Pourquoi 93% de la jeunesse irakienne considère les Etats-Unis comme leur ennemi?

« Les Irakiens en dessous de l’âge de 25 ans n’ont pas connu un seul jour sans que leur pays ne soit bombardé, sanctionné ou occupé par les Etats-Unis. C’est peut-être pourquoi 93% d’entre eux considèrent les Etats-Unis comme leur ennemi », explique la vidéo.

JH interrogé dans la vidéo: « Bien sûr, les Américains sont l’ennemi de l’Irak. Tout ce qui arrive dans notre pays, depuis les attentats jusqu’aux assassinats, les Etats-Unis l’ont même planifié avant l’occupation ».

« Alors, pourquoi les Etats-Unis ne peuvent-ils pas quitter l’Irak? » demande Dena Takruri, en expliquant la place géostratégique du pays pour les Etats-Unis en remontant au début des années 1980 et en expliquant les rapports de force régionaux entre Iran, Arabie Saoudite et Irak.

La situation géostratégique s’est perpétuée jusqu’à aujourd’hui, avec la montée de l’Etat Islamique favorisée par d’anciens soldats de l’armée irakienne qui se sont brutalement retrouvés sans emploi avec la chute de Saddam Hussein après l’invasion américaine.

Source: http://www.juancole.com/2016/05/iraqi-youth-think.html

L’ambassadeur saoudien à l’ONU interrogé pour savoir pourquoi la démocratie est bonne en Syrie, mais pas en Arabie Saoudite

Trofire.com, 25 mars 2016

Lors d’une interview avec Mehdi Hassan d’UpFront [Al Jazeera], l’ambassadeur saoudien des Nations Unies a été interrogé au sujet des vues fermes du pays sur la participation des citoyens au sein du gouvernement.

Hasan a interrogé Abdallah al-Mouallimi sur les lois de l’Arabie Saoudite contre un citoyen appelant à une nouvelle forme de gouvernement.

« Pourquoi êtes-vous d’accord pour un gouvernement élu en Syrie, mais pas pour un gouvernement élu en Arabie Saoudite? »

Al-Mouallimi a déclaré que le peuple d’Arabie Saoudite se sentait bien avec son système de gouvernement tel qu’il est. Quand Hasan a demandé comment l’ambassadeur pouvait le savoir, compte tenu des lois restrictives qui empêchent de parler au sujet du gouvernement, al-Mouallimi a suggéré qu’Hasan aille le demander aux gens de façon anonyme. Il a exprimé son assurance [en affirmant que], bien que la population de l’Arabie Saoudite ne reçoive aucun choix en la matière, ils sont satisfaits de leur gouvernement.

Voir la vidéo.

Lire la suite de l’article: http://trofire.com/2016/03/25/u-n-saudi-ambassador-asked-democracy-good-syria-not-saudi-arabia/

Mads Andenæs, du Groupe de Travail de l’ONU sur la Détention Arbitraire, explique le cas Assange

Interview publiée le 15 mars 2016 dans Pravda Report

L’avocat norvégien, le Professeur Mads Andenæs, est un juriste chercheur et Rapporteur Spécial de l’ONU sur la détention arbitraire; il siégeait depuis 2009 au Groupe de Travail des Nations Unies sur la Détention Arbitraire (GTDA), un panel d’experts qui a appelé les autorités suédoises et britanniques à mettre un terme à la privation de liberté de Julian Assange, à respecter son intégrité physique et sa liberté de mouvement, ainsi qu’à lui laisser la possibilité de réclamer des compensations.

Julian AssangeM. Assange, tout d’abord détenu en prison puis assigné à résidence, s’est réfugié à l’intérieur de l’Ambassade d’Équateur à Londres en 2012 après avoir perdu son appel devant la Cour Suprême du Royaume-Uni contre son extradition vers la Suède, où une enquête judiciaire a été initiée contre lui en rapport avec des allégations de comportement sexuel illégal. Toutefois, il n’a pas été formellement mis en accusation.

Dans le rendu de son opinion officielle, le Groupe de Travail a considéré que M. Assange avait été soumis à diverses formes de privation de liberté: la détention initiale à la prison de Wandsworth à Londres, suivie d’une assignation à résidence puis ensuite la réclusion dans l’ambassade équatorienne.

Selon un communiqué de presse émis par le Bureau de l’ONU du Haut Commissaire aux Droits de l’Homme (OHCHR), les experts ont également conclu que la détention était arbitraire parce que M. Assange avait été détenu en isolement à la prison de Wandsworth, et à cause de la négligence du Bureau du Procureur suédois dans ses investigations, qui ont abouti à sa longue privation de liberté.

Le Groupe de Travail a, en outre, établi que cette détention viole deux articles de la déclaration Universelle des Droits de l’Homme, et six articles de la Convention Internationale sur les Droits Civiques et Politiques.

M. Assange, fondateur et rédacteur de WikiLeaks, a par ailleurs dévoilé plus de 250 000 câbles diplomatiques secrets et confidentiels, émis par des ambassades US tout autour du monde.

Dans cette interview exclusive, le Professeur Andenæs commente sa participation au Groupe de Travail de l’ONU, expliquant pourquoi le panel défend la liberté pour M. Assange, et en présentant les considérations juridiques entourant l’affaire.

