Les Panama Papers ont eu des effets historiques à l’échelle mondiale – et les répercussions continuent

ICIJ, Will Fitzgibbon et Emilia Díaz-Struck, 01/12/2016

L’enquête a produit des mouvements réglementaires à un rythme presque quotidien, des histoires et des appels supplémentaires lancés par des politiciens et des militants pour plus d’action afin de combattre le secret financier à l’étranger

  • Au moins 150 enquêtes, audits ou études sur les révélations des Panama Papers ont été annoncées dans 79 pays à travers le monde
  • Environ 135 milliards de dollars ont été effacés de la valeur de près de 400 entreprises après les Panama Papers
  • Les gouvernements enquêtent sur plus de 6 500 contribuables et entreprises, et ont récupéré au moins 110 millions de dollars jusqu’à présent en impôts impayés ou saisies d’actifs
  • Neuf bureaux de Mossack Fonseca ont fermé leurs portes à travers le monde, et le cabinet d’avocats a été condamné à une amende de près d’un demi-million de dollars

Lire la suite: https://panamapapers.icij.org/20161201-global-impact.html

La liberté de la presse en Islande — trop beau pour être vrai?

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EJO, Clemens Bomsdorf, le 06/09/2016

Pendant longtemps, l’Islande a été considéré comme un brillant exemple de la liberté de la presse – peut-être trop beau pour être vrai. Mais, plus récemment, les politiciens du pays ont tenté d’influencer les médias. Le dernier exemple est venu directement d’en haut, lorsque Sigmundur David Gunnlaugsson, premier ministre à l’époque, a essayé de supprimer une interview télévisée sur sa possession d’une société offshore au Panama. La tentative a échoué et Gunnlaugsson a finalement été contraint de démissionner.

La désormais célèbre interview montre Gunnlaugsson commençant à balbutier quand un journaliste suédois le questionne à propos de la société offshore, Wintris. Peu de temps après, il quitte la pièce, rejetant toutes les allégations. Pour aggraver les choses, l’assistant de Gunnlaugsson a alors appelé la station de télévision pour essayer d’arrêter l’interview en cours de diffusion.

Les politiciens et la chaîne de télévision publique de l’Islande

La tentative d’ingérence de Gunnlaugsson n’est pas la première faite par des politiciens islandais: beaucoup se sont plaints au Parlement que RUV, la chaîne de télévision du service public du pays, est partiale. En août 2013, Vigdis Hauksdóttir, membre du Parti progressiste de Gunnlaugsson et président du Comité du budget du Parlement, a émis une menace à peine voilée. « Je pense qu’une quantité anormale d’argent va à RUV. Surtout quand ils ne font pas un meilleur travail pour rapporter des informations … » a-t-elle dit. Quelques mois plus tard, en décembre 2013, le budget de RUV, qui est directement contrôlé par le gouvernement, a été réduit de 20%.

La réduction du budget a conduit à des plaintes par l’Union européenne de radio-télévision (UER) et a forcé RUV à couper des programmes et à réduire le personnel, par exemple en réduisant un réseau déjà rares de correspondants étrangers à zéro. Le diffuseur prévoit de nouvelles réductions au sein de son service dans un avenir proche.

Valgerdur Anna Jóhannsdóttir, une universitaire des médias à l’Université d’Islande, a dit qu’elle est sûre que « la critique constante a au moins un effet potentiellement dissuasif sur les journalistes ». Elle a ajouté qu’il y a moins de distance entre la politique et le service public de diffusion en Islande que dans les autres pays nordiques.

Les sociétés de médias privés: porte-paroles des puissants

Beaucoup de sociétés privées de médias établis de l’Islande sont la propriété ou sont édités par des politiciens ou des figures puissantes des affaires et sont considérées comme servant des intérêts particuliers. En conséquence, la confiance du public dans les médias a considérablement diminué ces dernières années.

Lire la suite: http://en.ejo.ch/media-politics/iceland

Les donateurs ultra-riches de la campagne d’Hillary Clinton impliqués dans les Panama Papers: « Les Clinton les connaissent depuis des dizaines d’années »

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Inquisitr, Mohit Priyadarshi, 24/04/2016

Hillary Clinton a un nouveau problème qui fait obstacle à sa vue du bureau oval.

Quand on a demandé la première fois à Clinton de commenter les révélations des Panama Papers, la candidate démocrate à la présidentielle n’a pas tardé à dénoncer ceux qui sont nommés dans les documents divulgués, décrivant les révélations comme « des évasions et des paradis fiscaux scandaleux que les gens super-riches à travers le monde exploitent ».

« Nous poursuivons toutes ces escroqueries et nous nous assurons que tout le monde paie sa juste part, ici, en Amérique », avait déclaré Hillary Clinton. « Je vais leur demander des comptes, et nous allons faire un effort particulier pour suivre toutes ces ressources là où elles pourraient conduire ».

Mais selon un nouveau rapport de McClatchy, l’un des organes journalistiques ayant accès aux Panama Papers, de nombreux donateurs de la campagne d’Hillary Clinton et de proches collaborateurs ont utilisé le cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca pour leur comptabilité à l’étranger.

