John McCain pourrait-il être responsable d’un prochain 11/9?

Sen. John McCain (R-Ariz) questions Chuck Hagel during the defense secretary's testimony before the Senate Armed Services Committee regarding military budgets, on Capitol Hill.

Truth-Out.org, le 24 juin 2014

Publié par The Daily Take Team, The Thom Hartmann Program | Op-Ed

L’histoire se répète de la pire façon possible, et si nous ne retenons pas nos leçons, nous pourrions avoir un autre 9/11 sur nos mains beaucoup plus tôt que vous ne pourriez le penser.

Aujourd’hui, les combattants de l’Etat islamique d’Irak et de Syrie, ou EIIL [ISIS en anglais], ont poursuivi leur avancée vers Bagdad. Le groupe contrôle désormais toute une bande de territoire allant de la vallée de l’Euphrate en Syrie orientale tout le long jusqu’à la chaîne des villes qui entourent la capitale irakienne.

Si vous faisiez une liste des personnes les plus méchantes sur terre, l’EIIL [ISIS] serait en tête de liste. Le groupe a été effectivement expulsé d’Al-Qaïda pour être trop extrême et a été assez ouvert sur la façon dont il veut « nettoyer » les villes saintes chiites de Nadjaf et Karbala « en proie à la saleté ».

Quand il s’agit de groupes terroristes, l’EIIL [ISIS] est vraiment le pire de ce qu’on peut imaginer et constitue une menace partout et pour tous, ce qui rend d’autant plus choquant qu’il se soit apparemment trouvé un ami en rien d’autre que le sénateur de l’Arizona John McCain.

Quand il s’agit de groupes terroristes, l’EIIL [ISIS] est vraiment le pire de ce qu’on peut imaginer et constitue une menace partout et pour tous, ce qui rend d’autant plus choquant qu’il se soit apparemment trouvé un ami en rien d’autre que le sénateur de l’Arizona John McCain.

Comme Steve Clemons l’a souligné dans un article à succès écrit pour The Atlantic, McCain, aux côtés du sénateur de Caroline du Sud, Lindsey Graham, a joué un rôle-clé pour conduire les Saoudiens et les Qataris, nos alliés, à armer des groupes rebelles en Syrie qui luttent contre le gouvernement de Bachar al-Assad soutenu par l’Iran.

Publiquement, les Saoudiens et les Qataris disent qu’ils n’envoient des armes qu’aux groupes rebelles « modérés » comme l’Armée Syrienne Libre, mais ils auraient également armé des groupes plus extrêmes – des groupes comme le Front Al-Nosra et, vous l’aurez deviné, l’EIIL [ISIS].

Lire la suite: http://truth-out.org/opinion/item/24581-could-john-mccain-be-responsible-for-the-next-9-11

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Egypte: Obama sous le feu des critiques

Armée égyptienne

BBC Afrique, 16 août 2013

De nombreux sénateurs et la presse américaine ont sévèrement critiqué Barack Obama pour n’avoir pas suspendu l’aide militaire à l’Egypte après le bain de sang au Caire.

Au Congrès, John McCain, l’ancien rival républicain de Barack Obama aux présidentielles de 2008, réclamait la suspension de l’aide militaire avant même les violences de mercredi, mais jeudi soir, il a accuse le ministre des Affaires Etrangères John Kerry d’avoir contribué à la détérioration de la situation en Egypte en ayant déclaré le mois dernier que le renversement de Mohamed Morsi par l’armée allait « rétablir la démocratie » en Egypte.

De son coté, le sénateur républicain de Rand Paul appelle Barack Obama à « suivre la loi » américaine qui prévoit la suspension de l’aide militaire en cas de coup d’Etat dans le pays bénéficiaire du soutien des Etats-Unis. « Le président Obama dit qu’il ‘condamne la violence en Egypte’, mais l’aide américaine continue de contribuer à financer cette violence », déplore le sénateur Paul.

Des amis démocrates du président Obama sont également scandalisés. « Tant que nous n’obtiendrons pas l’assurance que l’aide américaine est utilisée pour aider le peuple égyptien, il n’y a aucune raison de la continuer », lance ainsi Loretta Sanchez, une députée démocrate de Californie.