« Il y a de nombreuses fautes de procédure qui ont été commises par les autorités », affirme le Professeur, qui commente également son point de vue sur le rôle que joue le fondateur de WikiLeaks dans la politique internationale, sur l’importance de la solidarité mondiale envers lui, et comment il considère les récentes révélations de WikiLeaks: l’espionnage US du Secrétaire-Général de l’ONU Ban Ki-Moon et de la Chancelière allemande Angela Merkel.

Le Professeur Andenæs, qui présente également dans cette interview sa perception de la couverture médiatique mainstream concernant l’affaire Assange, est professeur à la Faculté de Droit de l’Université d’Oslo, l’ancien directeur de l’Institut Britannique de Droit International et Comparatif à Londres et l’ancien directeur du Centre de Droit Européen de King’s College, à l’Université de Londres. Il est aussi Chargé de Recherche à l’Institut de Droit Européen et Comparatif de l’Université d’Oxford, et Chargé de Recherche Principal à l’Institut d’Études de Droit Avancé de l’Université de Londres.

Il a été le Rédacteur-en-Chef du Trimestriel de Droit International et Comparatif (Cambridge University Press), Rédacteur-en-Chef de la Revue de Droit des Affaires Européen (Kluwer Law International) et présent dans les conseils de rédaction de dix autres journaux et séries de livres, dont la Série Nijhoff sur le Droit Commercial International.

Il est Membre Honoraire de la Société d’Études de Droit (Royaume-Uni), Membre de l’Académie Internationale de Droit Commercial et du Consommateur (où il est membre du conseil), Membre Honoraire de l’Institut Britannique de Droit International et Comparatif, et Membre de l’Académie Royale des Arts.

Il a été Secrétaire Général de la Fédération Internationale de Droit Européen de 2000 à 2002, Secrétaire de l’Association Britannique de Droit Européen de 1997 à 2008 et Secrétaire du Comité Britannique de Droit Comparatif de 1999 à 2005. Il a été le Président de l’Association des Instituts de Défense des Droits de l’Homme en 2008.


Edu Montesanti (EM): Cher Professeur Mads Andenæs, merci d’accorder cette interview. Pouvez-vous s’il vous plaît nous parler de vos travaux au sein du Groupe de Travail sur la Détention Arbitraire (GTDA), pendant la phase initiale de l’affaire Assange devant les Nations Unies (ONU)?

Prof. Mads Andenæs (MA): Je siégeais au Groupe de Travail de l’ONU quand la plainte a été reçue, et que les échanges entre l’ONU et les parties se sont déroulés. Je n’ai pas pris part aux discussions du Groupe de Travail qui ont abouti à l’opinion sur l’affaire Assange. Mon mandat s’est terminé en août 2015, et la décision a été rendue en février 2016.

EM: Pourquoi vous positionnez-vous en défense de M. Assange?

MA: Je me suis exprimé en soutien à l’opinion rendue par le Groupe de Travail de l’ONU. M. Assange est en état de détention arbitraire, le Royaume-Uni et la Suède devraient se plier à la décision de l’ONU à leur encontre et prendre les mesures nécessaires pour mettre un terme à cette détention.

EM: S’il vous plaît, Professeur, veuillez spécifier les accusations contre Julian Assange, et qui sont ceux qui les portent contre lui.

MA: L’affaire actuelle où il est question d’extradition concerne des allégations de comportement sexuel illégal. Évidemment, les allégations relatives à WikiLeaks comprennent un puissant intérêt pour l’appareil sécuritaire de nombreux pays.

La crainte est qu’il ait été permis que celui-ci influence le processus et l’issue de la première affaire.

EM: Comment percevez-vous les allégations de Washington selon lesquelles Assange a mis en péril la sécurité des USA?

MA: Ce sont des allégations qui sont habituellement présentées face à l’exercice du droit à présenter des informations et du droit à la liberté d’expression. Il y a toutes les raisons d’être sceptique de ces présomptions.

EM: Comment percevez-vous la décision de l’ONU en faveur de la libération de M. Assange?

MA: C’est très clair. Le GTDA de l’ONU avait à trancher sur deux questions. La première, décider s’il y avait eu une « privation de liberté » plutôt qu’une « restriction de liberté ». La deuxième, décider si cette privation de liberté était « arbitraire ».

Le GTDA de l’ONU a clairement accepté l’argument que les conditions dans lesquelles vit Assange n’ont pas été imposées par lui-même, c’est-à-dire que s’il faisait un pas dans la rue, il se ferait arrêter. Il y a aussi eu un « échec substantiel » de la part des autorités « pour exercer une diligence raisonnable » dans « l’exercice de l’administration judiciaire » (par. 98).

La frontière entre une « restriction de liberté » et une « privation de liberté » est finement définie dans la jurisprudence européenne des droits de l’homme. La privation de liberté ne consiste pas seulement en des conditions aisément reconnaissables d’incarcération par l’Etat. Il faut prendre en compte le laps de temps qu’Assange est resté à l’intérieur de l’ambassade équatorienne, et ses circonstances présentes.

La liberté doit pouvoir être exercée dans l’immédiateté. Quand l’exercice d’une telle liberté aurait des résultats particulièrement coercitifs, tels que davantage de privations de liberté ou la mise en péril d’autres droits, cela ne peut être décrit comme la pratique de la liberté. Le fait qu’Assange résiste à une arrestation ne résout pas le problème, puisque cela entendrait que la liberté est un droit conditionné par sa coopération.

