A quand «Gaza-sur-Seine ?»

Le Quotidien d’Oran, par Mourad Benachenhou, 17 août 2015

320px-GazaSelon un article paru sur le quotidien américain «The Washington Post », daté du 15 août, intitulé «Une décennie plus tard, beaucoup d’Israéliens considèrent que l’évacuation de Gaza a été une grande erreur» (co-auteurs William Booth et Ruth Eglash), et consacré au dixième anniversaire de « l’évacuation unilatérale de Gaza par Israël », la population israélienne, dans sa majorité, est favorable à la « réoccupation de ce territoire », car, selon les auteurs de cet article, cet acte de « générosité et de bonne volonté » de la part de Moshé Sharon, alors Premier ministre, aurait été exploité par les Palestiniens pour « poursuivre leurs agressions non provoquées » contre la population civile israélienne.

Gaza est encore un territoire occupé par Israël

Le même article rapporte que le conseiller à la sécurité de Netanyahu se serait lamenté sur l’impossibilité d’une telle réoccupation en résumant son opinion par un proverbe, suivant lequel: «une fois qu’un œuf est brouillé, on ne peut pas lui rendre sa forme primitive».

Le problème avec la version israélienne selon laquelle Israël aurait mis fin à son occupation de Gaza en août 2005, est que l’Etat colonial est le seul à la soutenir. Pour le reste du monde, et au sens du droit international, Gaza est encore un territoire occupé par Israël.

Ce fait indéniable est décrit avec clarté dans l’extrait suivant d’un document consacré à la situation de ce territoire:

«Alors qu’Israël affirme qu’elle a cessé d’occuper Gaza en 2005, lorsqu’elle a unilatéralement redéployé ses troupes à l’extérieur de Gaza, et a retiré ses colons de Gaza, Gaza continue à être occupée au vu de la loi internationale comme de la communauté internationale, y compris les Etats-Unis d’Amérique, l’Union européenne, et les Nations unies. La responsabilité ininterrompue d’Israël comme puissance occupante à Gaza est la conséquence de plusieurs facteurs. D’abord, Israël continue à assurer un contrôle effectif sur Gaza, y compris le contrôle des frontières, de l’espace aérien, des voies d’eau, de l’enregistrement de la population, de la monnaie, des mouvements de population, du commerce, de la fourniture d’électricité, de la distribution de l’eau, etc. etc. En second lieu, Israël maintient et exerce un droit de mener des opérations militaires régulières à Gaza, ce qui lui donne le contrôle militaire effectif sur le territoire. Selon le droit international, le contrôle effectif constitue l’ensemble des mesures d’occupation.» (source: Commission au Service du Peuple Américain, www. afsc.org/resource/gaza-under-siege)

Une guerre d’extermination contre le peuple de Gaza

Il est à rappeler qu’une année également s’est écoulée depuis la fin de l’agression sauvage de cinquante jours menée par Israël contre Gaza. Le rapport de l’ONU, dont les rédacteurs ont essuyé de la part des autorités israéliennes le refus de donner les preuves qu’elles avaient mené cette opération de représailles en réponse à des «attaques délibérées contre la population civile israélienne», révèle à la fois l’intensité de la violence militaire israélienne, tout comme le caractère massif des morts civils palestiniens, ainsi que des destructions des infrastructures et des habitations dans le territoire de Gaza.

Suivant ce rapport de 183 pages, et établi sous la responsabilité de Mary Mcgowan Davis, ancienne juge à la Cour suprême de l’Etat de New York, l’armée israélienne a mené 6.000 raids aériens, utilisé 14.500 obus de char et 50.000 obus d’artillerie, a tué 2.251 Palestiniens, dont 1.462 civils, y compris 299 femmes et 551 enfants, et a détruit 18.000 habitations et blessé 17.125 Palestiniens.

