics, comme quoi les fichiers du FBI sur ce procès en préparation remplit maintenant 48135 pages.

FK: Bon, nous allons décomposer ceci un peu, juste pour être complètement précis Julian. Oui, j’ai bien dit que vous aviez demandé l’asile politique en Équateur pour éviter l’extradition. Ce que vous dites est que vous l’avez fait parce que le gouvernement suédois avait fait une tentative de tronquer votre liberté restreinte comme elle l’est déjà au Royaume-Uni, mais que vous n’êtes pas prêt à aller en Suède selon les conditions que vous croyez que vous auriez là-bas. C’est ça que vous dites?

JA: C’est vrai. Ma capacité à exercer un droit d’asile serait à sa fin, et même ma capacité pour exercer les droits d’appel serait effectivement terminée parce que les Suédois ont annoncé publiquement qu’ils me retiendraient en prison sans inculpation pendant qu’ils continuaient leur soi-disant enquête, sans inculpation. Donc nous avions entendu dire que les Equatoriens avaient une réaction positive à propos de mes luttes et des luttes de l’organisation avec les États-Unis. Et la capacité d’exercer cette option était arrivée à sa fin effective, et nous avons eu les nouvelles étonnantes que le Crown Prosecution Service ici s’est soudainement opposé aux 14 jours que nous étions censés avoir à déposer un appel de l’UE et ont demandé pour zéro jours.

FK: Bien, je vais revenir à ces questions plus importantes. Mais juste dans le court terme, les gens – je pense – sont très intéressés par quelles indications vous recevez à partir des Equatoriens là en termes de succès de cette demande d’asile politique.

JA: Hé bien, les Equatoriens semblent assez m’accorder leur soutien. J’ai vu que l’ambassadeur de l’Équateur en Australie a fait des commentaires positifs. L’Équateur, en 2010, a suggéré que peut-être je pourrais y aller et me voir accorder le droit d’y résider. Donc ils ont une attitude bienveillante depuis assez longtemps. Donc nous espérons que la demande d’asile sera examinée favorablement. Maintenant, il nous faut rassembler des genres de preuves de ce qui se passerait aux US et les soumettre avec une demande d’asile formelle. Il y a des équatoriens hors de l’ambassade, ensemble avec des Londoniens, qui manifestent dans la rue, demandant que l’Équateur accepte la demande d’asile.

FK: Vous avez une idée du temps que ça va prendre?

JA: Nous n’avons aucune indication là-dessus.

FK: Quand c’est arrivé, cela a pris tout le monde par surprise, y compris beaucoup de vos supporters, et pour beaucoup de gens, je crois, cela vous a fait apparaître plus coupable, cela fait croire que vous êtes en fuite, essayant désespérément d’éviter les questions sur ces allégations d’agression sexuelle.

JA: Bon, cette procureure Suédoise, si son intention est réellement de procéder aux investigations techniques de cette affaire, elle est parfaitement habilitée à venir à l’ambassade, les Equatoriens ont dit qu’elle pouvait venir, elle pourrait décrocher son téléphone, comme elle aurait pu le faire tout au long des derniers 18 mois, si c’est réellement ça qui lui tient à coeur.

FK: Et avez-vous eu des conseils juridiques suggérant que vous pourriez demander asile dans un autre pays, en plus de l’Équateur?

JA: J’ai parlé à différents juristes de la situation. Mais en relation avec le système des cautions, et les autres supporters, et à cause des contraintes légales ici, et pour leur propre sécurité, je n’ai pas pu leur en parler avant que je doive le faire.

FK: Donc, votre position est que vous ne croyez pas que les preuves suggèrent que les Suédois veulent réellement vous avoir chez eux pour vous poser des questions, parce qu’ils auraient pu venir en Grande-Bretagne pour vous interroger, et cela a été votre position tout le temps. Donc, vous êtes plus inquiet, dites-vous, par ce qui pourrait se passer aux US. Qu’est ce qui vous inquiète autant avec les américains, alors qu’ils ont dit à plusieurs reprises qu’ils n’ont aucune intention de vous extrader?

