Le Programme « Insider Threat »: plusieurs milliers de personnels du Pentagone sous surveillance totale

Shadowproof, par Kevin Gosztola, le 7/01/2016

pentagoneAu moins plusieurs milliers de personnels militaires, civils et de contracteurs du ministère de la Défense ont été soumis à une «évaluation continue» ou une surveillance totale de leurs activités et de leurs communications électroniques. La surveillance fait partie du programme « Insider Threat » du ministère et soulève des inquiétudes sur l’extension où les communications pour le lancement d’alerte sont interceptées.

Selon un rapport au Congrès en 2015 obtenu par Steven Aftergood de Secrecy News, des « pilotes multiples et des démonstrations de concept utilisant les capacités « push » et « pull » pour mener une évaluation continue » ont été utilisés pour surveiller le personnel ayant accès à des informations classifiées.

Lire la suite: https://shadowproof.com/2016/01/07/insider-threat-program-hundred-thousand-pentagon-personnel-under-total-surveillance/

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WikiLeaks: Le Protocole militaire du Royaume-Uni pour le personnel de la sécurité et du contre-espionnage (PDF)

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Grâce à un forum public de GoogleGroups, nous avons retrouvé les traces d’un document inédit de WikiLeaks qui nous rappelle au scandale récent d’espionnage de la NSA et de la manière dont les services de renseignement surveillent ou ont consigne d’agir dans des opérations secrètes. Le 4 octobre 2009, le site WikiLeaks publie en effet un document intitulé « Manuel de sécurité du MoD [Ministère de la Défense] du Royaume-Uni, volumes 1, 2 et 3, Issue 2, JSP 440, Accès Restreint, 2389 pages, 2001 ».

Résumé

Ce document important, auparavant inédit (classé « RESTREINT », 2389 pages), est le protocole militaire du Royaume-Uni pour toutes les opérations de sécurité et de contre-espionnage.

Le document comprend des instructions sur le traitement des fuites, des journalistes d’investigation, des parlementaires, des agents étrangers, des terroristes et des criminels, des pièges sexuels en Russie et en Chine, des valises diplomatiques, des alliés, des documents et des codes classifiés, la compromission des émissions radio et audio, les pirates informatiques -et de nombreuses autres questions connexes.

Le document, connu dans les services comme le « JSP 440 » (« Publication des Services Joints 440 »), a été référencé par l’équipe d’enquête de la RAF Digby [Royal Air Force] comme la justification de protocole pour la surveillance de Wikileaks, tel que mentionné dans « Le ministère britannique de la Défense surveille continuellement WikiLeaks: huit rapports sur les fuites classifiées au Royaume-Uni, 29 Sept. 2009 ».

Source: https://wikileaks.org/wiki/UK_MoD_Manual_of_Security_Volumes_1,_2_and_3_Issue_2,_JSP-440,_RESTRICTED,_2389_pages,_2001

Télécharger le document entier (PDF): http://wlstorage.net/file/uk-mod-jsp-440-2001.pdf

[Après la publication de notre article, le lien du document original a bizarrement disparu du site Wikileaks. Voici un nouveau lien où le PDF est accessible: http://file.wikileaks.info/leak/uk-mod-jsp-440-2001.pdf]

L’Etat français prévoit encore plus de moyens pour la surveillance et le renseignement

StormyParadePhoto CC par leg0fenris: « Stormy Parade« 

Alors que le gouvernement français faisait croire fin juin qu’il était contre la surveillance mondiale du programme Prism, le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (.pdf) qui a été mis en ligne par l’Elysée cette année prouve du moins tout le contraire: le gouvernement n’a jamais autant compté sur le renseignement et sur l’efficacité des services secrets pour défendre ses intérêts et sa sécurité nationale. Nos libertés, nos communications sur internet et nos vies privées, n’auront donc jamais été autant menacées.

Pour citer une présentation du document (Ministère de la Défense):

Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale a été rendu public par le président de la République le lundi 29 avril 2013. Ce document fixe les orientations stratégiques des quinze prochaines années et servira de socle à la future loi de programmation militaire (2014-2019).

Comme le dit cet extrait, l’orientation stratégique va au-delà de 2013 et témoigne de la politique qui sera menée dans les « quinze prochaines années ». Le document présente quatre orientations majeures, en ce qui concerne le domaine du renseignement:

 le principe de mutualisation des moyens pour le renseignement ; [*ce qui veut dire que les services de renseignement seront de plus en plus amenés à partager toutes les données qu’ils possèdent pour cibler les citoyens et les individus visés par l’espionnage]

– le renforcement de la gouvernance du renseignement ; [*ce qui signifie indirectement l’indépendance et le pouvoir accordé aux services de renseignement]

– un effort particulier en faveur du renseignement intérieur ; [*ce qui signifie plus de fichage pratiqué envers les citoyens et les personnes résidant sur le territoire français au nom des efforts de sécurité intérieure]

– un effort d’investissement majeur dans tous les domaines du renseignement. [*c’est-à-dire que les nouveaux budgets seront recentrés sur le renseignement et les services d’espionnage, que ce soit au niveau civil, militaire, national, international, etc]

Autrement dit, les orientations demontrent que la volonté de l’Etat français n’est pas de réduire la surveillance globale des citoyens, mais au contraire d’accroître toujours plus de budget et de moyens aux services de renseignement. La collecte des données personnelles et l’espionnage des citoyens français ne risquent donc pas de diminuer. Comme le souligne un article du Figaro datant du 29 avril (pt. 5), « Cyberdéfense et renseignements sont prioritaires » dans ce projet du gouvernement, avec notamment le développement de méthodes d’interception des données à partir d' »émetteurs électromagnétiques depuis l’espace ».

Ceci permet d’autant mieux de comprendre la position de l’Etat français vis-à-vis de l’asile politique d’Edward Snowden. Il ne faut pas s’attendre à ce qu’une démocratie qui vend des logiciels d’espionnage à des dictatures, comme cela a été le cas en Libye, qui pratique la surveillance de l’Internet comme le font les Américains avec Prism, et qui prévoit de développer dans les prochaines années des outils d’espionnage fonctionnant depuis l’espace, comment une telle « démocratie » aurait pu accorder l’asile politique à celui qui vient démentir tous les mensonges des gouvernements en Occident sur la surveillance de masse et l’interception des données personnelles?

La surveillance de masse devient de plus en plus importante dans nos pays, et les Etats qui maîtrisent ces technologies ne comptent pas la réduire. Ces technologies vont se développer, et cela aura des conséquences graves pour les libertés. La question est désormais de savoir: est-ce qu’en France, comme c’est déjà le cas aux Etats-Unis, nous sommes en train de devenir un Etat policier, qui au nom de la sécurité nationale et du terrorisme, continuera à porter atteinte aux libertés des individus et à étendre toujours plus loin le pouvoir des services de renseignement? Est-ce que ceci est le bon choix pour notre économie, pour notre culture, pour nos libertés et pour notre civilisation?

Lire l’intégralité du Livre blanc 2013: http://www.elysee.fr/assets/pdf/Livre-blanc-sur-la-Defense-et-la-Securite-nationale.pdf