Israël refuse de donner les preuves que les civils israéliens auraient été visés par les tirs palestiniens

Ce rapport, dont il est encore une fois souligné qu’Israël a refusé d’y contribuer, note que:

«La Commission a requis des informations détaillées du gouvernement israélien sur les endroits où les fusées et les obus de mortier tirés par les groupes armés palestiniens, à partir de Gaza, ont effectivement atterri, pour procéder à une évaluation plus détaillée de la proportion des cas dans lesquels ces tirs ont été effectivement dirigés vers des zones à forte occupation de population en Israël. Malheureusement, le gouvernement d’Israël n’a pas donné de réponse, ce qui a rendu difficile pour la Commission la détermination de l’étendue des attaques ayant directement visé la population civile israélienne.»

A souligner que du côté israélien, les pertes estimées par la Commission s’élèvent à six civils (1 Israélien tué pour 243 civils palestiniens tués par l’armée israélienne) et 67 soldats (1 soldat israélien tué pour 12 Palestiniens armés tués par l’armée israélienne !).

240 Palestiniens exécutés pour chaque Juif israélien tué!

En refusant de fournir à la Commission d’enquête, pourtant dirigée par une citoyenne de l’Etat le plus puissamment aux côtés d’Israël, des preuves sur le caractère de légitime défense de ses attaques sauvages contre le peuple de Gaza, le gouvernement de Netanyahu reconnaît explicitement que son opération, intitulée «Marge de protection» (7 juillet-26 août 2014), qui n’est pas la première depuis «la fin de l’occupation de ce territoire» et ne sera sans doute pas la dernière jusqu’à la liquidation du dernier Palestinien, n’avait rien d’un acte d’autodéfense, mais d’une opération coloniale de représailles du type pratiqué sous d’autres cieux et en d’autres époques par les puissances coloniales d’antan.

A combien d’Oradour-sur-Glane correspond le massacre des Gazaouis par l’armée Israélienne?

Les SS encore en vie et qui ont massacré, en représailles au meurtre de l’un de leurs camarades, la population civile d’Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944, doivent se demander pourquoi on continue à les présenter comme les pires des criminels de guerre, alors qu’ils ont eu le courage de faire face à leurs victimes, de les tuer de sang-froid, et ont utilisé seulement des armes légères pour perpétrer leur massacre, un acte de représailles inhumain, un crime de guerre patent, qu’aucune considération militaire ne pourrait justifier.

Leurs émules israéliens, au nom de l’idéologie sioniste, encore font mieux à Gaza, en utilisant, de loin, et de manière systématique, toute la puissance de feu dont ils disposaient, et sans le moindre brin de considération humanitaire ou de sentiments de pitié, couverts qu’ils sont par la complicité de la «communauté internationale» qui les protège de leurs propres turpitudes et leur garantit l’impunité, même lorsque leurs crimes sont indéniables.

La présidente américaine de la Commission neutre qui a établi ce rapport souligne que: «l’intensité de la dévastation et de la souffrance humaine à Gaza ne connaît pas de précédents et aura un impact sur les générations à venir.»

Israël au ban des nations et ses dirigeants, des criminels de guerre fugitifs!

Ce rapport, fondé sur des milliers d’interviews et d’enquêtes sur le terrain, et dont l’objectivité ne peut être mise en doute, va, suivant un observateur, «placer les leaders israéliens aux côtés des criminels de guerre fugitifs et approfondir l’isolement continu d’Israël sur la scène internationale.»

Faire croire que la maire de Paris, capitale d’un pays qui se targue d’être «la patrie des droits de l’homme» aurait organisé, de son propre chef, un festival destiné à célébrer la capitale d’Israël, et la première ville fondée par des colons juifs et exclusivement pour les Juifs sur le territoire palestinien, alors encore sous administration ottomane, au début du siècle dernier, est le comble de la fourberie politique.

