Pourquoi l’affaire Snowden a été utile au gouvernement américain

Tout a commencé à Hong Kong, en juin 2013, quand Laura Poitras et Glenn Greenwald ont dévoilé l’identité d’un jeune analyste des services secrets américains qui lançait l’alerte sur le programme Prism de la NSA. Edward Snowden est très vite qualifié de « traître », dès le début de l’affaire, par certains hommes politiques aux Etats-Unis, notamment par Dick Cheney. En août 2013, Obama affirme, tout en engageant des promesses de réformes au sein de la NSA: « Non, je ne pense pas que M. Snowden a été un patriote. » (CNN) Mais cet avis négatif contraste, malgré tout, avec les premiers idéaux défendus par Obama, quand il parlait de la défense des lanceurs d’alerte:

« Protéger les lanceurs d’alerte: Souvent, la meilleure source d’information sur les pertes, la fraude et les abus au sein du gouvernement, c’est un employé du gouvernement existant commis à l’intégrité publique et disposé à parler. De tels actes de courage et de patriotisme, qui peuvent parfois sauver des vies et souvent faire économiser des dollars au contribuable, devraient être encouragés plutôt qu’étouffés. Nous devons responsabiliser les employés fédéraux comme garde-fous face à des actes répréhensibles et des partenaires qui agissent. Barack Obama va renforcer les lois sur les lanceurs d’alerte pour protéger les travailleurs fédéraux qui exposent les pertes, la fraude et l’abus de pouvoir au sein du gouvernement. Obama fera en sorte que les organismes fédéraux accélèrent le processus d’examen des demandes en matière de divulgation et que les lanceurs d’alerte aient pleinement accès aux tribunaux et à une procédure régulière ». (Policy.Mic)

Un article du Guardian daté de janvier 2014 montre bien cette contradiction entre, d’un côté, les critiques et les attaques contre Snowden dans les médias, et de l’autre, un gouvernement américain qui admet timidement que cette affaire a été utile à ouvrir le débat, un gouvernement qui avoue d’une certaine manière qu’ils n’auraient pas pu réformer le monde du renseignement sans tout le chaos de cette affaire:

Malgré sa critique de la divulgation des documents par Snowden, Obama a reconnu l’importance du débat sur la surveillance du gouvernement.

« Une chose dont je suis certain: c’est que ce débat nous rendra plus forts », a déclaré Obama. (The Guardian)

De là, à demander: le chaos de l’affaire Snowden a-t-il été savamment orchestré pour conduire à des réformes réfléchies et projetées par le gouvernement américain depuis une assez longue période?… On ne pourra jamais l’affirmer avec certitude, mais le gouvernement américain a certainement pu en tirer plus d’avantages qu’on ne pense.

Si on résume quelques aspects de l’affaire Snowden qui ont pu profiter au gouvernement américain:

– Cela a permis d’informer le grand public sur les programmes de surveillance, alors que jamais une telle prise de conscience ne s’est accomplie au niveau mondial dans les médias. Si l’objectif était l’information de masse sur la surveillance, on peut dire que c’est réussi.

– Le débat sur la vie privée a pu être lancé au niveau mondial, tout en exposant le caractère technique de ce problème. Les technologies qui protègent l’anonymat, comme le logiciel TOR, ont pu être mieux connues et expliquées au grand public.

– Le débat éthique a pu se poser au sein des services de renseignement, tout en posant la question de l’efficacité des méthodes de surveillance. La collecte des données n’améliore pas forcément la sécurité, comme on l’a appris en ce qui concerne le terrorisme.

– La NSA a pu attirer de jeunes recrues au sein de ses services de renseignement, grâce à la médiatisation des révélations d’Edward Snowden, en exposant le travail des services secrets et en utilisant l’image d’un lanceur d’alerte auquel n’importe quel adolescent peut s’identifier.

– Les Etats-Unis ont pu relancer une forme de guerre froide avec la Russie, quelques mois à peine avant le conflit en Ukraine. Etait-ce une coïncidence si Snowden a trouvé refuge à Moscou? Sa mission aurait-elle pu être d’infiltrer le renseignement russe au profit des services secrets américains?

– Les médias ont pu montrer Hong Kong comme une ville de liberté d’expression qui a largement soutenu le lanceur d’alerte, dans un contexte de domination et de conflit idéologique avec la Chine, un conflit qui a récemment pris la forme de la « révolution des parapluies » en septembre-octobre 2014, soit un an après l’affaire Snowden.

Ce sont autant d’éléments qui peuvent indiquer que les révélations d’Edward auraient pu être planifiées au plus haut niveau du gouvernement américain, dans un objectif calculé de réformes politiques. Mais, d’un autre côté, on ne peut pas exclure la possibilité que tout cela soit dû au hasard et à la bonne conscience d’un ancien agent de la NSA dont le courage servira de modèle aux générations futures.

A tout cela vient s’ajouter aujourd’hui une réforme de la CIA, ainsi qu’une réforme qui a – semble-t-il – échoué pour les agents du Pentagone en novembre dernier:

Le Pentagone a revu à la baisse son plan pour assembler un service d’espionnage à l’étranger capable de rivaliser en taille avec la CIA (Washington Post)

Mais si le Pentagone semble avoir abandonné son projet de réforme, la réforme de la CIA a sans doute plus de chances d’être mise en place par le gouvernement américain:

Le directeur de la CIA John Brennan fait la promotion d’un plan de réorganisation de la Central Intelligence Agency qui rendra plus probable que l’analyse du renseignement sera politisée afin de soutenir les intérêts de la Maison Blanche et des décideurs de haut niveau. (Counterpunch)

On peut donc effectivement dire que l’affaire Snowden a bouleversé le monde du renseignement américain et que toutes ces réformes n’auraient pas eu lieu sans une prise de conscience collective face aux défis de la surveillance.

Il y a eu non seulement un renforcement du débat sur la surveillance, mais aussi un renforcement du rôle des services secrets, grâce à la modernisation et aux réformes en cours qui ont pour but d’améliorer leur efficacité, tout en respectant mieux la vie privée des citoyens.

Au bout du compte, Snowden a simplement mis en évidence les failles du système de surveillance américain. Et comme tout système, il y a toujours des choses à améliorer.

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CC BY-SA

Un ancien contracteur de la CIA: « ISIS est un ennemi complètement fabriqué et financé par les États-Unis »

29 août 2014

Un ancien contracteur de la CIA, Steven Kelley, dit que le groupe terroriste ISIL [Etat Islamique en Irak et au Levant] est un ennemi fabriqué et financé par les États-Unis

« C’est un ennemi complètement fabriqué, » a-t-il déclaré dans un entretien téléphonique avec Press TV depuis Anaheim, en Californie, jeudi.

« Le financement vient entièrement des États-Unis et de ses alliés, et pour les gens qui pensent que cet ennemi est quelque chose qui doit être attaqué en Syrie ou en Irak, c’est une farce car évidemment c’est quelque chose que nous créons, que nous contrôlons et seulement maintenant c’est devenu gênant pour nous d’attaquer ce groupe comme un ennemi légitime », a ajouté Kelley.

