Washington aurait eu un rôle dans l’émergence des djihadistes de l’EIIL en Syrie

Le soutien américain à l’EIIL (sous-titres français)

Comme on l’apprend dans ce reportage de Russia Today, les djihadistes de l’EIIL qui ont récemment proclamé un Etat Islamique entre la Syrie et l’Irak auraient de puissants soutiens dans les pays du Golfe, mais ils auraient également reçu un entraînement militaire grâce au soutien des Etats-Unis qui les ont renforcé pour combattre et faire tomber le régime de Bachar al-Assad en Syrie. On y voit notamment une photo du sénateur américain John McCain posant aux côtés des membres de l’EIIL.

(Reportage commenté par la journaliste Marina Portnaya.)

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Dans un tribunal américain, les Irakiens accusent Blackwater de meurtres en 2007

Procès BLACKWATER aux Etats-UnisPhoto: Sarhan Deab Abdul Moniem quittant le tribunal mardi, après avoir témoigné dans le procès Blackwater

New York Times, par Matt Apuzzo, 25 juin 2014

Plus de quatre douzaines de citoyens irakiens comme M. Moniem devraient se rendre à Washington dans les mois à venir pour témoigner contre les Américains qui, d’après eux, ont tiré sauvagement sur les citoyens non-armés, faisant 17 morts Irakiens [le 16 septembre 2007]. Pendant des années, ils ont attendu que l’affaire fasse son chemin à travers le système judiciaire américain. Dans une salle d’audience, à deux pas du Capitole, ils ont enfin leur mot à dire. Le ministère de la Justice dit que ce sera le plus grand nombre de témoins étrangers à témoigner dans un procès criminel.

Lire l’intégralité de l’article: http://www.nytimes.com/2014/06/26/us/in-us-court-iraqis-accusing-blackwater-of-murders-in-07.html

La prison d’Abu Ghraib – Irak – Documentaire

La prison d’Abu Ghraib, documentaire édité et présenté par Javed Khan Dawlatzai

La prison centrale de Bagdad, autrefois connue comme la prison d’Abou Ghraib (Abu Ghurayb ou Abu Ghuraib, ou «Lieu des Corbeaux ») est située à Abou Ghraib, une ville irakienne à 32 km (20 miles) à l’ouest de Bagdad. Elle a été construite par des entrepreneurs britanniques dans les années 1950.

Au cours de la guerre en Irak, l’armée américaine et la Central Intelligence Agency (CIA américaine) ont commis des violations des droits de l’homme contre les prisonniers détenus dans la prison d’Abou Ghraib. Ils ont physiquement et sexuellement abusé, torturé, violé, sodomisé et assassiné d’innocents prisonniers musulmans irakiens.

Voici quelques informations de base sur le scandale d’abus de prisonniers à Abu Ghraib qui a eu lieu au cours de la guerre en Irak.

30 avril 2004 – Le rapport du Major-Gén. Antonio Taguba qui détaille son enquête sur la 800e brigade de police militaire est publié.

Le rapport Taguba [à consulter en ligne] déclare que les violations suivantes se sont produites dans cet incident [cf. les éléments de la liste sont traduits depuis l’article du journal Le Monde]:

A. Donner des coups de poings et de pieds et des gifles aux détenus; sauter sur leurs pieds nus;

B. Enregistrer des cassettes vidéo et photographier des détenus hommes et femmes nus;

C. Forcer les détenus à adopter diverses postures sexuellement explicites pour êtres photographiés;

D. Forcer les détenus à enlever leurs vêtements et à rester nus pendant plusieurs jours d’affilée;

E. Forcer des détenus hommes nus à porter des sous-vêtements féminins;

F. Forcer des groupes de détenus hommes à se masturber tout en étant photographiés et filmés;

G. Obliger des détenus hommes nus à s’entasser pour sauter à pieds joints sur leurs corps;

H. Placer un détenu sur une boîte de rations, avec un sac de sable sur sa tête, puis attacher des fils à ses doigts, ses orteils, et son pénis afin de simuler une torture électrique;

I. Faire porter l’inscription  » je suis un violeure » (sic) sur la jambe d’un détenu accusé d’avoir violé un autre détenu âgé de 15 ans, en le photographiant nu;

