Tout s’est déroulé selon le Plan – Le massacre de Raba’a et le meurtre en masse des manifestants en Egypte

Egypte: Meurtres en masse par les Forces de Sécurité

Human Rights Watch, 12 août 2014

Le rapport de 188 pages documente la façon dont la police égyptienne et l’armée ont méthodiquement ouvert le feu à balles réelles sur des foules de manifestants opposés à l’éviction du 3 juillet par l’armée de Mohamed Morsi, premier président civil élu en Egypte, lors de six manifestations entre le 5 Juillet et le 17 Août 2013. Bien qu’il existe également des preuves que certains manifestants ont utilisé des armes à feu au cours de plusieurs de ces manifestations, Human Rights Watch n’a été en mesure de confirmer leur utilisation que dans quelques cas qui ne justifient pas les attaques meurtrières grossièrement disproportionnées et préméditées contre des manifestants massivement pacifiques.

Lire le communiqué de presse: http://www.hrw.org/news/2014/08/12/egypt-rab-killings-likely-crimes-against-humanity

Lire le rapport: http://www.hrw.org/reports/2014/08/12/all-according-plan

Version intégrale du rapport (pdf): http://www.hrw.org/sites/default/files/reports/egypt0814_ForUpload_0_0.pdf

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Human Rights Watch et l’ACLU dénoncent l’espionnage de la NSA et les dérives de la surveillance aux Etats-Unis

Etats-Unis: Dérives de la surveillance

L’ampleur de la pratique de surveillance exercée par le gouvernement américain par le biais d’agences comme la NSA menace l’indépendance du travail des journalistes et des avocats. HRW et l’ACLU ont copublié un rapport à ce sujet. (youtube)

Lire et télécharger le raport: http://www.hrw.org/fr/node/127658

États-Unis: Edward Snowden affirme que la NSA a placé sous surveillance des organisations de défense des droits humains

Publié par HRW.org

3427561_3_b3dd_le-siege-de-la-nsa-a-fort-meade-dans-le_6cdb6fd700c809687baf1005c99823cb(New York, le 8 avril 2014) – L’ancien employé contractuel de l’Agence américaine de sécurité nationale (NSA) Edward Snowden a affirmé au Conseil de l’Europe que la NSA avait placé sous surveillance des organisations de défense des droits humains, sans toutefois identifier ces organisations. Si les affirmations de Snowden étaient avérées, il s’agirait d’un exemple du genre de pratique que le gouvernement des États-Unis condamne dans le monde entier.

« S’il est vrai que la NSA a placé sous surveillance des organisations comme Human Rights Watch et Amnesty International, c’est un scandale et c’est symptomatique de la latitude excessive accordée par la législation américaine aux différents organismes nationaux compétents en matière de sécurité », a déclaré Dinah PoKempner, principale conseillère juridique à Human Rights Watch. « S’il était confirmé, un tel comportement démontrerait une nouvelle fois que les États-Unis doivent réformer leur système de surveillance excessivement répandue.»

La protection des défenseurs des droits humains a toujours été une priorité du département d’État américain, et de telles pratiques seraient en totale contradiction avec des valeurs défendues par les États-Unis avec constance, telles que les libertés d’association et d’expression, a déclaré Human Rights Watch.

Source: http://www.hrw.org/fr/news/2014/04/08/etats-unis-edward-snowden-affirme-que-la-nsa-place-sous-surveillance-des-organisatio

Anonymous essaie de déclencher le Printemps Africain et de faire tomber les dictateurs

Anonymous AfricaPar Joseph Hughes, le 23 juillet 2013

« Le printemps africain est arrivé. A bas les dictateurs! Cette fois pour l’Afrique! » (Anonymous Afrique)

Le groupe hacktiviste Anonymous envisage d’étendre ses opérations sur le continent africain, dans un effort pour destituer les dirigeants politiques corrompus. Le groupe international est tristement célèbre pour avoir fermé des sites Web du gouvernement des États-Unis à la Corée du Nord. La nouvelle branche d’Anonymous est active depuis juin et a été responsable de la fermeture de près de 50 sites internet différents du gouvernement sud-africain, y compris celui du parti au pouvoir, le Congrès National Africain [African National Congress, ANC].

Le blog du groupe a notamment dénoncé les actions du président du Zimbabwe Robert Mugabe, ainsi que la monarchie autoritaire oppressive du Swaziland. Le groupe a récemment ciblé des agences de presse zimbabwéenne pour avoir fait l’éloge notoire du président Robert Mugabe. Le Zimbabwe se prépare actuellement pour une élection présidentielle qui a été critiquée par la communauté internationale pour avoir été truquée. Anonymous Afrique a également cité ce qu’ils désignent comme l’un des «génocides non-dit de l’Afrique » dans lequel 20.000 personnes ont été tuées.

Le président Mugabe est au pouvoir depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1963 et a toujours refusé de céder le pouvoir. Human Rights Watch a mis en garde contre d’éventuelles violences électorales si les choses ne changent pas dans le pays.

Le mouvement, bien que noble, pourrait se révéler faire plus de mal que de bien. L’Afrique est connue pour les violences post-électorales (voir le Mali, le Kenya, le Zimbabwe pour ne citer qu’eux). La rébellion à grande échelle du Printemps Arabe pourrait conduire à encore plus d’instabilité et de violence sur une échelle massive. Les gouvernements africains n’ont tout simplement pas les capacités de construire de nouveaux gouvernements à partir de la base émanant du haut de la rébellion politique. Si Anonymous veut vraiment faire la différence, il faut y aller doucement et examiner les conséquences de ses actions.