Il a fait ces remarques, alors que le président américain Barack Obama est sous pression pour obtenir l’approbation du Congrès avant d’étendre la campagne aérienne militaire de Washington contre des cibles ISIL [Etat Islamique en Irak et au Levant] depuis l’Irak jusqu’en Syrie voisine.

Le Pentagone a déjà lancé au moins 100 frappes aériennes sur les positions d’ISIL [Etat Islamique en Irak et au Levant] dans le nord de l’Irak depuis qu’Obama a autorisé l’utilisation de la force contre le groupe terroriste au début de ce mois.

La Maison Blanche insiste qu’il n’a pas besoin d’autorisation explicite du Congrès pour les opérations, parce qu’elles sont destinées à protéger le personnel et les intérêts américains dans le pays arabe.

Le secrétaire de presse de la Maison Blanche, Josh Earnest, a déclaré lundi qu’Obama « n’hésitera pas à user de son autorité » pour garder les Américains en sécurité, mais il a ajouté que le président était « engagé à la coordination et à la consultation avec le Congrès » sur la décision de frapper des cibles ISIL [Etat Islamique en Irak et au Levant] en Syrie.

« Si vous voulez aller à la racine du problème et supprimer cette organisation, la première chose qu’ils doivent faire est de supprimer le financement et de prendre soin des entités responsables de la création de ce groupe», a déclaré Kelley.

« Je crois que ce groupe ISIS [Etat Islamique en Irak et en Syrie] disparaîtrait probablement, serait facilement vaincu par les armées du [président syrien] Bashar Assad, » a-t-il dit.

Source: http://topinfopost.com/2014/09/30/isis-completely-fabricated-enemy-by-us-former-cia-contractor

Obama signe un ordre secret pour étendre la guerre en Afghanistan en 2015

800px-US_Army_in_AfghanistanLes troupes américaines resteront en combat direct tout au long de 2015

par Jason Ditz, le 21 Novembre 2014

Un nouveau rapport sortant du New York Times révèle ce soir que le président Obama a signé un ordre secret pour élargir considérablement le champ des opérations militaires américaines en Afghanistan en 2015.

En dépit des affirmations que la guerre touche « à sa fin » au terme de l’année 2014, le nouvel ordre veillera à ce que les troupes terrestres américaines continuent à mener des opérations de combats directs au cours de 2015, et potentiellement au-delà.

Obama avait annoncé en mai qu’il n’y aurait plus du tout de rôle de combat en 2015, et que les troupes restantes, environ 10 000 d’entre elles, seraient limitées à la formation des forces afghanes.

Il y aurait eu un « débat houleux » au sein de l’administration au sujet de cette décision, ce qui a conduit à l’ordre secret changeant la politique de retour des troupes américaines au combat direct.

Le Pentagone aurait été la force motrice derrière la décision, avec des leaders civils qui cherchent à limiter la guerre aux « restes d’Al-Qaïda », tandis que le Pentagone voudrait revenir à des combats directs contre les talibans.

Comme d’habitude, le débat sur la politique de guerre des États-Unis a été maintenu totalement hors du regard public, et les Américains ont été amenés à croire que la fin du combat direct a bien été finalisée, même si ce n’était pas le cas.

Source: http://news.antiwar.com/2014/11/21/obama-signs-secret-order-to-expand-afghan-war-in-2015/

Les 8 théories de la conspiration gouvernementale. Conspiration #4: Le gouvernement bombarde de germes bactériologiques son propre peuple

La vérité: C’était une pratique courante pendant la guerre froide.

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De 1940 à 1970, l’Amérique était un laboratoire géant de germes bactériologiques. L’armée américaine a voulu évaluer la vulnérabilité de l’Amérique face à une attaque biologique, et a ainsi propagé des nuages de microbes et de produits chimiques sur des zones peuplées un peu partout.

En 1949, les Opérations Spéciales de l’Armée ont lâché des bactéries dans le système de climatisation du Pentagone afin d’observer comment les microbes se répartissent (les bactéries auraient été inoffensives). En 1950, un navire de la marine américaine pulvérise Serratia marcescens – une bactérie commune capable d’infection mineure – dans la baie de San Francisco. Les bactéries flottaient plus de 30 miles [48 km], se sont répandues à travers la ville, et ont peut-être fait un mort.

Un an plus tard, lors de l’Opération DEW, l’armée américaine a lâché 250 livres de sulfure de cadmium au large de la côte de Caroline, qui se sont répandus sur 60 000 miles carrés. L’armée ne savait pas que le sulfure de cadmium était cancérigène, ni ne savait que cela pouvait causer des dommages aux reins, aux poumons et au foie. Dans les années 1960, au cours du Projet 112 et du Projet SHAD, les militaires ont été exposés à des agents neurotoxiques comme le VX et le sarin et à des bactéries comme E. coli à leur insu. Au moins 134 expériences similaires ont été réalisées.

Le président Nixon mis fin aux essais offensifs du programme d’armes biologiques des États-Unis en 1969.

Source: http://mentalfloss.com/article/33497/8-government-conspiracy-theories-and-how-they-could-be-right

Le Pentagone se prépare à une rupture civile de masse

Les sciences sociales se militarisent afin de développer des « outils opérationnels » visant à cibler des militants pacifiques et des mouvements de protestation.

The Guardian, par Nafeez Ahmed, 12 juin 2014

pentagoneLe Pentagone finance des recherches en sciences sociales dans le but de modéliser les risques de « contagion sociale » qui pourraient compromettre les intérêts stratégiques américains.

Le Département de la Défense américain (DoD) finance un programme de recherche universitaire dont le but est de modéliser la dynamique, les risques et les points de basculement de troubles civils à grande échelle à travers le monde, sous la supervision de diverses agences militaires américaines. Ce programme de plusieurs millions de dollars est conçu pour élaborer des « éclairages pertinents pour les combattants » à court et à long terme, destinés aux hauts fonctionnaires et décideurs de « la communauté de la défense ». Il vise également à informer la politique menée par « les commandements de terrain.»

Lancée en 2008 – l’année de la crise bancaire mondiale – « l’initiative de recherche Minerva » du DoD a noué un partenariat avec les universités, «visant à améliorer la compréhension de base des forces sociales, culturelles, comportementales et politiques qui façonnent les régions du monde d’importance stratégique pour les États-Unis.»

Parmi les projets retenus pour la période 2014-2017 figure une étude dirigée par l’Université de Cornell, gérée par le Bureau scientifique de recherche de l’US Air Force, visant à développer un modèle empirique « de dynamique de mobilisation du mouvement social et des phénomènes de contagion. » Ce projet déterminera « la masse critique (points de basculement) » des contagions sociales à partir de l’étude de leur « empreinte numérique » dans les cas de « la révolution égyptienne de 2011, des élections de 2011 à la Douma en Russie, de la crise du carburant subventionné au Nigéria en 2012, et des manifestations au parc de Gazi en Turquie en 2013. »

Les messages sur Twitter et les conversations seront examinés « afin d’identifier les personnes qui se mobilisent dans une contagion sociale et le moment à partir duquel elles se mobilisent. »

Un autre projet attribué cette année à l’Université de Washington « cherche à découvrir les conditions dans lesquelles les mouvements politiques visant à des changements politiques et économiques à grande échelle prennent naissance » ainsi que leurs « caractéristiques et conséquences ». Ce projet, géré par le Bureau de recherche de l’Armée américaine, met l’accent sur « les mouvements à grande échelle impliquant plus de 1 000 participants en activité de façon durable ». Il couvrira 58 pays au total.

