Bradley [Chelsea Manning]: « Nous avons oublié notre humanité »

Bradley-Manning-non-coupable-de-collusion-avec-l-ennemi_article_landscape_pm_v8[Bradley Manning a affirmé sa volonté de changer d’identité après son procès, et souhaite désormais se faire appeler Chelsea Manning]

Par Chelsea E. Manning, 21 août 2013

Mercredi, Chelsea (anciennement Bradley) Manning a été condamnée à 35 ans de prison. Suite à l’annonce de la sentence, la déclaration suivante de Manning a été lue lors d’une conférence de presse, par son avocat David Coombs. Jeudi, Chelsea Manning a publié un communiqué expliquant qu’elle voulait vivre comme une femme.

« Les décisions que j’ai faites en 2010 sont venues d’une préoccupation pour mon pays et pour le monde dans lequel nous vivons. Depuis les tragiques événements du 11/9, notre pays a été en guerre. Nous avons été en guerre avec un ennemi qui choisit de ne pas nous rencontrer sur aucun champ de bataille traditionnel, et de ce fait, nous avons dû changer nos méthodes de lutte contre les risques posés pour nous et notre mode de vie.

J’ai d’abord été d’accord avec ces méthodes et j’ai choisi de me porter volontaire pour aider à défendre mon pays. Ce n’est pas avant que j’aie été en Irak, et en lisant des rapports militaires secrets sur une base quotidienne, que j’ai commencé à remettre en question la moralité de ce que nous faisions. C’est à ce moment que j’ai réalisé que dans nos efforts pour répondre à ce risque posé à nous par l’ennemi, nous avons oublié notre humanité. Nous avons consciemment choisi de dévaloriser la vie humaine à la fois en Irak et en Afghanistan. Lorsque nous avons engagé la guerre contre ceux que nous percevions comme l’ennemi, nous avons parfois tué des civils innocents. Chaque fois que nous avons tué des civils innocents, au lieu d’accepter la responsabilité de notre conduite, nous avons choisi de nous cacher derrière le voile de la sécurité nationale et des renseignements classifiés afin d’éviter toute responsabilité publique.

Dans notre zèle pour tuer l’ennemi, nous avons débattu en interne la définition de la torture. Nous avons détenu des personnes à Guantanamo pendant des années sans procès. Nous avons inexplicablement fermé les yeux sur la torture et sur les exécutions commises par le gouvernement irakien. Et nous avons supporté d’innombrables autres actes au nom de notre guerre contre le terrorisme.

Le patriotisme est souvent le cri prôné, lorsque des actes moralement discutables sont préconisés par ceux qui sont au pouvoir. Lorsque ces cris de patriotisme noient toutes nos dissensions fondées sur la logique, il revient généralement à un soldat américain d’effectuer une mission mal conçue.

Notre nation a eu des moments sombres et semblables pour les vertus de la démocratie – la Piste des Larmes, la décision Dred Scott, le maccarthysme, les camps d’internement nippo-américains – pour en citer quelques-uns. Je suis convaincu que beaucoup de nos actions menées depuis le 11/9 seront un jour vues dans une lumière semblable.

Comme le regretté Howard Zinn l’a dit un jour: «Il n’est pas de drapeau assez grand pour couvrir la honte de tuer des innocents. »

Je comprends que mes actes ont violé la loi, et je regrette que mes actions aient causé du mal à quiconque ou heurté les États-Unis. Mon intention n’a jamais été de blesser qui que ce soit. Je voulais seulement aider les gens. Quand j’ai choisi de divulguer des informations classifiées, je l’ai fait par amour pour mon pays et par sens du devoir envers les autres.

Si vous refusez ma demande de grâce, je servirai mon temps en sachant que parfois vous devez payer un lourd tribut pour vivre dans une société libre. Je serai heureux de payer ce prix, si cela signifie que nous pourrions avoir un pays qui est vraiment conçu dans la liberté et dédié à la proposition selon laquelle toutes les femmes et tous les hommes sont créés égaux. »

Source: http://rabble.ca/news/2013/08/chelsea-manning-we-have-forgotten-our-humanity

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Human Rights Watch: « Qui est Bradley Manning? »

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Posté le 7 juin 2013

Le mercredi 5 juin, Amnesty4Manning a demandé aux supporters de Pfc. Bradley Manning de participer aux APPELS POUR MANNING – une journée destinée à prendre son téléphone pour appeler les branches locales d’Amnesty International et Human Rights Watch. L’objectif était de recueillir des informations sur la manière dont les deux plus grandes organisations de défense des droits de l’homme évaluent les violations des droits humains, le soutien à Manning, et pourquoi il n’a pas été reconnu comme prisonnier politique ou prisonnier de conscience.

Plusieurs participants ont rapporté sur le compte Twitter @Amnesty4Manning que les représentants d’Amnesty International ont demandé leur nom et leur adresse e-mail promettant de revenir vers eux à un moment ultérieur. Plusieurs personnes ayant appelé ont été renvoyées au communiqué de presse d’Amnesty publié le premier jour du procès de Manning en cour martiale. Certains ont dit à @Amnesty4Manning que leurs appels sont restés sans réponse ou sont directement arrivés sur une messagerie vocale.

Ce qui suit est le récit d’un supporter de Manning qui a téléphoné aux branches américaines de Human Rights Watch:

« J’ai appelé plusieurs des bureaux de Human Rights Watch, hier, pour exprimer mon soutien de Bradley Manning et demander pourquoi HRW n’avait pas reconnu Manning comme prisonnier de conscience. Le bureau de New York a été particulièrement malhonnête les deux fois où j’ai appelé. La première fois que j’ai appelé, on m’a dit que le site de HRW a déjà abordé cette question, et qu’ils ont reçu « déjà plusieurs appels à ce sujet aujourd’hui ». L’associé de HRW m’a alors dit qu’il me serait plus utile de diriger ce type de demande à l’ACLU [Americain Civil Liberties Union]. Je lui ai répondu que, indépendamment de la position de l’ACLU au sujet de Manning, HRW avait l’obligation de prendre des mesures et de dire son soutien à Manning. Il n’a pas fallu beaucoup plus de temps avant que l’associé me réponde qu’il allait me transférer vers quelqu’un qui serait mieux capable de m’aider. J’ai ensuite été transféré vers un numéro qui a sonné pendant environ cinq minutes avant que je raccroche.

J’ai attendu environ une heure avant de rappeler le bureau de New York. Cette fois, j’étais un peu mieux préparé pour le détour par l’ACLU. Une femme a répondu au téléphone cette fois, et il est bien évident que je n’étais pas la première personne à qui elle avait parlé de Manning. Elle était nerveuse, et a rapidement pris la route de l’ACLU.

« Est-ce que Human Rights Watch a une affiliation quelconque avec l’ACLU? » demandai-je.

« Non. »

« Mais votre organisation dirige directement vers eux les appels du plaidoyer de toute manière? Que fait d’autre HRW pour les êtres humains qui ont besoin d’amnistie? »

« Je vais devoir vous mettre en attente. »

Quelques minutes plus tard, la belle dame est revenue en ligne et m’a dit qu’elle allait me transférer vers quelqu’un qui pourrait m’aider, car elle « ne pouvait pas me garder sur la même ligne avec elle ».

