Million Mask March 2015 – Communiqué de presse officiel des Anonymous


Million Mask March, 5 Novembre 2015

AnonInsiders.net, le 23 juillet 2015

Bonjour au monde,

Nous sommes Anonymous.

Trop nombreux sont ceux d’entre nous qui luttent dans cette cacophonie de tromperie que nous imposent nos institutions gouvernementales détenues par des sociétés. Nous ne sommes en effet pas libres, mais serviles face aux institutions financières qui ont leurs toiles jetées sur toutes les facettes de la civilisation. L’argent qu’utilisent ceux qui ont le pouvoir pour propager votre esclavage n’est qu’une pure illusion. Ils créent votre valeur, votre fibre d’existence et la majorité d’entre nous sont sous contrôle. Cela doit changer.

Nous avons besoin de leurs machines. Nous sommes leurs machines. Ils dévorent les fruits de notre travail.
Nous avons eu une idée, et cette idée a grandi comme une traînée de poudre dans les cœurs et les esprits de l’humanité à travers le monde. Ils ont essayé de tuer cette idée, mais maintenant nous avons grandi plus forts que jamais. Nous sommes l’antibiotique pour guérir la maladie du cancer anti-humanitaire.

Nous ne prêchons pas depuis des socles élevés pour dire aux gens ce qu’il faut faire, parce que nous sommes vous. Nous devons tous travailler ensemble collectivement.

Les gens croient que nous ne disposons d’aucune réponse ou solutions, mais nous – les esprits techniques – l’avons réellement. La majorité d’entre nous croient en un gouvernement Open Source soutenu par une économie axée sur les ressources à l’échelle planétaire. Si un système d’exploitation informatique d’un ordinateur fonctionne mal, il est remplacé. Nous voyons les gouvernements comme des systèmes d’exploitation mondiaux défectueux, plein de bugs et de rapports d’erreur. Appuyer le bouton d’arrêt et simplement redémarrer ne va pas aider la manière dont sont corrompus ces systèmes d’exploitation devenus mondiaux. Le reformatage et l’installation d’un gouvernement humanitaire fondé en open source assurera l’égalité pour tous.

Nous sommes une seule espèce, et nous avons besoin d’évoluer en tant que telle. Il n’y a aucune raison pour qu’une élite choisie puisse en acquérir tellement, tandis que la majorité souffre quand nous avons la technologie qui permettrait à chaque homme, femme et enfant sur terre de vivre mieux que les 1%.

Ce 5 Novembre, marchez avec nous. Portez votre visage ou cachez votre identité derrière un masque.
Nous avons besoin de vous. Nous sommes vous.
Eux, ceux qui sont en charge de votre pays, ceux qui envoient les pauvres mourir dans des pays étrangers, en raison des ressources, en raison des rancunes, du racisme, et parce qu’ils le veulent; ce sont ceux qui ne changeront jamais.
Nous, le peuple, nous ne voulons pas la mort, nous ne voulons pas de leurs guerres d’usure. Nous voulons la paix, nous voulons que nos enfants vivent de plus en plus vieux en ayant un avenir. Nous devons nous battre pour notre avenir.

Nous devons évoluer au-delà de notre égoïsme et apprendre l’altruisme. Nous devons vivre jusqu’à devenir ce que nous sommes supposés être: humanitaires.

Nous sommes sur le point de percer des découvertes scientifiques incroyables dont toute l’humanité peut bénéficier. Ne prenons pas notre avidité dans l’univers avec nous. Nous ne voulons pas être un cancer malveillant dans l’immensité d’un bel univers inexploré.

Nous sommes la révolution.

Nous sommes Anonymous,

Attendez-vous à nous.

Source: https://anoninsiders.net/million-mask-march-2015-official-press-release-3089/

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Est-ce que les Anonymous travaillent pour le gouvernement américain?

