Des ONG appellent à une enquête sur les exportations d’armes espagnoles en Arabie Saoudite

Quatre organisations non gouvernementales ont appelé le ministère de l’économie en Espagne à enquêter sur la destination finale des exportations d’armes espagnoles en Arabie Saoudite.

L’appel à une enquête intervient quelques mois après qu’un enregistrement vidéo avec des combattants rebelles Houthi ayant des armes fabriquées en Espagne ait fait surface.

Les ONG Amnesty International, FundiPau, Greenpeace et Oxfam Intermon appellent à une enquête après qu’Armament Research Services (ARES), une organisation de données sur les armes et les munitions située en Australie, ait rapporté en août que deux armes espagnoles étaient dans les mains des rebelles Houthi au Yémen.

Le rapport d’ARES [format pdf] a identifié les armes comme étant des séries de lanceurs de roquettes C90-CR et des séries de grenades à main Alhambra, tous deux fabriqués en Espagne. Le rapport a également noté que les rebelles sont plus susceptibles d’avoir capturé les armes depuis les forces saoudiennes ou de leurs alliés pendant l’offensive de Mossoul.

Lire la suite: http://www.geopolmonitor.com/ngos-call-investigation-spanish-made-arms-export-saudi-arabia/

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Les gains de la guerre: les armes bulgares alimentent les conflits du Moyen-Orient

L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et les États-Unis ont acheté des millions de dollars d’armement bulgare, en grande partie probablement destinés à la guerre en Syrie, révèle une enquête de BIRN.

Balkan Insight, Mariya Petkova Sofia, 21 décembre 2015

avion_arabie_saouditeUn Boeing Cargo 747 de l’Arabie Saoudite à l’aéroport de Sofia, le 4 Novembre 2014.

En Octobre de l’année dernière, des guetteurs d’avions ont remarqué avec une certaine excitation que les avions porteurs Boeing 747 marqués comme Cargo de l’Arabie Saoudite avaient commencé un atterrissage à Sofia, l’aéroport de la capitale bulgare.

« Un avion cargo saoudien n’était jamais venu ici… depuis les 20 dernières années», a expliqué Stephan Gagov, un vétéran bulgare observateur d’avions.

Les vols sont devenus si fréquents que Gagov a ouvert un fil de discussion à leur sujet sur un forum en ligne d’observation d’avions, en utilisant l’expression « ligne régulière » dans le titre. Les guetteurs [d’avions] ont rapporté avoir vu des avions atterrir à deux reprises fin Octobre, une fois en Novembre, quatre fois en Décembre et une fois en Mars et en Mai de cette année.

L’avion géant est arrivé de Djeddah, a chargé la cargaison et s’est ensuite envolé pour la ville saoudienne de Tabouk, à environ 100 km de la frontière avec la Jordanie, ont noté les observateurs qui utilisent des outils de vol suivi en ligne.

Gagov a estimé que les avions ont pris entre 60 et 80 tonnes de fret dans des caisses, à chaque fois. Il ne pouvait pas voir ce qui était à l’intérieur des caisses, mais il a pu dire qu’elles étaient lourdes.

Après que les vols saoudien se sont arrêtés, des avions-cargos venant d’Abu Dhabi ont commencé à arriver. Des avions Airbus A330F et des Boeing 777F portant les couleurs d’Etihad Cargo ont atterri à Sofia à cinq reprises entre fin Juin et la mi-Août de cette année. Plus récemment encore, le 19 Octobre [2015], un Airbus 330F d’Etihad Cargo s’est envolé depuis Abu Dhabi vers la ville bulgare de Burgas, puis vers la base aérienne d’Al Dhafra, une installation militaire juste au sud de la capitale émiratie.

L’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et les autorités bulgares n’ont pas révélé le contenu de ces expéditions. Mais le Balkan Investigative Reporting Network, BIRN, peut révéler que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont acheté de grandes quantités d’armes et de munitions en provenance de Bulgarie ces deux dernières années, presque certainement pour une utilisation par les forces locales qu’ils soutiennent dans la guerre en Syrie, et éventuellement aussi dans le conflit au Yémen.

Lire l’intégralité de l’article: http://www.balkaninsight.com/en/article/war-gains-bulgarian-arms-add-fuel-to-middle-east-conflicts-12-16-2015

Les entreprises de la défense militaire parlent des «avantages» de l’escalade des conflits au Moyen-Orient

The Intercept, Lee Fang, Zaid Jilani, le 4/12/15

industrie_defenseLes principales entreprises de la défense, Raytheon, Oshkosh, et Lockheed Martin ont assuré les investisseurs lors d’une conférence de Credit Suisse à West Palm Beach cette semaine qu’ils vont gagner dans l’escalade des conflits au Moyen-Orient.

