L’analyse de 3 économistes du FMI sur « les aspects de l’agenda néolibéral qui n’ont pas donné les résultats que l’on attendait »

Le néolibéralisme, survendu? (Finance & Development, juin 2016)

Au lieu d’apporter la croissance, certaines politiques néolibérales ont augmenté l’inégalité, mettant en péril en retour une expansion durable

Lire l’article de Jonathan D. Ostry, Prakash Loungani, et Davide Furceri paru dans la revue Finance & Development http://images.transcontinentalmedia.com/LAF/lacom/ostry.pdf

Lire « Le néolibéralisme est mort, selon le FMI! » http://www.lesaffaires.com/blogues/l-economie-en-version-corsee/le-neoliberalisme-est-mort-selon-le-fmi-/587919

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Sur Joseph E. Stiglitz (2003), La Mondialisation et ses mécontents, New York: W.W. Norton & Company.

Zero Anthropology, 25/04/2016

« Aujourd’hui, la mondialisation est contestée dans le monde entier….pour des millions de personnes, la mondialisation n’a pas fonctionné. Beaucoup ont été effectivement plus durement touchés, alors qu’ils ont vu leurs emplois détruits et leur vie devenue plus précaire. Ils se sont sentis de plus en plus impuissants contre les forces indépendantes de leur volonté. Ils ont vu leurs démocraties affaiblies, leurs cultures érodées ». (Stiglitz, 2003, p. 248)

Il y a au moins deux raisons principales pour lesquelles les approches réformistes passées face aux mesures d’austérité imposées par le FMI, la déréglementation des marchés, la libéralisation du commerce et la privatisation — certains des principes fondamentaux de la mondialisation néolibérale — ont largement tourné court. La première est que les institutions telles que le FMI sont parfaitement antidémocratiques, non représentatives et responsables, tout comme elles sont hystériquement idéologiques, insensibles et donc résistantes au changement. Une autre [raison] est que certaines des réformes proposées sont presque pires que ce qui doit être réformé – ou elles peuvent le sembler avec le temps qui passe. Un exemple serait la proposition selon laquelle le « libre-échange » a été injuste pour les pays en développement (parce qu’il n’est pas libre, quand des pays développés maintiennent des subventions, des tarifs et d’autres protections nationales), alors la meilleure façon d’avoir un commerce équitable c’est de le rendre gratuit absolument partout. Ce qui ressemble maintenant à une généralisation de la misère, — mais cela est « juste » si elle est uniformément répartie. Alors que des pertes d’emplois massives ont balayé le « monde développé » dans une marée montante de désindustrialisation avec l’avènement d’une batterie d’accords de libre-échange, il y en a quelques-uns au bout qui appeleraient cela une étape positive.

Relire La Mondialisation et ses mécontents de Joseph E. Stiglitz dans le contexte actuel (plus d’une décennie depuis qu’il a été publié) pourrait provoquer la prise de conscience que, quelque puisse avoir été la chance de réformer la mondialisation néolibérale, ce temps a passé. Ce que Stiglitz appelle la mondialisation (ce que d’autres appellent le néolibéralisme) était quelque chose qu’il voyait comme une valeur digne d’être sauvée, même en reconnaissant combien largement injuste, inégale, et idéologiquement entraînée, elle ait été. En ce qui concerne les questions de commerce, d’austérité et de privatisation, Stiglitz fait une critique cinglante dans ses remarques sur le FMI, la Banque mondiale et l’OMC. Parlant à titre d’initié, — comme quelqu’un qui a siégé au Conseil des conseillers économiques du président Bill Clinton, puis économiste en chef et vice-président de la Banque mondiale, — Stiglitz a amassé une connaissance considérable du fonctionnement de ces institutions, mais a néanmoins maintenu un certain niveau de croyance dans les avantages de la mondialisation et a maintenu l’espoir pour la réforme. Sur ces deux fronts, l’optimisme prudent était injustifié.

