Edward Snowden: Amnesty International l’a rencontré à Moscou…

Jeune informaticien américain de 30 ans, Edward Snowden est inculpé, depuis le 22 juin 2013, d’espionnage, vol et utilisation illégale des biens gouvernementaux par les autorités américaines. Le motif : il a révélé des informations classées top secrètes de la NSA concernant la captation des métadonnées des appels téléphoniques aux Etats-Unis, ainsi que le système d’écoute sur Internet du programme de surveillance PRISM. En fuite, il se trouve à Moscou dans le terminal F de l’aéroport Cheremetevo. Il attend toujours la réponse des autorités russes à sa demande d’asile déposée le mardi 16 juillet.

Edward Snowden

Sergueï Nikitin est le chef du bureau moscovite d’Amnesty International. Vendredi 12 juillet, il a pu rencontrer le fugitif, Edward Snowden, le lanceur d’alerte le plus célèbre au monde. Il témoigne de cette rencontre insolite dans un couloir d’un aéroport moscovite. Entretien.

JOL Press : Vous avez rencontré Edward Snowden. Dans quel état d’esprit était-il ?

SergueÏ Nikitin : J’ai rencontré Edward Snowden vendredi après-midi à l’aéroport Cheremetevo de Moscou. Il m’a semblé aller bien et ne semblait pas particulièrement stressé. Je pense que dans sa position je me trouverais sans doute dans un état d’esprit bien différent. A peine, si son visage était un peu pâle.

Il a commencé la rencontre par une déclaration de 10 à 15 minutes, puis il a répondu aux questions des participants.

JOL Press : Qui participait à cette rencontre ?

Sergueï Nikitin : Des officiels russes et quelques représentants d’association de lutte en faveur des droits de l’Homme.

JOL Press : Que savez-vous de ses conditions de vie à Cheremetevo ?

Sergueï Nikitin : C’est une question que nous posions tous mais que nous n’avons pas été en mesure de lui poser. Il ne nous a donné aucun détail sur ses trois semaines dans l’aérogare.

Selon l’explication officielle, il résiderait dans une sorte d’hôtel au cœur de Cheremetevo, dans le terminal F. Pour preuve, sa déclaration préliminaire a été interrompue à plusieurs reprises par des annonces – du type de celles que l’on entend dans tous les aérogares – et il a fait remarquer qu’elles ne le dérangeaient plus car il s’y était habitué au cours des trois dernières semaines.

La rencontre n’a pas eu lieu dans une salle mais dans une partie d’un couloir de ce terminal F, une portion entourée de barrières et de rideaux. Nous n’avons pas vu de passagers passer derrière ces rideaux, c’était un coin isolé du reste du terminal.

JOL Press : Vous vous trouviez dans la zone sous douanes ?

Sergueï Nikitin : Oui, nous avons dû passer tous les contrôles de sécurité comme si nous allions prendre l’avion.

JOL Press : Vous avez rencontré Edward Snowden vendredi 12 juillet. S’attendait-il alors à ce que la Russie lui accorde l’asile politique ?

Sergueï Nikitin : C’était sa première apparition publique, la première fois qu’il rencontrait des représentants d’organisations, et la première fois aussi qu’il annonçait son intention de demander l’asile politique à la Russie.

Personnellement, je m’y attendais. Et cette intuition a été confirmée lorsque j’ai constaté qui participait à cette rencontre.

Un cocktail unique… Il y avait des membres de la Douma, l’ombudsman de la Fédération de Russie, un avocat pro-Kremlin, un autre avocat, célèbre défenseur des activistes militant pour le respect des droits de l’Homme, et deux représentants d’organisations non gouvernementales, dont moi-même pour Amnesty International. Un cocktail unique, des officiels de haut rang et des représentations de défenseurs des droits de l’Homme.

J’ai immédiatement pensé qu’il allait annoncer son intention de demander l’asile politique et que la présence d’ONG permettrait d’attester qu’il n’y avait pas été forcé, qu’il était totalement libre.

JOL Press : Vous pensez donc qu’il y aurait eu préalablement des négociations, lui garantissant un accueil favorable des autorités russes ?

Sergueï Nikitin : Une fois de plus, ce n’est que mon sentiment personnel mais j’imagine effectivement que cela avait fait préalablement l’objet de discussions. Les autorités russes ont-elles prodigué des conseils à Edward Snowden, je l’ignore. Mais comment autrement aurait-il pu, en trois semaines, devenir à ce point au fait des arcanes du pouvoir russe et savoir qui inviter en une telle occasion ?