Le Vice-président exécutif de Lockheed Martin, Bruce Tanner, a dit lors de la conférence que son entreprise va voir ses «avantages indirects» de la guerre en Syrie, citant la récente décision de l’armée turque d’abattre un avion de guerre russe.

L’incident, a déclaré Tanner, augmente le risque d’opérations militaires américaines dans la région, en fournissant «un ascenseur immatériel en raison de la dynamique de cet environnement et de nos produits dans le théâtre. » Il a également souligné que l’intervention russe mettrait en évidence le besoin de F-22 et de nouveaux chasseurs F-35 faits par Lockheed Martin.

Et pour les produits « consommables », comme des roquettes, Tanner a ajouté qu’il y a une demande accrue, y compris de la part des Émirats arabes unis et de l’Arabie saoudite en raison de la guerre au Yémen.

Ecouter les remarques de Tanner à la 3ème conférence annuelle des industriels ci-dessous:
https://soundcloud.com/firstlookmedia/lockheed-martin-3rd-annual-industrial-conference-dec-2-2015

Lire la suite: https://theintercept.com/2015/12/04/defense-contractors-cite-benefits-of-escalating-conflicts-in-the-middle-east/

Stop Arming Israel – une campagne internationale pour l’embargo sur les armes en Israël – BDS Movement

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AGIS MAINTENANT – ajoute ton nom à l’appel pour un embargo militaire en utilisant le formulaire à droite.

Israël a de nouveau déclenché toute la force de son armée contre la population palestinienne captive, en particulier dans la bande de Gaza assiégée, dans un acte inhumain et illégal d’agression militaire.

La capacité d’Israël à lancer de telles attaques dévastatrices en toute impunité découle en grande partie de la vaste coopération militaire internationale et du commerce des armes qu’elle entretient avec la complicité des gouvernements à travers le monde.

Les lauréats du prix Nobel l’archevêque Desmond Tutu, Adolfo Esquivel Peres, Jody Williams, Mairead Maguire, Rigoberta Menchú et Betty Williams ont publié une lettre ouverte appelant l’ONU et les gouvernements du monde entier à imposer un embargo militaire sur Israël.

Les autres signataires sont Noam Chomsky, Roger Waters de Pink Floyd, la dramaturge Caryl Churchill, le rappeur américain Boots Riley, João Antonio Felicio, le président de la Confédération syndicale internationale, et Zwelinzima Vavi, le secrétaire général de la Confédération des syndicats sud-africains.

Par l’importation et l’exportation des armes à Israël et en facilitant le développement de la technologie militaire israélienne, les gouvernements envoient effectivement un message clair d’approbation de l’agression militaire israélienne, y compris ses crimes de guerre et de possibles crimes contre l’humanité.

AGIS MAINTENANT – ajoute ton nom à l’appel pour un embargo militaire en utilisant le formulaire à droite.

L’appel sera présenté au nouveau Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, quand ils prennent leurs fonctions en septembre 2014.
Lis notre fiche d’information sur l’embargo militaire
#StopArmingIsrael

Photo: Un enfant se tient au milieu des décombres de la maison de la famille Al Dalu, ville de Gaza, le 3 décembre 2012. Dix membres de la famille Al Dalu ont été tués, ainsi que deux voisins, par une frappe aérienne sur les trois étages de leur maison. le 18 novembre 2012.

Source: http://www.bdsmovement.net/stoparmingisrael

Les câbles Wikileaks confirment que les Etats-Unis et le Pakistan ont coordonné des attaques militaires contre les insurgés pakistanais

Les câbles Wikileaks confirment que le gouvernement du Pakistan a mené, en accord avec les Etats-Unis, une politique de répression contre des groupes présumés terroristes, en acceptant un financement américain de matériel militaire, et en autorisant notamment les survols et les tirs de drones américains sur le territoire pakistanais. La question est de savoir: comment un gouvernement qui se dit « indépendant » et se considère comme une « république » (le Pakistan) peut-il autoriser une force étrangère (les Etats-Unis) à bombarder son propre pays et à tuer des civils sur son propre territoire? C’est pourtant la triste réalité du 21ème siècle: quand un gouvernement tue et fait assassiner sa propre population, car les raids de l’armée visent aussi bien les terroristes que les civils, sans pour autant trouver de solution politique.

