Anonymous, prenez le mur de Berlin!

C’est en allant pour la première fois à Berlin que je me suis rendue compte que dans cette ville qui accueille toutes sortes de graffitis sur ses murs, comme autant de témoignages d’un passé marqué par la chute du communisme, il n’y a en même temps aucun graffiti rappelant la révolution sociale actuelle qui se déroule dans le monde et dont le symbole est le masque des Anonymous. Je parle notamment de l’East Side Gallery, car je n’ai pas eu le temps de voir tous les graffitis qui existent à Berlin.

Quand vous marchez sur l’East Side Gallery, certes vous voyez toutes ces oeuvres qui recouvrent les restes du mur de Berlin, mais c’est un peu dommage de ne croiser aucun tag Anonymous ni aucun signe qui évoque le combat de la génération d’aujourd’hui, une génération qui voit chaque jour dans les médias des images de la guerre au Moyen-Orient, en Syrie, en Irak et à Gaza, des arrestations de jeunes hackers et l’inquiétude face à la montée de la surveillance Internet et des lois antiterroristes. Ne devrait-il pas y avoir un lien entre le combat d’hier pour la liberté en Europe et celui d’aujourd’hui pour la liberté dans le monde?

C’est étrange de constater que les Anonymous n’ont jamais pensé à laisser leur empreinte sur l’East Side Gallery à Berlin, alors qu’on trouve leurs masques un peu partout dans le monde et dans des milliers de vidéos sur Internet, des vidéos qui témoignent du même idéal que celui qui était partagé par ceux qui ont voulu la liberté en Europe et la fin de l’oppression d’un système de surveillance basé sur le pouvoir des services secrets et de la Stasi en Allemagne de l’Est. Ceux qui, il y a 25 ans, ont vécu la chute du mur de Berlin le 9/11/1989 voulaient aussi, comme aujourd’hui les Anonymous, un monde sans surveillance, sans oppression politique et sans pauvreté, un monde de liberté d’expression et de liberté de mouvement, un monde sans frontières entre les peuples.

L’East Side Gallery ne témoigne d’aucune oeuvre en hommage aux hackers Anonymous, ni d’aucune oeuvre en hommage aux lanceurs d’alerte: Julian Assange, Manning ou Snowden, pour ne citer que les plus célèbres. Aucune oeuvre non plus qui rappelle le scandale de la NSA et l’importance de ce débat en Europe sur les abus commis par nos services secrets occidentaux, alors même que l’Allemagne a été touchée par ce scandale au sein même de son propre gouvernement.

Est-ce que le mur de Berlin ne restera que ça: le témoignage d’un épisode passé de l’histoire et de la réunification de l’Europe, mais sans faire de lien avec les combats du présent, sans rappeler que tous ces combats continuent aujourd’hui sous d’autres formes? ou bien faudrait-il peupler les restes de ce mur avec de nouvelles oeuvres artistiques, pour que tout ce que nous faisons aujourd’hui soit fait en quelque sorte en hommage à tous ceux qui ont eux-mêmes milité pour nos libertés dans le passé? Recouvert de nouvelles oeuvres évoquant les Anonymous et les révélations sur la NSA, ce qui reste du mur de Berlin sur l’East Side Gallery serait ainsi la continuité du dialogue qui s’est ouvert comme une brèche en 1989, quand des milliers de gens ont franchi une frontière sans attendre la réaction de leur gouvernement et sans attendre qu’on leur dise s’ils avaient le droit d’être libres ou pas.

Parce que ce dialogue doit continuer, il est important que les artistes créent de nouvelles oeuvres et qu’ils nous fassent réfléchir sur tous ces thèmes liés à notre société actuelle: la surveillance numérique, la protection de la vie privée sur Internet, les abus commis par les services secrets et par la NSA, la destruction de la vie de milliers d’individus ciblés par l’espionnage, les millions qui sont consacrés à la surveillance de masse alors même que si peu d’argent est consacré à la lutte contre la pauvreté ou à la lutte pour la protection de l’environnement. Il semble que notre époque est confrontée à un mur virtuel, celui de la surveillance Internet, mais comme dans le passé, les murs tomberont et il faut utiliser Internet comme un outil de libération sociale.

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CC BY-SA

Image: wikimedia

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Les blogs étrangers s’emparent de la « quenelle », décrite comme un nouveau symbole de résistance politique

La Quenelle, Nouveau Symbole de la Résistance

Posté par Parsifal
lovingenergies.spruz.com, le 15 novembre 2013

Pour les connaisseurs de cuisine française, le mot « quenelle » est connu. Il s’agit d’un plat à base de poisson haché, poulet ou viande cuite dans l’eau sous la forme d’une boulette ovale. En fait, le mot français est dérivé du mot (allemand) qui signifie boulettes.
Cet article n’est pas à propos de « haute cuisine », mais de la raison pour laquelle le mot « Quenelle » a une signification différente en France. Il est l’expression de « allez vous faire F*** »ou « mettez-vous ça dans le C*** ». Cela sonne de manière vulgaire, mais se comprend comme une expression de protestation contre l’élite. C’est également un signe de main et cela pourrait devenir un symbole mondial d’insurrection.

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La Quenelle est représentée quand vous étirez le bras vers le bas, tout en indiquant avec l’autre main comme une mesure de longueur. Plus la main est en hauteur, plus la mesure est élevée, et plus forte est l’expression symbolique de la protestation. Ce nouveau sens vient de l’humoriste français populaire originaire du Cameroun, Dieudonné ou « Dieudo », sous le nom où il est connu en France. Pendant ce temps, le symbole est devenu très populaire auprès des Français, il est exploité de façon ubiquitaire et est utilisé pour dire « j’emmerde le système », « l’État peut embrasser mon C*** » ou « mettez-vous le dans le C***, M. le Président ».

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Le symbolisme est devenu si populaire, que le régime français de Hollande est pris de panique et a pris des mesures pour supprimer le symbolisme et même l’interdire. Le geste est considéré à leurs yeux comme un salut hitlérien. Néanmoins, il est montré à toutes sortes d’occasions.

Source: http://talesfromthelou.wordpress.com/2013/11/19/the-quenelle-the-new-sign-of-resistance/

Lire plus: http://lovingenergies.spruz.com/pt/The-Quenelle-the-New-Sign-of-Resistance/blog.htm

Mérée Drante chante « La Quenelle »