L’an dernier, l’initiative Minerva du DoD a financé un projet permettant de déterminer « Qui ne devient pas un terroriste et pourquoi ? ». Ce projet, cependant, confond les militants pacifiques avec les « partisans de la violence politique », qui se démarquent des terroristes en cela qu’ils ne versent pas eux-mêmes dans le « militantisme armé ». Le projet énonce explicitement qu’il va étudier les activistes non violents :

« Dans chaque société, nous trouvons beaucoup d’individus qui ont en commun les mêmes arrière-plans  démographiques, familiaux, culturels ou socio-économiques que ceux qui ont décidé de s’engager dans le terrorisme et qui, cependant, s’abstiennent eux-mêmes de prendre les armes, même s’ils peuvent être favorables aux objectifs finaux de groupes armés. Dans le domaine des études sur le terrorisme, les études n’ont pas, jusqu’à tout récemment, tenté de regarder ce groupe de contrôle. Ce projet ne traite pas des terroristes, mais des partisans de la violence politique. »

Chacune des 14 études de cas du projet « implique des entretiens approfondis avec plus de dix militants et activistes de partis et d’organisations non gouvernementales qui, bien que favorables aux causes radicales, ont choisi la voie de la non-violence. »

J’ai contacté le chercheur principal du projet, le Professeur Maria Rasmussen de l’École d’études supérieures du Centre naval américain, en lui demandant pourquoi les activistes non violents travaillant pour les ONG devraient être assimilés à des partisans de la violence politique  – et quels « partis et organisations non gouvernementales » sont ainsi étudiés. Mais je n’ai reçu aucune réponse.

De même, le personnel du programme Minerva a refusé de répondre à une série de questions similaires que je leur ai soumises, demandant notamment comment les « causes radicales » promues par les ONG pacifistes pouvaient constituer une menace potentielle à la sécurité nationale susceptible d’intéresser le DoD.

Entre autres questions, j’ai demandé :

  • « Le Département américain de la Défense voit-il les mouvements de protestation et l’activisme social dans différentes parties du monde comme une menace pour la sécurité nationale américaine ? Si oui pourquoi ? »
  • « Le Département de la Défense américain considère-t-il les mouvements politiques visant un changement politique et économique à grande échelle comme une question de sécurité nationale ? Si oui pourquoi ? »
  • « L’activisme, la protestation, les ‘’mouvements politiques’’ et bien sûr les ONG sont des éléments vitaux d’une société civile saine et de la démocratie. Pourquoi le DoD finance-t-il des recherches pour étudier de telles questions ? »

Le Dr Erin Fitzgerald, directeur du programme Minerva m’a répondu : « J’apprécie votre intérêt et je suis heureux que vous nous contactiez pour nous donner l’occasion d’apporter des clarifications », avant de me promettre une réponse plus détaillée. Au lieu de quoi, j’ai reçu la vague déclaration suivante du bureau de presse du DoD :

« Le Département de la Défense prend au sérieux son rôle en matière de sécurité des États-Unis, de ses citoyens, des alliés de l’Amérique et de ses partenaires. Alors que tous les défis concernant la sécurité ne provoquent pas de conflit et que tous les conflits n’impliquent pas l’intervention de l’armée américaine, Minerva contribue à financer des recherches en sciences sociales fondamentales qui aident le département de la Défense à mieux comprendre ce qui provoque l’instabilité et l’insécurité dans le monde entier. Par une meilleure compréhension de ces conflits et de leurs causes préalables, le Département de la défense peut mieux se préparer au futur environnement de sécurité dynamique. »

En 2013, Minerva a financé un projet de l’Université du Maryland, en collaboration avec le laboratoire Pacific Northwest National du département américain de l’énergie, pour évaluer le risque de troubles civils dus au changement climatique. Ce projet triennal de 1,9 million de dollars élabore des modèles pour anticiper ce qui pourrait arriver aux sociétés, selon un éventail de scénarios de changements climatiques potentiels.

Dès le départ, le programme Minerva a été prévu pour fournir plus de 75 millions de dollars sur cinq ans dédiés à la recherche en sciences sociales et comportementales. Pour cette seule année, il lui a été alloué un budget total de 17,8 millions de dollars par le Congrès américain.

Une communication par courriel interne destiné au personnel de Minerva – référencée dans un mémoire d’expertise de 2012 – révèle que le programme est orienté vers des résultats rapides destinés à être directement applicables aux opérations sur le terrain. Le mémoire faisait partie d’un projet financé par Minerva  visant à « contrer le discours musulman radical » à l’Université de l’État de l’Arizona.

Un courriel interne du Professeur Steve Corman, chercheur principal du projet, fait état d’une rencontre organisée par le Programme de Modélisation Humaine, Sociale, Culturelle et Comportementale (HSCB) du Département de la Défense, programme dans lequel des hauts responsables du Pentagone indiquent que leurs priorités sont « de développer des capacités rapidement disponibles » sous forme de « modèles et outils pouvant être intégrés aux opérations ».

Corman précise dans son courriel que, bien que le responsable du Bureau de Recherche navale, le Dr Harold Hawkins, ait assuré d’emblée aux chercheurs de l’Université que le projet n’était qu’« un effort de recherche courant, donc nous ne devrions pas être préoccupés par son application pratique », la réunion a en réalité montré que le DoD cherche à « mettre en application les résultats ». Corman conseille à ses chercheurs de « penser à présenter les résultats, les rapports, etc., de telle sorte qu’ils [le DoD] puissent clairement voir leur application comme outils qui peuvent être mis en place sur le terrain. »

De nombreux chercheurs indépendants critiquent ce qu’ils considèrent être les efforts du gouvernement américain en matière de militarisation des sciences sociales au service de la guerre. En mai 2008, l’Association Américaine d’Anthropologie (AAA) a écrit au gouvernement américain pour souligner que le Pentagone n’a pas « le genre d’infrastructure pour évaluer la recherche anthropologique [et autres sciences sociales] » d’une manière qui assure « un examen par les pairs, rigoureux, objectif et équilibré » ; elle a demandé que de telles recherches soient gérées à la place par des organismes civils comme la Fondation National des Sciences (NSF).

Le mois suivant, le DoD a signé un protocole d’entente (Memorandum of understanding) (MoU) avec la NSF afin de pouvoir coopérer à la gestion de Minerva. En réponse, l’AAA a mis en garde que, même si les propositions de recherche devaient désormais être évaluées par des comités d’examen du mérite de la NSF, « les fonctionnaires du Pentagone auront le pouvoir de décision au moment de déterminer qui siègera aux comités d’examen » :

«… Il reste des inquiétudes dans la discipline que la recherche soit financée uniquement lorsqu’elle prend en compte l’ordre du jour du Pentagone. Les autres critiques du programme, notamment le Réseau des anthropologues engagés, ont fait état de leurs inquiétudes quant à un programme susceptible de décourager la recherche dans d’autres domaines importants, et de saper le rôle de l’Université comme lieu de discussion indépendant et de critique des instances militaires ».