JA: Bon, ils sont très très prudents dans leurs mots, Fran. Ils ont maintenant un fichier du FBI de 48135 pages, il y a des déclarations officielles, produites devant un tribunal au cours de l’accusation de Bradley Manning, la prochaine date qui est lundi, disant que les fondateurs et les dirigeants de WikiLeaks sont parmi les sujets étudiés par le grand jury, lequel poursuit ses travaux depuis 2010. Leurs déclarations prudentes font voir que le Ministère de la Justice n’est pas capable de confirmer formellement ou de nier l’existence du grand jury, ce qui est la politique de tous les grands jurys. Mais il y a des citations à comparaître, de partout, il y a des témoins qui ont rendu public le fait qu’ils ont été amenés devant le grand jury, nous avons reçu des assignations, et elles mentionnent mon nom, dans les derniers mois, des gens ont été retenus dans des aéroports US par des fonctionnaires US et interrogés par le FBI, on leur a posé des questions sur moi et sur l’organisation, on leur a demandé de devenir des informateurs… Un de ceux qui l’a rendu public est un militant important de la liberté d’expression en France, Jérémie Zimmermann, et l’autre, Smári McCarthy qui a travaillé avec moi en Islande. Il y a une forte investigation en cours. Et ça, c’était il y a deux semaines.

FK: Il est six heures et quart sur Breakfast, notre invité ce matin est Julian Assange. Il est actuellement dans l’ambassade de l’Équateur à Londres, où il est arrivé il y a trois jours en demandant l’asile politique. En termes de déclaration publique, le gouvernement Australien dit qu’ils n’ont reçu aucune indication comme quoi les US demanderaient votre extradition depuis la Suède, si vous étiez amené là-bas. Puis-je vous faire écouter, nous avons parlé avec l’attorney général Nicola Roxon de ce sujet hier, écoutons ce qu’elle dit.

Nicola Roxon (enregistrement): Nous avons, je me suis fait clair que j’ai fait des représentations… [Kelly: Et la réponse a été?] Permettez-moi de dire à vos auditeurs pour qui ces représentations ont été faites – car il ne s’agit pas seulement de l’ambassadeur – le ministre de la Sécurité intérieure, le sous-procureur général des États-Unis; nous n’avons de toutes ces conversations aucune indication disant qu’ils sont sur le point de prendre des mesures, et nous avons également dit que nous ne croyons pas, ayant maintenant pris conseil auprès de la police fédérale, que nous avons aucune preuve que M. Assange ait commis une infraction qui serait contraire à la loi Australienne.

FK: Voilà donc la procureur général Nicola Roxon qui nous parlait hier, aucune indication que les Américains sont sur le point de prendre des mesures juridiques. Cela ne vous rassure pas? Et c’est ce que le gouvernement Australien vous dit?

JA: Mais ils sont en train d’intenter des poursuites judiciaires. Il y a eu neuf procureurs qui travaillent dans cette affaire, la preuve est partout, ils ont délivré des assignations à nos fournisseurs de services d’Internet (ISPs), aux gens que j’ai rencontrés, etc. C’est une question de déclaration publique. Ils prennent des mesures juridiques. Ils ont pris des mesures contre Twitter. Nous avons lutté contre un cas juridique dans le domaine public en ce qui concerne les assignations de Twitter depuis plus d’un an maintenant, il implique l’ACLU (L’Union américaine pour les libertés civiles), etc, etc. Donc, ils jouent avec les mots ici. Le jeu sur lequel ils jouent, c’est que le grand jury doit arriver à une conclusion. Sur la conclusion du processus du grand jury, ils… Le grand jury est un dispositif, un dispositif judiciaire, si vous voulez – il ne semble pas faire partie de l’exécutif – et donc ils peuvent dire qu’ils ne vont pas m’extrader, parce que le grand jury n’a pas encore conclu. Sur la conclusion du grand jury, le Ministère de la Justice prendra les inculpations du grand jury et poursuivra l’affaire. Ils sont certainement en train de dépenser des grandes quantités de ressources; je veux dire, juste aujourd’hui, il a été découvert qu’un contrat lancé par le Ministère de la Justice de un à deux millions de dollars pour maintenir les systèmes informatiques de WikiLeaks, que le Ministère de la Justice est en cours d’exécution – un à deux million de dollars contractés à MANTEC comme une question de déclaration publique, a été découvert juste aujourd’hui.

FK: Bien, vous êtes clairement inquiet, ce qui est compréhensible si vous pensez que les US préparent cet accord d’extradition à votre encontre. Par conséquent, votre futur est vraiment laissé en suspens, vous attendez de savoir si le gouvernement équatorien va vous accorder sa protection. Vous sentez-vous encerclé? Parce que la police Britannique a dit que si vous posiez le pied hors de l’ambassade, vous seriez arrêté.

