Sécurité des données, renseignement, société: ce que Wikileaks a changé (ou pas)

Lci.tf1.fr, par Fabrice Aubert, le 03 décembre 2013

Monde: Wikileaks a montré que n’importe qui pouvait désormais facilement révéler au monde entier des informations confidentielles, qu’elles proviennent de secrets d’Etat ou de sociétés privées. Mais, au-delà, qu’a vraiment changé l’affaire Manning?

Des « taupes » donnant aux médias des documents truffés d’informations confidentielles, cela a toujours existé. En 1971, Daniel Ellsberg, un analyste, fournissait ainsi au New York Times des rapports du ministère de la Défense sur l’implication des Etats-Unis au Vietnam. Il avait tout simplement photocopié plus de 7.000 pages de ces « Pentagon papers »!

Wikileaks n’a donc rien inventé. Julian Assange a en revanche facilité le processus, désormais grandement numérique, et renforcé sa caisse de résonance médiatique au niveau mondial. L’affaire Bradley Manning, qui a fourni les câbles diplomatiques du ministère des Affaires étrangères et des rapports sur les guerres en Irak et en Afghanistan, en est aujourd’hui l’exemple le plus frappant.

Sur ce point, plus rien ne sera jamais comme avant pour le journalisme, c’est une certitude. Il doit s’adapter à cette nouvelle donne. C’est en revanche moins évident dans plusieurs domaines, touchés plus ou moins directement par l’émergence du site et les révélations de  Bradley Manning. A l’occasion de la sortie du film « Le Cinquième pouvoir », MYTF1News se penche sur trois d’entre eux.

Wikileaks et la société américaine: un débat entre sécurité et liberté

Comment les Américains, plutôt patriotiques en règle générale, ont-ils perçu l’affaire? « Dans un premier temps, ils ont tout d’abord été sensibles à l’argumentation de l’administration sur la traîtrise du soldat Manning, sans voir la dimension nouvelle de l’affaire et ses implications en matière de sécurité et liberté », analyse pour MYTF1News François Durpaire, spécialiste des Etats-Unis et auteur de l’article L’historien à l’ère de Wikileaks.

« Ce n’est qu’ensuite qu’ils ont compris l’impossibilité  de l’Etat à garantir une sécurité absolue pour ses citoyens, et donc sa fragilité, même en restreignant les libertés. Ces derniers mois, l’affaire Snowden est venue se greffer à ces interrogations sur le Bien et le Mal ou la patrie et la traîtrise », ajoute-t-il. Résultat: l’opinion publique a évolué sur cette affaire Wikileaks. « Elle est aujourd’hui divisée. Mais pas au sens tranché d’un bloc pour et d’un autre bloc contre. Dans les sondages, selon la question posée ou la formule utilisée, la même personne peut en fait à la fois applaudir Manning ou le critiquer », précise François Durpaire.

Sur un plan plus sociétal, Bradley Manning, homosexuel, a aussi accéléré la fin du « tabou gay » qui régnait dans l’armée américaine. Certes, le « don’t ask, don’t tell », qui permettait aux gays d’exercer dans l’armée à condition de ne pas le révéler, était en cours d’abolition en 2010. « Mais le fait que Manning ait en partie agi pour se venger a permis au processus législatif d’aller plus vite », estime François Durpaire.

Wikileaks et les protections des données: une prise de conscience

Même si la victime est l’armée américaine, qui possède probablement les meilleures défenses informatiques, le monde de la protection des données n’a pourtant pas été fondamentalement surpris. « L’affaire Wilikeaks n’a pas révélé ce que l’on ne connaissait déjà pas en matière de violation de protection de données sur le plan technique. Nous discutions déjà depuis un certain temps de possibles infractions similaires », explique à MYTF1News Lazaro Pejsachowicz, président du Clusif (Club de la sécurité de l’information française), l’association qui regroupe les responsables de sécurité informatique.

Grâce à son retentissement médiatique, l’affaire a eu cependant un mérite selon Lazaro Pejsachowicz: « elle a fait prendre conscience aux dirigeants d’entreprises et d’organismes publics des risques encourus ». « Certes, ils connaissent les dangers. Mais il est leur parfois difficile d’arbitrer sur le plan financier face à d’autres priorités. Notre dialogue avec eux a donc été facilité. Depuis, des projets ont été mis en route plus rapidement qu’ils ne l’auraient été », révèle-t-il.

Lazaro Pejsachowic souligne également que les professionnels de la sécurité ont quant à eux pris conscience que le « monde est une gigantesque database ». Avec pour conséquence de rendre l’information encore plus vulnérable car le risque ne peut être limité au risque technique confiné à l’intérieur de la seule entreprise. « Sur ce point, le maillon faible restera l’humain, rouage essentiel de la sécurité. Sensibiliser le personnel est donc primordial », conseille le patron du Clusif. Rappelons en effet que Bradley Manning était habilité à accéder aux informations qu’il a données à Julian Assange… Tout comme Edward Snowden, qui a révélé l’espionnage de la NSA, pour celles publiées par The Guardian. « Plus globalement, sans faille humaine, il est aujourd’hui très difficile de lancer une attaque ou piratage informatique », martèle Lazaro Pejsachowicz.

