A écouter: Chris Hedges interviewe Julian Assange

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Posté le 5 mai 2013

Dans ces extraits audio de leur longue conversation à l’ambassade d’Equateur, Chris Hedges interroge Julian Assange au sujet de la stratégie juridique et les pensées du fondateur de WikiLeaks sur le Pfc. Bradley Manning.

Pour en savoir plus, y compris le commentaire approfondi de Hedges sur leur conversation, une chronologie interactive, des ressources et une illustration originale de M. Fish, visitez ce lien relatif.

Edition audio par Brittany Knotts. Transcription par Lucy Berbeo.

Interview, partie 1 (télécharger l’audio 1): Chris Hedges parle avec Julian Assange des stratégies légales de ses opposants.

Chris Hedges: Alors, qu’est-ce que vous, quand vous regardez tout ce genre de, vous savez, tout ce mouvement, que pensez-vous qu’ils essaient de faire? Comment veulent-ils essayer de vous faire sortir d’ici?

Julian Assange: Je pense que c’est un vrai désordre. Je ne pense pas qu’ils ont — il y a tellement de parties différentes avec des intérêts différents. C’est un vrai désordre. Le Royaume-Uni veut s’en dégager, mais il ne veut pas perdre son prestige par rapport à l’Equateur. La situation en Suède devient si difficile maintenant que… La Suède ne sera jamais contre les Etats-Unis. Aucun pays — ni le Royaume-Uni, ni la Suède, ne seront jamais contre les Etats-Unis. Mais dans ce cadre, la situation est si difficile maintenant en Suède —

CH: Que voulez-vous dire par si difficile?

JA: Politiquement, c’est — le chef de la Cour Suprême suédoise est sorti et a dit que l’affaire est un vrai désordre.

CH: Avez-vous eu aucun élément indiquant que les Américains ont essayé de manipuler l’affaire en Suède?

JA: Ils n’en ont pas besoin. … Nous avons quelques éléments. Le [L’] ambassadeur US d’alors, Louis Susman, a dit au début de 2011 qu’ils attendent l’après-affaire suédoise. The Independent [le journal] —

CH: Qu’ils attendent quoi?

JA: Quel est l’intérêt des Etats-Unis dans cette affaire? Il s’agit de mon extradition. Il ne l’a pas dit, mais c’est le contexte évident.

Assistante d’Assange: L’ambassadeur US du Royaume-Uni a donc dit, en début de —

JA: 2011

Assistante d’Assange: … début 2011, que les Etats-Unis attendaient de voir ce qui arrive avec l’affaire en Suède.

Michael Ratner, avocat d’Assange: Ils ne feraient pas les procédures en même temps, car alors il y aurait deux extraditions en concurrence — et alors, ils attendront jusqu’à —

CH: Oh, je vois. OK, je comprends.

JA: Sinon, il y en aurait eu un en attente, et l’autre serait venu, et alors le ministre de l’intérieur aurait eu comme sort de prendre une décision, une décision de cour révisable, une décision politiquement révisable, pour échanger le précédent avec ceux-ci.

MR: Donc ce qu’ils feraient, s’ils devaient le faire effectivement, si Julian avait gagné le recours contre l’extradition, ils seraient probablement à ce moment en train de déposer une demande d’extradition à la cour britannique.

JA: Oui, ou les droits à… si je vais en Suède. C’est donc ce qu’a dit l’ambassadeur, et également ce qu’a dit le correspondant diplomatique de The Independent à la fin de 2010, qu’il y avait déjà des discussions informelles entre la Suède et les Etats-Unis.

Assistante d’Assange: Le jour après, le jour après où tu es allé en prison.

JA: Oui.