J. Passer une chaîne ou une laisse autour du cou d’un détenu nu et faire poser une femme soldat pour une photo;

K. Des relations sexuelles entre un garde militaire homme et une femme détenue;

L. Utilisation des chiens militaires (sans muselière) pour intimider et effrayer les détenus, suivie, dans au moins un cas, de la morsure d’un détenu, le blessant gravement;

M. Photographie de détenus irakiens morts.

(texte présentant la vidéo sur youtube)

Fahrenheit 911: Le documentaire de Michael Moore révèle les liens entre Bush et la famille Ben Laden

Fahrenheit 911 de Michael Moore (2004)

La caméra de Michael Moore filme avec scepticisme le Président George W. Bush et ses propres conseillers.

Prenant pour point de départ l’élection controversée de 2000, le réalisateur retrace l’improbable ascension d’un médiocre pétrolier texan devenu maître du monde libre. Puis il ouvre la boîte de Pandore du Président et révèle les liens personnels et financiers qui unissent la famille Bush à celle de Ben Laden.

Michael Moore y dénonce également les méfaits du Patriot Act et les souffrances provoquées par la guerre en Irak.

(youtube)

WikiLeaks: La CIA ou la « Central Incompetence Agency »

the-new-cia-seal-obama-directs-the-cia-the-wrong-way-political-poster-1261477606Illustration: « Le nouveau sceau de la CIA – Ne pas entendre de mal – Ne pas voir le mal – Ne pas faire de mal » (politifake.org)

Voici l’extrait du câble 05PARIS2210 daté du 4 avril 2005, provenant de l’ambassade américaine de Paris: les diplomates américains analysent les réactions de la presse française face à un rapport sur la CIA qui met en évidence l’incompétence et les erreurs commises par l’agence de renseignement américaine sur la présence d’armes de destruction massive en Irak. Ce rapport intégral peut être consulté en ligne sur le site du Washington Post (« Les doutes sur les armes ont été rejetés »). Les réactions de la presse insistent notamment sur le fait que les erreurs de la CIA ont concerné deux événements récents majeurs, à savoir les attentats du 11 septembre et la guerre en Irak.

RAPPORT DE LA CIA

Les erreurs des espions américains stigmatisées dans un rapport

« Les correspondants de Washington, pour le [journal] de centre-droit le Figaro, ont émis comme opinion (01/04): « les espions américains n’avaient aucune idée que le 11 septembre 2001 était imminent, ils ont eu tort à propos des armes de destruction massive que Saddam Hussein était censé avoir, vont-ils faire preuve du même niveau d’incompétence en ce qui concerne les arsenaux nucléaires iranien et nord-coréen? C’est la question que nous lisons entre les lignes des 600 pages du rapport présenté hier au président Bush.

« CIA: Central Incompetence Agency [Agence Centrale de l’Incompétence] »

Thomas de Rochechouart dans le [journal] populaire de centre-droit France Soir (01/04): « CIA: ces trois lettres symbolisent le pouvoir et la puissance des États-Unis. Et dans une certaine mesure son invincibilité. Mais dans le rapport qui a été présenté à George W. Bush, les espions ont plus de ressemblance avec l’inspecteur Gadget qu’avec les espions des romans de John Le Carré ou de Tom Clancy. Quelle Explication peut être trouvée pour cette faute énorme. Qui n’est pas la première erreur, si on prend en compte le 11 septembre? Le Renseignement américain semble être responsable de deux grands crises qui ont eu des répercussions internationales et qui ont déstabilisé la planète au cours des dernières années ».

Source: https://wikileaks.org/cable/2005/04/05PARIS2210.html

Lire l’article du Washington Post du 1er avril 2005: « Les doutes sur les armes ont été rejetés » : http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/articles/A17211-2005Mar31.html

Lire le rapport intégral sur les armes de destruction massives en Irak, du 31 mars 2005 (pdf): http://www.washingtonpost.com/wp-srv/nation/nationalsecurity/wmd/wmd_report.pdf

Les millions de Carl Bildt

Publié par Rixstep.com

Le Ministre des Affaires Etrangères de la Suède a propagé l’idée de l’invasion de l’Irak et en profita. À partir de 2007.