JA: Bien, il y a, je crois, une question importante, c’est pourquoi ne suis-je pas à l’ambassade d’Australie?

FK: Pourquoi n’avez vous pas cherché refuge à l’ambassade d’Australie?

JA: Parce que, Nicola Roxon, après des demandes très raisonnables faites par ma juriste Jennifer Robinson au cours d’une réunion d’une demi-heure avec elle, suivies de demandes non moins raisonnables faites par l’un des plus célèbres juriste des Droits de l’Homme qui me représente au Royaume-Uni Garreth Pierce, où il lui a été demandé de poser de toutes simples questions aux Suédois – du genre, si j’étais emprisonné aux US est-ce que je pourrais effectuer ma sentence en Australie, eh bien, elle a refusé toutes ces demandes. Elle a refusé de consulter les US sur l’extradition, refusé de s’impliquer dans aucune de ces discussions, refusé de demander aux Suédois de venir régler cette affaire en venant simplement me parler au Royaume-Uni, etc. Ainsi, il y a eu une vraie déclaration d’abandon ; ce n’est pas une simple question de préoccupation en vertu de laquelle le gouvernement australien, représenté par le procureur général, demanderait aux autres gouvernements d’être raisonnable ou juste, dans ce cas.

FK: Là encore, j’ai posé la question hier au procureur général. Voulez-vous l’écouter? Ecoutons sa réponse.

Nicola Roxon (enregistrement): Je réfute totalement qu’il ait été abandonné par le gouvernement. Nous lui avons offert notre soutien à travers les services consulaires et nous avons fait des communications auprès du gouvernement Britannique, du gouvernement Suédois, et du gouvernement Américain.

FK: C’est ce que le procureur général a dit hier sur le sujet… et le gouvernement a aussi dit que vous aviez reçu plus ou moins autant de soutien consulaire que n’importe qui d’autre dans des affaires comme celle-là.

JA: Ça ne se passe pas du tout comme ça, et tout le monde le sait. Mais vous savez, peut-être que c’est lié avec ce cas récent en Lybie, peut-être que c’est vrai au fond. Le gouvernement Australien, tout simplement, ne soutient pas ses ressortissants. Il y a un journaliste, Austin Mackell, qui a été arrêté en Égypte et on lui a fait les mêmes reproches que moi. Ce sont des mots vides de sens. Quand vous entendez ces mots « assistance consulaire »… Je n’ai rencontré personne de la Haute Commission Australienne depuis Décembre 2010. De quoi parlent-ils?

FK: Alors, vous n’avez eu aucun contact consulaire avec la Haute Commission Australienne depuis 2010?

JA: Bon, ils envoient des SMS. « M. Assange a-t-il des préoccupations? ». Mais nous savons que c’est juste pour pouvoir restituer une activité. Et oui, nous avons formellement fait part de nos préoccupations au procureur général et la réponse a été un rejet, dans tous les domaines.

FK: Avez-vous formellement eu recours au gouvernement Australien, pour leur demander de chercher à obtenir l’assurance des US à propos de n’importe quel plan d’extradition à votre égard, et quelles ont été les réponses?

JA: Oui, nous avons formellement déposé des requêtes auprès de Nicola Roxon et du DFAT (Le ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce) pour qu’ils demandent aux États-Unis… Je ne me souviens pas des termes exacts, mais cela portait par exemple sur les accords de transfert de prisonniers, etc. Et elle a tout rejeté, dans tous les domaines. C’est à rapprocher de la rhétorique prétendument sensée qui est utilisée en ce moment, quand ils disent qu’il n’y a pas… »nous n’avons pas obtenu de preuve que les États-Unis ont planifié d’extradition » – naturellement non. Actuellement l’affaire est devant le grand jury, et jusqu’à ce qu’elle soit traitée par lui, il n’y aura pas de preuve apportée. Et quand vous regardez les autres questions de Gillard, par exemple, avec la question suivante… Pardon pardon, au Ministre des Affaires Étrangères : « Y a-t-il une indication ou une preuve que les US essayeront d’extrader M. Assange? » et le ministre répond « oh non, non, bien sûr que non ». Question suivante « Avez-vous demandé une preuve? ». Non!

FK: Bien, Julian Assange, voyons ce qui vous attend. Si l’Équateur ne vous accorde pas l’asile, quel est le plan B?

