William Binney, lanceur d’alerte de la NSA, qualifie le rapport américain qui accuse la Russie de « blague »

William Binney est interviewé sur RT

William Binney, lanceur d’alerte de la NSA, a déclaré dans une interview que les services secrets américains qui ont publié le rapport de l’ODNI [Bureau du directeur du renseignement national] sur l’ingérence russe « devinent [les informations], ce qui signifie qu’ils ont perdu la discipline professionnelle du renseignement » et qu’on ne peut les croire. Dans le contexte des dernières semaines de la présidence d’Obama, il a déclaré que cela crée aussi un problème pour le futur président Trump qui va devoir résoudre cette difficulté.

Ancien employé de la NSA, William Binney a l’avantage d’avoir un regard interne sur le travail des services de renseignement américains, puisqu’il a lui-même travaillé à la NSA [National Security Agency] pendant 30 ans. L’analyste a ajouté que le renseignement américain est aujourd’hui utilisé « à des fins politiques de diverses manières, et qu’au lieu de chercher la vérité et des preuves concrètes, les services de renseignement collectent des millions de données mais ont toujours autant de mal à comprendre et analyser ce qui se trouve dans ces données ».

De plus en plus de données sont stockées par les Etats-Unis, et de plus en plus de datacenters sont construits, mais la quantité des données ne signifie pas que les services de renseignement sont capables de donner une information de meilleure qualité, là où un travail d’analyse est nécessaire pour comprendre ces informations qui sont collectées dans le monde entier. « Les données ne sont pas le renseignement, et c’est le processus qu’ils sont en train de perdre », conclut William Binney, en évoquant la qualité médiocre du rapport américain.

Lire le rapport de l’ODNI sur l’ingérence russe: https://www.dni.gov/files/documents/ICA_2017_01.pdf

CC-BY-SA

Vidéo: Russia Today

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Les meilleurs de la NSA partent «en grand nombre», disent les initiés

Cyberscoop, Chris Bing, 06/12/2016

nsa_marylandUn moral en baisse à la National Security Agency conduit certains des [employés] les plus talentueux de l’agence à partir vers le secteur privé, a déclaré l’ancien directeur de la NSA, Keith Alexander, dans une salle remplie d’étudiants en journalisme, de professeurs et de cadres de la cybersécurité. Le général à la retraite et d’autres initiés disent qu’une combinaison de facteurs économiques et sociaux – y compris une couverture de presse négative – ont joué un rôle.

« J’entends dire que les gens partent de plus en plus en grand nombre et que c’est une combinaison de choses qui commencent avec [le moral] et il y a maintenant beaucoup plus d’argent à l’extérieur », a déclaré Alexander. « Je suis honnêtement surpris que certaines de ces personnes dans les cyber-entreprises ont des salaires à sept chiffres. C’est cinq fois ce que gagne le président des chefs de cabinet. Bien? Et ce sont des gens qui ont 32 ans ».

Lire la suite: https://www.cyberscoop.com/nsa-morale-down-keith-alexander-mike-rogers/

Le secteur privé a de plus hauts salaires que la NSA (reportage RT):

Le documentaire « Project X » sur le bâtiment ultra-secret de la NSA à Manhattan est en ligne gratuitement

Fieldofvision.org, Laura Poitras et Henrik Moltke

Un manuel top-secret emmène les téléspectateurs vers un voyage clandestin à Titanpointe, le site d’un partenariat caché. Raconté par Rami Malek et Michelle Williams, et basé sur les documents classifiés de la NSA, Project X révèle le fonctionnement interne d’un gratte-ciel sans fenêtre dans le centre de Manhattan.

Ce film est le produit d’un projet de reportage commun entre Field of Vision et The Intercept.

Voir le documentaire: https://fieldofvision.org/project-x

Cartoon: Angry Mouse et le Long Lines Building de la NSA

angry_mouse_nsaAngry Mouse, la souris qui déteste la NSA et les services secrets, a de nouveau fait des ravages. Après avoir lu l’article de The Intercept sur le Long Lines Building qui abrite un centre de surveillance de la NSA à New York, Angry Mouse a décidé de venir à bout de ce bâtiment en le dévorant tout entier et en faisant plein de trous de gruyère à l’intérieur. En quelques jours, le bâtiment qui n’avait aucune fenêtre a désormais des trous dans la façade qui laissent passer la lumière. Grâce à ses dents ultra-résistantes qui perforent le béton et dopée par un appétit surhumain, Angry Mouse savoure sa nouvelle victoire en mangeant un dernier morceau de béton en haut du building.

