Quand Efraim Halevy, ancien directeur du Mossad, répondait aux questions sur les combattants rebelles syriens traités dans des hôpitaux israéliens

 

capture-decran-2016-12-29-a-18-17-01Une vidéo mise en ligne sur youtube en juin 2016 (et qui est bien authentique) montre Efraim Halevy — « avocat et expert du renseignement israélien [qui] a été le neuvième directeur du Mossad et le 4ème chef du Conseil de sécurité nationale israélien » d’après le descriptif —, interviewé par le journaliste Mehdi Hasan de l’émission UpFront (AlJazeera, émission du 31/05/2016) qui pose en anglais la question suivante, parmi d’autres questions sur la situation en Syrie:

« Il y a eu des rapports établissant qu’Israël traite des combattants rebelles syriens blessés dans des hôpitaux à la frontière, y compris des combattants du front Nosra, qui est bien sûr la branche syrienne d’al-Qaïda. Est-ce que ces rapports vous inquiètent, qu’Israël aide des combattants blessés, alliés d’al-Qaïda?

Voici la réponse d’Efraim Halevy:

« Comme je l’ai dit avant, c’est toujours utile de traiter avec vos ennemis d’une manière humaine. Je pense que, quand on a des gens qui sont blessés, vous traitez avec eux de manière humaine, la considération de les ramener à l’intérieur n’est pas seulement de savoir si c’est politiquement utile, ou…

Le journaliste:

« C’est purement humanitaire, dites-vous. Il n’y a pas de stratégie tactique ou politique?

Efraim Halevy:

Je n’ai pas dit qu’il n’y a pas de tactique. J’ai dit que la considération principale, la considération immédiate, est humaine.

Le journaliste:

Mais les problèmes tactiques impliqués, vous savez mieux que moi l’expression du « contre-coup ». Vous ne pensez pas qu’il y aura un contre-coup contre Israël, si vous vous mettez dans le même lit que le front Nosra?

Efraim Halevy:

Je ne pense pas. Je ne pense pas qu’il y aura un contre-coup.

Le journaliste:

Pourquoi?

Efraim Halevy:

Parce que je pense, malheureusement, que les règles du jeu en Syrie sont telles que vous pouvez y faire des choses qui ne sont pas possibles ailleurs.

Le journaliste:

Traiteriez-vous aussi des combattants du Hezbollah?

Efraim Halevy:

Non.

Le journaliste:

Je ne veux pas contredire ce que vous disiez quelques minutes plus tôt, de traiter humainement vos ennemis.

Efraim Halevy:

Non, je pense que les combattants du Hezbollah, avec eux, nous avons une situation différente, car le Hezbollah a mené des actions contre nous. […] Al-Qaïda n’a pas attaqué Israël jusqu’à présent.

Le journaliste:

Ils ont attaqué votre allié n°1, protecteur et sponsor, les Etats-Unis, il y a une « guerre contre le terrorisme » depuis 15 ans.

Efraim Halevy:

Tout d’abord, quand il s’agit de combattre al-Qaïda, dans le renseignement et d’autres domaines, oui, nous sommes ensemble avec les Etats-Unis dans toutes ces choses. Mais Israël n’a pas été spécifiquement la cible d’al-Qaïda, et ainsi, c’est une situation différente de celle que nous avons avec le Hezbollah.

Le descriptif de la vidéo sur youtube comporte néanmoins une erreur, car le sous-titre dit: « Efraim Halevy a admis qu’Israël traite des combattants d’ISIS blessés dans des hôpitaux israéliens ». En fait, le nom d’ISIS (ou de l’Etat Islamique) n’est pas mentionné dans la vidéo en anglais. Le spécialiste israélien ne parle à aucun moment de l’Etat Islamique. Le nom mentionné est Nosra, allié d’al-Qaïda. Donc il y a une nuance, même si sur le fond, il s’agit bien de groupes terroristes dans les deux cas. Dans l’interview d’origine, Efraim Halevy mentionne aussi à la fin de l’interview le lien du Hezbollah à l’Iran.

Voir l’extrait de la vidéo: https://youtu.be/dDtD_Ws2Z64

Voir la vidéo intégrale: « L’ancien chef du Mossad sur l’aide médicale israélienne au front al-Nosra » http://www.aljazeera.com/programmes/upfront/2016/05/mossad-head-israel-medical-aid-al-nusra-front-160531081744269.html

D’autres interviews d’Efraim Halevy sur Al-Jazeera: http://www.aljazeera.com/Search/?q=efraim%20halevy

Syrie: L’étrange arrangement entre l’armée israélienne et les groupes terroristes http://arretsurinfo.ch/syrie-letrange-arrangement-entre-larmee-israelienne-et-les-groupes-terroristes/

Etats-Unis/Israël: Les signes d’une politique commune, dès 2008, pour éliminer les figures-clés du régime syrien et de ses alliés

Syria.BasharAlAssad.02Photo: Affiche avec le portrait du président Assad, avec l’inscription « Que Dieu protège la Syrie » (2006).

Dans des révélations récentes de The Intercept, on apprend que la mort mystérieuse d’un général de Bachar al-Assad, en 2008, a été opérée par les services secrets israéliens, d’après des documents émanant de la NSA américaine. Mais cette mort et cet assassinat, replacés dans un contexte politique plus large, font voir d’autres choses importantes: le rapport conflictuel entre la Syrie et Israël, l’intérêt commun de certains pays (Etats-Unis, Arabie Saoudite, Qatar, Turquie) pour faire tomber le régime Assad, mais aussi les défaillances internes au régime syrien, les purges au sein des services secrets et la fissuration d’un système qui allait tomber irrémédiablement vers une guerre généralisée.

C’est cette fissuration de l’intérieur qui a conduit à la situation actuelle en Syrie et qui a facilité l’expansion de la guerre, du chaos et de la terreur — le tout favorisé par une alliance de l’Occident, de pays arabes et de l’Etat israélien contre le régime Assad. Ce sont encore aujourd’hui ces fissurations idéologiques qui empêchent la paix en Syrie et qui empêchent tous les groupes opposés idéologiquement de trouver un terrain d’entente pour revenir à une situation « normale » d’avant-guerre.

Le régime syrien, semblable à un mur en béton, a subi des pressions venant de toutes parts – de l’intérieur même des services secrets, des opposants au régime, et de l’extérieur, venant de pays occidentaux ou arabes opposés à Bachar al-Assad – et il n’a pas tenu face à la contestation civile qui allait l’emporter dans une chute totale. Le problème, c’est qu’en s’effondrant, le régime syrien est retombé par morceaux entiers sur une population sans défense et que ce qui a émergé de ces ruines, c’est l’Etat Islamique.

Les assassinats d’Imad Mughniyeh et de Mohammad Suleiman: Israël et la CIA

L’assassinat d’Imad Mughniyeh est évoqué dans un des documents Wikileaks, les Stratfor Files. Stratfor, une société privée du renseignement américain, fait un rapport sur la mort d’Imad Mughniyeh, présenté comme « un des piliers du Hezbollah », et mort dans une explosion de voiture le 12 février 2008. Le rapport de Stratfor (traduit ici en français), établi grâce à une source israélienne, attribue l’attentat contre Imad Mughniyeh aux services secrets israéliens, le Mossad. Le plus étonnant, c’est qu’Imad Mughniyeh, décrit comme « un partisan de la guerre clandestine et un théoricien de l’attentat à la voiture piégée » (Wikipedia) est lui-même mort assassiné dans un attentat, dans l’explosion de sa voiture — comme si le Mossad avait voulu lui jouer une revanche en choisissant son moyen de lutte privilégié pour le tuer.

Mais, dans un article du Washington Post, daté de janvier 2015, on apprend que le Mossad a été assisté de l’aide de la CIA américaine pour réaliser l’élimination d’Imad Mughniyeh, notamment en ce qui concerne la mise au point de la bombe:

Les États-Unis ont aidé à construire la bombe, a dit l’ancien fonctionnaire, et l’ont testé à plusieurs reprises dans un établissement de la CIA en Caroline du Nord pour s’assurer que la zone de l’explosion potentielle soit contenue et n’entraînerait pas de dommages collatéraux.

Ces éléments qui ont été révélés il y a quelques mois montrent qu’il y a bien eu une volonté commune entre les Etats-Unis et Israël pour éliminer certaines figures-clés liées au Hezbollah et au régime syrien, les deux étant soutenus par l’Iran. Cette politique d’élimination et d’assassinats qui a eu lieu en 2008, bien avant le début de la guerre civile en Syrie, montre la montée de la tension politique au Moyen-Orient: les tentatives de paix entre Israël et la Palestine échouent, l’Etat israélien sent monter la menace d’une agression à ses frontières et s’empresse dans la panique de faire assassiner toute une liste de personnalités jugées dangereuses pour la sécurité de l’Etat d’Israël. Imad Mughniyeh en faisait partie, tout comme le général syrien Mohammad Suleiman.