En témoignent les paroles du 1er ministre pakistanais, Youssuf Raza Gilani, dans un câble Wikileaks du 23 août 2008 (réf. 08ISLAMABAD2802):

« Beaucoup diront que nous avons passé un accord avec les Etats-Unis, mais je continue de comprendre que nous devons le faire. » (9.C)

« Je ne m’inquiète pas qu’ils le fassent, pour autant qu’ils attrapent les bonnes personnes. Nous protesterons à l’Assemblée Nationale, puis nous l’ignorerons. » (11.C)

Dans un autre câble daté du 9 octobre 2009 (réf. 09ISLAMABAD2449), on peut encore lire:

« L’Armée Pakistanaise vient juste pour la deuxième fois d’approuver le déploiement d’éléments des opérations spéciales des Etats-Unis pour soutenir les opérations militaires pakistanaises. »

Quelques jours avant cette décision d’approuver la présence d’éléments américains pour mener conjointement des opérations militaires, le Pakistan a demandé et reçu une aide de 300,000 $ des Etats-Unis, pour du matériel militaire destiné à la reconnaissance de nuit des cibles potentielles (réf. 09ISLAMABAD2380):

« Le Groupe des Services Spéciaux de l’Armée Pakistanaise (SSG) a demandé 25 appareils d’imagerie thermique (Renegade 320) pour ses unités à un coût de 300,000 dollars. » (2)

Justification pour la vente:

(SBU) Les opérations de contre-insurrection requièrent la capacité à conduire toute la gamme de la collecte de renseignements et des activités de combat 24 heures par jour, afin d’empêcher les militants ennemis de couvrir l’obscurité. » (3)

Considération sur les droits de l’homme:

(U) « Il n’y a pas de considérations relatives aux droits de l’homme qui exclueraient la livraison de NVD [Dispositifs de Vision de Nuit] à l’armée pakistanaise. » (8)

Dernièrement, en novembre 2013, deux chefs talibans ont été ciblés dans des attaques meurtrières, qui ne sont elles-mêmes que la continuation de cet accord passé entre les Etats-Unis et le Pakistan dans la lutte anti-terroriste.

Hakimullah MehsudLe 1er novembre 2013, les drones américains ont tué le chef des Talibans pakistanais, Hakimullah Mehsud, recherché notamment depuis l’attentat qui avait tué 7 militaires américains dans la province de Khost. La violence et les drones, c’est malheureusement la seule manière dont les Etats-Unis pensent résoudre le problème du terrorisme au Moyen-Orient. Or, on sait très bien que cela ne résout rien. Au contraire, à chaque assassinat, les Talibans choisissent un nouveau chef: « Hakimullah Mehsud enterré, les talibans choisissent un successeur », comme le titre le journal Le Monde. De plus, les combattants tués par les drones américains sont tous considérés comme des martyrs par la population et cela ne fait qu’accroître le sentiment anti-américain: « Hakimullah a été martyrisé« , témoigne un commandant taliban dans India Times, et comme on peut lire aussi dans l’article de Marie-France Calle, « Hakimullah Mehsud, ‘héros’ et ‘martyr’ au Pakistan« . Donc, le problème du terrorisme n’est en rien résolu. Les Etats-Unis jettent seulement de l’huile sur le feu en assassinant les talibans, car cela ne fait qu’augmenter leur motivation ainsi que la colère de la population contre leur gouvernement et contre l’armée américaine qui sont tous deux responsables de ces crimes.

Nasiruddin HaqqaniLe deuxième assassinat qui a visé un chef taliban est celui qui a eu lieu dimanche 10 novembre 2013 contre Nasiruddin Haqqani, fils de Jalaluddin Haqqani, le fondateur du réseau Haqqani, un réseau d’insurgés qui opéraient contre les forces de l’OTAN et des Etats-Unis sur la frontière afghano-pakistanaise. « Au moins quatre hommes armés ont ouvert le feu sur lui » a déclaré un représentant des Talibans à Miranshah. Les deux raisons invoquées de cet assassinat sont d’une part la responsabilité de Nasiruddin Haqqani dans le financement de cette organisation, et d’autre part, le fait qu’il était un soutien au chef taliban Hakimullah Mehsud, considéré par les Etats-Unis comme l’un des terroristes les plus recherchés. Même si la mort de Nasiruddin Haqqani n’a pas été revendiquée dans le cadre de la lutte anti-terroriste, on peut néanmoins considérer que cette mort est la résultante des accords communs passés entre les Etats-Unis et le Pakistan, comme ce fut le cas pour Hakimullah Mehsud: « Un cadavre fantôme, une police absente et des espions affairés: les suites de la mort au Pakistan de Nasiruddin Haqqani, figure des Talibans afghans, renforcent les forts soupçons de complicité d’Islamabad avec des groupes accusés de terrorisme« .