Les arguments que la maire de Paris a avancés pour justifier ce festival sont d’autant moins convaincants qu’ils sont spécifiques et donc circonstanciels. Sinon qui l’empêcherait d’organiser un «festival Téhéran sur Seine», malgré l’embargo imposé aux relations avec l’Iran par «la communauté internationale?» Et pourquoi punir tout le peuple iranien pour des décisions politiques prises par le sommet de la hiérarchie de ce pays?

Une tentative grossière de briser l’isolement international d’Israël

Cette célébration qui, comme de juste, coïncide non seulement avec la publication du rapport de la Commission de l’ONU sur les crimes de guerre commis par le gouvernement de Netanyahu en juillet et août 2014, et avec le dixième anniversaire de la fausse «fin de l’occupation israélienne du territoire de Gaza», est un acte, hautement significatif, fondé sur des considérations de politique à la fois intérieure et extérieure, et destiné à aider Israël à rompre son isolement international de plus en plus fort, placée qu’elle est peu à peu au ban des nations, et dont le caractère d’Etat raciste, fanatique religieux et génocidaire apparaît avec de plus en plus de visibilité, dont l’exploitation de l’Holocauste est de moins en moins rentable, et dont le brandissement de l’antisémitisme comme explication à l’antisionisme est de moins en moins convaincant.

Qu’elle le veuille ou non, la maire de Paris ne peut nier que Tel Aviv est la capitale d’un Etat dont les fondements idéologiques sont contraires aux valeurs occidentales sacrées. Et tenter de séparer la population israélienne de son Etat est une entreprise d’autant plus vaine que cette population embrasse, dans sa massive majorité, l’idéologie sioniste qui refuse les droits de l’homme sur le territoire de la Palestine occupée, et n’y reconnaît que les droits des Juifs.

On ne peut pas à la fois défendre ardemment à Paris les droits de l’homme, sans distinction de race, de religion ou d’idéologie politique, et se lamenter sur le sort des citoyens d’un Etat fondé sur la négation de ces mêmes droits, présentés pourtant comme inaliénables!

La maire de Paris doit choisir soit d’être du côté de ceux qui subissent la discrimination et la mort du fait de leur religion et de leur race, soit de prendre position pour les oppresseurs au nom d’une race et d’une religion, et qui pratiquent le monopole du pouvoir politique au profit d’une majorité unie par son appartenance à une seule religion, et qui, au nom des enseignements de la Bible, exclut la population originale du pays de tout autre droit que de celui d’être tuée, expropriée, emprisonnée ou expulsée.

Alors qu’ailleurs, des collectivités locales et des institutions universitaires prestigieuses, de plus en plus nombreuses, participent à la campagne internationale de boycott d’Israël, connue sous le sigle anglais de «BDS» (boycottez, dé-investissez, sanctionnez), voici que la maire de Paris suit la voie inverse, qui ne peut qu’encourager Israël à faire preuve de plus de sauvagerie dans sa politique de génocide du peuple palestinien, au nom des enseignements de la religion juive, faut-il le souligner encore une fois?

En conclusion

Le peuple palestinien martyre, et le peuple de Gaza plus spécifiquement méritent, plus que les Sionistes, d’être mis à l’honneur dans la capitale d’un pays qui se targue d’ouverture sur l’humanité.

La maire de Paris aurait été mieux inspirée en organisant un Ramallah-sur-Seine, et mieux encore un «Gaza-sur-Seine», au lieu de tenter, maladroitement, de contribuer à briser l’étau de la réprobation internationale qui frappe, à juste titre, l’Etat d’Israël, et ceux qui ont choisi librement d’y habiter, au nom de la pratique religieuse de l’Alya, un autre nom pour le génocide planifié du peuple palestinien.

Ce n’est pas en courtisant les criminels de guerre qui servent de gouvernement à cet Etat de plus en plus honni, et qui gouvernent un peuple qui les a librement élus, qu’on va contribuer à donner plus de crédibilité aux «droits de l’homme» et aux «valeurs occidentales» comme à la supériorité de la «civilisation judéo-chrétienne» et ramener la paix dans un Moyen-Orient en pleine tourmente, et victime de la politique «vampiresque» de cet Etat.