Source: http://www.policymic.com/articles/56041/anonymous-attempts-to-spark-african-spring-and-bring-down-the-dictators

Snowden invoque le principe de Nuremberg lors de sa conférence de presse à Moscou

Edward Snowden à Moscou

Solidarité & progrès, samedi 13 juillet 2013

Le lanceur d’alerte Edward Snowden a rencontré le 12 juillet, à l’aéroport Sheremetyevo de Moscou, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, incluant Amnesty International et Human Rights Watch (HRW).

Avant la conférence de presse prévue pour l’occasion, l’ambassadeur américain à Moscou avait demandé à HRW de transmettre un message à Snowden, disant que le gouvernement américain ne le reconnaissait pas comme un lanceur d’alerte mais comme un simple criminel.

Voici les remarques faites par Snowden lors de la conférence de presse, au cours de laquelle il en a appelé à la Constitution américaine, à la déclaration des droits de l’Homme et au principe du tribunal de Nuremberg pour juger de la criminalité de l’administration Obama.

Bonjour,

Je m’appelle Ed Snowden. Il y a un peu plus d’un mois, j’avais une famille, un foyer au paradis, et je vivais dans un grand confort. J’avais aussi la capacité de faire des perquisitions sans mandat, de saisir et de lire vos communications. Les communications de quiconque, à n’importe quel moment. C’est-à-dire le pouvoir de changer le destin des gens.

C’est également une violation majeure de la loi. Les 4ème et 5ème amendements à la Constitution de mon pays, l’Article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, ainsi que plusieurs traités interdisent de tels systèmes de surveillance massive et étendue.

Tandis que la Constitution américaine prescrit ces programmes comme illégaux, mon gouvernement prétend que des ordonnances de justice secrètes, que personne n’a le droit de regarder, confèrent une certaine légitimité à cette affaire illégale. Ces ordonnances ne font que corrompre les notions de justice les plus fondamentales. Ce qui est immoral ne peut être rendu moral par le recours à des lois secrètes.

Je crois aux principes affirmés à Nuremberg en 1945 : ’Les individus ont des devoirs internationaux qui transcendent les obligations nationales d’obéissance. Par conséquent, les citoyens ont à titre privé le devoir de violer les lois domestiques pour empêcher des crimes contre la paix et l’humanité d’avoir lieu.’

Ainsi, j’ai fait ce que je croyais être juste et j’ai commencé une campagne visant à corriger ces méfaits. Je n’ai pas cherché à m’enrichir. Je n’ai pas cherché à vendre des secrets américains. Je ne me suis allié à aucun gouvernement étranger pour garantir ma sécurité. Au lieu de cela, j’ai pris ce que je savais pour le mettre à la disposition du public, afin que ce qui nous affecte tous puisse être discuté par nous tous au grand jour, et j’ai demandé au monde la justice.

Cette décision morale de dire au public comment cet espionnage nous affecte tous m’a coûté cher, mais c’était la bonne chose à faire et je n’ai aucun regret.

Depuis ce jour, le gouvernement et les services de renseignements des Etats-Unis d’Amérique ont cherché à faire de moi un exemple, un avertissement à tous les autres qui pourraient parler comme je l’ai fait. On m’a rendu apatride et on m’a pourchassé pour mon acte d’expression politique. Le gouvernement des Etats-Unis m’a inscrit sur une liste d’interdiction de vol. Il a demandé à Hong Kong de me renvoyer en dehors du cadre de ses lois, en directe violation des principes de non-refoulement – la Loi des nations. Il a menacé de sanctions les pays qui respecteraient les droits de l’Homme et le système d’asile de l’ONU.

Il a même pris l’initiative sans précédent d’ordonner à des alliés militaires de forcer l’atterrissage d’un avion présidentiel dans sa recherche d’un réfugié politique. Cet escalade dangereuse représente une menace non seulement à la dignité de l’Amérique latine, mais aux droits humains partagés par tout individu, toute nation vivant en liberté contre la persécution, et cherchant à bénéficier de l’asile.

Pourtant, confronté à cette agression hors de proportion d’un point de vue historique, des pays à travers le monde m’ont offert soutien et refuge. Ces pays, incluant la Russie, le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua et l’Équateur, ont ma gratitude et mon respect pour être les premiers à tenir tête aux violations des droits humains perpétrées par les plus puissants plutôt que par les plus faibles. En refusant de compromettre leurs principes face à l’intimidation, ils ont gagné le respect du monde. J’ai l’intention de me rendre dans chacun de ces pays pour faire part de ma gratitude à leur peuple et à leurs dirigeants.

Je vous fais part aujourd’hui de mon acceptation formelle de toutes les offres d’asile que j’ai reçues et de celles qui peuvent m’être faites à l’avenir. Avec, par exemple, le droit d’asile qui m’a été accordé par le Président du Venezuela Maduro, mon statut de réfugié est maintenant officiel, et aucun autre Etat n’a le droit d’interférer dans mon droit de bénéficier de cet asile. Comme nous l’avons toutefois constaté, certains gouvernements en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord ont démontré leur volonté d’agir en dehors du droit, et leur comportement persiste jusqu’à ce jour. Cette menace illégale m’enlève la possibilité de me rendre en Amérique latine pour bénéficier du droit d’asile qui m’a été accordé là-bas, en accord avec les droits que nous partageons.