Sources de l’article:

http://www.wikileaks.org/plusd/cables/08ISLAMABAD2802_a.html

http://www.wikileaks.org/plusd/cables/09ISLAMABAD2449_a.html

http://www.wikileaks.org/plusd/cables/09ISLAMABAD2380_a.html

http://www.liberation.fr/monde/2013/11/11/pakistan-l-argentier-d-un-reseau-taliban-assassine_946139

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/11/11/pakistan-le-financier-du-reseau-haqqani-tue_3511815_3216.html

http://www.indiatimes.com/news/asia/us-drones-kill-pakistan-taliban-chief-hakimullah-mehsud-109826.html

http://blog.lefigaro.fr/inde/2013/11/hakimullah-heros-et-martyr-au.html

http://mediarabe.info/spip.php?breve20697

La crise et l’austérité, une opportunité pour mettre fin à l’armement?

La troïka a décidé une chose étrange en Grèce: mettre fin à l’industrie de l’armement dans ce pays pour des raisons économiques. Mais ce qui apparaît comme une décision de sauver le capitalisme, peut aussi être une chance pour tous les pacifistes qui sont contre la guerre et l’armement, pour tous ceux qui espérent un monde plus juste et libéré des conflits.

Ainsi, grâce à cette crise européenne et mondiale qui a bouleversé la vie de millions de citoyens, et qui a appauvri des milliers de personnes, peut-être que les Etats ont compris qu’il faut renoncer à l’armement et à toutes sortes de projets de défense militaire.

Si tous les Etats européens faisaient comme la Grèce, ce serait une bonne chose pour la paix en Europe et dans le monde. Si la France, au lieu de développer son budget, renonçait aux drones, par exemple, et aux logiciels de surveillance, peut-être que l’argent économisé sur l’industrie de la défense et de l’armement servirait à financer des projets humains dans notre société?

Tellement d’argent part dans le budget de l’armement, tant de bombes inutiles explosent dans le monde, ne laissant derrière que des morts, de la poussière, le vide et la désolation des populations. Pourquoi les Etats consacrent tant d’argent à des choses qui sont contraires à la vie, et contraires au respect et au maintien des Droits de l’homme dans le monde?

Peut-être que cette décision de la troïka est une décision de sagesse, et qu’elle annonce une nouvelle prise de conscience de nos gouvernements face à l’inutilité des armes et des guerres dans le monde?

Comme on peut même le voir dans les derniers documents publiés par Wikileaks, les marchands d’armes vont dans les pays les plus pauvres et les plus menacés politiquement. L’armement déstabilise de nombreux pays, et ceci a des conséquences directes sur les populations touchées par les conflits, comme c’est le cas en Syrie, où le régime se défend de façon meurtrière contre des rebelles financés et armés par l’Arabie Saoudite. Quels sont les hommes politiques qui osent dénoncer en France le rôle de l’Arabie Saoudite dans ce conflit? Encore une fois, cela prouve que l’armement est au service des Etats, mais ce n’est pas un outil de libération pour la population qui en est victime. L’armement ruine des pays et la vie des civils.

Alors, il faut espérer que la crise économique en Europe et dans le monde abolira la nécessité et la volonté des Etats à posséder de plus en plus d’armes et de matériel militaire.

Cette course à l’armement s’est toujours faite contre l’intérêt des populations, notamment depuis les attentats du 11 septembre, et la crise actuelle résulte aussi de ce manque de discernement face aux vraies priorités des gouvernements. La course à l’armement, la guerre contre le terrorisme, le développement des logiciels de surveillance et le fichage systématique des citoyens, ont appauvri les Etats, plus qu’ils n’ont apporté un quelconque progrès à l’humanité. Tout cela a pesé sur les budgets et l’économie de nos démocraties, qui ont souvent choisi la surveillance totalitaire plutôt que la défense des libertés civiles.

Il faut espérer que d’autres pays suivront le modèle de la Grèce, en renonçant aux industries de l’armement et aux budgets de la défense. Ceci ouvrira peut-être la voie à des projets de paix qui permettront la stabilité politique dans le monde, ainsi que le progrès des libertés et des droits humains pour chacun d’entre nous.

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6 septembre 2013

CC BY-SA

WikiLeaks a traqué les vendeurs d’armes de surveillance

Wikileaks:SpyFiles3Voir la carte interactive sur Rue89

Rue89, publié le 4/09/2013

Jean-Marc Manach, journaliste

Selon les révélations de l’unité de contre-espionnage de WikiLeaks, auxquelles Rue89 a eu accès avec 18 médias étrangers, les marchands de surveillance numérique privilégient les pays peu regardants sur les droits de l’homme.