Il y a deux interprétations à cette série d’assassinats ciblés: soit ces assassinats ont été menés comme une alternative pour éviter la guerre, autrement dit comme un moyen de pression pour forcer le gouvernement syrien à ne plus soutenir le Hezbollah et à négocier avec Israël, soit ces assassinats ont été menés par Israël et les Etats-Unis comme une préparation à une guerre planifiée avec la Syrie dès 2008, dans le but d’affaiblir à l’avance le régime syrien en éliminant les chefs militaires et les soutiens proches de Bachar al-Assad, comme Imad Mughniyeh et Mohammad Suleiman.

D’autre part, ce qui montre le lien entre ces deux assassinats comme le reflet d’une politique commune entre les Etats-Unis et Israël, c’est l’intervalle de temps — 6 mois à peine — qui séparent la mort d’Imad Mughniyeh et celle de Mohammad Suleiman. Comme le souligne The Intercept dans son article sur la mort de Mohammad Suleiman, le général qui était une figure-clé du régime de Bachar al-Assad:

L’assassinat israélien de Suleiman est venu moins de six mois après qu’une équipe conjointe de la CIA et du Mossad a assassiné un haut membre du Hezbollah dans le coeur de Damas, selon plusieurs responsables actuels et anciens de l’armée et du renseignement américain. L’implication américaine et israélienne dans cette attaque, qui visait l’agent du Hezbollah Imad Mughniyeh, a été rapportée en tout premier et en détail par le Washington Post.

On peut donc fortement soupçonner que l’assassinat d’Imad Mughniyeh, le 12 février 2008, puis celui de Mohammad Suleiman, le 1er août 2008, faisaient tous deux parties d’une liste commune au Mossad israélien et à la CIA américaine pour contrer et affaiblir le régime syrien et ses alliés, même si le lien à la CIA pour Mohammad Suleiman n’est pas démontré.

Le régime Assad, un régime fissuré de l’intérieur

En 2008, des sources citées par des journalistes faisaient déjà le lien entre la mort de Mohammad Suleiman et celle d’Imad Mughniyeh (sans parler encore d’une responsabilité du Mossad ou de la CIA). Ces articles soulevaient plutôt la question d’une vengeance au sein des services secrets syriens, en effet:

Des membres internes du régime indiquent que le meurtre de Mughniyeh, qui a causé au leader syrien un sérieux embarras avec ses alliés iraniens et le Hezbollah, a déclenché une purge dans les rangs supérieurs des services de renseignement en Syrie. Certains spéculent que ces purges ont pu créé un motif de revanche pour le meurtre de [Mohammad] Suleiman.

Ces affaires concernant les services secrets ont pu affaiblir de l’intérieur le régime syrien et conduire, peut-être, à une forme de trahison et de contestation accrue contre le régime de Bachar al-Assad avant de mener à la guerre civile.

D’autre part, le régime syrien était fragile de l’intérieur, comme l’ont constaté les diplomates américain, dès 2006, dans un câble publié par Wikileaks (06DAMASCUS5399). Les Etats-Unis avaient conscience de ces failles dans le régime syrien. Le cercle du pouvoir de Bachar al-Assad est très restreint à ce moment: le pouvoir est détenu par un nombre très limité de personnes, un « cercle intérieur » qui est fragile et vulnérable, ce qui laisse penser que Bachar al-Assad pouvait être facile à renverser:

Les actions qui conduisent Bachar à perdre l’équilibre et augmenter son insécurité sont dans notre intérêt, parce que son inexpérience et le cercle de décision extrêmement petit du régime le rendent sujet aux trébuches diplomatiques qui peuvent l’affaiblir à l’échelle nationale et régionale.

La question qui reste à l’esprit est la suivante: Est-ce que les Etats-Unis, Israël et leurs alliés qui voulaient faire tomber le régime Assad avaient planifié une guerre en Syrie dès 2008, en conduisant des politiques d’assassinats (est-ce que l’objectif de faire tomber le régime Assad était clairement défini et décidé?) —, ou bien est-ce que la révolution et la guerre civile en Syrie se sont produites comme une conséquence de l’échec répété des négociations de paix au Moyen-Orient, forçant les pays occidentaux à soutenir les rebelles et à s’enliser dans une guerre indéfinie contre le régime syrien? Les politiques d’assassinats ont peut-être été imaginées au départ comme une alternative à la guerre, un moyen d’affaiblir le régime syrien par étapes, en déconstruisant les bases du pouvoir de Bachar al-Assad, plutôt que de l’affronter directement dans des combats militaires, terrestres ou aériens.

Les Etats-Unis ont toujours eu conscience du rôle-clé et de la position stratégique de la Syrie pour l’avenir du Moyen-Orient. Ils avaient tout à fait conscience que la Syrie était un pays qui pouvait déstabiliser l’ensemble de la région, comme en témoigne l’extrait d’un rapport daté de 2008 et destiné au congrès américain:

Malgré la faiblesse de son armée et son économie morne, la Syrie demeure essentielle dans la géopolitique du Moyen-Orient. Le régime Assad a ses mains dans chacune des quatre grandes zones actives ou potentielles de conflit dans la région (Liban, Israël-Palestine, Irak, et Iran). […] D’autres pensent que l’Administration devrait aller encore plus loin pour faire pression sur le gouvernement syrien et devrait même envisager la mise en œuvre de sanctions économiques plus sévères contre celui-ci. (Résumé, p. 2)

Dans tous les cas, les Etats-Unis et Israël étaient impliqués idéologiquement face à la Syrie, bien avant le début de la guerre civile. Et il n’y a sans doute jamais eu de réelle « passivité » politique du côté israélien à l’égard du régime syrien, contrairement à ce que peut sous-entendre, par exemple, un article récent du Huffington Post:

La position de l’Etat hébreu, autre puissance régionale, sur le dossier syrien est quand à elle assez ambiguë et a évolué depuis le début de la crise. Si Israël a été d’une relative passivité durant les deux premières années, elle soutient désormais officiellement militairement et logistiquement les différents groupes armés rebelles présents dans les zones proches de la frontière israélo-syrienne

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’Etat d’Israël a été actif dans les affaires syriennes, bien avant la guerre civile, à travers les assassinats de figures soutenant de près ou de loin Bachar al-Assad, ou de personnalités liées au régime. On ne peut donc pas dire que l’Etat hébreu « a été d’une relative passivité » dans l’analyse de ces faits. Des assassinats et des opérations secrètes ont été menés. Mais l’implication de l’Etat hébreu n’explique pas à elle seule la chute du régime de Bachar al-Assad, car on constate que ce régime était miné de l’intérieur idéologiquement et qu’il pouvait difficilement contenir une montée croissante de l’opposition.

La CIA a violé la Convention sur les attentats terroristes – le cas de l’assassinat d’Imad Mughniyeh

par Kevin Jon Heller, 31 janvier 2015

Le Washington Post a un long article aujourd’hui sur la façon dont le Mossad et la CIA ont collaboré pour faire exploser le chef  des opérations internationales du Hezbollah en 2008 […]

mughniyehL’article aborde la légalité de l’assassinat de Mughniyeh, avec les États-Unis qui font valoir que c’était un acte légal de légitime défense en vertu de l’art. 51 de la Charte des Nations Unies et Mary Ellen O’Connell affirmant que c’était de la perfidie. Les lecteurs réguliers anticiperont mon scepticisme à l’égard de la première déclaration, et il n’y a tout simplement aucun appui dans le droit humanitaire international pour la deuxième déclaration. La perfidie est un acte « invitant la confiance d’un adversaire pour le conduire à croire qu’il a droit à, ou qu’il est obligé d’accorder une protection en vertu des règles du droit international applicable dans les conflits armés, avec l’intention de trahir cette confiance. »

Le Mossad et de la CIA n’ont rien fait de la sorte. Le Mossad et la CIA ont toutefois violé la Convention internationale pour la répression des attentats terroristes, ratifiée par Israël le 10 Février 2003 et par les Etats-Unis le 26 Juin 2002. Je ne veux pas m’attarder sur le Mossad dans ce post; l’analyse est la même que celle que j’ai apporté ici à l’égard de leur assassinat de scientifiques nucléaires iraniens. Au lieu de cela, je veux me concentrer sur la complicité des Etats-Unis dans la mort de Mughniyeh.

