Les médias étrangers, plus critiques à l’égard des candidats à la présidentielle française?

Alors que les médias et la presse centrent leur attention en France sur les appels à voter contre l’extrême-droite, les journalistes à l’étranger semblent plus libres dans leurs critiques à l’égard des deux candidats finalistes, Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Nous revenons sur quelques points importants évoqués dans des articles parus récemment.

Le site Reuters tout d’abord rappelle dans cette présidentielle que les français sont avant tout « sceptiques » à l’égard des deux candidats, considérés comme n’ayant pas de vraie réponse sur des sujets aussi importants que le chômage et la sécurité, d’après un sondage récent.

En revanche, CNN n’hésite pas à révéler davantage les aspects négatifs du candidat Macron tel qu’il est perçu par une partie de la population française, soulignant par exemple que:

Macron a été soutenu par le président actuel François Hollande […] Souvent vu comme « l’élite », il est considéré comme faisant partie de l’establishment et hors du contact avec le public.

Et de préciser encore que:

Ancien ministre de l’économie qui a gagné des millions comme banquier d’investissement, Macron a été attaqué de la gauche comme de la droite pour son arrogance perceptible

Cette image de banquier colle à la peau du candidat Macron selon l’article de CNN et c’est là l’une des principales difficultés qui le sépare des électeurs qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon, et comme le déclare Emmanuelle Schön-Quinlivan, conférencière en politique européenne au University College de Cork, interrogée par la chaîne américaine, Macron est encore perçu comme le « banquier », et ce n’est pas ce qu’il y a de plus positif dans ce contexte de crise économique mondiale.

Enfin, le média australien Financial Review s’interroge sur les soutiens des deux candidats à la présidentielle en titrant : « La charismatique Le Pen, l’ennuyeux Macron et le futur des sous-marins australiens » pointant les conséquences économiques qui pourraient se produire sur l’économie australienne en cas d’un repli protectionniste de la France.

Financial Review évoque en premier lieu la difficulté des deux candidats à s’identifier à une majorité politique dans les grands partis traditionnels, n’étant pas à proprement parler un combat classique ou « une course directe entre la gauche et la droite ». Alors que d’après cet article, Marine Le Pen aurait des soutiens principalement dans la classe ouvrière et parmi les chômeurs, « les principaux partisans de Macron [seraient] des managers et ceux qui gagnent de bons revenus ».

S’il n’y a pas de traditionnelle opposition entre un candidat de gauche ou de droite, comme le souligne cet article, il semble donc que l’opposition qui sépare Marine Le Pen et Emmanuel Macron serait davantage d’ordre économique et social, entre une France favorisée économiquement (qui voterait pour Macron) et une autre France victime de la crise économique où une partie de la population s’est profondément appauvrie et n’a pas trouvé l’idéal promis par l’Union Européenne (une population qui voterait pour des partis anti-système, dont celui de Marine Le Pen).

Financial Review insiste également sur l’opposition des deux candidats dans leur manière de parler et d’interagir avec le public:

« Macron l’ennuyeux », comme l’annonce Financial Review en titre de l’article, car lors du discours prononcé le 1er mai « beaucoup de ses déclarations étaient fades et manquaient définitivement d’éloquence politique » et sa jeunesse ne suffira peut-être pas à masquer le manque d’expérience qui lui fait défaut dans ce rôle de leader face à une foule nombreuse.

« En comparaison, Le Pen [serait, d’après l’article] polie, à l’aise, forte et convaincante » et aurait davantage « une dimension humaine » face au candidat Macron.

Financial Review rappelle au final que les investissements de l’Australie sont importants en France et qu’une sortie de l’euro pourrait avoir par exemple des effets très négatifs sur les entreprises australiennes qui ont investi de l’argent en France ou sur des entreprises françaises qui ont une activité économique en Australie.

De chaque vote dépendra donc l’avenir de la France, le 7 mai prochain!

CC BY-SA

 

 

 

 

 

Vraie ou fausse guerre de l’information entre la Russie et l’Occident?