CH: Des discussions informelles entre la Suède et les Etats-Unis. Donc vous — vous extrader en Suède et ensuite —

JA: Et les détails étaient que, je pense que dans cela il a dit que ce serait au terme, que ce serait à la fin de l’affaire suédoise. Et alors aux Etats-Unis, où je pense que l’équation politique est la plus intéressante. Vous avez des procureurs dans l’affaire [Pfc. Bradley] Manning qui sont clairement en train de se préparer pour un musical de Broadway long de 12 semaines, où ils ont leur diva étoile, qui est le mec de la Navy SEAL, et ils vont le faire chanter. Et c’est une si grosse machine — 141 témoins qu’ils ont énumérés pour la poursuite judiciaire. Et l’enquête du grand jury a été une si grosse entreprise; je veux dire, tellement de gens, tellement d’enregistrements, toutes sortes d’affaires devant les tribunaux à ce sujet; des choses n’ayant pas de rapport avec cela. L’EPIC [Electronic Privacy Information Center, ou Centre d’Information de la Vie Privée Electronique] a une affaire judiciaire en relation avec le FOI [Freedom of Information, ou Liberté de l’Information], ce qui est une information très intéressante, d’ailleurs, sur –

MR: Vous connaissez tout sur l’EPIC?

CH: Non.

JA: C’est une ONG située à Washington, l’Electronic Privacy Information Center [Centre d’Information de la Vie Privée Electronique]. Une sorte d’ACLU [American Civil Liberties Union] pour la vie privée. Et alors ils ont demandé tous les dossiers du FBI et du DOJ [Department Of Justice] concernant les listes des supporters de WikiLeaks. Ils font une attaque sous le principe des droits associatifs… Il y a eu une interférence, une potentielle interférence avec les droits associatifs. Mais de toute manière, dans le litige de cette affaire, la façon dont le FBI et le DOJ [Department Of Justice, Ministère de la Justice] défendent la chose, nous avons ces catégories de documents, et nous comptons le nombre de documents dans chaque classe, et ils forment des sortes de sections, comme la section du Ministère de la Justice qui a à voir avec l’extradition — c’est un point intéressant. Quoi qu’il en soit, vous pouvez voir qu’il y a vraiment une très grosse machine. Il y a, vous le savez, plus d’une douzaine de départements américains fortement impliqués. Mais cette machine est maintenant très difficile à arrêter, dans la mesure où il y a déjà des budgets prédéfinis. Par exemple, il y a eu un appel d’offres lancé par le Ministère de la Justice il y a environ un an pour un système informatique de gestion de l’affaire WikiLeaks. L’appel d’offres était de 1 à 2 millions de dollars pour ce système informatique, juste pour regarder les documents. Il y a toutes sortes d’intérêts professionnels de la part des procureurs, du FBI, et cetera, en gardant cette grosse affaire en marche. Ils veulent, vous savez, marquer des points. Maintenant, au niveau des avocats supérieurs, euh Eric Holder. En fait… en descendant juste d’un degré, Neil MacBride.

MR: Vous savez qui c’est?

JA: Le DA [Deputy Attorney, ou Procureur Adjoint] du Massachussets est devenu —

MR: Non, non. Neil MacBride, juste pour que vous le sachiez, c’est le procureur, le procureur américain pour le District Est de Virginie. … C’est un procureur fédéral américain.

JA: C’est celui qui est responsable des poursuites en matière de sécurité nationale et, en particulier, de la plupart des poursuites extraterritoriales des Etats-Unis. Il y avait un article hagiographique paru dans le Washington Post à son sujet, il y a peut-être quatre mois; cela vaut vraiment la peine de le lire pour comprendre l’aspect géopolitique de la partie juridique de l’affaire, que je n’avais en quelque sorte pas réalisé avant, mais il y a une sorte de combat juridique asymétrique qui se déroule au niveau de la loi américaine, pour appliquer le droit américain à autant de juridictions que possible. Et si vous avez le contrôle sur l’utilisation de la force dans une juridiction étrangère, cette juridiction fait partie par définition de votre Etat. Donc, il est impliqué dans ce projet d’amener le plus grand nombre possible d’Etats sous la loi américaine et de les remettre en route. Cet article dit qu’il y a quelque chose comme 60 territoires où ils arrêtent les gens et où ils les poursuivent à Alexandria, en Virginie. Il est également chargé de l’affaire Kim Dotcom.

JA: Il y a donc la question de savoir s’il existe déjà un acte d’accusation secret. S’il y a un acte d’accusation secret, nous le croyons à cause des nombreuses preuves à travers les fuites, mais surtout à cause du comportement du Ministère de la Justice et de Neil MacBride, et à travers les questions, qu’il existe un acte d’accusation secret.

