Julian Assange, agent du contre-terrorisme occidental?

Dans un article daté d’octobre 2012, publié sur le site du sénateur australien Scott Ludlam, on lit ce titre: « Julian Assange, journaliste ou terroriste? »

800px-Julian_Assange_(1)Cette question est justifiée par le travail journalistique de l’organisation WikiLeaks qui a été accusée par certains politiciens américains de porter atteinte à la sécurité nationale et de potentiellement avoir pu aider des groupes terroristes.

Au-delà de cette question, on peut bien évidemment se poser d’autres questions plus intéressantes, comme certains l’ont déjà fait, en disant par exemple que Julian Assange pourrait être un espion au service de la CIA ou de tout autre service secret occidental, russe, israélien, ou même un agent double travaillant pour plusieurs gouvernements.

Julian Assange serait-il simplement journaliste, ou… agent du contre-terrorisme occidental?

Les articles qui posent ces questions sont souvent assimilés à des théories complotistes. Et si nous nous intéressons à ces questions sur ce blog, ce n’est certainement pas pour décrédibiliser la cause de WikiLeaks, mais au nom de la transparence politique, car cela pourrait mettre en lumière les stratégies et les artifices utilisés par les services secrets.

Nombreux sont les soutiens de Julian Assange et de WikiLeaks qui travaillent, en effet, ou ont travaillé au sein des services de renseignement (CIA, NSA…), et pour certains dans des services consacrés à la lutte anti-terroriste, comme le célèbre John Kiriakou cité dans un discours de Julian Assange avec deux autres lanceurs d’alerte, et qui lui-même avait travaillé pour des opérations de contre-terrorisme et avait participé à l’arrestation d’Abu Zubaydah, accusé d’avoir aidé Ben Laden. Cela pose question.

Par la nature des documents publiés par WikiLeaks, on peut aussi se demander si certaines publications n’auraient pas pu servir indirectement la lutte anti-terroriste, comme l’a été le cas dernièrement des AKP Leaks, les emails du parti turc d’Erdogan. Pourquoi ces emails publiés par WikiLeaks auraient pu servir la lutte anti-terroriste? Un élément de réponse pourrait être que la Turquie a été accusée par certaines personnalités politiques de soutenir le terrorisme et l’Etat Islamique contre le régime d’Assad en Syrie. Ces derniers mois, beaucoup d’articles dans la presse occidentale ont porté sur ce sujet. La logique paraîtrait simple: publier des emails pour affaiblir Erdogan, revient à affaiblir celui qui est accusé de soutenir un groupe terroriste sanglant, et ainsi affaiblir indirectement l’Etat Islamique. Nous sommes bien dans une logique anti-terroriste.

Mais ces dernières années, d’autres publications de l’ONG WikiLeaks ont également pu servir cette lutte anti-terroriste. C’est le cas des fuites des documents sur les guerres en Irak et en Afghanistan, à une période où les Etats-Unis promettaient de tuer le terroriste Ben Laden. Celui-ci a bien été tué le 2 mai 2011. La vidéo militaire américaine publiée par WikiLeaks et connue sous le nom de « Collateral Murder » l’a été le 5 avril 2010, suivie par les documents sur l’Afghanistan le 25 juillet 2010, soit un an environ avant la mort de ben Laden, alors qu’on sait aussi qu’à la même période: « Le gouvernement pakistanais a tenté de négocier avec al-Qaïda, un an avant la mort de Ben Laden ». Peut-être que cette coïncidence est due au hasard, mais on pourrait aussi penser que WikiLeaks a participé indirectement à la lutte anti-terroriste, que cela ait été son intention réelle ou pas.

Ces derniers jours, on a aussi pu voir Julian Assange réagir à l’enquête du Monde concernant des taxes qui auraient été payées par le cimentier Lafarge au groupe de l’Etat Islamique en Syrie, et il a mis en avant les liens entre Lafarge et la candidate américaine Hillary Clinton. Cela a aussi probablement un lien avec le contre-terrorisme.

Tous ces éléments, toutes ces coïncidences étranges, peuvent laisser penser que WikiLeaks a un lien avec le contre-terrorisme occidental. Si tel était le cas, cela pourrait signifier que Julian Assange est en lien avec des personnalités relativement importantes au sein des gouvernements ou au sein des services secrets. Notre blog n’ayant pas accès à plus d’informations que ce qui est déjà publié sur Internet, notre question se limite donc à cette possibilité.