Wikileaks et le monde du renseignement: circulez, il n’y a rien à voir

Pour le monde du renseignement, l’affaire Wikileaks n’est tout simplement pas… une affaire. « Certes, elle a eu un retentissement médiatique et ceux qui en sont à l’origine se prennent pour des chevaliers blancs », explique à MYTF1 News Eric Denecé, patron du Centre français sur la recherche et le renseignement (CF2R).

« Mais rappelons que d’un point de vue technique, il ne s’agit pas d’une opération de piratage. C’est tout simplement un homme seul, bénéficiant de certaines habilitations -une lacune-, qui a voulu mettre le bazar pour des raisons personnelles. Le paradoxe, c’est qu’il avait l’intention de nuire. Or, contrairement à Edward Snowden,  il ne l’a pas vraiment fait puisqu’aucune information capitale n’a été révélée. Il aurait pu donner à Julian Assange le carnet intime d’une adolescente, cela aurait eu le même effet. La seule chose que cette affaire a peut-être changée, c’est la manière dont le ministère des Affaires étrangères protège désormais ses télégrammes diplomatiques », ajoute-t-il.

Sur le plan diplomatique justement, en dehors des protestations de circonstances pour la forme à destination de leur opinion publique, Eric Denecé rappelle que cela n’a pas créé de réelles tensions entre les Etats-Unis et leurs alliés. Avant d’avancer une théorie développée dans les milieux du renseignement: beaucoup s’y étonnent de la concomitance entre la publication de ces télégrammes diplomatiques dans lesquels les dictateurs arabes comme Ben Ali apparaissent peu à l’avantage et les révolutions arabes. Les Etats-Unis auraient-ils alors en fait manipulé Manning et Wikileaks pour « préparer » le printemps arabe -ou du moins ont-ils exploité le contenu des révélations ? « Il n’y a pas de preuve, mais cela reste une possibilité », note le patron du CF2R.

Vidéo: Wikileaks: « Tout se sait ou se saura un jour »

Vidéo: Wikileaks, tempête médiatique dans un verre d’eau?

Source: http://lci.tf1.fr/monde/securite-des-donnees-renseignement-societe-ce-que-wikileaks-8322249.html

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Pentagone, Watergate, WikiLeaks, NSA: d’impossibles secrets?

Emission France Culture du 14.12.2013, à écouter en ligne (58 min.): http://www.franceculture.fr/emission-concordance-des-temps-pentagone-watergate-wikileaks-nsa-d-impossibles-secrets-2013-12-14

Lien direct pour écouter l’émission: http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4758974

Pentagon Papers-the secret warArthur Schlesinger Jr., historien américain notoire et ancien collaborateur du président Kennedy, a écrit un jour non sans justesse: « Vous ne pouvez pas diriger un gouvernement si tout ce que vous faites est transmis à la presse. Mais vous ne pouvez pas diriger une presse libre, si publier tout ce que le gouvernement classe secret constitue un crime. » Deux affaires récentes, dont le retentissement a été mondial, viennent de relancer à partir des Etats-Unis la question, en vérité capitale, de la transparence de l’Etat en démocratie et des secrets indispensables dans l’intérêt de la nation. Entre l’une et les autres, l’équilibre légitime est toujours incertain, il l’est forcément. Edward Snowden, employé d’une entreprise de sous-traitance de la NSA – la National Security Agency – a révélé récemment les pratiques d’espionnage de celle-ci, interceptant les communications de citoyens américains et de nombreux pays alliés, provoquant du coup par cette initiative un tremblement de terre international. Trois ans plus tôt, le site WikiLeaks, animé par l’australien Julian Assange, avait publié des centaines de milliers de documents confidentiels en provenance du réseau diplomatique américain, ce qui avait suscité un autre séisme. Un rapprochement s’est imposé aussitôt avec deux autres affaires retentissantes, qui avaient posé semblablement cette même question du secret démocratique et d’ailleurs n’étaient pas sans lien entre elles. L’affaire dite des documents du Pentagone concerne la guerre du Vietnam, documents portés soudainement à la connaissance du public en 1971, et l’affaire du Watergate, encore plus célèbre, jetant en pâture à l’opinion les multiples mensonges du président Richard Nixon et entraînant la chute de celui-ci, en août 1974. Avec Pierre Melandri, professeur émérite d’histoire des Etats-Unis à Science-Po, nous allons ce matin réfléchir à ce parallèle instructif, tant pour l’histoire que pour le civisme. Jean-Noël Jeanneney

Programmation sonore:

– Interview d’Eva JOLY, députée européenne d’Europe Ecologie – Les Verts, France Inter, le 11 juin 2013.

– Interview de Pierre SALINGER, ancien porte-parole de la Maison Blanche, par Yves MOUROUSI, Inter-Actualités, le 16 juin 1971.

– Extrait du film « les hommes du Président » de Alan Jay PAKULA, sorti en 1976, film adapté du livre des journalistes Bob WOODWARD et Carl BERNSTEIN, avec Robert REDFORD et Dustin HOFFMAN.

– Interview de Ted STANGER, journaliste américain, ancien chef de bureau du Newsweek à Paris, France Inter, le 1er juin 2005.

– Déclaration du président américain Richard NIXON annonçant sa démission, France Inter, le 9 août 1974.

Bibliographie:

– Pierre MELANDRI, Histoire des Etats-Unis, Perrin, coll. Tempus, 2013.

– Antoine COPPOLANI, Richard Nixon, Fayard, 2013.

– Claude MOISY, Nixon et le Watergate. La chute d’un président, Hachette, 1994.

