«L’Etat Islamique est un prétexte pour un changement de régime en Irak sponsorisé par les Etats-Unis»

Etat Islamique (ISIS)

Eric Draitser est un analyste géopolitique indépendant basé à New York et créateur du site StopImperialism.org

L’éviction du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki fait partie d’un plan plus large des États-Unis pour l’Irak et le Moyen-Orient dans son ensemble.

Dans le contexte de la guerre contre l’État Islamique (IS, anciennement ISIS / ISIL), Washington a réussi à tuer deux oiseaux en faisant d’une pierre deux coups, comme dit le proverbe. Non seulement les États-Unis ont supprimé un dirigeant politique qui s’était avéré problématique en raison de son opposition à la présence militaire américaine en Irak, ainsi que pour son soutien indéfectible à la Syrie et au président Assad, mais ils ont également créé les conditions pour le démembrement de l’Etat irakien.

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La maladie de l’Etat Islamique (EI)

L’EI n’est que très récemment devenu une épidémie internationalement reconnue de l’extrémisme islamiste militant qui doit être éradiqué à tout prix. Cette reconnaissance internationale n’est venue qu’une fois que l’organisation a commencé à prendre le contrôle de territoires en Irak, menaçant les intérêts pétroliers et gaziers occidentaux. Alors que l’EI menait en réalité sa guerre brutale et vicieuse contre le peuple syrien et le gouvernement, l’EI n’était qu’une simple réflexion après coup, un simple groupe d’extrémistes qui combattaient le « dictateur brutal » Assad.

Il semble donc que le danger d’ISIS [Etat Islamique en Irak et en Syrie] et de la nécessité de l’éradiquer soit directement lié aux intérêts américains. Autrement dit, l’EI est un outil utile pour la Syrie et au sud du Liban où il crée le chaos au détriment d’Assad et du Hezbollah respectivement, tandis qu’en Irak, l’EI est dangereux là où il menace le régime client des Etats-Unis au Kurdistan et les intérêts pétroliers occidentaux. Mais bien sûr, le détail systématiquement exclu de la plupart des analyses du problème de l’EI, c’est le simple fait qu’il s’agit d’une création du renseignement américain et de sa guerre secrète contre la Syrie.

Lire la suite: http://rt.com/op-edge/180544-iraq-us-syria-maliki/

L’utilisation d’ISIL [EIIL] par Obama, et non d’ISIS, raconte une autre histoire

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The Fiscal Times, Liz Peek, 23 juin 2014

Il y a eu peu d’attention de l’utilisation insistante du président de l’acronyme « ISIL » [Etat Islamique en Irak et au Levant, EIIL] pour décrire les forces sunnites qui se déchaînent actuellement à travers l’Irak, exécutant l’armée irakienne et créant une nouvelle population massive de réfugiés dans une région déjà instable.

À l’exception de Reuters et maintenant de l’Associated Press, la plupart des organes de presse n’ont pas réferré à l’ISIL [EIIL] avant que le président Obama n’ait commencé à utiliser le terme, qui renvoie à l’Etat islamique d’Irak et du Levant. Mais quand Obama a utilisé le terme 5 fois le 13 Juin, et 16 fois dans son discours d’ouverture à West Point, le 19 Juin, il se servait de son discours d’intimidation pour faire le point.

La plupart, comme cette publication, continuent d’utiliser l’acronyme ISIS largement accepté, pour l’Etat islamique d’Irak et de Syrie ou al-Sham, mais les deux décrivent la même organisation meurtrière. La différence est que le Levant décrit un territoire beaucoup plus large que simplement l’Irak et la Syrie. Il est défini comme ceci: Le Levant se compose aujourd’hui de l’île de Chypre, Israël, la Jordanie, le Liban, la Syrie, la Palestine, et une partie du sud de la Turquie.

Pourquoi Obama préfère ISIL [EIIL]? Une « armée » de cette ampleur territoriale détourne l’attention hors des deux pays que beaucoup croient définir l’échec continu d’Obama au Moyen-Orient. Très probablement, il préfèrerait éliminer le lien entre le chaos en Irak avec son inaction en Syrie. Mieux que l’instabilité dans un pays où nous avons imposé tant de sang et de prix reste la faute de George W. Bush. Le président a déjà été noirci de bitume pour avoir échoué à obtenir un accord sur le Statut des Forces avec le Premier ministre al-Maliki, qui aurait permis un contingent de troupes américaines à rester en Irak.

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