BAGDAD (Rixstep) – Carl Bildt a gagné des millions avec l’invasion américaine de l’Irak. Il a siégé au conseil d’administration de la société d’investissement Legg Mason, faisant la gestion d’énormes participations financières dans le secteur de l’armement US, et en même temps était un lobbyiste pour le géant des armes Lockheed Martin.

Pendant tout ce temps, il a également été embauché par l’ONG américaine «CLI» pour «vendre» l’invasion au monde.

«C’est tout à fait remarquable que le ministre suédois des affaires étrangères ait fait du lobbying pour l’invasion américaine de l’Irak, tout en profitant aussi personnellement de cette invasion», explique Rolf Lindahl, secrétaire politique de la Paix Suédoise et Société d’Arbitrage (Svenska Freds).

Legg Mason et Lockheed Martin

Le 17 Septembre 2002, Carl Bildt, prend un siège au conseil d’administration de Legg Mason, un des plus grands gestionnaires d’actifs aux États-Unis, avec une part importante de leur portefeuille placé dans la haute-technologie. Bildt s’intéresse aux plans de stock-options de Legg Mason.

Trois mois plus tard, Carl Bildt est recruté au Comité pour la libération de l’Irak (CLI) par Randy Scheunemann. Bildt tente ensuite de prétendre le contraire, mais Scheunemann et d’autres à la CLI de préciser que Bildt savait que son travail consistait à «vendre» l’invasion américaine au monde entier. L’article de Bildt pour le Forum Européen de la Sécurité du CEPS/IISS [Rencontre du 13 janvier 2003 sur L’Action militaire préventive et l’utilisation légitime de la force] tente de justifier – des frappes militaires préventives

Le débat actuel sur la légitimité de l’action militaire préventive a été déclenché par la nouvelle stratégie de sécurité nationale des États-Unis et il a été alimenté par le débat sur la légitimité d’une action armée contre l’Irak. Ainsi, je vais concentrer ce document principalement sur les questions de l’usage préventif de la force militaire qui ont été portées à l’avant-garde du débat international à travers cela.

Le président du CLI à l’époque est Bruce P. Jackson, dont le poste précédent était responsable de la planification stratégique chez le géant des armes Lockheed Martin, l’un des principaux investissements de Legg Mason. Il y a beaucoup d’argent qui dépend de l’invasion américaine de l’Irak. Si les Etats-Unis mènent finalement l’invasion, Lockheed Martin peut gagner des contrats pour 1 milliard de dollars.

Des bombes sur Bagdad

Les bombes sont tombées avec choc et effroi sur la capitale irakienne à partir du 19 Mars 2003; La valeur des actions de Lockheed Martin a plus que doublé en deux ans, passant de 45 $ à plus de 100 $, ce qui justifie son inscription comme l’un des investissements les plus réussis de Legg Mason. L’analyste de Legg Mason, William Loomis, a admis que l’invasion a été un grand coup de pouce pour l’ensemble de l’industrie de haute-technologie des États-Unis. «L’augmentation est la plus importante que nous avons vu en 20 ans», a-t-il dit. Cela a conduit à son tour à un pic dans le stock de Legg Mason, et de ce fait même dans le portefeuille de Carl Bildt, évalué à l’époque à 1.78 millions de dollars.

«Les connexions de Carl Bildt avec le complexe militaro-industriel des États-Unis sont gênantes: cela ne fait pas bonne impression, quand le ministre suédois des Affaires étrangères encourage activement l’invasion d’un pays souverain, une chose que le Parlement suédois et le ministère suédois ont condamné comme un crime contre l’humanité» , explique Rolf Lindahl.

Carl Bildt, actions Legg Mason et Lockheed MartinLes millions de Carl Bildt: la ligne rouge est le stock de Legg Mason, la ligne bleue Lockheed Martin.

Source: http://rixstep.com/1/20140502,00.shtml

Le plan US post-11 septembre: Wesley Clark dénonce les collaborateurs du Projet pour le Nouveau Siècle Américain (PNAC)

Le plan US post 11/9: envahir 7 pays dont l’Irak, la Lybie, la Syrie et l’Iran, selon le général US Wesley Clark

Lors d’une conférence donnée à San Francisco le 3 octobre 2007, Wesley Clark, général 4 étoiles retraité des Forces armées des Etats-Unis, affirme que dix jours après le 11-Septembre, les invasions de l’Irak, de la Libye, de la Syrie, de l’Iran et de plusieurs autres pays du Moyen-Orient avaient déjà été planifiées.