Assange n’est pas libre de quitter l’ambassade équatorienne de son propre gré. Il craint l’extradition vers les USA et un procès pour son implication avec WikiLeaks. Les autorités suédoises ont refusé de fournir des garanties de non-refoulement qui répondent à cette crainte. La détention d’Assange est « arbitraire ». Une raison en est qu’elle est disproportionnée.

Il existe d’autres moyens de procédure moins restrictifs. Avant d’émettre un Mandat d’Arrêt Européen, les autorités suédoises auraient pu suivre la pratique courante d’interviewer Assange dans une salle d’entretien de la police britannique.

Après qu’Assange eut établi résidence dans l’ambassade équatorienne ils auraient pu compter sur des protocoles « d’assistance mutuelle », interroger Assange par liaison vidéo, et lui offrir une chance de répondre aux allégations portées contre lui.

EM: S’il vous plaît, Professeur Andenæs, clarifiez le terme de « privation de liberté ».

MA: La Convention Internationale de l’ONU sur les Droits Civiques et Politiques et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme interdisent les privations arbitraires de liberté dans leur Article 9. C’est plus qu’une simple « restriction de liberté ». Cela inclut l’assignation à résidence.

EM: Quelle est votre opinion sur le choix du Royaume-Uni et de la Suède de ne pas respecter la décision de l’ONU?

MA: Les décisions rendues par le GTDA de l’ONU ne sont pas toujours suivies par les Etats, mais elles aboutissent rarement en des attaques aussi personnelles, telles que celles faites par des politiciens britanniques après la délivrance de l’opinion sur Assange.

Je sais que les mots employés par le Ministre des Affaires Étrangères et par le Premier Ministre n’étaient pas ceux qui ont été fournis par les fonctionnaires qui sont conseillers sur les droits de l’homme et sur le droit international. Les politiciens britanniques ont visé à affaiblir l’autorité de cet organe de l’ONU pour un bénéfice opportuniste à court terme.

Je crains que ces politiciens n’aient affaibli la possibilité, pour la communauté internationale, de protéger certaines des victimes les plus vulnérables aux violations des droits de l’homme.

Leurs paroles ont circulé au sein des Etats responsables des pires violations des droits de l’homme. Les paroles de ces politiciens britanniques coûteront des vies et de la souffrance humaine.

Le Royaume-Uni peut exercer des pressions pour glaner quelque soutien quand l’affaire est apportée devant le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, mais le Royaume-Uni sera assurément critiqué par d’autres Etats pour sa réaction, et le méritera clairement.

Les dommages causés au Royaume-Uni à l’ONU et à son autorité morale en matière des droits de l’homme sont un autre sujet, mais il ne fait pas de doute sur les dommages faits à l’autorité du Royaume-Uni.

EM: S’il vous plaît, Professeur, pouvez-vous commenter le statut actuel de l’enquête « préliminaire » en Suède, ainsi que la « mise en accusation en attente » US contre WikiLeaks.

MA: Pour ceux qui sont convaincus qu’Assange est coupable de viol, que vous pensiez ou non qu’il fait son intéressant en résistant délibérément à son arrestation (ce qui n’est pas mon cas), le fait demeure que les autorités pourraient employer des moyens moins restrictifs sans compromettre l’enquête initiale sur les allégations portant sur son comportement sexuel en Suède.

C’est le moment de nous rappeler qu’Assange n’a pas été déclaré coupable de viol: à ce stade, le procureur et les tribunaux en Suède ont établi que ces charges étaient peut-être fondées. Le Professeur Andrew Asquith, d’Oxford, a déclaré dans une Opinion d’Expert en 2011 à laquelle l’équipe d’Assange a fait référence, que « Je ne considère pas que le moindre des incidents allégués dans le contenu du Mandat d’Arrêt Européen (c’est à dire les allégations citées dans le mandat d’arrêt) suffise en lui-même à constituer un quelconque délit selon la loi britannique. »

Le Vice-Président de la Cour Suprême de Suède nous a rappelé que l’accusé est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité soit démontrée, et que lorsqu’il y a des déclarations contradictoires, il revient aux tribunaux de décider si les éléments requis pour une mise en accusation sont satisfaisants.

Les tribunaux suédois, ainsi que la majorité de la Cour Suprême suédoise, le Vice-Président n’était pas sur ce panel, ont fait savoir que le mandat d’arrêt, même s’il ne pouvait pas être exécuté contre Assange, limitait sa liberté d’une manière ouvrant la question de sa proportionnalité. La majorité a noté avec approbation que des mesures étaient désormais prises pour interroger Assange à Londres.

Avec le temps, la Cour Suprême suédoise pourrait bien voir croître sa sympathie pour le jugement dissident du Juge Svante Johansson, pour qui les conditions de l’enquête sont désormais disproportionnées (une opinion présentée par Anne Ramberg, directrice de l’Association du Barreau suédois et par le Juge Charlotte Edvardsson, Juge rapporteuse de la Cour Suprême, dans sa proposition (publique) au tribunal dans cette affaire).