On a pu lire récemment sur les réseaux sociaux que la Russie allait augmenter le budget de financement de la chaîne RT [Russia Today] et développer sa diffusion en français. RT étant une chaîne à financement étatique et considérant les relations actuelles entre la Russie et l’Occident, certains ont déjà qualifié cela de « propagande en langue française »:

Pour autant, cela est étonnant de voir l’acharnement et les critiques que les médias russes subissent de toutes parts, alors même qu’il n’y a quasiment aucune chaîne de télévision qui donne justement un point de vue non-occidental sur les événements qui ont lieu en Europe, en Russie, ou ailleurs dans le monde.

Dans les médias occidentaux, on remarque souvent que les reportages sur des mouvements critiques du monde occidental sont peu représentés et il faut souvent regarder RT pour voir des vidéos montrant des protestations contre la mondialisation, des rassemblements ou interviews d’Anonymous aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, ainsi qu’ailleurs en Europe, ou même des rassemblements contre la prison de Guantanamo. Il y a clairement un manque de diversité sur certains sujets dans les médias occidentaux qui tendent à ne pas mettre en valeur tout ce qui entre dans la contestation du modèle occidental. Et même si ces sujets sont traités, ils le sont de manière souvent superficielle.

On peut être anti-russe, anti-américain, ou ce qu’on veut. Cela ne veut pas dire pour autant que le développement des médias doit être vu de manière négative et être constamment assimilé à de la propagande. Loin de là, un point de vue différent apportera plus d’informations au public et une meilleure compréhension des problèmes existants, des reportages de nature différente et des analyses portant un autre regard sur le monde actuel. De la même manière, les lanceurs d’alerte ont reçu globalement plus d’attention dans les médias comme RT que dans nos médias occidentaux. Encore récemment, il y a à peine quelques jours, RT consacrait des sujets sur l’affaire Julian Assange ou aux révélations d’Edward Snowden, ce qui n’est quasiment plus le cas dans les télévisions occidentales. On peut se demander pourquoi une telle différence.

Le développement d’une nouvelle chaîne RT en français est un réel avantage pour le public francophone, notamment lorsqu’on voit la pauvreté des reportages présentés dans des chaînes occidentales d’informations en continu qui diffusent en boucle les mêmes vidéos, parfois sans aucune analyse et sans débat. De plus, la pensée anti-russe s’est tellement développée dans nos pays occidentaux qu’il est presque impossible de débattre sur le sujet, et si l’on dit par exemple que la Russie peut avoir raison sur tel sujet, on peut être considéré comme un espion russe pour avoir simplement exprimé un point de vue qui n’est pas dans la ligne de l’Occident et des Etats-Unis. Il ne faut pas que le sentiment anti-russe (s’il existe pour certains) nous force aveuglément à oublier notre sens critique et il ne faut pas non plus que cela nous pousse à critiquer tout ce que fait la Russie, sans considérer ce qui peut être positif ou négatif dans la politique menée par ce pays.

La guerre de l’information a bien lieu, mais chaque pays est libre de développer une chaîne de télévision, et c’est ce que fait RT, « ce qui fait entrer la chaîne dans la bataille de l’information, au même titre que BBC World, CNN, Al Jazeera et France 24 », comme le souligne d’ailleurs Wikipedia. Et la bataille de l’information, c’est aussi le signe de la liberté d’expression. Mais, en toute objectivité, la « propagande » ne relève pas de l’Etat russe, elle peut être pratiquée par n’importe quel état, et quand les Etats-Unis ont voulu justifier des guerres au Moyen-Orient, n’ont-ils pas aussi eu recours à des formes de propagande?… Ne soyons pas naïfs.

Plus de chaînes de télévision signifient plus d’informations, donc plus de points de vue exprimés, donc plus de possibilités pour le public de se faire une opinion juste des actualités et des événements politiques. Car c’est dans la diversité que se forge l’opinion. Le fait que la chaîne RT soit financée par l’Etat russe n’est un secret pour personne, mais pour autant peut-on oublier que par exemple une chaîne comme TV5 (qui n’est pas financée par l’Etat français, mais « opérateur direct des Sommets de la Francophonie qui regroupent 77 États et gouvernements ») a néanmoins été créée « sous l’impulsion du ministère des Affaires étrangères français » en 1984, d’après Wikipedia, ou que la BBC développe en ce moment tout un réseau de chaînes en langues étrangères, dont des bulletins d’informations en langue russe.