Les marchands d’armes n’aiment guère la publicité. Problème: les télécommunications, ça laisse des traces, opportunément exploitées par la NSA (entre autres), comme Edward Snowden l’a amplement démontré.

WikiLeaks a décidé de rendre publique la liste des pays visités par les principaux marchands d’armes de surveillance numérique, dont trois « sociétés ennemies d’Internet » – pointées du doigt par Reporters sans frontières pour avoir vendu des logiciels espions à des pays eux aussi considérés par RSF comme des « ennemis d’Internet ».

En 2011, WikiLeaks avait rendu publics, avec ses « SpyFiles », des centaines de documents internes révélant l’ampleur du business des logiciels et systèmes d’espionnage et de surveillance des télécommunications.

Dans une nouvelle série de révélations, intitulée « SpyFiles 3 », à laquelle Rue89 a eu accès en partenariat avec dix-huit autres médias étrangers, WikiLeaks révèle que la WLCIU (pour WikiLeaks Counter Intelligence Unit), son « unité de contre-espionnage » (sic), a recensé les pays d’où se sont connectés les téléphones portables de dix-neuf employés ou responsables de onze marchands d’armes de surveillance numérique.

Surveillés depuis des mois par WikiLeaks

Du 4 au 6 juin derniers, le gotha de la surveillance des télécommunications se réunissait au Clarion Congress Hotel de Prague, à l’invitation d’ISS World. L’entrée de ce salon itinérant, interdit aux journalistes mais organisé sur les cinq continents, facturée entre 995 et 2 295 dollars (entre 755 et 1 742 euros), est réservée aux représentants de services de renseignement, forces de l’ordre et gouvernements.

issworldISS World, le supermarché des marchands d’armes de surveillance numérique

Les participants viennent y découvrir les dernières nouveautés en matière de surveillance et d’interception des télécommunications, assister à des démonstrations « live » de logiciels espions, et à des dizaines de conférences où les marchands d’armes expliquent comment leurs systèmes et logiciels peuvent aider les autorités à surveiller et combattre « les activités criminelles conduites sur les réseaux de télécommunication, l’Internet et les réseaux sociaux ».

Du 7 au 9 juillet, plusieurs de ces marchands d’armes se retrouvaient à Lyon, au forum Technology Against Crime, qui se targue de vouloir devenir le « Davos de la sécurité » puis, du 22 au 25, au Brésil, pour l’édition sud-américaine du salon ISS.

Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que plusieurs d’entre eux étaient surveillés, depuis des mois et pour certains des années, par l’unité de contre-espionnage de WikiLeaks.

Et force est de constater que, lorsqu’ils sont en voyage d’affaires, ces mercenaires du numérique ont une furieuse tendance à privilégier les pays peu regardants en matière de droits de l’homme. (Dans la carte ci-dessus, cliquez sur les pays en rouge pour connaître leur rang au classement RSF de la liberté de la presse, et découvrir quels marchands d’armes les ont visités.)

Droits de l’homme et bord de mer

L’allemand Trovicor, ex-Nokia Siemens Networks, est l’un des plus gros fournisseurs de solutions légales d’interception dans le monde. Plus de 100 pays utiliseraient ses technologies, et c’est le principal sponsor du salon ISS. Son code de bonne conduite précise, au chapitre « business ethics » que l’objectif de l’entreprise est de faire partie des industries leaders en matière de responsabilité sociale et de respect des droits de l’homme.

Elle n’en a pas moins fourni des systèmes d’interception à l’Iran, au Bahreïn et en Syrie, ce qui en a fait l’un des principaux « ennemis d’Internet » pour RSF. Sur ses 170 employés, un seul était surveillé par la WLCIU, qui avance que, depuis janvier, il a été deux fois aux Emirats arabes unis (où Trovicor a une filiale), ainsi qu’en Bulgarie, Serbie, et en Thaïlande, l’un des quatorze pays placés « sous surveillance » par RSF en 2012, en raison de ses velléités de contrôle, de filtrage et de censure d’Internet.

Contactée, la responsable communication de Trovicor à répondu à Rue89 que la liste de ces pays lui fait penser à l’itinéraire de quelqu’un qui apprécierait particulièrement les pays en bord de mer, et que son employeur s’interdit par ailleurs de vendre ses solutions à tout pays en guerre civile…

Mr Q. au Turkménistan

Elaman, elle aussi allemande, se présente comme spécialiste des « solutions de sécurité gouvernementale ». Son catalogue, que WikiLeaks avait rendu public à l’occasion des Spy Files, est un inventaire de tout ce dont aurait rêvé le Mr Q. de James Bond.

