Le changement climatique pourrait conduire à l’augmentation des tremblements de terre et de l’activité volcanique

Les conséquences du changement climatique sont multiples. Dans les médias, on parle principalement de la montée du niveau des océans, ou encore de la fonte des glaces, du dérèglement du climat à l’échelle mondiale et des ours blancs en voie de disparition. Mais quels seront les autres effets du changement climatique? Certains sont parfois évoqués dans des articles, mais sont moins connus du public. Nous avons essayé de rassembler ce que nous avons lu ici et là pour tenter de comprendre le changement climatique dans une perspective plus globale. Le changement climatique impacte toute la terre, et ce qui arrive de manière ponctuelle dans certains pays peut aussi nous donner signe de ce qui peut arriver ailleurs dans les années à venir.

1. Le niveau des océans, des prédictions « dépassées » 

Pour commencer, avons-nous suffisamment conscience de l’ampleur que peut prendre la montée des océans? Il y a 15,000 ans, un changement climatique est supposé avoir fait monter le niveau des océans de plusieurs mètres sur une période de quelques siècles, un changement comparable à ce qui se déroule aujourd’hui sur notre planète comme l’explique un article de Science Daily. Les scientifiques actuels font-ils des prédictions suffisamment réalistes en ce qui concerne la rapidité avec laquelle ces événements vont se produire sur notre planète? Il y a une différence entre un réchauffement climatique qui mettrait quelques siècles, ou quelques décennies à se produire, ou s’il devait au plus tard se réaliser dans une vingtaine d’années. Les mesures pour déplacer et reloger les populations, par exemple, devraient déjà commencer à être envisagées, si un réchauffement climatique brutal devait se produire d’ici 20 ans. Or, aucun modèle ne permet de savoir précisément comment va se dérouler ce changement climatique. Tout semble incertain en ce qui concerne la montée des océans, beaucoup de villes pourraient être concernées, y compris des villes comme Londres, qui pourrait être une ville fortement impactée par la montée des océans, comme l’explique également un autre article de Science Daily:

Il existe un risque important que les mers autour de la Scandinavie, de l’Angleterre, des Pays-Bas et du nord de l’Allemagne augmentent d’environ 1,5 mètres au cours de ce siècle.

« Les prédictions d’il y a quelques années sont déjà dépassées », mais tant d’incertitude peut faire craindre le pire, et rien n’est fait pour nous rassurer, comme le rappelle un article du National Geographic:

Le niveau des océans augmente plus rapidement qu’il y a 50 ans, et il est très probable que cela s’aggravera, selon un scientifique de la NASA.

En attendant d’en savoir plus de la part des scientifiques, on peut calculer en ligne la montée des océans, par exemple sur Flood Map, un site qui permet d’enregistrer un niveau de montée des océans allant de 0 à 800 mètres. Parmi les prédictions évoquées, certains avancent des chiffres d’1 mètre, 3 mètres, 9 mètres, voire 65 mètres. Avec ce logiciel, chacun peut se faire une petite idée de la montée des océans et sélectionner la valeur voulue.

capture-decran-2017-02-12-a-20-35-34Mais prenons simplement 1 mètre de montée des océans, il y aurait déjà de graves conséquences sur nos villes, même en Europe (ici, une copie écran de Flood Map montrant la Belgique, les Pays-Bas et le Nord de la France affectés par une montée d’un mètre du niveau de la mer). Ce genre d’outils permettent d’imaginer de manière plus réaliste les conséquences du changement climatique, d’autant que certains estiment qu’une montée d’un mètre serait tout à fait probable d’ici la fin de notre siècle:

Une telle élévation [1 mètre] du niveau de la mer inonderait les zones côtières fortement peuplées du monde, ce qui pourrait forcer le déplacement de 187 millions de personnes (selon une étude)

D’autres estiment que la montée des océans pourrait même atteindre 65 mètres, avec la fonte de toutes les glaces sur terre (modifiant peut-être aussi par endroits la répartition de la masse de la croûte terrestre là où d’importantes quantités de glace auront disparu), ou encore comme on peut le voir dans cette animation vidéo:

A quoi ressemblerait la Terre si toute la glace fondait

2. L’augmentation des tremblements de terre (l’exemple de l’Himalaya)

Le changement climatique n’est pas seulement responsable de la montée des océans. Il pourrait aussi augmenter le nombre des tremblements de terre. Comme on peut le constater, la fréquence des tremblements de terre semble avoir augmenté ces dernières années à l’échelle mondiale, comme en Amérique Latine (Equateur, Chili, Colombie), en Asie (Japon, Indonésie), ou en Europe (Italie). Revenons sur le cas de l’Himalaya pour comprendre l’impact du climat sur les tremblements de terre.

Un article de Live Science explique comment l’eau qui s’écoule des montagnes fait trembler la terre, en Himalaya, après la saison des pluies. Les « variations saisonnières », le passage d’une saison plus froide à une saison plus chaude, mais aussi la variation des pluies et des températures, modifient la structure des sols et les fragilisent par endroits. L’hiver est la saison où se produisent ces variations, ce qui conduit à une augmentation des tremblements de terre pendant la saison hivernale dans l’Himalaya.