Rappelons que dans une précédente interview sur ABC, le 5 mars 2006, Wesley Clark avait exprimé ses doutes sur la thèse officielle du complot du 11/9. Il avait alors affirmé: « Nous n’avons pas achevé l’enquête sur le 11/9 ni vérifié si l’administration a en réalité fait mauvais usage des informations des services de renseignement dont elle disposait. Les preuves dans ce sens me semblent claires.»

Pour plus d’info: http://www.reopen911.info/

Les problèmes de pollution nucléaire, conséquences de la guerre en Irak

Greenpeace in IrakPhoto: Des militants Greenpeace marquent un site hautement radioactif à l’extérieur d’une école avec des avertissements en arabe. Le site référencé comme 3000 fois plus élevé que le fond.

Greenpeace International, « Un voyage en Irak »

Contexte – 10 avril 2006

L’installation de recherche nucléaire à Tuwaitha

Construite dans les années 1960, l’installation de recherche nucléaire à Tuwaitha est un complexe de plus de 100 bâtiments répartis sur un site de 35 miles carré [56 km2], situé à 18 km SSE [sud-sud-est] de Bagdad. Il était considéré comme le cœur du programme d’armement nucléaire de l’Irak. Les activités passées sur le site ont inclu plusieurs réacteurs de recherche, la séparation du plutonium et le traitement des déchets, la métallurgie de l’uranium, le développement d’initiateurs de neutrons et le travail sur le nombre de méthodes d’enrichissement d’uranium.

Après la guerre du Golfe de 1991, l’AIEA a supprimé tous les stocks connus d’armes irakiennes de matières nucléaires utilisables, conformément aux dispositions de la Résolution 687 du Conseil de sécurité de l’ONU. Toutes les autres matières radioactives, y compris l’uranium, ont été stockées dans des barils étanches à Tuwaitha et ont été vérifiées une fois par an par l’AIEA, selon les termes du Traité de non-prolifération nucléaire. L’AIEA a déclaré qu’en décembre 2002, 500 tonnes de « yellowcake » et 1,8 tonnes d’uranium faiblement enrichi sont restés à Tuwaitha, et des centaines d’autres, de sources industrielles hautement radioactives étaient encore dans le pays.

Le problème

Quand l’Irak est tombé sous le contrôle des États-Unis, le 9 avril 2003, les puissances occupantes n’ont pas réussi à sécuriser correctement Tuwaitha et d’autres sites nucléaires. Les forces d’occupation ont également échoué à procéder à un inventaire des matériaux sur n’importe lequel des sites.

Juste un jour plus tard, le 10 avril [2003], la porte d’une zone de stockage à Tuwaitha a été trouvé avec une brèche. Les forces américaines ont été réclamées par l’AIEA pour garantir la sécurité de l’installation de stockage peu de temps après le 11 avril [2003], mais le 3 mai, lorsque les forces américaines ont mené une surveillance du site, ils laissaient encore des dizaines de « travailleurs » entrer et prendre tout ce qu’ils voulaient. Sept sites liés au programme nucléaire de l’Irak ont été visités par les équipes de programmes nucléaires spéciaux du Pentagone depuis la fin de la guerre, et tous ont montré des signes de «pillage».

Les résidents vivant à proximité de Tuwaitha auraient pris des barils de matières nucléaires, appelées « yellowcake », et autres contenants, parce qu’ils en ont besoin pour conserver les aliments, l’eau, le lait et le yaourt. Ils ne savaient pas que les barils étaient radioactifs et toxiques, et qu’ils s’exposaient à de graves risques. Des témoins rapportent avoir vu des gens transportant des conteneurs et vider le contenu faiblement radioactif dans le sol ou dans les approvisionnements locaux en eau. Les signes d’avertissement destinés à la communauté locale ont été limités et rédigés uniquement en anglais. Une partie du matériel volé est maintenant retourné à la mosquée voisine où il est stocké, mais n’a pas été contenu.