JOL Press : Comment expliquez-vous qu’il ait fallu trois semaines avant d’arriver à cette solution ?

Sergueï Nikitin : C’est une réelle interrogation. Trois semaines semblent effectivement une bien longue période pour prendre une telle décision. Je n’ai pas d’explications.

Il est possible qu’à l’origine il ait eu d’autres intentions… Sans doute a-t-il été échaudé par la péripétie qui est arrivée au président bolivien dont l’avion a été fouillé à Vienne. Il a sans doute réalisé que s’il s’envolait vers l’Amérique latine – ce qui sera, à n’en pas douter sa destination à terme – son avion serait sans doute intercepté et sa sécurité mise en danger.

JOL Press : De votre point de vue, peut-on imaginer qu’il ait eu à « acheter » l’asile politique en s’engageant à fournir des informations aux Russes ou est-ce aller trop loin ?

Sergueï Nikitin : Je ne sais pas, mais c’est sans doute une possibilité. On peut tout imaginer et cela ne me surprendrait pas outre-mesure. Pour autant, je n’ai pas de preuves.

JOL Press : Quelles pourraient être les motivations des autorités russes dans cette affaire ?

Sergueï Nikitin : Si l’on se réfère à la déclaration des parlementaires et des officiels pro-Kremlin, juste après le meeting à l’aéroport, il est clair que les autorités entendent dénoncer l’attitude des États-Unis en matière de respect des droits de l’Homme. Pour elles, l’affaire Snowden est une preuve supplémentaire de la violation des droits de l’Homme dans un pays qui s’autorise à donner des leçons à la Terre entière. C’est un argument de plus pour la propagande russe dans sa longue lutte « froide » contre l’impérialisme américain.

Ironiquement, les autorités russes se retrouvent dans le même camp qu’Amnesty International, en première ligne dans la défense des droits de l’Homme. Nous n’oublions pas que la liberté d’expression est un sujet brûlant ici en Russie. Les droits de l’Homme et le respect de la liberté d’expression sont des questions universelles dont aucun pays ne peut s’affranchir.

JOL Press : Edward Snowden a-t-il réagi au refus de l’Union européenne et de ses membres – la France en particulier – de lui accorder l’asile politique ?

Sergueï Nikitin : Il s’est effectivement montré critique à l’égard de l’Union européenne et il a notamment lancé l’idée d’une pétition dénonçant l’attitude des Américains mais aussi des Européens. Avec Amnesty International, nous le soutenons.

Propos recueillis par Franck Guillory pour JOL Press

Source: http://www.jolpress.com/edward-snowden-amnesty-international-moscou-nsa-prism-cia-etats-unis-article-820863.html

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Snowden invoque le principe de Nuremberg lors de sa conférence de presse à Moscou

Edward Snowden à Moscou

Solidarité & progrès, samedi 13 juillet 2013

Le lanceur d’alerte Edward Snowden a rencontré le 12 juillet, à l’aéroport Sheremetyevo de Moscou, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, incluant Amnesty International et Human Rights Watch (HRW).

Avant la conférence de presse prévue pour l’occasion, l’ambassadeur américain à Moscou avait demandé à HRW de transmettre un message à Snowden, disant que le gouvernement américain ne le reconnaissait pas comme un lanceur d’alerte mais comme un simple criminel.

Voici les remarques faites par Snowden lors de la conférence de presse, au cours de laquelle il en a appelé à la Constitution américaine, à la déclaration des droits de l’Homme et au principe du tribunal de Nuremberg pour juger de la criminalité de l’administration Obama.

Bonjour,

Je m’appelle Ed Snowden. Il y a un peu plus d’un mois, j’avais une famille, un foyer au paradis, et je vivais dans un grand confort. J’avais aussi la capacité de faire des perquisitions sans mandat, de saisir et de lire vos communications. Les communications de quiconque, à n’importe quel moment. C’est-à-dire le pouvoir de changer le destin des gens.

C’est également une violation majeure de la loi. Les 4ème et 5ème amendements à la Constitution de mon pays, l’Article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, ainsi que plusieurs traités interdisent de tels systèmes de surveillance massive et étendue.

Tandis que la Constitution américaine prescrit ces programmes comme illégaux, mon gouvernement prétend que des ordonnances de justice secrètes, que personne n’a le droit de regarder, confèrent une certaine légitimité à cette affaire illégale. Ces ordonnances ne font que corrompre les notions de justice les plus fondamentales. Ce qui est immoral ne peut être rendu moral par le recours à des lois secrètes.