Sur la page d’accueil de son site web, Elaman avance que « la confidentialité est essentielle dans le business de la sécurité ». Elle aurait donc probablement préféré que l’on ne sache pas que, du 21 au 24 janvier dernier, puis les 12 et 13 juin, son responsable commercial, Holger Rumscheidt, était au Turkménistan, 177e (sur 179) au classement RSF de la liberté de la presse, un des douze pays considérés par l’ONG, en 2012, comme faisant partie des « ennemis d’Internet ».

Décrit par RSF comme « l’un des plus fermés au monde », le Turkménistan est aussi l’« un des pays les plus hostiles à la liberté d’expression ». Facebook, Twitter, YouTube et Gmail y sont bloqués et « les possesseurs d’antennes paraboliques ou de téléphones portables sont considérés comme des ennemis en puissance ».

La liste des pays d’où Rumscheidt s’est connecté au réseau téléphonique indique qu’il a aussi visité l’Azerbaïdjan (156e du classement RSF) en février 2012, la Jordanie (134e) en avril dernier, et multiplié les déplacements au Liban (101e), au sultanat d’Oman (141e) et aux Emirats arabes unis (114e), par ailleurs placés « sous surveillance » par RSF en 2012, suite aux « arrestations arbitraires » de plusieurs blogueurs qui avaient osé demander aux autorités de procéder à des réformes, ce qui leur avait valu des condamnations de deux à trois années de prison.

Les logiciels espions des Printemps arabes

Le groupe britannique Gamma, une des cinq sociétés classées « ennemies d’Internet » par RSF, n’est pas en reste : entre les 2 et 10 mars 2013, pas moins de quatre de ses principaux responsables se rendaient ainsi aux Emirats arabes unis, en compagnie d’Holger Rumscheidt (Gamma a noué une alliance de sécurité avec Elaman). Au total, huit des onze entreprises surveillées par la WLCIU ont visité les Emirats l’an passé.

La liste de WikiLeaks révèle que les employés de Gamma placés sous surveillance auraient par ailleurs visité le sultanat d’Oman, le Liban, l’Ouganda (104e au classement RSF), le Qatar (110e), le Nigéria (115e), Brunei (122e), l’Ethiopie (137e), l’Indonésie (139e) et la Guinée Equatoriale (166e), ainsi que deux des douze pays placés « sous surveillance » par RSF à l’occasion de son rapport sur les « ennemis d’Internet »: la Malaisie (145e) et le Kazakhstan (160e).

L’employé de Gamma dont le téléphone portable était, du 9 au 12 juin dernier, localisé au Kazakhstan, est un « usual suspect »: Martin Münch, né en 1981, est le responsable de FinFisher, une suite de logiciels espions (ou « chevaux de Troie ») qui ont beaucoup fait parler d’eux depuis que, Printemps arabes aidant, on a découvert qu’ils avaient été utilisés en Egypte, pour espionner des dissidents au Bahrein, ainsi que, comme l’ont révélé des chercheurs américains au printemps dernier, dans au moins 35 pays, dont quinze des pays visités par les employés de Gamma et de ses filiales l’an passé (Brunei, Nigeria, Afrique du Sud, République tchèque, Ethiopie, Indonésie, Malaisie, Mexique, Qatar, Serbie, Singapour, Turkménistan, Royaume-Uni, Etats-Unis, Emirats arabes unis).

Finfisher Spying & Monitoring Tools
Par Guillaume Dasquié

25 200 euros le « kit d’intrusion »

WikiLeaks publie par ailleurs une dizaine de documents révélant comment FinFisher et une entreprise suisse, DreamLab, ont vendu un « proxy d’infection » afin de pouvoir infecter les ordinateurs des citoyens ou résidents d’Oman et du Turkménistan (à la demande de leur gouvernement), ainsi qu’une fiche confidentielle révélant combien sont facturés ces logiciels espion.