Les Anonymous sont un collectif décentralisé de hacktivistes
Formé sur 4chan en 2003, ils sont maintenant un mouvement politique…
Qui lance des cyber-attaques contre des sociétés et des gouvernements
Officiellement ils travaillent pour la démocratie, contre le pouvoir en place
Toutefois, en 2012, le FBI a annoncé que le hacker « Sabu » des Anonymous…
… avait travaillé pour leur bureau pendant une année
Le vrai nom de Sabu est Hector Xavier Monsegur
La coopération de Monsegur a conduit à l’arrestation de 8 autres hackers Anonymous…
Privant le groupe de certains de ses meilleurs talents
Lors de son procès, le FBI a déclaré que Monsegur les a alertés sur les cibles des hackers…
Et a permis au gouvernement d’informer les victimes « autant que possible »
Toutefois, en 2014, les dossiers top secrets des historiques de conversation de Monsegur ont été divulgués
Ils révèlent que le rôle de Monsegur était de faire des listes de cibles potentielles…
Et de les transmettre à d’autres hackers, qui les attaqueraient
Il a fait tout cela en travaillant pour le FBI
Les milliers de cibles étaient pour la plupart des sites Web de gouvernements étrangers…
Dans des endroits comme le Brésil, la Syrie, l’Iran, le Nigeria, le Pakistan et la Turquie
Le FBI ne confirmera pas avoir eu connaissance des attaques orchestrées par Monsegur…
Mais les autres hackers prétendent qu’ils ont été emprisonnés à tort…
Parce que les crimes qu’ils ont commis ont été organisés par le FBI
Monsegur a été remis en liberté en échange d’avoir agi comme informateur du FBI
Il est juste l’un des dizaines de hackers Anonymous que le FBI a arrêtés
Mais par sa nature même, personne ne sait pour qui travaillent les Anonymous.

(youtube)

Anonymous à RT: « Internet a le pouvoir de faire tomber des régimes « 

Million Mask March, 5 novembre 2014

Des foules de gens qui portent des masques pour cacher leurs visages se sont mis à marcher paisiblement dans des centaines de villes dans le monde entier. Surnommée le « Million Mask March », l’action a été organisée par le groupe hacktiviste Anonymous. L’événement a lieu tous les ans le 5 Novembre en signe de protestation contre l’austérité, la surveillance de masse et les attaques contre la vie privée. RT parle à Old Holborn, un blogueur britannique et membre d’Anonymous. Il dit qu’ils veulent que les gouvernements laissent les gens en paix.

(youtube)

Sur Twitter: #MillionMaskMarch #MMM #OccupyDemocracy

Attention, si vous soutenez WikiLeaks: toutes vos données finiront publiées, comme celles des Anonymous

wikileaks_humour_anonymous

« Nous sommes Anonymous. Nous sommes Légion. Nous ne sommes personne et nous sommes tout le monde. Et nous sommes ici pour nous battre pour WikiLeaks.

WikiLeaks: Nouvelle publication. Noms, adresses, IPs et numéros de téléphone de tous les Anonymous. Télécharger maintenant.

…Bordel de merde, Julian. »

Source: http://www.zertrin.fr/wp/wp-content/uploads/2010/12/wikileaks.png

Julian Assange, en 2010: « Nous avons affaire aux agences de renseignement »

Câbles secrets américains-WikileaksQuels sont les liens de l’organisation WikiLeaks avec les services secrets, et plus largement avec les gouvernements? Ceci est une des questions que toute personne pourrait se poser, sans être forcément un analyste politique ou un journaliste confirmé. Dans le passé, Julian Assange avait lui-même déclaré « avoir affaire aux agences de renseignement ». C’était dans une interview du 15 août 2010, publiée sur le site d’informations suédois The Local. La phrase complète de Julian Assange disait:

Nous avons affaire à des organisations qui n’obéissent pas à la loi. Nous avons affaire à des agences de renseignement. (Source: The Local)

Depuis, il est assez étrange de contaster que le fondateur de WikiLeaks n’a jamais vraiment éclairci ces propos, car jusqu’à présent on ne sait pas exactement ce qu’il voulait dire par « avoir affaire » à des services secrets. S’agissait-il de simples négociations en vue de la publication d’un certain type de documents secrets, publiés en accord avec des personnes travaillant au sein des services secrets? Est-ce que des agences de renseignement ont donné des documents à WikiLeaks (comme cela a d’ailleurs été le cas avec le FBI pour les Syria Files, via l’intermédiaire du hacker Sabu)? Ou s’agissait-il, au contraire, de négociations par rapport à l’installation de WikiLeaks en Suède, qui pouvait poser problème aux services de renseignement face à une possible pression politique venant des Etats-Unis? L’article n’est pas suffisamment précis à ce sujet, et c’est dommage de voir qu’aucun journaliste n’a pensé depuis toutes ces années à poser directement ces questions à Julian Assange:

Quels sont vos liens avec les services secrets? Est-ce que WikiLeaks travaille depuis le début avec les services secrets? Quel est le but réel des publications? Y a-t-il un agenda gouvernemental derrière les révélations de WikiLeaks, comme on a pu le voir avec les événements du Printemps Arabe qui ont coïncidé avec la publication des câbles diplomatiques américains?