Ceux qui parlent de « propagande » russe, parlent-ils aussi de propagande occidentale quand la BBC développe des actualités dans des langues africaines, asiatiques ou en russe? Non, tout simplement parce que diffuser l’information est un droit relevant de la liberté d’expression et de la liberté d’information. Il n’y a donc aucune raison de s’attaquer aux médias russes, leurs journalistes méritent autant de respect que dans n’importe quel pays du monde, et nous devrions plutôt nous concentrer sur les défauts de nos propres médias plutôt que de chercher à décrédibiliser ceux qui ne pensent pas comme nous.

RT augmente le budget de 1,22 milliards de roubles (18 836 800 euros). Plus que toutes les chaînes prises ensemble

La Douma a adopté en deuxième lecture des amendements au budget pour 2017, ce qui implique comme attribution à la chaîne RT (ANO « TV Novosti ») 1,22 milliards de roubles supplémentaires, pour « la création, le développement, la maintenance et la distribution d’une chaîne de télévision en français ». Le financement total de RT a atteint 18,74 milliards de roubles (290 470 000 euros).

Les changements dans le projet de budget fédéral ont proposé d’introduire un financement gouvernemental supplémentaire de la diffusion étrangère fin Novembre, a rapporté le vice-ministre des Communications et des Médias Alexei Volin. […]

Pour la première fois dans les plans de lancement de la diffusion RT en français, [l’information] a été connue en 2014. Il est prévu que la révision soit située en France et se concentre principalement sur les publics français, belges, suisses et canadiens.

Meduza, 08/12/2016 (traduit depuis la version anglaise)

Sources:

RT augmente le budget de 1,22 milliards de roubles https://meduza.io/news/2016/12/08/rt-uvelichat-byudzhet-na-1-22-milliarda-rubley-bolshe-chem-vsem-kanalam-vmeste-vzyatym (voir la version anglaise)

Le service international de la BBC annonce son expansion la plus importante depuis 1940 http://www.bbc.com/news/entertainment-arts-37990220

Gouvernance de TV5 Monde: http://www.tv5monde.com/cms/gouvernance-de-tv5monde

Débuts et extension de TV5 (Wikipedia) https://fr.wikipedia.org/wiki/TV5_Monde#1984_-_2001_:_D.C3.A9buts_et_extension_de_TV5

Les lois de protection des lanceurs d’alerte dans les Etats membres de l’Union Européenne (carte)

Journalism.cmpf.eui.eu

whistleblowing-mapUne couverture médiatique en progression sur les activités de dénonciation au cours des dernières années a fait prendre conscience aux décideurs de l’Union européenne de l’importance des lois de protection des lanceurs d’alerte. Cependant, très peu de pays disposent déjà d’une législation spécifique sur la dénonciation. Au lieu de cela, les employés et les fonctionnaires de la plupart des États membres doivent se pencher sur les dispositions anti-corruption, professionnelles et pénales pour se protéger contre les représailles de leur employeur.

Les médias ont joué un rôle crucial dans l’évolution de la perception de l’opinion publique sur les dénonciations. Pour les journalistes, la connaissance de la situation spécifique des lanceurs d’alerte dans les différents États membres semble donc cruciale. Leur rôle de canal de communication externe devrait à l’heure actuelle être atténué et remplacé par des systèmes forts et indépendants de dénonciation interne, dans les pouvoirs publics et les entreprises privées, par lesquels les irrégularités peuvent être exprimées de manière sûre et anonyme. Si des dénonciations externes semblent nécessaires dans certains cas, les journalistes doivent veiller à l’anonymat des employés ou des fonctionnaires qui signalent des irrégularités dans leur entreprise ou leur autorité publique. Une protection forte et de grande portée des sources journalistiques peut donc être perçue comme une protection indirecte pour les lanceurs d’alerte.