Cet article nomme certains de ces riches donateurs qui ont eu des relations étroites avec la famille Clinton sur la période des quatre dernières décennies.

Frank Giustra

Frank Giustra est un dirigeant d’entreprise minière canadien dont la société offshore a été nommée dans les Panama Papers et qui est actuellement l’un des membres du conseil d’administration de la Fondation Clinton. Il y a onze ans, Giustra est devenu un donateur important pour la Fondation Clinton, plus tard mettant en place le chapitre du Grand Nord Blanc de la fondation, selon RT.

En 2005, Bill Clinton, Frank Giustra, et le président du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, ont signé un contrat trouble qui, selon les mots du New York Times, « ont stupéfié l’industrie minière, en transformant une société coquille inconnue en l’un des plus importants producteurs d’uranium au monde dans une transaction en fin de compte valant des dizaines de millions de dollars à M. Giustra ».

Deux ans plus tard, Giustra a entamé le Clinton Giustra Enterprise Partnership (CGEP), et tous ses donateurs ont été gardés secrets malgré qu’Hillary Clinton et Barack Obama ont signé un « protocole d’accord » pour divulguer ses donateurs chaque année quand elle a été nommée secrétaire d’État.

La relation de Frank Giustra avec les Clinton a été, en outre, mise en évidence en 2010, lorsque Hillary Clinton, secrétaire d’Etat, a approuvé la fusion de la compagnie de Giustra avec Rosatom, l’organisme de réglementation de la Russie de son complexe nucléaire.

La famille Chagoury

La famille Chagoury, de proches collaborateurs des Clinton pour plus d’une décennie, a versé des millions de dollars dans les carrières politiques du couple. La famille est également soupçonnée d’avoir fait entre 1 million et 5 millions de dollars de dons à la Fondation Clinton. La société offshore de la famille est mentionnée dans les documents divulgués.

Développeur international basé au Nigeria, la famille Chagoury est connue pour être associée avec le dictateur Sani Abacha.

Gilbert Chagoury, que vous pouvez voir en photo avec Bill Clinton ci-dessous, a permis à Abacha de voler des milliards de dollars et de remplir ses propres poches dans le processus, selon Nuhu Ribadu, un agent nigérian du ministère qui a suivi de près les affaires de la famille Chagoury dans le passé.

Ng Lap Seng

Ng Lap Seng, un milliardaire chinois dont les deux sociétés ont été nommées dans les Panama Papers, a été un proche collaborateur des Clinton depuis les années 1990. Selon Philly.com, Lap Seng était au centre d’un scandale de collecte de fonds démocrates quand il a utilisé des méthodes illégales pour financer le Comité national démocrate pour que les Clinton l’utilisent pour leurs campagnes dans les années 1990.

En 2015, il a été arrêté pour avoir amené 4,5 millions $ aux Etats-Unis sur deux ans.

Marc Rich

Le regretté Marc Rich, qui a fait face à 65 accusations criminelles au cours de sa vie, est connu pour avoir fait don de plus d’un million de dollars à la bibliothèque présidentielle Clinton, au Parti Démocrate, et à la campagne sénatoriale d’Hillary. Après avoir fait sa fortune dans « la Libye de Mouammar Kadhafi, en Afrique du Sud à l’ère de l’apartheid, sous la Roumanie de Nicolae Ceausescu, le Cuba de Fidel Castro et le Chili d’Augusto Pinochet », selon Reuters, il a fui les Etats-Unis en 1983, mais a continué à avoir des liens étroits avec les Clinton pour la plus grande partie des trois dernières décennies.

Fait intéressant, Rich a été gracié le dernier jour de Bill Clinton à son bureau en 2001.

Sandy Weill

Peut-être le visage le plus reconnaissable dans la liste, Sandy Weill, le créateur de Citigroup et « l’homme derrière l’homme » qui a abrogé le Glass-Steagall [Act] en 1999, a ouvert la voie à la crise financière mondiale de 2008.

Il a contribué à faire signer l’acte à Bill Clinton. Selon la journaliste de WSJ, Monica Langley, Weill aurait déclaré à ses associés qu’il « vient de faire du président des États-Unis un initié » après avoir raccroché un appel avec Bill Clinton dans lequel il avait organisé une fusion entre Travelers Insurance et Citibank.

Sandy Weill continue d’être un proche collaborateur des Clinton.

Outre les personnes mentionnées dans cette liste, plusieurs sources confirment qu’Hillary Clinton et d’autres associés de Bill Clinton ont également été nommés dans les Panama Papers ou ont été connus pour avoir utilisé des sièges de cabinets d’avocats comme Mossack Fonseca pour créer des entités offshore. Selon McClatchy, Jean-Raymond Boulle, Gabrielle Fialkoff, Vinod Gupta, Sant Chatwal, et le législateur indien Amar Singh, qui « a été arrêté sous la loi de prévention de la corruption pour avoir corrompu trois membres du Parlement lors d’un vote crucial en 2008 », ont tous été de proches collaborateurs des Clinton pendant le dernier nombre d’années.