Après plusieurs minutes d’attente, une voix différente est venue au téléphone et a demandé comment elle pouvait m’aider. Je lui ai expliqué pourquoi la femme précédente avec qui je parlais m’a transféré vers elle. Elle m’a alors dit qu’elle était juste une secrétaire à la réception. Je l’ai entretenu pendant plusieurs minutes, juste pour m’assurer qu’elle connaissait les faits autour de l’affaire Manning. J’ai été poli, mais persistant. Je l’ai finalement remercié pour son temps accordé, et j’ai sollicité auprès d’elle, en tant que citoyen américain, de pouvoir parler à une personne de son organisation au sujet de Manning.

L’appel le plus troublant que j’ai fait a été de loin delui du bureau de Los Angeles de Human Rights Watch. Après que j’ai dit à l’associé qui a répondu au téléphone la raison de mon appel, j’ai reçu une réponse imprévue.

« Qui est-ce? »

« Bradley Manning. »

« Oui, qui est Bradley Manning? »

J’étais abasourdi. J’ai regardé mon téléphone pour m’assurer que j’avais composé le bon numéro.

« Est-ce que c’est Human Rights Watch? », ai-je demandé.

« Oui. »

« Et vous ne savez pas qui est Bradley Manning? »

« Non. Qui est-ce? »

Je devais rester calme. Ce que je voulais vraiment, c’était de dire à cette femme que les gens comme elle sont la vraie raison pour laquelle notre gouvernement s’en tire avec ce genre de choses, et qu’il n’y a rien de réel sur les femmes au foyer ou quoi que ce soit d’autre de l’enfer avec lequel elle remplit sa tête, quand elle devrait prêter attention aux droits du 1er amendement qui sont volés. Je voulais lui dire que sa compagnie me fait chier, et qu’elle me fait chier de ne pas avoir la moindre idée d’une chose si importante directement liée à sa profession. Cependant, blâmer cette femme pour son ignorance ne ferait rien pour le héros que je voulais aider. Alors, j’ai répondu rapidement et calmement.

« C’est un patriote, m’dame. Un vrai héros qui a exposé les crimes de guerre au monde, et maintenant le gouvernement US va l’enfermer pour le reste de sa vie. Les organisations comme la vôtre sont censées venir à son secours, mais il est désormais clair pour moi que HRW n’a même pas mentionné cette affaire à ses employés. »

Elle a poursuivi en expliquant que le bureau de Los Angeles était « juste un bureau de collecte de fonds », et n’avait aucune implication dans le choix des causes à plaider. Encore une fois, j’ai pris une profonde inspiration, puis j’ai expliqué lentement à la femme que nous, en tant que citoyens américains, nous devons défendre toutes les vies innocentes qui ont été perdues en exprimant notre soutien à Pfc. Bradley Manning. Après plusieurs minutes de harangue contrôlée, j’ai conclu ma conversation avec la femme en la remerciant de son temps, et en l’encourageant à parler avec quelqu’un de HRW à ce sujet.

Bien que tout cela me rende furieux, je ne suis pas surpris. Je suis en fait encore plus porté par cette expérience que tout le reste. Nous devons continuer à appeler ces organisations, et nous avons besoin d’ÊTRE GENTILS AVEC EUX quand nous remplissons notre objectif. J’ai travaillé dans un centre d’appels avant. C’était un centre d’appels pour une entreprise qui faisait des choses que je n’approuvais pas moralement. Cela étant dit, si je savais que le client avait été traité de manière injuste, mais que ce client m’avait traité comme un idiot, ce client aurait eu un moment beaucoup plus difficile à passer pour obtenir réparation. D’un autre côté, si le client était poli et qu’il avait compris le fait que j’étais juste un gars en plus en bas du totem qui se faisait défoncer par la même société, je faisais tout ce qu’il fallait pour cette personne à part entière. Avec un peu de chance, je peux parler à une personne avec le même esprit quand j’inonde ces organisations avec des appels.

« Oui, qui est Bradley Manning? » Il est difficile d’imaginer que la deuxième plus grande organisation des Droits de l’homme dirigerait ses membres à contacter l’ACLU, quand elle est interrogée sur le soutien à Manning. L’ACLU est une organisation avec laquelle ils affirment n’avoir aucune affiliation. Une recherche rapide sur leur site web affichera un résultat. Human Rights Watch a publié un article sur Pfc. Bradley Manning pendant les trois ans où il a été placé en détention. Un seul. Il a été écrit en mars 2011.

Source: http://amnesty4manning.wordpress.com/2013/06/07/hrw-who-is-bradley-manning/

Le discours de Julian Assange à l’ambassade d’Equateur, le 20 décembre 2012

Bonsoir, Londres.

Quelle vision, pour des yeux fatigués. Les gens me demandent ce qui me donne de l’espoir. Hé bien, la réponse est juste ici. Il y a six mois – il y a 185 jours –  je suis entré dans ce bâtiment. Il est devenu mon domicile, mon bureau et mon refuge. Grâce à l’attitude de principe du gouvernement équatorien et au soutien de son peuple, je suis en sécurité dans cette ambassade pour vous parler. Et chaque jour à l’extérieur, pendant 185 jours, des personnes comme vous ont veillé sur cette ambassade – qu’il pleuve, grêle ou fasse beau. Chaque jour. Je suis venu ici en été. C’est l’hiver maintenant.

J’ai été sustenté par votre solidarité et je suis reconnaissant des efforts de personnes de par le monde entier soutenant le travail de WikiLeaks, soutenant la liberté d’expression, la liberté de la presse, des éléments esentiels de notre démocratie. Bien que ma liberté soit limitée, au moins suis-je capable de communiquer ce Noël, non pas comme les 232 journalistes qui sont en prison ce soir.

Non pas comme Gottfrid Svartholm en Suède ce soir.

Non pas comme Jeremy Hammond à New York ce soir.

Non pas comme Nabeel Rajab au Bahreïn ce soir.

Et non pas comme Bradley Manning, qui a eu 25 ans cette semaine, un jeune homme qui a préservé sa dignité après avoir passé plus d’un dixième de sa vie en prison, sans procès, une partie de ce temps dans une cage, nu et sans ses lunettes. Et non pas comme tant d’autres dont les épreuves sont reliées aux miennes.

Je salue ces hommes et ces femmes de courage. Et je salue les journalistes et les publications qui ont couvert ce qui continue d’arriver à ces personnes, et les journalistes qui continuent de publier la vérité face à la persécution, les poursuites judiciaires et les menaces – qui prennent le journalisme au sérieux. Parce que c’est à partir de la révélation de la vérité que tout le reste s’ensuit.