Assurément, l’ancien Conseiller Juridique aux Nations Unies et Conseiller Juridique du Ministère des Affaires Étrangères de Suède, Hans Corell, a déclaré qu’il « ne comprend pas pourquoi le procureur n’a pas interrogé Julian Assange pendant toutes les années où il a été à l’Ambassade d’Équateur. »

Des esprits raisonnables et judiciaires ont divergé sur beaucoup de ces questions. Sans doute ont-ils été influencés par des opinions sur l’intégrité d’Assange lui-même. Mais les droits de l’homme ne sont pas conçus pour favoriser les plus populaires d’entre nous; ils sont conçus pour nous favoriser tous.

EM: Pourquoi pensez-vous que le gouvernement britannique agisse tellement en faveur des intérêts US dans cette affaire?

MA: WikiLeaks a fait des contributions très importantes à notre connaissance du processus diplomatique et politique. Elles ont changé ma perception d’événements majeurs et d’institutions. WikiLeaks fait qu’il est beaucoup plus difficile de nous manipuler.

La communauté du renseignement repose sur des méthodes de travail qui sont secrètement cachées. Il y a de puissantes forces institutionnelles qui veulent mettre un terme aux activités de M. Assange. Ceci est vrai pour de nombreux pays.

EM: Que pensez-vous de l’Équateur en ce qui concerne M. Assange, et de l’importance de la solidarité mondiale envers lui non seulement de la part d’autres gouvernements, mais aussi de la part d’activistes et des citoyens en général, Professeur Andenæs?

MA: Le gouvernement de l’Équateur a fait une contribution très importante à la protection d’une sphère publique internationale, ainsi qu’à la protection de la liberté de l’information, de la liberté d’expression et de la responsabilité face aux violations des droits de l’homme. Les expressions de solidarité en sa faveur, non seulement de la part d’autres gouvernements, mais également d’activistes et d’autres autour du monde sont très importantes.

EM: Comment évaluez-vous l’approche des médias grand public concernant les révélations de WikiLeaks, particulièrement en ce qui concerne la décision Assange?

MA: Je m’étais attendu à une défense plus musclée du droit à fournir des informations et à la liberté d’expression. Mais les médias dans tous les pays opèrent en interaction complexe avec les gouvernements, pour prendre en compte les intérêts de l’Etat de façons différentes. Selon moi, dans cette affaire, avec trop d’égards pour l’intérêt présumé de l’état.

EM: Quel est votre avis sur les récentes révélations de WikiLeaks d’espionnage US du Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon et de la Chancelière allemande Angela Merkel, pendant une réunion privée sur la stratégie face au changement climatique à Berlin, ainsi que du Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés?

MA: Elles révèlent des pratiques totalement inacceptables. Elles justifient également le travail de WikiLeaks.

Source: http://www.cercledesvolontaires.fr/2016/03/17/mads-andenaes-du-groupe-de-travail-de-lonu-sur-la-detention-arbitraire-explique-le-cas-assange/ et http://www.pravdareport.com/world/europe/15-03-2016/133811-assange_lawyer-0/

Traduit par Lawrence Desforges

Une déclaration de l’ONU considère certaines mesures de l’état d’urgence en France comme des « restrictions excessives »

Déclaration publique sur la loi relative à l’état d’urgence et sur la loi relative à la surveillance des communications électroniques internationales

GENÈVE (19/01/2015) – Plusieurs experts des Nations Unies* ont adressé au Gouvernement français une série de questions concernant la loi relative à la surveillance des communications électroniques et la loi sur l’État d’urgence. Ils ont indiqué que certaines dispositions de ces lois peuvent imposer des restrictions excessives et disproportionnées à l’exercice légitime du droit à la liberté d’expression, du droit à la vie privée, du droit à la liberté de réunion pacifique et la liberté d’association, rappelant l’obligation de l’État français de garantir une protection adéquate contre les abus lors du recours à des mesures d’exception et des mesures de surveillance dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Lire la suite: http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=16961&LangID=F#sthash.BTEXvIp1.dpuf source: https://twitter.com/laquadrature/status/689480085842321408

Exclusif: le gouvernement britannique exhorté à révéler son rôle dans l’accession de l’Arabie Saoudite au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies

arabie_saoudite_cameronPhoto: Le premier ministre David Cameron rencontre le ministre saoudien des affaires étrangères le Prince Saud al-Faisal au 10 Downing Street

Independent.co.uk, Adam Withnall, Charlie Cooper, 3 janvier 2016

Les leaders [du parti] Libéral Démocrate et du Green Party demandent à David Cameron de révéler si le gouvernement britannique a soutenu l’offre de l’Arabie Saoudite

David Cameron a été invité à « clarifier » le rôle que le gouvernement britannique a joué dans le vote en faveur de l’Arabie Saoudite au Conseil des droits de l’homme de l’ONU dans une entente secrète présumée.

Le gouvernement saoudien a exécuté 47 personnes, samedi, provoquant l’indignation à travers le Moyen-Orient et en suscitant un regain d’inquiétudes sur son bilan des droits de l’homme.

En réponse, les leaders [du parti] Libéral Démocrate et du Green Party ont exigé une enquête publique afin de déterminer si la Grande-Bretagne a été impliquée dans une entente secrète en échange du vote en 2013 pour assurer aux deux pays une place sur un panel influent de l’ONU.

Des câbles diplomatiques publiés par Wikileaks l’an dernier tendent à montrer que le Royaume-Uni a entamé des négociations secrètes, en demandant à l’Arabie Saoudite son soutien avant un scrutin.