Cette volonté des Etats puissants d’agir en dehors du droit représente une menace pour nous tous, et nous ne devons pas lui permettre de triompher. Ainsi, je demande votre assistance dans ma requête de garanties pour un sauf-conduit à l’égard des pays concernés, afin que je puisse me rendre en Amérique latine, ainsi que dans ma requête d’asile en Russie, jusqu’à ce que ces Etats agissent selon le droit et que mes voyages légaux soient permis. Je vais soumettre ma requête à la Russie aujourd’hui, et j’espère qu’elle sera reçue favorablement.

Source: http://www.solidariteetprogres.org/actualites-001/article/snowden-invoque-le-principe-de-nuremberg-lors-de.html

Communiqué d’Edward Snowden aux groupes de Droits de l’homme à l’aéroport Cheremetievo de Moscou: http://wikileaks.org/Statement-by-Edward-Snowden-to.html

Communiqué audio intégral d’Edward Snowden à l’aéroport Cheremetievo de Moscou: https://soundcloud.com/frank-forrester-1/full-edward-snowdens-statement

Voir l’extrait vidéo du communiqué d’Edward Snowden: http://lifenews.ru/news/116311

Human Rights Watch: « Qui est Bradley Manning? »

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Posté le 7 juin 2013

Le mercredi 5 juin, Amnesty4Manning a demandé aux supporters de Pfc. Bradley Manning de participer aux APPELS POUR MANNING – une journée destinée à prendre son téléphone pour appeler les branches locales d’Amnesty International et Human Rights Watch. L’objectif était de recueillir des informations sur la manière dont les deux plus grandes organisations de défense des droits de l’homme évaluent les violations des droits humains, le soutien à Manning, et pourquoi il n’a pas été reconnu comme prisonnier politique ou prisonnier de conscience.

Plusieurs participants ont rapporté sur le compte Twitter @Amnesty4Manning que les représentants d’Amnesty International ont demandé leur nom et leur adresse e-mail promettant de revenir vers eux à un moment ultérieur. Plusieurs personnes ayant appelé ont été renvoyées au communiqué de presse d’Amnesty publié le premier jour du procès de Manning en cour martiale. Certains ont dit à @Amnesty4Manning que leurs appels sont restés sans réponse ou sont directement arrivés sur une messagerie vocale.

Ce qui suit est le récit d’un supporter de Manning qui a téléphoné aux branches américaines de Human Rights Watch:

« J’ai appelé plusieurs des bureaux de Human Rights Watch, hier, pour exprimer mon soutien de Bradley Manning et demander pourquoi HRW n’avait pas reconnu Manning comme prisonnier de conscience. Le bureau de New York a été particulièrement malhonnête les deux fois où j’ai appelé. La première fois que j’ai appelé, on m’a dit que le site de HRW a déjà abordé cette question, et qu’ils ont reçu « déjà plusieurs appels à ce sujet aujourd’hui ». L’associé de HRW m’a alors dit qu’il me serait plus utile de diriger ce type de demande à l’ACLU [Americain Civil Liberties Union]. Je lui ai répondu que, indépendamment de la position de l’ACLU au sujet de Manning, HRW avait l’obligation de prendre des mesures et de dire son soutien à Manning. Il n’a pas fallu beaucoup plus de temps avant que l’associé me réponde qu’il allait me transférer vers quelqu’un qui serait mieux capable de m’aider. J’ai ensuite été transféré vers un numéro qui a sonné pendant environ cinq minutes avant que je raccroche.

J’ai attendu environ une heure avant de rappeler le bureau de New York. Cette fois, j’étais un peu mieux préparé pour le détour par l’ACLU. Une femme a répondu au téléphone cette fois, et il est bien évident que je n’étais pas la première personne à qui elle avait parlé de Manning. Elle était nerveuse, et a rapidement pris la route de l’ACLU.

« Est-ce que Human Rights Watch a une affiliation quelconque avec l’ACLU? » demandai-je.

« Non. »

« Mais votre organisation dirige directement vers eux les appels du plaidoyer de toute manière? Que fait d’autre HRW pour les êtres humains qui ont besoin d’amnistie? »

« Je vais devoir vous mettre en attente. »

Quelques minutes plus tard, la belle dame est revenue en ligne et m’a dit qu’elle allait me transférer vers quelqu’un qui pourrait m’aider, car elle « ne pouvait pas me garder sur la même ligne avec elle ».

Après plusieurs minutes d’attente, une voix différente est venue au téléphone et a demandé comment elle pouvait m’aider. Je lui ai expliqué pourquoi la femme précédente avec qui je parlais m’a transféré vers elle. Elle m’a alors dit qu’elle était juste une secrétaire à la réception. Je l’ai entretenu pendant plusieurs minutes, juste pour m’assurer qu’elle connaissait les faits autour de l’affaire Manning. J’ai été poli, mais persistant. Je l’ai finalement remercié pour son temps accordé, et j’ai sollicité auprès d’elle, en tant que citoyen américain, de pouvoir parler à une personne de son organisation au sujet de Manning.

L’appel le plus troublant que j’ai fait a été de loin delui du bureau de Los Angeles de Human Rights Watch. Après que j’ai dit à l’associé qui a répondu au téléphone la raison de mon appel, j’ai reçu une réponse imprévue.

« Qui est-ce? »

« Bradley Manning. »

« Oui, qui est Bradley Manning? »

J’étais abasourdi. J’ai regardé mon téléphone pour m’assurer que j’avais composé le bon numéro.