Lire la suite: http://opiniojuris.org/2015/01/31/cia-violates-terrorist-bombing-convention/

Source: https://twitter.com/opiniojuris/status/561567522957565952

La CIA et le Mossad ont tué un haut responsable du Hezbollah dans l’explosion d’une voiture en 2008

Par Adam Goldman et Ellen Nakashima, 30 Janvier 2015

Le 12 février 2008, Imad Mughniyeh, chef des opérations internationales du Hezbollah, marchait dans une rue calme, de nuit, à Damas, après un dîner dans un restaurant voisin. Non loin de là, une équipe d’observateurs de la CIA dans la capitale syrienne suivait ses mouvements.

Alors que Mughniyeh s’approchait du SUV stationné, une bombe placée dans un pneu de secours à l’arrière du véhicule a explosé, faisant un éclat d’obus dans un rayon étroit. Il a été tué sur le coup.

Le dispositif a été déclenché à distance depuis Tel Aviv par des agents auprès du Mossad, le service de renseignement étranger israélien, qui étaient en communication avec les agents sur le terrain à Damas. «La façon dont cela avait été mis en place, les États-Unis auraient pu s’opposer et l’annuler, mais cela n’a pas pu être exécuté », a déclaré un ancien responsable du renseignement américain.

Les États-Unis ont aidé à construire la bombe, a dit l’ancien fonctionnaire, et l’ont testé à plusieurs reprises dans un établissement de la CIA en Caroline du Nord pour s’assurer que la zone de l’explosion potentielle soit contenue et n’entraînerait pas de dommages collatéraux.

mughniyeh

Lire la suite: http://www.washingtonpost.com/world/national-security/cia-and-mossad-killed-senior-hezbollah-figure-in-car-bombing/2015/01/30/ebb88682-968a-11e4-8005-1924ede3e54a_story.html

Vidéo: OTAN, Etats-Unis, Arabie Saoudite, Qatar, Turquie, Royaume-Uni face au régime Assad

« La vérité et la solution en 61 secondes »

Transcription de la vidéo:

« La vérité » – Scott Rickard, ancien linguiste du renseignement américain:

« Ce sont des crimes de guerre internationaux, commis par les Américains, par les Britanniques, et aussi par les Saoudiens, le Qatar et la Turquie. Et l’OTAN prend un autre rôle et aurait créé une autre Libye, s’ils avaient fait la zone d’exclusion aérienne qu’ils demandaient -. et Dieu merci pour la Russie, Dieu merci pour la Chine de filmer parce que vous auriez vu un demi-million à un million de Syriens morts aujourd’hui en raison d’un bombardement intense de l’OTAN. Et Assad est juste l’un des dictateurs à travers le monde, nous pouvons faire le tour de la planète et en trouver plusieurs, sinon des centaines qui ont été soutenus par les Américains et également soutenus par les Britanniques. »

« La solution » – Sukan Chandan, commentateur politique:

« Arrêtez l’Occident, arrêtez les alliés qui apportent les armes, trouvons et négocions, et concentrons-nous sur qui sont les vrais ennemis du peuple de la région: ce n’est pas Assad, ce n’était pas Kadhafi, ce n’est pas le Hezbollah, ce n’est pas l’Etat iranien. Regardez vers le sud les monarchies du Golfe et l’Etat sioniste: ce sont les ennemis du peuple de la région et des musulmans et des peuples opprimés du monde entier.

Le Hezbollah accuse Israël d’avoir tué cinq ingénieurs nucléaires en Syrie

Un des scientifiques était iranien; le Hezbollah soupçonne les rebelles syriens travaillant pour Israël d’avoir effectué l’attaque.

Hassan Nasrallah et Bachar al-AssadCette photo montre le leader du Hezbollah, Sheik Hassan Nasrallah, à gauche, qui parle avec le président syrien Bachar al-Assad, à droite. 25 février 2010.

Haaretz, 11 novembre 2014

Le Hezbollah accuse Israël de la mort de cinq ingénieurs nucléaires, quatre syriens et un iranien, lundi, à Damas.

Les premiers rapports syriens ont déclaré que quatre Syriens ont été tués dans une embuscade, mais plus tard, la télévision d’Etat syrienne a admis qu’un cinquième scientifique, un iranien, était également parmi les victimes. Les cinq ont été tués après que des tireurs ont ouvert le feu sur leur bus dans une zone non touchée par les combats entre les groupes rebelles et les forces du président syrien Bachar al-Assad.

« Nous pouvons confirmer que cinq experts scientifiques ont été martyrisés par des terroristes dans le cadre des complots en cours de l’entité sioniste », a déclaré un commandant anonyme du Hezbollah à Beyrouth dans un rapport publié mardi par le Sydney Morning Herald.

Lire la suite: http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/1.625906

La stratégie d’Israël contre le Hamas exposée dans deux câbles WikiLeaks

combats-syrieDe nombreux câbles WikiLeaks évoquent le conflit israélo-palestinien, mais il faut confronter plusieurs documents pour tenter de comprendre la vraie situation géopolitique qui s’est mise en place au Moyen-Orient. La guerre en Syrie, en effet, ne semble pas totalement étrangère au conflit israélo-palestinien. Comme nous l’avions mentionné dans un article, la Syrie avait pris la défense des Palestiniens et réclamé « l’arrêt des violations israéliennes continuelles contre les droits de l’homme des Palestiniens, [la fin du] siège injuste sur la bande de Gaza et pour l’octroi au peuple palestinien de leur droit à l’autodétermination et à l’établissement de leur Etat indépendant avec Jérusalem comme capitale ». Ces demandes n’ont jamais été entendues par l’Etat d’Israël.

Un câble WikiLeaks du 11 février 2009 (09TELAVIV363) intitulé « Le président du Likoud Netanyahu parle de l’Iran, des Palestiniens et de la Syrie avec Codel Smith » explique le point de vue israélien sur la situation géopolitique du Moyen-Orient. Ce câble est très important, car il montre que l’Etat d’Israël aurait pu avoir un intérêt direct dans la déstabilisation du régime syrien pour conduire à l’affaiblissement du Hamas en Palestine. Israël accuse l’Iran de financer les groupes terroristes au Moyen-Orient et d’être le « régime-mère » du terrorisme. Parmi ces groupes terroristes, Israël considère que c’est l’Iran – soutenu par la Syrie – qui apporte son soutien au Hamas palestinien.

La Syrie, l’Iran et le Hamas palestinien

La théorie du gouvernement israélien consiste à dire, en quelque sorte, que si le Hamas est si puissant en Palestine, c’est parce qu’il est soutenu financièrement et idéologiquement par les régimes alliés de la Syrie et de l’Iran. Autrement dit, selon Israël, le problème du conflit israélo-palestinien ne serait pas uniquement un problème entre Israël et la Palestine, mais un problème qui a sa source en Syrie et en Iran, et qui doit se résoudre par l’affaiblissement de ces deux régimes: « il [Netanyahu] prédit que le terrorisme diminuerait si on coupe la volonté et la capacité de l’Iran à soutenir des terroristes avec de l’argent, un entraînement et des directives« .

On voit bien comment la stratégie israélienne se met en place et pourquoi le renversement du régime syrien aurait pu servir par la suite les intérêts sécuritaires de l’Etat d’Israël, en assurant la présence de régimes favorables à Israël dans tout le Moyen-Orient. Dans la suite du câble, Netanyahu « affirma que le retrait du Hamas au pouvoir n’y produirait pas nécessairement un régime pire, étant donné que les groupes alternatifs ne sont pas aussi proche de l’Iran que le Hamas ». Ainsi, affaiblir l’Iran et la Syrie semble s’être présenté aux yeux des responsables israéliens comme un moyen possible pour obtenir la fin de la résistance du Hamas en Palestine.

Le conflit israélo-palestinien, un problème régional

A travers ce document Wikileaks, on comprend finalement que le gouvernement israélien perçoit la guerre avec le Hamas dans une logique régionale qui va au-delà des territoires de la Palestine occupée. Cette logique régionale inclut plusieurs pays: Israël, la Palestine occupée, la Syrie, l’Iran, l’Irak et le Liban. Le conflit israélo-palestinien est un enjeu pour toute cette région du Moyen-Orient, c’est un facteur de déstabilisation et c’est pourquoi beaucoup d’observateurs considèrent qu’il n’y aura jamais de paix au Moyen-Orient tant que le conflit israélo-palestinien ne sera pas résolu. Les câbles Wikileaks témoignent de cette logique.