Les médecins locaux sont préoccupés par le fait que les gens montrent des signes de maladie suite aux rayons, comme des saignements et des vomissements. Le Dr. Jaafar Nasser Souhayb, qui dirige l’une clinique à proximité, a déclaré que, sur une période de cinq jours, il a traité environ 20 patients du quartier près de Tuwaitha pour des symptômes similaires: essoufflement, nausées, saignements de nez graves, éruptions cutanées avec démangeaisons. [Le médecin] Suhayb craint que les résidents souffrent d’un empoisonnement suite au rayonnement, parce que plusieurs des symptômes sont compatibles avec ceux du syndrome d’irradiation aiguë.

L’expédition de Greenpeace

Nous sommes allés en Irak en juin 2003 pour examiner l’environnement local et évaluer l’ampleur de la contamination nucléaire. L’équipe a pris des échantillons du sol et de l’eau pour des analyses en laboratoire et effectué une surveillance sur place avec un équipement spécial de détection des radiations. Tandis que l’ampleur de l’enquête radiologique de Greenpeace était complète, cela a donné une idée du véritable niveau de risque pour les gens de la région et pour l’environnement.

Source: http://www.greenpeace.org/international/en/campaigns/peace/say-no-to-war-and-yes-to-peace/trip-to-iraq/

La presse suédoise révèle les liens du ministre Carl Bildt avec les Etats-Unis: espionnage et lobby de la guerre en Irak

220px-Carl_bildt_0c178_8327Wikileaks a publié aujourd’hui sur son compte Twitter les liens de deux articles qui mettent en cause le ministre suédois Carl Bildt, qui aurait été tour à tour un espion au services des Etats-Unis (selon AftonBladet), mais aussi un membre du CLI [Comité pour la Libération de l’Irak], un puissant lobby qui aurait influencé l’invasion américaine de l’Irak (selon les révélations d’Expressen).

Selon AftonBladet, le ministre Carl Bildt aurait été un espion au service des Etats-Unis pendant de nombreuses années. Carl Bildt aurait « informé les États-Unis au sujet de ce qui a été dit au cours de débats fermés du gouvernement dans les années 70 », révèle le journal. Des informations secrètes auraient ainsi été transmises au gouvernement américain et à la CIA, par l’intermédiaire de Carl Bildt. Wikileaks rappelle dans un tweet que « le Ministre des Affaires étrangères suédois Carl Bildt exposé comme informateur des États-Unis; le procureur en chef suggère des accusations d’espionnage », ce qui laisse supposer qu’il y aura peut-être une suite juridique de l’affaire en Suède.

D’autre part, on en apprend encore davantage sur le ministre suédois et ses liens avec les Etats-Unis. Wikileaks, sur la base d’un article suédois, a tweeté: « Comment le comité pour envahir l’Irak a acquis le Ministre des Affaires étrangères suédois Carl Bildt par des paiements en espèces ». Voici ce que dit le journal Expressen, auquel fait référence ci-dessus Wikileaks, au sujet du rôle de Carl Bildt dans le lobby de la guerre en Irak, dans l’article intitulé « Chef: Parce que nous avons acquis Bildt« :

« Expressen a révélé mercredi que Carl Bildt a été recruté pour le groupe américain de lobby de la guerre du Comité pour la Libération de l’Irak (CLI), qui ne se composait de rien d’autre que de « faucons » conservateurs ayant des liens avec l’industrie de l’armement. » 

Wikileaks a également partagé sur Twitter toutes ses publications ayant un lien avec la Suède et Carl Bildt, avec parfois le lien des câbles diplomatiques qui mettent en évidence les activités du ministre suédois. Avis aux journalistes qui veulent se lancer dans des investigations plus poussées des câbles Wikileaks: vous pouvez désormais consulter ces liens sur Twitter.

Sources et liens:

« Chef: Parce que nous avons acquis Bildt«  (Expressen)

Les documents prouvent: Carl Bildt a donné des informations secrètes aux États-Unis (AftonBladet)

Les tweets de @Wikileaks relatifs à l’affaire Carl Bildt: consultez le tweet ou cliquez ici pour le résultat de la recherche

La Pologne, un outil au service des Etats-Unis pour réformer la démocratie dans les anciens pays de l’Est