Les échanges n’ont jamais été commentés par les responsables britanniques. La Grande-Bretagne et l’Arabie saoudite ont tous deux plus tard été nommés parmi les 47 Etats membres du CDH de l’ONU à la suite du scrutin secret.

Après l’exécution de dizaines de personnes, y compris celle de l’éminent chef religieux chiite le cheikh Nimr al-Nimr, M. Cameron a été accusé par des militants des droits de l’homme de « fermer les yeux » sur les abus saoudiens.

Lire l’intégralité de l’article: http://www.independent.co.uk/news/uk/politics/uk-government-urged-to-reveal-its-role-in-getting-saudi-arabia-a-key-un-human-rights-role-a6794801.html

Le développement durable est un échec, mais il existe des alternatives au capitalisme

Partout dans le monde, les mouvements de justice environnementale mettent en difficulté le développement axé sur la croissance et le capitalisme néolibéral

capitalism isn't working

The Guardian, par Ashish Kothari, Federico Demaria et Alberto Acosta, le 21 juillet 2015

Face à l’aggravation des crises écologiques et économiques et à la misère sociale continuelle, les deux dernières décennies ont vu deux grandes tendances se dégager parmi celles qui cherchent la durabilité, l’égalité et la justice.

Il y a d’abord l’économie verte et les approches de développement durable qui dominent le prochain sommet sur le climat à Paris et les objectifs de développement durable (ODD) post-2015. À ce jour, ces mesures ont échoué à fournir une harmonisation de la croissance économique, du bien-être social et de la protection de l’environnement.

Les paradigmes de l’écologie politique, d’un autre côté, demandent des changements plus fondamentaux, en contestant la prédominance du développement axé sur la croissance et fondé sur les combustibles fossiles, le capitalisme néolibéral et les formes apparentées de ce qu’on appelle la démocratie représentative.

Cette quête sans fin pour la croissance verra l’autodestruction de la Grèce. (Jennifer Hinton à Athènes)

Les fausses réponses de l’économie verte

Si on regarde la politique environnementale internationale des quatre dernières décennies, le radicalisme initial des années 1970 a disparu.

Le document final du sommet 2012 de la Conférence Rio+20, L’avenir que nous voulons [UN.org], n’a pas réussi à identifier les racines historiques et structurelles de la pauvreté, de la faim, de la non-durabilité et de l’inégalité. Celles-ci comprennent: la centralisation du pouvoir de l’État, les monopoles capitalistes, le colonialisme, le racisme et le patriarcat. Sans diagnostic pour savoir qui ou quoi en est responsable, il est inévitable que les solutions proposées ne seront pas assez transformatrices.

Lire la suite: http://www.theguardian.com/sustainable-business/2015/jul/21/capitalism-alternatives-sustainable-development-failing

Un accord (Iran) en cache un autre (Grèce) et masque le troisième (Corée du Nord) – par Farid DAOUDI

800px-Iran_negotiations_about_Iran's_nuclearPhoto: Accords sur le nucléaire iranien (Wikipédia)

     Beaucoup de confrères de la presse internationale, experts patentés, critiques littéraires, attitrés ou non, seraient enclin d’avoir une réaction épidermique en pensant que les médias laissaient l’essentiel de côté. On a tendance à oublier que les sanctions ont été votées au Conseil de Sécurité par la Russie aussi, comme pour l’Irak et l’Afghanistan… ou encore pour la connivence USA-Russie concernant la Palestine. La presse ne retient que les contradictions actuelles entre ces deux pays. On oublie encore qu’il y a à travers le monde des dizaines et des dizaines de pays et de peuples qui aspirent à l’accès à la science, à la culture et à la suffisance matérielle… et que cela ne leur sera pas facilité par le condominium du monde par les membres permanents du C.S. et leurs alliés directs (Japon, Allemagne, Inde, Pakistan, Israël). Et on oublie le rôle révolutionnaire de la Corée du Nord. Kadhafi a renoncé à l’arme atomique et il a fini tué comme un chien par des agents spéciaux…  Que va-t-il advenir en Iran si le pays ne se couche pas progressivement devant les USA et la Russie ?

L’accord, neutralisant l’Iran à toute prolifération nucléaire militaire, milite pour un équilibre sécuritaire régional assez énigmatique pour la paix mondiale. La Russie, pour cause d’hégémonie, privilégiant, à raison, ses intérêts géostratégiques, est pour autant responsable de la situation présente: en échange de la promesse occidentale de la laisser accéder à l’Organisation Mondiale du Commerce, elle a voté et légitimé les sanctions contre l’Iran qu’il est si difficile d’annuler totalement.

Et en plus, elle s’est gardée anachroniquement de dénoncer le nucléaire israélien, fermant les yeux sur le droit des Palestiniens à se libérer par les armes. Selon la Russie, on peut revenir sur la coupure de l’Allemagne en deux en 1945 et sur beaucoup de frontières depuis 1945, mais s’abstenant de revenir sur la création malhonnête d’Israël par l’ONU coloniale de 1947.

Maintenant, la Russie sait qu’accéder à l’OMC, refuser unilatéralement de vendre des missiles  S-300 à l’Iran, n’empêche pas des « sanctions » économiques contre elle-même.