Un nouveau scandale d’espionnage expose la corruption du renseignement privé

The Nation, par Tim Shorrock, le 14/10/2016

nsa_marylandLa récente arrestation d’un employé de Booz Allen Hamilton sur des accusations de vol de codes de piratage venant de la National Security Agency a mis en lumière la vaste privatisation du renseignement américain et les relations confortables entre les contracteurs et leurs superviseurs au gouvernement.

Comme relaté la semaine dernière, Harold Thomas Martin III, un expert en informatique de 51 ans qui travaillait pour Booz Allen Hamilton, a été arrêté le 27 août par le FBI après que les enquêteurs ont fouillé son domicile à Glen Burnie, dans le Maryland, et trouvé un cache de matériel classifié qu’il avait volé. Martin a été arrêté 3 ans après qu’un autre contracteur de Booz Allen Hamilton, Edward Snowden, avait divulgué des milliers de documents de la NSA révélant les détails du système mondial de surveillance de masse de l’agence.

Lire la suite: https://www.thenation.com/article/a-new-spy-scandal-exposes-the-corruption-of-privatized-intelligence/

Lire la plainte pénale déposée par le FBI contre le contracteur du gouvernement, Harold Thomas Martin III

Le contracteur du gouvernement, Harold Thomas Martin III, 51 ans, a été arrêté et accusé de vol de biens du gouvernement et de retrait non autorisé et rétention de matériels classifiés [document daté du 29/08/2016]

Document mis en ligne sur le Washington Post: http://apps.washingtonpost.com/g/documents/national/read-the-criminal-complaint-filed-against-government-contractor-harold-thomas-martin-iii/2174/

Plainte criminelle contre le contracteur de la NSA, Harold Martin, mis en ligne par le NYT: https://www.documentcloud.org/documents/3123427-Harold-Martin-NSA.html et https://assets.documentcloud.org/documents/3123427/Harold-Martin-NSA.pdf

Un contracteur de la NSA, Harold Thomas Martin, pourrait faire face à des accusations d’espionnage pour 50TB de « codes volés »

BoingBoing, par Xeni Jardin, le 20/10/2016

nsa_marylandUn ancien contracteur de Booz Allen Hamilton qui a travaillé avec la National Security Agency [NSA] devrait faire face à des accusations d’espionnage dans une affaire impliquant 50 téraoctets ou plus de données très sensibles de la NSA, que le gouvernement affirme avoir été volées.

Les avocats fédéraux ont déclaré jeudi qu’ils vont poursuivre Harold Thomas Martin pour avoir volé des informations classifiées sous la même loi utilisée pour inculper Edward Snowden. Les personnes condamnées en vertu de la loi sur l’espionnage font face à des sanctions particulièrement sévères qui peuvent inclure des peines de prison allant jusqu’à 10 ans sur chaque chef d’accusation.

Harold Thomas Martin était-il un collectionneur compulsif de données dont les faibles pratiques de sécurité ont conduit au vol criminel des armes cybernétiques de la NSA dans le piratage des « Shadow Brokers »? Martin a-t-il été sciemment impliqué dans cet effort criminel? Pas de réponses claires pour le moment, mais ces questions pourraient bien faire l’objet d’un procès à venir.

De Reuters:

Harold Thomas Martin a passé plus de deux décennies à dérober des informations classifiées de plusieurs organismes gouvernementaux, ont déclaré les procureurs fédéraux dans un nouveau dépôt effectué auprès du tribunal de district des Etats-Unis à Baltimore. Ils devraient porter des accusations qui comprennent des violations de la loi sur l’espionnage, selon le dépôt.

La quantité de données volées est estimée à au moins cinquante téraoctets [50TB], assez pour remplir des dizaines de disques durs, ont déclaré les procureurs, en ajoutant que la conduite criminelle présumée « est à couper le souffle dans sa longévité et son échelle ». Certains responsables ont dit que la mine peut atteindre le plus grand hold-up de l’information gouvernementale classée dans l’histoire.

Un avocat représentant Martin n’a pas été immédiatement disponible pour faire un commentaire.

Parmi le matériel prétendument volé par Martin, était inclus un document top secret qui contenait des « plans opérationnels spécifiques contre un ennemi connu des États-Unis et de leurs alliés », ont déclaré les procureurs.