La carte

Cette carte vise à évaluer la situation actuelle de la protection des lanceurs d’alerte dans les différents États membres, en tenant compte des questions juridiques et sociétales.

Les sujets:

La législation

  • Existe-t-il une législation (en cours) sur la divulgation interne/externe dans le secteur public et/ou privé?
  • Sinon, existe-t-il un certain degré de protection par des dispositions différentes dans différentes lois?

Jurisprudence

  • Les tribunaux (les plus élevés) reconnaissent-ils les droits des lanceurs d’alerte? Existe-t-il des mécanismes d’appel?
  • Y a-t-il une possibilité d’indemnisation pour un préjudice pécuniaire ou émotionnel?
  • La dénonciation interne est-elle faisable dans la pratique (jurisprudence)? Les « employés » ont-ils foi dans la poursuite de la procédure interne sans crainte de représailles possibles, d’atteinte aux affaires de confidentialité ou de sanctions pénales?

Opinion publique

  • Comment l’opinion publique perçoit-elle les dénonciations?

Politique d’entreprise

  • Existe-t-il une législation sur la gouvernance d’entreprise (pour les sociétés cotées et/ou non cotées)? Existe-t-il des systèmes internes de déclaration établis dans les entreprises?

Journalistes

  • La protection des sources journalistiques est-elle protégée dans le pays? Peut-on demander aux journalistes de divulguer leurs sources auprès d’institutions publiques, par exemple la police?

Source: http://journalism.cmpf.eui.eu/maps/whistleblowing/

Carte: cliquer sur chaque pays pour voir les législations existantes

La liberté de la presse en Islande — trop beau pour être vrai?

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EJO, Clemens Bomsdorf, le 06/09/2016

Pendant longtemps, l’Islande a été considéré comme un brillant exemple de la liberté de la presse – peut-être trop beau pour être vrai. Mais, plus récemment, les politiciens du pays ont tenté d’influencer les médias. Le dernier exemple est venu directement d’en haut, lorsque Sigmundur David Gunnlaugsson, premier ministre à l’époque, a essayé de supprimer une interview télévisée sur sa possession d’une société offshore au Panama. La tentative a échoué et Gunnlaugsson a finalement été contraint de démissionner.

La désormais célèbre interview montre Gunnlaugsson commençant à balbutier quand un journaliste suédois le questionne à propos de la société offshore, Wintris. Peu de temps après, il quitte la pièce, rejetant toutes les allégations. Pour aggraver les choses, l’assistant de Gunnlaugsson a alors appelé la station de télévision pour essayer d’arrêter l’interview en cours de diffusion.

Les politiciens et la chaîne de télévision publique de l’Islande

La tentative d’ingérence de Gunnlaugsson n’est pas la première faite par des politiciens islandais: beaucoup se sont plaints au Parlement que RUV, la chaîne de télévision du service public du pays, est partiale. En août 2013, Vigdis Hauksdóttir, membre du Parti progressiste de Gunnlaugsson et président du Comité du budget du Parlement, a émis une menace à peine voilée. « Je pense qu’une quantité anormale d’argent va à RUV. Surtout quand ils ne font pas un meilleur travail pour rapporter des informations … » a-t-elle dit. Quelques mois plus tard, en décembre 2013, le budget de RUV, qui est directement contrôlé par le gouvernement, a été réduit de 20%.

La réduction du budget a conduit à des plaintes par l’Union européenne de radio-télévision (UER) et a forcé RUV à couper des programmes et à réduire le personnel, par exemple en réduisant un réseau déjà rares de correspondants étrangers à zéro. Le diffuseur prévoit de nouvelles réductions au sein de son service dans un avenir proche.

Valgerdur Anna Jóhannsdóttir, une universitaire des médias à l’Université d’Islande, a dit qu’elle est sûre que « la critique constante a au moins un effet potentiellement dissuasif sur les journalistes ». Elle a ajouté qu’il y a moins de distance entre la politique et le service public de diffusion en Islande que dans les autres pays nordiques.