Selon le professeur David Price, anthropologue culturel à l’Université de Saint-Martin à Washington DC et auteur de La militarisation de l’anthropologie : Les sciences sociales au service de l’État militarisé : « Lorsque vous regardez chaque élément d’un grand nombre de ces projets, ils se présentent comme des sciences sociales normales, d’analyse textuelle, de recherche historique et ainsi de suite ; mais lorsque vous additionnez tous ces morceaux, ils partagent tous des thèmes de lisibilité avec toutes les distorsions résultant de la sur-simplification. Minerva travaille à la production des éléments de l’empire d’une façon qui peut permettre aux gens de dissocier leurs contributions individuelles du projet d’ensemble. »

Le Professeur Price a précédemment exposé comment le programme HTS (Human Terrain Systems) du Pentagone – programme conçu pour intégrer des spécialistes des sciences sociales dans le domaine des opérations militaires – conduit régulièrement des scénarios de formation dans les régions « à l’intérieur des États-Unis. »

Citant une critique sommaire du programme envoyée aux directeurs d’HTS par un ancien employé, Price a rapporté que les scénarios de formation HTS « ont adapté COIN [contre-insurrection] pour l’Afghanistan et l’Irak » à des « situations internes aux États-Unis » où la population locale était considérée d’un point de vue militaire comme une menace pour l’équilibre du pouvoir et de l’influence et une contestation de la loi et de l’ordre ».

Price rapporte qu’un exercice militaire impliquait des militants écologistes protestant contre la pollution provenant d’une centrale au charbon près du Missouri, dont certains étaient membres de l’ONG environnementale bien connue Sierra Club. Les participants furent chargés d’« identifier ceux qui ‘‘résolvaient les problèmes’’», ceux qui ‘‘causaient les problèmes’’ et le reste de la population, qui devait être la cible d’opérations d’informations afin de déplacer le centre de gravité de l’opinion vers cet ensemble de valeurs et de points de vue qui constituait ‘‘l’état final désiré’’ de la stratégie de l’armée. »

Ces exercices militaires s’inscrivent dans le droit fil d’une série de documents du Pentagone qui indiquent que la surveillance de masse de l’Agence de la Sécurité Nationale (National Security Agency – NSA) est en partie motivée par la préparation à l’impact déstabilisateur des chocs à venir, environnementaux, énergétiques et économiques.

James Petras, professeur de sociologie à l’Université de Binghamton à New York, partage les inquiétudes de Price. Les sociologues financés par Minerva et liés aux opérations de contre-insurrection du Pentagone sont impliqués dans l’« étude des émotions survenant lorsqu’on alimente ou que l’on réprime des mouvements déterminés par une idéologie » ajoute-t-il, notamment pour « contrer des mouvements populaires. »

Minerva est un excellent exemple de la profonde étroitesse d’esprit et de la nature défaitiste de l’idéologie militaire. Pire encore, la mauvaise volonté des responsables du DoD pour répondre aux questions les plus fondamentales est symptomatique d’une évidence : dans leur mission à toute épreuve pour défendre un système mondial de plus en plus impopulaire qui sert les intérêts d’une infime minorité, les agences de sécurité n’hésitent pas à peindre le reste d’entre nous comme des terroristes en puissance.

Le Dr Nafeez Ahmed est un universitaire et un journaliste spécialiste de la sécurité internationale. Il est l’auteur du Guide de l’utilisateur de la crise de civilisation : et comment la sauver ainsi que du roman de science-fiction à paraître, ZÉRO POINT.

Source: http://www.theguardian.com/environment/earth-insight/2014/jun/12/pentagon-mass-civil-breakdown?CMP=twt_gu

Source de la traduction: http://www.upr.fr/actualite/monde/article-paru-journal-britannique-the-guardian-pentagone-se-prepare-rupture-civile-masse

 

Vidéo: le Pentagone et la manipulation des médias sociaux

Russia Today, 26 juillet 2014

Texte de la vidéo sur Dailymotion:

Les défenseurs de la protection de la vie privée sont très agités après la révélation que le gouvernement US aurait pu être derrière une expérience récente sur Facebook. Le média social essaie de manipuler les émotions des utilisateurs en leur montrant différents flux d’actualités. Marina Portnaya rapporte que Washington a un goût pour ce genre de recherches.

Quand la plus grande plateforme de médias sociaux au monde surveille ses utilisateurs, le scandale n’est pas loin.

« L’étude pour voir comment Facebook peut influencer l’état émotionnel de ses utilisateurs, sur ce flux d’infos. »

« Elle a permis aux chercheurs de manipuler les flux d’actualité de 700 000 utilisateurs, certains ont vu des informations positives sur leurs amis, d’autres plus négatives. »

« Je ne suis pas surpris, nous sommes tous des sortes de rats de laboratoires dans cette grande expérimentation Facebook. » Mais ça n’était pas qu’une expérience avec Facebook. Il s’avère que l’étude psychologique était liée aux recherches du gouvernement US sur les désordres sociaux.

« C’est vraiment flippant », et ça ne s’arrête pas là. Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que le Département US de la Défense aurait dépensé environ 20 millions de $ sur des études visant à apprendre comment manipuler le comportement sur Internet dans le but d’influencer l’opinion. L’initiative fut lancée en 2011 par l’Agence de recherche sur les programmes avancés du Pentagone connue sous le nom de DARPA. Le programme peut être décrit comme un effort des médias US pour devenir meilleurs à détecter et mener des campagnes de propagande via les médias sociaux.

Traduction, quand des messages anti-gouvernement ont une diffusion virale, Washington veut trouver un moyen pour répandre la contre-opinion.

« Ils veulent dominer ce qu’ils appellent le champ de bataille de l’information. Ce qu’ils cherchent, c’est développer des méthodes et techniques pour le faire, et ça devient très effrayant au point de vue du respect de nos droits et sans savoir si nous recevons des informations exactes. »

Le chercheur sur la sécurité et la vie privée Kevin Gallagher dit que le moyen pour le gouvernement US de répandre la més-information est de créer des faux profils sur Twitter.

« On est suivi par beaucoup de ces comptes qui n’ont pas vraiment travaillé leur profil. »

Apparemment, j’aurais un faux adhérent.

« Regardez ce compte. Il a twitté à tous vos collègues, essayant de vous attirer vers ce lien. »

Selon le Guardian, certaines des recherches financées par le Département de la Défense, ont surveillé et analysé les flux Twitter d’activistes d’Occupy et auraient été jusqu’à envoyer des messages à des utilisateurs de médias sociaux dans le but de tracer et étudier leurs réponses. En pleine ère de l’information de masse, les critiques disent que manipuler les messages devient rapidement un instrument de valeur pour l’armée US.