Comptez 25 200 euros le « kit d’intrusion », ou bien 100 000 euros la licence de FinSpy, sa solution complète d’intrusion à distance, si vous voulez espionner de une à dix cibles, mais 250 000 euros si vous voulez en surveiller plusieurs centaines, plus 9 500 euros de licence (par client). Le support technique, et les mises à jour, sont facturés 255 338 euros la première année, ou 308 960 euros pour trois ans. Les formations, elles, sont facturées 22 500 euros, les cinq jours. Un juteux business qui a d’ailleurs conduit Gamma à ouvrir un compte « offshore » aux Iles vierges britanniques…

Interviewé par un journaliste de Bloomberg, Martin Münch déplorait l’an passé la publicité faite par les nombreux articles expliquant comment les logiciels espions de FinFisher étaient utilisés pour espionner des défenseurs des droits de l’homme et cyberdissidents, et expliquait avoir abandonné toute forme de vie sociale : « Si je rencontre une fille et qu’elle tape mon nom dans Google, je suis sûr qu’elle ne me rappelera jamais »…

Le blog du « voyageur au Moyen-Orient »

D’autres employés n’ont pas ces pudeurs de jeunes filles : Nelson Brydon, qui se présente sur son compte Twitter (@Brydon_N, désormais indisponible) comme « voyageur au Moyen-Orient » a ouvert un blog (désormais indisponible aussi) où il narre ses nombreux voyages en avion entre le Qatar et Dubaï, l’Ouganda, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Munich – siège social d’Elaman, révélant incidemment la liste des pays où sont donc probablement installés des logiciels ou systèmes espions de Gamma, son employeur.

Sur ce blog, Nelson Brydon ne parle pas de son métier mais, une fois par an, il rédige un (très) long billet où il explique ce que cela fait de prendre l’avion, et compare les compagnies aériennes, les stewards, hôtels…

Le dernier billet se conclut par un « rendez-vous en 2013 ». Sans trahir de secret professionnel, la liste de WikiLeaks indique que, rien qu’entre février et août, il a déjà été cette année sept fois au Qatar, ainsi qu’aux Emirats arabes unis, à Oman, en Malaisie, qu’il était à Chypre du 8 au 29 juillet (en vacances ?), et qu’il était de nouveau au Qatar du 18 au 22 août derniers.

Les petits secrets d’Hacking Team

L’unité de contre-espionnage de WikiLeaks s’est également intéressée au principal concurrent de FinFisher, Hacking Team, une entreprise italienne elle aussi placée dans la liste des « ennemis d’Internet » de RSF. Elle s’était en effet fait connaître après que des journalistes marocains, et un blogueur des Emirats arabes unis, ont reçu des e-mails infectés par « Da Vinci », son logiciel espion.

En avril dernier, une étude de Kaspersky Lab avait révélé que le cheval de Troie d’Hacking Team était particulièrement utilisé au Mexique, en Italie, au Vietnam, aux Emirats arabes unis, en Irak, au Liban et au Maroc. La WLCIU révèle aujourd’hui que les deux employés de Hacking Team qu’elle a surveillé ont multiplié les courts séjours (de deux jours) au Maroc en 2011, 2012 et 2013, ainsi qu’aux Emirats arabes unis, à Singapour, en Serbie, en Espagne, Egypte, Arabie saoudite, au Qatar, Liban, en Malaisie et à Oman.

Eric Rabe, conseiller juridique de Hacking Team, a refusé de commenter la liste des pays visités, mais a tenu à préciser que son employeur avait constitué un panel d’experts indépendants habilité à opposer un veto à tout contrat, qu’il vérifie systématiquement si leurs nouveaux clients pourraient se servir de leurs logiciels espions pour commettre des violations des droits de l’homme, et qu’Hacking Team se réserve le droit de refuser ou suspendre tout contrat en pareil cas, ce qui serait déjà arrivé.

Interrogé sur les soupçons d’utilisation de leur cheval de troie pour espionner des opposants marocains et émiratis, Eric Rabe refuse de rendre publiques les conclusions de leur contre-enquête, ni d’éventuelles mesures prises depuis. Il refuse également de révéler l’identité des experts indépendants, non plus que de leur permettre de répondre aux questions des journalistes, afin d’éviter qu’ils ne fassent l’objet de « pressions pouvant influencer leurs décisions »…

Julian Assange : « Surveiller les surveillants »

Et c’est précisément, explique le fondateur Julian Assange, pour « mettre en lumière cette industrie secrète de la surveillance, qui travaille main dans la main avec les gouvernements de par le monde pour autoriser l’espionnage illégitime de citoyens » que WikiLeaks a lancé ces « SpyFiles 3 », qui permet de doubler le nombre de documents, brochures, plaquettes et autres portfolios émanant des marchands d’armes de surveillance numérique contenus dans la base de données de l’ONG.

Interrogé sur ce qui lui avait permis de mener l’opération de « location tracking » (sic), Julian Assange oppose un « no comment » ferme et définitif. Tout juste consent-il à expliquer que « le rôle de la WLCIU est de protéger les actifs, personnels et sources de WikiLeaks de toute opération d’espionnage hostile, et de révéler la nature des menaces en terme d’espionnage qui pèsent sur les journalistes et leurs sources »:

« Cela comprend des mesures de contre-espionnage incluant, par exemple, la détection de mesures de surveillance mais également le fait de recevoir des informations émanant de sources internes aux organisations susceptibles de menacer la sécurité des journalistes.