Nos édifices ne peuvent être aussi grands que leurs briques sont fortes. Notre civilisation est seulement aussi forte que ses idées sont vraies. Quand nos édifices sont érigés par les corrompu(e)s, quand leur ciment est coupé avec des salissures, quand l’acier vierge est remplacé par des débris – nos édifices ne sont pas sûrs comme domicile. Et quand nos médias sont corrompus, quand nos intellectuels sont pusillanimes, quand notre histoire est emplie de demi-vérités et de mensonges – notre civilisation ne sera jamais juste. Elle ne s’élèvera jamais jusqu’au ciel.

Nos sociétés sont des bidonvilles intellectuels. Nos croyances concernant le monde et nous-mêmes, entre nous, ont été créées par le même système par qui le mensonge nous a menés dans des guerres à répétition qui ont tué des millions de gens. Vous ne pouvez pas construire un gratte-ciel avec de la pâte à modeler. Et vous ne pouvez pas édifier une civilisation juste à partir d’ignorance et de mensonges.

Nous devons nous éduquer les un(e)s les autres. Nous devons célébrer ceux et celles qui révèlent la vérité et dénoncer ceux qui empoisonnent notre capacité à comprendre le monde dans lequel nous vivons. La qualité de notre discours est la limite de notre civilisation.

Mais cette génération s’est dressée sur ses jambes et révolutionne la manière dont nous percevons le monde. Pour la première fois dans l’histoire les personnes qui sont affectées par l’histoire en sont les créateurs. Et pour ce qui est des autres journalistes et publications – vos oeuvres parlent d’elles-mêmes, comme le font vos crimes de guerre.

Je salue ceux et celles qui reconnaissent la liberté de la presse et le droit du public à l’information – reconnus dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, reconnus dans le Premier Amendement des USA – nous devons admettre que ceux-ci sont en danger et ont besoin de protection, comme jamais auparavant.

WikiLeaks est sous le coup d’une enquête en cours du Ministère de la Justice US, et ce fait a été correctement reconnu par l’Équateur et les gouvernements d’Amérique Latine comme mettant matériellement en danger ma vie comme mon travail. L’asile n’est pas accordé sur un coup de tête, mais selon des faits. L’enquête états-unienne est rapportée par témoignage – sous serment – dans les Cours US, est reconnue par le Ministère de la Justice, et dans le Washington Post il y a tout juste quatre jours par le Procureur de la Virginie, comme un fait. Ses citations à comparaître sont combattues par nos agents dans les Cours US. Le Pentagone a réitéré ses menaces contre moi en septembre et affirmé que l’existence même de WikiLeaks était un crime en plein jour.

Mon oeuvre ne sera pas étouffée. Mais tant que cette enquête immorale se poursuit, et tant que le gouvernement australien ne défendra pas le journalisme et la publication de WikiLeaks, je dois rester ici.

Toutefois, ma porte est ouverte – et la porte a toujours été ouverte – pour quiconque désire me parler. Comme vous, je n’ai pas été accusé de crime. Si jamais vous vous entendez de la propagande suggérant autre chose, faites note de cette corruption du journalisme et allez sur justice4assange.com pour tous les faits réels. Dites au monde la vérité, et dites-le au monde qui vous a menti. Malgré les limitations, malgré le blocus bancaire extra-judiciaire, qui entoure WikiLeaks comme l’embargo sur Cuba, malgré une enquête criminelle sans précédent et une campagne pour nuir à et détruire mon organisation, 2012 a été une année immense.

Nous avons publié presque un million de documents. Des documents concernant la guerre qui se poursuit en Syrie. Nous avons exposé l’état de surveillance des masses dans des centaines de documents issus d’entreprises privées de renseignement. Nous avons publié des informations au sujet du traitement des détenus à Guantanamo Bay et ailleurs – le symbole de la corruption de la règle du droit en Occident, et au-delà.

Nous avons gagné contre le blocus bancaire illégal dans les tribunaux et au Parlement Européen. Après un combat de deux ans, les dons à WikiLeaks sont passés d’un statut de blocage et de non-déductibilité fiscale à la déductibilité dans le calcul des impôts à travers toute l’Union Européenne et les USA. Et la semaine dernière l’information révélée par WikiLeaks était cruciale – et citée au cours du jugement – dans la détermination de ce qui est vraiment arrivé à El-Masri, un Européen innocent kidnappé et torturé par la CIA.

L’année prochaine sera également riche en événements. WikiLeaks a déjà plus d’un million de documents en préparation pour être publiés, des documents qui concernent tous les pays du monde. Tous les pays du monde. Et en Australie un Sénateur non-élu sera remplacé par un Sénateur qui lui, l’est.

En 2013, nous continuons à nous dresser face aux brutes. Le gouvernement équatorien et les gouvernements de l’Amérique Latine ont démontré combien la coopération au travers de valeurs partagées peut enhardir les gouvernements pour résister à la contrainte et soutenir l’auto-détermination. Leurs gouvernements ne menacent personne, n’attaquent personne, n’envoient des drones sur personne. Mais ensemble ils sont forts et indépendants. Les appels las des manipulateurs de pouvoir à Washington en faveur de sanctions économiques contre l’Équateur, simplement à cause de la défense de mes droits, sont mal inspirés et immoraux. Le Président Correa a justement dit, « les principes de l’Équateur ne sont pas à vendre. » Nous devons nous unir ensemble pour soutenir le courageux peuple équatorien, pour les défendre contre une intervention à l’encontre de leur économie et une interférence dans leurs élections l’année prochaine.

La puissance de personnes parlant haut et fort et résistant ensemble terrifie le pouvoir corrompu et anti-démocratique. Tant et si bien que des gens ordinaires ici en Occident sont devenus les ennemis des gouvernements, des ennemis à surveiller, des ennemis à être contrôlés et appauvris.

La vraie démocratie n’est pas la Maison Blanche. La vraie démocratie n’est pas Canberra. La vraie démocratie est la résistance des peuples, armés de la vérité, de la place Tahrir jusqu’ici à Londres. Chaque jour, des personnes ordinaires nous enseignent que la démocratie c’est la liberté de parole et la dissidence. Car dès que nous, le peuple, cessons de dire ce qu’il y a à dire et cessons de nous révolter, dès que nous sommes distraits ou pacifiés, dès que nous nous détournons les un(e)s des autres, nous cessons d’être libres. Car la vraie démocratie est la somme – LA SOMME – de notre résistance.

Si vous ne vous exprimez pas – si vous abandonnez ce qui est uniquement à vous en tant qu’être humain: si vous abandonnez votre conscience, votre indépendance, votre sens de ce qui est bien et de ce qui est mal, en d’autres mots – peut-être sans le savoir, vous devenez passif(ve)s et sous contrôle, incapables de vous défendre et de défendre ceux et celles que vous aimez.

Les gens me demandent souvent, « Que puis-je faire? »

La réponse n’est pas si compliquée.

Apprenez comment fonctionne le monde Remettez en question les déclarations et les intentions de ceux et celles qui cherchent à nous contrôler derrière une façade de démocratie et de monarchie. Unissez-vous en un but commun et un principe commun pour imaginer, construire, documenter, financer et défendre.

Apprenez. Défiez. Agissez.

Maintenant.