La question de certains supporters – sur l’un des forums principaux qui publient des informations sur WikiLeaks – est totalement justifiée, quant aux Syria Files:

Pourquoi WikiLeaks, sachant que les emails des Syria Files avaient été recueillis par un groupe de hackers des Etats-Unis/FBI, a tout de même publié les documents avec le risque que ceux-ci auraient pu être une fuite sous contrôle du gouvernement US? (Source: Wikileaks Forum)

Ceci nous ramène à l’interview du 15 août 2010 en Suède, avec ces propos de Julian Assange: « Nous avons affaire à des agences de renseignement. » Il est tout à fait possible que Julian Assange ait voulu dans ces propos faire allusion à des hackers qui, comme dans le cas des Syria Files, ont transmis des documents à WikiLeaks, tout en le faisant pour le compte d’un gouvernement. On ne saura sans doute jamais à quel niveau l’organisation WikiLeaks a établi des liens avec des services secrets ou avec des gouvernements. Ce qui est sûr, c’est que les représentants politiques font très peu de déclarations au sujet de WikiLeaks – et c’est donc d’autant plus difficile de savoir si les gouvernements se sentent réellemment menacés par cette organisation, ou bien s’ils l’utilisent plutôt comme un outil pouvant mener à des réformes et à des changements politiques.

Articles consultés:

« WikiLeaks va demander une licence suédoise » (TheLocal, 15 août 2010)

« Le chat entre Siggi et Sabu, et comment WikiLeaks a obtenu les Syria Files, et son implication avec Sabu » (Wikileaks Forum)

Un informateur du FBI, lié à des cyberattaques à l’étranger

Hector Xavier Monsegur a aide le FBI apres son arrestationPhoto: Hector Xavier Montsegur (Sabu) a aidé le FBI après son arrestation

New York Times, par Mark Mazzetti, 23 avril 2014

WASHINGTON – Un informateur travaillant pour le FBI a coordonné une campagne 2012 de centaines de cyberattaques sur des sites internet étrangers, dont certains exploités par les gouvernements de l’Iran, la Syrie, le Brésil et le Pakistan, selon des documents et des interviews avec des personnes impliquées dans les attaques.

Exploitant une vulnérabilité dans un logiciel d’hébergement web populaire, l’informateur a ordonné à au moins un pirate d’extraire de grandes quantités de données – de relevés bancaires jusqu’aux informations de connexion – des serveurs gouvernementaux d’un certain nombre de pays et de le transférer à un serveur contrôlé par le FBI, selon les déclarations de la cour.

Lire la suite: http://mobile.nytimes.com/2014/04/24/world/fbi-informant-is-tied-to-cyberattacks-abroad.html

Les opérations Anonymous, des opérations gouvernementales pour piéger les hackers?

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Depuis les années 80, les gouvernements livrent une bataille sans merci contre les hackers qui menacent leur ordre établi. Certains hackers ont eu des destins tragiques, certains sont morts et ont été assassinés, d’autres ont accepté de collaborer avec des gouvernements pour échapper à la prison ou pour rester en vie. On ne peut pas en vouloir à ceux qui ont dû travailler pour un gouvernement, si c’était une question de vie ou de mort. Néanmoins, cela montre à quel point les hackers sont menacés par les gouvernements, quels que soient leurs pays; à quel point ils sont les cibles des services secrets; et à quel point ils sont utiles au changement social, car même s’ils sont arrêtés, ils sont un moteur essentiel de la révolution dans le monde.

Les gouvernements préfèrent collaborer avec les hackers, plutôt que de les mettre en prison

Les hackers ont toujours eu des liens étroits, mais controversés, avec les gouvernements. Citons quelques exemples.