« Est-ce que c’est Human Rights Watch? », ai-je demandé.

« Oui. »

« Et vous ne savez pas qui est Bradley Manning? »

« Non. Qui est-ce? »

Je devais rester calme. Ce que je voulais vraiment, c’était de dire à cette femme que les gens comme elle sont la vraie raison pour laquelle notre gouvernement s’en tire avec ce genre de choses, et qu’il n’y a rien de réel sur les femmes au foyer ou quoi que ce soit d’autre de l’enfer avec lequel elle remplit sa tête, quand elle devrait prêter attention aux droits du 1er amendement qui sont volés. Je voulais lui dire que sa compagnie me fait chier, et qu’elle me fait chier de ne pas avoir la moindre idée d’une chose si importante directement liée à sa profession. Cependant, blâmer cette femme pour son ignorance ne ferait rien pour le héros que je voulais aider. Alors, j’ai répondu rapidement et calmement.

« C’est un patriote, m’dame. Un vrai héros qui a exposé les crimes de guerre au monde, et maintenant le gouvernement US va l’enfermer pour le reste de sa vie. Les organisations comme la vôtre sont censées venir à son secours, mais il est désormais clair pour moi que HRW n’a même pas mentionné cette affaire à ses employés. »

Elle a poursuivi en expliquant que le bureau de Los Angeles était « juste un bureau de collecte de fonds », et n’avait aucune implication dans le choix des causes à plaider. Encore une fois, j’ai pris une profonde inspiration, puis j’ai expliqué lentement à la femme que nous, en tant que citoyens américains, nous devons défendre toutes les vies innocentes qui ont été perdues en exprimant notre soutien à Pfc. Bradley Manning. Après plusieurs minutes de harangue contrôlée, j’ai conclu ma conversation avec la femme en la remerciant de son temps, et en l’encourageant à parler avec quelqu’un de HRW à ce sujet.

Bien que tout cela me rende furieux, je ne suis pas surpris. Je suis en fait encore plus porté par cette expérience que tout le reste. Nous devons continuer à appeler ces organisations, et nous avons besoin d’ÊTRE GENTILS AVEC EUX quand nous remplissons notre objectif. J’ai travaillé dans un centre d’appels avant. C’était un centre d’appels pour une entreprise qui faisait des choses que je n’approuvais pas moralement. Cela étant dit, si je savais que le client avait été traité de manière injuste, mais que ce client m’avait traité comme un idiot, ce client aurait eu un moment beaucoup plus difficile à passer pour obtenir réparation. D’un autre côté, si le client était poli et qu’il avait compris le fait que j’étais juste un gars en plus en bas du totem qui se faisait défoncer par la même société, je faisais tout ce qu’il fallait pour cette personne à part entière. Avec un peu de chance, je peux parler à une personne avec le même esprit quand j’inonde ces organisations avec des appels.

« Oui, qui est Bradley Manning? » Il est difficile d’imaginer que la deuxième plus grande organisation des Droits de l’homme dirigerait ses membres à contacter l’ACLU, quand elle est interrogée sur le soutien à Manning. L’ACLU est une organisation avec laquelle ils affirment n’avoir aucune affiliation. Une recherche rapide sur leur site web affichera un résultat. Human Rights Watch a publié un article sur Pfc. Bradley Manning pendant les trois ans où il a été placé en détention. Un seul. Il a été écrit en mars 2011.

Source: http://amnesty4manning.wordpress.com/2013/06/07/hrw-who-is-bradley-manning/

RootsAction.org: Inacceptable – Obama retient un journaliste en prison au Yémen

Yémen, protestation contre la détention du journaliste Abdulelah Haider Shaye

Le 17 décembre 2009, des missiles Tomahawk américains et des bombes incendiaires à sous-munitions sont tombés sur le petit village yéménite d’al Majala, tuant 21 enfants, 14 femmes et 6 hommes, et brûlant toutes les maisons et ce qu’elles contenaient. Le gouvernement du Yémen en a revendiqué à tort la responsabilité. Le journaliste yéménite Abdulelah Haider Shaye a réfuté cette allégation.

Shaye a fait un rapport sur le carnage, y compris en photographiant des pièces de missile portant la mention « Fabriqué aux Etats-Unis ». Il a rendu compte des frappes américaines ultérieures au Yémen, en collaboration avec le Washington Post, ABC News, Al Jazeera et d’autres médias.

Shaye est en prison au Yémen pour « crime » de journalisme, sur l’insistance du Président Obama. Cliquez ici pour rejoindre notre demande commune à Obama et au gouvernement du Yémen pour libérer Shaye.

Alors que le gouvernement américain recherchait le citoyen américain Anwar Awlaki pour le tuer, Shaye a suivi sa trace à plusieurs reprises et l’a interviewé. C’étaient des entretiens difficiles et sérieux, où Shaye demandait à Awlaki comment il pourrait peut-être soutenir des actes de violence. L’image d’Awlaki n’a pas bénéficié d’aide.

Mais le gouvernement américain a commencé à avertir les médias de ne pas travailler avec Shaye, faussement accusé de soutenir Al Qaïda. Le gouvernement yéménite a enlevé Shaye, l’a menacé et l’a relâché, puis l’a attrapé de nouveau et lui a intenté un procès sans défense, universellement dénoncé comme une imposture par les organisations de défense des droits de l’homme, dont Amnesty International et Human Rights Watch.