Les sociétés de médias privés: porte-paroles des puissants

Beaucoup de sociétés privées de médias établis de l’Islande sont la propriété ou sont édités par des politiciens ou des figures puissantes des affaires et sont considérées comme servant des intérêts particuliers. En conséquence, la confiance du public dans les médias a considérablement diminué ces dernières années.

Lire la suite: http://en.ejo.ch/media-politics/iceland

Est-ce que cela va nous tuer ou nous rendre plus forts? Comment les médias européens ont couvert le Brexit

EJO, 28/07/2016

Les journaux européens ont été extrêmement négatifs à l’égard du vote de la Grande-Bretagne qui l’a conduit à quitter l’Union européenne, selon une étude de la presse dans 13 pays, dans la semaine qui a suivi le référendum. La plupart des articles présentés estiment que le Brexit est mauvais pour l’Union européenne, qu’il porterait atteinte aux intérêts de leur propre pays et serait aussi mauvais pour la Grande-Bretagne. Parmi les articles qui ont discuté la possibilité de suivre la Grande-Bretagne hors de l’Union européenne, la majorité ont conclu qu’il ne serait pas dans l’intérêt de leur pays de le faire.

Un thème relativement important est que le Brexit a souligné les problèmes au sein de l’UE. Cependant, la vision dans la majorité, à travers toutes les opinions politiques, est que celle-ci devrait être réformée plutôt que laissée en échec. La plupart ont également admis que l’UE serait plus difficile sans la Grande-Bretagne (81 articles, par rapport à 14). Un journal hongrois a soutenu que l’UE n’était qu’un « arrière-train » sans le Royaume-Uni. Un seul pays, la Russie, a eu plus d’articles positifs que négatifs sur le Brexit.

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Lire la suite: http://en.ejo.ch/latest-stories/will-kill-us-make-us-stronger-europes-media-covered-brexit

L’Ukraine lutte pour contrebalancer la censure et la sécurité, alors que la guerre dans l’est se prolonge

porochenko_ukraineKyivPost, le 7 juin 2016

Dans un tweet officiel du 6 juin, le président Petro Porochenko a salué la liberté d’expression post-révolutionnaire de l’Ukraine.

« La liberté d’expression est l’une des grandes réalisations de l’Ukraine depuis la révolution de la dignité, » dit le tweet.

Mais le message est venu à un moment où les journalistes occidentaux et les groupes de défense des droits humains s’expriment sur la montée de la censure dans le pays. Il y a deux semaines, Porochenko a banni 17 cadres exécutifs et journalistes des médias russes d’entrer en Ukraine dans le cadre de la lutte contre la propagande du Kremlin ou « la guerre de l’information » de la Russie.

L’interdiction émise le 27 mai a été largement condamnée par les organisations occidentales, même si l’Ukraine a levé les sanctions sur les 29 journalistes étrangers dans un second décret publié le même jour.

Le premier décret interdisait à plusieurs journalistes, dont le directeur général de Channel One TV, Konstantin Ernst, et le propriétaire de Pravda.Ru, Vadim Gorshenin, d’entrer en Ukraine jusqu’en 2018.

Lire la suite: http://www.kyivpost.com/article/content/ukraine-politics/ukraine-struggles-to-balance-censorship-and-security-as-war-in-east-wears-on-415667.html

Un groupe derrière la distribution d’un faux journal du New York Times identifié comme étant le Jewish Voice For Peace

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JTA et Haaretz, 3 février 2016

JTA – Jewish Voice for Peace a pris crédit mercredi pour la distribution de milliers de fausses versions du New York Times à Manhattan et sur les médias sociaux.

L’organisation, qui soutient le mouvement anti-Israël, Boycott, Désinvestissement, Sanctions, ou BDS, a déclaré dans un communiqué publié mercredi qu’il a distribué 10.000 exemplaires parodiques, qui comprenaient des articles tels que « le Congrès va débattre l’aide à Israël » et « Sur les traces de Mandela et King: un mouvement non-violent gagne du terrain dix ans plus tard », ainsi qu’un éditorial, « Notre nouvelle politique éditoriale: Repenser Israël-Palestine ».