L’accord imposé ce 14 juillet à l’Iran est un accord inégal, au détriment de tous les pays non nucléaires et non balistiques. Les Iraniens ont accepté faute de mieux, pour le moment. La vérité est que tous les pays du monde ont droit de tirer profit de la science, y compris militairement: pourquoi le droit au nucléaire serait-il naturel pour un pays comme les USA qui ont assassiné des millions de personnes à travers le monde depuis 1945? Et pourquoi les 180 autres États de la planète devraient en être privés et au surplus soumis au bon vouloir de celui-ci?

Par-delà la situation actuelle une question se pose: un pays du poids démographique et industriel de l’Iran peut-il se développer en toute indépendance, face à un boycott des principales puissances du monde?

Malgré le blocus, Cuba a continué d’exister dans des conditions très difficiles. Mais ce pays n’a pas le poids démographique, l’importance économique et les richesses naturelles de l’Iran. De plus, Cuba est une île, alors que l’Iran est un État continental et maritime, frontalier avec cinq pays. Ce pays dispose aussi d’une certaine profondeur stratégique propre, augmentée par la géographie du culte Musulman Chi’ite. Seuls les Iraniens savent si, face aux « sanctions », le régime en place pouvait encore tenir cinquante ans comme à Cuba ou s’il devenait urgent de sauver l’économie.

Une autre forme de réponse à cette question nous est apportée par l’accord de l’Euro-groupe et de l’UE avec la Grèce. La mise sous tutelle de l’Ukraine par les USA et l’UE est encore une illustration de la politique internationale actuelle: le rapport des forces économiques et militaires continue d’être le moteur des relations internationales ; le respect de la souveraineté ne pèse rien. La Grèce est humiliée, soumise à un protectorat collectif européen: à qualification égale, ses citoyens auront un niveau de vie cinq fois inférieur à celui des Allemands et cela pendant au moins quinze ans!

Cela signifie que tous les peuples ne sont pas égaux, qu’il existe une science, une finance des « Blancs » et, une science, une économie, bridées et surveillées, pour les « Coloured nations ».

À l’occasion de cette longue négociation intra-européenne et de celle concernant la Corée du Nord, on assiste à un retour au premier plan de la scène de deux protagonistes vaincus lors de la Seconde guerre mondiale: l’Allemagne et le Japon. Aujourd’hui, le Japon réclame la restitution de Sakhaline ; demain, l’Allemagne rachètera à la Pologne ou exigera tout simplement le retour des « terres de l’Est ». Pour l’Allemagne et le Japon, les vainqueurs avaient effacé la dette et allégé les réparations… On craignait de les voir basculer vers le Pacte de Varsovie.

Résultat, l’Allemagne et le Japon profitent de plus de libertés que l’Iran dans le domaine nucléaire et balistique… Cela est possible parce que ces deux pays sont à présent des alliés dociles aux USA contre la Russie et contre les pays qui aspirent à un développement indépendant, voire à échapper au contrôle et aux limitations américaines. Face à ce bloc agressif, les pays du BRICS veulent une émergence soft, sans confrontation directe aux conséquences incertaines ;  c’est ce qui explique pourquoi les USA continuent de tancer la Russie à ses frontières, alors que celle-ci continue de proposer ses services contre le « terrorisme » dans le cadre de l’ONU dominé pourtant par les Américains.

Mais, tôt ou tard, le sentiment de démocratie internationale entre États imposera la suppression du pouvoir d’intervention en meute des cinq pays du Conseil de Sécurité (chapitre 7 de la charte de l’ONU) et plus particulièrement de liquider l’interventionnisme  des USA qui  contournent à leur convenance les « lois internationales » en recourant à des « alliances » qui n’ont jamais eu valeur de légitimation universelle, dans le respect de la souveraineté des États.

L’espoir d’un changement des relations internationales perdure. Les USA, confirmant ces dernières années leur pouvoir de destruction et de sédition, ont aussi montré au monde entier qu’ils ne peuvent pas remporter plusieurs conflits simultanés de faible ou moyenne intensité.

Ce fut notamment le constat de Che Guevara: ils ne peuvent pas vaincre partout en même temps ; ils ont toujours un point faible. Tout en maintenant les autres zones de conflit, c’est ce point faible qu’il faut enfoncer. Enfin, ce point faible peut être créé à l’initiative de forces révolutionnaires ou encore par d’anciens « valets de l’impérialisme » parvenus au pouvoir et confrontés à la nécessité de développer leur pays – l’attitude récente de l’Arabie saoudite est une ébauche encore incertaine de celles d’Omar Torrijos ou Manuel  Noriegua au Panama ou encore d’Hugo Chavez au Venezuela.

Le principe est simple: tout ce qui nuit aux USA devient bon pour le reste de l’humanité tant que ce pays s’obstinera à vouloir régenter la planète par ses moyens militaires et financiers. Faut-il multiplier les points chauds ou tièdes? La politique US fait toujours des victimes qui n’ont plus rien à perdre ; il faut leur parler, les soutenir. Il est temps pour la « communauté internationale » d’arrêter sa politique de doubles standards et de falsifier l’Histoire. De tout temps, celle-ci  a montré que la juste cause des opprimés  triomphe toujours  de  l’arbitraire; qu’intransigeance, partialité de la loi du plus fort, diplomatique ou militaire, ne rapportent que de faibles dividendes à des ambitions irrationnelles.  Un  processus salvateur: l’avènement d’un monde multipolaire, supplantant l’hégémonie étatsunienne et desservant un support éducatif décadent.

