Quand Julian Assange se fait tirer les oreilles par le président de l’Equateur


Vidéo de Juice Rap News avec Julian Assange

Les InRocks, 31/08/2013, 11h08

Il y a quatre jours sortait une vidéo parodiant les campagnes des politiques australiens (dont le premier ministre Kevin Rudd, Julia Gillard du Parti Travailliste et Tony Abbott de l’opposition) dans laquelle un Julian Assange déguisé en rock star ringarde poussait la chansonnette. Mais la vidéo, pourtant très drôle, n’a pas du tout plu à Rafael Correa, président équatorien. Dans une lettre adressée à Assange, Correa lui demande de ne pas utiliser les locaux de l’ambassade équatorienne à Londres – dans laquelle il est réfugié depuis 2012- pour se moquer des politiques australiens. Il a expliqué à l’AFP:

“Les règles de l’asile interdisent en principe l’ingérence dans la politique du pays qui accorde l’asile. Mais par courtoisie, nous n’allons pas empêcher Julian Assange d’exercer son droit à être candidat. Tant qu’il ne se moque pas des politiques ou des personnes australiens”.

Julian Assange concourt au poste de sénateur en Australie avec son parti baptisé comme son site, Wikileaks.

Source: http://www.lesinrocks.com/2013/08/buzzodrome/julian-assange-se-fait-tirer-les-oreilles-president-lequateur/

Lire sur le Guardian: http://www.theguardian.com/media/2013/aug/30/julian-assange-embassy

Le Parti de l’égalité socialiste en Australie adopte une résolution pour défendre Julian Assange

Julian Assange

Premier Congrès national du PES (Australie)

Résolution 6 : Il faut défendre Julian Assange

Parti de l’égalité socialiste (Australie)
10 décembre 2012

Voici la sixième de sept résolutions adoptées à l’unanimité lors du premier congrès national du Parti de l’égalité socialiste (Australie) qui s’est tenu du 6 au 9 avril 2012 à Sydney.

1. Le présent congrès dénonce l’implication intime du gouvernement travailliste dans le complot ourdi par le gouvernement Obama pour jeter le fondateur de Wikileaks Julian Assange en prison. En refusant de défendre les droits juridiques fondamentaux d’un ressortissant de nationalité australienne, le gouvernement Gillard a joué un rôle crucial dans cette opération contre lui.

2. La persécution d’Assange et de WikiLeaks fait partie d’un assaut d’envergure mondiale contre les droits politiques et démocratiques fondamentaux, et dont le but est d’intimider et faire taire l’opposition populaire croissante au programme de militarisme et d’austérité imposé aux travailleurs partout dans le monde.

3. Des courriels internes de l’agence de renseignement privée américaine Stratfor révèlent que le gouvernement Obama a préparé, depuis décembre 2010, une mise en examen secrète contre Assange par un jury d’accusation. Détenu en Grande-Bretagne depuis plus d’un an, il est confronté à une extradition vers la Suède pour des accusations d’agressions sexuelles sans fondement. Ce coup monté est conçu pour ouvrir la voie à l’extradition d’Assange vers les États-Unis, où il serait jugé en vertu de l’Espionage Act, loi réactionnaire de 1917 sur l’espionnage.

4. Le traitement qui attend le fondateur de WikiLeaks est déjà imposé au soldat Manning Bradley, présumée source de WikiLeaks. Manning croupit dans les prisons militaires américaines depuis près de deux ans, où il est soumis à l’isolement, à la nudité forcée, à la privation de sommeil et autres formes de torture. Le but de ce traitement est de le forcer à négocier un plaidoyer de culpabilité qui servira de base à l’accusation du gouvernement américain contre Assange.

5. Washington fait campagne pour vilipender Assange et détruire WikiLeaks parce que ce site a mis en lumière des milliers de documents détaillant les meurtres par les États-Unis de civils et leur complicité dans la torture en Afghanistan et en Irak, ainsi dans de nombreux autres crimes auparavant cachés à la population mondiale. Parmi les câbles diplomatiques rendus publics, il y a ceux qui révèlent l’implication étroite de l’ambassade des États-Unis avec les éminences grises du Parti travailliste australien qui ont chassé Kevin Rudd du poste de premier ministre au milieu de l’année 2010 pour y installer Julia Gillard.

6. Gillard a soutenu la persécution d’Assange dès la première heure. En décembre 2010, au moment où le jury d’accusation était secrètement convoqué, elle a déclaré publiquement, sans la moindre preuve ou justification légale, que la publication de câbles diplomatiques des États-Unis par WikiLeaks était « illégale. » Son gouvernement a fait tout son possible pour aider l’opération américaine, autorisant même une enquête de la Police fédérale et des services de renseignement australiens pour dénicher tout ce qu’ils pouvaient trouver afin d’essayer de compromettre Assange.