Le 2 février 2011, le président yéménite Ali Abdullah Saleh, sous la pression publique, a élaboré, imprimé, et était prêt à signer un acte de pardon pour Shaye. Mais Saleh a reçu un appel téléphonique du président Barack Obama, qui s’est opposé à la libération du journaliste. Saleh a déchiré l’acte de pardon.

Les Américains vont apprendre l’histoire de Shaye dans la version cinématographique de « Dirty Wars », qui sortira dans les salles américaines le 7 juin. Saisissons-nous de ce moment pour dire au président Obama et au gouvernement yéménite qu’un journaliste ne doit pas être enfermé pour avoir fait son travail.

Cette situation est inacceptable. S’il vous plaît, signez la pétition, qui est également soutenue par Demand Progress, et que nos amis de CodePink aideront à soumettre à la fois à la Maison Blanche et au gouvernement du Yémen.

S’il vous plaît, faites suivre ce message de manière large aux amis partageant les mêmes idées partout dans le monde.

L’équipe de RootsAction.org

P.S. RootsAction est une force indépendante en ligne approuvée par Jim Hightower, Barbara Ehrenreich, Cornel West, Daniel Ellsberg, Glenn Greenwald, Naomi Klein, Bill Fletcher Jr., Laura Flanders, l’ancien sénateur américain James Abourezk, Coleen Rowley, Frances Fox Piven, et bien d’autres.

Source: http://act.rootsaction.org/p/dia/action3/common/public/?action_KEY=8014

Le premier entretien avec Julian Assange à l’ambassade équatorienne


Une entrevue avec Julian Assange sur ABC Radio National Breakfast, le 21 Juin 2012. Ceci est son premier entretien mené depuis qu’il a demandé l’asile politique en Équateur. Au moment de cette entrevue, M. Assange était à l’ambassade de l’Équateur depuis trois jours. L’audio complet est disponible sur le site Web de Radio ABC.

Fran Kelly: Et nous allons tout droit en Grande-Bretagne où Julian Assange s’apprête à passer sa troisième nuit réfugié dans l’ambassade de l’Équateur à Londres, alors qu’il attend une décision sur sa candidature à l’asile politique. L’australien de quarante ans est entré dans l’ambassade mardi dans une tentative spectaculaire d’éviter l’extradition vers la Suède pour être interrogé à propos des allégations d’agression sexuelle. Même s’il lui est accordé l’asile en Équateur, la police britannique dit qu’ils vont l’arrêter dès qu’il met le pied à l’extérieur de l’ambassade, l’accusant d’être en violation de ses conditions de libération sous caution. Julian Assange nous rejoint en live maintenant de l’ambassade de l’Équateur à Londres. Julian, bienvenue à RN Breakfast.

Julian Assange: B’jour Fran. Content de vous voir.

FK: Julian Assange, pourquoi êtes vous entré à l’ambassade de l’Équateur?

JA: Bien, je viens de remarquer, dans votre introduction, Fran, que vous avez dit « une tentative spectaculaire d’éviter une extradition vers la Suède »…

FK: Pour éviter une extradition vers la Suède pour répondre aux questions?

JA: Ouais, et c’est… je ne sais pas d’où vous tenez ça. Nous n’avons jamais dit que c’était le cas, et ce n’est tout simplement pas le cas. Le problème est qu’il y a une très sérieuse question avec les US, et une annonce a été faite par les Suédois, le gouvernement Suédois, comme quoi je serais emprisonné, sans mise en examen, en Suède, immédiatement après mon extradition. Ils ont tenté de faire annuler les 14 jours que j’avais ici pour faire appel à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Ainsi mes possibilités de faire jouer mon droit d’asile une fois aux US étaient  dans une impasse. Et ce n’est pas une question d’extradition ultérieure depuis la Suède vers les US. La situation ici pour moi, au Royaume-Uni, a été extrêmement précaire. Et le refus de la procureure Suédoise a conduit à un souci technique… le refus de la procureure Suédoise de venir au Royaume-Uni pendant les 18 derniers mois, bien que ce soit une procédure parfaitement normale, et son refus de s’expliquer devant les Tribunaux Britanniques m’a pris au piège au Royaume-Uni, alors que les États-Unis ont préparé un procès contre moi. Nous avons maintenant des renseignements, des documents publics, comme quoi les fichiers du FBI sur ce procès en préparation remplit maintenant 48135 pages.

FK: Bon, nous allons décomposer ceci un peu, juste pour être complètement précis Julian. Oui, j’ai bien dit que vous aviez demandé l’asile politique en Équateur pour éviter l’extradition. Ce que vous dites est que vous l’avez fait parce que le gouvernement suédois avait fait une tentative de tronquer votre liberté restreinte comme elle l’est déjà au Royaume-Uni, mais que vous n’êtes pas prêt à aller en Suède selon les conditions que vous croyez que vous auriez là-bas. C’est ça que vous dites?

JA: C’est vrai. Ma capacité à exercer un droit d’asile serait à sa fin, et même ma capacité pour exercer les droits d’appel serait effectivement terminée parce que les Suédois ont annoncé publiquement qu’ils me retiendraient en prison sans inculpation pendant qu’ils continuaient leur soi-disant enquête, sans inculpation. Donc nous avions entendu dire que les Equatoriens avaient une réaction positive à propos de mes luttes et des luttes de l’organisation avec les États-Unis. Et la capacité d’exercer cette option était arrivée à sa fin effective, et nous avons eu les nouvelles étonnantes que le Crown Prosecution Service ici s’est soudainement opposé aux 14 jours que nous étions censés avoir à déposer un appel de l’UE et ont demandé pour zéro jours.