    Farid DAOUDI – Journaliste (Tlemcen-Algérie)

Du même auteur: « Le Liban insoumis » paru sur Alterinfo.net.

Oussama Ben Laden: Made in USA

par Jared Israël [Écrit le 28 Août 1998. Posté le 13 Septembre 2001] =======================================

Leaders d'Al-Qaïda (depuis la gauche), Ayman al-Zawahiri, Oussama Ben Laden et Mohammed Atef[Ce qui suit est un extrait de « L’illusion crédible », une étude de la couverture du « NY Times » sur les attaques de missiles américains en Afghanistan et sur une usine de comprimés au Soudan, en Août 1998 [cf. L’usine al-Shifa et l’Opération Infinite Reach]. Le texte complet peut être lu à http://emperors-clothes.com/articles/jared/sudan.html – Jared Israël]

La plupart d’entre nous n’ont jamais entendu parler d’Oussama Ben Laden avant le 21 Août dernier [cf. JT France 2 du 21 Août 1998], mais en disant qu’il était « l’organisateur par excellence et un financier du terrorisme international dans le monde d’aujourd’hui », le président Clinton a évoqué des images de rage et de chaos aléatoire qui semblaient justifier une action rapide, forte.

On nous a dit que la cible principale de l’attaque au missile était non seulement Ben Laden, mais: « … les installations et les infrastructures terroristes en Afghanistan. Nos forces ont ciblé une des bases terroristes les plus actives dans le monde… un camp d’entraînement pour littéralement des milliers de terroristes du monde entier ». (NY Times, 21/08/98, p. A12).

Ce thème – selon lequel il y a une organisation terroriste qui relie la base terroriste en Afghanistan avec une usine terroriste au Soudan – est répété tout au long du NY Times du 21 Août.

La « base terroriste » afghane est bien sûr le point fort de Clinton. Une «base terroriste» est un lieu où les terroristes préparent la guerre; une «base terroriste» est un jeu équitable. Les usines, d’autre part, sont un problème. Les Américains sont dégoûtés par les bombardements des usines et le fait de brûler la peau du dos des travailleurs. L’astuce, c’est: de relier la base à l’usine.

Voici l’argument: les terroristes, financés par le riche Oussama Ben Laden, cerveau des attentats de l’ambassade, ont construit un complexe de camps d’entraînement terroristes en Afghanistan. Les États-Unis, ennemi juré de la terreur, ont roulé leurs manches et détruit ces camps d’entraînement et aussi une usine appartenant à Ben Laden au Soudan. Les États-Unis ont ainsi envoyé un message aux terroristes partout dans le monde. Ils peuvent lire nos missiles. Ils seront traqués et détruits sans pitié. Les États-Unis sont à leur poste.

Mais attendez. Que faire si les camps d’entraînement ont été faussement représentés? Que faire s’ils avaient été construits par le gouvernement américain? Que faire si Ben Laden et ses associés étaient en fait de vieilles mains de la CIA?

Ce serait un peu maladroit, n’est-ce pas?

Si cela était vrai, et si le Times savait que c’était vrai le 21 Août [1998], est-ce que la défaillance du Times à imprimer ces informations sur la première page ne constituent pas une trahison profonde de la confiance?

Mais c’était alors, et c’est maintenant…

Le complexe attaqué par les États-Unis, le 20 Août, est situé près de la frontière pakistanaise:

 »Les camps, cachés dans des montagnes escarpées et des vallées très profondes de la province de Paktia, étaient le lieu où l’ensemble des sept leaders du rang de la résistance afghane ont maintenu un siège souterrain et des stocks d’armes clandestins lors de leur guerre acharnée et finalement victorieuse contre les troupes soviétiques de décembre 1979 à Février 1989, selon les anciens combattants du renseignement américain… La résistance afghane a été soutenue par les services de renseignement des États-Unis et de l’Arabie Saoudite… [et ce camp représente] le dernier mot dans les techniques d’ingénierie de l’OTAN ». (NY Times, 24.08.98, p.A1 et A7.)

Et les «combattants de la résistance» que les États-Unis ont soutenu dans la guerre en Afghanistan pendant les années 80?

« Certains de ces mêmes guerriers qui ont combattu les Soviétiques avec l’aide de la CIA se battent maintenant sous la bannière de M. Ben Laden. » (Ibid., P.A1)

Alors. Ces personnes, que le gouvernement américain qualifie des pires terroristes dans le monde, ont été mis en place dans ce boulot par le gouvernement américain. Et le Times le savait, le 21 Août, quand il a consacré de nombreux articles à la couverture des attaques de missiles. L’équipe du Times a choisi de retenir cette information critique face au public.

L’article du 24 Août, cité ci-dessus, a involontairement trahi la méthode par laquelle le parrainage de Ben Laden par le gouvernement américain est justifié. Quand les États-Unis ont ouvertement soutenu Ben Laden et ses amis, ils avaient reçu l’étiquette («combattants de la résistance»), de sorte qu’ils étaient ok. Maintenant, ils ont reçu un nouveau label («terroristes») et ils sont ainsi transformés. Le gouvernement américain est absous de toute culpabilité, parce que les gens qu’ils ont soutenu dans le passé ne sont pas ces terroristes qu’ils bombardent aujourd’hui, ils étaient ces combattants de la résistance. Incroyable.