Source: http://wikileaks.org/Statement-by-Julian-Assange-after.html

Discours de Julian Assange sur Russia Today


Traduit depuis le web par willsummer

Un garde du corps d’Assange redoute qu’il soit menacé de mort

Par Samantha Turnbull

*Note du blog: Cet article est paru le 7 août 2012, avant l’accord de l’asile politique de Julian Assange. Nous le publions car il dresse le portrait de Ciaron O’Reilly, un militant pacifiste qui donne ici des explications sur la Guerre en Irak et sur son soutien à Assange. L’audio de cette interview est disponible sur le site d’origine (cf. lien en fin d’article).

Un des gardes du corps de Julian Assange était récemment de passage à Lismore où il s’est exprimé pour ABC North Coast

Ciaron O’Reilly ressemble plus à une rockstar qui approche de la cinquantaine qu’à un garde du corps corpulent surveillé par les pouvoirs internationaux.

Derrière les cheveux rastas, cependant, c’est un homme farouchement passionné par le pacifisme et dévoué à la protection d’un des militants les plus connus au monde – Julian Assange, le fondateur de Wikileaks.

M. O’Reilly, originaire de Brisbane, est maintenant un londonien et a été désigné par M. Assange comme un des deux gardes du corps volontaires qui l’escortent au milieu des hordes de journalistes et de photographes affamés dans l’intervalle des apparitions au tribunal.

« C’est une sacrée meute sauvage, toute cette presse, et beaucoup de photographes veulent qu’il ait peur et qu’il ait l’air pris de perdre les pédales, donc nous formons un cordon de sécurité autour de lui pour l’amener au tribunal », dit M. O’Reilly.

« Il me fait évidemment confiance… et je suis plutôt grand. »

« Nous avons eu le rôle… je pense qu’il n’avait pas beaucoup de choix possible parmi les gens. »

M. O’Reilly a rencontré pour la première fois M. Assange en Angleterre et il s’est identifié à sa situation désespérée après avoir été lui-même emprisonné pour des activités anti-guerre.

Il a été emprisonné pendant 13 mois pendant la 1ere Guerre du Golfe pour avoir désarmé un bombardier B-52, dans l’Etat de New York, et à son retour en Australie, il a mis hors service une machine d’extraction d’uranium dans l’Etat du Nord.

Il a affirmé que le Premier Ministre Julia Gillard n’a pas menti quand elle a dit que M. Assange a reçu le même traitement que n’importe quel australien ayant des ennuis à l’étranger.

« Je pense que c’est différent pour un Australien  qui a des ennuis à cause de la drogue en Thaïlande ou à Bali, mais si tu as des ennuis avec les Etats-Unis pour des raisons politiques, le gouvernement australien va juste en profiter pour te livrer », a dit M. O’Reilly.

« Dans mon cas, ils n’ont établi aucun contact avec moi avant mon procès à New York. »

« Ils ont assisté à ma sentence mais ne se sont jamais présentés devant moi. »

« Ils étaient là pour servir le FBI en me mettant en prison. »

« C’est ce qu’ils ont fait. »

M. O’Reilly est revenu en Australie pour 3 mois afin de rendre visite à sa famille, mais il retourne à Londres dans quinze jours.

Là, il prévoit de participer à la veille à l’extérieur de l’ambassade d’Equateur où M. Assange a cherché refuge en attendant une annonce formelle au sujet de l’accord ou non de l’asile politique en Equateur.

Il a dit qu’il a été surpris quand M. Assange a demandé l’asile, mais c’était un pas important pour éviter l’extradition en Suède suivi par celle des Etats-Unis.

« Ce n’est pas quelqu’un qui cherche à réagir, c’est quelqu’un qui prend des initiatives », a dit M. O’Reilly.

« Je pense que toute cette affaire suédoise a été une manœuvre dilatoire pour les Americains, et s’il va en Suède, il ira aux Etats-Unis. »

M. Assange est accusé d’agression sexuelle en Suède, ce qu’il n’a pas eu le temps d’évoquer en détail avec M. O’Reilly.

« J’ai lu des déclarations de témoin et des choses comme ça », a dit M. O’Reilly.

« Je pense que ce qui est arrivé en Suède est que les femmes sont allées demander un test HIV et les flics, en quelque sorte, ont détourné cela en allégation d’agression sexuelle. »

Le Gouvernement US a nié qu’il ait l’intention d’extrader M. Assange depuis la Suède, mais c’est un argument que ses supporters rejettent catégoriquement.

Ils croient que le Gouvernement US veut inculper M. Assange pour la divulgation en masse de documents militaires et diplomatiques des Etats-Unis dans le domaine public.

M. O’Reilly a dit que M. Assange n’a pas été extradé depuis l’Angleterre vers les Etats-Unis, car les accusations n’étaient pas assez graves.

« Les Anglais ne vont pas extrader pour des délits passibles de peine de mort, mais les Suédois le feront, a-t-il dit. »

« Donc s’il part d’Angleterre, ils ne pourront pas l’exécuter. »

La mère d’Assange, Christine Assange, est en ce moment en Equateur pour plaider en faveur de la demande d’asile de son fils.

Elle a rencontré le Président de l’Equateur Rafael Correa la semaine dernière pendant une heure.

M. O’Reilly a dit que Mme. Assange a appris que le Gouvernement Equatorien ferait une annonce quand les Jeux Olympiques seraient terminés.

Source: http://www.abc.net.au/local/stories/2012/08/07/3562410.htm

Traduit par kimono

Lettre ouverte aux députés français en soutien à Julian Assange

Paris, le 1er septembre 2012

Mesdames, Messieurs les député(e)s,

Comme élu(e)s de la République, respectueux de nos engagements internationaux et du respect des Droits de l’homme, nous nous adressons à vous pour notre requête.

Nous sommes membres d’un comité de soutien à M. Julian Assange connu en tant que fondateur, rédacteur en chef et porte-parole de WikiLeaks. Il a su avoir le courage de faire connaître aux démocrates du monde entier les informations que lui transmit Bradley Manning, que ses défenseurs qualifient de héros et définissent comme un lanceur d’alerte – il est à ce jour détenu illégalement aux USA dans une prison militaire depuis 834 jours alors que la durée légale d’emprisonnement avant procès militaire y est de 120 jours: “C’est une personne qui dit au peuple ce que le gouvernement ne veut pas que l’on sache…”, “Quelqu’un qui protège la démocratie.”

Dans ces communiqués, Julian Assange a dénoncé les dérives de pays qualifiés de démocratiques et les méthodes employées contraires au respect des Droits de l’homme. Certains s’étonnent du choix de Julian Assange de demander l’asile politique à la République de l’Equateur. Il est surprenant de constater qu’aucun pays européen respectueux des Droits de l’homme et de la souveraineté des ambassades, n’ait à aucun moment protesté contre le geste de la Grande-Bretagne de vouloir bafouer l’intégrité de ce territoire équatorien.

Il semble que les alibis employés pour une éventuelle extradition vers les Etats-Unis relèvent du rocambolesque, de l’ineptie. Le devoir de mémoire nous rappelle que la Grande-Bretagne n’a pas eu d’état d’âme pour protéger le dictateur A. Pinochet qui avait quelques milliers de crimes sur la conscience.