CH: Qu’est-ce que cela veut dire, un acte d’accusation secret? En termes de, par exemple —

MR: S’il y a une mise en accusation et qu’ils ne donnent pas d’avis public à ce sujet —

CH: Pourquoi ne le feraient-ils pas?

MR: Eh bien, parce que dans ce cas, la personne est —

JA: C’est normal.

MR: Oui, c’est normal, si la personne est en dehors du pays —

JA: La personne n’a pas encore été arrêtée.

MR: Ils ne veulent pas télégraphier à cette personne, « vous avez été mis en examen. »

JA: Si la personne n’a pas encore été arrêtée, c’est normal. L’acte d’accusation est secret. Et aussi, du point de vue de la loi, c’est une infraction pénale pour tout responsable américain au courant de l’acte d’accusation secret de parler à toute personne, même à un autre responsable américain, de l’existence de l’acte d’accusation secret, sauf dans le cadre de l’exécution d’un mandat.

CH: Et pouvez-vous me dire s’il y a eu des indications publiques qui semblent faire allusion à l’existence d’un acte d’accusation secret?

JA: En vertu de leur propre procédure, si vous demandez « Êtes-vous un sujet, cible ou témoin d’une enquête du grand jury? », ils sont supposés vous le dire. Mais ils refusent de le faire.

MR: Vous ne pouvez pas aller au tribunal pour ça, mais leurs lignes de conduite disent —

JA: Leurs lignes de conduite disent —

CH: Si vous demandez donc est-ce que vous êtes un sujet, cible ou témoin du grand jury, ils devraient vous le dire.

JA: Ils sont supposés le faire. Les lignes de conduite, les principes de conduite des poursuites judiciaires sont qu’ils devraient vous le dire. Et ils refusent totalement de s’engager sur cette question.

CH: Vous leur avez posé la question?

JA: Oui, nous avons posé la question. Ils refusent de s’engager.

CH: Oh, c’est intéressant.

JA: Mais quand vous dites, « Avec qui devrions-nous parler à ce sujet? », ils disent « ce gars-là, ce gars-là » — vous savez, il y a un « gars » qui est chargé de répondre à cette question, mais il refuse de s’en mêler. Pourquoi? Eh bien, l’explication la plus simple est qu’il serait en violation de cette loi qui dit que vous ne le pouvez pas.

CH: Avez-vous une idée du moment où cet acte d’accusation secret a pu tomber?

JA: Il y a une fuite de Stratfor, qui était un mail interne de Stratfor, qui dit « merci de ne pas publier … il y a un acte d’accusation secret contre Assange. »

CH: Ah oui, je m’en souviens.

JA: Le vice-président.

CH: Je me souviens que —

JA: Il travaillait pour le Service de la Sécurité Diplomatique [des Etats-Unis], donc il a effectivement eu… d’autre part, c’est un gars qui est un peu rapide et imprécis avec les enregistrements, donc. …

CH: Avez-vous une idée du moment où cela est arrivé?

JA: Eh bien, si… cet email datait de 2011, début 2011. Quelqu’un a dit que, peut-être, ils avaient fait un acte d’accusation et qu’ils étaient tous prêts, parce que si je gagnais l’affaire ici, l’affaire d’extradition, alors ils avaient besoin d’agir rapidement. Ou bien il est possible qu’il s’agissait d’un projet de mise en accusation. Ils… ils ont toujours un projet de mise en accusation prêt à sortir au cas où ils en aient besoin. Alors peut-être que le projet de mise en accusation était toujours prêt à sortir et ils ne l’ont pas déposé avant la date prévue pour plus tard. Mais ce qui est très suspect, c’est que bien sûr, ils ont dit publiquement « l’enquête est en cours », mais ils refusent de suivre leur procédure et de confirmer mon statut, ce qui serait naturel s’il y avait un acte d’accusation secret.

Interview, partie 2 (télécharger l’audio 2): Julian Assange fait part de ses réflexions sur l’affaire Bradley Manning

Chris Hedges: Y a-t-il quelque chose qui vous a frappé, vous a surpris, dans la déclaration de Bradley Manning?

Julian Assange: Tout. [rires]

CH: Oh, vraiment? OK.

JA: Cela doit être ma réponse.