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John Kiriakou, le lanceur d’alerte qui a révélé la torture de la CIA, a été libéré de prison

RT, 4 février 2015

John Kiriakou, le lanceur d’alerte de la CIA qui a exposé l’utilisation de la torture par l’agence [de renseignement] et seule personne à avoir été en prison pour ce scandale, a été libéré mardi depuis un établissement correctionnel fédéral. Les défenseurs de la transparence gouvernementale ont longtemps dénoncé la sentence de l’ex-espion comme étant la persécution d’un héros qui a révélé les mauvais agissements de l’agence à grande échelle, tout en pointant du doigt l’hypocrisie de ceux qui ont entrepris la torture en restant libre. Jesselyn Radack, auteur de “Traître”, discute avec Ben Swann de RT.

Source: https://twitter.com/RT_America/status/563133712691261441

Lire l’article complet: http://rt.com/usa/229103-john-kiriakou-released-prison/

Campagne Firedoglake: Dites à Obama d’amnistier le lanceur d’alerte John Kiriakou

John Kiriakou

Le Président Obama s’est opposé au waterboarding en tant que torture depuis sa campagne de 2008 – alors pourquoi envoie-t-il en prison l’homme qui a aidé à mettre fin à cette pratique?

L’ancien officier de la CIA John Kiriakou, qui a aidé à révéler le programme de torture de l’administration Bush, a récemment plaidé coupable pour avoir donné le nom d’un collègue à des journalistes à utiliser comme source. Il s’attend à recevoir une peine de 30 mois en prison.

C’est une ironie cruelle de voir que le premier agent lié au programme de torture de la CIA à aller en prison est le lanceur d’alerte qui a parlé ouvertement contre les pratiques haineuses de notre gouvernement. De Bradley Manning à Aaron Swartz et à John Kiriakou, la pratique du gouvernement dans sa manière abusive de persécuter les activistes et les lanceurs d’alerte a déjà ruiné trop de vies. Si le Président Obama veut montrer qu’il s’oppose à la torture et qu’il soutient la transparence du gouvernement, il devrait amnistier immédiatement Kiriakou.

Dites au Président Obama d’amnistier le lanceur d’alerte de la CIA John Kiriakou.

Cliquez ici pour lire et signer la pétition

En réalité, le Département de la Justice a refusé de poursuivre aucune des personnes qui ont autorisé et mis en application la torture que Kiriakou a aidé à dévoiler. En revanche, ils ont poursuivis les lanceurs d’alerte et les activistes avec un zèle inégalé par aucune administration dans l’histoire. Bradley Manning fait face à la prison à vie. Aaron Swartz s’est tué pour échapper aux poursuites. Thomas Drake, Shamai Leibowitz, la liste est longue et ne finit pas.

Kiriakou est la sixième personne à être inculpée sous l’Espionage Act par l’administration Obaman. Il est temps pour le président d’arrêter cette guerre contre les lanceurs d’alerte. Il peut commencer par amnistier John Kiriakou.

Signez notre pétition qui demande au Président Obama d’amnistier le lanceur d’alerte de la CIA John Kiriakou.

Kiriakou a servi son pays dans la CIA pendant plus de 15 ans, risquant sa vie comme un agent secret suivant la trace d’Al-Qaïda à l’étranger — il ne mérite pas ce traitement. Kiriakou a dit qu’il a été engagé pour le transfert (cf. rendition) qui a conduit à la torture de détenus. Il n’a pas personnellement opérer la torture. Sa fuite n’a même pas été rendue publique et n’a présenté aucune menace pour le pays.

Comparez cela à la sortie très médiatique et imprudente de Valerie Plame — une affaire qui a conduit aux condamnations en vue de quatre délits pour Scooter Libby, mais à aucun jour en prison. Il est inconcevable que Libby puisse éviter une peine, alors que Kiriakou doit faire face à des années en prison pour avoir révélé les actions illégales et inhumaines du gouvernement — des actions auxquelles l’administration Obama prétend s’opposer.

Le Président Obama ne devrait pas punir, mais amnistier John Kiriakou dans son patriotisme exceptionnel pour s’être prononcé contre la torture.

Signez notre pétition qui demande au Président Obama d’amnistier le lanceur d’alerte de la CIA John Kiriakou.

Merci d’avoir pris position pour la transparence et pour le combat afin de protéger les lanceurs d’alerte.