Nous sommes convaincus que votre mission de députés est d’être aux cotés de ceux qui luttent et dénoncent les dérives contraires à l’esprit démocratique et aux respects des fondamentaux qui ont fait la réputation et l’honneur de la France à travers le monde.

Le fondateur de Wikileaks est soutenu par des milliers de gens (de toutes conditions sociales) à travers le monde, militants, artistes, intellectuels, comme Noam Chomsky, Gail Malone, Kellie Tranter, Kevin Gosztola, Helene Bergman, des Nobels de la Paix, Mairead Maguire, Pérez Esquivel, des parlementaires, hommes politiques, Jean-Luc Mélenchon en France, Anne Clwyd au Royaume-Uni, Snorre Valen en Norvège, Ron Paul aux Etats-Unis, Scott Ludlam, Adam Bandt, Malcolm Fraser, Doug Cameron et le Parti Pirate en Australie, et par tous ceux qui dénoncent les violations du respect des Droits de l’homme.

Julian Assange est devenu aujourd’hui le symbole de la liberté d’expression menacée dans le monde, y compris dans les pays occidentaux. Nous découvrons au travers des révélations de Wikileaks que le risque de vivre dans une dictature est toujours présent et qu’il plane au-dessus de nos démocraties européennes.

Il est déplorable que nos gouvernements européens restent silencieux sur cette affaire et ne prennent pas la peine de défendre la liberté d’expression, surtout quand Wikileaks dévoile que les guerres sont justifiées par les intérêts économiques des Etats-Unis et de la Suède, cette dernière étant l’un des plus importants fabricants d’armes au monde.

C’est pour toutes ces raisons que nous sollicitons votre soutien et votre collaboration. Pour dénoncer le harcèlement des autorités qui se livrent à la campagne de calomnies et de diabolisation contre Julian Assange et la discrimination des associations de défense des Droits de l’homme. Le discours de Julian Assange, le 19 août 2012 à l’ambassade d’Equateur à Londres, a été un moment historique.

Nous appelons à un véritable élan de solidarité pour Julian Assange et qu’il soit reconnu pour l’effort qu’il a fait envers nos sociétés pour plus de vérité et de justice.

Je vous prie d’agréer, Mesdames, Messieurs les député(e)s, l’assurance de notre considération distinguée,

Comité de rédaction Wikileaks Actu

Liens relatifs à cet article :

Julian Assange et Wikileaks
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rédacteur_en_chef
http://fr.wikipedia.org/wiki/WikiLeaks

Bradley Manning
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bradley_Manning

Militants, artistes, intellectuels, soutenant Julian Assange :
http://www.mmrree.gob.ec/eng/2012/bol0983.asp
https://wikileaksactu.wordpress.com/2012/08/22/noam-chomsky-assange-est-un-vrai-democrate/
https://wikileaksactu.wordpress.com/2012/07/25/pourquoi-wikileaks-est-un-don-a-lhistoire/
http://vimeo.com/45941628
https://wikileaksactu.wordpress.com/2012/08/08/julian-assange-est-deja-condamne-par-le-feminisme-detat-suedois/

Nobels de la Paix soutenant Julian Assange :
https://wikileaksactu.wordpress.com/2012/07/24/mairead-maguire-laureate-du-prix-nobel-de-la-paix-appelle-a-la-justice-pour-assange/
http://www.lalibre.be/actu/international/article/755546/assange-attitude-de-londres-inadmissible-pour-le-prix-nobel-de-la-paix.html

Parlementaires et hommes politiques soutenant Julian Assange :
http://www.humanite.fr/fil-rouge/assange-intervient-au-meeting-de-jean-luc-melenchon-pg
http://blog.ukfriendsofbradleymanning.org/2011/05/03/ann-clwyd-mrs-manning-should-have-had-the-courtesy-of-a-reply/
http://www.liberation.fr/societe/01012317507-un-depute-norvegien-propose-wikileaks-pour-le-prix-nobel-de-la-paix-2011
http://www.theamericanconservative.com/ron-paul-stands-for-manning-and-assange/
http://scott-ludlam.greensmps.org.au/wikileaks

Autres textes de soutien :
https://wikileaksactu.wordpress.com/2012/08/28/quatre-choses-que-les-medias-ne-vous-disent-pas-sur-assange/
https://wikileaksactu.wordpress.com/2012/08/19/le-discours-de-julian-assange-a-lambassade-dequateur/
https://wikileaksactu.wordpress.com/2012/08/11/wikileaks-est-un-espoir-pour-changer-le-monde/

Lien pdf de l’article: Lettre ouverte aux députés français en soutien à Julian Assange

Quatre choses que les médias ne vous disent pas sur Assange

Manifestation en soutien à Julian Assange devant l’Hôtel de Ville de Sydney, le 10 décembre 2010 (photo: Wikipedia)

par Nicholas Mead, journaliste, le 19 août 2012

L’intérêt des médias pour l’affaire Julian Assange a encore atteint des hauteurs de fébrilité la semaine dernière avec la décision du gouvernement équatorien d’accorder l’asile politique à Julian Assange. Cependant, comme d’habitude, une bonne partie de la couverture médiatique continue d’ignorer les faites importants et le contexte, tournant l’histoire d’une manière qui seille à leurs agendas politiques et économiques ou simplement attaquer Assange ou quiconque est en désaccord avec eux. Il est important de souligner certains faits importants qui sont sempiternellement ignorés des médias concernant la situation actuelle du fondateur de WikiLeaks.

1. Assange a déjà une fois été questionné en Suède.

L’accusation est tout à fait dans ses droits de demander à ré-interroger Assange mais presque aucun diffuseur médiatique ne met la situation en contexte en mentionnant le fait qu’il a déjà été interrogé une fois en Suède et relâché sans suites. Peu de temps après, la transcription de l’entretien fuita mystérieusement vers la presse suédoise. Et aucun média ne souligne qu’Assange a attendu pendant 5 semaines avant d’obtenir la permission de quitter le pays et de continuer son travail sur les publications des War Logs et du CableGate avec le journal The Guardian au Royaume-Uni. Quelques journaux, surtout en Suède, ont plutôt dit qu’il avait « fui » le pays impliquant qu’il est en quelque sorte « en cavale » devant les accusations.

2. Assange a exprimé sa volonté de retourner en Suède mais les enquêteurs peuvent aussi l’interroger au Royaume-Uni.

Assange a déclaré son plein gré de retourner en Suède si une garantie légale est faite qu’il ne sera pas extradé vers les USA pour son travail avec WikiLeaks. Toutefois, il n’y a aucune obligation pour lui de se trouver ne Suède pour un interrogatoire. C’est usuel dans la pratique suédoise quand il n’y a pas d’accusation formelle et qu’une personne est voulue pour simple interrogatoire, et il peut être effectué dans n’importe quel pays du monde y compris par téléphone ou visio-conférence. Les procureurs suédois voyagent souvent vers d’autres pays comme ils l’ont fait récemment pour interroger un homme soupçonné de meurtre en Serbie. Par contre, dans le cas d’Assange, la procureure suédoise Marianne Ny insiste qu’Assange doit physiquement être en Suède pour être interrogé. Aucune raison n’a été fournie pour cette inflexibilité mais le journal suédois Dagens Nyheter le justifie en disant qu’il s’agit d’une question relative au prestige de la Suède.