CH: Nous étions là-bas, et c’était très émouvant. Oh mon dieu, c’était tellement émouvant. Ca vous brisait le coeur. C’était vraiment —

Michael Ratner, avocat d’Assange: Incroyable.

CH: Oui, ça l’était vraiment. Et il était si posé.

MR: Oh, c’était remarquable!

CH: C’était vraiment remarquable, articulé.

JA: Je pensais que les médias traditionnels… ce que j’appelle — j’utilise différentes expressions pour cette bête. Je pense que cette semaine, je suis dans les « vieux médias ». La façon dont les vieux médias ont dressé son portrait consistait à lui enlever toutes les qualités héroïques. Et une qualité héroïque consiste à décider de faire quelque chose, contrairement à ce qui est une expression inconsciente et irraisonnée de la folie ou de la frustration sexuelle, ou quoi que ce soit d’autre. Personne ne peut vous suivre — vous ne pouvez pas suivre les pas de quelqu’un, à moins que la personne que vous suivez ait fait des choix, et vous pourriez peut-être —si elles [ces personnes] ont fait des choix et si elles ont accompli certaines choses, alors vous pourriez être en mesure également de choisir de faire la même chose. Mais si vous avez fait des choses parce que vous étiez un homosexuel fou, et personne ne peut choisir d’être un homosexuel fou. Alors, ils l’ont dépouillé — ils ont voulu le dépouiller de tout son raffinement.

CH: Vous savez, je sais très bien —

JA: Vous pourriez dire, regardez, c’est un événement rare. Pourquoi un événement rare se produit? Eh bien, que savons-nous? La plupart des gens ne sont pas capables de faire ça. Disons que peu importe qui était cette personne, si l’idée est que c’est Bradley Manning, alors que savons-nous au sujet de Bradley Manning? Nous savons qu’il a remporté trois prix scientifiques, autrement dit nous savons que ce mec est brillant. Nous savons qu’il était intéressé par la politique très jeune, et il était éloquent et franc, et il n’aimait pas le mensonge. Et nous savons qu’il était préoccupé par l’état du monde. Et nous savons qu’il était doué dans son travail d’analyste du renseignement. Et ces choses suggèrent que si vous allez dire, quoi, soyez prudent, que la combinaison des capacités et des motivations qui pourraient causer une action, alors voici les talents et les vertus qui pourraient perceptiblement donner lieu au phénomène. Mais au lieu de cela, les gens vont… ils regardent tout le, vous savez, ils disent: « Oh, c’est un homosexuel, c’est la réponse. » Dix pour cent, 10 pour cent de l’armée américaine sont des homosexuels; au moins 50 pour cent sont de familles brisées. OK? Vous prenez ces deux facteurs ensemble, ce qui vous ramène à 5 pour cent, on va dire; un pouvoir très instructif, il y a 5 millions de personnes avec des habilitations actives de sécurité, donc cela vous ramène à combien, 25? Non, cela vous ramène à 250 000 personnes. Vous devez maintenant descendre de 250 000 à un seul.

CH: Eh bien, disons que la manière la plus simple de survivre dans les médias, c’est d’adopter le stéréotype dominant et de courir avec, et si vous contestez le stéréotype — je parle juste comme quelqu’un qui a été à l’intérieur de cette organisation — vous, en tant que journaliste, vous allez prendre beaucoup de merde de vos éditeurs, mais surtout celle des autres journalistes qui colportent cette merde. Et ainsi c’est devenu, ils ont très habilement créé une sorte de fausse personnalité, complètement fausse, évidemment.

JA: C’est cette Côte Est — je pense que tout comme Freud est entré dans la Côte Est [rires] des Etats-Unis, ensuite ils ont commencé à travailler avec les fils et les filles des gens riches qui étaient perturbés. Et ensuite c’est devenu une icône de prestige d’avoir un psychiatre. Je veux dire, combien c’est absurde, combien c’est absurde que pour être une personne ayant correctement réussi, sur la Côte Est des Etats-Unis, en tant que femme, vous devez avoir un psychiatre, et en tant qu’homme, vous devez avoir un avocat?