A l’échelle mondiale, on sait que le changement climatique va modifier les variations saisonnières dans certaines régions. Par un méchanisme semblable à celui de l’Himalaya (et cela reste une hypothèse), on peut imaginer que des tremblements de terre pourraient aussi s’intensifier dans d’autres régions montagneuses, y compris en Europe, où les variations saisonnières interviennent plutôt au printemps. En modifiant le cycle des pluies à l’échelle de la planète, le changement climatique pourrait aussi augmenter la fréquence des tremblements de terre dans d’autres pays lors des changements saisonniers.

3. Les éruptions volcaniques (l’exemple de l’Islande)

En Islande, les volcans font partie du paysage et de la vie quotidienne. Mais ils sont aussi surveillés par les scientifiques, et ce qui inquiète depuis ces dernières années, c’est que les volcans les plus importants d’Islande « sont tous dans une phase inhabituelle d’activité », selon ce que rapporte le WND.

L’explication donnée à cette activité volcanique inhabituelle pourrait se trouver dans le réchauffement climatique. En effet, tout en rappellant l’éruption du volcan islandais qui avait paralysé les aéroports européens en 2010, un article du Yale Scientific explique les liens entre l’activité des volcans et la fonte des glaciers:

Alors que la planète souffre d’un climat de plus en plus chaud, une hausse des niveaux de magma en Islande pourrait causer un pic d’activité volcanique

L’article détaille le mécanisme qui conduit les glaciers à augmenter l’activité volcanique en Islande. En fondant, les glaciers exercent en effet moins de pression sur les roches, laissant ainsi le magma remonter plus facilement à la surface, ce qui entraîne une activité volcanique plus intense. Par un méchanisme semblable, la fonte des glaciers pourrait augmenter la fréquence des éruptions volcaniques dans d’autres régions du monde, donc pas seulement en Islande.

4. L’affaissement des sols avec la fonte du permafrost (le cas de la Russie)

Plus inquiétant, « des villes en Russie pourraient s’effondrer d’ici 2050, à cause de la fonte du permafrost », annonce un article du Daily Mail. Ce problème pourrait se poser plus tôt que prévu, d’ici à 2020, pour des régions et des villes situées à l’est de la Russie, proches du cercle polaire arctique.

Le changement climatique risque, en effet, de changer la structure des sols et de rendre instable la base sur laquelle reposent les villes et les bâtiments qui ont été construits. En fondant, le permafrost va ramollir et déstabiliser les sols sur des régions entières. Soient les bâtiments devront être reconstruits, soit il faudra déplacer des populations entières vers d’autres villes.

Mais la fonte du permafrost ne concerne pas seulement la Russie. La fonte du permafrost et les émissions de méthane qui en résultent ont été étudiées plus largement « sous les lacs de l’Arctique en Alaska, en Sibérie et au Canada », et l’étude suggère que « l’Arctique se réchauffe plus vite qu’aucune autre région du monde », selon un article du National Geographic.

Si le Daily Mail évoque la possibilité que des villes s’effondrent en Russie, on peut imaginer que la même chose pourrait se produire en Alaska (nord des Etats-Unis), et au Canada, même si ces régions sont peut-être moins peuplées que la Sibérie, en Russie.

Dans tous les cas, les effets n’en seraient pas moins désastreux sur les écosystèmes, comme on peut le lire dans un article du CCIN [Canadian Cryospheric Information Network] qui explique l’impact de la fonte du permafrost au Canada (la même chose vaut pour les autres régions du monde concernées par la fonte du permafrost, que ce soient la Russie, ou l’état de l’Alaska aux Etats-Unis):

Cette dégradation du permafrost a des implications importantes pour les processus du paysage (terrain, pente et stabilité côtière), l’hydrologie (régimes d’eaux de surface et souterraines), les caractéristiques de surface (végétation, albédo), les sources de gaz à effets de serre et les puits (tourbières, sols, hydrates de gaz), ainsi que pour les écosystèmes, l’ingénierie et l’infrastructure.

5. La modification du champ magnétique terrestre

Enfin, dans les prédictions les plus pessimistes, des articles font aussi le lien entre le réchauffement climatique et la modification du champ magnétique terrestre. Un article de Discover Magazine soulève une hypothèse intéressante:

Pour établir un lien causal direct entre la diminution du champ magnétique terrestre et l’augmentation des niveaux du Co2 dans l’atmosphère, Vares et Persinger citent un document de 2008 qui a constaté que le magnétisme affecte la solubilité du Co2 dans l’eau.

Le Co2 serait moins soluble dans les océans avec un champ magnétique plus faible. Et comme on constate ces dernières décennies une baisse significative du champ magnétique terrestre, ceci pourrait donc avoir un impact sur le réchauffement climatique et accentuer ses effets sur la planète. Mais cela ne suffirait pas à expliquer l’importance du changement climatique à l’échelle de la planète.

D’autres études font plus directement le lien entre le réchauffement climatique et « les variations du champ géomagnétique trouvées à des intervalles irréguliers au cours des derniers millénaires, en utilisant le dossier archéologique de l’Europe jusqu’au Moyen-Orient. Ces phénomènes semblent corrélés à des événements climatiques importants dans la région de l’Atlantique Nord », selon le résumé d’un article de Science Direct.