Quant au sénateur Patrick Leahy, le démocrate de gauche qui préside la commission judiciaire, il emboite le pas au Républicain Rand Paul en estimant que la loi américaine « est claire » et que « l’aide a l’Egypte doit cesser jusqu’à ce que la démocratie soir rétablie dans ce pays ».

La presse américaine est, elle aussi, favorable a l’arrêt de l’aide militaire américaine à l’Egypte. C’est le cas du New York Times et du Washington Post, les deux quotidiens américains les plus influents. C’est aussi le cas de journaux aussi différents sur le plan politique que le Los Angeles Times, un journal situe sur l’aile gauche de Barack Obama, ou le Washington Times, un quotidien ultra-conservateur.

Chaque année, les Etats-Unis accordent à l’Egypte une aide de 1,5 milliard de dollars, la plupart sous forme d’assistance militaire. Depuis 1948, l’Egypte a ainsi reçu plus de 70 milliards de dollars du gouvernement américain.

Jusqu’à présent, les milieux politiques américains considéraient cette aide comme une sorte de police d’assurance permettant de maintenir l’accord de paix que l’Egypte a signe avec Israël.

En juillet, une motion déposée par le sénateur Paul qui visait à suspendre l’aide américaine à l’Egypte n’avait pu recueillir que 13 voix sur les 100 membres du Sénat. Mais depuis, l’escalade de la violence en Egypte, l’utilisation d’équipement militaire américain par l’armée égyptienne dans ses actions de répression, ainsi que le manque d’influence des Etats-Unis sur le gouvernement Morsi, puis sur le gouvernement intérimaire, amènent de plus en plus d’élus américains et d’Américains ordinaires à exiger la suspension, voire, l’arrêt pur et simple de l’aide américaine a l’Egypte.

Source: http://www.bbc.co.uk/afrique/region/2013/08/130816_obama_critics.shtml

Stratfor Files: George Tenet, défenseur de la torture et ex-directeur de la CIA

George Tenet – Directeur de la CIA de 1997 à 2004 – se faisant remettre une décoration par George W. Bush

Email-ID 1075
Date 2005-12-01 17:40:31
From Will.Allensworth@haynesboone.com
To foshko@stratfor.com, bill@indexaustin.com

Ce type vit dans un monde utopique. Sa proposition, quoique assez raisonnable selon moi, est un vrai cauchemar politique. En aucun cas le tribunal ne pouvait annoncer publiquement les critères, donc la question a été totalement éludée. Si les gens sont en colère à propos de la torture, c’est que nous avons découvert que les États-Unis ont adopté un comportement qu’ils jugent « nécessaire » et que les Américains estiment être de la « torture ». Face à cette question, le Directeur de la CIA George Tenet a récemment répondu en substance : je ne peux parler d’aucune forme particulière de torture parce que cela la rendrait inefficace sur le terrain, mais ce que nous faisons n’a rien à avoir avec la torture. En effet, George Tenet reconnaît la torture quand il la voit, mais ce que vous ne saurez jamais c’est pourquoi, en quoi ou comment il détermine ce qu’est la torture.

Ce qui fait la beauté de l’amendement McCain, c’est son côté catégorique. Toutes les branches de l’armée reçoivent des directives claires sur la façon de traiter les prisonniers (manuel pratique), même la CIA. George Tenet a déclaré sa NEUTRALITE vis à vis de l’amendement McCain. L’éventualité qu’il soit source de restrictions ne l’a certainement pas inquiété au point qu’il le critique de façon virulente. Il ne pense pas qu’il limite sa capacité à lutter contre le terrorisme.

Je suis persuadé que le scénario de la bombe à retardement n’est pas pertinent, mais même s’il ne l’est pas dans la pratique l’amendement McCain ne limite en aucun cas l’action de la personne. Si sur le terrain un agent doit faire face à un scénario où ils doivent torturer quelqu’un pour sauver des millions de vies, alors ils le feront. Nous attendons d’eux qu’ils le fassent. Dans quasiment aucune loi il n’y a de disposition pénale ; introduction par effraction, vol de voiture, agression, etc. qui précise que la CIA déroge à ces lois. Pourquoi ? Parce que nous savons et nous attendons de la CIA qu’elle exécute des basses œuvres pour mener à bien la tâche.