– Pierre MELANDRI, « Les secrets du Pentagone », dans L’Histoire, 12 juillet 2012.

– André KASPI, Le Watergate (1972-1974), Complexe Eds, 1983.

– Susan RUEL et Daniel ROYOT, Les médias et l’information aux Etats-Unis de 1945 à aujourd’hui, Didier Erudition, 1997.

Invité(s):
Pierre Melandri, historien, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et chercheur associé à l’Observatoire de la politique étrangère américaine à l’université Paris-III Sorbonne

Daniel Ellsberg et les secrets du Pentagone

Daniel Ellsberg, lanceur d’alerte sur la guerre du Vietnam

Posté le 6 juillet 2013

En 1971, Daniel Ellsberg, un brillant analyste employé comme consultant par le Pentagone, fait parvenir au New York Times un rapport confidentiel de 7000 pages sur la guerre du Viêtnam. Ces documents, Ellsberg les a photocopiés avec ses deux enfants pendant des nuits entières. Ils mettent directement en cause l’intégrité des gouvernements Eisenhower, Kennedy et Johnson, qui ont accumulé les mensonges pour poursuivre une guerre qu’ils savaient perdue d’avance. Le rapport montre aussi que les Etats-Unis s’enfoncent encore davantage dans le conflit avec Richard Nixon, même si celui-ci affirme le contraire. Ces révélations font l’effet d’une bombe. En l’espace de quelques jours, tandis que se profile une véritable bataille constitutionnelle, Daniel Ellsberg devient l’homme le plus recherché en Amérique. Henry Kissinger le baptise « the most dangerous man in America », Richard Nixon le qualifie de « son of a bitch ». Tout est fait pour discréditer Ellsberg devant le tribunal – son dossier personnel est même volé chez son psychanalyste. Le but de l’ancien consultant était pourtant d’arrêter une guerre inutile, barbare, coûteuse et injustifiée. Ses révélations explosives n’empêcheront pas la réélection de Nixon en 1972. En revanche, elles exacerberont la paranoïa du président, provoquant indirectement le cambriolage du Watergate.

2013: NOUVEAUX SECRETS DEVOILÉS:

Après les présidents du Venezuela, Nicolas Maduro, et du Nicaragua, Daniel Ortega, c’est au tour du chef d’Etat bolivien, Evo Morales, de proposer l’asile à l’ancien consultant de l’Agence de la sécurité américaine Edward Snowden, bloqué depuis treize jours dans la zone de transit de l’aéroport de Moscou-Cheremetievo.
« En signe de protestation, je voudrais dire aux Européens et aux Américains du Nord: maintenant, nous allons accorder l’asile si cet Américain persécuté par ses compatriotes nous le demande. Nous n’avons pas peur », a assuré le président bolivien, samedi 6 juillet, lors d’un discours devant des agriculteurs à Oruro, dans le sud-ouest de la Bolivie.

BLOQUÉ À MOSCOU POUR UN TEMPS INDÉTERMINÉ

Le jeune informaticien pourrait également bénéficier à Caracas de « l’asile humanitaire » et d’une protection « contre la persécution de l’empire le plus puissant du monde, qui s’est déchaîné sur lui », a promis le chef d’Etat vénézuélien Nicolas Maduro. « Nous, nous sommes ouverts et respectueux du droit d’asile, et il est clair que si les circonstances le permettent, nous recevrons Snowden avec grand plaisir et lui donnerons l’asile ici, au Nicaragua », avait déclaré plus tôt Daniel Ortega.

L’ex-consultant est bloqué depuis le 23 juin dans la capitale russe, où il est arrivé en provenance de Hongkong. Recherché par les Etats-Unis, qui veulent le juger pour espionnage et ont annulé son passeport, il a déposé des demandes d’asile auprès d’une vingtaine de pays sans parvenir, pour le moment, à trouver une terre d’accueil.

« Le risque de voir Snowden bloqué à Moscou pour un temps indéterminé est de plus en plus grand », estimait vendredi Maria Lipman, de l’antenne moscovite du Centre Carnegie.

SIX NOUVEAUX PAYS SOLLICITÉS

La France, qui figurait sur sa liste, avait refusé la veille de donner une suite favorable à sa demande. Le Parlement de Reykjavik a également repoussé une motion visant à accorder la citoyenneté islandaise à l’Américain.

L’organisation WikiLeaks, qui assiste juridiquement le « lanceur d’alerte » américain, a réagi en annonçant que Snowden avait déposé une demande d’asile dans six nouveaux pays. Mais le site, spécialisé dans la divulgation de données confidentielles, a refusé de préciser lesquels, par crainte d' »ingérence américaine ».

(Texte présentant la vidéo sur youtube)

Paul Craig Roberts: « La vérité est offensive »

Citation de George Orwell

Par Paul Craig Roberts, 31 mars 2013

« Dans une époque de supercherie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire. » George Orwell

En Amérique, la vérité est offensive. Si vous dites la vérité, vous êtes offensifs.

Je suis offensif. Michael Hudson est offensif. Gerald Celente est offensif. Herman Daly est offensif. Nomi Prins est offensive. Pam Martens est offensive. Chris Hedges est offensif. Chris Floyd est offensif. John Pilger est offensif. Noam Chomsky est offensif. Harvey Silverglate est offensif. Naomi Wolf est offensive. Stephen Lendman est offensif. David Ray Griffin est offensif. Ellen Brown est offensive.