Si le champ magnétique terrestre s’est régulièrement inversé au cours de l’histoire, une animation vidéo résume ce qui pourrait arriver sur Terre:

L’inversion des pôles magnétiques terrestres

L’inversion des pôles magnétiques qui a eu lieu il y a 13 000 ans, et il y a 26 000 ans, comme l’explique la vidéo, conduirait soit à une inversion complète des pôles soit à un basculement de la Terre sur 90°. Pendant ce temps, le noyau de la Terre ne serait en rien affecté, car seule la croûte terrestre viendrait, en quelque sorte, à dériver, jusqu’à un point où elle se stabilise de nouveau pour quelques milliers d’années. Mais pour ceux qui vivent à la surface de la terre, ce serait une période difficile à survivre.

Un changement des pôles magnétiques serait catastrophique, car la brutalité du phénomène créerait des tremblements de terre et des tsunamis sur toute la planète. Des articles n’hésitent pas non plus à imaginer qu’avec le réchauffement climatique et l’inversion des pôles magnétiques, d’anciennes zones volcaniques éteintes pourraient éventuellement se réactiver. Mais on peut aussi imaginer qu’un changement des pôles magnétiques pourrait faire entrer en éruption un supervolcan.

On constate aujourd’hui que les phénomènes d’éruptions volcaniques et de tremblements de terre occupent une place importante dans l’actualité et ces phénomènes semblent augmenter leur fréquence, comme on a pu le voir ces derniers mois avec les tremblements de terre à répétition en Italie ou dans d’autres régions du monde. On fait rarement le lien de ces phénomènes avec le changement climatique. Pourtant, en dehors de la montée des océans (phénomène le plus visible), le changement climatique aura un impact sur le fonctionnement global du système terrestre et l’augmentation actuelle de ces catastrophes peut aussi être liée au changement climatique déjà en cours. L’ensemble des conséquences directes (montée des océans, catastrophes naturelles, etc) et indirectes (conséquences sociales et politiques) du changement climatique nous font mieux comprendre l’ampleur de ce phénomène et les dangers que cela représente à l’échelle mondiale.

Texte CC BY-SA

Vidéos: youtube
image: Floodmap

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L’Islande va condamner le 9ème banquier reconnu coupable de manipulation du marché qui a contribué à causer le crash de 2008

L’Islande a différé du reste de l’Europe et des États-Unis en permettant que des banquiers soient poursuivis comme des criminels

Independent, par Alexandra Sims, 07/10/2016

Islande a considéré neuf banquiers coupables de crimes liés à la crise économique en 2008.

La Cour suprême à Reykjavik a rendu des verdicts de culpabilité pour tous les neuf accusés dans l’affaire de manipulation du marché de Kaupthing Bank, l’une des plus grosses affaires de ce genre dans l’histoire de l’Islande.

Kaupthing était une grande banque internationale basée à Reykjavik. Pendant des années, celle-ci a observé des plans d’expansion à l’étranger, mais s’est effondré en 2008 sous des dettes énormes.

Elle a été reprise par le gouvernement en 2008 et les opérations nationales ont été fondues dans une nouvelle banque, qui porte maintenant le nom d’Arion Banki.

Le procès au tribunal de l’affaire a commencé en avril 2015 et, en juin de l’année dernière, le Conseil du district de Reykjavik a reconnu coupables sept des neuf accusés, en acquittant deux.

Mais la Cour suprême a annulé les acquittements jeudi, trouvant que l’ancien représentant du service de crédit de la banque, Björk Þórarinsdóttir, et l’ancien PDG de Kaupthing Luxembourg, Magnús Guðmundsson, sont également coupables, rapporte Iceland Monitor.

Les six accusés qui ont été condamnés à des peines de prison en 2015, y compris un des anciens directeurs de la banque, son ancien gestionnaire de crédit, le directeur du conseil d’administration, le directeur des opérations pour compte propre et deux anciens cadres des opérations exclusives.

Leurs peines varient d’une année à plus de quatre ans pour des crimes liés au financement trompeux d’achats d’actions – la banque a prêté de l’argent pour l’achat des actions et a utilisé ses propres actions comme garantie pour les prêts. Ils sont également reconnus coupables d’avoir créé une demande trompeuse pour les actions Kaupthing.

Lire la suite: http://www.independent.co.uk/news/world/europe/iceland-to-sentence-ninth-banker-found-guilty-of-market-manipulation-that-helped-cause-2008-a7349711.html

La liberté de la presse en Islande — trop beau pour être vrai?

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EJO, Clemens Bomsdorf, le 06/09/2016

Pendant longtemps, l’Islande a été considéré comme un brillant exemple de la liberté de la presse – peut-être trop beau pour être vrai. Mais, plus récemment, les politiciens du pays ont tenté d’influencer les médias. Le dernier exemple est venu directement d’en haut, lorsque Sigmundur David Gunnlaugsson, premier ministre à l’époque, a essayé de supprimer une interview télévisée sur sa possession d’une société offshore au Panama. La tentative a échoué et Gunnlaugsson a finalement été contraint de démissionner.

La désormais célèbre interview montre Gunnlaugsson commençant à balbutier quand un journaliste suédois le questionne à propos de la société offshore, Wintris. Peu de temps après, il quitte la pièce, rejetant toutes les allégations. Pour aggraver les choses, l’assistant de Gunnlaugsson a alors appelé la station de télévision pour essayer d’arrêter l’interview en cours de diffusion.