Les membres du Jewish Voice for Peace de New York et de Jews Say No!, une organisation pro-palestinienne basée à New York, ont créé le journal pour « montrer à quel point est biaisé le présent rapport sur Israël et la Palestine et pour montrer à quoi pourrait ressembler un journal qui serait juste et précis, a dit dans un communiqué Alan Levine, membre de « Just Say No! et l’un de ses auteurs.

Le faux journal imite les polices et mise en forme de style du Times, et se décrit comme « Supplément – Repenser notre couverture sur Israël et la Palestine en 2015. » Parmi les objets présentés en ligne, un lien vers des « corrections » qui déclarent: « Il est venu à notre attention que la grande majorité des articles sur la violence en Israël et dans les territoires palestiniens occupés ont omis d’inclure les noms des Palestiniens tués par les forces israéliennes. » Il comprenait également des articles et des fausses annonces, comme l’une pour les montres « TimeUp » avec la devise « Le moment, c’est maintenant: la fin de l’aide militaire américaine à Israël. »

Le domaine du faux journal et du compte Twitter ont été suspendus, mais la version en ligne peut encore être consultée ici.

Un porte-parole du New York Times aurait déclaré que le journal s’est opposé à sa marque de fabrication en l’ayant utilisé pour pousser une position politique spécifique.

Source: http://www.haaretz.com/world-news/1.701218

Télécharger la version pdf du journal parodique: https://jewssayno.org/2016/02/04/heres-the-paper/

Censure grandissante en Chine? Pékin introduit un système d’évaluation pour les éditeurs en ligne

HKFP, 31 Décembre 2015, Vivienne Zeng

shanghai-405629_640Le gouvernement municipal de Pékin a mis en place un système de classement et d’évaluation pour les professionnels travaillant dans l’industrie des informations numériques.

Le système permettra de tester les éditeurs d’informations en ligne sur leurs «pensées politiques, l’éthique professionnelle, les connaissances théoriques, les connaissances des lois et des règlements et la capacité de mettre en oeuvre des compétences professionnelles », selon un document gouvernemental publié mardi. Ceux qui réussiront les examens et les évaluations recevront une accréditation officielle sur quatre niveaux – débutant, intermédiaire, supérieur et sénior.

Le programme pilote a pris effet le 12 Décembre.

En Chine, les systèmes d’accréditation sont un moyen pour le gouvernement de réglementer et de surveiller les professionnels. Depuis les comptables et les avocats jusqu’aux travailleurs de la logistique et artistes maquilleurs, les personnes travaillant dans presque toutes les professions sont classées à différents niveaux. Alors que les évaluations officielles ne sont pas obligatoires dans certaines industries, plus de classements supérieurs signifient de meilleurs salaires et des avantages sociaux ainsi qu’un statut social plus élevé.

Ces systèmes ont été critiqués comme inefficaces et vulnérables à la corruption. Les critiques disent aussi qu’ils sont un outil pour le contrôle politique du gouvernement. En Novembre, un professeur de droit de l’Université Renmin [de Chine] a déclaré que le gouvernement est en train de réfléchir à un système de classement pour les avocats qui empêchent les personnes à faible classement de travailler sur les affaires traitées par les tribunaux supérieurs, a rapporté Initium Media. Les précédentes tentatives de classer les avocats ont rencontré de la résistance, selon Initium.

Source: https://www.hongkongfp.com/2015/12/31/beijing-introduces-appraisal-system-for-online-editors/ et https://twitter.com/iChinadian/status/682629794090057729

Qui croire? La crise de crédibilité des médias européens

en.ejo.ch, Michael Haller, 27 octobre 2015

Capture-newspaper-hat-300x214Permettez-moi de vous ramener au 3 Décembre 2013: Alan Rusbridger, rédacteur en chef du Guardian, témoigne devant le Comité des affaires intérieures de la Chambre des communes. Cela allait devenir un interrogatoire tendu de 78 minutes sur la décision de son journal de publier les documents top-secrets de la NSA fuités par le lanceur d’alerte Edward Snowden.