Source: http://www.truthdig.com/avbooth/item/listen_chris_hedges_interviews_julian_assange_20130505/

Révélation : Canberra a partagé des renseignements sur Assange avec Washington pendant deux ans

Julian Assange / Photo AP

Par Philip Dorling, le 18 octobre 2012

L’éditeur de WikiLeaks a aussi fait l’objet de rapports de renseignements australiens depuis Washington peu de temps avant qu’il ne cherche l’asile politique à l’Ambassade londonienne de l’Equateur.

Dans une décision hier tenant à la liberté de l’information, les Affaires Etrangères ont confirmé à Fairfax Media l’existence d’un rapport de renseignement concernant WikiLeaks et M. Assange, câblé à Canberra depuis l’Ambassade australienne à Washington, le 1er juin.

M. Assange, qui était en échec dans son combat juridique pour éviter l’extradition du Royaume-Uni vers la Suède pour y répondre à un interrogatoire portant sur des accusations d’agression sexuelle, chercha l’asile politique à l’Ambassade équatorienne de Londres 18 jours plus tard.

Le ministère a également confirmé que les échanges de renseignements entre l’Australie et les USA autour de WikiLeaks remontent à plus de deux ans, en révélant l’existence de deux rapports de renseignement envoyés depuis Washington vers Canberra les 4 et 25 août 2010, dans les suites immédiates de la publication par le site de lanceurs d’alerte de rapports militaires US secrets sur la guerre en Afghanistan.

Les câbles diplomatiques secrets, à Washington, n’ont pas été publiés parce qu’ils sont des « documents d’agence de renseignements », et par conséquent exempts de divulgation sous les lois de liberté de l’information.

Toutes les agences de renseignements australiennes sont représentées à l’Ambassade de Washington et sont en liaison étroite avec leurs homologues US.

Un câble diplomatique australien récemment publiédémontre que l’Ambassade de Washington a bel et bien reçu des informations confidentielles concernant l’implication du FBI dans des enquêtes ciblant WikiLeaks aussi tôt que le 29 ou le 30 juillet 2010

Toutefois les détails de cet échange oint été édités par le Ministère des Affaires Etrangères pour la raison que la divulgation « d’évaluations ou de commentaires de la part d’officiels étrangers » nuirait aux relations internationales de l’Australie.

D’autres câbles diplomatiques australiens publiés précédemment à Fairfax Media révèlent qu’en décembre 2010 l’Ambassade confirmait que le Ministère de la Justice US menait une « enquête active et vigoureuse pour voir si Julian Assange pouvait être accusé selon la loi US, très probablement l’Espionage Act de 1917. »

Des officiels US ont dit à l’Ambassade que « l’affaire WikiLeaks est sans précédent, à la fois dans son étendue et dans sa nature. »

Dans un autre document publié par les Affaires Etrangères (australiennes, ndt), l’ancien ministre des Affaires Etrangères Kevin Rudd écrivait le 15 novembre 2011, qu’il cherchait l’opinion de l’ancien ministre de la Justice Robert McClelland sur des rapports selon lesquels « la meilleure voie vers une accusation réussie serait de démontrer que M. Assange avait agi comme co-conjuré – sollicitant, encourageant ou assistant Bradley Manning (le soldat US qui a divulgué les « War Logs », ndt), pour obtenir et ensuite fournir les documents. »

Le ministre des Affaires Etrangères (actuel, ndt) Bob Carr a systématiquement nié toute connaissance d’une quelconque intention de Washington de porter une accusation à l’encontre de M. Assange, affirmant en juin : « Je n’ai reçu aucun indice qu’ils aient le projet de l’extrader vers les USA… Je m’attendrais plutôt à ce que les USA ne veuillent pas y toucher. »

La dernière divulgation d’information faite à Fairfax Media montre que des diplomates australiens ont continué à assister et commenter en détail les procédures d’avant-procès auxquelles est soumis Bradley Manning qui est confronté à 22 charges différentes en relation à la divulgation présumée à WikiLeaks d’informations confidentielles et, de par ces divulgations, d’avoir « aidé l’ennemi », une accusation pouvant déboucher sur une peine de réclusion à perpétuité.

Le 20 juin, l’Ambassade de Washington a rapporté l’échec de l’équipe de défense de Manning à obtenir l’accès aux minutes du grand jury fédéral US présumé engagé dans l’enquête du ministère de la Justice pour espionnage et délits associés en relation avec l’obtention par WikiLeaks de documents classés confidentiels.