Les politiciens et la chaîne de télévision publique de l’Islande

La tentative d’ingérence de Gunnlaugsson n’est pas la première faite par des politiciens islandais: beaucoup se sont plaints au Parlement que RUV, la chaîne de télévision du service public du pays, est partiale. En août 2013, Vigdis Hauksdóttir, membre du Parti progressiste de Gunnlaugsson et président du Comité du budget du Parlement, a émis une menace à peine voilée. « Je pense qu’une quantité anormale d’argent va à RUV. Surtout quand ils ne font pas un meilleur travail pour rapporter des informations … » a-t-elle dit. Quelques mois plus tard, en décembre 2013, le budget de RUV, qui est directement contrôlé par le gouvernement, a été réduit de 20%.

La réduction du budget a conduit à des plaintes par l’Union européenne de radio-télévision (UER) et a forcé RUV à couper des programmes et à réduire le personnel, par exemple en réduisant un réseau déjà rares de correspondants étrangers à zéro. Le diffuseur prévoit de nouvelles réductions au sein de son service dans un avenir proche.

Valgerdur Anna Jóhannsdóttir, une universitaire des médias à l’Université d’Islande, a dit qu’elle est sûre que « la critique constante a au moins un effet potentiellement dissuasif sur les journalistes ». Elle a ajouté qu’il y a moins de distance entre la politique et le service public de diffusion en Islande que dans les autres pays nordiques.

Les sociétés de médias privés: porte-paroles des puissants

Beaucoup de sociétés privées de médias établis de l’Islande sont la propriété ou sont édités par des politiciens ou des figures puissantes des affaires et sont considérées comme servant des intérêts particuliers. En conséquence, la confiance du public dans les médias a considérablement diminué ces dernières années.

Lire la suite: http://en.ejo.ch/media-politics/iceland

La défense dans une affaire de fraude convoque Julian Assange en tant que témoin

Sigurdur Ingi Thordarson avec Julian Assange

Le Procureur soutient que demander à Assange de comparaître à Reykjavík est irréaliste

Haukur Már Helgason, 7 novembre 2014

L’avocat de la défense de Sigurdur Ingi Thordarson, Vilhjálmur H. Vilhjálmsson, a exigé que le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, se présente devant le tribunal de district de Reykjavík en tant que témoin dans une affaire en cours contre Sigurdur. Cela a été rapporté par DV. Sigurdur Ingi Thordarson a été familièrement connu sous le nom de Siggi Hakkari, ou Siggi le hacker. L’année dernière, il s’est démasqué comme informateur du FBI au sein de Wikileaks. Dans le procès à venir, Sigurdur est accusé de fraude financière, entre autres choses. Selon l’une des accusations, Sigurdur aurait obtenu un montant de plus de € 40 000 en trompant le propriétaire d’une boutique en ligne vendant des marchandises liées à Wikileaks.

Vilhjálmur, l’avocat du Sigurdur, affirme qu’Assange est un témoin-clé dans l’affaire. Interviewé par DV, il a déclaré: « Julian était pour ainsi dire le patron de l’accusé et il lui a permis d’exécuter ce pour quoi il est maintenant poursuivi d’avoir fait sans autorisation. »

Lire la suite: http://grapevine.is/news/2014/11/07/fraud-case-defense-calls-julian-assange-as-witness/

Un volontaire de WikiLeaks était un informateur payé par le FBI

Thordarson avec Julian Assange

Par Kevin Poulsen, 27 juin 2013

Un jour de la semaine, en août 2011, un islandais de 18 ans à l’aspect chérubin, nommé Sigurdur « Siggi » Thordarson, franchit les portes majestueuses de l’ambassade américaine à Reykjavik, la poche de sa veste dissimulant sa carte de visite: une photocopie froissée d’un passeport australien. La photo du passeport montrait un homme avec une tignasse indisciplinée de cheveux blond platine et le nom Julian Paul Assange.

Thordarson a été un bénévole de longue durée pour WikiLeaks, avec un accès direct à Assange et une position-clé en tant qu’organisateur dans le groupe. Avec son entrée dans l’ambassade, faite dans un style de Guerre froide, il est devenu autre chose: le premier informateur connu du FBI au sein de WikiLeaks. Pendant les trois mois qui ont suivi, Thordarson a servi deux maîtres, travaillant pour le site déverseur de secrets et déversant simultanément ses secrets au gouvernement américain en échange, dit-il, d’un total d’environ 5000 $. Le FBI lui a fait prendre des vols quatre fois à l’échelle internationale pour des débriefings, dont un voyage à Washington DC, et il a obtenu lors de la dernière rencontre huit disques durs de Thordarson remplis de chat-logs, vidéos et autres données de WikiLeaks.

La relation fournit un rare aperçu de l’enquête d’application de la loi américaine à l’égard de WikiLeaks, le groupe de transparence récemment rejeté à l’avant de la notoriété internationale, avec son aide au lanceur d’alerte de la NSA, Edward Snowden. La double-vie de Thordarson illustre les efforts que le gouvernement souhaitait déployer dans sa poursuite de Julian Assange, en approchant WikiLeaks avec des techniques aiguisées utilisées dans le travail du FBI contre le crime organisé et le piratage informatique — ou, plus obscurément, l’infiltration du bureau dans les groupes de droits civils, pendant l’ère Hoover.

« C’est un signe que le FBI voit WikiLeaks comme une organisation criminelle présumée, plutôt que comme un organisme d’informations », explique Stephen Aftergood, de la Fédération du Projet des Scientifiques Américains sur le Secret Gouvernemental [Federation of American Scientists’ Project on Government Secrecy]. « WikiLeaks était quelque chose de nouveau, je pense donc que le FBI a dû faire un choix à un certain moment quant à la manière de l’évaluer: Est-ce que c’est le New York Times, ou est-ce que c’est autre chose? Et ils ont clairement décidé que c’était autre chose. »

Le FBI a refusé de commenter.