L’amendement McCain clame haut et fort au reste du monde que les États-Unis ont des normes pour les détenus qui n’incluent pas la torture. Il suit des directives internationales interdisant la torture. Son impact psychologique et social sur nos prises de position face au reste du monde constitue une véritable protection pour les États-Unis contre de futures attaques sans limiter inutilement les possibilités d’application de notre loi antiterroriste.

Ce type et le président jouent à un jeu politique dangereux. Chaque homme politique sait que s’il n’est pas en faveur de l’amendement sur la torture, leur campagne de réélection devra faire le poids face à un type qui dit tout de go : «Mon adversaire autorise la torture des êtres humains. Est-ce que c’est ça que nous défendons ? » Aussi simpliste soit cette attaque, le vote du sénat à 90-9 en faveur de l’amendement McCain laisse à penser qu’il est incontournable aux yeux de nos représentants.

Message d’origine
De : Bill Ott [mailto : bill@indexaustin.com]
Envoyé le : Jeudi 01 décembre 2005 10 : 29
Pour : Allensworth, Will W. ; foshko@stratfor.com
Sujet : Défenseur de la torture

Abu Ghraib était une parodie et une tragédie. Cela a terni la réputation et la crédibilité de l’Amérique. Cela a fourni des munitions aux ennemis et aux critiques de l’Amérique. Cela a retardé le progrès en Irak.

Ce qui s’est passé à Abou Ghraib était illégal, et les responsables ont, à juste titre, été poursuivis et punis.

Alors quel est l’objectif de l’amendement du sénateur John McCain visant à interdire « le traitement cruel, inhumain ou dégradant » d’un prisonnier par un agent des États-Unis?

Sa proposition pourrait être considérée comme un signal, une manière de réparer les dégâts causés par Abou Ghraïb, une législation au service des relations publiques.

Le problème, c’est que l’amendement ne fait aucune distinction entre deux situations pourtant très différentes (1) des prisonniers ordinaires purgeant des peines pour avoir commis des crimes ou tout simplement pour les empêcher de retourner sur le champ de bataille et (2) des terroristes capturés en possession d’informations qui pourraient sauver des vies.

Dans le premier cas, McCain a raison. On ne doit jamais abuser de ces prisonniers, certainement pas pour se divertir ou se livrer à des pulsions sadiques (comme cela se passe néanmoins dans des prisons à travers le monde).

Le deuxième cas n’est pas si simple. Le scénario le plus notoire est, bien sûr, celui de la « bombe à retardement ». Que devrait-on autoriser lorsqu’une menace est imminente et que le fait de faire parler un suspect peut être une question de vie ou de mort ? De telles circonstances ne sont pas aussi rares que certains le prétendent.

Il y a deux ans, par exemple, il y avait une controverse à propos des mesures prises par le lieutenant- colonel de l’armée Allen B.West. Il servait près de Tikrit, luttant contre les insurgés fidèles au dictateur déchu Saddam Hussein. Alors qu’il interrogeait un suspect hostile, il dégaina son pistolet et tira deux fois.

Son intention n’était pas de tuer ou de blesser, mais seulement de faire peur. Il a réussi. Le suspect a révélé les détails d’un projet d’embuscade. Le lieutenant-colonel West a sauvé la vie d’hommes qui étaient sous ses ordres, des hommes dont il se sentait responsable. Il a été accusé de « torture », d’agression et révoqué de l’armée.

L’amendement McCain confirmerait ce résultat. Il condamnerait d’autres agents dans des situations semblables à s’en aller, et que cela soit synonyme de massacre d’hommes, de femmes et d’enfants innocents, ça n’y change rien.

Est-ce que cela devrait vraiment être notre politique ? Peut-on mener et gagner une guerre avec de telles limitations ? Est-ce que c’est vraiment une approche morale ?