Source: http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5217463

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La Maison Blanche doit rester ferme à l’encontre de Netanyahu

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Les relations déjà frileuses entre le président Barack Obama et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sont de nouveau au plus bas, créant ainsi une opportunité de parvenir à un véritable accord de paix entre Israël et les Palestiniens.

James Zogby, 1er novembre 2014

Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, l’administration américaine de Barack Obama est au milieu d’une prise de bec très publique avec le gouvernement de Benjamin Netanyahu en Israël. Les échanges de représailles ont été relevés dans la presse, avec des journalistes et certains analystes fournissant des motivations banales pour l’aigreur.

Certains commentateurs ont suggéré une «vengeance» – en montrant le soutien de M. Netanyahu pour le rival de M. Obama à l’élection de 2012, Mitt Romney. D’autres se sont appuyés sur l’ancienne norme de Washington: la « mauvaise alchimie ». Je crois que ce serait une erreur d’attribuer les paroles amères et les mauvais sentiments à des préoccupations personnelles banales, car il peut y avoir un but stratégique servi par ce drame.

Lire la suite: http://www.thenational.ae/opinion/comment/20141101/white-house-must-stand-firm-against-netanyahu

La stratégie d’Israël contre le Hamas exposée dans deux câbles WikiLeaks

combats-syrieDe nombreux câbles WikiLeaks évoquent le conflit israélo-palestinien, mais il faut confronter plusieurs documents pour tenter de comprendre la vraie situation géopolitique qui s’est mise en place au Moyen-Orient. La guerre en Syrie, en effet, ne semble pas totalement étrangère au conflit israélo-palestinien. Comme nous l’avions mentionné dans un article, la Syrie avait pris la défense des Palestiniens et réclamé « l’arrêt des violations israéliennes continuelles contre les droits de l’homme des Palestiniens, [la fin du] siège injuste sur la bande de Gaza et pour l’octroi au peuple palestinien de leur droit à l’autodétermination et à l’établissement de leur Etat indépendant avec Jérusalem comme capitale ». Ces demandes n’ont jamais été entendues par l’Etat d’Israël.

Un câble WikiLeaks du 11 février 2009 (09TELAVIV363) intitulé « Le président du Likoud Netanyahu parle de l’Iran, des Palestiniens et de la Syrie avec Codel Smith » explique le point de vue israélien sur la situation géopolitique du Moyen-Orient. Ce câble est très important, car il montre que l’Etat d’Israël aurait pu avoir un intérêt direct dans la déstabilisation du régime syrien pour conduire à l’affaiblissement du Hamas en Palestine. Israël accuse l’Iran de financer les groupes terroristes au Moyen-Orient et d’être le « régime-mère » du terrorisme. Parmi ces groupes terroristes, Israël considère que c’est l’Iran – soutenu par la Syrie – qui apporte son soutien au Hamas palestinien.

La Syrie, l’Iran et le Hamas palestinien

La théorie du gouvernement israélien consiste à dire, en quelque sorte, que si le Hamas est si puissant en Palestine, c’est parce qu’il est soutenu financièrement et idéologiquement par les régimes alliés de la Syrie et de l’Iran. Autrement dit, selon Israël, le problème du conflit israélo-palestinien ne serait pas uniquement un problème entre Israël et la Palestine, mais un problème qui a sa source en Syrie et en Iran, et qui doit se résoudre par l’affaiblissement de ces deux régimes: « il [Netanyahu] prédit que le terrorisme diminuerait si on coupe la volonté et la capacité de l’Iran à soutenir des terroristes avec de l’argent, un entraînement et des directives« .