Thordarson avait 17 ans et il était encore au lycée quand il a rejoint WikiLeaks en février 2010. Il faisait partie d’un large contingent de volontaires islandais qui ont afflué vers la cause de Julian Assange, après que WikiLeaks ait publié des documents bancaires internes relatifs à la crise financière de ce pays.

Quand une révolte du personnel, en septembre 2010, a laissé l’organisation démunie d’aide, Assange a placé Thordarson en tant que responsable de la salle de discussion en ligne de WikiLeaks, faisant de Thordarson le premier point de contact pour les nouveaux bénévoles, les journalistes, les sources potentielles, et les groupes extérieurs qui exigeaient de rentrer en contact avec WikiLeaks, au pic de sa notoriété.

Dans ce rôle, Thordarson était l’homme intermédiaire dans les négociations avec le Fonds de Défense de Bradley Manning, qui a amené WikiLeaks à faire un don de 15 000 $ à la défense de sa source principale. Il a accueilli et pris en charge un nouveau volontaire qui a commencé à télécharger et à organiser un vaste trésor de câbles diplomatiques des années 1970 depuis l’Administration des Archives Nationales et des Enregistrements [National Archives and Record Administration], pour ce qui est devenu la collection des « Câbles Kissinger » de WikiLeaks en avril dernier. Et il a disputé des dizaines de volontaires et de supporters qui ont tout fait, depuis la refonte graphique des sites internet de WikiLeaks jusqu’aux shootings vidéos rendant hommage à Assange.

Il a accumulé des milliers de pages de chat-logs de son époque chez WikiLeaks, qui sont, dit-il, maintenant aux mains du FBI.

La trahison de WikiLeaks par Thordarson a aussi été une trahison personnelle de son fondateur, Julian Assange, qui, comme disent d’anciens collègues, a pris Thordarson sous son aile et l’a préservé face à la critique et à la controverse juridique.

« Quand Julian l’a rencontré pour la première ou deuxième fois, j’étais là », dit Birgitta Jonsdottir, un membre du Parlement islandais qui a travaillé avec WikiLeaks sur Collateral Murder, la publication de WikiLeaks d’une séquence montrant l’attaque d’un hélicoptère américain en Irak. « Et j’ai prévenu Julian dès le premier jour, il y a quelque chose qui ne va pas chez ce type… Je lui ai demandé de ne pas l’avoir comme membre de l’équipe de Collateral Murder. »

En janvier 2011, Thordarson a été impliqué dans un scandale politique bizarre dans lequel un mystérieux « ordinateur portable espion » a été trouvé en marche, sans surveillance, dans un bureau vide du bâtiment parlementaire. « Si tu as fait ça, ne me le dis pas », a déclaré Julian Assange à Thordarson, selon les chat-logs non-authentifiés fournis par Thordarson.

« Je te défendrai contre toutes accusations, bruits et injustices, et je te soutiendrai, comme je l’ai fait », lui a dit Assange dans un autre chat le mois suivant. « Mais j’attends une totale loyauté en retour. »

Au lieu de cela, Thordarson a utilisé sa proximité à Assange pour ses propres fins. L’acte le plus conséquent est survenu en juin 2011, lors de sa troisième visite à Ellingham Hall — le manoir anglais où Assange était alors en résidence surveillée, pendant qu’il luttait contre l’extradition vers la Suède.

Pour des raisons qui restent obscures, Thordarson a décidé d’approcher les membres du gang de piratage LulzSec et les a sollicités pour pirater les systèmes du gouvernement islandais, comme un service rendu à WikiLeaks. Pour établir sa bonne foi en tant que représentant de WikiLeaks, il a pris et téléchargé une vidéo de 40 secondes sur son téléphone portable qui s’ouvre sur un écran IRC avec une conversation en cours, puis flotte à travers la pièce pour capturer Assange au travail avec une associée. (Cet échange a, dans un premier temps, été rapporté par Parmy Olson dans son livre sur Anonymous).

Malheureusement pour Thordarson, le FBI a fait tomber le leader de LulzSec, Hector Xavier Monsegur, alias Sabu, une semaine plus tôt, et assuré sa coopération comme informateur. Le 20 juin, le FBI a mis en garde le gouvernement islandais. « Une énorme équipe du FBI est venue en Islande et a demandé aux autorités islandaises de les aider », dit Jonsdottir. « Ils pensaient qu’il y avait une attaque imminente de LulzSec en Islande. »

Le FBI ne pouvait peut-être pas savoir à ce stade qui était Thordarson au-delà de son nom d’écran. Le bureau et les agences d’application de la loi au Royaume-Uni et en Australie ont continué à rassembler des accusations sans liens apparents sur des membres présumés de LulzSec.