Mettez ces questions-là de côté un moment et prenons en considération le scénario le plus courant : le « suspect important », quelqu’un en possession d’informations non pas sur une menace imminente mais sur la façon, par exemple, dont les dirigeants terroristes transmettent leurs ordres, comment ils collectent des fonds et distribuent des armes, comment ils recrutent, forment et déploient des kamikazes et ceux qui posent des charges explosives le long des routes.

Il est peu probable que provoquer un accès de panique, comme le lieutenant colonel West l’a fait, pousse les suspects à révéler tout ce qu’ils savent. Et des formes plus sévères de « torture », déjà illégales au regard du droit américain, ne seraient certainement pas la meilleure façon de les inciter à coopérer. Ce qui peut réussir, ce sont les interrogatoires techniques se rapprochant de la torture : le « stress » physique combiné à la « pression » psychologique. Mais de telles techniques pourraient être considérées comme « dégradantes » et seraient susceptibles d’être interdites par l’amendement McCain.

De toute évidence, des limites doivent être fixées et il faut que quelqu’un ait à la fois la compétence et l’autorité pour les fixer. Il y a plus d’un an, l’ancien Procureur fédéral et juriste Andrew C.McCarthy proposait la création d’un « tribunal de sécurité national », un tribunal qui aurait pour fonction de « surveiller la détention des prisonniers terroristes. »

Il pourrait également être habilité à décider, en accord avec des médecins, des psychologues et des experts du renseignement, quelles techniques sont à proscrire définitivement (par exemple, celles qui sont susceptibles de causer la mort ou un handicap permanent), et celles qui sont acceptables, et efficaces.

Des interrogateurs gouvernementaux formés devraient être tenus de demander au tribunal l’autorisation d’utiliser des techniques spécifiques dans des cas particuliers. Ce que le tribunal autoriserait dans le cas d’une « bombe à retardement » serait différent de ce qu’il permettrait contre un lieutenant de Ben Laden, et ces deux cas se distingueraient de ce qui serait permis pour soutirer de l’information à un combattant de faible valeur.

Les décisions importantes ne seraient pas la responsabilité d’un officier de l’armée isolé, aucun officier ne devrait endurer ce que le lieutenant colonel West a vécu. Mais les décisions de sacrifier des vies innocentes ne seraient pas non plus prises par des bureaucrates internationaux ou des avocats représentant des organisations autoproclamées des « droits de l’homme ».

Ne serait-ce pas mieux qu’une approche où tous les coups sont permis ? Ne serait-ce pas mieux que de traiter les terroristes avec précaution ? Ne serait-ce pas préférable à l’amendement McCain ?

Clifford D.May est le président de la Fondation pour la Défense des Démocraties, un institut politique axé sur le terrorisme et une organisation partenaire Townhall.com.

Bill Ott
Index Austin Real Estate, Inc
Austin , TX 78758
(512) 476-3300 P
(512) 476-3310 F
bill@indexaustin.com

Traduit via le Forum WikiLeaks par Dragonfly84

Lien vers l’article original: https://wikileaks.org/gifiles/docs/1075_re-torture-supporter-.html

Traduit en français: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,14681.0.html

WikiLeaks déshabille Stratfor

Le 27 février 2012

En partenariat avec WikiLeaks, OWNI met en évidence le fonctionnement de l’un des leaders du renseignement privé, la société Stratfor, basée au Texas. Sorte de mercenaire du renseignement, particulièrement soucieux de ses secrets de fabrication. Cinq millions de courriers de cette société seront progressivement mis en ligne par WikiLeaks.

WikiLeaks met à jour la correspondance d’une des plus importantes entreprises de renseignement privé au monde, Stratfor, en partenariat, notamment, avec Rolling Stones aux États-Unis, la chaîne ARD en Allemagne, la Republica et l’Espresso en Italie, Publico en Espagne et OWNI en France.

À travers cette opération, WikiLeaks met en place une base de données de cinq millions d’emails, rédigés entre juillet 2004 et décembre 2011, et décrivant les petits secrets de cette société très particulière, basée à Austin au Texas, et fondée en 1996. Autour d’elle gravitent d’anciens agents secrets, d’ex-diplomates, des militaires en retraite, ou des fonctionnaires en poste soucieux de préparer leurs vieux jours.

