« Assange et le mandat d’arrêt européen »: peut-on parler d’un abus de la loi?

Bernard Porter, 11 Novembre 2014

Assange at Ecuador embassyHier, en suivant le débat – ou plutôt le non-débat – sur le mandat d’arrêt européen à la Chambre des communes, et les commentaires de la presse à ce sujet, je fus surpris que l’affaire Julian Assange n’ait pas été citée comme l’un des cas les plus litigieux de l’utilisation du mandat.

L’extradition d’Assange a été requise avec l’aval d’une procureur suédoise, Marianne Ny, sans aucune mise en accusation, et sur la base de preuves fragiles, beaucoup desquelles il n’a pas été autorisé à voir. Ce fut après qu’il se soit volontairement soumis à un examen par la police de Stockholm, après quoi il a été relâché et autorisé à aller en Grande-Bretagne. Ny est intervenue par la suite. Assange s’est opposé à retourner en Suède à ce moment-là, parce qu’il craignait qu’il puisse être alors ré-extradé vers les États-Unis pour être jugé dans le cadre de ses révélations WikiLeaks. (Je pense que cela est peu probable, mais je ne voudrais pas l’exclure.) Il aurait pu craindre aussi certaines caractéristiques du système juridique suédois qui apparaissent moins que satisfaisantes pour les yeux d’un anglo-saxon, et que de nombreux légalistes suédois critiquent également. Dans ce cas, il me semblait que le mandat d’arrêt européen, promu à l’origine comme un moyen de nous protéger contre le terrorisme et le crime organisé, a subi des abus, comme les mesures de « contre-terrorisme » le sont souvent.

Lire la suite: http://www.lrb.co.uk/blog/2014/11/11/bernard-porter/assange-and-the-european-arrest-warrant/

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Un avocat d’Assange: la décision britannique crée un précédent alarmant pour l’indépendance de la justice en Europe

DemocracyNow.org – Helena Kennedy, membre de l’équipe juridique de Julian Assange et éminente avocate britannique des libertés civiles, se joint à nous depuis Londres pour discuter de la décision de justice soutenant l’extradition d’Assange vers la Suède. «L’idée qu’un procureur demande que quelqu’un soit amené de force dans leur pays pour être interrogé – et [pas] un juge ou un tribunal – est alarmante parce que nous croyons en l’indépendance judiciaire», dit Kennedy. « [Assange] est concerné [parce qu’] une fois qu’il est sur le sol suédois, il devient beaucoup plus vulnérable aux intentions des États-Unis à le faire extrader pour subir un procès sur la base d’accusations beaucoup plus inquiétantes. »

(youtube)

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