FK: Bien, je vais revenir à ces questions plus importantes. Mais juste dans le court terme, les gens – je pense – sont très intéressés par quelles indications vous recevez à partir des Equatoriens là en termes de succès de cette demande d’asile politique.

JA: Hé bien, les Equatoriens semblent assez m’accorder leur soutien. J’ai vu que l’ambassadeur de l’Équateur en Australie a fait des commentaires positifs. L’Équateur, en 2010, a suggéré que peut-être je pourrais y aller et me voir accorder le droit d’y résider. Donc ils ont une attitude bienveillante depuis assez longtemps. Donc nous espérons que la demande d’asile sera examinée favorablement. Maintenant, il nous faut rassembler des genres de preuves de ce qui se passerait aux US et les soumettre avec une demande d’asile formelle. Il y a des équatoriens hors de l’ambassade, ensemble avec des Londoniens, qui manifestent dans la rue, demandant que l’Équateur accepte la demande d’asile.

FK: Vous avez une idée du temps que ça va prendre?

JA: Nous n’avons aucune indication là-dessus.

FK: Quand c’est arrivé, cela a pris tout le monde par surprise, y compris beaucoup de vos supporters, et pour beaucoup de gens, je crois, cela vous a fait apparaître plus coupable, cela fait croire que vous êtes en fuite, essayant désespérément d’éviter les questions sur ces allégations d’agression sexuelle.

JA: Bon, cette procureure Suédoise, si son intention est réellement de procéder aux investigations techniques de cette affaire, elle est parfaitement habilitée à venir à l’ambassade, les Equatoriens ont dit qu’elle pouvait venir, elle pourrait décrocher son téléphone, comme elle aurait pu le faire tout au long des derniers 18 mois, si c’est réellement ça qui lui tient à coeur.

FK: Et avez-vous eu des conseils juridiques suggérant que vous pourriez demander asile dans un autre pays, en plus de l’Équateur?

JA: J’ai parlé à différents juristes de la situation. Mais en relation avec le système des cautions, et les autres supporters, et à cause des contraintes légales ici, et pour leur propre sécurité, je n’ai pas pu leur en parler avant que je doive le faire.

FK: Donc, votre position est que vous ne croyez pas que les preuves suggèrent que les Suédois veulent réellement vous avoir chez eux pour vous poser des questions, parce qu’ils auraient pu venir en Grande-Bretagne pour vous interroger, et cela a été votre position tout le temps. Donc, vous êtes plus inquiet, dites-vous, par ce qui pourrait se passer aux US. Qu’est ce qui vous inquiète autant avec les américains, alors qu’ils ont dit à plusieurs reprises qu’ils n’ont aucune intention de vous extrader?

JA: Bon, ils sont très très prudents dans leurs mots, Fran. Ils ont maintenant un fichier du FBI de 48135 pages, il y a des déclarations officielles, produites devant un tribunal au cours de l’accusation de Bradley Manning, la prochaine date qui est lundi, disant que les fondateurs et les dirigeants de WikiLeaks sont parmi les sujets étudiés par le grand jury, lequel poursuit ses travaux depuis 2010. Leurs déclarations prudentes font voir que le Ministère de la Justice n’est pas capable de confirmer formellement ou de nier l’existence du grand jury, ce qui est la politique de tous les grands jurys. Mais il y a des citations à comparaître, de partout, il y a des témoins qui ont rendu public le fait qu’ils ont été amenés devant le grand jury, nous avons reçu des assignations, et elles mentionnent mon nom, dans les derniers mois, des gens ont été retenus dans des aéroports US par des fonctionnaires US et interrogés par le FBI, on leur a posé des questions sur moi et sur l’organisation, on leur a demandé de devenir des informateurs… Un de ceux qui l’a rendu public est un militant important de la liberté d’expression en France, Jérémie Zimmermann, et l’autre, Smári McCarthy qui a travaillé avec moi en Islande. Il y a une forte investigation en cours. Et ça, c’était il y a deux semaines.

FK: Il est six heures et quart sur Breakfast, notre invité ce matin est Julian Assange. Il est actuellement dans l’ambassade de l’Équateur à Londres, où il est arrivé il y a trois jours en demandant l’asile politique. En termes de déclaration publique, le gouvernement Australien dit qu’ils n’ont reçu aucune indication comme quoi les US demanderaient votre extradition depuis la Suède, si vous étiez amené là-bas. Puis-je vous faire écouter, nous avons parlé avec l’attorney général Nicola Roxon de ce sujet hier, écoutons ce qu’elle dit.

Nicola Roxon (enregistrement): Nous avons, je me suis fait clair que j’ai fait des représentations… [Kelly: Et la réponse a été?] Permettez-moi de dire à vos auditeurs pour qui ces représentations ont été faites – car il ne s’agit pas seulement de l’ambassadeur – le ministre de la Sécurité intérieure, le sous-procureur général des États-Unis; nous n’avons de toutes ces conversations aucune indication disant qu’ils sont sur le point de prendre des mesures, et nous avons également dit que nous ne croyons pas, ayant maintenant pris conseil auprès de la police fédérale, que nous avons aucune preuve que M. Assange ait commis une infraction qui serait contraire à la loi Australienne.

