Réponse au titre de l’article du New York Times sur WikiLeaks paru le 1er septembre 2016

communiqué paru sur le compte @wikileaks, le 01/09/2016

assange_nytRéponse à l’article du New York Times publié jeudi « Comment la Russie trouve souvent des avantages quand Julian Assange révèle les secrets de l’Occident » [http://archive.is/my52v]

Les seules vraies informations dans l’article sont que « les responsables américains disent que M. Assange et WikiLeaks n’ont probablement aucun lien direct avec les services de renseignement russes. »

Wikileaks a publié plus de 650.000 documents sur la Russie et le président Poutine, dont la plupart sont critiques. Voir https://search.wikileaks.org/

Il est faux que le livre Les documents Wikileaks: Le monde selon l’empire américain (qui parle de la diplomatie américaine), ne contient pas de critique de la Russie. Il contient de nombreuses références critiques à la Russie, y compris un chapitre entier sur les relations diplomatiques des États-Unis avec la Russie avec de nombreuses références à la corruption russe.

Il est faux que M. Assange « aurait évoqué aux associés de déménager » en Russie. Il a ouvertement plaisanté lors d’une conférence de presse en disant combien il serait absurde si un militant de la liberté de la presse occidentale était forcé de demander l’asile à Cuba.

Il est faux que WikiLeaks ou M. Assange n’auraient pas « publiquement critiqué » les violations des droits de l’homme commises par M. Assad et les forces russes qui se battent là-bas. WikiLeaks ne fait aucun commentaire sur les événements mondiaux, à moins que les événements ne se rapportent à ses publications, à son organisation ou à ses sources présumées. Mais, par exemple, WikiLeaks a soutenu la critique d’Amnesty sur les civils russes tués dans leur bombardement en réponse aux partisans russes qui l’ont attaqué, en disant que l’analyse numérique d’Amnesty semblait tenir bon.

Il est trompeur de laisser entendre que WikiLeaks aurait simplement tweeté une fois au sujet de l’emprisonnement du groupe musical russe Pussy Riot. En fait, M. Assange a rencontré plusieurs fois divers membres des Pussy Riot et elles ont rejoint la Fondation Courage, qu’il a co-fondé, et qui protège les sources journalistiques. Voir http://www.dazeddigital.com/artsandculture/article/22662/1/pussy-riot-joins-julian-assange-whistleblower-foundation

Il est faux que la Russie aurait délivré un visa pour Julian Assange (ou que M. Assange aurait demandé un visa).

Il est faux que WikiLeaks n’aurait pas produit de document critique sur le gouvernement Assad. Wikileaks a publié 2,3 millions de documents du gouvernement Assad, un allié russe, y compris des emails personnels du chef de l’Etat, Bachar al Assad. WikiLeaks a également publié sur l’espionnage, par le gouvernement syrien, de militants syriens au moyen de « bluecoat » et documenté de nombreuses importations utilisées par la sécurité nationale syrienne en violation des sanctions du régime. Voir https://wikileaks.org/syria-files/ et https://twitter.com/search?f=tweets&vertical=default&q=syria%20%20from%3Awikileaks%20since%3A2012-01-01%20until%3A2012-12-31&src=typd

La théorie du complot que l’article tente d’attribuer sur le calendrier des publications de WikiLeaks est fausse et n’est pas du journalisme.

Prenons l’exemple de premier plan dans l’article, la censure totale du diffuseur kurde Roj TV. Quand M. Assange a attiré l’attention sur cet outrage, cela coïncide avec les tentatives de Roj de faire de la publicité pour leur appel au tribunal (la grande vedette étant une publication WikiLeaks). Plus tard, lorsque le chef de l’OTAN, Rassmusen, est apparu dans les informations, cela a accroché l’attention sur les archives WikiLeaks et comment ils documentent les sordides accords derrière la destruction de Roj TV. Voir youtube

De même, dans d’autres cas, WikiLeaks a répondu aux appâts de l’information – comme tous les organes de presse le font, pour attirer l’attention sur ses archives ou pour soutenir sa mission anti-censure ou de protection de la source. Encore une fois, tout autre autre suggestion est fausse.