Bien qu’il soit difficile d’établir quoi que ce soit comme directement illégal sur les relations que ces magnats des affaires ont avec les Clinton en attendant une enquête plus approfondie, le grand nombre de connexions qu’Hillary et Bill Clinton ont avec ceux qui sont nommés dans les Panama Papers sera une cause de consternation au sein du camp Clinton. En outre, le fait que les Américains sont maintenant plus conscients que jamais du lien entre l’argent frauduleux et le pouvoir politique frauduleuse pourrait être un aspect extrêmement troublant pour Hillary Clinton, dont la campagne actuelle semble dépendre du financement de ces sources.

Bien qu’Hillary ait jusqu’à présent réussi à échapper à un examen public approfondi sur ses relations avec ces escrocs d’affaires, le financement de sa campagne présidentielle a été fait sur le dos de ces relations, et il serait impossible pour elle d’éviter un examen plus approfondi, même si elle parvenait à réussir son tir sur le bureau oval en janvier prochain.

Pour Hillary Clinton, la route à venir n’en deviendra que plus difficile.

Lire l’intégralité de l’article: http://www.inquisitr.com/3020673/hillary-clinton-campaigns-ultra-rich-donors-implicated-in-panama-papers-the-clintons-have-known-them-for-decades-report/

Panama Papers: Des espions et des alliés obscurs se cachent en secret avec l’aide d’une société offshore

Une société vient en aide à des agents de la CIA et d’autres personnages – réels ou imaginaires – du monde de l’espionnage pour mettre en place des sociétés offshore pour masquer leurs transactions

ICIJ, Will Fitzgibbon, le 5 avril 2016

Dans cette histoire

  • Des chefs d’espionnage, des agents secrets et de présumés contracteurs de la CIA parmi ceux à utiliser des sociétés offshore
  • Des agents secrets ont utilisé des sociétés offshore, entre autres choses, pour avoir des terrains de golf
  • Octopussy, Goldfinger, Skyfall, GoldenEye, Moonraker parmi les noms de société offshore utilisés par Mossack Fonseca

Un jour, au cours de sa campagne présidentielle de réélection en septembre 1996, Bill Clinton est entré dans une salle à l’hôtel Westin Crown Center à Kansas City, Missouri. En jeu, un quart de million de dollars dans la collecte de fonds de campagne. Clinton se tourna vers son hôte généreux, Farhad Azima, et conduit les invités en chanson.

« Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire… »

Azima, né en Iran, et directeur américain d’une compagnie aérienne charter, a longtemps fait des dons aux deux administrations démocrates et républicaines. Il a visité la Maison Blanche sous Clinton 10 fois entre octobre 1995 et décembre 1996, y compris les cafés privés de l’après-midi avec le président. Des années plus tard, alors qu’Hillary Clinton se présentait pour l’élection au Sénat en décembre 1999, Azima l’a accueillie avec 40 invités pour un dîner privé qui a levé 2500 $ par tête.

Les activités de collecte de fonds démocrates d’Azima ont fourni une tournure intéressante dans la carrière d’un homme qui se trouve dans une tempête médiatique de l’un des plus grands scandales politiques de l’Amérique, l’affaire Iran-Contra, pendant l’Administration des Républicains sous Reagan.

panama-papersAu milieu des années 1980, les hauts responsables de l’administration Reagan se sont secrètement arrangés pour vendre des armes à l’Iran pour aider à libérer sept otages américains, puis ont utilisé ensuite le produit de la vente pour financer les rebelles nicaraguayens de droite connus comme les Contras. Lors d’une mission à Téhéran en 1985, l’un des avions cargo Boeing 707 d’Azima a livré 23 tonnes de matériel militaire, rapporte le New York Times. Azima a toujours prétendu ne rien savoir sur le vol ou même si cela est arrivé.

« Je n’ai rien à voir avec l’Iran-Contra », a déclaré Azima à l’ICIJ. « J’ai été examiné par tous les organismes connus aux États-Unis et ils ont décidé qu’il n’y avait absolument rien », a dit Azima. « Ce fut une chasse aux oies sauvages. L’application et la réglementation du droit y sont tombés ».

Maintenant, les documents obtenus par le Consortium international des journalistes d’investigation, le journal allemand Süddeutsche Zeitung et d’autres partenaires des médias révèlent de nouveaux détails sur l’un des donateurs de fonds politiques les plus colorés de l’Amérique. Les dossiers décrivent également les contrats offshore faits par une autre figure de l’Iran-Contra, le milliardaire saoudien Adnan Khashoggi.

Lire l’intégralité de l’article: https://panamapapers.icij.org/20160405-spies-secret-offshore-companies.html

« La carte des compagnies et des clients du #PanamaPapers: plus de 3000 aux Etats-Unis, plus de 9000 au Royaume-Uni » (WikiLeaks)

Voir la carte complète: https://briankilmartin.cartodb.com/viz/54ddb5c0-f80e-11e5-9a9c-0e5db1731f59/embed_map

Lien du tweet de WikiLeaks: https://twitter.com/wikileaks/status/716941059935375360

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