Europe de l'EstUn câble américain du 5 janvier 2010, publié sur le site Wikileaks (réf. 10WARSAW7), montre l’implication de la Pologne dans la transition et l’effort démocratique des anciens pays de l’Est. Le rôle des ONG y est notamment exposé. En 1999, avec l’entrée de la Pologne dans l’OTAN, ce sont les frontières géostratégiques de l’Europe qui se redessinent. C’est le renforcement de l’Occident et des Etats-Unis face à l’ancien ennemi de la Guerre froide, la Russie. Les câbles Wikileaks témoignent de l’effort constant et de la volonté continue des Etats-Unis d’étendre leur sphère d’influence sur l’Europe de l’Est, comme en Ukraine, ces dernières années. La Pologne apparaît ainsi comme un outil au service des Etats-Unis pour réformer la démocratie dans les anciennes républiques soviétiques.

(SBU: Sensible Mais Non-Classifié) RÉSUMÉ: Lors d’une réunion du 21 octobre, le vice-président, un groupe diversifié de représentants de la société civile polonaise, y compris des organisations actives dans la promotion de la transformation démocratique et l’autonomisation des femmes et des minorités, ont souligné les efforts de la Pologne pour partager son expérience de transformation réussie avec des pays en Europe de l’Est et dans le Caucase. Les participants ont souligné les forces uniques de la Pologne et les défis auxquels ils sont encore confrontés. Notant que la Pologne a bénéficié de l’aide du SEED et de l’USAID dans les années 1990, les participants ont déclaré que la Pologne souhaiterait l’assistance technique et l’expertise des États-Unis pour renforcer la capacité de la Pologne à fournir une aide au développement aux pays tiers. Ils ont exprimé leur confiance dans le fait que le partenariat américano-polonais – réunissant le savoir-faire et l’expérience de la Pologne avec les ressources et l’expertise de développement des États-Unis – soutiendrait les efforts pour renforcer les institutions et les processus démocratiques à l’est. Le vice-président a félicité la Pologne pour tout ce qui avait été accompli et a encouragé les Polonais à continuer de passer d’une pensée de ce que les États-Unis peuvent faire pour la Pologne à ce que les États-Unis peuvent faire avec la Pologne. Il a dit aux leaders de la société civile que la Pologne est un excellent exemple de transition réussie vers la démocratie, et les Polonais devraient avoir confiance en eux-mêmes pour délivrer des conseils. FIN DU RÉSUMÉ.

2. (U) PARTICIPANTS

Etats-Unis ————-
Le vice-président Biden
L’ambassadeur Feinstein [Lee A. Feinstein], ambassadeur américain en Pologne

Société civile polonaise ——————
Jolanta Kwasniewska, ancienne Première Dame de la Pologne et fondatrice de la Fondation Communication Sans Barrières
Bronislaw Misztal, Directeur Exécutif, Secrétariat Permanent de la Communauté des Démocraties
Eleonora Bergman, directrice de l’Institut Historique Juif
Jacek Michalowski, Directeur de programme, Fondation américano-polonaise pour la Liberté
Dorota Mitrus, Présidente de l’Institut Européen pour la Démocratie
Mirella Panek-Owsianska, Présidente du Forum des Entreprises Responsables
Paula Sawicka, Présidente de l’Association République Ouverte
Jacek Strzemieczny, Président du Centre pour l’Education de la Citoyenneté

Comme le souligne le câble Wikileaks, le vice-président américain « a souligné l’importance qu’il avait personnellement placé sur la Pologne en tant que sénateur des États-Unis, en particulier son leadership au Sénat pour l’adhésion de la Pologne à l’OTAN. » L’entrée de la Pologne dans l’OTAN apparaît bien comme faisant partie d’une stratégie américaine qui, dans la continuité de la Guerre froide, a cherché par tous les moyens à intégrer les anciens pays soviétiques et à contrer la puissance russe. Mais cela fait aussi partie d’une stratégie globale: les Etats-Unis semblent, en effet, intéressés par l’idée de dominer globalement, économiquement et politiquement, en Europe et dans le monde — un défi et un objectif pour les années à venir, comme le révèlent les paroles du vice-président Biden:

Une Europe « entière et libre » est l’une des deux bases de la construction d’un appareil de sécurité globale pour le 21ème siècle, et les pays d’Europe Centrale sont prêts à jouer un rôle de premier plan. (par. 3)