Traduction par hussardelamort

Dévoilé par JW [Judicial Watch]: Un Commandant supérieur du Pentagone a ordonné la destruction des photos de la mort de Ben Laden

Residence_Ben_Laden_AbbottabadJudicial Watch, 10 février 2014

Judicial Watch dévoile des e-mails qui révèlent qu’un commandant supérieur du Pentagone a ordonné la destruction des photos de la mort de Ben Laden.

(Washington, DC) – Judicial Watch a annoncé aujourd’hui que, le 31 janvier 2014, il a reçu des documents du ministère de la Défense (Pentagone) révélant que dans les quelques heures de son dépôt d’une demande de Freedom of Information Act (FOIA), le 13 mai 2011, demandant les photos du défunt Oussama ben Laden, le Commandant des Opérations Spéciales des Etats-Unis, l’amiral William McRaven [voir biographie], a ordonné à ses subordonnés de « détruire » les photos qu’ils ont pu avoir « immédiatement ». Judicial Watch avait déposé une demande FOIA pour les photos 11 jours plus tôt.

L’e-mail de McRaven, adressé à « Messieurs », donne pour ordre:

Un point particulier que je veux souligner, ce sont les photos, notamment celles qui restent d’UBL [Usama Ben Laden]. À ce stade – toutes les photos devraient avoir été remises à la CIA; si vous en avez encore, détruisez-les immédiatement ou rendez-les à [expurgé].

Selon les documents du Pentagone, McRaven a envoyé son e-mail « le vendredi 13 mai 2011, à 17h09. « Les documents ne détaillent pas quels documents, le cas échéant, ont été détruits en réponse à la directive de McRaven. La demande FOIA de Judicial Watch en quête des documents a été déposée à la cour américaine du district de Columbia seulement quelques heures plus tôt. Judicial Watch avait également annoncé le dépôt de la demande lors d’une conférence de presse le matin.

Le 2 mai, Judicial Watch avait déposé une demande FOIA avec le ministère de la Défense à la recherche de « toutes les photographies et/ou enregistrements vidéo d’Usama (Oussama) Ben Laden pris pendant et/ou après l’opération militaire américaine au Pakistan, le ou autour du 1er mai 2011. « La loi fédérale contient des interdictions générales de « dissimulation, enlèvement, ou de manière générale d’altération » des documents gouvernementaux.

Les documents contenant l’e-mail de McRaven disant de « les détruire immédiatement » ont été publiés à la suite d’une demande FOIA du 7 juin 2013 et d’une poursuite ultérieure contre le ministère de la Défense pour les documents relatifs à la directive 2011 de purge de McRaven. L’ordre de McRaven a été mentionné pour la première fois à la fin d’un projet de rapport de 2011, par l’inspecteur général du Pentagone (IG) qui examinait si l’administration Obama avait donné un accès privilégié aux dirigeants d’Hollywood pour la planification du film « Zero Dark Thirty. » Selon le projet de rapport, « l’ADM [Amiral] McRaven a également ordonné que les noms et les photos associées à ce raid ne soient pas publiées. Cet effort a inclu la purge du système d’exploitation de la commande de combattant de tous les documents liés à l’opération et de fournir ces documents à un autre organisme gouvernemental. « La référence à la purge du document ne ​​figurait pas dans le rapport final de l’IG.

Le coup de McRaven dans la purge des photos semble être venu, au moins en partie, à la suite des efforts agressifs de Judicial Watch pour obtenir des images du défunt Ben Laden, des photos que le président Obama, dans une réécriture de la loi fédérale sur les documents ouverts, avait refusé de divulguer. En plus de sa requête FOIA du 2 mai 2011, avec le Pentagone, Judicial Watch a déposé une demande identique, le 3 mai 2011, auprès de la CIA. Lorsque ni le ministère de la Défense ni la CIA ne se sont conformé aux demandes FOIA, Judicial Watch, en juin 2011, a intenté des poursuites FOIA contre les deux agences. Dans le cadre du litige, le Pentagone a indiqué qu’il n’avait « pas de documents en réponse à la demande du demandeur. »

Le 26 avril 2012, le juge de la Cour de district James Boasberg a accepté les arguments DOD d’Obama et de la CIA, estimant que les images pouvaient rester secrètes tout en concédant: « En effet, il est logique que plus l’événement est important pour notre nation – et la fin du règne de terreur de ben Laden se classe certes de manière élevée -, plus le public a besoin d’une divulgation complète. » Le 21 mai 2013, la Cour d’appel du district de Columbia aux États-Unis a confirmé la décision de la Cour de district, tout en admettant que les documents peuvent ne pas avoir été correctement classés. La Cour suprême des États-Unis a par la suite rejeté la demande de Judicial Watch pour une ordonnance de certiorari demandant un examen de la question.

« L’e-mail de McRaven de « les détruire immédiatement » est une preuve irréfutable, révélant à la fois le mépris de la primauté de la loi et du droit de savoir du peuple américain », a déclaré le président de Judicial Watch, Tom Fitton. « L’administration Obama a essayé de recouvrir ce scandale – et notre procès l’expose. Nous exigeons une enquête plus approfondie de l’effort de destruction des documents sur le raid de Ben Laden ».

Source: http://www.judicialwatch.org/press-room/press-releases/pentagon-destruction-of-bin-laden-death-photos/

Lire aussi sur Slate.fr: Ben Laden: l’armée américaine a ordonné la destruction des photos du corps

Pentagone, Watergate, WikiLeaks, NSA: d’impossibles secrets?

Emission France Culture du 14.12.2013, à écouter en ligne (58 min.): http://www.franceculture.fr/emission-concordance-des-temps-pentagone-watergate-wikileaks-nsa-d-impossibles-secrets-2013-12-14

Lien direct pour écouter l’émission: http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4758974

Pentagon Papers-the secret warArthur Schlesinger Jr., historien américain notoire et ancien collaborateur du président Kennedy, a écrit un jour non sans justesse: « Vous ne pouvez pas diriger un gouvernement si tout ce que vous faites est transmis à la presse. Mais vous ne pouvez pas diriger une presse libre, si publier tout ce que le gouvernement classe secret constitue un crime. » Deux affaires récentes, dont le retentissement a été mondial, viennent de relancer à partir des Etats-Unis la question, en vérité capitale, de la transparence de l’Etat en démocratie et des secrets indispensables dans l’intérêt de la nation. Entre l’une et les autres, l’équilibre légitime est toujours incertain, il l’est forcément. Edward Snowden, employé d’une entreprise de sous-traitance de la NSA – la National Security Agency – a révélé récemment les pratiques d’espionnage de celle-ci, interceptant les communications de citoyens américains et de nombreux pays alliés, provoquant du coup par cette initiative un tremblement de terre international. Trois ans plus tôt, le site WikiLeaks, animé par l’australien Julian Assange, avait publié des centaines de milliers de documents confidentiels en provenance du réseau diplomatique américain, ce qui avait suscité un autre séisme. Un rapprochement s’est imposé aussitôt avec deux autres affaires retentissantes, qui avaient posé semblablement cette même question du secret démocratique et d’ailleurs n’étaient pas sans lien entre elles. L’affaire dite des documents du Pentagone concerne la guerre du Vietnam, documents portés soudainement à la connaissance du public en 1971, et l’affaire du Watergate, encore plus célèbre, jetant en pâture à l’opinion les multiples mensonges du président Richard Nixon et entraînant la chute de celui-ci, en août 1974. Avec Pierre Melandri, professeur émérite d’histoire des Etats-Unis à Science-Po, nous allons ce matin réfléchir à ce parallèle instructif, tant pour l’histoire que pour le civisme. Jean-Noël Jeanneney

Programmation sonore:

– Interview d’Eva JOLY, députée européenne d’Europe Ecologie – Les Verts, France Inter, le 11 juin 2013.