Je crois aux principes affirmés à Nuremberg en 1945 : ’Les individus ont des devoirs internationaux qui transcendent les obligations nationales d’obéissance. Par conséquent, les citoyens ont à titre privé le devoir de violer les lois domestiques pour empêcher des crimes contre la paix et l’humanité d’avoir lieu.’

Ainsi, j’ai fait ce que je croyais être juste et j’ai commencé une campagne visant à corriger ces méfaits. Je n’ai pas cherché à m’enrichir. Je n’ai pas cherché à vendre des secrets américains. Je ne me suis allié à aucun gouvernement étranger pour garantir ma sécurité. Au lieu de cela, j’ai pris ce que je savais pour le mettre à la disposition du public, afin que ce qui nous affecte tous puisse être discuté par nous tous au grand jour, et j’ai demandé au monde la justice.

Cette décision morale de dire au public comment cet espionnage nous affecte tous m’a coûté cher, mais c’était la bonne chose à faire et je n’ai aucun regret.

Depuis ce jour, le gouvernement et les services de renseignements des Etats-Unis d’Amérique ont cherché à faire de moi un exemple, un avertissement à tous les autres qui pourraient parler comme je l’ai fait. On m’a rendu apatride et on m’a pourchassé pour mon acte d’expression politique. Le gouvernement des Etats-Unis m’a inscrit sur une liste d’interdiction de vol. Il a demandé à Hong Kong de me renvoyer en dehors du cadre de ses lois, en directe violation des principes de non-refoulement – la Loi des nations. Il a menacé de sanctions les pays qui respecteraient les droits de l’Homme et le système d’asile de l’ONU.

Il a même pris l’initiative sans précédent d’ordonner à des alliés militaires de forcer l’atterrissage d’un avion présidentiel dans sa recherche d’un réfugié politique. Cet escalade dangereuse représente une menace non seulement à la dignité de l’Amérique latine, mais aux droits humains partagés par tout individu, toute nation vivant en liberté contre la persécution, et cherchant à bénéficier de l’asile.

Pourtant, confronté à cette agression hors de proportion d’un point de vue historique, des pays à travers le monde m’ont offert soutien et refuge. Ces pays, incluant la Russie, le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua et l’Équateur, ont ma gratitude et mon respect pour être les premiers à tenir tête aux violations des droits humains perpétrées par les plus puissants plutôt que par les plus faibles. En refusant de compromettre leurs principes face à l’intimidation, ils ont gagné le respect du monde. J’ai l’intention de me rendre dans chacun de ces pays pour faire part de ma gratitude à leur peuple et à leurs dirigeants.

Je vous fais part aujourd’hui de mon acceptation formelle de toutes les offres d’asile que j’ai reçues et de celles qui peuvent m’être faites à l’avenir. Avec, par exemple, le droit d’asile qui m’a été accordé par le Président du Venezuela Maduro, mon statut de réfugié est maintenant officiel, et aucun autre Etat n’a le droit d’interférer dans mon droit de bénéficier de cet asile. Comme nous l’avons toutefois constaté, certains gouvernements en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord ont démontré leur volonté d’agir en dehors du droit, et leur comportement persiste jusqu’à ce jour. Cette menace illégale m’enlève la possibilité de me rendre en Amérique latine pour bénéficier du droit d’asile qui m’a été accordé là-bas, en accord avec les droits que nous partageons.

Cette volonté des Etats puissants d’agir en dehors du droit représente une menace pour nous tous, et nous ne devons pas lui permettre de triompher. Ainsi, je demande votre assistance dans ma requête de garanties pour un sauf-conduit à l’égard des pays concernés, afin que je puisse me rendre en Amérique latine, ainsi que dans ma requête d’asile en Russie, jusqu’à ce que ces Etats agissent selon le droit et que mes voyages légaux soient permis. Je vais soumettre ma requête à la Russie aujourd’hui, et j’espère qu’elle sera reçue favorablement.