Heureusement, beaucoup d’autres sont offensifs. Mais avant d’être offensifs, combien de temps cela prend pour devenir « un ennemi de l’Etat »?

A travers l’histoire, les lanceurs de vérité ont souffert et les historiens de la cour ont prospéré. Il en est de même aujourd’hui. Gerald Celente illustre cela de manière brillante dans le prochain sujet du Trends Journal.

Au cours des 35 dernières années, j’ai retenu cette leçon en tant que chroniqueur. Si vous dites aux lecteurs ce qui se passe vraiment, ils veulent savoir pourquoi vous ne pouvez pas être positifs. Pourquoi est-ce que vous nous dites qu’il y a des mauvaises choses qui arrivent, et qui ne peuvent pas trouver de solutions? Vous ne savez pas que Dieu a donné aux Américains le pouvoir de résoudre tous les torts? Qui êtes-vous? Une sorte d’idiot, un anti-américain, un gauchiste-coco-libéral? Si vous haïssez tellement l’Amérique, pourquoi vous n’allez pas à Cuba, en Iran ou en Chine (ou à n’importe quel endroit où le boogieman se situe)?

Les anciens Grecs comprenaient cela très bien. Dans la mythologie grecque, Cassandre était la prophétesse que personne ne croyait, malgré ses 100% de chances d’avoir raison. Dire la vérité aux Américains ou aux Européens revient aussi cher que de dire la vérité aux Grecs de l’ancienne mythologie.

En Amérique et partout dans le monde occidental, ou dans le monde entier, dire la vérité est impopulaire. En effet, aux Etats-Unis, dire la vérité est un acte criminalisé. Regardez par exemple Bradley Manning, détenu pendant deux ans en prison sans caution et sans procès, en violation de la Constitution américaine, torturé pendant un an lors de sa détention illégale, en violation des lois américaines et des lois internationales, et jugé maintenant par des procureurs corrompus pour avoir aidé « les ennemis des Etats-Unis » en révélant la vérité, comme le lui demande le code militaire américain. On demande aux soldats américains de déclarer les crimes de guerre. Quand les supérieurs de Bradley Manning se sont montrés eux-mêmes indifférents aux crimes de guerre, Manning a rapporté les crimes via WikiLeaks. Que ferait d’autre un soldat ayant le sens du devoir et une conscience morale, quand la chaîne du commandement est corrompue?

Julian Assange est un autre exemple. WikiLeaks a pris la relève de la fonction de rapports que les médias occidentaux ont abandonné. Rappelez-vous, le New York Times a publié les Pentagon Papers en 1971, ce qui a miné les mensonges que Washington avait dit à la fois au public et au Congrès pour justifier la coûteuse guerre du Vietnam. Mais aujourd’hui, aucun journal ni aucune chaîne télé n’accepterait plus de prendre la responsabilité d’informer le public en disant la vérité. Julian Assange a fait irruption dans le vide et a été immédiatement démonisé, non seulement par Washington, mais aussi par l’aile gauche et l’aile droite des médias, y compris ceux d’Internet. C’était un mélange de jalousie, d’ignorance, et de réponses en faveur des demandes de Washington.

Sans WikiLeaks et Julian Assange, le monde ne saurait essentiellement rien. Les manipulations de Washington, les médias pressetitués et les médias fantoches de l’Etat auraient prévalu. Ainsi, le mot est sorti pour détruire Julian Assange.

Il est étonnant de voir combien de gens et de sites Internet obéissent aux ordres de Washington. Assange a été tellement démonisé que, bien qu’il ait reçu l’asile politique de l’Equateur, le gouvernement britannique, qui obéit au maître de Washington, refuse de lui accorder un passage sécurisé pour sortir de l’ambassade d’Equateur à Londres. Assange est-il destiné à vivre sa vie à l’intérieur de l’ambassade d’Equateur à Londres?

Est-ce qu’Assange sera un replay du Cardinal Jozsef Mindszenty qui, le 4 novembre 1956, a cherché l’asile à l’ambassade américaine de Budapest, alors que les chars soviétiques affluaient en Hongrie pour réprimer la révolution anti-communiste? Le Cardinal Mindszenty a vécu 15 ans dans l’ambassade américaine. Aujourd’hui, c’est l’Amérique « de la liberté et de la démocratie » qui copie les pratiques soviétiques datant de la Guerre froide.

En contraste avec « la liberté et la démocratie » des Etats-Unis et du Royaume-Uni, le gouvernement « autoritaire », « communiste » et « oppressif » de la Chine, confronté à la défection du dissident Chen Guangcheng à l’ambassade américaine de Beijing, l’a laissé partir.

C’est un monde à l’envers, quand l’Amérique et les Britanniques refusent d’obéir aux lois internationales, alors que les communistes chinois maintiennent les lois internationales.

Les américains insouciants restent imperturbables devant le fait que des terroristes présumés soient torturés, détenus indéfiniment en prison sans procès, et exécutés sur le caprice d’un fonctionnaire d’une branche de l’exécutif sans application régulière de la loi.

La plupart des américains approuvent le meurtre sans explications, la torture et la détention sans preuves, ce qui proclame leur crédulité au monde entier. Il n’y a jamais eu dans l’histoire une population aussi inconsciente que les américains. Le monde est stupéfié de voir un peuple insouciant, si ce n’est que pour un court laps de temps, devenir une superpuissance.

