Des avocats européens, américains et australiens appellent la Chine à mettre fin à la répression contre les droits

Xi_JinpingPhoto: Xi Jinping en visite d’Etat en Grande-Bretagne en octobre 2015

The Guardian, Tom Phillips, 18/01/2016

Une lettre ouverte dans le Guardian exhorte le président chinois Xi Jinping à montrer qu’il dirige une «superpuissance mondiale respectée» en libérant les avocats détenus

Lire la lettre complète ici: « La Chine doit cesser son intimidation et sa détention d’avocats des droits de l’homme »

Les principaux avocats des droits de l’homme en Europe, en Amérique du Nord et en Australie ont appelé le président chinois Xi Jinping à mettre fin à une répression sans précédent par ses forces de sécurité qui a vu des centaines d’avocats et leurs parents intimidés, interrogés, arrêtés et victimes de disparitions forcées.

Lire la suite: http://www.theguardian.com/world/2016/jan/18/european-us-and-australian-lawyers-call-for-china-to-end-rights-crackdown

Depuis Edward Snowden aux enlèvements récents des 5 éditeurs à Hong-Kong: les menaces contre la liberté d’expression en Chine et ailleurs – par Jean-Jacques M’u, éditeur d’ABC Editions

Menaces sur l’information: le casse-tête hongkongais

Blog Mediapart, JJMU, 13 janvier 2016

La capitale financière chinoise avait reçu en juin 2013 Edouard Snowden que les USA poursuivaient pour avoir diffusé des données « Top Secret ». En automne 2014, les manifestations étudiantes « des parapluies » étaient sévèrement réprimées par le régime de Pékin en dépit du principe “Un pays, deux systèmes”. Depuis octobre 2015, ce sont des éditeurs qui sont enlevés quand ils dénoncent…

Lire la suite: https://blogs.mediapart.fr/jjmu/blog/130116/menaces-sur-l-information-le-casse-tete-hongkongais

Voir le site de l’éditeur: http://www.abceditions.net/

Un défenseur des droits de l’homme suédois détenu en Chine pour atteinte à la sécurité nationale

La Chine affirme détenir un citoyen suédois sur des accusations relatives à la sécurité nationale

Reuters, 13 janvier 2016

800px-View_of_BeijingPékin, 13 Janvier (Reuters) – Un homme suédois détenu en Chine la semaine dernière a été soupçonné d’actes préjudiciables à la sécurité nationale du pays, a déclaré mercredi le ministère des Affaires étrangères dans ses premiers commentaires sur l’affaire contre le défenseur des droits de l’homme et de la réforme juridique.

Peter Dahlin, 35 ans, co-fondateur du Groupe de Travail Action Chinoise Urgente Chinese [Chinese Urgent Action Working Group], a été placé en détention le 4 janvier, a déclaré l’organisation.

« Le citoyen suédois Peter Dahlin a été mis sous mesures coercitives conformément à la loi à Pékin sur des soupçons de se livrer à des actes qui nuisent à la sécurité nationale de la Chine », a déclaré le porte-parole du ministère Hong Lei lors d’un briefing de presse régulier. « Cette affaire est actuellement à l’étude ».

Les mesures coercitives se réfèrent généralement à la détention.

Hong a ajouté que la Chine permettrait à l’ambassade de Suède de mener à bien le travail consulaire.

L’organisation de Dahlin avait précédemment indiqué que des responsables consulaires avaient été incapables de communiquer directement avec Dahlin, et l’ambassade avait indiqué qu’elle travaillait à organiser une rencontre.

Le groupe soutient les avocats d’intérêt public, des universitaires et d’autres en Chine pour promouvoir l’État de droit, selon un communiqué de l’organisation.

La détention de Dahlin intervient au milieu d’une vague de répression qui s’élargit contre les avocats des droits et des groupes étrangers qui travaillent sur la réforme juridique. Des groupes de droits affirment que la répression vise à freiner la dissidence, mais le gouvernement chinois le nie.