Après avoir esquivé ce coup, on ne sait pas clairement ce qui a incité Thordarson à aborder le FBI deux mois plus tard. Quand je lui ai directement posé la question la semaine dernière, il a répondu: « Je suppose que j’ai coopéré parce que je ne voulais pas participer à un piratage d’Anonymous et LulzSec pour WikiLeaks, car alors tu enfreins certainement un bon nombre de lois. »

Cette réponse ne fait pas beaucoup de sens, car c’est Thordarson, et non Assange, qui a demandé à LulzSec de pirater l’Islande. Il n’y a aucune preuve qu’un autre membre du personnel de WikiLeaks soit impliqué. Il a donné une deuxième raison qu’il avoue être plus véridique: « La deuxième raison était l’aventure. »

L’équivoque de Thordarson met en lumière un obstacle dans les rapports qui le concernent: il est enclin à mentir. Jonsdottir le qualifie de « pathologique ». Il admet m’avoir menti dans le passé. Pour cette histoire, Thordarson a alimenté son récit en fournissant des e-mails qui semblent être entre lui et ses chefs du FBI, des enregistrements de vols pour certains de ses voyages, et un reçu du FBI indiquant qu’il leur a donné huit disques durs. Le Ministère islandais de l’Intérieur a auparavant confirmé que le FBI est venu en Islande pour interroger Thordarson. Thordarson a également témoigné à ce sujet lors d’une session au Parlement islandais, en présence de Jonsdottir.

Finalement, il m’a donné un important sous-ensemble de chat-logs qu’il dit avoir remis au FBI, s’élevant à environ 2000 pages, ce qui prouve, à tout le moins, qu’il a gardé les logs et qu’il est prêt à les remettre à un journaliste détesté par Julian Assange.

« L’aventure » de Thordarson a commencé le 23 août 2011, quand il a envoyé un e-mail sur la boîte de réception générale de l’ambassade américaine de Reykjavik « Au sujet de l’enquête criminelle en cours aux Etats-Unis ».

« La nature du renseignement qui peut être mis en évidence dans cette enquête ne sera pas prononcé dans une conversation e-mail », écrit-il de manière énigmatique.

Un agent de sécurité de l’ambassade l’a appelé le même jour. « Il a dit ‘Quelle enquête?’ J’ai dit celle de WikiLeaks », répond Thordarson. « Il a nié qu’il y avait une telle enquête, alors je lui ai juste dit que nous savions tous les deux qu’il y en a une. » Thordarson a été invité à l’ambassade, où il a présenté une copie du passeport d’Assange, le passeport du numéro deux d’Assange, Kristinn Hrafnsson, et un extrait d’une conversation privée en ligne entre Thordarson et Assange. Le représentant de l’ambassade a été évasif. Il a dit à Thordarson qu’ils seraient peut-être en contact, mais que cela prendrait au moins une semaine.

Cela est arrivé beaucoup plus vite.

Thordarson et Julian Assange

Des agents du FBI et deux procureurs fédéraux ont débarqué dans un gulfstream privé le jour suivant, le 24 août, et Thordarson a été convoqué de nouveau à l’ambassade.

Il a été accueilli par le même représentant de l’ambassade qui a pris ses clés et son téléphone portable, puis s’est dirigé avec lui sur une route sinueuse à travers les rues du centre de Reykjavik, pour se retrouver à la fin à l’hôtel Reykjavik Centrum, raconte Thordarson. Là, Thordarson a passé deux heures dans une salle de conférence d’hôtel à parler à deux agents du FBI. Puis, ils l’ont raccompagné à l’ambassade afin qu’il qu’il puisse mettre de l’argent dans son parcmètre, et ils sont revenus à l’hôtel pour plus de débriefing.

Les agents lui ont posé des questions sur ses interactions avec LulzSec, mais ils étaient surtout intéressés par ce qu’il pouvait leur donner au sujet de WikiLeaks. L’un d’eux lui a demandé s’il pouvait porter un dispositif d’enregistrement lors de sa prochaine visite à Londres et pousser Assange à dire quelque chose d’incriminant, ou parler de Bradley Manning.

« Ils m’ont demandé ce que j’utilise tous les jours, ce que j’ai toujours sur moi », dit-il. « J’ai dit, ma montre. Alors, ils ont dit qu’ils pourraient changer cela en une sorte de montre d’enregistrement. »

Thordarson dit qu’il a refusé. « J’aime bien Assange, je le considère même comme un ami », dit-il. « C’est juste que je ne voulais pas m’engager sur ce chemin. »

En tout, Thordarson a passé 20 heures avec les agents sur environ cinq jours. Ensuite, le gouvernement islandais a ordonné au FBI de plier bagages et de rentrer à la maison.

Il apparaît que le FBI avait trompé les autorités locales sur son but dans le pays. Selon une chronologie (.pdf) publiée par la suite par le Commissaire National de la Police Islandaise, le FBI a contacté l’agence d’application de la loi islandaise pour informer de la venue de Thordarson à l’ambassade, et demandé la permission de venir dans le pays pour un suivi. Mais le bureau a présenté la demande comme une extension de son enquête préliminaire concernant LulzSec, et a omis de dire que son véritable objectif était WikiLeaks.

WikiLeaks est bien considéré en Islande, et l’incident est intervenu dans un sujet politique chaud, quand il a fait surface ici, cette année, avec les conservateurs argumentant que l’Islande aurait dû coopérer avec le FBI, et les libéraux se plaignant, pour commencer, des agents autorisés à entrer dans le pays. « C’est devenu une controverse énorme », déclare Jonsdottir. « Et puis, aucun d’eux ne savait quel genre de personne était Siggi ».

En dehors de la politique, le FBI n’en avait pas fini avec Thordarson.