Les données collectées par la WLCIU et révélées dans ces SpyFiles 3 permettent aux journalistes et citoyens d’aller plus loin dans leurs recherches portant sur l’industrie de la surveillance, et de surveiller les surveillants. »

Les révélations de la WLCIU ont permis au magazine espagnol Publico de découvrir que la Guardia Civil et l’armée espagnole avaient passé un contrat avec Gamma. En février dernier, plusieurs ONG, dont Reporters sans frontières et Privacy International, portaient plainte contre Gamma et Trovicor, qui auraient violé onze des principes directeurs de l’OCDE, censés garantir la responsabilité sociale des multinationales, en fournissant des armes de surveillance numérique au Bahreïn.

Les nouvelles révélations de WikiLeaks, et la liste des pays, pourraient donner de nouveaux arguments à ceux qui plaident pour un contrôle à l’exportation des systèmes et outils de surveillance et d’interception des télécommunications qui, à ce jour, ne sont pas considérés comme des « armes », et peuvent donc être vendus à des pays connus pour bafouer les droits de l’homme, en toute légalité.

Source: http://www.rue89.com/2013/09/04/nouvelles-revelations-lunite-contre-espionnage-wikileaks-245374

Révolution et Libertés: « Stoppons le marché de l’armement! »

Stoppons le marché de l'armement!

Posté le 19 juillet 2013

Un peu partout dans le monde, les marchands d’armes prolifèrent là où les conflits s’enlisent et font des bilans très lourds. Les marchands d’armes ne sont pas les amis des peuples, au contraire leur richesse se compte au nombre de crânes posés dans le cimetière ou la fosse commune pour les plus démunis. Les marchands de mort dans certaines régions sont considérés comme des libérateurs, alors qu’ils sont responsables de tous les crimes contre l’Humanité avec la collaboration de ceux qui les dictent.

L’Homme tue, les armes tuent, mais dans tous les cas, il y a un décès et un deuil à faire pour une famille. De plus, il a été démontré que dans les régions où il y a le plus de tueries par armes à feu, cela entraîne la création d’une véritable richesse pour les vendeurs d’armes.

Mais à cela, il faut comprendre que les armes sont un outil encore plus grand dans la création de génocide (crime contre l’humanité tendant à la destruction totale ou partielle d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux). Or, nous savons que dans le cadre d’une extermination de masse, les armes à feu sont un moyen très efficace sur une population sans défense. Aussi dans les armes, il y est intégré les engins lourds, tels que les véhicules blindés, armés avec des gros calibres, ou encore des véhicules de guerre comme les Tanks. De plus, ces dernières années, les crimes contre l’Humanité (actes tels que le meurtre, l’extermination, le viol, la persécution et tous autres actes inhumains de caractère analogue causant intentionnellement de grandes souffrances, ou des atteintes graves à l’intégrité physique, ou à la santé physique ou mentale, sont commis « dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque ») sont en hausse. Ainsi, pour faire face à la recrudescence de ces formes d’atteinte à la vie, il est nécessaire de trouver des solutions concrètes. L’une d’entre elles permet d’orienter l’humanité vers d’autres principes que la guerre, car la guerre n’est pas la paix, elle est un drame. L’Homme a trop fait la guerre, trop enduré de souffrance.

Dans un processus de paix mondiale, il reste toujours un absent qui continue à entraver l’action pacifiste afin de soutenir les massacres et à alimenter le nombre de morts. Les marchands d’armes, qu’ils soient dans la légalité ou l’illégalité — là n’est pas le problème. Ils doivent répondre de leurs actes dans le rôle des guerres. Tant qu’ils n’auront pas été jugés, alors il n’y aura pas de justice et de paix pour les victimes et donc aucune résolution durable des conflits. Mettre un pansement sur une plaie cache la plaie, mais ne la guérit pas.

Il est nécessaire de traiter une partie de l’infection, si nous voulons être guéris des marchés de l’armement. Nous devons nous attaquer également aux outils financiers et aux banques qui investissent en masse pour faire du profit des corps qui sont enterrés. La logique de l’armement est une logique qui se base sur le « business de la mort ».

Avant tout, le débat sur l’armement est un débat citoyen. Un débat qui agit dans le progrès de l’être humain. En effet, nous ne pouvons laisser les notes devenir de la chaire à billet.

PLB

Source: http://revolutionetlibertes.wordpress.com/2013/07/19/stoppons-le-marche-de-larmement/