Les responsables américains ont annoncé dans une plainte plus tôt ce mois-ci que Martin, 51 ans, a été arrêté dans le Maryland en août et accusé de crime de vol de matériel classifié du gouvernement. Aucun motif n’a été avancé.

Et d’un profil antérieur de Martin sur Daily Beast:

L’officier de marine retraité, arrêté pour avoir retiré des informations hautement classifiées de la National Security Agency, a travaillé avec les hackers informatiques d’élite de l’organisation, qui se spécialisent dans l’utilisation de codes d’ordinateur pour pénétrer les systèmes de nations étrangères, selon un ancien collègue et le CV en ligne de l’individu.

Harold Thomas Martin, III, appelé Hal, a également été inscrit à un programme de doctorat à l’Université du Maryland, Baltimore County. L’université a un partenariat avec la NSA, dans lequel l’agence contribue au développement de programmes pour l’école et les employés de l’agence peuvent prendre des cours là-bas.

Martin a travaillé avec l’unité d’Opérations d’accès sur mesure [TAO] de la NSA, ont dit au Daily Beast des sources ayant une connaissance de sa formation. Dans son CV LinkedIn, Martin dit qu’il a travaillé comme « conseiller en ingénierie cybernétique » en soutien à « diverses cyber-initiatives liées » dans le département de la défense et la communauté du renseignement.

Source: http://boingboing.net/2016/10/20/nsa-contractor-harold-thomas-m.html

Les documents Snowden révèlent que les USA utilisent une base secrète au Royaume-Uni pour le programme d’assassinats ciblés

echelon07_02-001-800x451La base d’espionnage de Menwith Hill, près de Harrogate dans le North Yorkshire, en Angleterre, est la plus grande station de surveillance électronique du monde.

MintPress, Lauren McCauley, 06/09/2016

Des documents récemment divulgués par Edward Snowden et rapportés par The Intercept détaillent le fonctionnement interne de la plus grande base d’outre-mer de la NSA, Menwith Hill.

Dans un exposé accablant publié lundi, le journaliste de The Intercept, Ryan Gallagher, plonge dans les rouages internes de la base étrangère la plus grande de la National Security Agency (NSA), Menwith Hill Station au Royaume-Uni, et révèle des preuves concrètes que le gouvernement britannique est complice dans le programme d’assassinats ciblés des Etats-Unis.

Citant des documents top-secrets obtenus du lanceur d’alerte de la NSA, Edward Snowden, Gallagher rapporte que « Les fichiers révèlent pour la première fois comment la NSA a utilisé la base britannique pour aider ‘un nombre significatif d’opérations capture-assassinat’ à travers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, alimentés par une technologie d’écoute puissante ».

Lire l’intégralité de l’article: https://www.mintpressnews.com/snowden-files-reveal-us-using-secretive-uk-base-targeted-killing-program/220114/

Rapport secret: Le service du renseignement fédéral allemand a enfreint la loi et la constitution à plusieurs reprises

Netzpolitik.org, Andre Meister, le 02/09/2016

Le service du renseignement allemand BND a illégalement collecté et stocké les données de surveillance de masse et doit supprimer ces données immédiatement, y compris XKeyscore. Ceci est l’un des résultats d’un rapport classifié du commissaire fédéral allemand pour la protection des données que nous publions à présent. Dans son rapport, elle critique les violations juridiques graves et une restriction massive de son autorité de supervision.

badaibling-dunkel-730x355Ceci est la traduction anglaise de la déclaration d’origine en allemand, qui comprend également le document source complet. Traduction par Andre Meister, Arne Semsrott, Hendrik Obelöer, Kirsten Fiedler, Simon Rebiger, Sven Braun et Valerie Tischbein.

Quand Edward Snowden a exposé le système mondial de surveillance de masse par les services secrets, il y a trois ans, y compris l’agence allemande du renseignement étranger, le BND, le gouvernement allemand a essayé d’y couper court et de déclarer l’affaire close. Une seule petite autorité a résisté: Le Commissaire à la protection des données Peter Schaar a envoyé son personnel pour une visite d’inspection à la station BND/NSA de Bad Aibling dans le sud de l’Allemagne, dont le BND craignait une « critique très publique ». La visite a donné lieu à un «rapport de situation» élaboré, mais celui-ci est classé «top secret» et seulement accessible à quelques personnes.

Lire l’intégralité de l’article: https://netzpolitik.org/2016/secret-report-german-federal-intelligence-service-bnd-violates-laws-by-the-dozen/ et https://twitter.com/martin_u/status/773042098060812288

Julian Assange, agent du contre-terrorisme occidental?