Rusbridger parlait d’une voix faible. Bien que confus à certains moments, son message était très clair: les journalistes du Guardian avaient scrupuleusement vérifié les documents confidentiels qu’ils avaient reçus de Snowden. Ils avaient noirci tous les noms dans les documents, et avaient demandé l’avis d’experts. Seulement après ces précautions, le journal a publié les histoires – pas contre la démocratie, mais pour la promouvoir. Dans un pays démocratique, avec la liberté de la presse, les journalistes ont l’obligation de révéler de telles pratiques sinistres pour le bien de l’intérêt public, avait-il déclaré. Les interrogateurs du Comité n’ont présenté aucun contre-argument convaincant.

À cette époque, il y a deux ans, le Guardian a publié de nombreux rapports d’enquête. Cela a grandement bénéficié à la réputation du journal. Dans l’année des révélations d’Edward Snowden, la population britannique a considéré le Guardian comme « le journal le plus digne de confiance, le plus exact et le plus fiable au Royaume-Uni ».

Voilà pour les bonnes nouvelles. Les nouvelles pas-si-bonnes que ça sont que: même le Guardian est en train de perdre des lecteurs. Le journal ainsi que son site web fonctionnent à perte, et de plus en plus. Les réalisations des journalistes du Guardian ne sont possibles que parce que le propriétaire du journal – la Fondation Scott Trust – fait intervenir environ 50 millions £ pour soutenir ses faibles finances. Où est-ce que cela se produit ailleurs dans le monde?

Le journalisme en Europe de l’Ouest: une crise de crédibilité

En effet, l’image plus large du journalisme en Europe est plutôt sombre: le journalisme en Europe occidentale souffre d’une «crise de crédibilité». Dans cet article, je présente cinq thèses sur ce phénomène.

Thèse 1: Une baisse de la capacité de recherche

Thèse 2: Un manque de professionnalisme

Thèse 3: La course pour les revenus sur la publicité

Thèse 4: Trop d’opinion; Trop peu de faits

Thèse 5: Le contenu des informations est devenu «conventionnel»

Lire l’intégralité de l’article: http://en.ejo.ch/ethics-quality/who-to-believe-european-medias-credibility-crisis

L’achat du silence: Comment le ministère des Affaires étrangères saoudien contrôle les médias arabes (WikiLeaks)

Obama Saudi ArabiaLundi, l’Arabie saoudite a célébré la décapitation de son 100ème prisonnier, cette année. L’histoire n’était présente nulle part dans les médias arabes, même si l’histoire a circulé dans les services de presse. Même les médias internationaux ont été relativement muets sur cet épisode, par rapport à ce que cela aurait été si cela avait concerné un pays différent. Comment une histoire comme celle-ci a pu passer inaperçue?

La publication par WikiLeaks, aujourd’hui, des « Câbles saoudiens » provenant du ministère saoudien des Affaires étrangères montre comment cela est fait.

Le royaume riche en pétrole de l’Arabie saoudite et sa famille régnante adoptent une approche systématique pour maintenir une image positive du pays sur la scène internationale. La plupart des gouvernements du monde entier se livrent à des campagnes de relations publiques pour repousser les critiques et bâtir des relations dans les lieux influents. L’Arabie Saoudite contrôle son image par la surveillance et l’achat d’allégeances depuis l’Australie jusqu’au Canada et partout ailleurs.

Les documents révèlent les vastes efforts pour surveiller et coopter les médias arabes, en veillant à corriger tout écart dans la couverture régionale de l’Arabie saoudite et les questions qui y sont liées. La stratégie de l’Arabie saoudite pour coopter les médias arabes prend deux formes, correspondant à l’approche de la «carotte et du bâton», mentionnée dans les documents comme «neutralisation» et «confinement». L’approche est personnalisée en fonction du marché et des médias en question.

Lire la suite du communiqué: https://wikileaks.org/saudi-cables/buying-silence