Dans un autre câble du 4 avril 2005 (05TELAVIV2054), le gouvernement israélien évoque de nouveau le problème de la Syrie face aux groupes terroristes: « Il a dit que, bien que la Syrie ait fait de mauvaises choses, comme aider le Hamas et le Hezbollah, en compromettant la stabilité en Irak, et donnant refuge aux copains de [Saddam] Hussein, la chose la plus importante maintenant est de le sortir du Liban. » Dans ce même câble, le ministre israélien des Affaires étrangères, Silvan Shalom, évoque l’espoir que « d’autres pays de la région passent vers des systèmes démocratiques ». Ces propos témoignent d’une certaine volonté israélienne d’amener des changements de régime au Moyen-Orient, vers des régimes plus démocratiques et pacifiés, libérés du terrorisme, ou du moins d’une stabilisation politique en Irak et en Syrie, qui pourrait être favorable à la résolution du conflit israélo-palestinien.

Le câble diplomatique ne dit pas si le gouvernement israélien a eu une implication dans la déstabilisation du régime syrien, mais si tel était le cas, on constate aujourd’hui que la stratégie d’Israël a échoué au Moyen-Orient, car la déstabilisation des régimes hostiles à l’Etat d’Israël n’a pas pacifié le Moyen-Orient et n’a pas conduit à la mise en place de systèmes plus démocratiques. Au contraire, on voit aujourd’hui qu’avec la guerre en Syrie, non seulement les régimes se sont maintenus dans la violence et la répression, mais le jihadisme a aussi progressé et se répand comme une poudre sur toute la région.

Quel rôle pour la Russie?

Il semble aussi que le gouvernement israélien ait mal envisagé le rôle de la Russie dans le conflit au Moyen-Orient. Dans le premier câble (09TELAVIV363), Netanyahu présente la Russie comme un possible allié dans la stratégie de lutte contre le terrorisme en Iran et en Syrie: « La communauté internationale pourrait aussi imposer un blocus naval sur l’Iran […] avec la Russie comme pays clé dans cet effort. Le conseiller de Netanyahu, Arad, a ajouté que la Russie a été utile à certains moments […] et que les puissances occidentales pourraient avoir à faire des concessions avec la Russie sur d’autres questions pour les amener à collaborer plus étroitement contre Téhéran. »

Ce câble date d’avant le début de la guerre en Syrie, qui a commencé par les manifestations du 15 mars 2011, mais on sait aujourd’hui que la Russie n’a pas voulu s’allier avec l’Occident dans la lutte contre le régime syrien. Le câble Wikileaks montre ainsi que la stratégie prévue par le gouvernement israélien n’a pas fonctionné, car celui-ci pensait s’appuyer sur la Russie pour déstabiliser l’Iran et la Syrie. De son côté, la Russie n’a pas voulu intervenir contre le régime syrien par peur d’une extension du front islamique vers ses propres frontières: on voit que, là aussi, le raisonnement n’a pas fonctionné, car le front islamique s’est bel et bien étendu vers d’autres pays, même s’il n’atteint pas encore la Russie.

En fait, il y a beaucoup d’incertitudes sur ce qui se passe désormais dans cette région du Moyen-Orient. Il semble que toutes les stratégies gouvernementales aient échoué pour pacifier la région et que les scénarios qui se déroulent actuellement en Syrie et en Irak avec l’avancée de l’Etat Islamique n’avaient certainement pas été imaginés ni par le gouvernement israélien, ni par les gouvernements américain, européen ou russe, à un moment où ils pensaient régler le conflit avec le Hamas.

Les documents Wikileaks mettent ainsi en lumière les profondes erreurs d’appréciation des responsables gouvernementaux israéliens qui, dans leur stratégie face à l’Iran et à la Syrie, en 2005, puis 2009, ont pensé qu’ils réussiraient à affaiblir le Hamas, mais n’ont pas compris que ce qu’ils redoutaient le plus allait se produire quelques années plus tard, à savoir l’avancée actuelle du front jihadiste, la radicalisation du terrorisme et la déstabilisation du Moyen-Orient qui remet profondément en cause tout espoir de résoudre de manière pacifique le conflit israélo-palestinien.

Source des documents Wikileaks: http://search.wikileaks.org/plusd/cables/09TELAVIV363_a.html et http://search.wikileaks.org/plusd/cables/05TELAVIV2054_a.html

Syrie: l’irakisation du conflit ?

Syrie, l'irakisation du conflit?

15/07/2013, Par Ghada Hamrouche

La Russie et les Etats-Unis affirment toujours leur volonté d’organiser une conférence pour la paix en Syrie alors que les chances de réussite de cette dernière, baptisée Genève 2, s’amenuisent de jour en jour. La Syrie s’enfonce dans une guerre civile tentaculaire.

En près de 3 années, cette guerre civile aurait fait près de 100 000 morts et des millions de réfugiés.

Les affrontements entre pro et anti-régime se poursuivent. Des affrontements qui sont aujourd’hui doublés d’une confrontation entre les différentes factions de la rébellion.

La composante hétéroclite de ces combattants venus de divers horizons et pour diverses raisons accentuent la confusion et brouille les motivations des uns et des autres. Si globalement les premiers combattants de l’Armée syrienne libre (ASL) étaient des opposants au régime de Bachar al Assad, ceux qui les ont rejoints au fil du temps, veulent combattre en Syrie pour autre chose. Du Jihad, prôné par les uns, à la guerre confessionnelle, défendue par les autres, le terrorisme qu’imposent ces groupes à la société syrienne fait craindre le pire.

 Le dernier épisode de cette confrontation est indicatif à plus d’un titre. Entre les rebelles syriens dits modérés et les djihadistes venus prêter main forte contre les forces de Bachar al Assad en Syrie, il suffit d’un rien pour mettre le feu aux poudres. L’assassinat le 11 juillet de Kamal Hamami, un chef de l’Armée syrienne libre (ASL) à Lattaquié dans des circonstances floues par les combattants de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), marque l’implosion de la rébellion armée contre Assad. L’hostilité croissante entre djihadistes et l’ASL, jugée modérée n’augure rien de bon. La guerre de suprématie entre les deux clans débarque avant même que le combat contre Assad ne soit terminé.

Quel avenir pour la Syrie ?

Que va-t-il se passer en Syrie dans les mois à venir ? La fin du régime de Bachar al Assad, si l’on admet qu’il tombera tôt ou tard, ne pourrait que précipiter le pays dans une anarchie totale. Le scénario irakien semble la seule alternative qui se profile à l’horizon syrien. Certains disent même que ce scénario est déjà enclenché. La sanglante décomposition à l’irakienne, ponctuée d’attentats de plus en plus meurtriers, avec la survie plus ou moins longue du régime de Bachar al Assad tandis que le peuple cumule les affres de la guerre civile et l’embargo. La position géostratégique de la Syrie et ses soutiens internationaux de poids, notamment l’Iran, la Russie mais aussi l’Irak et le Hezbollah libanais offre une longévité au régime qui maintiendrait la situation en état. Les analystes sont convaincus, aujourd’hui que la chute de Bachar al Assad n’apporterait pas davantage la paix à la Syrie que celle de Saddam Hussein ne l’a apportée en Irak. Bien au contraire.

Une chose est certaine: le nombre croissant de victimes innocentes des combats tout autant que le nombre de réfugiés syriens dans les pays voisins et ailleurs sont une facture déjà trop lourde. Outre les personnes qui ne sont pas particulièrement visées mais seulement présentes au mauvais endroit et au mauvais moment, il y a les victimes ciblées: les minorités confessionnelles notamment les alaouites auxquels appartient le clan d’Assad, mais aussi des chiites et des sunnites ainsi que les chrétiens. Les villes syriennes se vident de leurs habitants forcés de partir, souvent sans avoir le temps de rien emporter. Celles-ci se transforment en champs de bataille où le gagnant n’est pas toujours en mesure d’asseoir son autorité sur les autres milices qui y activent.

Israël en …«sniper»

Pendant ce temps, une nouvelle attaque israélienne a ciblé une base syrienne à côté du port de Lattaquié. Selon la chaîne américaine CNN, qui cite un responsable du Pentagone, l’aviation israélienne a lancé un raid nocturne contre un dépôt de missiles antinavires Yakhont, récemment livrés par la Russie au régime syrien. D’après le magazine britannique Sunday Times, l’attaque a plutôt été menée par un sous-marin israélien de la classe Dolphin qui aurait tiré des missiles de croisière contre le dépôt.

Damas a rapporté que des explosions avaient eu lieu dans cette base après une attaque de l’ASL. Un porte-parole de l’ASL a confirmé à l’agence Reuters que d’énormes explosions avaient été observées, et la présence de missiles sur la base navale de Safira, à côté du port de Lattaquié. Mais il a démenti que l’ASL soit à l’origine de l’attaque. «Il s’agit soit d’un raid aérien, soit de missiles tirés depuis des navires en mer», a déclaré le porte-parole, Qassem Saadeddine.

Le ministre de la Défense de l’État hébreu, Moshe Yaalon, s’est contenté de rappeler qu’Israël avait tracé des lignes rouges, conformément à ses propres intérêts, et ils les font respecter.