Dans un article daté d’octobre 2012, publié sur le site du sénateur australien Scott Ludlam, on lit ce titre: « Julian Assange, journaliste ou terroriste? »

800px-Julian_Assange_(1)Cette question est justifiée par le travail journalistique de l’organisation WikiLeaks qui a été accusée par certains politiciens américains de porter atteinte à la sécurité nationale et de potentiellement avoir pu aider des groupes terroristes.

Au-delà de cette question, on peut bien évidemment se poser d’autres questions plus intéressantes, comme certains l’ont déjà fait, en disant par exemple que Julian Assange pourrait être un espion au service de la CIA ou de tout autre service secret occidental, russe, israélien, ou même un agent double travaillant pour plusieurs gouvernements.

Julian Assange serait-il simplement journaliste, ou… agent du contre-terrorisme occidental?

Les articles qui posent ces questions sont souvent assimilés à des théories complotistes. Et si nous nous intéressons à ces questions sur ce blog, ce n’est certainement pas pour décrédibiliser la cause de WikiLeaks, mais au nom de la transparence politique, car cela pourrait mettre en lumière les stratégies et les artifices utilisés par les services secrets.

Nombreux sont les soutiens de Julian Assange et de WikiLeaks qui travaillent, en effet, ou ont travaillé au sein des services de renseignement (CIA, NSA…), et pour certains dans des services consacrés à la lutte anti-terroriste, comme le célèbre John Kiriakou cité dans un discours de Julian Assange avec deux autres lanceurs d’alerte, et qui lui-même avait travaillé pour des opérations de contre-terrorisme et avait participé à l’arrestation d’Abu Zubaydah, accusé d’avoir aidé Ben Laden. Cela pose question.

Par la nature des documents publiés par WikiLeaks, on peut aussi se demander si certaines publications n’auraient pas pu servir indirectement la lutte anti-terroriste, comme l’a été le cas dernièrement des AKP Leaks, les emails du parti turc d’Erdogan. Pourquoi ces emails publiés par WikiLeaks auraient pu servir la lutte anti-terroriste? Un élément de réponse pourrait être que la Turquie a été accusée par certaines personnalités politiques de soutenir le terrorisme et l’Etat Islamique contre le régime d’Assad en Syrie. Ces derniers mois, beaucoup d’articles dans la presse occidentale ont porté sur ce sujet. La logique paraîtrait simple: publier des emails pour affaiblir Erdogan, revient à affaiblir celui qui est accusé de soutenir un groupe terroriste sanglant, et ainsi affaiblir indirectement l’Etat Islamique. Nous sommes bien dans une logique anti-terroriste.

Mais ces dernières années, d’autres publications de l’ONG WikiLeaks ont également pu servir cette lutte anti-terroriste. C’est le cas des fuites des documents sur les guerres en Irak et en Afghanistan, à une période où les Etats-Unis promettaient de tuer le terroriste Ben Laden. Celui-ci a bien été tué le 2 mai 2011. La vidéo militaire américaine publiée par WikiLeaks et connue sous le nom de « Collateral Murder » l’a été le 5 avril 2010, suivie par les documents sur l’Afghanistan le 25 juillet 2010, soit un an environ avant la mort de ben Laden, alors qu’on sait aussi qu’à la même période: « Le gouvernement pakistanais a tenté de négocier avec al-Qaïda, un an avant la mort de Ben Laden ». Peut-être que cette coïncidence est due au hasard, mais on pourrait aussi penser que WikiLeaks a participé indirectement à la lutte anti-terroriste, que cela ait été son intention réelle ou pas.

Ces derniers jours, on a aussi pu voir Julian Assange réagir à l’enquête du Monde concernant des taxes qui auraient été payées par le cimentier Lafarge au groupe de l’Etat Islamique en Syrie, et il a mis en avant les liens entre Lafarge et la candidate américaine Hillary Clinton. Cela a aussi probablement un lien avec le contre-terrorisme.

Tous ces éléments, toutes ces coïncidences étranges, peuvent laisser penser que WikiLeaks a un lien avec le contre-terrorisme occidental. Si tel était le cas, cela pourrait signifier que Julian Assange est en lien avec des personnalités relativement importantes au sein des gouvernements ou au sein des services secrets. Notre blog n’ayant pas accès à plus d’informations que ce qui est déjà publié sur Internet, notre question se limite donc à cette possibilité.

kimono