Un rapport confidentiel du gouvernement pakistanais confirme que des douzaines d’enfants ont été tués par des drones US

Drone américain

Par Kevin Gosztola, le 22 juillet 2013

Une évaluation produite par le gouvernement pakistanais sur des douzaines de frappes de drones menées par la CIA qui ne devait pas être rendue publique l’est devenue. Le document démontre que des douzaines d’enfants ont été tués par des drones entre 2006 et 2009.

Le rapport intitulé, « Détails d’Attaques par les Forces/Predators de l’OTAN dans les FATA (Federally Administered Tribal Areas, Zones Tribales d’Administration Fédérale, ndt) a été « obtenu de trois sources différentes », selon The Bureau of Investigative Journalism (Bureau de Journalisme d’Investigation, TBIJ, ndt). Il couvre soixante-quinze frappes de drones qui ont eu lieu entre le 13 janvier 2006 et le 24 octobre 2009.

TBIJ précise:

Tiré de rapports de terrain établis par des officiels locaux des Zones Tribales d’Administration Fédérale pakistanaises, le document liste plus de 70 frappes de drones entre 2006 et fin 2009 et un petit nombre d’autres incidents tels que des attaques attribuées à l’OTAN sans certitude et des frappes de forces non-spécifiées.

Sur 746 personnes listées comme tuées lors des frappes de drones, au moins 147 d’entre elles sont clairement définies par le rapport dévoilé comme étant de victimes civiles. Quelques 94 d’entre elles sont dites être des enfants.

Le document omet également de mentionner les détails concernant un certain nombre de commandants militaires gradés, connus pour être morts lors des frappes.

Une fois de plus, voici un exemple de comment une fuite peut avoir une immense valeur pour la compréhension du public vis-à-vis des opérations gouvernementales.

Les USA, comme le souligne avec justesse TBIJ,

Les chiffres enregistrés sont beaucoup plus élevés que ceux fournis par l’administration US, qui continue d’insister que pas plus de 50 ou 60 « non-combattants » ont été tués par la CIA au cours des neuf années de bombardements au Pakistan. Le nouveau directeur de la CIA John Brennan a décrit les allégations allant dans le sens contraire comme de « fausses interprétations intentionnelles ».

Pendant un temps de discussion sur Google+ le 30 janvier 2012, le président Barack Obama a affirmé que le gouvernement n’avait entrepris que des frappes « de précision » contre al-Qaeda et ses affiliés. Il a dit qu’il y avait une « perception » que les USA s’engageaient dans des volées de frappes « au petit bonheur » alors que ce qui se passait était un « effort ciblé » pour atteindre des personnes sur une liste, qui veulent frapper les Américains et les équipements américains.

Obama a aussi dit, selon un rapport de septembre 2012 du Center for Civilians in Conflict (Centre pour les Civils en Conflit, ndt):

Comme proposition générale… Je veux être sûr que les gens comprennent qu’en fait, les drones n’ont pas causé un grand nombre de victimes civiles. Pour la plupart, les frappes ont été des frappes précises, de précision contre al-Qaeda et leurs affiliés et nous faisons très attention à la manière dont elles sont accomplies.

Enfants tués au Pakistan par les drones américains

Par ailleurs, en 2009, Leon Panetta, alors directeur de la CIA et actuel ministre de la défense, a dit que les frappes aériennes au Pakistan étaient « très limitées en termes de dommages collatéraux ».

Voici les remarques de Brennan (John Brennan, actuel directeur de la CIA, ndt), au long de 2011:

Janvier 2011: Selon un officiel anonyme, « depuis que le programme des drones a été accéléré à la mi-août [nous] avons tué plusieurs centaines de militants sans causer de morts parmi les civils non-combattants. »

Février 2011: Selon un officiel anonyme, aucun civil n’a été tué en plus de 75 frappes dans les zones tribales du Pakistan depuis le 22 août 2010.