Ce n’est pas la première agression de l’Etat sioniste sur la Syrie fragilisé par une guerre de près de trois ans. En janvier 2013, l’aviation israélienne avait lancé plusieurs raids contre des dépôts d’armes près de Damas. Le 5 mai 2013, d’autres attaques aériennes avaient été lancées, cette fois contre des bases situées sur les hauteurs de la capitale syrienne. Les Américains avaient confirmé tous ces raids tout en soutenant le droit d’Israël de se défendre. Même quand Tel Aviv n’apporte aucune preuve sur sa sécurité menacée.

Washington, qui coopère étroitement avec Israël, ne craint qu’une escalade militaire impliquant l’Iran. Téhéran, cerné par les salafistes et wahabites qui dominent les pays du Golfe, n’a d’allié stratégique dans la région que Damas. Aussi, les Iraniens affirment qu’ils ne laisseront jamais tomber le régime de Damas. Le Hezbollah, importante pièce sur l’échiquier de la résistance dans la région, refuse de se laisser entrainer dans des problèmes interlibanais qui l’éloigneraient du grand jeu qui se trame en terre syrienne. Il reste, pour le moment, l’allié indéfectible de l’armée syrienne régulière. Un soutien actif depuis la bataille de Qosseir en juin dernier.

A travers ces tiraillements internes et externes, la nouvelle carte du nouvel Moyen-Orient que l’on veut dessiner sans une Syrie forte et surtout sans un axe de résistance viable, permet de voir plus clairement la partie qui en tire le plus grand profit.

Source: http://www.latribune-online.com/suplements/international/85401.html

#The GIFiles : L’assassinat d’Imad Mughniyeh – Retour sur les opérations secrètes du Mossad –

 Publié : le mars 13, 2012 par W dans The Global Intelligence Files

25 Palestiniens, dont des membres du groupe armé “Jihad islamique” et des civils parmi lesquels un enfant de 12 ans, ont été tués à Gaza dans des raids israéliens depuis ce vendredi 9 mars. Cette escalade de violence s’est déclenchée après l’assassinat du chef du “Jihad islamique” et ce dernier a riposté par le tir de près de 100 roquettes contre l’état d’Israël.

De la fumée s'élève au-dessus de la ville de Gaza, après un raid aérien samedi. Crédits photo : Hatem Moussa/AP

De la fumée s’élève au-dessus de la ville de Gaza, après un raid aérien samedi. Crédits photo : Hatem Moussa/AP

Ce n’est pas la première fois que l’armée ou les services secrets israéliens ont recours à ce genre d’opération très controversée, les services secrets israéliens, “Le Mossad”, est connu pour ses opérations clandestines à travers le monde ; l’assassinat de Mahmoud Al-Mabhouh, membre des groupes armés palestiniens Ezzedine al Qassam, le bras armé du Hamas à Dubaï, est un coup qui a fait la une des médias internationaux le 20 janvier 2010.

La police de Dubaï -Emirats Arabes Unis- après une enquête profonde a publié cette vidéo, “CCTV footage : The assassination of Mahmoud al Mabhouh in Dubai” en 2010 qui montre comment des agents secrets israéliens ont traqué Al Mabhouh pour le torturer et l’assassiner dans une chambre d’hôtel.

Même s’il n’y a pas de preuve, l’Iran n’a pas hésité à accuser le Mossad des récents assassinats contre des savants iraniens.

INSIGHT – Israel – assassinat d’Imad Mughniyeh – IL1

L’email ayant l’ID 66013 rendu public le 13 mars 2012 et daté du 21 février 2008, échangé entre Reva Bhalla, la directrice des analyses à Stratfor et le service de renseignement de la même compagnie, nous présente le rapport élaboré par une source israélienne qui travaille pour le compte de Stratfor sur l’assassinat d’Imad Mughniyeh, un des piliers du Hezbollah, le 12 février 2008 à Damas en Syrie.

Le document original du site Wikileaks est accessible ici.

Email-ID 66013
Date 2008-02-21 22:00:39
De bhalla@stratfor.com
A intelligence@stratfor.com

PUBLICATION: Pour usage Background/Analyse

ATTRIBUTION : Source israélienne (connecté)

Fiabilité de la source: B

Elément de crédibilité: 2

TRAITEMENT SPÉCIAL: N / A

Imad Mughniyeh

Imad Mughniyeh

Sur l’assassinat d’Imad Mughniyeh:

Définir M.O. du Mossad. C’était une attaque très élégante. Comme l’ont montré des images, la voiture était encore largement intacte, l’explosion contrôlée s’était concentrée sur l’appuie-tête.

Le Mossad ne revendique jamais les assassinats. La seule fois où ils l’ont revendiqué, c’était pour l’assassinat d’Ali Hassan Salameh (Une des rares fois où Israël agit sans notifier les U.S. (Etats-Unis), et les U.S. qui étaient bourrés parce qu’il été une liaison de la CIA).

Certainement les U.S savaient pour l’assassinat, le commentaire du département d’Etat le reflète.

Je crois vraiment que le Mossad avait traqué IM (Imad Mughniyeh) pendant un certain temps. Ce petit éditorial est paru le lendemain de l’assassinat dans haaretz (un journal Israélien) et explique d’un point de vue opérationnel comment vous vous attachez à quelqu’un que vous suiviez et ce sentiment bizarre de tristesse quand il est éliminé parce que vous avez suivi tous ses mouvements et pendant si longtemps. Ne peut être compris que d’un point de vue opérationnel.

Il était un grand atout pour le Mossad de le suivre, mais difficile de comprendre pourquoi il l’a assassiné aujourd’hui. Peut-être que l’assassinat est lié à une volonté de la part des États-Unis/Iran d’exercer une pression sur l’Iran sur ce point, ou alors une bonne occasion qui s’est présentée. Le Mossad savait qu’il avait été réactivé depuis un certain temps maintenant… il a été suivi pendant un certain temps.

Comment l’opération s’est probablement réalisée :

Photo de l'attentat

Photo de l’attentat

Le Mossad travaille en équipes modulaires. Cette opération nécessite beaucoup plus que juste trois personnes, mais vous n’en avez jamais eu besoin d’un grand nombre dans le pays au moment de l’attaque, vous avez une personne pour la surveillance, le récupérer, envoyer une autre personne pour acquérir les explosifs, le récupérer, envoyer un fabricant de bombe et le récupérer, etc. Ce n’est pas clair s’ils avaient quelqu’un dans le pays au moment de l’attaque .. ne serez pas surpris si la bombe était déclenchée par un signal sat -satellitaire- (ma note – peut-être que ma théorie de ping d’un téléphone cellulaire est vraie ?). En outre, toute personne, qui travaillait avec eux dans le pays au moment de l’attaque était probablement une recrue arabe (la raison probable pour laquelle la Syrie et l’Iran estiment l’implication d’un régime arabe dans cet assassinat). Pas de question même si c’était une op du Mossad.

IM (Imad Mughniyeh) était un atout majeur et était actif. Il était capable de survivre pendant si longtemps parce qu’il a été protégé de très près par les Iraniens. Quand je dis qu’il était actif, je ne dis pas qu’il était un opérateur directement impliqué dans toute la formation, etc. Il était un stratège, ils l’appelaient leur chef d’état-major. Et vous grossissez lorsque vous êtes assis à Téhéran comme chef d’état-major. C’est la nature du biz.

Les représailles viendront. Ce n’est pas une question de si, mais de quand. Sera beaucoup plus une attaque comme celle de Buenos Aires – opération outre-mer, secrète. Et ça sera une opération importante. Le Hezbollah a des agents actifs à l’étranger pour tirer cela au large et n’oubliez pas lors de l’attaque de BA – Buenos Aires-, que les Iraniens ont réussi à corrompre les responsables de la sécurité argentins et l’équipe d’enquête.

Israël est militairement prêt pour une autre guerre. Ashkenazi a fait un travail phénoménal au cours de l’année précédente dans la réforme du système.. C’est vraiment incroyable. Il est un Golani – ce qui signifie qu’il est un hardcore. Nous avons des blagues en Israël disant que les Brigades Golani sont celles qui mangent la saleté et qui sont les plus robustes… Ashekenazi est sérieux sur ce sujet et il n’a pas donné d’interview.

En outre, Meir Dagan a totalement transformé le Mossad. Il est venu et il a littéralement fermé le département des recherches du Mossad. Il a dit je ne veux plus de documents académiques, tout se focalise sur les opérations. Ce coup de Mughniyeh était son bébé. Ce n’est pas une coïncidence que Olmert ait étendu le mandat de Dagan jusqu’en 2009 pour la première fois JUSTE APRES le succès sur IM (Imad Mughniyeh).