Source: http://www.solidariteetprogres.org/actualites-001/article/snowden-invoque-le-principe-de-nuremberg-lors-de.html

Communiqué d’Edward Snowden aux groupes de Droits de l’homme à l’aéroport Cheremetievo de Moscou: http://wikileaks.org/Statement-by-Edward-Snowden-to.html

Communiqué audio intégral d’Edward Snowden à l’aéroport Cheremetievo de Moscou: https://soundcloud.com/frank-forrester-1/full-edward-snowdens-statement

Voir l’extrait vidéo du communiqué d’Edward Snowden: http://lifenews.ru/news/116311

Dow avait payé des entreprises américaines pour espionner des activistes de Bhopal: les e-mails WikiLeaks

Par Priscilla Jebaraj | 27 février 2012

Même pendant que Dow Chemical a résisté à toutes les demandes d’indemnisation à l’égard de la fuite de gaz catastrophique de l’Union Carbide à Bhopal, la firme a trouvé l’argent pour embaucher une société de renseignements privée pour surveiller intensivement toutes les ONG et activistes qui travaillent sur la question.

Ce lundi, WikiLeaks a publié une cache de 5,5 millions d’e-mails de Stratfor, une agence de renseignements basée au Texas, qui a révélé que les rapports de suivi réguliers des activités des ONG ainsi que la couverture médiatique ont été envoyés à Dow et aux directeurs de la communication de Union Carbide.

Dow Chemical, qui a acheté Union Carbide en 2001, insiste qu’il ne porte aucune responsabilité pour indemniser les victimes ou pour nettoyer le site contaminé par la catastrophe en 1984. Toutefois, ces e-mails prouvent qu’ils sont encore très investis dans le suivi des retombées de la catastrophe, et de son impact sur l’image de Dow.

Un rapport de suivi typique commence avec un tour d’horizon de tous les articles d’actualités faisant référence à Dow, Union Carbide ou Bhopal dans les dépêches, journaux, chaînes de télévision et sites web d’actualités d’Inde et de l’étranger. Il comporte un dossier complet sur les activités militantes – qui couvre des affaires judiciaires, pétitions en ligne, projections de films, collectes de fonds et événements publicitaires, communiqués de presse, blogs, articles sur des forums de discussion, e-mails à des listes de diffusion, et des pages de Facebook et des fils d’actualités Twitter. Aucune activité ou déclaration ne semble avoir été trop obscure pour Allis Information Management, l’entreprise basée au Michigan qui a préparé les rapports de suivi pour Dow. Des analystes de renseignement qui vont jusqu’à suivre des signataires de pétitions, des commentateurs sur des blogs, ou ceux qui auraient pu re-tweeté un article lié à Dow. Des noms comme ceux des activistes de Bhopal Rachna Dhingra et Satinah Sarangi sont fréquemment mentionnés, ainsi que les Yes Men, les farceurs anti-corporatistes. Dans la dernière partie de 2011, beaucoup d’attention a été accordée à la campagne qui proteste contre le parrainage des Jeux Olympiques de Londres par Dow.

Dans le cadre des préparatifs du 25e anniversaire de la catastrophe de Bhopal, les analystes de Stratfor ont également discuté ses tendances dans les stratégies activistes, spéculant si des joueurs ONG principaux seront capables de connecter Bhopal à la grande question de l’irresponsabilité des entreprises, la question « d’autres Bhopals ».

Les activistes Yes Men ont accusé Dow d’utiliser des « tactiques sinistres d’espionnage » et de paranoïa corporatiste. « Ces fuites semblent montrer que ce dont le pouvoir corporatiste a le plus peur est tout ce qui révèle le ‘plus grand ensemble’ et les ‘thèmes plus vastes’, c’est-à-dire tout ce qui amène les comportements criminels systémiques à la lumière », dit une déclaration faite lundi par les Yes Men.

Pourtant, tandis que la surveillance était extensive et intensive, il ne semble pas y avoir de preuves d’espionnage, ou de toute activité illégale par Dow dans cette cache de courriels. Toutes les données extraites par l’entreprise de recherche de renseignements semble être dans le domaine public, et ouvertement à la disposition de toute personne intéressée.

http://www.thehindu.com/news/national/article2939308.ece
https://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,8808.msg30069.html#msg30069

Traduit sur WikiLeaks par Arduenna Silva

The GIFiles : La France espionnée par les contrôleurs de STRATFOR

Le lundi 27 février, WikiLeaks a lancé la publication des « Global Intelligence Files » (petits papiers du renseignement mondial), plus de 5 millions d’emails de la société de renseignement privée Stratfor, basée au Texas. Les emails couvrent une période allant de juillet 2004 à fin décembre 2011. Ils révèlent le fonctionnement interne d’une entreprise qui annonce être un service de renseignement privé, mais qui fournit des services de renseignement confidentiels à de grandes entreprises, comme Dow Chemical Corporation à Bhopal (Inde), Lokheed Martin, Northrop Grumman, Raytheon, ainsi qu’à des agences gouvernementales, telles que le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS), les « Marines » et l’Agence du renseignement pour la défense (DIA). Les emails dévoilent le réseau d’informateurs de Stratfor, sa structure de financement, les techniques de blanchiment d’argent et les méthodes psychologiques employées.