3. Il y a une accumulation de preuves que les USA compilent un dossier de plainte criminelle contre Assange.

Il y en a suffisamment pour suggérer que les craintes de l’équipe de défense juridique d’Assange sont justifiées. Des câbles diplomatiques australiens diffusés au Sydney Morning Herald selon la loi [australienne] sur la liberté de l’information révèlent que le gouvernement australien a confirmé que WikiLeaks a été la cible d’une enquête du Département de la Justice US en Australie « sans précédent à la fois dans son étendue et sa nature ». Le gouvernement australien suggère également que les rapports des médias selon lesquels un grand jury secret a été convoqué à Alexandria en Virginie, étaient « sûrement vrais ». De plus, les publications par WikiLeaks des Stratfor Intelligence Files ont révélé que le vice-président de Stratfor Fred Burton a déclaré que: « Nous avons un acte d’accusation scellé contre Assange ». En sus de cela, prenant en compte le traitement atroce auquel a été soumis Bradley Manning actuellement dans une prison militaire aux USA pour avoir peut-être transmis à Assange des documents confidentiels, vous n’avez pas besoin de vous coiffer d’une passoire et de papier alu pour croie que les USA feront n’importe quoi pour mettre la main sur Assange et faire de lui un « exemple ».

4. C’est en réalité plus facile pour les USA de faire extrader Assange depuis la Suède que depuis le Royaume-Uni.

Beaucoup de gens rejettent les craintes d’extradition d’Assange du fait que s’ils le voulaient, il leur serait plus facile de l’avoir depuis le Royaume-Uni de toute façon. Mais en fait, il est considérablement plus difficile de l’extrader depuis le Royaume-Uni pour diverses raisons. Une est que le Royaume-Uni n’a pas l’accord d’extradition « d’abandon temporaire » (par lequel un suspect dans deux pays différents se trouvant dans l’un d’entre eux peut être ‘temporairement’ extradé vers l’autre, ndt) qui existe entre la Suède et les USA qui puisse outrepasser les accords internationaux d’extradition et effectivement donner aux USA des pouvoirs « immédiats » d’extradition. Un autre problème est  que si les USA devaient émettre une demande d’extradition pour Assange depuuis le Royaume-Uni vers les USA, cela mettrait le Royaume-Uni dans une position très difficile parce que normalement, la première demande d’extradition reçue de la Suède devrait être honorée en premier. Par ailleurs, la plus grande diversité médiatique et le plus grand soutien du public au Royaume-Uni sont des facteurs qui rendraient plus difficile encore pour les USA d’extrader Assange depuis la Grande-Bretagne. Et pour tous ceux qui pensent que le système judiciaire suédois est d’une quelconque manière le meilleur du monde, les archives de Human Rights Watch sur la Suède offrent de la lecture intéressante.

24-08-12: Il est depuis venu à mon attention que l’accord « d’abandon temporaire » existe aussi entre les USA et le Royaume-Uni ce qui est certainement quelque chose que beaucoup de supporters d’Assange ne semblent pas savoir. Cependant, le même problème s’appliquerait – puisque la Suède a déjà émis une demande d’extradition, cela mettrait assurément le gouvernement britannique dans une situation très compliquée. Il y a une discussion intéressante là-dessus ici.

Il y a plein d’autres exemples de faits et de mises en contexte régulièrement ignorés dans la couverture médiatique qui sont importants pour la compréhension de l’affaire Assange. Voici certains des plus importants mais alors que la guerre de propagande continue dans cette bataille juridique de plus en plus dramatique, ils ne seront certainement pas les derniers.

Postscriptum: Si vous voulez un éclairage réellement révélateur et dérangeant sur la façon dont les accusations de crimes sexuels contre Assange en Suède se sont déroulées, lisez le fil de commentaires du post original sur Assange publié [par l’auteur] il y a maintenant presque exactement deux ans.

Source: http://nicholasmead.com/2012/08/19/4-things-the-media-wont-tell-you-about-assange/

Traduit depuis le web par willsummer

Willsummer: Les suites du rassemblement de Saint-Michel du 10 août à Paris

Dimanche 12 août 2012


C’est ce soir que se terminent les premiers Jeux Olympiques ouvertement cyberpunk de l’histoire, où des athlètes se font sponsoriser en se faisant tatouer le logo d’une marque sur le corps, et où des sandwicheries londoniennes ont été contraintes de changer le nom de leur enseigne, parce qu’il contenait l’adjectif « olympique ».

Alors que des drones armés provenant d’un Etat se déclarant en guerre contre un ennemi invisible ravagent les zones tribales du Waziristan tuant hommes, femmes et enfants non-combattants, des « féministes » occidentales paradent sur Tower Bridge à Londres pour appeler à l’exclusion des pays pratiquant la Charia des JO, et à l’obscénité de la sur-consommation érigée en sacro-saint modèle, s’ajoute le foulement aux pieds des principes olympiques: ce sont les USA qui empochent le plus grand nombre de médailles, et ils sont « en guerre » à travers le monde, soit ouvertement soit par moyens détournés.

Ceci est une réalité que depuis maintenant plusieurs années WikiLeaks et Julian Assange ont contribué à rendre évidents par des éléments devenus irréfutables, et qui constituent un faisceau de présomptions tellement large et solide qu’il contient de quoi faire trembler jusqu’à ses bases l’infernal édifice de la bestiale mentalité prédatrice qui infecte la société des hommes tel un cancer.

Car WikiLeaks est une organisation journalistique. En tant que telle, elle s’est donné la mission de fournir au grand public les informations qu’il réclame: la vérité, de quoi lui faire comprendre les événements qui interviennent dans sa vie et celle de ses pairs, de manière à ce qu’il puisse agir en connaissance de cause, pour la présence et le maintien d’un environnement propice à son épanouissement et à celui de sa famille, comme de ses pairs.

Or, voici que l’organisation dont Julian Assange est l’un des co-fondateurs nous explique depuis des années, preuves à l’appui (ces fuites par millions n’ont pas été contestées, et les poursuites contre Manning et Assange sont la preuve de leur véracité), que ce gouvernement à l’aigle chauve, dont le siège du pouvoir est à Washington, qui se présente dans nos foyers à travers la petite lucarne de nos téléviseurs comme le parangon de la justice – fût-elle armée jusqu’aux dents, de la défense des opprimés et des Droits de l’Homme, se révèle être le plus grand assassin en masse que l’histoire contemporaine ait portée.