L’ego d’Israël était grièvement meurtri par la guerre avec le Hezbollah et cet assassinat ainsi que la frappe aérienne en Syrie est une façon qu’a Israël de revenir et de montrer qu’ils sont encore forts. Cela aide aussi Olmert à garder le capital politique dont il a besoin. C’est le genre d’action que nous allons voir d’Israël – autres opérations de ce genre.

Israël NE VEUT PAS d’une autre guerre avec le Hezbollah maintenant. Ils n’essayent pas de les pousser vers une autre guerre non plus. Le “focus” est mis sur les opérations secrètes. Il est hors de question pour Israël d’essayer de répéter la guerre de 1982 au Liban. Ce fut le Vietnam d’Israël. Israël est absolument sensible aux victimes militaires, plus que les États-Unis. C’est ce que le rapport Winograd avait pour sujet – on note qu’il n’a pas parlé des victimes civiles, il parlait uniquement des victimes militaires et si leurs vies valaient la peine de lancer une opération terrestre si tardive dans le jeu…. c’est ancré dans la psyché israélienne. Israël ne voudra pas une guerre dont les victimes humaines seront élevées. Même durant la guerre du Liban, c’était vrai.

Concernant le  Hamas ..

Les canaux de communication indirects “Backchannels” entre Israël et le Hamas sont en cours. L’Égypte est le principal canal (principalement Omar Suleiman). Barak ne sait pas quoi faire encore au sujet de la bande de Gaza. On ne parle même pas de réoccupation, mais c’est toujours une situation de désordre. La bombe qui a explosé à Dimona venait d’Hébron ; ironiquement, des militants pacifistes israéliens ont réussi à stopper la construction du mur à l’endroit où le kamikaze est passé.

L'impact d'un Qassam sur la ville de Sderot

L’impact d’un Qassam sur la ville de Sderot

Beaucoup de pression politique s’exerce sur Olmert pour qu’il fasse quelque chose au sujet de Gaza. Les familles de Sderot ont de l’influence. Les roquettes Qassam sont beaucoup plus une arme psychologique qu’autre chose, ils ne causent pas beaucoup de dégâts. Mais l’effet politique ne peut être sous-estimé.

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« The World Tomorrow », épisode 1 – Julian Assange interviewe Sayyed Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah

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Février 2012 – (vidéo de l’interview, en anglais et en arabe, en fin d’article)

[Voix off ] Je suis Julian Assange, directeur de la publication de WikiLeaks. Nous avons dévoilé les secrets du monde, attaqués par les puissants. Depuis 500 jours, maintenant, je suis détenu sans mise en examen, mais cela ne nous a pas arrêtés. Aujourd’hui, nous sommes en quête d’idées révolutionnaires qui pourraient changer Le Monde de Demain.

Cette semaine, je suis rejoint par un invité depuis un lieu gardé secret au Liban. Il est l’un des plus extraordinaires personnages du Moyen-Orient. Il a livré de nombreuses batailles armées contre Israël et est maintenant impliqué dans une lutte internationale en Syrie. Je veux savoir : pourquoi est-il qualifié de combattant de la Liberté par des millions de gens, et en même temps traité de terroriste par des millions d’autres. C’est sa première interview à l’Ouest depuis la guerre israélo-libanaise de 2006. Son parti, le Hezbollah, est membre du gouvernement libanais. Il en est le chef, Sayyed Hassan Nasrallah.

JA : Êtes-vous prêt ?…Quelle est votre vision du futur d’Israël et de la Palestine ? Qu’est ce que le Hezbollah considérerait comme une victoire ? Et, si vous obteniez cette victoire, désarmeriez-vous ?

SHN : L’État d’Israël n’est pas un…c’est un État illégal, c’est un État qui a été établi sur la base de l’occupation des territoires des autres, l’usurpation des territoires des autres, le contrôle par la force des territoires des autres, en commettant des massacres contre les Palestiniens qui ont été expulsés, et ceci inclut aussi des Musulmans et des Chrétiens, donc pour cette raison, la justice est…la justice reste…reste dans le fait que, même passé dix ans, le passage du temps ne transforme pas la justice en…ne nie pas la justice. Si c’est ma maison…mettons votre maison…et je viens, et je l’occupe par la force, elle ne devient pas mienne en 50 ou 100 ans juste parce que je suis plus fort que vous et que j’ai été capable de l’occuper, cela ne me donne pas…cela ne légalise pas ma possession de votre maison. Du moins, ceci est notre point de vue idéologique, et notre point de vue légal, et nous croyons que la Palestine appartient au peuple palestinien. Mais, si nous voulions combiner l’idéologie et la loi avec les réalités politiques, et les mettre en relation sur le terrain, nous pourrions dire que la seule solution est que nous ne voulons tuer personne, nous ne voulons traiter personne injustement , nous voulons que la justice soit restaurée pour… et la seule solution est l’établissement d’un État, un État sur le territoire de la Palestine dans lequel les Musulmans, les Juifs et les Chrétiens vivent en paix dans un État démocratique. Toute autre solution ne serait simplement pas viable, et ne sera pas soutenable.

JA : Israël dit que le Hezbollah a tiré des roquettes sur Israël dans des zones civiles – est-ce vrai ?

SHN : Tout au long des années passées, et même depuis 1948, quand l’État d’Israël a été créé sur le territoire de la Palestine, les forces israéliennes ont bombardé des civils, des civils libanais, et des villages libanais et des bourgades libanaises. Dans les années de résistance, c’est à dire entre 1982 et…92. Après dix ans de résistance, nous avons commencé à réagir – mais purement et seulement et strictement pour empêcher Israël de bombarder nos civils. Ainsi donc, en 1993, il y a eu une entente, elle était tacite entre la résistance et Israël, et cette entente a été réaffirmée en 1996, et cette entente implique que les deux côtés évitent de bombarder des civils, et nous avons toujours dit « si vous ne bombardez pas nos bourgs et nos villages, nous ne ferons rien à vos bourgs et vos villages » Ainsi, voyez-vous, le Hezbollah a recouru à cette méthode après de longues années d’agression contre des civils libanais, et son objectif est purement d’instituer une sorte d’équilibre de dissuasion pour empêcher Israël de tuer des civils libanais.

JA : Selon les télégrammes diplomatiques de WikiLeaks provenant de l’ambassade des États-Unis au Liban, vous auriez dit que vous étiez choqué par le degré de corruption que les membres du Hezbollah sont en train d’atteindre. Ils disent que vous avez dit « Que sommes-nous devenus ? » parce que certains membres du Hezbollah roulent dans des 4X4, des grosses voitures, portent des tenues en soie, achètent de la nourriture à emporter. Est-ce une conséquence naturelle de l’intégration du Hezbollah dans le système politique électoral libanais ?

SHN : D’abord, ce qu’ils disent à ce sujet n’est pas correct . Cela fait partie des rumeurs qu’ils ont voulu utiliser pour discréditer le Hezbollah et nuire à son image. Cela fait bien entendu partie de la guerre des médias contre nous. Vous savez qu’ils parlent de nous, ils disent que nous agissons, vous savez, comme des organisations mafieuses, et euh, avec des trafics de drogue dans le monde entier, ce qui cependant dans notre religion et notre morale est absolument l’un des interdits les plus ultimes, c’est quelque chose contre quoi nous nous battons. Ils disent un tas de choses qui sont sans fondement, et je veux ici vous affirmer que cela n’est pas vrai.

En second lieu, ce qu’ils ont dit récemment, je dirais que c’est juste très….C’est un phénomène limité, et sa raison est qu’il y a, vous savez, des familles riches qui n’étaient pas…..qui dans le passé ne soutenaient pas le Hezbollah, ou ne soutenaient pas sa ligne, ni son idéologie ni son programme . Vous savez, quand, après l’an 2000, quand la résistance au Liban et le Hezbollah, – et le Hezbollah est la composante principale de la résistance -, arrivèrent à libérer le sud Liban, cela a été vu comme une sorte de miracle, cela a créé un grand choc dans la société libanaise, parce que, comment un petit groupe comme celui-là avait-il pu se dresser pendant 33 jours en face de la plus grande, la plus puissante armée de la région, et sans être vaincu ? Ainsi, des composantes de la société commencèrent à se considérer elles-mêmes comme pro-Hezbollah ou des soutiens au Hezbollah, et elles viennent de, vous voyez…de milieux aisés qui vivent une vie facile avec leurs capacités financières, et ainsi, voyez-vous, c’est c’est… Ils disent que ce phénomène a pénétré le Hezbollah, mais ce n’est pas vrai – je dis cela vraiment en confiance avec les informations qui me sont disponibles – ce n’est vraiment pas un problème auquel nous devons remédier.