On voit bien comment la stratégie israélienne se met en place et pourquoi le renversement du régime syrien aurait pu servir par la suite les intérêts sécuritaires de l’Etat d’Israël, en assurant la présence de régimes favorables à Israël dans tout le Moyen-Orient. Dans la suite du câble, Netanyahu « affirma que le retrait du Hamas au pouvoir n’y produirait pas nécessairement un régime pire, étant donné que les groupes alternatifs ne sont pas aussi proche de l’Iran que le Hamas ». Ainsi, affaiblir l’Iran et la Syrie semble s’être présenté aux yeux des responsables israéliens comme un moyen possible pour obtenir la fin de la résistance du Hamas en Palestine.

Le conflit israélo-palestinien, un problème régional

A travers ce document Wikileaks, on comprend finalement que le gouvernement israélien perçoit la guerre avec le Hamas dans une logique régionale qui va au-delà des territoires de la Palestine occupée. Cette logique régionale inclut plusieurs pays: Israël, la Palestine occupée, la Syrie, l’Iran, l’Irak et le Liban. Le conflit israélo-palestinien est un enjeu pour toute cette région du Moyen-Orient, c’est un facteur de déstabilisation et c’est pourquoi beaucoup d’observateurs considèrent qu’il n’y aura jamais de paix au Moyen-Orient tant que le conflit israélo-palestinien ne sera pas résolu. Les câbles Wikileaks témoignent de cette logique.

Dans un autre câble du 4 avril 2005 (05TELAVIV2054), le gouvernement israélien évoque de nouveau le problème de la Syrie face aux groupes terroristes: « Il a dit que, bien que la Syrie ait fait de mauvaises choses, comme aider le Hamas et le Hezbollah, en compromettant la stabilité en Irak, et donnant refuge aux copains de [Saddam] Hussein, la chose la plus importante maintenant est de le sortir du Liban. » Dans ce même câble, le ministre israélien des Affaires étrangères, Silvan Shalom, évoque l’espoir que « d’autres pays de la région passent vers des systèmes démocratiques ». Ces propos témoignent d’une certaine volonté israélienne d’amener des changements de régime au Moyen-Orient, vers des régimes plus démocratiques et pacifiés, libérés du terrorisme, ou du moins d’une stabilisation politique en Irak et en Syrie, qui pourrait être favorable à la résolution du conflit israélo-palestinien.

Le câble diplomatique ne dit pas si le gouvernement israélien a eu une implication dans la déstabilisation du régime syrien, mais si tel était le cas, on constate aujourd’hui que la stratégie d’Israël a échoué au Moyen-Orient, car la déstabilisation des régimes hostiles à l’Etat d’Israël n’a pas pacifié le Moyen-Orient et n’a pas conduit à la mise en place de systèmes plus démocratiques. Au contraire, on voit aujourd’hui qu’avec la guerre en Syrie, non seulement les régimes se sont maintenus dans la violence et la répression, mais le jihadisme a aussi progressé et se répand comme une poudre sur toute la région.

Quel rôle pour la Russie?

Il semble aussi que le gouvernement israélien ait mal envisagé le rôle de la Russie dans le conflit au Moyen-Orient. Dans le premier câble (09TELAVIV363), Netanyahu présente la Russie comme un possible allié dans la stratégie de lutte contre le terrorisme en Iran et en Syrie: « La communauté internationale pourrait aussi imposer un blocus naval sur l’Iran […] avec la Russie comme pays clé dans cet effort. Le conseiller de Netanyahu, Arad, a ajouté que la Russie a été utile à certains moments […] et que les puissances occidentales pourraient avoir à faire des concessions avec la Russie sur d’autres questions pour les amener à collaborer plus étroitement contre Téhéran. »

Ce câble date d’avant le début de la guerre en Syrie, qui a commencé par les manifestations du 15 mars 2011, mais on sait aujourd’hui que la Russie n’a pas voulu s’allier avec l’Occident dans la lutte contre le régime syrien. Le câble Wikileaks montre ainsi que la stratégie prévue par le gouvernement israélien n’a pas fonctionné, car celui-ci pensait s’appuyer sur la Russie pour déstabiliser l’Iran et la Syrie. De son côté, la Russie n’a pas voulu intervenir contre le régime syrien par peur d’une extension du front islamique vers ses propres frontières: on voit que, là aussi, le raisonnement n’a pas fonctionné, car le front islamique s’est bel et bien étendu vers d’autres pays, même s’il n’atteint pas encore la Russie.