Qu’ils flattent la docilité du peuple pour lui imposer une loi féroce – faire garder des moutons par des loups – et lui mentent sur toutes les informations qu’ils lui laissent voir au travers de sa petite lucarne pour lui en servir une version adaptée à leur discours et à la gloutonnerie de leurs entreprises. Qu’ils n’ont cure de la valeur d’une vie humaine, qu’ils sont capables de dévaster des régions entières pour l’accès aux ressources et de violer des sociétés dans leur plus profonde intimité pour y asseoir une mainmise tentaculaire…

Il y a des centaines de milliers de CableGate Files, d’Iraq et d’Afghanistan War Logs, cinq millions et demi de Stratfor Files et plus de deux millions de Syria Files. Il y a quelques sites web composés de journalistes professionnels, et d’autres personnes actifs et actives à éplucher, examiner, vérifier ces documents afin d’en extraire ce qui en fait la moëlle épinière: les éléments qui ne pourront pas être contestés devant un tribunal. Lorsqu’elle sera entre nos mains, nous la jetterons sur la place publique pour qu’elle y soit brûlée vive sous le regard furieux de la population…

Nous venons chacun(e) de notre horizon particulier, pour défendre Assange, Manning et WikiLeaks (et Jeremy Hammond, hacker Anonymous risquant 20 ans de prison pour avoir aidé WikiLeaks); nous partageons certaines choses, et pas d’autres: les goûts et les couleurs, c’est une affaire personnelle. Mais nous sommes unis par l’indéfectible refus de l’injustice, du mensonge et de l’irrespect de la vie humaine. Julian Assange est notre ami, et nous sommes à ses côtés. Devant la volonté du peuple de savoir, il n’y a pas de secret qui tienne: les affaires, leurs ramifications et implications sont beaucoup trop graves, et notre silence équivaudrait à une complicité.

Quand Fred Barton, le patron de Stratfor, disait de Julian Assange: « Assange sera un beau gibier en prison. Bousillez le terroriste. Il bouffera à jamais de la pâtée pour chien », je sais qu’il ne veut pas du bien à mon ami. Je sais aussi que je n’en voudrais pas comme ami, car je n’ai pas de plaisir à penser au mal, ou à le commettre. Ainsi les parties en présence sont définies, et c’est ma plus intime conviction que nous triompherons de ces êtres malfaisants, dont Fred Barton n’est qu’un des molosses, dans le domaine de la collecte de renseignements.

Dès demain, avec le conseil des anges et de sa bonne conscience, l’Equateur devra se prononcer en faveur ou non de son soutien à Julian Assange. Ce n’est pas un acte sans conséquences que d’accorder l’asile politique à l’homme le plus recherché des services secrets des USA, ils ne seront pas contents… J’ai bon espoir que l’Equateur accède à la requête du fondateur de WikiLeaks. Correa, le président de l’Equateur, est un homme qui comprend bien l’importance, à son niveau, d’actes en accord avec les justes aspirations des peuples; l’Equateur, comme beaucoup de nations latino-américaines, a beaucoup souffert des ingérences états-uniennes.

Par willsummer

Rassemblement du 10 août 2012 à Paris

Char de guerre
Nous soutenons Julian Assange et Bradley Manning, dans leur dimension de militants des Droits de l’homme et de défenseurs de la vérité. Nous pensons que les vies de Julian Assange et Bradley Manning sont menacées, pour avoir dénoncé les crimes de guerre de l’armée américaine et les crimes contre l’humanité perpétrés en Irak et en Afghanistan. En France, il n’y a eu à l’heure actuelle aucune mobilisation pour soutenir la demande d’asile politique de Julian Assange en Equateur. Aujourd’hui, l’Equateur est un des seuls pays, avec la Tunisie, qui propose l’asile politique à Julian Assange. Aucun autre pays n’a soutenu Julian Assange. Aucun pays n’ose dénoncer les atteintes aux Droits de l’homme que subissent Julian Assange et Bradley Manning. Aucun pays européen n’a pris position pour dénoncer cette situation illégale.

En France, il n’y a eu également aucun soutien de notre pays, alors que la France est la patrie des Droits de l’homme. Nous appelons les citoyens français à réagir, mais aussi les journalistes, les députés, les militants des associations des Droits de l’homme, pour qu’ensemble nous dénoncions cette situation et les menaces qui pèsent sur ces deux hommes, qui risquent la peine de mort pour avoir dénoncé la guerre, alors que l’un d’entre eux est déjà emprisonné aux Etats-Unis et torturé sans pouvoir se défendre. Si nos pays européens sont de vraies démocraties, qu’ils nous le prouvent en soutenant officiellement Julian Assange et Bradley Manning. Nous en appelons à un discours honnête sur la question des Droits de l’homme, que l’Europe se prononce sur cette question et qu’elle vienne enfin en aide à ceux qui en ont besoin.

Cette manifestation soutient la demande d’asile politique de Julian Assange en Equateur. Nous adressons nos remerciements à l’Equateur pour avoir accueilli dans leur ambassade de Londres Julian Assange. Si Rafael Correa n’avait pas offert ce refuge à Julian Assange, il serait aujourd’hui en Suède, dans une prison, sans jugement, et probablement en cours de transfert vers une prison américaine, où il serait resté à perpétuité, voire condamné à mort pour l’Espionage Act. Nous, citoyens français, nous avons grandi dans le respect des Droits de l’homme et nous croyons à ces valeurs que l’on nous a appris. Nous ne voulons pas voir mourir Julian Assange et Bradley Manning, ni aucun autre militant dans le monde. Nous voulons qu’ils vivent et qu’ils soient libérés. Nous appelons le gouvernement français à prendre position pour défendre Julian Assange. Nous appelons l’Europe à défendre activement ces personnes et à ne pas les abandonner, alors qu’elles en ont tellement besoin, et qu’il suffirait de si peu pour les sauver. Si des pays comme la France se mobilisent, alors nous avons une chance de sauver ces militants et ces hommes, pour qu’ils puissent continuer leur mission de paix.

Les médias aujourd’hui ne parlent plus de Julian Assange, ni de Bradley Manning. Pourtant les soutiens dans le monde se font entendre sur les réseaux sociaux et sur internet. Facebook, Twitter, le forum de WikiLeaks, sont devenus le seul endroit où nous pouvons avoir des informations sur Julian Assange et Bradley Manning, car la télévision a choisi d’étouffer leur histoire. Pourtant, leur histoire est la plus belle et la plus exemplaire. J’aurais aimé que Julian Assange et Bradley Manning soient français, j’aurais été fière s’ils avaient été des citoyens français. En Australie et aux USA, ils sont pourtant devenus les « ennemis à abattre » et des politiciens ont même appelé publiquement à les tuer. Ceci est inconcevable. Au lieu d’être fiers de leurs citoyens, l’Australie et les USA choisissent de réprimer des héros, des militants de la paix et de la justice. L’Australie a dit qu’elle ne porterait pas assistance à Julian Assange. Sans doute, un jour, les livres d’histoire se rappelleront de son rôle. Mais pour le moment, l’Australie est aveugle et ne veut rien entendre des appels à l’aide de Julian Assange. Voilà où nous en sommes aujourd’hui.