JA: Bien, nous sommes en position d’attirer l’attention sur ce qui se passe. Vous savez, le Ministère de la Justice des États-Unis joue à un petit jeu, qui est de refuser de confirmer ou de nier l’existence d’un grand jury. Et en conséquence de ça, la presse suit. »Oh bon, ils ne confirment pas, donc on ne peut réellement pas en parler ». Ce n’est pas vrai. Il y a des comptes-rendus partout, il y a des témoins partout, il y a des témoignages devant les juridictions militaires sur l’existence de ce qui figure dans ces 48000 pages, et que les fondateurs et dirigeants de WikiLeaks sont parmi les sujets abordés. Donc nous espérons que ce que je fais maintenant attirera l’attention sur ce qui se passe en coulisses. Dans un cas où la vérité est de votre côté, ce qui vous nuit le plus est l’absence d’investigation. Donc vous voyez, j’appelle de mes voeux à des investigations. Les gens devraient aller sur http://justice4assange.com/ et ils pourront se renseigner et lire sur quelques-uns de ces faits. De bons journalistes en Australie, Comme Philip Dorling qui a été héroïque dans son exploration du trafic FOI (la liberté d’information) entre l’Australie et les US, montrent également qu’il y a là des faits sérieux, et qu’ils sont cachés par des figures de rhétorique vaseuses de la part de l’ambassadeur US en Australie, de la part de Gillard, et de la part du Ministre des Affaires Étrangères. Et il faut que ça cesse.

FK: Est-ce que ce sont les investigations qui vous préoccupent réellement, plutôt que l’éventualité d’une vie et d’un futur en Équateur? Qu’est-ce qui se passe si on vous accorde l’asile politique? Et aussi, je reviens à ma question initiale, pensez-vous qu’on vous laissera faire ça, avec la police Britannique qui menace de vous appréhender dès que vous mettrez un pied hors de l’ambassade?

JA: Hé bien, une vie en Équateur, …je veux dire, ce sont des gens amicaux et généreux, c’est beaucoup mieux qu’une vie derrière des barreaux aux États-Unis, sous des restrictions SAMS qui sont des restrictions comparables à celles de Guantanamo Bay, qu’ils appliquent habituellement aux gens qui sont accusés d’espionnage. Vous ne pouvez pas parler, vous ne pouvez pas communiquer parce que vous pourriez donner un mot de passe ou quelque chose comme ça. Et ce sont des mesures de sécurité de routine, applicables pour tous ces types de cas.

FK: Et en termes d’une vie en Équateur, parmi des personnes qui sont plus qu’amicaux – cela ne fait aucun doute qu’ils le sont – mais le système judiciaire de l’Équateur et les informations que l’on a sur la liberté d’expression ont été critiqués par Human Rights Watch, Reporters sans Frontières, Amnesty International… Vous savez, il semble ironique, vraiment, que vous, le fondateur de WikiLeaks, soyez en quête de protection dans un pays qui est critiqué comme limitant la liberté d’expression.

JA: Bien, ces questions sur la liberté d’expression ne sont probablement pas pires qu’au Royaume-Uni. Je veux dire, c’est un pays avec des centaines d’ordres de bâillons, donc mettons les choses en perspective. Je veux dire, j’aimerais bien militer pour les droits des journalistes en Équateur.

FK: Pensez-vous que vous aurez la liberté de faire ça? Je veux dire Human Right Watch dit que des journalistes ont été emprisonnés pour avoir fait ça.

JA: Bon, écoutez, Human Rights Watch est basé à New York. L’Équateur a un souci avec Chevron qui est une compagnie Américaine, et tout ça. Il y a pas mal de prises de bec entre les US et l’Équateur, ce qui est une des raisons pour lesquelles l’Équateur, je suppose, serait heureux de m’accorder l’asile, parce qu’ils comprennent la difficulté à se cadrer avec les États-Unis.

FK: Julian Assange, merci beaucoup de nous avoir rejoints pour notre émission Breakfast.

JA: Merci Fran. Au revoir.

FK: Julian Assange est le fondateur de WikiLeaks. Il a actuellement trouvé refuge, cherché refuge, à l’ambassade de l’Équateur à Londres, où il a fait une demande d’asile politique, et il attend comme nous l’avons entendu, la décision de l’Equateur. Et pendant qu’il attend, le monde regarde.

Source: http://wlcentral.org/node/2676

Traduit sur WikiLeaks par Irien et Arduenna Silva

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