JA : Pourquoi avez-vous soutenu le Printemps Arabe en Tunisie, au Yémen,….en Égypte et dans d’autres pays, mais pas en Syrie ?

SHN: Les raisons sont claires. D’abord, c’est que…Originairement, parce que, en principe, nous ne voulons pas nous ingérer dans la politique intérieure des États arabes. Cela a toujours été notre politique. Il y a eu des événements dans le monde arabe…qui ont été très sérieux et très importants, au point que personne, aucun parti, aucun mouvement, ne peut s’abstenir de prendre position par rapport à eux. En Syrie, tout le monde sait que le régime de Bachar al-Assad a soutenu la résistance au Liban, soutenu la résistance en Palestine, il ne s’est pas couché sous la pression israélienne et américaine, aussi, c’est un régime qui sert très bien la cause palestinienne. Ce à quoi nous appelons pour la Syrie est la négociation…c’est le dialogue, c’est la réforme, et que les réformes soient engagées, parce que, l’alternative à cela, à cause des diversités en Syrie, à cause du caractère sensible des situations en Syrie, l’alternative est de pousser la Syrie dans une guerre civile, et c’est exactement ce qu’Israël et les États-Unis veulent en Syrie.

JA : Sayyed, pendant le week-end, plus de 100 personnes ont été tuées à Homs, y compris une journaliste avec qui j’avais déjeuné il y a un an, Mary Colvin. Je peux comprendre votre logique quand vous dites que nous ne pouvons pas juste détruire un pays sans raison et qu’il est préférable de réformer un pays si possible. Mais le Hezbollah a-t-il une limite à ne pas dépasser ? S’il y a 100 000 personnes tuées, un million de personnes tuées, quand le Hezbollah dira-t-il que cela suffit ?

SHN: Depuis le début des événements en Syrie, nous avons eu des contacts – des contacts constants – avec les dirigeants syriens, et nous avons parlé en amis, échangeant des avis sur l’importance de mettre en œuvre des réformes depuis le tout début. J’ai personnellement trouvé que le Président Assad était très désireux de mettre en place des réformes radicales et importantes, et ceci nous a rassurés, euh… eu égard aux positions que nous avions prises. En plus d’une occasion, publiquement, j’ai fait des discours où j’ai dit ceci – et ceci exactement – et dans mes rencontres avec divers hommes politiques libanais, arabes, ou autres, je leur ai dit la même chose : Que je suis sûr que le Président Assad veut la réforme et veut engager des réformes, des réformes réalistes et authentiques, mais l’opposition doit accepter le dialogue.

Je dirais plus que cela, et c’est la première fois que je le dis, nous avons même contacté des éléments de l’opposition pour les y encourager et faciliter le processus de dialogue avec le régime. Mais eux, ils ont rejeté le dialogue, et depuis le tout début, nous avons eu un régime qui veut accepter des réformes et est prêt au dialogue. De l’autre côté, vous avez une opposition qui n’est pas prête au dialogue et qui… n’est pas prête a accepter de… d’accepter les réformes, tout ce que l’opposition veut, c’est de renverser le régime, donc, nous avons un problème… Autre chose, ce qui est en train d’arriver en Syrie doit être… nous devons le regarder avec deux yeux, pas seulement d’un seul point de vue. Les groupes armés en Syrie ont tué beaucoup de civils.

JA : Comment voyez-vous l’évolution de la situation en Syrie ? Que devrions-nous faire pour arrêter les tueries ? Vous avez parlé de dialogue, et le dialogue est une chose dont il est facile de parler, mais y a-t-il des mesures pratiques pour arrêter… le bain de sang qui a lieu en Syrie ?

SHN: Pour la question précédente, il y a quelque chose que je n’ai pas mentionné, et je vais l’ajouter à cette réponse. Il y a certainement des États qui offrent de l’argent, qui procurent de l’argent, qui procurent des armes, qui encouragent les combats à l’intérieur de la Syrie, et certains de ces États sont  des … pays arabes, et il y a aussi des pays non-arabes. Premier point. Il y a aussi une situ… euh, un fait préoccupant également, qui est confirmé, et nous avons tous entendu Dr Ayman al-Zawahiri, le leader d’ al-Qaïda quand il…. quand il a appelé au combat en Syrie, au… au…. aux armes en Syrie, alors il y a des combattants d’al-Qaïda qui sont arrivés en Syrie, et d’autres qui sont… qui les suivent, de plusieurs pays, et ils sont en train d’essayer de faire de la Syrie un champ de bataille.

Donc, les pays qui procurent des armes et de l’argent devraient être capables d’amener les groupes d’opposition qu’ils soutiennent à s’asseoir à la table des négociations et résoudre les choses politiquement. J’ai dit cela il y a quelques jours, certains pays arabes sont prêts… prêts à avoir dix ans….à s’engager dans des discussions politiques avec Israël pendant des dizaines d’années non stop, malgré tout ce qu’Israël a fait dans la région, mais ils n’accorderont pas un an ou deux ans – voire juste quelques mois – pour une solution politique en Syrie, et cela n’a absolument aucun sens et c’est injuste.

JA : Seriez vous disposé à exercer une médiation entre ces groupes d’opposition et le régime d’Assad? Les gens savent que vous n’êtes pas un agent des États-Unis, ou d’Arabie Saoudite, ou d’Israël, mais croiront-ils que vous n’êtes pas un agent du régime d’Assad ? S’ils peuvent en être convaincus, accepteriez-vous de négocier la paix ?

SHN: L’expérience de trente ans d’existence du Hezbollah prouve qu’il est un ami de la Syrie, et non un agent de la Syrie. Vous savez, il y a eu des périodes de la vie politique libanaise pendant lesquelles notre relation avec la Syrie n’était pas bonne. Euh… nous avons eu des problèmes, il y a eu des problèmes entre nous, et ceux qui ont tiré des bénéfices de la politique et de l’influence de la Syrie et du Liban, sont ceux maintenant qui étaient nos opposants quand nous étions sous la pression de la Syrie. Voyons, nous sommes amis, nous ne sommes pas des agents. Le moindre groupe de… l’opposition syrienne sait cela et toutes les forces politiques de la région aussi. Nous sommes amis.

C’est le premier point. En second lieu, quand je dis que nous soutenons une solution politique, alors, très certainement, nous serions heureux de faire tous les efforts ou d’apporter toute contribution pour que cette solution politique voie le jour. Dans le passé, je vous l’ai dit, nous avons contacté certains éléments qui ont refusé d’entrer dans un dialogue avec le régime. Alors, si un de ces groupes voulait dialoguer avec le régime et voulait que nous soyons des intermédiaires dans ce rapprochement, nous serions plus qu’heureux d’avoir ce rôle de médiateurs. Mais nous demandons aux autres de faire, euh… de faire des efforts pour créer cette solution politique.

JA : Je crois que ces groupes d’opposition,… [l’interprète traduit] trouveraient le rôle du Hezbollah plus crédible… si vous disiez que le régime syrien d’Assad… qu’il y a une limite à ne pas dépasser. Est-ce que le régime syrien est libre de faire ce qu’il veut par rapport au Hezbollah ? Ou y a -t-il des choses que le Hezbollah n’accepterait pas ?

SHN : Oui, naturellement, Je pense que le Président Bachar al-Assad s’est donné ces limites, et nos frères en Syrie ont ces limites, et nous réaffirmons ces limites, que nous devrions tous respecter… Mais le problème est qu’il y a des combats qui ont lieu, et par conséquent, quand un côté recule, l’autre avance. Aussi longtemps que la porte pour une solution politique est fermée et verrouillée, cela va… cela va continuer, parce que même si une des parties concède un recul, l’autre va avancer.

JA : La Tunisie a déclaré qu’elle ne reconnaîtrait plus le régime syrien. Pourquoi la Tunisie a-t-elle pris cette position forte pour se désolidariser de la Syrie ?

SHN : Je crois que la position qui a été prise à Tunis ou ailleurs était fondée d’une façon ou d’une autre sur des [inaudible] incomplètes. Je ne dirais pas incorrectes, je dirais des preuves incomplètes.
Naturellement il y a de l’information fausse, incorrecte qui a été présentée aux gouvernements arabes et occidentaux quand on a dit… quand on leur a dit que le régime allait tomber en l’espace de quelques semaines, alors beaucoup d’entre eux ont voulu participer à cette victoire anticipée. Je ne cache pas aussi que je crois que peut-être la raison de quelques-unes de ces positions qui ont été prises… parce que les jeunes nouveaux gouvernements ont dû faire face à de dures épreuves, et que maintenant ce n’est pas le moment d’entrer dans des disputes avec les États-Unis et l’Occident, et des choses comme cela, et qu’il est préférable de les apaiser et d’être avec eux sur beaucoup de ces questions.