En Solidarité,

Brian Sonenstein
Directeur de Campagne,
Firedoglake.com

Source: http://fdlaction.firedoglake.com/2013/01/18/president-obama-should-pardon-not-imprison-cia-torture-whistleblower-john-kiriakou/

Assange a défendu 3 lanceurs d’alerte qui ont dénoncé la corruption et les programmes de la NSA et de la CIA

Assange at Ecuador embassy

« Le discours d’Assange mentionne trois lanceurs d’alerte que je défends : il appelle à mettre fin à la guerre contre les lanceurs d’alerte »

Par Jesselyn Radack, le 20 août 2012

Quelle que soit votre opinion sur le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, il avait raison quand il a appelé à mettre fin à la guerre contre les lanceurs d’alerte, dans son discours à l’ambassade d’Equateur, hier [le 19 août 2012], à Londres:

La guerre de l’administration US contre les lanceurs d’alerte doit se terminer. Thomas Drake, William Binney, John Kiriakou, et d’autres lanceurs d’alerte héroïques doivent être pardonnés ou dédommagés des épreuves qu’ils ont endurées en tant que serviteurs du registre public.

Alors que les histoires de mes clients sont complètement différentes de celle d’Assange, l’administration Obama a menacé de persécuter criminellement chacun d’entre eux avec la même loi draconienne de l’Espionage Act, une loi destinée à chasser les espions, et non les lanceurs d’alerte. Et l’effet de la politique de l’administration Obama – sinon le but – est le même pour mes clients et pour Assange – à savoir de réduire au silence la dissidence.

Bien qu’Assange est souvent critiqué pour ne s’intéresser qu’à lui (qui lui en voudrait de tenir compte du fait que la police londonienne attendait à l’extérieur de l’ambassade d’Equateur pour l’arrêter ?), il a pris le temps dans son discours, long de plusieurs minutes, de s’adresser vers ceux qui ont été poursuivis en justice. Il a aussi correctement identifié la guerre de l’administration Obama contre les lanceurs d’alerte, comme une guerre contre les journalistes et contre les médias, un rapprochement que j’ai fait  moi-même, ainsi que Glenn Greenwald et les principaux médias des Etats-Unis.

Les Etats-Unis doivent donner l’assurance devant le monde entier qu’ils ne poursuivront pas des journalistes pour avoir mis en lumière les crimes secrets des puissants. Il ne doit pas y avoir de propos insensés, en ce qui concerne la poursuite judiciaire de n’importe quelle organisation de médias, que ce soit WikiLeaks ou bien le New York Times.

L’appel d’Assange aux Etats-Unis à mettre fin à la « chasse aux sorcières » contre Wikileaks rappelle à la mémoire Louis Brandeis de la Cour Suprême :

La peur d’un sérieux préjudice ne peut pas justifier seule la suppression de la liberté d’expression et de rassemblement. Les hommes craignaient les sorcières, et ils ont brûlé des femmes.

Maintenant le gouvernement a peur de la vérité et il persécute les lanceurs d’alerte, et parmi eux trois de mes clients qu’Assange a bien mentionné hier :

  • Thomas Drake est le lanceur d’alerte de la National Security Agency (NSA), qui est devenu la 4ème personne aux Etats-Unis à être sous le coup des charges de l’Espionage Act pour allégation de mauvais usage d’information classifiée. Le dossier du gouvernement contre lui s’est évanoui de manière spectaculaire quelques jours avant le procès en juin 2011, et les preuves sont devenues publiques depuis que la tombée des charges a montré que celles-ci étaient construites sur du vide.
  • William Binney, lanceur d’alerte de la NSA, avec Drake, et les anciens officiels de la NSA J. Kirk Wiebe, Edward Loomis, et l’ancienne rédactrice du Congrès Diane Roark, s’est plaint par des voies internes adéquates de la dilapidation, de la fraude, des abus massifs, et de l’illégalité à la NSA, et il a été par la suite soumis à une enquête, menacé de poursuites judiciaires, et assujetti à un raid armé du FBI. Il a finalement obtenu une lettre d’immunité.
  • Le lanceur d’alerte de la Central Intelligence Agency (CIA) John Kiriakou a lancé l’alerte sur le waterboarding et a aidé à exposer le programme de torture de la CIA, auquel il a refusé de participer. Kiriakou a aussi été chargé sous le coup de l’Espionage Act, et il comparaît dans son procès en novembre 2012. Pour aider et soutenir Kiriakou allez ici ou mentionnez « j’aime » sur la page Facebook Defend John Kiriakou.

Assange est sans doute une figure controversée, mais quoi que vous pensiez du messager, le message d’Assange demande l’attention de quiconque reconnaît les valeurs de la liberté d’expression et de la liberté de la presse.

Source: http://www.whistleblower.org/blog/42-2012/2184-assanges-speech-mentions-three-of-my-whistleblower-clients-calls-for-end-to-war-on-whistleblowers

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