Les agents ont persuadé Thordarson de prendre un vol pour Copenhague avec eux, dit-il, pour une autre journée d’interrogations. En octobre, il a fait un second voyage au Danemark pour un autre débriefing. Entre les rencontres, Thordarson est resté en contact avec ses responsables à travers des comptes de messagerie jetables.

En novembre 2011, Thordarson a été renvoyé de WikiLeaks. L’organisation a découvert qu’il avait créé en ligne un magasin de t-shirts WikiLeaks et s’était arrangé pour que les opérations aillent sur son propre compte bancaire. WikiLeaks a déclaré que le détournement de fonds s’élève à environ 50 000 $.

Thordarson en a parlé au FBI dans un e-mail succinct du 8 novembre. « Plus chez WikiLeaks — donc je sais pas comment je peux vous aider davantage. »

« Nous aimerions encore te parler en personne », a répondu l’un des responsables. « Je peux imaginer quelques moyens simples pour que tu puisses aider. »

« Vous pouvez m’aider, les gars, avec de l’argent? » a répondu aussitôt Thordarson.

fbi-drive-receipt-2-660x880Pendant les mois qui ont suivi, Thordarson a prié le FBI de lui donner de l’argent, tandis que le FBI l’a alternativement ignoré et l’a courtisé pour plus d’assistance. En fin de compte, explique Thordarson, le FBI a accepté de l’indemniser pour le travail où il a été absent quand il a rencontré des agents (il dit qu’il a travaillé dans une école de formation de gardes du corps), pour un montant total d’environ 5000 $.

Une fois l’argent réglé, le FBI a commencé à le préparer à un voyage pour les Etats-Unis. « Je voulais vous parler de choses futures que nous pouvons faire », écrit son responsable en février. Le FBI voulait qu’il rétablisse le contact avec certains de ses anciens associés de WikiLeaks. « Nous parlerons des objectifs spécifiques pour les conversations en ligne, mais vous pouvez avoir une longueur d’avance sur notre rencontre en entrant juste en contact avec eux et en les rattrapant. Si vous avez besoin de savoir qui précisément, nous pouvons discuter au téléphone. »

Le voyage de trois jours à [Washington] D.C.  a eu lieu en février de l’année dernière. Thordarson dit qu’il a pris le vol 631 sur Air Iceland pour l’Aéroport International de Logan, le 22 février, et a été transféré à Boston sur le vol JetBlue 686 pour l’Aéroport International de Dulles, où il a été accueilli par un fonctionnaire des douanes américaines, « puis a été escorté hors du terminal de Dulles jusqu’aux mains du FBI. »

Il est resté dans un hôtel à Arlington, en Virginie, où est centrée l’enquête du Ministère de la Justice concernant WikiLeaks, et il y a rencontré ses deux contacts habituels du FBI, et trois ou quatre autres hommes en costumes qui ne se sont pas identifiés.

E-mails de Thordarson avec le FBI« Le dernier jour, nous sommes allés dans un resto-grill et nous avons mangé, tous ensemble », dit-il. « Où ils ont servi du Coca-Cola dans des bouteilles en verre, venu du Mexique. »

Le 18 mars 2012, il a eu une autre réunion avec le FBI au Danemark. Lors de ce voyage, il a apporté avec lui huit disques durs personnels, contenant les renseignements qu’il avait compilés en étant chez WikiLeaks, ce qui inclut ses connexions de conversations en ligne, ses photos et vidéos prises à Ellington Hall. Le FBI lui a donné un reçu signé pour le matériel informatique.

Puis ils l’ont laissé tomber.

Aujourd’hui, Thordarson, âgé de 20 ans, a de nouveaux problèmes. Il fait face à des accusations criminelles en Islande pour des crimes financiers et fiscaux indépendants. En outre, WikiLeaks a déposé un rapport de police pour le détournement de fonds du magasin de t-shirts.

L’héritage de sa coopération avec le FBI reste obscur. Un dépôt à la cour, révélé la semaine dernière, montre que dans les mois qui ont suivi le dernier débriefing de Thordarson, les fonctionnaires du Ministère de la Justice à Arlington, en Virginie, ont commencé à recevoir des ordonnances judiciaires visant les deux anciens collègues de Thordarson, des collègues de WikiLeaks en Islande: Smari McCarthy et Herbert Snorrason.

Snorrason, qui s’est occupé de la salle de conversations en ligne, en 2010, avant que Thordarson en prenne possession, a vu tous les contenus de son compte Gmail remis au gouvernement, en vertu d’un mandat de perquisition secret, délivré en octobre 2011.

La preuve utilisée pour obtenir le mandat reste sous scellés. « Je me demande », dit Thordarson, « si je suis quelque part là-dedans. »

Source: http://www.wired.com/threatlevel/2013/06/wikileaks-mole/

Russia Today: Est-ce que Julian Assange est « l’espion » #9?

L’Administration Obama a accusé 8 personnes sous l’Espionage Act. Et de nouvelles révélations au sujet des tactiques utilisées par le FBI pour collecter des données sur WikiLeaks au cours des dernières années suggèrent que Julian Assange lui-même pourrait être la 9ème personne à faire face à des accusations d’espionnage dans un acte d’accusation secret. Alors, que signifient les tactiques employées par le FBI envers Assange, pour Edward Snowden et les journalistes qui sont chargés de partager des secrets? Le commentateur politique Sam Sacks explique.