Juin 2011: Le conseiller au contre-terrorisme John Brennan a dit que « en presque un an il n’y a pas eu une seule mort en dommage collatéral à cause de l’efficacité exceptionnelle et de la précision des capacités que nous avons pu développer. »

Août 2011: Brennan a déclaré: « Heureusement, depuis plus d’un an, grâce à notre discrétion et à notre précision, le gouvernement US n’a pas trouvé de preuves crédibles de morts collatérales résultant d’opérations de contre-terrorisme US à l’extérieur de l’Afghanistan ou de l’Irak, et nous allons continuer à faire de notre mieux pour que cela reste ainsi. »

Ceci, comme l’a expliqué le Centre, a « mené à la stigmatisation des civils ciblés par erreur, » et que la « précision vantée des drones peut vouloir dire que des victimes civiles de frappes de drones sont présumées être en connexion avec la militance par leur communauté. Les victimes portent le double poids de faire face aux attaques physiques et aussi de laver leur nom. »

Le même rapport a ensuite ajouté, « Plus étonnant, les officiels US ont estimé en juin 2010 que les frappes de drones avaient causé 50 victimes civiles à cette date, mais ont révisé leur estimation six mois plus tard à 30 victimes. »

Des remarques mentionnées précédemment et le secret se sont combinés pour faire accroire qu’il n’y a pas de raison pour que les organisations des droits de l’homme soient concernées. Naureen Shah, Conseillère en Défense des Intérêts chez Amnesty International USA, a commenté, « Plus de quatre mille personnes ont été tuées lors de frappes de drones, mais pour la plupart d’entre eux les USA sont restés silencieux sur leurs identités exactes. Le gouvernement US devrait enquêter toutes allégation crédible de morts illégitimes et rendre publics ses propres chiffres sur les victimes. » (Shah a travaillé sur le rapport du Center for Civilians in Conflict)

Le gouvernement du Pakistan a réclamé que les USA cessent les frappes de drones, mais l’administration Obama a témoigné une indifférence ininterrompue face à cette requête, qui a été faite à plusieurs reprises.

Une haute cour du Pakistan avait auparavant statué que les frappes de drones en cours au Pakistan étaient « absolument illégales » et constituaient des « crimes de guerre ». Elle a trouvé que « des dommages considérables à des biens, à du bétail, à la vie sauvage & le meurtre de bébés/nourrissons, de femmes et d’enfants pré-adolescents » étaient un « crime impardonnable de la part des autorités US y compris la CIA. »

Consulter l’intégralité du rapport secret du gouvernement pakistanais: http://www.thebureauinvestigates.com/2013/07/22/get-the-data-the-pakistan-governments-secret-document/

Source: http://dissenter.firedoglake.com/2013/07/22/leaked-pakistan-government-report-indicates-dozens-of-children-have-been-killed-by-us-drones/

Traduction française par WillSummer: http://globalepresse.com/2013/07/24/un-rapport-confidentiel-du-gouvernement-pakistanais-confirme-que-des-douzaines-denfants-ont-ete-tues-par-des-drones-us/

WikiLeaks est un espoir pour changer le monde

Julian Assange

Les gens ont ressenti le besoin, à travers le monde, de soutenir WikiLeaks. Parce que nous citoyens, nous avons compris que leur but est de dénoncer la guerre dans le monde et d’aider la paix. Des réseaux se sont constitués et construits à travers le monde. Au lieu de les soutenir, les USA et des grands pays comme la Suède et le Royaume-Uni ont choisi de menacer la vie de ces personnes, qui luttent pour la paix. Le Royaume-Uni a autorisé l’extradition de Julian Assange, et Bradley Manning est lui-même déjà emprisonné et menacé de peine de mort dans un procès qui se passe dans des conditions totalement illégales et sans aucune transparence à l’égard des journalistes et du public.

WikiLeaks est pourtant une formidable chance pour les gouvernements de pouvoir changer leur politique. Au lieu de saisir cette chance, les gouvernements ont choisi de censurer WikiLeaks et de faire taire son fondateur, Julian Assange. Au lieu de voir l’opportunité pour le monde de pouvoir sortir des guerres, des crises et des conflits, le gouvernement américain a vu en WikiLeaks une menace à sa politique, sans comprendre que la politique de la guerre ne fait que ruiner le monde et que cette politique des Etats-Unis fait des milliers de morts chaque année. WikiLeaks a dénoncé cela, car ces guerres et ces crimes de guerre durent depuis trop longtemps. Il y a eu deux guerres mondiales en Europe, mais aujourd’hui, les guerres continuent et rien ne semble pouvoir les arrêter. WikiLeaks a dit ce que nous pensions tous, que les guerres sont injustes et que le peuple a droit à la vérité.