– Interview de Pierre SALINGER, ancien porte-parole de la Maison Blanche, par Yves MOUROUSI, Inter-Actualités, le 16 juin 1971.

– Extrait du film « les hommes du Président » de Alan Jay PAKULA, sorti en 1976, film adapté du livre des journalistes Bob WOODWARD et Carl BERNSTEIN, avec Robert REDFORD et Dustin HOFFMAN.

– Interview de Ted STANGER, journaliste américain, ancien chef de bureau du Newsweek à Paris, France Inter, le 1er juin 2005.

– Déclaration du président américain Richard NIXON annonçant sa démission, France Inter, le 9 août 1974.

Bibliographie:

– Pierre MELANDRI, Histoire des Etats-Unis, Perrin, coll. Tempus, 2013.

– Antoine COPPOLANI, Richard Nixon, Fayard, 2013.

– Claude MOISY, Nixon et le Watergate. La chute d’un président, Hachette, 1994.

– Pierre MELANDRI, « Les secrets du Pentagone », dans L’Histoire, 12 juillet 2012.

– André KASPI, Le Watergate (1972-1974), Complexe Eds, 1983.

– Susan RUEL et Daniel ROYOT, Les médias et l’information aux Etats-Unis de 1945 à aujourd’hui, Didier Erudition, 1997.

Invité(s):
Pierre Melandri, historien, professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et chercheur associé à l’Observatoire de la politique étrangère américaine à l’université Paris-III Sorbonne

Vidéo: Le Gén. Paul Vallely exige la démission d’Obama

Vidéo publiée le 2 décembre 2013

Un général de l’armée à la retraite, le major-général Paul E. Vallely, exige du Congrès et de toutes les branches de notre gouvernement d’accomplir leurs « devoirs constitutionnels » en exigeant les « démissions forcées » d’Obama et d’autres responsables de l’administration dans cette interview Skype avec Steve Malzberg.

http://en.wikipedia.org/wiki/Paul_E._Vallely

Irak: Une guerre pour Israël – par Mark Weber

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Mark Weber est directeur de l’Institute for Historical Review. Il a étudié l’histoire à l’Université de l’Illinois (Chicago), l’Université de Munich, l’Université de Portland State et l’Université d’Indiana (MA, 1977).

L’invasion américaine de l’Irak en mars-avril 2003 et l’occupation du pays depuis lors, a coûté plus de quatre mille vies américaines et plus de 500 milliards de dollars, et a apporté la mort de plusieurs dizaines de milliers d’Irakiens.

Pourquoi le président Bush a-t-il décidé d’aller à la guerre? Dans l’intérêt de qui l’a-t-il lancé?

Dans les mois qui ont précédé l’attaque, le président Bush et d’autres hauts responsables américains ont averti à plusieurs reprises que la menace envers les États-Unis et le monde posée par le régime de Bagdad était si grave et imminente que les États-Unis devaient agir rapidement pour bombarder, envahir et occuper l’Irak.

Le 28 septembre 2002, par exemple, Bush a déclaré:

« Le danger pour notre pays est grave et il l’est de plus en plus. Le régime irakien possède des armes biologiques et chimiques, il assure la reconstruction des installations pour en fabriquer plus et, selon le gouvernement britannique, il pourrait lancer une attaque chimique ou biologique en aussi peu que 45 minutes après que l’ordre est donné… Ce régime est à la recherche d’une bombe nucléaire, et avec des matériaux fissiles pourrait en construire une d’ici un an. »

Le 6 mars 2003, le président Bush a déclaré:

« Saddam Hussein et ses armes sont une menace directe pour ce pays, pour notre peuple, et pour tous les peuples libres… Je crois que Saddam Hussein est une menace pour le peuple américain. Je crois qu’il est une menace pour le voisinage dans lequel il vit. Et j’ai obtenu des preuves suffisantes pour le croire. Il possède des armes de destruction massive… Le peuple américain sait que Saddam Hussein possède des armes de destruction massive. »

Ces allégations étaient fausses. Comme le monde le sait maintenant, l’Irak n’avait pas de dangereuses « armes de destruction massive », et ne représentait aucune menace pour les États-Unis. En outre, les suggestions alarmistes selon lesquelles le régime de Bagdad travaillait avec le réseau terroriste Al-Qaïda se sont également avérées sans fondement.

Donc, si les raisons officielles données pour la guerre étaient fausses, pourquoi les Etats-Unis ont-ils attaqué l’Irak?

Quelles que soient les raisons secondaires de la guerre, le facteur déterminant dans la décision du président Bush d’attaquer était d’aider Israël. Avec le soutien d’Israël et le lobby juif-sioniste d’Amérique, et poussé par des « néo-conservateurs » juifs qui occupent des postes de haut niveau dans son administration, le président Bush – qui a déjà été vivement engagé vers Israël – a résolu d’envahir et de soumettre l’un des principaux ennemis régionaux d’Israël.

C’est si largement compris à Washington que le sénateur américain Ernest Hollings a été déplacé en mai 2004 pour avoir reconnu que les États-Unis ont envahi l’Irak « pour assurer la sécurité d’Israël », et que « tout le monde » le sait. Il a aussi identifié trois des influents juifs pro-israéliens à Washington qui ont joué un rôle important pour pousser les États-Unis dans la guerre: Richard Perle, président du Conseil de la Politique de la Défense du Pentagone, Paul Wolfowitz, secrétaire adjoint à la Défense, et Charles Krauthammer, chroniqueur et auteur. [1]

Hollings faisait référence à la réticence lâche de ses collègues du Congrès pour reconnaître cette vérité ouvertement, en disant que  » personne n’est prêt à se lever et à dire ce qui se passe. » En raison des « pressions que nous recevons politiquement », a-t-il ajouté, les membres du Congrès soutiennent aveuglément Israël et ses politiques.