Cependant des informations connexes « sensibles » du rapport de l’Ambassade ont été éditées, une fois de plus sous prétexte que leur divulgation publique nuirait aux relations de l’Australie avec les USA.

Le président de l’Equateur Rafael Correa a accordé l’asile politique à M. Assange le 16 août, affirmant que si M. Assange était extradé en Suède il courrait le risque d’une extradition supplémentaire aux USA pour y répondre d’accusations d’espionnage ou de conspiration.

Des discussions entre le ministre britannique des Affaires Etrangères William Haig et son homologue équatorien Ricardo Patino, à New York le 27 septembre, n’ont pas permis de briser l’impasse diplomatique et juridique autour du statut de M. Assange.

Le gouvernement britannique dit qu’il est légalement tenu d’extrader Assange vers la Suède, et qu’il ne lui permettra pas de quitter l’Ambassade équatorienne pour voyager vers ce pays latino-américain.

Lien vers l’article original : http://www.theage.com.au/opinion/political-news/revealed-canberra-sh

traduit depuis le web par willsummer

WikiLeaks: La guerre bancaire avec des géants – Entretien avec Kristinn Hrafnsson

Par John Robles, 6 août 2012

WikiLeaks s’efforce d’emmener les grandes puissances financières en procès et de les faire payer une compensation pour les immenses dommages qu’ils ont causés. Dans un entretien avec « The Voice of Russia », le porte-parole officiel de WikiLeaks Kristinn Hrafnsson affirme que c’est pour le salut de toutes les autres organisations comprenant des médias qui pourraient être confrontées à un tel blocus. Il parle également des Syria Files et d’Assange attendant une réponse équatorienne une fois que les Jeux Olympiques seront terminés.

Pouvez-vous un peu renseigner nos auditeurs sur la situation de WikiLeaks, avec la nouvelle diffusion et le scandale bancaire?

KH: Nous menons un grand combat sur beaucoup de fronts en ce moment. Bien sûr, nous surveillons à une certaine distance la tentative du gouvernement US de poursuivre des membres de WikiLeaks. Il est devenu apparent au cours des dernières semaines que ceci est une situation très très sérieuse. Des personnes ont été citées à comparaître devant un Gand Jury à Alexandria en Virginie, sur la base de possibles violations de l’Espionage Act de 1917 des États-Unis qui permet des peines allant jusqu’à la peine de mort.

Il a aussi été révélé que le FBI a rassemblé plus de 40.000 documents dans l’enquête sur WikiLeaks. Donc, nous sommes très inquiets des tendances ici et pensons que l’accusation formelle est imminente à l’encontre de Julian Assange et peut-être pour d’autres personnes associées à WikiLeaks. Vous avez mentionné, bien sûr, le blocus bancaire sur lequel nous avons mis un accent très fort, non seulement à cause de WikiLeaks, mais pour toutes les autres raisons. C’est la première fois que les principales puissances financières – MasterCard, Visa, PayPal, Western Union, Bank of America, – se sont liguées contre l’organisation qui se bat simplement pour la transparence et la responsabilité. Donc le blocus bancaire est un problème à prendre très au sérieux. Nous avons dépensé beaucoup de nos ressources et de temps à le combattre. Et maintenant nous voyons la première indication que ce combat va livrer un bon résultat. Il y a juste quelques semaines, nous avons gagné un procès à Reykjavik, en Islande, contre Valitor, qui est l’ex-Visa Iceland. Ce fut une décision judiciaire qui ouvrit la passerelle de traitement.  Ils ont fait appel de ce dossier et nous les confronterons devant la Cour Suprême islandaise.

WikiLeaks a ouvert une passerelle pour cartes de crédit en France par le système Carte Bleue pour transférer les donations. L’environnement légal en France est tel qu’il est extrêmement compliqué pour les géants basés aux USA de le fermer. Et s’ils essaient, nous avons des dossiers de plaintes en procès qui sont prêtes et nous les emmènerons en procès en France. Donc c’est toujours un cas ouvert. La possibilité est là pour faire des dons à WikiLeaks. Nous avons, bien sûr, d’autres procès en attente, un – au Danemark, cet automne, et en Angleterre, aux USA, en Australie et ailleurs.