Le monde a besoin d’intelligence et de leadership pour éviter une catastrophe, mais l’Amérique n’est en mesure d’apporter ni l’intelligence ni le leadership. L’Amérique est un pays perdu où les armes nucléaires sont aux mains de ceux qui sont uniquement concernés par leur propre pouvoir. Washington est l’ennemi du monde entier et renferme la plus large concentration de mal sur la planète.

Où est le bien qui doit se lever contre le mal?

Source: http://www.opednews.com/articles/Truth-Is-Offensive-by-Paul-Craig-Roberts-130331-166.html

3 Février 2013: Julian Assange a reçu le « Yoko Ono Lennon Courage Award »

Yoko Ono Courage Award

Le 3 Février, lors d’un dîner privé, à The Modern, MoMA, NYC, en présence de plus de 150 invités, Julian Assange a reçu le « Yoko Ono Lennon Courage Award For the Arts 2013 » pour son travail WikiLeaks, qui comprend, parmi les autres révélations, Collateral Murder. Ce prix est décerné aux personnes qui ont fait preuve d’un courage extraordinaire et qui, à travers leur art, ont changé le monde.
Ont accepté le prix au nom de Julian Assange, à la fois l’Honorable Juge Baltasar Garzon Real et Michael Ratner, Président Émérite du Centre pour les Droits Constitutionnels.
Ont aussi assisté à la cérémonie de remise du prix, l’Honorable Ricardo Patino Aroca, Ministre des Affaires Étrangères de l’Équateur, et Daniel Ellsberg, source des « Pentagon Papers ».

Discours de Julian Assange in absentia:

Tout d’abord, je tiens à remercier Yoko Ono Lennon pour son esprit et son courage en m’accordant ce prix. Une femme dévouée dont les actions nombreuses la définissent. Une mise à l’épreuve pour nous tous.

Les gens me demandent souvent comment je fais pour continuer.

Ils le demandent comme si mon travail était une sorte de fardeau pour moi.

Rien ne serait plus éloigné de la vérité.

Il n’y a pas de plus grand plaisir que celui de se battre pour vos principes.

Il n’y a pas de plus grand plaisir que celui de se battre pour ceux qui ont tout risqué pour partager votre vision.

Et il n’y a pas de plus grand plaisir que de voir ceux que vous admirez, commencer à se battre pour vous, en retour.

Et tandis que l’ambassade qui m’abrite est toujours entourée par une police armée, ma voix est libre.

Dans les contraintes de l’opération extérieure de surveillance du Royaume-Uni, je suis libre de voir mon personnel et mes amis.

Beaucoup se sont battus et continuent de se battre pour permettre cette liberté fondamentale et je leur en suis reconnaissant.

Je tiens à remercier le peuple de l’Équateur.

Je tiens à remercier le Président Rafael Correa et le Ministre des Affaires étrangères Patino pour leur soutien courageux et inflexible.

Leur position renforce, non seulement mes droits, mais les droits des réfugiés politiques partout dans le monde. Soutenons-les.

Je dédie ce prix à nos sources courageuses, nos supporters et à mon personnel.

À travers leur courage et leur esprit, ils révèlent la vraie nature de notre civilisation humaine globale. C’est ainsi que nous pouvons la réformer. L’élever – et la rendre juste, au-delà de ses humbles origines.

Leur courage en documentant les crimes de guerre, les violations flagrantes des droits de l’homme et la corruption de nos sociétés, est inégalé.

Je tiens à remercier tous nos volontaires anonymes et tous ces volontaires d’Anonymous. Vous êtes invisibles dans votre travail, mais votre travail est loin d’être invisible.

Mais je tiens spécialement à en nommer quelques-uns.

Le volontaire Aaron Swartz, âgé de 26 ans. Activiste politique, traqué à mort, ici même à New York, le mois dernier, dans le cadre de la politique plus large de répression contre nos idéaux.

La source présumée, désormais prisonnier politique, Bradley Manning. Bradley est maintenant à deux semaines d’avoir passé 1000 jours en prison. La plus longue détention provisoire dans l’histoire de l’armée américaine.

La source présumée, désormais prisonnier politique, Jeremy Hammond, détenu sans jugement, ici même à New York, pour les derniers 336 jours jusqu’à aujourd’hui.

Le volontaire et source présumée, désormais prisonnier politique, Gottfrid Svartholm, détenu en Suède depuis près de cinq mois.

Les protestataires du blocus bancaire de WikiLeaks, Christopher Weatherhead, âgé de 22 ans, et Ashley Rhodes, âgée de 28 ans. Condamnés respectivement la semaine dernière à 18 mois et 7 mois de prison, au Royaume-Uni.

Et je tiens à remercier mes avocats Baltasar Garzon et Michael Ratner qui me représentent ici aujourd’hui, comme ils le font chaque jour.

Ensemble avec nos avocats aux Etats-Unis, en Europe, en Afrique, en Australie et en Équateur, ils font partie de la lutte pour s’assurer que nos droits soient respectés et que WikiLeaks puisse continuer sa mission.

Avec autant de courage, de ténacité, l’amour et le soutien de nos amis, faire taire WikiLeaks reste et continuera de rester un fantasme.

Nous continuerons notre combat pour informer le monde, comprendre ses institutions, et pour porter notre civilisation à un degré plus élevé.