Quelques mois avant l’invasion, un général de l’armée américaine à la retraite décoré de quatre étoiles et ancien commandant allié suprême de l’OTAN, Wesley Clark, a reconnu dans une interview: « Ceux qui sont favorables à cette attaque [des États-Unis contre l’Irak], je vais maintenant vous dire franchement, et en privé, qu’il est probablement vrai que Saddam Hussein n’est pas une menace pour les États-Unis. Mais ils ont peur à un certain point qu’il puisse décider, s’il avait une arme nucléaire, de l’utiliser contre Israël. » [2]

Six mois avant l’attaque, le président Bush a rencontré à la Maison Blanche onze membres de la Chambre des représentants des États-Unis. Alors que « la guerre contre le terrorisme se passe bien », a-t-il dit aux législateurs, les États-Unis auraient bientôt à faire face à un danger encore plus grand: « La plus grande menace, cependant, c’est Saddam Hussein et ses armes de destruction massive. Il peut faire exploser Israël et ceci déclencherait un conflit international. » [3]

Bush a également évoqué de manière franche les raisons pour lesquelles les États-Unis allaient à la guerre, lors d’une réunion à la Maison Blanche le 27 février 2003, à peine trois semaines avant l’invasion. Dans un entretien avec Elie Wiesel, l’écrivain juif bien connu, M. Bush a déclaré: « Si nous ne désarmons pas Saddam Hussein, il va mettre une arme de destruction massive contre Israël, et ils feront ce qu’ils pensent qu’ils doivent faire, et nous devons éviter cela. » [4]

Pro-Israël avec ferveur

Le fervent soutien du président Bush pour Israël et son gouvernement intransigeant est bien connu. Il a réaffirmé cela, par exemple, en juin 2002, dans un important discours sur le Moyen-Orient. De l’avis des « grands commentateurs israéliens », le Times de Londres a rapporté que l’adresse était « tellement pro-Israël qu’elle aurait pu être écrite par [le Premier ministre israélien] Ariel Sharon. » [5] Dans un discours aux militants pro-israéliens, à la convention de 2004 du Comité Americain pour les Affaires Publiques Israéliennes (AIPAC), Bush a déclaré: « Les États-Unis sont fortement engagés, et je suis fortement engagé, à la sécurité d’Israël en tant qu’Etat juif dynamique. » Il a également déclaré à l’assemblée: « En défendant la liberté, la prospérité et la sécurité d’Israël, vous servez aussi la cause de l’Amérique. » [6]

Condoleezza Rice, qui a servi comme Conseillère à la Sécurité Nationale du président Bush, et plus tard, comme son secrétaire d’État, fait écho à la vision du président dans une interview de mai 2003, disant que la « sécurité d’Israël est la clé de la sécurité du monde. » [7]

Des plans à long terme

Les plans sionistes juifs pour la guerre contre l’Irak avaient été en place depuis des années. À la mi-1996, un document d’orientation préparé pour le Premier ministre israélien d’alors, Benjamin Netanyahu, a présenté une grande stratégie pour Israël au Moyen-Orient. Intitulé « Rupture Nette: Nouvelle stratégie pour sécuriser le Royaume », il a été rédigé sous les auspices d’un think tank israélien, l’Institut d’Etudes Stratégiques et Politiques Avancées [IASPS]. Plus précisément, il a appelé à un « effort [qui] pourrait se concentrer sur le renversement de Saddam Hussein du pouvoir en Irak, un important objectif stratégique israélien dans son propre droit… » [8]

Les auteurs de la « Rupture Nette » ont inclus Richard Perle, Douglas Feith, David Wurmser, trois juifs influents qui plus tard ont occupé des postes de haut niveau dans l’administration Bush, de 2001-2004: Perle, en tant que président du Conseil Politique de la Défense, Feith comme sous-secrétaire de la Défense, et Wurmser comme adjoint spécial au sous-secrétaire d’État pour le contrôle des armes. Le rôle joué par les représentants de l’administration Bush qui sont associés à deux des centres de recherche majeurs pro-sionistes « néoconservateurs » a été scruté par The Nation, un hebdomadaire d’affaires publiques influent. [9]

L’auteur, Jason Vest, a examiné les liens étroits entre l’Institut Juif pour les Affaires de Sécurité Nationale (JINSA) et le Centre pour la Politique de la Sécurité (CSP), en précisant les liens entre ces groupes et divers politiciens, marchands d’armes, hommes de l’armée, de riches juifs américains pro-Israël, et les administrations présidentielles républicaines.

Les membres du JINSA et du CSP, note [le journaliste] Vest, « sont montés jusqu’à de puissants postes gouvernementaux, où… ils ont réussi à introduire un certain nombre de questions – le soutien à la défense antimissile nationale, l’opposition aux traités de contrôle des armements, le parrainage de systèmes d’armes dépensiers, des aides à l’armement pour la Turquie et un unilatéralisme américain en général – dans une ligne dure, avec le soutien pour la droite israélienne à sa base… En aucun cas, la ligne dure du JINSA/CSP n’est plus évidente que dans sa campagne incessante pour la guerre – pas seulement avec l’Irak, mais dans une « guerre totale », comme le soumet Michael Ledeen, l’un des plus influents JINSAs à Washington… Pour cette équipe, le « changement de régime » nécessaire par tous les moyens en Irak, Iran, Syrie, Arabie Saoudite et Autorité palestinienne est un impératif urgent. »

Samuel Francis, auteur, éditeur et chroniqueur, s’est également penché sur le rôle « néo-conservateur » dans la fomentation de la guerre. [10] « Ma propre réponse, » écrit-il, « est que le mensonge [d’un Irak massivement armé qui pose une menace grave et imminente pour les Etats-Unis] a été fabriqué par les néo-conservateurs de l’administration dont la loyauté première est pour Israël et ses intérêts, et qui voulaient que les Etats-Unis écrase l’Irak parce que c’était la plus grande menace pour Israël dans la région. Ils sont connus pour avoir poussé à la guerre avec l’Irak depuis au moins 1996, mais ils ne pouvaient pas en faire un cas efficace jusqu’au jour de l’après-11 septembre 2001… »

Dans la foulée des attentats terroristes du 11 septembre 2001, les « néo-conservateurs » ardemment pro-sionistes de l’administration Bush – qui pendant des années avaient cherché une guerre au Moyen-Orient pour renforcer la sécurité d’Israël dans la région – ont exploité la tragédie pour appuyer leur agenda. En cela, ils ont été soutenus par le gouvernement israélien, qui a également fait pression sur la Maison Blanche pour frapper l’Irak.

« Le leadership militaire et politique [israélien] aspire à la guerre en Irak », a rapporté un quotidien israélien de premier plan, Haaretz, en février 2002. [11]

Le correspondant à Jérusalem pour le Guardian, le quotidien britannique respecté, a rapporté en août 2002: « Israël a signalé sa décision, hier, de mettre la pression publique sur le président George Bush d’aller de l’avant avec une attaque militaire contre l’Irak, même s’il croit que Saddam Hussein pourrait bien riposter en frappant Israël ». [12]

Trois mois avant l’invasion américaine, le journaliste de Washington bien informé, Robert Novak, a rapporté que le Premier ministre israélien Sharon disait aux dirigeants politiques américains que « la plus grande aide américaine pour Israël serait de renverser le régime irakien de Saddam Hussein. » En outre, a ajouté Novak, « ce point de vue est largement partagé à l’intérieur de l’administration Bush, et c’est une raison majeure pour laquelle les forces américaines d’aujourd’hui se rassemblent pour la guerre. » [13]