FK: Voilà donc la procureur général Nicola Roxon qui nous parlait hier, aucune indication que les Américains sont sur le point de prendre des mesures juridiques. Cela ne vous rassure pas? Et c’est ce que le gouvernement Australien vous dit?

JA: Mais ils sont en train d’intenter des poursuites judiciaires. Il y a eu neuf procureurs qui travaillent dans cette affaire, la preuve est partout, ils ont délivré des assignations à nos fournisseurs de services d’Internet (ISPs), aux gens que j’ai rencontrés, etc. C’est une question de déclaration publique. Ils prennent des mesures juridiques. Ils ont pris des mesures contre Twitter. Nous avons lutté contre un cas juridique dans le domaine public en ce qui concerne les assignations de Twitter depuis plus d’un an maintenant, il implique l’ACLU (L’Union américaine pour les libertés civiles), etc, etc. Donc, ils jouent avec les mots ici. Le jeu sur lequel ils jouent, c’est que le grand jury doit arriver à une conclusion. Sur la conclusion du processus du grand jury, ils… Le grand jury est un dispositif, un dispositif judiciaire, si vous voulez – il ne semble pas faire partie de l’exécutif – et donc ils peuvent dire qu’ils ne vont pas m’extrader, parce que le grand jury n’a pas encore conclu. Sur la conclusion du grand jury, le Ministère de la Justice prendra les inculpations du grand jury et poursuivra l’affaire. Ils sont certainement en train de dépenser des grandes quantités de ressources; je veux dire, juste aujourd’hui, il a été découvert qu’un contrat lancé par le Ministère de la Justice de un à deux millions de dollars pour maintenir les systèmes informatiques de WikiLeaks, que le Ministère de la Justice est en cours d’exécution – un à deux million de dollars contractés à MANTEC comme une question de déclaration publique, a été découvert juste aujourd’hui.

FK: Bien, vous êtes clairement inquiet, ce qui est compréhensible si vous pensez que les US préparent cet accord d’extradition à votre encontre. Par conséquent, votre futur est vraiment laissé en suspens, vous attendez de savoir si le gouvernement équatorien va vous accorder sa protection. Vous sentez-vous encerclé? Parce que la police Britannique a dit que si vous posiez le pied hors de l’ambassade, vous seriez arrêté.

JA: Bien, il y a, je crois, une question importante, c’est pourquoi ne suis-je pas à l’ambassade d’Australie?

FK: Pourquoi n’avez vous pas cherché refuge à l’ambassade d’Australie?

JA: Parce que, Nicola Roxon, après des demandes très raisonnables faites par ma juriste Jennifer Robinson au cours d’une réunion d’une demi-heure avec elle, suivies de demandes non moins raisonnables faites par l’un des plus célèbres juriste des Droits de l’Homme qui me représente au Royaume-Uni Garreth Pierce, où il lui a été demandé de poser de toutes simples questions aux Suédois – du genre, si j’étais emprisonné aux US est-ce que je pourrais effectuer ma sentence en Australie, eh bien, elle a refusé toutes ces demandes. Elle a refusé de consulter les US sur l’extradition, refusé de s’impliquer dans aucune de ces discussions, refusé de demander aux Suédois de venir régler cette affaire en venant simplement me parler au Royaume-Uni, etc. Ainsi, il y a eu une vraie déclaration d’abandon ; ce n’est pas une simple question de préoccupation en vertu de laquelle le gouvernement australien, représenté par le procureur général, demanderait aux autres gouvernements d’être raisonnable ou juste, dans ce cas.

FK: Là encore, j’ai posé la question hier au procureur général. Voulez-vous l’écouter? Ecoutons sa réponse.

Nicola Roxon (enregistrement): Je réfute totalement qu’il ait été abandonné par le gouvernement. Nous lui avons offert notre soutien à travers les services consulaires et nous avons fait des communications auprès du gouvernement Britannique, du gouvernement Suédois, et du gouvernement Américain.

FK: C’est ce que le procureur général a dit hier sur le sujet… et le gouvernement a aussi dit que vous aviez reçu plus ou moins autant de soutien consulaire que n’importe qui d’autre dans des affaires comme celle-là.

JA: Ça ne se passe pas du tout comme ça, et tout le monde le sait. Mais vous savez, peut-être que c’est lié avec ce cas récent en Lybie, peut-être que c’est vrai au fond. Le gouvernement Australien, tout simplement, ne soutient pas ses ressortissants. Il y a un journaliste, Austin Mackell, qui a été arrêté en Égypte et on lui a fait les mêmes reproches que moi. Ce sont des mots vides de sens. Quand vous entendez ces mots « assistance consulaire »… Je n’ai rencontré personne de la Haute Commission Australienne depuis Décembre 2010. De quoi parlent-ils?

FK: Alors, vous n’avez eu aucun contact consulaire avec la Haute Commission Australienne depuis 2010?

JA: Bon, ils envoient des SMS. « M. Assange a-t-il des préoccupations? ». Mais nous savons que c’est juste pour pouvoir restituer une activité. Et oui, nous avons formellement fait part de nos préoccupations au procureur général et la réponse a été un rejet, dans tous les domaines.

FK: Avez-vous formellement eu recours au gouvernement Australien, pour leur demander de chercher à obtenir l’assurance des US à propos de n’importe quel plan d’extradition à votre égard, et quelles ont été les réponses?