Ecrit par kimono

Australie: Voici le subterfuge rhétorique utilisé par la ministre de la Justice Nicola Roxon en cas d’abandon d’Australiens à l’étranger

Posté depuis Twitlonger le dimanche 5 août 2012

1. Prétendre que l’Australie ne peut pas « interférer » avec les procédures judiciaires formelles d’un autre pays. Ceci est rarement ce que des Australiens en difficulté à l’étranger réclament. Toutes les nations sont libres de demander à l’exécutif d’une autre nation d’envisager de prendre telle ou telle mesure ou pour fournir des informations. L’Équateur l’a fait à plusieurs reprises au cours de l’affaire Assange. C’est l’exécutif étranger qui contrôle quelles sont les requêtes présentées à ses tribunaux et comment ses prisonniers sont traités. Demander à un exécutif d’envisager de prendre une mesure ne remet pas en cause l’indépendance du corps judiciaire, qui est libre de rejeter de telles mesures, dusse l’affaire être véritablement judiciaire.

2. Prétendre que l’Australie ne peut pas agir avant qu’il y ait une incarcération, une condamnation, un procès, une extradition ou un exécution. Dans l’affaire Assange, il y a déjà nombre de procédures judiciaires en cours aux États-Unis (Grand Jury, enquête du FBI, batailles de citations à comparaître, l’affaire Manning, et les interventions d’Assange dans l’affaire Manning) et dans d’autres pays (Islande, Suède, Royaume-Uni, Colombie, Équateur). Mais Assange n’a encore été formellement accusé dans aucun d’entre eux.

Le subterfuge est de dire que, soit ces procédures ne sont pas encore suffisamment formelles pour que l’Australie agisse, ou alors que l’Australie ne peut intervenir dans une procédure formelle. Ceci couvre toutes les possibilités. Est-ce que ce n’est pas magique?

Nicola Roxon, ministre australienne de la Justice

Pour les USA, la ministre Roxon affirme que les procédures ne sont pas assez formelles pour faire quoique ce soit. Pour la Suède, elle assure qu’elles sont trop formelles pour faire quoi que ce soit. Pourtant elles sont équivalentes – Assange n’a pas été publiquement accusé dans aucun des deux pays et il est l’objet « d’enquêtes » dans les deux pays.

En se servant de cette rhétorique, Roxon, le premier ministre, et les hauts fonctionnaires, sont exemptés de faire quoi que ce soit, jamais. Ce qui est important. Avec le gouvernement de gauche qui est en train de couler, ce sont les parrainages qu’ils flattent dans les cercles US qui les verront passer les rudes périodes hors du gouvernement.

Source: http://www.twitlonger.com/show/imarte

Traduit depuis le web par willsummer

Mairead Maguire, Lauréate du Prix Nobel de la Paix, appelle à la justice pour Assange

Mairead Maguire à l’aéroport de Dublin, en juin 2010

Lundi 23 juillet 2012

The Peace People, 224 Lisburn Road, Belfast BT9 6GE, Irlande du Nord

Téléphone: 0044 (0) 28 9066 346

Courriel:  info@peacepeople.com

Site web:  www.peacepeople.com

Ainsi que le savent les citoyens inquiets du monde, le rédacteur-en-chef de WikiLeaks, Julian Assange, est actuellement à l’intérieur de l’ambassade équatorienne à Londres, où il est allé pour demander l’Asile Politique.

Je souhaite ajouter ma voix à celles de beaucoup de personnes de conscience, autour du monde, pour presser le Président Correa d’accorder l’asile politique à Julian Assange. Les Cours britanniques ont honteusement rejeté l’appel de M. Assange contre l’extradition en Suède, où il est requis pour répondre à un interrogatoire, accusé d’agression sexuelle (aucune charge criminelle n’a été retenue contre lui). M. Assange a dit qu’il était prêt à répondre à des questions relatives à des accusations pesant contre lui, mais que ce soit au Royaume-Uni.

Il a de bonnes raisons de ne pas vouloir être extradé vers la Suède, puisqu’il risque de se retrouver emprisonné et en isolement, et ensuite extradé vers une prison états-unienne. Les médias états-uniens ont rapporté que le Ministère de la Justice des États-Unis et le Pentagone conduisaient une enquête criminelle pour déterminer si « le fondateur de WikiLeaks Julian Assange a violé des lois criminelles lors de la diffusion par le groupe de documents du gouvernement, incluant de possibles charges tombant sous l’ « Espionage Act ».

Le seul crime de M. Assange est d’avoir assez aimé les gens pour respecter leur droit à la vérité, d’avoir eu le courage et la bravoure de l’imprimer et ce faisant d’avoir embarrassé des gouvernements puissants.

La diffusion par WikiLeaks de milliers de câbles diplomatiques du Département d’État US, et de la séquence vidéo depuis un hélicoptère Apache d’un incident de 2007 où les militaires US semblent avoir délibérément tué des civils, dont deux employés de l’agence Reuters, ont révélé les crimes des USA contre l’Humanité.

Pour cette « vérité de parole », il a hérité de la colère du gouvernement US, et a été ciblé de la manière la plus vindicative (tout comme le soldat Bradley Manning). (Je soutiens le droit de WikiLeaks à publier des fuites d’informations, car c’est dans l’intérêt du public et de leur droit de savoir. WikiLeaks n’étaient pas les auteurs des fuites ni les lanceurs d’alerte, mais un média en ligne).

Beaucoup pensent qu’il y en a à de hauts postes, qui ne veulent pas seulement punir Assange pour les avoir exposés, mais comme avertissement à d’autres qui restent silencieux, et qui n’auront de cesse jusqu’à ce qu’Assange soit derrière des barreaux aux USA et il y a même des politiciens états-uniens qui ont mis la vie d’Assange sérieusement en danger en appelant à ce qu’il soit assassiné.

C’est ironique que les Droits Fondamentaux d’Assange aient été bafoués, alors qu’en tant que journaliste, il a travaillé pour les droits des peuples à la liberté de parole, et pour une presse libre. Les gouvernements australien, suédois et britannique ont la responsabilité de voir à ce que cet « homme de courage » soit traité correctement et avec équité, et qu’il lui soit permis de livrer son histoire au Royaume-Uni quand il peut prouver si les accusations incohérentes et contradictoires portées contre lui sont vraies ou fausses.

Nous, en tant que citoyens du monde, avons besoin de soutenir Julian Assange qui a essayé de protéger les innocents en exposant les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, et ce sont eux qui doivent, un jour, répondre de leurs crimes. Il faut également garder à l’esprit que si Assange finit dans une prison états-unienne pendant longtemps, en danger grave pour sa vie, et peut-être même risquant la peine de mort, nous devons tous poser la question « À qui le tour? » et « Où vont la Liberté, les Droits de l’Homme et la Justice? »

Mairead Maguire (www.peacepeople.com) 17.7.2012
* Mairead Maguire a obtenu le Prix Nobel de la Paix en 1976

À propos des Peace People, Belfast, Irlande du Nord

The Peace People est une organisation dévouée à la résolution non-violente des conflits.

Source: http://www.newsmaker.com.au/news/18293

Traduit depuis le web par willsummer

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