Comment fonctionne STRATFOR ?

STRATFOR ou STRATEGIC FORECASTING recueille les informations auprès d’un certain nombre de sources ouvertes comme les articles publiés sur Internet, dans les magazines, les sites sociaux et de chat, ainsi que les études universitaires et gouvernementales non classées confidentielles. À cela s’ajoute un réseau de ressources humaines composé d’informateurs répartis autour du monde et ayant des antécédents dans le milieu sécuritaire, militaire, économique, informationnel ou académique. STRATFOR diffuse ses rapports sous forme de correspondances auprès de 300.000 abonnées et un peu plus de deux millions d’agents de courriel qui reçoivent gratuitement les «mises à jour» de la société.

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Dans son activité de renseignement, STRATFOR compte sur un groupe d’agents appelés «sources» dont le travail consiste à recueillir les informations et à mobiliser d’autres agents. La «source» obtient un salaire modulable selon l’importance de l’information obtenue. Et ces «sources» travaillent selon la pratique traditionnelle du renseignement, soit sous couverture diplomatique, journalistique ou académique. Les rapports de la «source» sont envoyés périodiquement par le courrier électronique au secteur des «Analystes» qui procèdent à l’évaluation de l’information, son analyse et sa classification, puis à son envoi par courrier électronique à d’autres listes d’adresses selon la catégorie de l’information (économique, politique, sécuritaire, terrorisme, etc.), la localisation géographique (Moyen-Orient, Asie Centrale, Amérique Latine, etc.) et son importance (l’importance de l’information se classe entre des notes allant A à F, la note A représentant l’information importante et la note F l’information sans intérêt). Les sources sont, elles aussi, classées selon une gradation préétablie de conditions comme sa crédibilité et son degré d’investissement à servir la société en informations.

Le deuxième flux d’informations est véhiculé par les «Contrôleurs» (Monitors) qui compilent les articles et les études publiées sur les journaux et sur internet et les envoient à l’«Officier de contrôle ».

Le travail de cet «Officier de contrôle» est central, puisqu’il procède au filtrage et à la catégorisation des informations en provenance des «Contrôleurs» par le biais du groupe des «Analystes» et à partir des «sources». Par la suite, il se charge de les envoyer à un certain nombre de listings de courriels en vue d’une évaluation et d’une analyse. Certains de ces listings de messagerie sont confidentiels, réservés aux analystes et directeurs de la société, d’autres ne le sont pas, en ce sens qu’elles atterrissent chez tous les employés de la société en tant qu’information.

Ensuite vient le tour des analystes qui procèdent à la collecte de tous ces renseignements et informations, puis les envoient au service de rédaction se chargeant de la mission de mettre en forme les rapports de renseignement avant de les vendre aux clients de la société. (Source : www.nawaat.org un des 25 médias partenaires de WikiLeaks).

 

Image

L’email ayant l’ID 286265, envoyé le 21 juillet 2009 à zucha@stratfor.com nous présente les guides du contrôleur de Stratfor répartis autour du monde. Le guide complet est composé de 6 fichiers (en anglais), chacun de ces fichiers est destiné aux guides dans une région précise.

Stratfor a divisé le monde en cinq régions, l’Europe-Asie, le Moyen-Orient et l’Asie centrale, l’Afrique, l’Asie orientale et l’Amérique latine ; aujourd’hui, on va présenter une partie du guide destiné aux contrôleurs dans la région Europe-Asie, la partie qui concerne les contrôleurs en France.

Le document original du site WikiLeaks et accessible ici.

FW: Guide du Contrôleur (Monitor).

Email-ID 286265
Date 2009-07-21 02:01:51
A zucha@stratfor.com

Fichiers attachés.