JA: Oui, nous avons formellement déposé des requêtes auprès de Nicola Roxon et du DFAT (Le ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce) pour qu’ils demandent aux États-Unis… Je ne me souviens pas des termes exacts, mais cela portait par exemple sur les accords de transfert de prisonniers, etc. Et elle a tout rejeté, dans tous les domaines. C’est à rapprocher de la rhétorique prétendument sensée qui est utilisée en ce moment, quand ils disent qu’il n’y a pas… »nous n’avons pas obtenu de preuve que les États-Unis ont planifié d’extradition » – naturellement non. Actuellement l’affaire est devant le grand jury, et jusqu’à ce qu’elle soit traitée par lui, il n’y aura pas de preuve apportée. Et quand vous regardez les autres questions de Gillard, par exemple, avec la question suivante… Pardon pardon, au Ministre des Affaires Étrangères : « Y a-t-il une indication ou une preuve que les US essayeront d’extrader M. Assange? » et le ministre répond « oh non, non, bien sûr que non ». Question suivante « Avez-vous demandé une preuve? ». Non!

FK: Bien, Julian Assange, voyons ce qui vous attend. Si l’Équateur ne vous accorde pas l’asile, quel est le plan B?

JA: Bien, nous sommes en position d’attirer l’attention sur ce qui se passe. Vous savez, le Ministère de la Justice des États-Unis joue à un petit jeu, qui est de refuser de confirmer ou de nier l’existence d’un grand jury. Et en conséquence de ça, la presse suit. »Oh bon, ils ne confirment pas, donc on ne peut réellement pas en parler ». Ce n’est pas vrai. Il y a des comptes-rendus partout, il y a des témoins partout, il y a des témoignages devant les juridictions militaires sur l’existence de ce qui figure dans ces 48000 pages, et que les fondateurs et dirigeants de WikiLeaks sont parmi les sujets abordés. Donc nous espérons que ce que je fais maintenant attirera l’attention sur ce qui se passe en coulisses. Dans un cas où la vérité est de votre côté, ce qui vous nuit le plus est l’absence d’investigation. Donc vous voyez, j’appelle de mes voeux à des investigations. Les gens devraient aller sur http://justice4assange.com/ et ils pourront se renseigner et lire sur quelques-uns de ces faits. De bons journalistes en Australie, Comme Philip Dorling qui a été héroïque dans son exploration du trafic FOI (la liberté d’information) entre l’Australie et les US, montrent également qu’il y a là des faits sérieux, et qu’ils sont cachés par des figures de rhétorique vaseuses de la part de l’ambassadeur US en Australie, de la part de Gillard, et de la part du Ministre des Affaires Étrangères. Et il faut que ça cesse.

FK: Est-ce que ce sont les investigations qui vous préoccupent réellement, plutôt que l’éventualité d’une vie et d’un futur en Équateur? Qu’est-ce qui se passe si on vous accorde l’asile politique? Et aussi, je reviens à ma question initiale, pensez-vous qu’on vous laissera faire ça, avec la police Britannique qui menace de vous appréhender dès que vous mettrez un pied hors de l’ambassade?

JA: Hé bien, une vie en Équateur, …je veux dire, ce sont des gens amicaux et généreux, c’est beaucoup mieux qu’une vie derrière des barreaux aux États-Unis, sous des restrictions SAMS qui sont des restrictions comparables à celles de Guantanamo Bay, qu’ils appliquent habituellement aux gens qui sont accusés d’espionnage. Vous ne pouvez pas parler, vous ne pouvez pas communiquer parce que vous pourriez donner un mot de passe ou quelque chose comme ça. Et ce sont des mesures de sécurité de routine, applicables pour tous ces types de cas.

FK: Et en termes d’une vie en Équateur, parmi des personnes qui sont plus qu’amicaux – cela ne fait aucun doute qu’ils le sont – mais le système judiciaire de l’Équateur et les informations que l’on a sur la liberté d’expression ont été critiqués par Human Rights Watch, Reporters sans Frontières, Amnesty International… Vous savez, il semble ironique, vraiment, que vous, le fondateur de WikiLeaks, soyez en quête de protection dans un pays qui est critiqué comme limitant la liberté d’expression.

JA: Bien, ces questions sur la liberté d’expression ne sont probablement pas pires qu’au Royaume-Uni. Je veux dire, c’est un pays avec des centaines d’ordres de bâillons, donc mettons les choses en perspective. Je veux dire, j’aimerais bien militer pour les droits des journalistes en Équateur.

FK: Pensez-vous que vous aurez la liberté de faire ça? Je veux dire Human Right Watch dit que des journalistes ont été emprisonnés pour avoir fait ça.

JA: Bon, écoutez, Human Rights Watch est basé à New York. L’Équateur a un souci avec Chevron qui est une compagnie Américaine, et tout ça. Il y a pas mal de prises de bec entre les US et l’Équateur, ce qui est une des raisons pour lesquelles l’Équateur, je suppose, serait heureux de m’accorder l’asile, parce qu’ils comprennent la difficulté à se cadrer avec les États-Unis.

FK: Julian Assange, merci beaucoup de nous avoir rejoints pour notre émission Breakfast.

JA: Merci Fran. Au revoir.

FK: Julian Assange est le fondateur de WikiLeaks. Il a actuellement trouvé refuge, cherché refuge, à l’ambassade de l’Équateur à Londres, où il a fait une demande d’asile politique, et il attend comme nous l’avons entendu, la décision de l’Equateur. Et pendant qu’il attend, le monde regarde.

Source: http://wlcentral.org/node/2676

Traduit sur WikiLeaks par Irien et Arduenna Silva

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