Tout d’abord, Julian Assange: avant d’être le fondateur de Wikileaks, Julian Assange a été un hacker, arrêté en 1991 lors de l’Opération Weather, condamné, puis relâché par la justice de son pays. Entre son arrestation en 1991 et son inculpation en 1994, avec 31 accusations criminelles, Assange n’aurait pas eu d’autre choix que de collaborer à l’époque avec les services secrets. Il a été libéré sous caution et n’a finalement obtenu qu’une simple amende, signe pour certains que Julian Assange a accepté de collaborer avec le gouvernement. Comme le souligne le journaliste Wayne Madsen, certaines attaques de hackers ont aussi servi à piéger les hackers et à infiltrer leurs groupes. On apprend dans le livre Underground (chap. 9) que la police australienne a demandé au personnel des universités visées par les attaques de hackers, de laisser les failles de sécurité afin de pouvoir surveiller à distance l’activité des hackers et les localiser en vue de leur arrestation. C’est ce qui aurait permis l’arrestation de Julian Assange. Wayne Madsen considère aussi que Julian Assange est toujours impliqué dans les activités du gouvernement australien et des services secrets, et que Wikileaks n’est que l’émergence de ce rôle.

De même, le hacker israélien Ehud Tenebaum n’aurait eu d’autre choix que de collaborer avec le gouvernement israélien après son arrestation en 1998.

Ce qui s’est produit dans les années 80 et 90 continue de se produire, et les hackers continuent d’être aujourd’hui piégés et recrutés par les gouvernements, notamment pour infiltrer « les systèmes des gouvernements étrangers« .

Dans l’affaire des mails Stratfor, publiés par Wikileaks, Jeremy Hammond a accusé le FBI d’avoir utilisé les hackers pour recueillir des informations sur les gouvernements étrangers et d’avoir été piégé par Sabu:

« Il est bien connu que Sabu a été utilisé pour monter des affaires contre un certain nombre de pirates, y compris moi-même. Ce que beaucoup ne savent pas, c’est que Sabu a également été utilisé par ses gestionnaires afin de faciliter le piratage de cibles de choix du gouvernement – y compris de nombreux sites web appartenant à des gouvernements étrangers (…)

Ce que les Etats-Unis n’ont pas pu accomplir par la loi, ils ont utilisé Sabu, et par extension, mes coaccusés et moi, pour l’accomplir illégalement ». (Hacker News Bulletin)

Jeremy Hammond a accusé le hacker Sabu, un informateur du FBI qui avait infiltré le réseau Anonymous, d’avoir permis au FBI d’arrêter un certain nombre d’autres hackers et d’avoir permis des procès contre eux. Sabu avait coordonné apparemment des attaques à la demande du FBI, il a aussi transmis les « Syria Files » à Wikileaks, mais il n’a jamais dit s’il avait fait cela à la demande du FBI.

On imagine bien qu’aux Etats-Unis, les peines contre les hackers sont très lourdes. Ceux qui ne négocient pas avec le gouvernement ont des risques de passer plusieurs années en prison, comme Jeremy Hammond.

Dernièrement, un hacker britannique de 28 ans, Lauri Love, risque l’extradition vers les Etats-Unis, ainsi que 10 ans de prison, pour avoir piraté des ordinateurs gouvernementaux.  Présenté comme « un hacker sophistiqué et prolifique » par les Etats-Unis, on imagine bien que son extradition pourrait intéresser les autorités américaines afin de pouvoir le recruter et de négocier sa peine en échange de ses services.

Tel est le destin des hackers, héroïque mais tragique quand on s’aperçoit que leur courage et leur intelligence sont utilisés parfois à de mauvaises fins par les gouvernements.

Anonymous Africa: après les guerres au Moyen-Orient, un projet contre les dictatures et la corruption en Afrique

Anonymous Africa, créé en juin 2013, est un exemple parmi d’autres de ces groupes de hackers qui peuvent être infiltrés par les gouvernements, soit en étant un groupe autonome indépendant d’un gouvernement, soit en étant un groupe soutenu et financé par un gouvernement sous une identité anonyme. Anonymous Africa est un site écrit dans un anglais parfait, faisant la promotion du logiciel TOR et qui ne semble pas avoir été vraiment revendiqué en Afrique. Les groupes Anonymous étant par définition anonymes et sans identité, il est d’autant plus difficile de savoir qui se cache derrière la multitude de groupes et de personnes qui appartiennent à ces réseaux.