# Nom du fichier Volume
20529 20529_Eurasia.doc 117.5KiB
20531 20531_mesa.doc 123.5KiB
20532 20532_Africa.doc 144KiB
20534 20534_East Asia.doc 121.5KiB
20537 20537_briefers.doc 43KiB
20539 20539_Latam.doc 107KiB

FRANCE :

Sécurité

  • Protestations des musulmans, les groupes musulmans, tout sur les musulmans… Cela inclut également tous les mouvements du gouvernement pour freiner le port du foulard et les interdictions de constructions de mosquées.
    Les attaques de l’extrême-droite anti-migrants. Déclarations des groupes politiques d’extrême droite.
    Les actions des syndicats, toutes les allusions à d’éventuelles émeutes ou grèves.
    Le crime organisé dans le sud de la France, toute information en relation avec Marseille.
    Les nouvelles lois et règlements anti-terroristes.
    Les mouvements séparatistes :  Basques et Corses.

Politique

  • Toutes les élections doivent être surveillées attentivement, y compris les élections régionales mineures qui peuvent annoncer des changements dans l’opinion publique.
    Nous avons besoin de surveiller ce qui se passe avec le Parti socialiste. Guerre de leadership et ainsi de suite.
    Les choses qui peuvent sembler être des histoires d’ « intérêt humain », comme qui couche avec qui et ainsi de suite, important en France. Je voudrais savoir si quelqu’un avait des aventures au sein du (texte manquant, ndlr).
    Surveillez tout ce que le Ministre de l’Intérieur dit, il contrôle une grande partie de ce qui se passe dans le pays, en plus est en charge de l’appareil de sécurité intérieure, qui est probablement le plus puissant en Europe.
    Traquez les mouvements antimondialisation, ATTAC et autres ONG.
    Tous signes d’éventuelles acquisitions militaires ou de réarmement.

Relations Internationales

  • La France a des relations avec TOUT LE MONDE. Nous avons besoin de savoir où les responsables français du Ministère des Affaires Etrangères vont et ce qu’ils font là-bas.
    La France et l’Afrique, bien qu’il y ait beaucoup moins d’activité de la France en Afrique, ils ont encore beaucoup d’intérêts clés, surtout dans des endroits comme le Niger où Areva dirige pratiquement le pays. Mais la nouvelle base française aux Emirats Arabes Unis est emblématique d’une réévaluation française de sa politique étrangère, dans les deux activités à cette nouvelle base et le mandat d’évolution dans l’ensemble, en regardant de près.
    Tout ce qui se passe entre la France et l’Iran est d’un intérêt particulier.

Relations U.S./France :

  • Nicolas Sarkozy est une bonne impulsion sur ce qui se passe en France, particulièrement en ce qui concerne les États-Unis. Essayons d’avoir une idée de ce qu’il pense sur les États-Unis.
    Toutes les initiatives prises par la France sur l’Iran, la Russie, la Corée du Nord, l’Afrique, qui pourrait être faites à la demande des États-Unis. Nous devons être conscients de ce que fait la France et ce qu’elle pourrait faire pour les États-Unis.
    Concurrence entre Airbus et Boeing.
    Concurrence entre Areva et GE (pas vraiment une compétition, Areva a botté le cul de GE).

Relations Russie/France :

  • Toutes les visites de dirigeants français en Russie.
    Affaires commerciales, en particulier le secteur de l’énergie doit être surveillé attentivement.
    Les actions françaises dans la périphérie russe (Caucase, Asie centrale, la Biélorussie) doivent être suivies attentivement.

Relations Union Européenne/France :

  • Ce que dit Sarkozy sur le dernier président de l’Union Européenne.
    Tout signe de clivages entre la France et l’Union Européenne. Comme avec l’Allemagne: surveiller toutes les déclarations qui semblent inhabituelles, ou qui semblent en confrontation soit avec la Commission Européenne, la France, la Banque Centrale Européenne, ou la Cour de Justice de l’Union Européenne. Les déclarations du premier ministre sont particulièrement importantes.
    Les agendas soutenus par la France à l’intérieur de l’Union Européenne ? En relation avec l’énergie nucléaire.

Économie :

  • Nous sommes au milieu de la récession, TOUT est essentiel. Lorsqu’une nouvelle donnée sera publiée, elle devra être portée à notre attention.
    Les faillites et les sauvetages bancaires sont importants.
    Toutes les affaires nucléaires ou militaires à l’étranger.

STRATFOR.

Ici pour consulter l’article original – auteur, W:
https://operationleakspin.wordpress.com/2012/03/02/the-global-intelligence-files-la-france-espionnee-par-les-controleurs-de-stratfor/

Et ici sur le forum de WikiLeaks: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,9010.0.html

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