Je vous remercie tellement,
Julian Assange
Ambassade d’Équateur
Londres
3 Février 2013

NEW YORK – 3 FÉVRIER A 21h30 (HEURE DE NEW YORK).
LONDRES – 4 FÉVRIER A 02h30 (HEURE DE LONDRES).
SYDNEY – 4 FÉVRIER A 13h30 (HEURE DE SYDNEY).

Source: http://www.twitlonger.com/show/ku2ld8

http://wlcentral.org/node/2812

Plus de détails:

http://collateralmurder.org/

http://wikileaks.org

http://usvwikileaks.org

http://justice4assange.com

http://imaginepeace.com/?tag=courage-awards-for-the-arts

http://ccrjustice.org

http://wikileaks-press.org/assange-wins-yoko-ono-lennon-courage-award/

Interview de John Cusack: « Qu’est-ce qu’un ‘Assange’? »

par John Cusack, le 1 janvier 2013

Cette semaine, j’ai été fier de rejoindre le conseil et d’aider au lancement de la Freedom of the Press Foundation (FPF), une nouvelle organisation qui compte sur le crowd-funding pour une gamme de diffuseurs médiatiques dont la mission première est d’œuvrer à la transparence et à la responsabilité gouvernementales. Vous pouvez vous informer au sujet des quatre premières organisations – qui incluent la National Security Archive, MuckRock News, The UpTake et WikiLeaksici.

Je me suis assis, récemment, avec le professeur de la Washington Law School et spécialiste constitutionnel Jonathan Turley et mon ami proche Kevin McCabe pour discuter de l’impact de WikiLeaks sur la transparence, la réponse gouvernementale, et de la comparaison avec le lanceur d’alerte des Pentagon Papers, Daniel Ellsberg (aussi co-fondateur de la FPF). (Et lisez une conversation antérieure avec Jonathan Turley ici.)

WikiLeaks a été extra-judiciairement coupé de son financement après que deux membres du Congrès US aient fait pression sur Visa, MasterCard et PayPal pour qu’ils cessent de faire affaire avec l’organisation journalistique fin 2010. Nous espérons que la Freedom of the Press Foundation deviendra un bastion contre ce genre de tactiques non-officielles de censure à l’avenir.

Voici la première partie de notre conversation.

John Cusack – JC: Vous aviez lu ce papier d’Ellsberg avant les élections?

Kevin McCabe – KM: Non.

Jonathan Turley – JT: Non.

JC: C’était lourd de sens, je repense à ce que cela voulait dire que de voter pour Obama – la position d’Ellsberg en est une position de principe – mais il avait pris l’attitude de Chomsky de stopper les Républicains dans certains états décisifs. Mais de le faire sans illusions.

JT: Oui.

JC: En tout cas, j’ai pensé que le cas Ellsberg était fascinant. Et j’ai parlé à – John, tu connais Michael Ratner? Il m’a dit qu’il te connaissait –

JT: Ouais.

JC: Je lui ai parlé de cette requête pour voir Assange à Londres. Je pensais juste Assange, et comme Hedges et Ellsberg attaquent la NDAA, nous avons une situation où, si les choses sont telles qu’elles semblent être, Assange est reclus pour le simple fait d’avoir exposé des crimes de guerre.

JT: Ouais. Je pense que la chose la plus intéressante à propos d’Assange est que le même acte de diffusion d’informations, s’il était reconnu comme journaliste, lui aurait peut-être valu le Prix Pulitzer. Assange a ce statut particulier. Les médias ne savent pas vraiment comment dialoguer avec lui. Ils n’arrivent pas à se décider de savoir si c’est un bandit ou un héros, ou une espèce de bandit héros. Et beaucoup de gens ignorent le contenu d’une grande part de ce qu’il a publié.

Nous en avons parlé toi et moi par le passé, John, comme quoi le matériel diffusé par WikiLeaks avait énervé le gouvernement US, principalement parce qu’il démontrait que le gouvernement avait menti régulièrement au peuple des USA. Ceci a provoqué une immense colère chez des officiels du gouvernement qui n’ont pas l’habitude d’être exposés de cette manière, y compris des membres du Congrès. Ce sont des gens qui contrôlent de près ce qu’apprend le public et quelles informations sont permises hors du gouvernement.

Franchement, la plupart des gouvernements ont l’habitude de se mentir – à un point que la plupart des gens trouveraient choquant. Une partie de la diplomatie est l’art du mensonge stratégique. Ces câbles démontrent le niveau de mensonge atteint par les gouvernements non seulement envers d’autres gouvernements, mais envers leurs propres citoyens, dont les nôtres. Et c’était donc une divulgation particulièrement embarrassante.

Certaines d’entre elles ont été vraiment étonnantes et bien plus importantes que ne l’a suggéré la couverture médiatique. Par exemple, nous avons parlé du câble exposant que l’administration Obama avait menacé l’Espagne, si l’Espagne exerçait son droit par traité d’enquêter sur le programme de torture US, étant donnée le refus d’Obama de le faire.

JC: Ouais, ce n’est pas comme si ce mec était poursuivi à travers le globe parce qu’il avait embarrassé quelques diplomates.

JT: C’est sûr, c’est bien plus que ça.

JC: J’aimerais beaucoup discuter de ce que sont ces principes légaux sous-jacents. Penses-tu qu’il pense qu’il fait quelque chose qui devrait être fait par les journalistes et les diffuseurs – penses-tu qu’il remplisse une vacance dans le journalisme, ou ceci est-il une nouvelle forme de journalisme? Peut-être ne se soucie-t-il pas de ces distinctions, et devrions-nous?