Il est certain que lutter contre les dictatures en Afrique est difficile et qu’il vaut mieux rester anonyme quand on se lance dans ce genre de projets, et il est certain que c’est un projet noble de défendre la liberté d’expression, néanmoins la lutte contre la corruption et la lutte contre les dictatures ont souvent été jusqu’à présent soutenues par des gouvernements occidentaux. On s’en rappelle pour le Moyen-Orient, dont le projet de réforme et de démocratisation a été initié par George Bush. Il faut toujours percevoir l’agenda politique de ces groupes, car lutter contre les dictatures, c’est bien, mais si c’est uniquement pour servir les intérêts américains et les plans de guerre du Pentagone, ce n’est pas forcément servir la démocratie dans le monde.

Après la démocratisation du Moyen-Orient et le Printemps Arabe, où certaines attaques de hackers ont aussi ciblé des dictatures, la lutte contre les dictatures en Afrique pourrait bien apparaître, sous un certain angle, comme la continuité de ce projet occidental qui a été initié par les Etats-Unis: celui de la transparence politique et de la lutte contre la corruption dans des pays situés hors de la zone d’influence de l’Occident, en Afrique, au Moyen-Orient, en Russie ou en Asie. Le gouvernement américain a les moyens financiers et les capacités d’infiltrer ce genre de réseaux Anonymous, on comprend donc pourquoi c’est un outil facile à utiliser pour les gouvernements.

Les récentes attaques en Australie: quand Anonymous ne met pas tout le monde d’accord chez les hackers

Il y a quelques jours, Anonymous Indonesia a attaqué plusieurs sites australiens, le site de l’ASIS (les services secrets australiens) et 170 sites non-gouvernementaux. Il faut remarquer que certains groupes Anonymous ne sont pas toujours d’accord sur la cible des attaques informatiques. Bizarrement, alors que la majorité des hackers Anonymous ont pour projet de créer une société plus libre et plus égalitaire, le groupe Anonymous Australia a dénoncé les dernières attaques d’Anonymous Indonesia contre des sites australiens qui n’avaient pas de rapport direct avec les sites gouvernementaux. Alors, pourquoi dénoncer des attaques informatiques, quand on est un hacker?

« Ces sites que vous avez attaqué ne sont pas affiliés au gouvernement australien et doivent être laissés en paix » peut-on lire dans un communiqué. (The Australian)

On croirait presque lire un communiqué qui tente de dissuader sa population, comme pour dire « surtout ne faites pas la révolution ». Pirater, c’est pourtant le principe même qui permet aux Anonymous de protester virtuellement et de manifester leur présence en société. Les attaques contre des sites non-gouvernementaux sont donc des signes essentiels de cette protestation. Pourquoi Anonymous Australia tente-t-il de dénoncer ces attaques: est-ce qu’il dit cela avec sincérité, ou bien est-ce qu’il dit cela parce qu’il est infiltré ou qu’il agit au nom du gouvernement australien?

Y aurait-il deux voix différentes au sein d’Anonymous? Anonymous Australia défend-il vraiment la voix des hackers dans ce communiqué? Entre ceux qui défendent une révolution par les armes numériques, comme semblait le soutenir Julian Assange dans son livre, et ceux qui défendent des attaques ciblées, mais contrôlées, autrement dit des attaques sans danger fondamental pour l’ordre établi par la société – mais que veulent vraiment les hackers, la révolution ou pas?

Dans les années à venir, de plus en plus de hackers seront peut-être amenés à travailler pour des services secrets et pour des gouvernements, comme aux Etats-Unis, soit parce qu’ils y seront forcés, soit parce qu’ils auront été piégés dans des opérations de piratage, soit parce que certains d’entre eux auront reçu des offres financières suffisamment intéressantes de la part des gouvernements. Tandis que la France développe son budget de la défense, l’Union Européenne prévoit de créer un service comparable à la CIA. Avec l’affaire Prism, il y aura encore plus de surveillance et les gouvernements auront encore plus besoin de recruter des hackers. La seule question est de savoir comment les hackers utiliseront leurs talents: est-ce qu’ils sauront les utiliser en faveur de la démocratie? comment arriveront-ils à se libérer du pouvoir des gouvernements, malgré toutes les persécutions qu’ils subissent, et comment feront-ils pour réaliser jusqu’au bout leur idéal de révolution mondiale?

Ecrit par kimono