En fait, il y a beaucoup d’incertitudes sur ce qui se passe désormais dans cette région du Moyen-Orient. Il semble que toutes les stratégies gouvernementales aient échoué pour pacifier la région et que les scénarios qui se déroulent actuellement en Syrie et en Irak avec l’avancée de l’Etat Islamique n’avaient certainement pas été imaginés ni par le gouvernement israélien, ni par les gouvernements américain, européen ou russe, à un moment où ils pensaient régler le conflit avec le Hamas.

Les documents Wikileaks mettent ainsi en lumière les profondes erreurs d’appréciation des responsables gouvernementaux israéliens qui, dans leur stratégie face à l’Iran et à la Syrie, en 2005, puis 2009, ont pensé qu’ils réussiraient à affaiblir le Hamas, mais n’ont pas compris que ce qu’ils redoutaient le plus allait se produire quelques années plus tard, à savoir l’avancée actuelle du front jihadiste, la radicalisation du terrorisme et la déstabilisation du Moyen-Orient qui remet profondément en cause tout espoir de résoudre de manière pacifique le conflit israélo-palestinien.

Source des documents Wikileaks: http://search.wikileaks.org/plusd/cables/09TELAVIV363_a.html et http://search.wikileaks.org/plusd/cables/05TELAVIV2054_a.html

Le président de l’Equateur annule une visite en Israël, en soutien à Gaza

Palestiniens à GazaPhoto: Des Palestiniens se tiennent au-dessus d’un bâtiment détruit dans le quartier de la ville de Gaza à Shejaiya, le 6 Août 2014

Times of Israel, 8 août 2014

Le Président de l’Equateur Raphael Correa a annulé une visite prévue en Israël concernant le conflit à Gaza.

Correa devait se rendre en Israël cette année, a rapporté le journal Prensa Latina.

« De toute évidence, après ces événements, nous avons annulé la visite », a déclaré Correa mercredi, se référant à l’opération israélienne à Gaza.
L’annulation est intervenue deux jours après que Ricardo Patino, ministre des Affaires étrangères, ait annoncé que l’Équateur allait ouvrir une ambassade dans l’Autorité palestinienne. L’Equateur a déjà une délégation diplomatique à Ramallah, en Cisjordanie, selon Prensa Latina.

Source: https://twitter.com/wikileaks/status/497551101923983361 et http://www.timesofisrael.com/ecuadors-president-cancels-israel-visit-in-support-of-gaza/?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter

Témoignage dans un câble Wikileaks de la violence utilisée contre les Palestiniens lors des arrestations

Un câble Wikileaks de 2009 (09TELAVIV1125) évoque le témoignage d’un colonel israélien concernant l’usage régulier de la violence contre les Palestiniens dans des opérations menées par les brigades militaires. Le colonel en question, Itai Virov, témoigne lors du procès d’un lieutenant appartenant à la brigade Kfir, Adam Malul, « accusé dans une cour militaire [israélienne] d’avoir battu un palestinien lors d’une arrestation en Cisjordanie ». Ce débat sur la violence à l’égard des Palestiniens semble diviser au sein même de l’armée israélienne, puisqu’on apprend dans des articles datant d’août 2011 que le colonel Itai Virov « a été censuré par le chef du commandement central des forces de défense israéliennes, Gadi Shamni, a fait l’objet d’une enquête pénale contre lui avant que l’affaire soit classée par manque de preuves. »

Le colonel Itai Virov témoigne:

« Les questions sont un acte relativement agressif. Parfois, il y a des cris ou on épingle quelqu’un contre un mur, parfois il n’y a pas d’autre choix que de secouer, attacher, forcer. Dire que les questions se font sans recours à la force serait feindre l’innocence. »

Ce câble témoigne d’un problème majeur de l’armée israélienne, une armée qui tente de justifier l’usage de la violence contre les civils palestiniens en invoquant ne pas avoir d’autre choix. Malheureusement, on voit bien que ce discours n’a aucune consistance et que, notamment face à la situation actuelle catastrophique à Gaza, l’armée israélienne ressort sans cesse les mêmes arguments pour justifier le recours régulier à la violence et pour justifier les crimes contre les Palestiniens.

La violence, comme le souligne le câble diplomatique, est une « norme » dans l’armée israélienne:

Les commentaires du col. Virov reflètent la norme pour les soldats des Forces de défense israéliennes opérant en Cisjordanie. Sans doute Virov suppose en les faisant qu’il ne faisait que reconnaître les faits que tout le monde connaît, mais que peu admettent publiquement, et que ce faisant, il serait protégé par la structure de commandement des Forces de défense israéliennes qui savent aussi ce qui se passe dans les territoires et qui préfèrent souvent « feindre l’innocence. »

Il ne semble pas que le gouvernement israélien ait jamais réellement souhaité traiter les Palestiniens de manière humaine et pacifique, mais le conflit israélo-palestinien s’aggrave d’année en année, en intensité et en violence.

La seule chose qui semble avoir changé, c’est que dans le passé, les gouvernements condamnaient plus ouvertement les actes de violence de l’armée israélienne. Aujourd’hui, on constate que les Etats-Unis et les gouvernements occidentaux peinent à défendre une certaine vision des droits de l’homme et il est très difficile de comprendre pourquoi ces gouvernements ne condamnent pas des crimes commis contre des civils.

Source du câble: http://search.wikileaks.org/plusd/cables/09TELAVIV1125_a.html#efmAe-Ag_AlrApmAxBA08

« Concentrer » et « exterminer »: le plan génocidaire du vice-président du parlement israélien

Palestiniens tués à Rafah

Soumis par Ali Abunimah, le 3 août 2014

Moshe Feiglin, le vice-président de la Knesset, le parlement israélien, a publié un plan pour la destruction totale du peuple palestinien dans la bande de Gaza.

Son plan détaillé, qui prévoit l’utilisation de camps de concentration, équivalent à une incitation directe et publique au génocide – un crime punissable en vertu de la convention sur le génocide.

Dans un post du 1er Août sur sa page Facebook, Feiglin, un membre du Parti du Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahu, appelle à la «conquête de l’ensemble de la bande de Gaza, et à l’anéantissement de toutes les forces combattantes et de leurs partisans. »

« C’est notre pays – notre pays exclusivement, » écrit-il, « y compris la bande de Gaza. »

Le post de Feiglin est le texte d’une lettre adressée à M. Netanyahu.

Les citoyens et les pouvoirs publics à travers le monde devraient faire des efforts pour arrêter Feiglin et le poursuivre en vertu de la convention sur le génocide pour ses déclarations, s’il devait mettre le pied sur leur territoire.
Son plan abominable intervient alors que le bilan des victimes du massacre israélien en cours dans la bande de Gaza atteint 1752 personnes, dont dix personnes tuées dimanche matin quand Israël a de nouveau bombardé une école des Nations Unies utilisée comme refuge, cette fois dans la ville de Rafah.

Lire l’intégralité de l’article: http://electronicintifada.net/blogs/ali-abunimah/concentrate-and-exterminate-israel-parliament-deputy-speakers-gaza-genocide-plan

Palestine: Révolte de rabbins juifs contre l’Etat d’Israël accusé de sionisme

Rassemblement de rabbins juifs contre le sionisme (sous-titres français)

Une vidéo montre le bombardement israélien de Shujaiya qui a tué le journaliste de Gaza

Article soumis par Ali Abunimah, le 31 juillet 2014

Remarque: Cette vidéo montre des images violentes qui peuvent choquer certaines personnes.