JT: Hé bien, la réponse à Assange est remarquable – c’était un peu comme un changement de paradigme. Les médias ont l’habitude de divulgations isolées qui sont maîtrisées et focalisées sur des sujets tels que les prisons secrètes en Europe, ou le programme de torture. Ce qu’a fait Assange a été la diffusion massive de matériel qui montrait la choquante malhonnêteté du gouvernement US et de gouvernements autour du monde… elle a montré comment beaucoup de nos politiques domestiques ou internationales sont juste une espèce de kabuki, qui –

JC: Vu ainsi, c’est adéquatement analogue aux Pentagon Papers. De la même manière – disons qu’Eric Holder signant des documents disant que vous pouvez tuer des citoyens US est le même genre de patine légale de merde que le document de John Yoo sur la torture. Quelles sont les différences importantes ou les parallèles, entre les publications des Pentagon Papers par Ellsberg et les publications de WikiLeaks exposant les crimes de guerre et les mensonges d’Etat?

JT: Je pense que vous faites la bonne analogie. En un sens, les Pentagon Papers étaient si importants parce qu’ils étaient focalisés sur le thème du mensonge autour de la guerre du Vietnam. Assange est presque blessé parce que ses publications étaient 100 fois plus vastes que les Pentagon Papers.

Ironiquement, s’il avait simplement pris des parties de ces divulgations et les avaient publiées de manière isolée, il aurait peut-être eu davantage de soutien. À la place, il a rendu publique cette chronique exhaustive des mensonges du gouvernement US et d’autres gouvernements. Et franchement, je pense que les médias classiques ont eu du mal à la couvrir, la décrire et à s’en servir.

Le résultat, c’est que ce mec est isolé, à la fois juridiquement et physiquement. Il est tout bonnement retenu captif dans cette ambassade, à moins qu’il ne convienne de la quitter et d’être sujet à arrestation. Il a de bonnes raisons de suspecter que le gouvernement US projette de le déporter dès que n’importe quel gouvernement – n’importe quel gouvernement ami – arrive à mettre la main sur lui.

JC: Ouais – je n’ai aucune idée de ce qu’est la vérité en la matière. Mais je sais que vous n’avez pas vu tant de gouvernements se piquer d’un tel intérêt et s’impliquer autant dans des affaires suédoises de viol.

JT: En fait, il y a beaucoup de scepticisme autour du timing. Le fait est que les USA avaient besoin qu’un gouvernement attrape Assange sur la base de quelque accusation criminelle. Pourtant, nous ne connaissons pas complètement tous les faits de l’affaire.

Assange est peut-être, en effet, un individu hautement imparfait – même un violeur si les allégations étaient jamais prouvées. Comme je l’ai déjà dit, je dis sans cesse à mes étudiants que nos causes sont souvent meilleures que nos clients. C’est juste une réalité du travail pro bono ou d’intérêt public. Il n’est pas rare d’avoir des personnes qui soulèvent des questions d’intérêt public importantes, mais qui ont pu commettre de grands torts.

Honnêtement, je ne sais pas quelle est la vérité au fond de cette affaire. Je sais qu’Assange a proposé de rencontrer des enquêteurs à l’ambassade, et cela a été refusé. Je ne suis pas bien sûr de pourquoi cela a été refusé.

Mais en termes de l’importance de WikiLeaks, je ne pense pas que qui que ce soit puisse réellement remettre en question que ces publications ont une importance considérable.

JC: Oui, de beaucoup de façons, cela change le monde. Assange et WikiLeaks disent-ils en fait qu’il n’y a plus personne qui fasse encore ce genre de journalisme, et que donc nous devons le faire nous-mêmes? Ou comble-t-il quelque autre espace journalistique, ou essaie-t-il de tronquer l’espace journalistique. Légalement, où est la différence? Pourquoi est-il puni alors que le New York Times ne l’est pas? Ils ont publié son matériel.

Je pense que tu dis que c’est un terrain tellement plus vaste que les Pentagon Papers que cela explique peut-être la frénésie – quand l’éditeur du New York Times et les reporters autour des divulgations d’Ellsberg ont juste eu à se dire – mensonges du Vietnam – OK, ces types vont nous courir après – nous irons peut-être en prison, peut-être pas. Mais ils ont pris le risque, et ils les ont publiés. WikiLeaks s’en prend à tous les gouvernements tout autour du monde.

JT: Ouais, je trouve fascinant de regarder la réaction à Bradley Manning et à Assange. Le gouvernement est vraiment monté jusqu’à DEFCON 4 pour s’occuper de ce gars. ET la question c’est pourquoi. Je pense que la réponse est qu’ils veulent pendre les malheureux. Ils veulent que tout le monde voie ces hommes se tordre dans le vent, pour que personne ne refasse plus ce genre de choses.

Et qu’ont-ils fait? Ils ont publié –

JC: Ce sont des lanceurs d’alerte.

JT: Oui, lis ont publié des informations portant préjudice au gouvernement. Mais quand vous regardez la couverture médiatique, ils ne veulent clairement pas traiter Assange comme un lanceur d’alerte, et ils ne veulent surtout pas le considérer comme un journaliste.

Et ceci mène donc à la question, longtemps en suspens, de ce qui constitue un journaliste à l’ère des blogs et des sites Internet?