La Pologne apparaît également jouer un rôle dans le changement démocratique en Ukraine. Cette volonté des représentants polonais d’assister et d’aider les Etats-Unis est présentée comme une « obligation morale » par Jacek Michalowski, directeur de programme à la Fondation américano-polonaise pour la Liberté, qui travaille aujourd’hui au cabinet de la Présidence polonaise. Parce que les Etats-Unis ont aidé la Pologne à se libérer du communisme dans les années 80, les polonais se sentent « obligés » de continuer la bataille pour la démocratie dans les anciennes républiques soviétiques. Jacek Michalowski souligne aussi le rôle des ONG polonaises et il demande explicitement au vice-président américain d’encourager l’aide financière de ces ONG pour renforcer l’effort de transition en Europe de l’Est. Le paragraphe 6 du câble est plus précisément consacré à l’Ukraine. On apprend que:

Alors que les organisations polonaises font face à une rude concurrence pour les subventions et travaillent donc dur pour identifier des partenaires efficaces, ce n’est pas toujours facile, dit Michalowski. (par. 6)

Les protestations actuelles en Ukraine contre le gouvernement peuvent apparaître aujourd’hui comme le fruit d’efforts communs, ces dernières années, entre des groupes d’opposition et des ONG plus ou moins financées par les Etats-Unis, comme le démontre ce câble diplomatique. Les Etats-Unis se sont beaucoup impliqués pour obtenir un changement politique en Ukraine. Dorota Mitrus, présidente de l’Institut Européen pour la Démocratie, parle notamment du rôle de sa propre ONG pour organiser par exemple « des stages et des programmes d’échange pour les fonctionnaires du gouvernement ukrainien« . Si la Pologne a joué un rôle, d’autres pays ont certainement aussi joué un rôle dans la prise de contact et le renforcement des liens avec l’opposition ukrainienne. Ce câble n’offre qu’un petit aperçu des moyens mis en oeuvre par les Etats-Unis. De la même manière, le groupe des Femen présent en Ukraine a de fortes chances d’avoir été initié et soutenu par le gouvernement américain, dans le cadre de cette stratégie de réforme en Europe de l’Est. Ce qui se passe aujourd’hui en Ukraine résulte donc de tout ce qui a été entrepris par les Etats-Unis pendant ces dernières années et par les efforts multiples qui ont accompagné les nombreuses prises de décision.

A la lumière de ce document diplomatique, on peut se demander, d’une part, où s’arrêtera la stratégie de démocratisation en Europe de l’Est. Le câble diplomatique cite les pays de l’Est et le Caucase, une région qui inclut la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Est-ce que les Etats-Unis vont ainsi continuer leurs programmes de démocratisation en ciblant ces pays, qui sont tous d’anciennes républiques soviétiques? C’est probablement ce à quoi on peut s’attendre pour les prochaines années. Ce sont les derniers actes de l’histoire de la Guerre froide, où les Etats-Unis vont symboliquement aux portes de la Russie comme s’ils s’emparaient des anciens territoires qui leur avaient été confisqués pendant le communisme. Les Etats-Unis ne cherchent pas seulement à apporter la démocratie dans ces pays, ils viennent aussi chercher une partie de leur orgueil perdu dans le passé face à l’empire communiste.

D’autre part, on peut aussi se demander si les guerres en Afghanistan et en Irak n’ont pas fait également partie, ces dernières années, de cette stratégie américaine qui a consisté à mettre en place des programmes pour la démocratie dans le but de contrer la Russie et d’affaiblir sa puissance. Si les programmes de démocratisation des pays de l’Est ont eu pour objectif d’amener les anciens pays soviétiques dans la sphère d’influence américaine, est-ce que les programmes de démocratisation au Moyen-Orient ont eu le même rôle? A savoir, les Etats-Unis ont-ils cherché avec les guerres au Moyen-Orient à étendre leur influence politique et idéologique dans le monde, par crainte de voir la Russie s’emparer de certaines richesses ou bien par crainte qu’elle puisse étendre son influence politique et idéologique? Ceci semble toujours évident, que derrière tout ce que les Etats-Unis nomment « programmes de démocratisation », se cache en fait la volonté de continuer une certaine forme de Guerre froide contre la Russie — une guerre à la fois politique, idéologique et stratégique.

Source: http://www.wikileaks.org/plusd/cables/10WARSAW7_a.html