Nos démocraties occidentales ont oublié que le but premier de la construction européenne et de la construction de toute démocratie est de construire la paix. Mais si, aujourd’hui, la paix existe en Europe, pourquoi l’Europe soutient les efforts de guerre des Etats-Unis dans d’autres pays à travers le monde ? Pourquoi continue-t-on à tuer des civils ailleurs ? WikiLeaks est une chance de pouvoir mettre un terme définitif à toutes ces guerres grâce à une prise de conscience internationale. En montrant la corruption et l’entente des Etats, ils ont ouvert les yeux aux citoyens en prouvant que la guerre est voulue par les Etats dans le but de vendre des armes et de s’enrichir. WikiLeaks a dénoncé les failles du système. Ils ont montré d’où venait la guerre, et qui en était à l’origine. WikiLeaks a montré comment fonctionnait cette corruption internationale, contre laquelle personne n’ose s’opposer.

WikiLeaks a tendu la main vers les gouvernements pour leur dire : « Arrêtez ce système corrompu et construisez de vraies démocraties ». Il est peut-être encore temps de changer le monde, avant que la guerre le détruise à jamais. Il est peut-être encore temps de sauver des vies, en Syrie, en Egypte, ou ailleurs. Nous avons la chance d’avoir WikiLeaks pour porter ce message de paix international. Mais au lieu de voir ce message de paix et d’espoir, les gouvernements du monde ont réprimé WikiLeaks : ils ont ainsi fait taire tous les espoirs des hommes qui les soutenaient, ils ont fait taire le rêve de la paix universelle, ils ont fait taire le rêve de la fin de la guerre et de l’injustice. Ils ont fait taire la voix même de la vérité. Ils ont fait taire l’espoir qui naissait.

Le gouvernement américain qui accuse WikiLeaks d’espionnage et qui veut l’inculper pour terrorisme n’a rien compris au but de WikiLeaks : ils n’ont pas compris que leur but est d’aider les pays à vivre dans la paix. Les USA n’ont donc rien compris au sens de l’histoire, qui est d’élever l’humanité et de l’amener à se libérer de ce qui l’opprime. Les USA aujourd’hui veulent faire régresser l’humanité et nous rendre dépendants des armes, de l’injustice et de la guerre. Ils font vivre le monde  entier dans un état de guerre permanent.

Mais ce que nous continuerons de soutenir, c’est l’idée de la paix dans le monde et le droit de défendre des causes justes, comme les Droits de l’homme et la liberté d’expression, le droit à la vie et à la dignité humaine. Nous n’avons pas le droit de faire taire WikiLeaks. Les gouvernements n’ont pas le droit d’oublier WikiLeaks et de laisser dans un total abandon Julian Assange et Bradley Manning. Ils représentent l’espoir de pouvoir changer le monde.

Pour ce que ces valeurs représentent, pour nous et pour le futur, la paix sera nécessaire. Il faudra forcément remettre en cause les politiques étrangères des pays qui font la guerre et vendent des armes à des dictatures, comme c’est le cas de la Suède qui actuellement est un gros producteur en armement. Il faudra forcément que les gouvernements acceptent de se remettre en cause, de renoncer à la guerre, de renoncer à leur politique néfaste, et qu’ils choisissent de revenir vers les vraies valeurs qui sont la justice, la paix, la liberté.

WikiLeaks est une porte ouverte vers l’avenir, mais des gouvernements ont choisi de fermer cette porte et de laisser le peuple dans l’obscurité. WikiLeaks est une porte sur l’avenir, mais des gouvernements ont choisi de nous priver de notre avenir et de nous confisquer les rêves de liberté. WikiLeaks est un espoir de pouvoir construire un monde meilleur et de sortir de cette logique infernale, qui provoque des guerres aux quatre coins du monde. Si nous ne sortons pas de cette logique de guerre, notre vie ne ressemblera plus à rien. WikiLeaks a été un flambeau dans l’obscurité de l’histoire du monde. Ils ont été une étincelle d’espoir. Nous ne pouvons pas renoncer à cet espoir de paix. Si nous voulons arrêter les guerres, c’est aujourd’hui qu’il faut agir et c’est aujourd’hui qu’il faut défendre Julian Assange et Bradley Manning. Nous ne les abandonnerons pas.