Au mois de décembre dernier, des Anonymous avaient expliqué qu’ils avaient pénétré sur les serveurs de cette entreprise chef de file du secteur aux États-Unis, et qu’ils avaient pu copier quantité de fichiers permettant de mieux connaître ses activités.

Fabrication du renseignement privé

À terme, l’exploitation de la base de données constituée par WikiLeaks devrait mettre à jour les procédés de fabrication du renseignement privé, facturé par Stratfor aux plus offrants dans des proportions industrielles (à des entreprises comme à des administrations, dans le monde entier), entretenant des liens pour le moins ambigus avec les services étatiques.

Dans un premier temps, nous avons voulu comprendre les supports et la matière première des notes et des rapports vendus par l’entreprise. Car elle apporte un soin tout particulier à son marketing, volontairement construit dans un registre proche de celui de l’espionnage.

Ainsi, dans cet échange d’emails du 1er octobre 2009 entre plusieurs hauts responsables de l’entreprise, il est question de diffuser des informations brutes en direction des clients. Après quelques réflexions, la réponse des dirigeants résume le décalage entre l’image d’une telle société – teintée de mystère – et la réalité de son fonctionnement :

« Du point de vue de la marque, fondée sur la Qualité, le Statut et l’Aura mystique, je pense que montrer trop de notre travail interne dévaluerait notre aura mystique. Personne ne sait comment nous collectons nos informations. C’est l’un des aspects les plus cools et mystérieux de Stratfor. Rendre public de l’information brute serait cool pour quelques semaines, mais cela rendrait notre travail plus attendu et nous perdrions un peu de notre aura mystique sur la collecte d’informations. »

Officiellement, Stratfor se targue de diffuser des informations confidentielles, mais les messages internes montrent qu’une gradation existe. La note A sanctionne une information qu’on “ne peut trouver nulle part ailleurs” et la note B une information disponible uniquement “dans des cercles limités”. Les autres notes renvoient à des informations accessibles dans des sources ouvertes avec une analyse pertinente qui fait leur valeur ajoutée (note C), dont le contenu est resté néanmoins peu connu (note D), ou qui est accessible à de nombreux endroits différents (note F).

Dans les correspondances internes, les analystes ajoutent plusieurs champs quand ils rapportent leurs échanges avec des sources: son code, l’attribution (comment citer le source), une description de la source pour un usage interne, la possibilité de publier l’information ou non, des précautions particulières et le nom de la personne chargée du suivi.

Ministres et sources ouvertes

Dans la réalité de ses échanges au quotidien cependant, peu de sources de Stratfor justifient un tel mystère. D’abord, dans la majorité des cas, il s’agit simplement d’articles lus sur des sites. Quand ce n’est pas le cas, les fonctions et qualités des sources apparaissent au fil de la lecture. Il s’agit de journalistes, d’hommes d’affaires, parfois de membres de la communauté du renseignement ou de l’armée, plus rarement de diplomates ou d’hommes politiques.

Ainsi, le 2 septembre 2011, un analyste raconte son entretien avec le Premier conseiller et l’attaché de défense de l’ambassade tchèque à Washington. Le Premier conseiller devait devenir secrétaire d’Etat aux affaires étrangères. Un entretien en off sur le rôle de l’Otan qui sera attribué à des sources de Stratfor à Prague et à Washington.

Le directeur de Stratfor, Georges Friedman, a accès à des sources plus haut placées, mais qui partagent davantage des analyses que des informations précises. Dans un email daté du 20 février 2010, il raconte une réunion avec Henry Kissinger, l’ancien secrétaire d’État de Reagan, Paul Volcker, ancien directeur de la réserve fédérale américaine et ancien conseiller d’Obama, ainsi que Nicholas Brady, secrétaire d’Etat au trésor sous Reagan et Bush. En juillet 2011, il mentionne un entretien avec le ministre des affaires étrangères du Kazakhstan à propos de la situation régionale.

Néanmoins, la plupart des échanges se fonde sur des informations obtenues en sources ouvertes. Les discussions tentent ensuite de faire émerger une analyse pertinente et inédite de la situation, en mêlant des informations difficiles à étayer.