7. En jetant Assange aux loups, le Parti travailliste cherche à couvrir les crimes de Washington et le rôle joué par les gouvernements australiens dans ces crimes, ainsi qu’à dissimuler l’ensemble des machinations de l’impérialisme américain et ses implications pour la classe ouvrière. Le gouvernement Gillard joue un rôle non moins pernicieux que le gouvernement Howard lorsque celui-ci avait soutenu la détention par le gouvernement Bush de deux citoyens australiens, David Hicks et Mamdouh Habib, aux côtés de plus de 650 autres prisonniers à Guantanamo Bay, à Cuba, au mépris des Conventions de Genève et du droit international.

8. Les opérations contre ces trois hommes s’inscrivent dans la frauduleuse « guerre contre le terrorisme » toujours en cours. Débutant avec les invasions de l’Afghanistan et de l’Irak, cette « guerre » a servi de prétexte pour mener des agressions militaires à l’étranger et imposer une avalanche de mesures d’État policier sur le plan intérieur. Tout comme l’administration Obama qui a intensifié l’assaut de grande envergure contre les droits démocratiques précédemment lancé sous le gouvernement Bush, le gouvernement travailliste a intensifié et institutionnalisé les mesures autoritaires « anti-terroristes » initiées par son prédécesseur.

9. L’assaut des deux partis contre les droits démocratiques a été approuvé par tout l’establishment politique, y compris les Verts. Soutenu en effet par les Verts, le gouvernement travailliste minoritaire a conservé et renforcé toutes les mesures draconiennes adoptées depuis 2000 – détentions sans procès, interrogatoires secrets, législation sur le recours à l’armée, interventions militaires sans précédent dans les communautés aborigènes dans le Territoire du Nord, et lois anti-réfugiés toujours plus sévères.

10. Ce bilan démontre qu’il n’y a pas le moindre engagement significatif au sein des cercles dirigeants australiens en faveur des droits démocratiques fondamentaux et juridiques. Suscitant à peine un murmure dans les médias, le Parti travailliste a bloqué à plusieurs reprises toute action en justice contestant la participation de Canberra aux opérations de torture, de restitutions et de détentions à Guantánamo Bay menées par les États-Unis, ainsi que contre les déportations arbitraires et les interdictions en masse menées par l’Australian Security Intelligence Organization – ASIO (services de renseignement australiens) contre les réfugiés et les saisies de passeport de citoyens australiens.

11. L’aggravation de la crise du système capitaliste est à l’origine de ces mesures. Il devient de plus en plus impossible pour les élites dirigeantes d’imposer, par des moyens démocratiques, le militarisme, les inégalités flagrantes et les attaques actuelles contre les conditions sociales et de travail.

12. Le présent Congrès salue la position courageuse prise par Assange et WikiLeaks et luttera pour les défendre. Assange et WikiLeaks ont aidé à dévoiler, aux yeux de millions de personnes dans le monde, les agissements et la nature véritables des gouvernements des États-Unis et d’autres pays dans le monde, y compris celui de Canberra.

13. Le présent Congrès exige la libération immédiate d’Assange et de Manning. Nous insistons sur le fait que la défense de leurs droits démocratiques est inséparable de la lutte pour mobiliser la classe ouvrière contre le gouvernement travailliste, complice direct de la conspiration de Washington contre eux. Les droits démocratiques ne peuvent être défendus derrière la façade décrépie du parlement, mais uniquement par la lutte pour un gouvernement ouvrier, engagé à réorganiser la société sur la base de la satisfaction des besoins de l’humanité et non pas du profit privé, et engagé à mettre en place une véritable démocratie dans tous les aspects de la vie économique, politique et sociale.

Source: https://www.wsws.org/fr/articles/2012/dec2012/ciqi-d10.shtml

Gail Malone: « Pourquoi WikiLeaks est un don à l’histoire »

Lundi 16 juillet 2012

Gail Malone

Gail Malone, militante de « Support Assange and WikiLeaks Coalition », a donné ce discours au rassemblement du 16 juillet à Sydney, en Australie.

WikiLeaks est un don à l’histoire. Nous avons maintenant, et pour la première fois, la possibilité d’écrire l’histoire, avec un autre regard, différent de celui des vainqueurs. WikiLeaks est devenu un pont mettant à égalité le peuple et le gouvernement. Ils ont marqué le début d’une ère, où nous, le peuple, nous avons désormais accès à l’information qui était connue de leurs yeux seulement.

Pendant des années, l’Australie a participé, sans donner de justification, à des guerres brutales, non-nécessaires, en invoquant la démocratie et la liberté, comme si les gouvernements successifs étaient incapables de dire non aux Etats-Unis. Grâce au travail courageux de WikiLeaks, nous avons une ressource intarissable qui nous permet de mettre en perspective ces guerres et de nous informer des décisions, une ressource qui nous permet de décider si, nous, le peuple australien, nous estimons que cet engagement est intelligent et s’il est dans notre intérêt national. Les fuites sur les guerres d’Afghanistan et d’Irak ont toutes deux témoigné d’une histoire bien différente de celle que notre gouvernement et les médias dominants avaient bien voulu nous faire croire. Il devient évident que l’idée de l’intérêt national vue par le gouvernement est en conflit avec notre propre vision des choses. Nous avons appris ainsi que la terrible situation que traversent des personnes cherchant l’asile convient à certains membres du parlement. Les câbles des ambassades des Etats-Unis révélés par WikiLeaks ont découvert l’agenda véritable qui se cache derrière la rhétorique du « arrêtez les bateaux ».