kimono

Texte CC BY-SA

Image: hateandanger

Rassemblement du 10 août 2012 à Paris

Char de guerre
Nous soutenons Julian Assange et Bradley Manning, dans leur dimension de militants des Droits de l’homme et de défenseurs de la vérité. Nous pensons que les vies de Julian Assange et Bradley Manning sont menacées, pour avoir dénoncé les crimes de guerre de l’armée américaine et les crimes contre l’humanité perpétrés en Irak et en Afghanistan. En France, il n’y a eu à l’heure actuelle aucune mobilisation pour soutenir la demande d’asile politique de Julian Assange en Equateur. Aujourd’hui, l’Equateur est un des seuls pays, avec la Tunisie, qui propose l’asile politique à Julian Assange. Aucun autre pays n’a soutenu Julian Assange. Aucun pays n’ose dénoncer les atteintes aux Droits de l’homme que subissent Julian Assange et Bradley Manning. Aucun pays européen n’a pris position pour dénoncer cette situation illégale.

En France, il n’y a eu également aucun soutien de notre pays, alors que la France est la patrie des Droits de l’homme. Nous appelons les citoyens français à réagir, mais aussi les journalistes, les députés, les militants des associations des Droits de l’homme, pour qu’ensemble nous dénoncions cette situation et les menaces qui pèsent sur ces deux hommes, qui risquent la peine de mort pour avoir dénoncé la guerre, alors que l’un d’entre eux est déjà emprisonné aux Etats-Unis et torturé sans pouvoir se défendre. Si nos pays européens sont de vraies démocraties, qu’ils nous le prouvent en soutenant officiellement Julian Assange et Bradley Manning. Nous en appelons à un discours honnête sur la question des Droits de l’homme, que l’Europe se prononce sur cette question et qu’elle vienne enfin en aide à ceux qui en ont besoin.

Cette manifestation soutient la demande d’asile politique de Julian Assange en Equateur. Nous adressons nos remerciements à l’Equateur pour avoir accueilli dans leur ambassade de Londres Julian Assange. Si Rafael Correa n’avait pas offert ce refuge à Julian Assange, il serait aujourd’hui en Suède, dans une prison, sans jugement, et probablement en cours de transfert vers une prison américaine, où il serait resté à perpétuité, voire condamné à mort pour l’Espionage Act. Nous, citoyens français, nous avons grandi dans le respect des Droits de l’homme et nous croyons à ces valeurs que l’on nous a appris. Nous ne voulons pas voir mourir Julian Assange et Bradley Manning, ni aucun autre militant dans le monde. Nous voulons qu’ils vivent et qu’ils soient libérés. Nous appelons le gouvernement français à prendre position pour défendre Julian Assange. Nous appelons l’Europe à défendre activement ces personnes et à ne pas les abandonner, alors qu’elles en ont tellement besoin, et qu’il suffirait de si peu pour les sauver. Si des pays comme la France se mobilisent, alors nous avons une chance de sauver ces militants et ces hommes, pour qu’ils puissent continuer leur mission de paix.

Les médias aujourd’hui ne parlent plus de Julian Assange, ni de Bradley Manning. Pourtant les soutiens dans le monde se font entendre sur les réseaux sociaux et sur internet. Facebook, Twitter, le forum de WikiLeaks, sont devenus le seul endroit où nous pouvons avoir des informations sur Julian Assange et Bradley Manning, car la télévision a choisi d’étouffer leur histoire. Pourtant, leur histoire est la plus belle et la plus exemplaire. J’aurais aimé que Julian Assange et Bradley Manning soient français, j’aurais été fière s’ils avaient été des citoyens français. En Australie et aux USA, ils sont pourtant devenus les « ennemis à abattre » et des politiciens ont même appelé publiquement à les tuer. Ceci est inconcevable. Au lieu d’être fiers de leurs citoyens, l’Australie et les USA choisissent de réprimer des héros, des militants de la paix et de la justice. L’Australie a dit qu’elle ne porterait pas assistance à Julian Assange. Sans doute, un jour, les livres d’histoire se rappelleront de son rôle. Mais pour le moment, l’Australie est aveugle et ne veut rien entendre des appels à l’aide de Julian Assange. Voilà où nous en sommes aujourd’hui.

Ecrit par kimono

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