WikiLeaks prêt à conduire Snowden en Islande

Save Snowden:Save Freedom

Agence France-Presse
REYKJAVIK, Islande

Un avion privé financé par l’intermédiaire du site internet WikiLeaks est prêt à conduire en Islande l’Américain Edward Snowden, qui a révélé l’ampleur de la surveillance des télécommunications et d’internet par les États-Unis, a indiqué jeudi soir un porte-parole du site à la chaîne de télévision privée islandaise Channel2.

«Tout est prêt de notre côté et l’avion peut décoller demain», a annoncé l’homme d’affaires islandais Olafur Sigurvinsson, directeur de DataCell, partenaire de WikeLeaks en Islande, qui contrôle la collecte des fonds au profit de WikiLeaks.

«Nous avons vraiment fait tout ce que nous avons à faire. Nous avons un avion et toute la logistique est en place. Maintenant, nous attendons juste une réponse du gouvernement», a-t-il ajouté.

Il est en effet peu probable que l’Américain voyage vers l’Islande avant d’avoir obtenu le feu vert du ministère de l’Intérieur.

«Il serait stupide de le faire venir ici s’il est extradé vers les États-Unis. Dans ce cas, il est mieux là où il est. Nous ne voulons pas prendre la responsabilité de l’extrader vers les États-Unis», a conclu l’homme d’affaires.

Le gouvernement islandais refuse de se prononcer sur une éventuelle demande d’asile, rappelant que tout demandeur devait d’abord la faire en personne sur le territoire national.

L’avion, un jet privé appartenant à une entreprise chinoise, est loué grâce à des contributions individuelles soulevées par l’intermédiaire de WikiLeaks.

Selon M. Sigurvinsson, conduire Snowden en Islande coûterait au moins 40 millions de couronnes islandaises 340 000$, dont les trois quarts serviraient à la location de l’avion.

Jeudi, un autre porte-parole de WikiLeaks, l’Islandais Kristinn Hrafnsson, a appelé son pays à saisir l’«occasion unique» d’aider Edward Snowden.

M. Snowden, qui fête ses 30 ans vendredi, est réfugié depuis le 20 mai à Hong Kong, d’où il a exposé la surveillance à laquelle il concourait comme ancien consultant de l’agence américaine de renseignement NSA.

Dans un entretien avec le quotidien britannique The Guardian le 9 juin, il avait affirmé qu’il voyait l’Islande comme le pays soutenant le mieux «ceux qui défendent la liberté sur internet».

Source: http://www.lapresse.ca/international/dossiers/sous-surveillance/201306/20/01-4663551-wikileaks-pret-a-conduire-snowden-en-islande.php

Autres articles à ce sujet: Julian Assange affirme négocier l’asile d’Edward Snowden en Islande

Pour WikiLeaks, l’Islande a une « occasion unique » d’aider Snowden

WikiLeaks remporte un procès contre MasterCard et Visa

C’est une victoire cruciale pour WikiLeaks, qui ne vit que grâce aux dons des internautes. Un tribunal islandais a jugé que le blocage des transactions financières à destination du site web lanceur d’alerte était illicite. La justice a ordonné la levée de l’embargo mis en place contre WikiLeaks.

Pénalisées par le blocage financier organisé par différents intermédiaires financiers, les finances de WikiLeaks devraient pouvoir très prochainement respirer. Le site web spécialisé dans la divulgation de documents confidentiels vient de proclamer sa victoire en justice contre Valitor (ex-Visa Island), qui est l’un des principaux acteurs du paiement électronique en Islande et s’occupe des transactions avec les cartes Visa et MasterCard.

Selon le communiqué de WikiLeaks, diffusé sur Twitter, le tribunal de Reykjavík a statué que Valitor a violé la loi en bloquant les dons par carte de crédit destinés au site web. Les juges ont ordonné la levée de cet embargo financier sous 14 jours, faute de quoi Valitor devra s’acquitter d’une amende journalière de 800 000 couronnes islandaises (environ 5100 euros).

Pour WikiLeaks, ce jugement est déterminant pour son avenir. Le site web estime en effet que le blocage décidé par les sociétés de carte de crédit, mais aussi certains établissements bancaires, a entraîné une baisse des dons de 95 %. Au total, WikiLeaks évalue ce manque à gagner autour de 20 millions de dollars. Des solutions alternatives avaient toutefois été mises en place pour compenser ces restrictions.

Le site considère que c’est le gouvernement américain qui est à l’origine de ces sanctions. WikiLeaks s’est, en effet, fait mondialement connaître il y a deux ans en publiant d’une part des documents classifiés sur les guerres d’Irak et d’Afghanistan, et d’autre part, des télégrammes diplomatiques du département d’Etat des Etats-Unis. Or quelques mois après, le blocage financier est apparu.

Le combat de WikiLeaks pour débloquer les dons des internautes ne s’arrête pas à ce jugement. Le site précise que des actions en justice sont en cours dans d’autres pays et que la Commission européenne enquête également sur ce dossier. Selon le site, les conclusions de l’investigation devraient être connues avant la fin août et Bruxelles décidera alors quelles suites donner à cette affaire.

Rappelons à ce sujet la vidéo parodique tournée par WikiLeaks, critiquant MasterCard en détournant l’une de ses publicités :

Auteur : Julien L.

Source : http://www.numerama.com/magazine/23184-wikileaks-remporte-un-proces-contre-mastercard-et-visa.html