Lire l’intégralité de l’article: https://zeroanthropology.net/2016/04/25/globalization-beyond-discontent/

Alternatives et solutions humaines face à la crise grecque: « Ne vivons plus comme des esclaves », de Yannis Youlountas (2013)

« Ne vivons plus comme des esclaves »

Appel à souscription pour le prochain film de Yannis Youlountas: http://jeluttedoncjesuis.net/

Prisons françaises et droits de l’homme: des conditions de vie difficiles pour les prisonniers

Prison de Fleury-MérogisSource: capture d’écran de la vidéo de la prison de Fleury-Mérogis

Tout ne va pas toujours pour le mieux au pays des Droits de l’homme, comme en témoignent des vidéos récentes postées sur Internet. Violences dans les prisons, insécurité, échec de l’intégration et de la réinsertion des prisonniers, manque de budget pour rénover les bâtiments, perte d’espoir chez les détenus et démoralisation du personnel pénitentiaire – certaines images ne sont pas dignes d’un pays qui revendique les droits de l’homme comme une de ses valeurs fondamentales.

Les prisons françaises ne sont pas des lieux pour vivre

Prison de Fleury-Mérogis 2Une vidéo publiée par France 24, en 2008, témoigne de l’état insalubre de certaines prisons (images fournies par Karim Bellazaar et Omar Dawson). Des douches et des bâtiments dans un état totalement délabré. Toutes les prisons ne ressemblent pas à celle-ci, mais il y a partout des problèmes d’argent. On imagine bien que, face à la crise économique actuelle et aux mesures d’austérité votées par le gouvernement, la situation ne s’est certainement pas améliorée dans les prisons françaises. Les surveillants eux-mêmes témoignent de la situation: « On est dans une logique de réduction des fonctionnaires, on a des matériels obsolètes, des budgets qui fondent comme peau de chagrin, et c’est la seule réponse qu’apporte l’administration. On est dans une crise globale », témoigne David Daems, responsable communication SNP-FO, sur la chaîne TF1.

HARLEM SHAKE GANGSTER D TER, une vidéo pour faire réagir la population française?

Face à ces conditions de vie difficiles, que peuvent faire d’autre les prisonniers que de poster des vidéos pour partager leur sort et pour tromper l’ennui de leur vie carcérale? A la prison de Montmédy, des prisonniers ont réalisé une vidéo inspirée du « Harlem Shake », mise en ligne sur youtube le 21 novembre 2013.

Sur leur page Facebook, on peut lire des commentaires qui prouvent la lassitude des prisonniers et leur incompréhension face à un système pénitentiaire sévère en France, un système qui n’aide pas les prisonniers, mais les opprime avec des peines de plus en plus longues:

Effectivement depuis quelques années on accède à un certain confort en détention, mais tout ce confort n’est là que pour mieux nous abrutir face à la lourdeur des peines de prison prononcées. Dès le début des années 2000 pour un petit délit tu prenais quelques mois, aujourd’hui pour le même délit tu prends quelques années.

Les prisonniers ont-ils cherché, à travers cette vidéo, à faire réagir la population française et à nous sensibiliser à leur sort? La question est de savoir: comment améliorer les conditions de vie dans les prisons, pour que chaque être humain — peu importe le crime qu’il a commis — puisse être traité de manière humaine?

Est-ce que les prisonniers ne devraient pas tous avoir le droit à la propreté, à prendre des douches dans des conditions acceptables? Est-ce que les prisonniers ne devraient pas pouvoir bénéficier d’un accompagnement social pour pouvoir rentrer chez eux de manière digne et que leur vie ait un sens dans la société? Pourquoi l’accès à Internet et au téléphone portable leur sont interdits, quand on sait qu’ils n’ont aucun autre moyen de communiquer avec le monde extérieur? Ces vidéos, sérieuses ou humoristiques, sont chacune à leur manière un témoignage du sort parfois inhumain des prisonniers.

Pourquoi l’Etat français ferme les yeux sur ces problèmes, alors que le seul crime de ces citoyens est d’avoir peut-être simplement eu moins de chance que d’autres, d’être venus d’une famille moins riche, ou de n’avoir pas eu un accès suffisant à l’éducation, au logement ou au travail. Entre 2008 et 2013, rien n’a vraiment changé dans les prisons françaises. La France continue de donner des leçons de droits de l’homme à des pays en Afrique ou au Moyen-Orient, mais ne faudrait-il pas d’abord s’occuper de ce qui se passe chez nous?

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