JC: J’imagine que c’est probablement la question vers laquelle je me dirigeais – que penses-tu que soit la différence, du point de vue constitutionnel de la liberté d’expression, ou de sa protection?

JT: Les journalistes en ont adopté une définition très étroite parce qu’ils ont une crainte légitime que, avec la possibilité de créer un blog en quelques minutes, tout(e) un(e) chacun(e) puisse se déclarer journaliste. Si tout le monde est journaliste, personne n’aura plus sans doute de privilèges journalistiques. Les journalistes vivent grâce à ces privilèges et ceux-ci s’évaporeront comme neige au soleil si tout le monde peut les réclamer.

Et donc si vous regardez certaines choses comme le National Press Club, ils ont depuis longtemps eu une définition de ce qu’est un journaliste qui s’occupe de combien gagne la personne pour faire du journalisme, et excluant des personnes qui sont des journalistes légitimes mais ne reçoivent pas un salaire à plein temps, ou même un salaire à temps partiel significatif. Ces définitions sont hautement artificielles aujourd’hui. L plupart des gens obtiennent leurs infos d’Internet et de blogs.

KM: – Dans une référence dans un article du Times, le reporter citait Chris Matthews et Katie Couric comme journalistes, et qui seraient présents au dîner d’Al Smith. Et j’allais envoyer une note disant que Chris Matthews n’est pas journaliste. À une époque il a été pigiste. Mais c’est un commentateur de la TV par câble maintenant. Je pense que ce que vous êtes en train de dire apporte juste à tout ceci un relief surprenant. C’est juste si évident.

JT: Cela suscite aussi cette situation étrange, où si Adam Liptak au New York Times publie du matériel venant d’Assange, c’est un acte de journalisme. Quand Assange publie ces informations en masse, c’est considéré comme un acte de terrorisme. Et personne ne semble être à l’aise pour tenter d’expliquer cette différence. Et je ne suis pas trop sûr qu’ils le puissent.

Il y a deux manières de voir si une personne est ou non un(e) journaliste – leur fonction et leur motivation. Et, en général, nous considérons les deux. Alors, quelle était la motivation d’Assange? Sa motivation, il me semble, était clairement d’être un lanceur d’alerte et de publier ces informations. Mais il faisait aussi une chose qui est identique à ce que font les journalistes.

Et pourtant, si vous lisez comment il est traité dans les journaux, ils ne le considèrent pas comme un lanceur d’alerte ou un journaliste; ils le traitent en quelque sorte comme sui generis, quelque chose d’unique. C’est un ‘Assange’.

JC: Oui. Quelle est la différence entre lui soulevant des fonds, créant un site web, WikiLeaks, et ayant sa propre équipe d’enquêteurs rassemblant des informations et accumulant du contenu; et le Huffington Post recrutant des gens faisant la même chose – je la regarde mettant son truc en place et devenit le journal en ligne… beaucoup de ceux qui étaient blogueurs sont maintenant journalistes – des mecs super comme Sam Stein – et ils font du très bon boulot – maintenant ils ont des titres – ils se font accréditer et vont à la Maison Blanche, et ils sont journalistes, mais prioritairement, ils écrivent en ligne…

JT: Ouais, je pense que c’est vrai. La différence que tu peux tirer entre ces actes – et je pense que tu as tout à fait raison à ce sujet. Je pense qu’une partie de cette différence vient du fait que si le gouvernement disait qu’Assange est en fait un hacker – s’ils disent qu’il a fait effraction dans un système informatique et en a enlevé ce matériel –

JC: – ils disent en gros qu’Assange est Anonymous.

JT: Oui.

JC: Alors leur argument c’est que si Assange est Anonymous; c’est un cyber-terroriste?

JT: Oui. Et si c’est un hacker, je pense que cela –

JC: Cela tient-il?

JT: Hé bien, non – si c’est un hacker, cela le met dans une autre catégorie, dans le sens où il commet un délit –

JC: Est-il un hacker? Savons-nous cela?

JT: Alors non, nous ne le savons pas. En fait, beaucoup de personnes insistent sur le fait qu’il est clair qu’il n’est pas hacker, qu’il a d’une manière ou d’une autre obtenu ce matériel d’une tierce personne. Mais je ne sais pas ce qu’il en est, dans un sens ou dans l’autre. Cependant je pense que la différence que nous pouvons distinguer, et qui est celle qui a existé –

JC: Comme le New York Times a eu d’Ellsberg – il était la tierce personne.

JT: Correct.

KM: Mais je pense qu’il est important de recadrer ici cette conversation et de considérer ce problème depuis une perspective plus large que juste Julian Assange. Parce que je ne m’intéresse pas aux individus.

Je m’intéresse aux mouvements. Nous avons besoin de protéger le Premier Amendement et son application au sens le plus large. Assange m’indiffère outre que c’est un individu dont les droits sont bafoués. la raison pour laquelle nous devrions nous soucier de ce qui arrive à Assange aux USA est que ce qui lui arrive, arrive au Premier Amendement.

Vous pouvez également lire ce post sur le blog de Jonathan Turley.

Source: http://www.huffingtonpost.com/john-cusack/what-is-an-assange_b_2317824.html

Et: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,16829.0.html

Lire la 2ème partie de l’interview: https://wikileaksactu.wordpress.com/2013/01/18/interview-de-john-cusack-2eme-partie-quest-ce-quun-assange/

Traduit depuis le web par willsummer

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