Notre objectif est d’amener les géants en procès et de les faire payer des dommages et intérêts pour les immenses torts qu’ils ont causés à l’organisation. Mais laissez-moi souligner, ceci n’est pas seulement pour le salut de WikiLeaks, c’est pour la sauvegarde de toutes les autres organisations, même des organisations médiatiques qui pourraient faire face à de tels blocus. Il est extrêmement important de répliquer et d’arrêter ce processus ici et maintenant afin que nous ne voyions pas à l’avenir ces géants de la finance décider du sort de ceux qui vivent de ce secteur.

Pouvez-vous répondre à une question? Comment les États-Unis appliquent-ils une loi US telle que l’Espionage Act à des citoyens d’autres nations?

KH: Nous savons juste que des personnes ont été citées à comparaître sur les bases de cette loi. Quand la politique entre dans la partie, les lois peuvent être tordues. La manière dont ils vont essayer de l’appliquer à des citoyens d’autres nations suscite beaucoup d’inquiétudes. C’est au-delà de ma compréhension. Mais je suis sûr qu’ils vont essayer de trouver le moyen de le faire.

Pouvez-vous nous parler de votre dernière diffusion? Et je sais que vous avez été questionné à propos de Julian beaucoup, beaucoup de fois. Pouvez-vous dire à nos auditeurs quelque chose que vous pourriez savoir sur l’affaire?

KH: Pour ce qui est de votre question sur la diffusion actuelle, les Syria Files, c’est un lot de courriels concernant le gouvernement syrien éclairant non seulement les rouages internes du gouvernement syrien et des responsables, mais aussi sur le sujet de l’opposition en Syrie. Ce que nous, bien sûr, espérons avec cette diffusion, c’est que l’information apporte à la connaissance de la situation actuelle en Syrie qui est très grave et qu’elle puisse mener à une issue acceptable.

Vous m’avez demandé pour Julian Assange. Il est toujours dans l’ambassade équatorienne et attend la décision des autorités équatoriennes pour savoir s’ils acceptent sa demande d’asile politique en Équateur. Les autorités équatoriennes ont indiqué qu’elles attendraient après la fin des Jeux Olympiques pour donner leur réponse finale. Ils se sont servis de ce temps pour rassembler des informations sur les menaces imminentes des USA, sur l’affaire suédoise et sur la position des autorités du Royaume-Uni. Nous n’en connaissons donc pas l’issue, jusqu’à ce que les autorités équatoriennes soient prêtes à annoncer leur décision. Pour ce qui est de Julian – ce n’est évidemment pas une chose facile d’être enfermé à l’intérieur pendant des semaines, mais il tient plutôt bien le coup.

Une dernière question. Vous avez dit que des membres de WikiLeaks étaient ciblés par le gouvernement US.

KH: Sept individus – fondateurs et membres de WikiLeaks – font l’objet d’enquêtes par le FBI. Ceci a été révélé pendant une audience de l’affaire Bradley Manning. Nous n’avons pas davantage de détails sur leurs identités. Mais nous savons bien par contre que des personnes qui ont été associées à WikiLeaks même juste comme volontaires ou supporters, – ils ont été détenus, leurs ordinateurs ont été confisqués, etc. Alors c’est une situation extrêmement sérieuse.

Vous avez dit que le Grand Jury avait eu lieu.

KH: Nous avons la confirmation qu’il est en cours. Évidemment, c’est à huis clos, donc les seules informations qui en aient filtré proviennent de personnes qui y ont été citées à comparaître. Mais cela a été confirmé. C’est une partie archaïque de notre système qui ne peut que rester corrompue. Et il devrait apparaître étrange pour toute saine démocratie de garder des systèmes où ceux qui font l’objet d’enquêtes n’ont absolument aucune représentation et aucune possibilité de surveiller ce qui se fait.

Source: http://english.ruvr.ru/2012_08_06/WikiLeaks-banking-war-with-giants-interview-with-Kristinn-Hrafnsson/

Pour faire un don à WikiLeaks depuis la France: https://secure.fdn2.org/fdn2/nouser

Et ailleurs… (en anglais): http://shop.wikileaks.org/donate

Traduit depuis le web par willsummer

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