Mercredi, les forces israéliennes ont bombardé le quartier-est de la ville de Shujaiya à Gaza, tuant 17 Palestiniens sur un marché où les gens étaient allés faire des courses pendant ce qu’ils pensaient être quatre heures de « trêve humanitaire. »

Cette vidéo mise en ligne sur YouTube montre le bombardement. Elle est intitulée en arabe «massacre de Shujaiya et le ciblage d’un journaliste et la blessure d’un photographe de l’Agence Manara News. »

Au tout début de la vidéo, un homme peut être aperçu portant un gilet pare-balles, un casque et une caméra, alors qu’il passe devant une ambulance.

Une autre ambulance accélère dans le cadre et l’homme dans le gilet pare-balles peut être entrevu à nouveau.

Soudain, une explosion qui envoie de la poussière et de la fumée, suivie d’une seconde explosion. Il y a des cris d’horreur, de l’angoisse et des appels au secours.

Gaza-mort d'un journaliste-Rami Rayan

[Capture d’écran de la vidéo: le corps a été identifié comme celui du journaliste Rami Rayan.]

Lire l’intégralité de l’article: http://electronicintifada.net/blogs/ali-abunimah/video-shows-israeli-shelling-shujaiya-killed-gaza-journalist

L’armée israélienne a été au courant pendant des années de la construction de tunnels par le Hamas

The entrance to a tunnel exposed by the Israeli military is seen on the Israeli side of the Israel-Gaza border

Al-Monitor, 28 juillet 2014

Selon des sources militaires, Israël depuis des années a eu accès à toutes les indications et à la preuve que le Hamas menait des travaux d’excavation complets et de grande ampleur le long de la frontière. Les avions des Forces de défense israéliennes (IDF) ont repéré les excavations et les tentatives de cacher l’élimination de quantités énormes de terre dans les sols des domaines concernés.

L’institution de la défense avait plus que des indices et des conjectures pour continuer. Un tunnel de Gaza à Israël a été déterré en mars. En octobre 2013, l’armée israélienne (IDF) a découvert un tunnel près du kibboutz Ein Hashlosha.

Dans une interview avec Al-Monitor, Efraim Barel, un habitant du village de Nirim, a déclaré que les habitants des villages le long de la frontière avec la bande de Gaza ont non seulement entendu et senti les fouilles en cours sous leurs maisons, mais ont même découvert des tunnels dans leurs domaines. Selon Barel et d’autres, l’armée israélienne (IDF) n’a rien fait.

Lire l’intégralité de l’article: http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2014/07/gaza-hamas-tunnels-iran-priority-netanyahu-philadelphi.html#

Les leaders du MERCOSUR condamnent l’offensive d’Israël sur Gaza

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Telesur, 29 juillet 2014

Les présidents du bloc ont exhorté la communauté internationale à agir dans le droit international.

Les présidents de l’Argentine, du Brésil, de l’Uruguay et du Venezuela, ce mardi après-midi, ont unanimement condamné l’usage disproportionné de la force par les troupes israéliennes dans la bande de Gaza, qui après 22 jours a surtout touché des civils, des femmes et des enfants.

Les dirigeants de l’Argentine, Cristina Fernandez, du Brésil, Dilma Rousseff, José Mujica, de l’Uruguay et du Venezuela, Nicolas Maduro, ont également condamné tout type d’actions violentes contre les populations civiles en Israël.

Les chefs d’Etat régionaux célèbrent le sommet du Mercosur dans la capitale vénézuélienne, à Caracas, pour discuter de diverses questions d’intégration.

Lire la suite: http://www.telesurtv.net/english/news/Mercosur-Leaders-Condemn-Israels-Offensive-on-Gaza-20140729-0052.html