« Quand j’utilise un mot, « Humpty Dumpty répondit d’un ton assez dédaigneux, que «cela signifie juste ce que je veux qu’il dise — ni plus ni moins ». (Lewis Carroll, De l’autre côté du miroir, ch. 6. )

Une fois renommés, ces personnes, ou quoi que ce soit ou qui que ce soit que le gouvernement américain accuse d’être lié à ces personnes, peuvent être bombardés. Pas besoin de discussion à l’ONU, pas besoin de preuve, pas besoin de rien: les Etats-Unis sont l’enquêteur secret, le juge inflexible, le jury impartial et le bourreau invincible, tous sanctifiés par la lutte contre le «terrorisme».

Ben Laden va avoir son label modifié pour revenir au « combattant de la résistance » lorsque le gouvernement américain exigera une fois de plus ses services?

Cela peut sembler absurde. Mais considérez que l’Armée de libération du Kosovo (UÇK) a fait une telle transformation – en fait, les gens de l’UÇK ont non seulement passé [du statut] de terroristes à des combattants de la liberté, mais ils ont passé tout le chemin de terroristes/trafiquants de drogue jusqu’à bâtisseurs de la nation. Et d’ailleurs, il a largement été rapporté que les terroristes fondamentalistes islamiques ont contribué à la formation et se sont battus aux côtés de l’UÇK. Ces aides de l’UÇK incluent apparemment les associés d’Oussama Ben Laden. Alors, peut-être que Ben Laden a été réhabilité et déjà re-transformé (!). [Voir la note A]

Lire la suite de l’article: http://emperors-clothes.com/articles/jared/madein.htm

La CIA a violé la Convention sur les attentats terroristes – le cas de l’assassinat d’Imad Mughniyeh

par Kevin Jon Heller, 31 janvier 2015

Le Washington Post a un long article aujourd’hui sur la façon dont le Mossad et la CIA ont collaboré pour faire exploser le chef  des opérations internationales du Hezbollah en 2008 […]

mughniyehL’article aborde la légalité de l’assassinat de Mughniyeh, avec les États-Unis qui font valoir que c’était un acte légal de légitime défense en vertu de l’art. 51 de la Charte des Nations Unies et Mary Ellen O’Connell affirmant que c’était de la perfidie. Les lecteurs réguliers anticiperont mon scepticisme à l’égard de la première déclaration, et il n’y a tout simplement aucun appui dans le droit humanitaire international pour la deuxième déclaration. La perfidie est un acte « invitant la confiance d’un adversaire pour le conduire à croire qu’il a droit à, ou qu’il est obligé d’accorder une protection en vertu des règles du droit international applicable dans les conflits armés, avec l’intention de trahir cette confiance. »

Le Mossad et de la CIA n’ont rien fait de la sorte. Le Mossad et la CIA ont toutefois violé la Convention internationale pour la répression des attentats terroristes, ratifiée par Israël le 10 Février 2003 et par les Etats-Unis le 26 Juin 2002. Je ne veux pas m’attarder sur le Mossad dans ce post; l’analyse est la même que celle que j’ai apporté ici à l’égard de leur assassinat de scientifiques nucléaires iraniens. Au lieu de cela, je veux me concentrer sur la complicité des Etats-Unis dans la mort de Mughniyeh.

Lire la suite: http://opiniojuris.org/2015/01/31/cia-violates-terrorist-bombing-convention/

Source: https://twitter.com/opiniojuris/status/561567522957565952

Les agents de la CIA qui ont torturé sont vulnérables à des poursuites dans « n’importe quel pays du monde », a dit un responsable de l’ONU

Prisonniers de Guantanamo

Par Mick Krever, CNN

Les agents de la CIA qui ont torturé les détenus peuvent être poursuivis n’importe où dans le monde, a déclaré le Rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits de l’homme et le contre-terrorisme, Ben Emmerson, à Christiane Amanpour de CNN, jeudi.

« Ils sont considérés comme des crimes de guerre, ce sont des crimes relevant de la juridiction internationale, » a-t-il dit.

« N’importe quel pays dans le monde peut poursuivre les agents de la CIA impliqués dans cette activité, et l’Italie a déjà poursuivi, et condamné, 22 agents de la CIA, y compris le chef de poste [de la CIA] à Milan, et les a condamnés à des périodes importantes de prison par contumace. »

L’Italie a condamné les agents, y compris le chef de poste de la CIA, Robert Seldon Lady, à la prison par contumace en 2009 pour leur rôle dans la capture présumée par la CIA d’un religieux musulman dans les rues de Milan; les procureurs ont dit, là-bas, qu’Oussama Mustafa Hassan Nasr a été ensuite rendu au Caire, où il a été torturé.

Ce danger de poursuites, bien sûr, signifie que tout agent de la CIA impliqué dans le programme pourrait être arrêté, chaque fois qu’il ou elle quitte les Etats-Unis.

Un ancien procureur en chef à Guantanamo Bay, le colonel Morris Davis, a déclaré mardi à Amanpour que « mon conseil serait des vacances sur le territoire domestique. »

Lire l’intégralité de l’article: http://amanpour.blogs.cnn.com/2014/12/12/cia-agents-who-tortured-are-vulnerable-to-prosecution-in-any-country-in-the-world-says-u-n-official/