WikiLeaks n’a connaissance d’aucune affirmation du gouvernement américain disant que les emails du DNC publiés par WikiLeaks auraient été « volés par le renseignement russe ». En fait, le chef du renseignement américain, James Clapper, a déclaré que le gouvernement américain n’a pas été en mesure de l’attribuer à quelqu’un. Les différents piratages du DNC sur plusieurs années ne relèvent pas de la même question que la publication par Wikileaks d’emails divulgués et il est trompeur de suggérer autre chose.

Il est faux que la décision de l’ONU au sujet d’Assange serait « non-contraignante ». L’ONU a explicitement déclaré que cela est « juridiquement contraignant ». Il est faux que [cette décision] aurait été rejetée par les tribunaux britanniques. Son caractère contraignant est maintenant considéré par la Cour d’appel suédoise.

La déclaration de l’ONU en réponse aux erreurs de la presse:
NOTE AUX RÉDACTEURS EN CHEF:
Les avis du Groupe de travail sur la détention arbitraire sont juridiquement contraignants dans la mesure où ils sont fondés sur le droit international des droits de l’homme, tels que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP). Le GTDA [Groupe de travail sur la détention arbitraire] a pour mandat d’enquêter sur les allégations d’individus privés de leur liberté de manière arbitraire ou incompatible avec les normes internationales des droits de l’homme, et de recommander des solutions telles que la libération de la détention et l’indemnisation, le cas échéant.
Le caractère contraignant de ses avis découle de la collaboration des États dans la procédure, du caractère contradictoire de ses conclusions et de l’autorité donnée au GTDA par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Les avis du GTDA sont également considérés comme faisant autorité par les institutions judiciaires internationales et régionales de premier plan, y compris la Cour européenne des droits de l’homme « . http://ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=17013&LangID=E

Le comité de rédaction du New York Times a appuyé Hillary Clinton, mais cela n’est pas dévoilé dans l’article. L’auteure principale, Jo Becker, a dernièrement retweeté Hillary Clinton (une campagne d’animation en sourire et en danse), le 3 mars. L’autre auteur, Eric Schmitt, a déjà écrit dans le New York Times, d’autres rapports d’enquête robustes, par exemple, que M. Assange est un « clochard » avec des « chaussettes sales » qui « puent ». Il est devenu correspondant du Pentagone en 1990.

Source: http://www.twitlonger.com/show/n_1sp2hsr et https://twitter.com/wikileaks/status/771329205594447872

L’Ukraine lutte pour contrebalancer la censure et la sécurité, alors que la guerre dans l’est se prolonge

porochenko_ukraineKyivPost, le 7 juin 2016

Dans un tweet officiel du 6 juin, le président Petro Porochenko a salué la liberté d’expression post-révolutionnaire de l’Ukraine.

« La liberté d’expression est l’une des grandes réalisations de l’Ukraine depuis la révolution de la dignité, » dit le tweet.

Mais le message est venu à un moment où les journalistes occidentaux et les groupes de défense des droits humains s’expriment sur la montée de la censure dans le pays. Il y a deux semaines, Porochenko a banni 17 cadres exécutifs et journalistes des médias russes d’entrer en Ukraine dans le cadre de la lutte contre la propagande du Kremlin ou « la guerre de l’information » de la Russie.

L’interdiction émise le 27 mai a été largement condamnée par les organisations occidentales, même si l’Ukraine a levé les sanctions sur les 29 journalistes étrangers dans un second décret publié le même jour.

Le premier décret interdisait à plusieurs journalistes, dont le directeur général de Channel One TV, Konstantin Ernst, et le propriétaire de Pravda.Ru, Vadim Gorshenin, d’entrer en Ukraine jusqu’en 2018.