Dans un email du 13 septembre 2010, un analyste, Sean Noonan, envoie un article de The New York Observer sur la construction d’un centre islamique à proximité de Ground Zero. Un autre, Fred Burton, lui répond que l’imam responsable du projet est un informateur du FBI, une affirmation difficilement vérifiable, mais qui modifie le sens de l’article.

Sources ouvertes

De manière bien plus ordinaire donc, ce sont des sources ouvertes qui servent à rédiger des fiches synthétiques pour des clients prêts à dépenser beaucoup d’argent pour se sentir informés. En septembre 2009 par exemple, Stratfor rédige deux rapports sur les offres formulées au Brésil par trois fabricants d’avions de chasse.

Mais ces documents de 7 et 17 pages reprennent en réalité des articles de presse récents consacrés aux propositions commerciales du Suédois Saab et du Français Dassault, ainsi que des extraits de leur site Internet.

En février 2008, des recherches sur le secteur de l’industrie chimique sont commandées. Le client, dont le nom n’est pas précisé, veut des informations sur “les risques actuels ou futurs” que pourraient courir des entreprises du secteur. En particulier, l’attention est portée sur le prix du pétrole, le risque de nationalisation dans certains pays et la législation en vigueur sur les produits chimiques. Des informations disponibles en source ouverte.

Stratfor se nourrit aussi de documents obtenus avant publication. Un analyste de la section Eurasie envoie ainsi un rapport de l’agence de notation Moody’s sur la crise de la dette irlandaise avant sa sortie officielle.

Meilleure note

Le classement des quelques sources fermées, laissant supposer des liens ambigus avec des personnes en poste dans des services de renseignement étatique, obéit à d’autres règles. Sont pris en compte la vitesse de réaction à une demande (“Source Timeliness”), le degré de proximité avec le sujet traité (“Source accessibility”), et la disponibilité (“Source availability”). De même pour la qualité des informations transmises.

La crédibilité et l’exclusivité (“Uniqueness”) sont aussi mesurés. Chaque catégorie est ensuite notée sur une échelle de A (la meilleure note) à F (la plus mauvaise), sans utiliser le E. Une source répondant dans les 24 heures sera créditée d’un A, tandis qu’une source dont on a de “la chance de recevoir une réponse tout court” hérite de la plus mauvaise note.

Le degré de proximité commence à “la connaissance intime” d’un sujet (note A). Vient ensuite la connaissance proche (“demander à quelqu’un de l’industrie pétrolière son avis sur le gaz naturel”). Le classement le plus bas renvoie à “quelqu’un qui n’a aucune connaissance du tout d’une industrie en particulier”.  L’information que l’on peut “déposer à la banque” a la meilleure note de crédibilité. La plus mauvaise sanctionne celle qui “s’apparente à de la désinformation”.

Rumeurs

Le champ d’expertise de Stratfor se veut large. Il va de l’intelligence économique à la géopolitique. Mais l’agence de renseignement privé traite aussi de politique intérieure, en diffusant des messages dans lesquels les interlocuteurs ne semblent pas discerner entre la rumeur et l’information vérifiée. Ainsi, au lendemain de l’élection présidentielle américaine de 2008, un responsable rapporte que John McCain, candidat républicain malheureux, a décidé de ne pas entamer de poursuites pour des cas de fraudes en Ohio et en Pennsylvanie car ce “serait au détriment [du] pays”.

Deux jours plus tard, un autre message revient sur les conditions du scrutin. Fred Burton, un haut responsable de Stratfor, affirme que des “Démocrates noirs ont été surpris en train de bourrer les urnes à Philly [Philadelphie, NDLR] et dans l’Ohio” mais il assure que McCain aurait choisi de ne pas se battre, ce qui ne ferait pas consensus au sein de son parti.

Une hypothèse qui, ainsi formulée, tient quasiment de la conspiration. Au-delà de l’aura de mystère, de tels messages laissent planer sur la production de ce marchand d’études des risques et d’analyses géopolitiques comme une aura d’esbroufe.

Sources: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,8958.0.html et http://owni.fr/2012/02/27/stratfor-wikileaks-gi-files/