Nous savons qu’un cartel de 5 pays, l’Australie, les Etats-Unis, le Canada, l’Afrique du Sud et la Suisse, ont joint leurs forces pour promouvoir des intérêts miniers au détriment des populations indigènes et de leurs terres.

Rassemblement à Sydney en faveur de WikiLeaksNous avons appris de la fuite des emails de Stratfor que notre gouvernement est juste un peu trop copain avec les Etats-Unis et nous savons quels ministres correspondaient avec les Etats-Unis d’une manière que certains verraient comme de la trahison et/ou de l’espionnage. Nous avons appris que les « hommes – jadis – sans visage » du Labor Party ont senti que Julia Gillard serait plus pragmatique comme 1er Ministre que Rudd. Nous avons appris que notre gouvernement a été heureux de livrer Julian Assange aux Etats-Unis, sans prendre en compte son innocence ou sa citoyenneté australienne. Nous avons appris, et cela ne peut être contesté, que notre gouvernement est admiratif à l’extrême à l’égard des Etats-Unis et que nous sommes bien plus qu’un Etat-client, avec un gouvernement manquant à ce point de maturité qu’il est incapable de penser pour lui-même, en dépit de ce que veulent les Australiens.

Nous n’avons que récemment à prendre connaissance des « Syria Files », les dernières fuites de Wikileaks. Ces révélations nous permettent non seulement de voir les machinations du big business et des gouvernements à l’égard de la Syrie, mais il s’agit, comme pour les fuites précédentes, d’une ressource remarquable qui permet d’apprendre et de se former. Ces choses, c’est le don que WikiLeaks fait à l’histoire.

Nous nous trouvons, ici aujourd’hui, dans l’œil du cyclone de l’histoire. L’Australie devrait être fière de WikiLeaks et de son rédacteur en chef, Julian Assange, qui est en lutte non seulement pour la liberté d’expression, mais pour la liberté en général. Nous avons besoin d’apporter notre soutien à WikiLeaks et à Julian Assange.

Notre gouvernement a essayé de nous ignorer. Nous avons écrit, appelé, envoyé des emails à nos députés et à nos sénateurs, en devant souvent les informer des irrégularités de l’affaire. Nous avons utilisé des moyens tels que la plateforme justice4assange.com pour faire connaître les faits. Notre nombre augmente, il nous dicte combien de temps vont-ils encore nous ignorer ; nous devons continuer à parler aux autres et à les informer, occuper les rues comme nous le faisons aujourd’hui, ad nauseam.

Rassemblement à Sydney en faveur de WikiLeaksVous pouvez vous inscrire à la liste de diffusion « Support Assange and WikiLeaks Coalition » pour être tenu au courant des actions, tout ce que vous devez savoir se trouve sur les flyers qui sont en train de circuler. Notre gouvernement doit savoir que nous ne voulons pas perdre un citoyen aussi important pour le simple caprice de leur carrière. Vous pouvez aider en achetant le CD WikiLeaks ou faire un don sur le site « wikileaksbeattheblockade ». Il y a aussi une sélection de produits de qualité sur wikileaks.org, vous pouvez aussi jeter quelques pièces dans les pots aujourd’hui, ou acheter un badge.

C’est une activité qui revient très cher, de lutter contre de fausses accusations et contre un embargo financier injuste, et de s’occuper en même temps de la source du média le plus prolifique que le monde ait jamais connu. Même s’il y a eu une victoire en Islande vis-à-vis de Visa, ils ont déposé un appel. Gardez Julian Assange et WikiLeaks dans vos cœurs ; aidez-les, aidez-nous à laisser le monde libre pour les générations futures.

Le mois dernier, le sénateur Ludlam a plaidé pour le retrait des affirmations nuisibles faites par les membres seniors du gouvernement, avec le soutien de la Coalition. J’ai demandé au Senateur Ludlam sur twitter « est-ce qu’il y a un laps de temps possible pour Gillard et consorts, afin qu’ils se rétractent des affirmations nuisibles à l’égard de Julian Assange et de WikiLeaks ? » Il a répondu : « Bien, je pense que leur limite de temps est jamais ». Ainsi, votre devoir est de commencer à écrire, de dire au Premier ministre, au ministre de la Justice, comme Robert McClelland et Nicola Roxon ont été impliqués, et au ministre des Affaires Etrangères, d’honorer cette motion et de demander qu’ils protègent Julian Assange.

L’histoire s’écrit de la main des vainqueurs, c’est pourquoi nous ne pouvons pas nous permettre de perdre cette bataille. Que la liberté soit victorieuse.

* WikiLeaks Australian Citizens Alliance : http://wikileaksaustraliancitizensalliance.net/
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