JA : Vous avez fondé une chaîne de télévision internationale. Les États-Unis empêchent al Manar de diffuser aux US. En même temps, Les États Unis déclarent être un bastion de la liberté d’expression. Pourquoi, à votre avis, le gouvernement US a-t-il si peur d’al Manar ?

SHN: Ils veulent pouvoir dire aux gens que le Hezbollah est…est une organisation terroriste, qui tue et assassine, mais ils ne veulent pas laisser les gens nous écouter. Par exemple, s’il s’agissait d’ un procès juste, alors, au moins les accusés auraient le droit de se défendre, mais…mais l’administration états-unienne… Nous sommes accusés, mais nous n’avons même pas ce droit le plus élémentaire de nous défendre nous-mêmes, et de donner notre point de vue aux peuples du monde. Ainsi, ils empêchent cette voix de se faire entendre.

JA : Sayyed, en tant que chef de guerre, comment êtes-vous arrivé à garder la cohésion de votre peuple sous le feu ennemi ?

SHN : La chose la plus importante, autant que je puisse dire, est que nous avions un objectif, nous avons déterminé notre objectif. Cet objectif est à la fois humain, moral, basé sur la foi, et patriotique. Il n’y a pas débat. L’objectif est de libérer notre terre de l’occupation. C’est la… c’est la raison originelle, la raison réelle, pour laquelle le Hezbollah a été fondé en premier lieu, et il n’y a aucune discussion là-dessus parmi les Libanais. Nous, nous ne voulions pas être… nous ne voulions pas entrer au gouvernement, nous ne voulions pas lutter pour le pouvoir politique.

La première fois que nous sommes entrés au gouvernement, dans le gouvernement libanais, c’était en 2005, et le but alors n’était pas d’avoir notre part du pouvoir, mais de protéger… de protéger les arrières de la résistance afin que ce gouvernement, le gouvernement qui était entré en fonctions en 2000, ne fasse pas d’actions erronées contre la résistance, nous avions des craintes de cette sorte, et donc, quand vous avez un objectif, un objectif correct, et j’en fais ma priorité, et j’évite toutes les autres rivalités pour la sauvegarde de cet objectif, et jusqu’à maintenant, nous sommes… nous évitons de nous laisser entraîner dans des querelles internes, autant que nous pouvons. Vous pouvez voir qu’il y a beaucoup de questions au Liban sur lesquelles il y a d’énormes discussions et des différences de point de vue. Nous… nous évitons quelquefois de seulement exprimer notre avis ou de prendre position pour ne pas être impliqués dans des querelles. Notre priorité reste la libération de notre terre, et la protection du Liban contre la menace israélienne, car nous croyons que le Liban est encore confronté à cette menace.

JA: Je voudrais revenir sur votre enfance. Vous étiez le fils d’un marchand de fruits et légumes. Quels sont vos premiers souvenirs en tant qu’enfant dans ce foyer au Liban, et ces souvenirs d’enfance affectent-ils votre pensée politique ?

SHN : Naturellement, quand j’étais enfant, quand j’étais un petit enfant, je suis né et j’ai vécu…J’ai vécu 15 ans après ma naissance dans un quartier de Beyrouth Est. Ce quartier avait certaines particularités, et naturellement, l’environnement laisse… une empreinte sur la personnalité de quelqu’un. Une des caractéristiques de ce quartier était que c’était un endroit pauvre. Il y avait des Musulmans, chiites, et il y avait des Musulmans sunnites, il y avait des Chrétiens, il y avait des Arméniens, des Kurdes, et il y avait aussi des Libanais et des Palestiniens, tous ensemble, aussi, je suis né et j’ai vécu dans cet environnement très varié et mélangé. Donc naturellement, cela a fait… cela m’a, en quelque sorte, alerté et préoccupé au sujet de la Palestine, et de l’injustice à laquelle le peuple palestinien avait été soumis, et j’ai réalisé très tôt pourquoi les Palestiniens étaient dans notre quartier, ils avaient tous été expulsés de leurs villages, de Haïfa, d’Acre, de Jérusalem, de Ramallah. Ils étaient… C’était cet environnement-là dans lequel je suis né et où j’ai grandi.

JA: J’ai lu une plaisanterie plutôt amusante que vous avez faite sur le cryptage et le décryptage par les Israéliens. Cela m’intéresse, parce que je suis un expert en cryptage, et WikiLeaks est en proie à une surveillance de tous les instants. Vous souvenez-vous de cette plaisanterie?

SHN : Oui, je parlais de… de la manière dont la simplicité peut mettre en défaut la complexité. Par exemple, les forces israéliennes au Liban utilisent une technologie très sophistiquée, dans leurs armes ou dans leurs télécommunications. La résistance, de l’autre côté, est une résistance populaire, et la plupart des jeunes hommes qui participent sont seulement des villageois ordinaires, et ils viennent de fermes, ou de petits villages, ou de communautés agricoles.

Et ils… ils communiquent avec des talkie-walkies ordinaires, il n’y a rien de compliqué à çà, ce sont des outils simples, mais quand ils utilisent des codes, ils utilisent simplement une sorte de langue qui… l’argot qui est utilisé dans leur village et dans leurs familles, et ainsi, quelqu’un qui écoute… quelqu’un qui écoute à travers les outils de surveillance et avec les ordinateurs qui vont avec… en essayant de décoder cette sorte de langue, ne sera jamais capable de… Ils ne pourront pas facilement trouver ce que cela signifie, à moins d’avoir vécu pendant des années dans ces villages. Ainsi, par exemple, ils utilisent certains mots, juste des termes de village, vous voyez, la marmite, l’âne, ou même des termes propres au village, comme, oui comme, le père du poulet ou quelque chose comme ça, vous voyez, aucun agent de renseignement ou informaticien Israélien ne peut comprendre qui est le père du poulet, et pourquoi il l’appellent comme ça… Mais cela ne vous servira à rien pour WikiLeaks, dans tous les cas d’utiliser (rires) ce dialecte !

JA : Je vous poserai juste une question provocante… mais elle n’est pas politique. Vous avez combattu contre l’hégémonie des États-Unis. Est-ce que Allah ou la notion d’un Dieu n’est pas l’ultime super pouvoir ? Et ne devriez-vous pas, en tant que combattant de la liberté, vous battre aussi pour chercher à libérer les gens du concept totalitaire que représente un Dieu monothéiste ?

[L’interprète ne sait pas trop comment traduire]

SHN : Nous croyons que Dieu, Tout-Puissant, est le créateur de cette existence, des êtres humains, et de toutes les créatures. Quand il nous a créés, il nous a donné des capacités, il nous a donné des corps, il nous a donné des capacités psychologiques et spirituelles, nous appelons cela l’instinct, l’inclination. Les gens qui sont à l’écart… à l’écart des lois religieuses, ont seulement un instinct, mais ils ont l’instinct de dire la vérité, ils ont une inclination… leur inclination leur dit que la vérité est bien, que le mensonge est mal, que la justice est bien, que l’injustice est mal, qu’aider les gens pauvres ou les gens injustement traités et les défendre est une bonne chose, mais qu’attaquer les autres et répandre leur sang est une chose horrible. La question de résister à l’hégémonie états-unienne, ou de résister à l’occupation, ou de résister à toute attaque contre nous ou contre notre peuple, c’est une question morale, une question d’instinct, une question humaine.

Maintenant Dieu a voulu aussi cela ainsi, dans le sens que, les principes moraux et humains sont cohérents avec la loi du paradis, parce que les… les religions d’Abraham ne sont pas apparues avec quoi que ce soit qui contredise l’esprit ou qui contredise l’instinct humain, parce que le créateur de ces religions est aussi le créateur des humains, et les deux choses sont complètement cohérentes.
Même dans un pays donné, même dans une maison ou un pays, s’il y a deux leaders, c’est une cause de ruine, alors comment l’univers pourrait-il durer depuis des millions d’années dans une si belle harmonie et avoir davantage qu’un seul Dieu? S’il y avait plus qu’un Dieu, il aurait été mis en pièces, nous en avons donc la preuve. Nous ne… nous ne nous battons pas pour imposer une croyance religieuse à qui que ce soit. Abraham, le prophète Abraham était toujours en faveur du dialogue, et de la démonstration, et nous sommes tous… nous sommes tous des successeurs de ce prophète.

JA: Merci Sayyed… Merci aussi à nos interprètes.

La version originale est disponible en cliquant sur le lien suivant:

http://worldtomorrow.wikileaks.org/episode-1.html

Lien sur le forum WikiLeaks: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,10877.0.html

Traduit sur WikiLeaks par Irien

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