Les agences d’espionnage d’Israël étaient « partenaire à part entière » des États-Unis et de la Grande-Bretagne dans la production d’appréciations avant-guerre largement exagérées sur la capacité de l’Irak à la guerre, a reconnu un ancien haut-fonctionnaire du renseignement militaire israélien. Shlomo Bron, un général de brigade dans les réserves de l’armée israélienne, et ancien chercheur principal dans un important think tank israélien, a déclaré que les renseignements transmis par Israël ont joué un rôle important dans le soutien du cas des États-Unis et de la Grande-Bretagne pour faire la guerre. Les services de renseignement israéliens, a-t-il dit, « ont mal surestimé la menace irakienne contre Israël et ont renforcé la croyance américaine et britannique que les armes [de destruction massive] ont existé. » [14]

Le rôle du lobby pro-israélien dans le soutien pressant à la guerre a été soigneusement examiné par deux chercheurs américains de renom, John J. Mearsheimer, professeur de sciences politiques à l’Université de Chicago, et Stephen M. Walt, professeur de relations internationales à l’Université d’Harvard. [15] Dans un document de 81 pages, « Le Lobby Israélien et la Politique Etrangère Américaine », ils ont écrit:

« La pression d’Israël et du lobby [pro-israélien] n’était pas le seul facteur derrière la décision d’attaquer l’Irak en mars 2003, mais elle était cruciale. Certains Américains pensent que c’était une guerre pour le pétrole, mais il n’y a guère de preuves directes pour étayer cette allégation. Au lieu de cela, la guerre a été motivée en grande partie par le désir de faire d’Israël [un lieu] plus sûr… Aux États-Unis, la principale force motrice derrière la guerre en Irak était une petite bande de néo-conservateurs, la plupart avec des liens étroits au Likoud d’Israël. Par ailleurs, les principaux leaders des grandes organisations du Lobby ont prêté leurs voix à la campagne pour la guerre ».

Des membres importants du lobby pro-Israël firent ce que les professeurs Mearsheimer et Walt ont appelé « une campagne de relations publiques implacable pour gagner le soutien de l’invasion de l’Irak. Un élément-clé de cette campagne a été la manipulation de l’information du renseignement, de manière à faire ressembler Saddam à une menace imminente. »

Pour certains leaders juifs, la guerre en Irak fait partie d’un effort à long terme pour installer des régimes favorables à Israël à travers le Moyen-Orient. Norman Podhoretz, un écrivain juif de premier plan et un ardent défenseur d’Israël, a été pendant des années rédacteur en chef de Commentary, un mensuel sioniste influent. Dans le numéro de septembre 2002, il a écrit:

« Les régimes qui méritent amplement d’être renversés et remplacés ne se limitent pas aux trois membres distingués sur l’axe du mal [Irak, Iran, Corée du Nord]. Au minimum, l’axe devrait s’étendre à la Syrie, et au Liban, et à la Libye, aussi bien que les « amis » de l’Amérique comme la famille royale saoudienne et Hosni Moubarak en Egypte, en même temps que l’Autorité palestinienne, qu’elle soit dirigée par Arafat ou l’un de ses hommes de main ».

Patrick J. Buchanan, l’écrivain et commentateur bien connu, et ancien directeur des Communications à la Maison Blanche, a parlé sans retenue en identifiant ceux qui ont poussé à la guerre [16]:

« Nous accusons le fait qu’une cabale de polémistes et de responsables publics cherchent à piéger notre pays dans une série de guerres qui ne sont pas dans l’intérêt de l’Amérique. Nous les accusons de collusion avec Israël pour enflammer ces guerres et détruire les Accords d’Oslo. Nous les accusons de nuire délibérément aux relations américaines avec chaque Etat dans le monde arabe qui défie Israël ou soutient le droit du peuple palestinien à une patrie qui leur est propre. Nous les accusons d’avoir aliéné les amis et les alliés partout dans le monde islamique et occidental par leur arrogance, leur orgueil, et leur bellicisme… »

« Cui Bono? [A qui cela profite?] A qui profitent ces guerres interminables dans une région qui ne détient rien de vital pour l’Amérique en dehors du pétrole, que les Arabes doivent nous vendre afin de survivre? Qui bénéficierait d’une guerre de civilisations entre l’Islam et l’Occident? »

« Réponse: une nation, un chef, un parti. Israël, Sharon, le Likoud. »

Uri Avnery – un journaliste primé et auteur israélien, et membre à trois reprises du parlement israélien – voit la guerre en Irak comme l’expression d’une immense influence et d’un immense pouvoir juif. Dans un essai rédigé quelques semaines après l’invasion américaine, il écrit: [17]

« Qui sont les gagnants? Ce sont les prétendus néo-cons, ou néo-conservateurs. Un groupe compact, dont presque tous les membres sont juifs. Ils occupent les postes-clés dans l’administration Bush, ainsi que dans les think tanks qui jouent un rôle important dans la formulation de la politique américaine et les pages d’opinion des journaux influents… L’immense influence de ce groupe largement juif découle de son alliance étroite avec les fondamentalistes chrétiens de l’aile droite extrême, qui contrôlent aujourd’hui le parti républicain de Bush. … Apparemment, tout cela est bon pour Israël. L’Amérique contrôle le monde, nous contrôlons l’Amérique. Jamais auparavant les Juifs n’ont exercé une influence si importante sur le centre du pouvoir mondial. »

En Grande-Bretagne, un membre vétéran de la Chambre des Communes a crûment déclaré en mai 2003 que les Juifs avaient pris le contrôle de la politique étrangère de l’Amérique, et ont réussi à pousser les États-Unis dans la guerre. « Une cabale juive a pris le relais du gouvernement des États-Unis et a formé une alliance profane avec les Chrétiens fondamentalistes », a déclaré Tam Dalyell, un député du parti travailliste et membre le plus ancien de la Chambre. « Il y a beaucoup trop d’influence juive aux Etats-Unis », a-t-il ajouté. [18]

Résumé

Depuis de nombreuses années, les présidents américains des deux partis ont été fermement engagés envers Israël et sa sécurité. Cette politique enracinée est une expression de l’emprise judéo-sioniste sur la vie politique et culturelle de l’Amérique. C’était le soutien fervent à Israël – partagé par le président Bush, les hauts-fonctionnaires de l’administration et la quasi-totalité du Congrès américain – qui s’est avéré crucial dans la décision d’envahir et de soumettre l’un des plus grands ennemis régionaux d’Israël.

Alors que l’invasion américaine injustifiée de l’Irak aurait pu aider Israël, comme l’avaient espéré ceux qui ont voulu et planifié la guerre, cela a été une calamité pour l’Amérique et pour le monde. Cela a coûté plusieurs dizaines de milliers de vies et des centaines de milliards de dollars. Partout dans le monde, cela a généré une méfiance inégalée et une hostilité envers les États-Unis. Dans les pays arabes et musulmans, cela a alimenté une haine intense des Etats-Unis, et cela a apporté beaucoup de nouvelles recrues dans les rangs des terroristes anti-américains.

Les Américains ont déjà payé un prix élevé pour l’engagement de leur pays envers Israël. Nous allons payer un prix encore plus élevé – pas seulement en dollars ou en prestige international, mais dans les vies des jeunes hommes perdues pour les intérêts d’un Etat étranger – jusqu’à ce que l’emprise judéo-sioniste sur la vie politique des États-Unis soit finalement brisée.

Source: http://www.ihr.org/leaflets/iraqwar.shtml

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