Lire la suite: http://www.kyivpost.com/article/content/ukraine-politics/ukraine-struggles-to-balance-censorship-and-security-as-war-in-east-wears-on-415667.html

Scandale d’espionnage en Pologne sur fond de crise ukrainienne

« On a fait une pipe aux Américains »: le chef de la diplomatie polonaise, Radosław Sikorski

Depuis le 15 juin 2014, comme le révèle Le Monde, un scandale d’écoutes bouleverse le gouvernement polonais, dont plusieurs ministres et le gouverneur de la Banque de Pologne. Les enregistrements sont divulgués par l’hebdomadaire polonais Wprost et mis en ligne dans des vidéos sur le compte du journal. Mais la phrase qui agite le plus les médias est celle qui a été prononcée par l’actuel ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, qui remet en cause l’alliance américano-polonaise.

Comme le rapporte Slate, dans son article du 23 juin:

«L’alliance américano-polonaise ne vaut rien. Elle est même nuisible, car elle crée un faux sentiment de sécurité. On va entrer en conflit avec les Allemands et les Russes, et on va penser tout va bien parce qu’on a taillé une pipe aux Américains. Des pigeons, on est vraiment des pigeons.»

Les médias russes se sont emparés de l’affaire d’espionnage et citent continuellement Sikorski, qui est devenu une sorte de « héros des médias en Russie », quand il s’agit de propagande anti-américaine, comme dans cet extrait de la Revue militaire cité par le média polonais RMF24:

Nouveauté du jour. Le Ministre polonais des Affaires étrangères Sikorski, oui le même Sikorski qui aime citer Brzezinski et faire peur à la Russie avec les forces de l’OTAN et se positionner contre le fait que le Kremlin puisse acquérir des Mistrals français (soutenant la ligne de la Maison Blanche) – s’avère un grand ennemi de cette même Maison Blanche – rapporte la Revue Militaire [ВОЕННОЕ ОБОЗРЕНИЕ, article du 23 juin 2014]. L’article qui se moque de Sikorski et s’intitule « La merde, la pipe et les pigeons » contient des citations pleines de vulgarité tirées de la conversation entendue du ministre avec [Jacek] Rostowski. (RMF24)

Si l’origine de ces écoutes semble inconnue, on peut malgré tout se demander si — en pleine crise ukrainienne — la fuite de ces enregistrements n’a pas été calculée d’avance et si elle n’a pas pour vocation de lancer un débat politique sur les liens de la Pologne, et plus largement ceux de l’Union Européenne, avec les Etats-Unis. En effet, les extraits — qui sont bien choisis et pertinents — auraient très bien pu être sélectionnés, prémédités par des personnes issues du gouvernement polonais ou d’un autre gouvernement, en vue de conduire à une nouvelle situation politique en Pologne. La Pologne est dans une situation délicate, puisqu’elle doit à la fois resituer sa position vis-à-vis des Etats-Unis qui pratiquent l’espionnage illégal sur les citoyens européens (dont les citoyens polonais), et elle doit aussi s’affirmer face à la Russie dans la crise ukrainienne.

Si certains pensent en Pologne que ces fuites d’enregistrements sonores pourraient provenir d’un gouvernement étranger, comme l’évoque le Washington Post, et en particulier des services secrets russes — « Des médias et des hommes politiques ont suggéré que l’enregistrement secret pourrait avoir été effectué par les services spéciaux russes, afin de déstabiliser la Pologne sur fond de crise russo-ukrainienne » (Le Monde, 19 juin 2014) —, on peut tout aussi bien penser qu’au contraire des personnalités politiques polonaises pourraient tout autant être impliquées dans ces fuites, car comme dans tout pays, il y a aussi des éléments de l’opposition qui sont insatisfaits de la politique actuelle en Pologne et qui souhaitent changer de gouvernement.

Et n’oublions pas que, dans un monde sur écoutes, — où les services secrets ont des capacités d’espionnage presque sans limites, où les agences de renseignement collaborent entre elles et partagent des milliers d’informations chaque jour, où certains responsables politiques sont constamment surveillés au nom de leur sécurité personnelle — quoi de plus facile que d’espionner les conversations d’un ministre et de divulguer à la presse ces enregistrements? Tout cela semblerait un jeu d’enfants pour des services secrets, même la NSA aurait pu être à l’origine de ce scandale d’écoutes en Pologne.

 

 

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