Le ministère suédois des Affaires étrangères avait confirmé qu’un ressortissant suédois avait été détenu, sans nommer Dahlin ou donner de plus amples détails, citant des problèmes de confidentialité.

La Chine a détenu ou emprisonné formellement plusieurs ressortissants étrangers au cours des dernières années, parfois en raison de leur proximité avec ce que [le régime] perçoit comme des données sensibles.

Source: http://www.trust.org/item/20160113090249-9iq7u

Lire aussi: La Chine détient un homme suédois alors que Pékin réprime les défenseurs des droits de l’homme (CNN)

La Chine détiendrait un travailleur des droits de l’homme suédois (New York Times)

Yahoo rejoint Google, Facebook, Twitter pour avertir les utilisateurs d’attaques parrainées par des Etats

Softpedia, par Catalin Cimpanu, le 22/12/15

Yahoo va maintenant vous informer quand des gouvernements tentent de pirater votre compte email Yahoo, tout comme Gmail

Yahoo! est le dernier géant de la Silicon Valley à ajouter son soutien pour un système d’alerte qui envoie des notifications aux utilisateurs lorsque la société soupçonne une attaque soutenue par un État sur leur compte.

Le premier à mettre en œuvre un tel système était Google, Gmail, en 2012, et ces derniers mois, à la fois Facebook et Twitter ont décidé de fournir de même cette fonctionnalité.

Avec l’activité des groupes APT [advanced persistent threat] se développant de plus en plus au cours des dernières années, et aucune semaine qui ne passe sans un rapport de fournisseur en cyber-sécurité sur une ou plusieurs campagnes néfastes de cyber-espionnage, la menace d’attaques soutenues par des États devient une chose plus commune, qui affecte de plus en plus de personnes.

Alors que la plupart des utilisateurs ne seront jamais ciblés ou ne verront jamais une notification venant d’un Etat à partir de l’un des services mentionnés ci-dessus, des journalistes, des dissidents politiques, des militaires, ou des personnes travaillant dans les organismes gouvernementaux peuvent être concernés par ce type d’alertes.

Les utilisateurs doivent prendre des mesures actives pour sécuriser leurs comptes après avoir reçu une alerte.

Lire la suite: http://news.softpedia.com/news/yahoo-joins-google-facebook-twitter-in-warning-users-of-state-sponsored-attacks-497999.shtml

Un reportage dénonce la « confusion des genres entre militants écologistes et terroristes » dont fait preuve l’Etat français

« La moitié des lanceurs d’alerte licenciés ou forcés à démissionner », constate le PCAW (Public Concern At Work)

Par Peter Crush, le 3 août 2015

La recherche montre que les gens qui soulèvent des préoccupations au travail sont couramment rendus victimes.

Quatre-vingt pour cent des «lanceurs d’alerte» souffrent de représailles au travail, dont 50 pour cent disent qu’ils ont été soit contraints de démissionner ou licenciés à la suite de leurs revendications, selon une étude de l’organisme caritatif Public Concern At Work (PCAW).

L’enquête sur plus de 2.000 adultes qui travaillent, a révélé que seulement 33 pour cent des employés qui se sont identifiés comme des lanceurs d’alerte ont dit qu’ils avaient reçu une réaction positive quand ils ont soulevé des préoccupations.

Cependant, dans plus de la moitié des cas (52 pour cent), les répondants ont déclaré que leur employeur avait nié ou ignoré les préoccupations soulevées.

Le responsable de la politique de PCAW, Andy Parsons, a déclaré que la responsabilité dans l’amélioration de cette situation incombe aux RH.

« Ce que cette recherche nous dit, c’est que les employeurs – autrement dit les RH – ne disposent pas des politiques et procédures en place pour gérer le lancement d’alerte correctement, » a-t-il dit. « Cela inclut le fait de savoir quels sont les meilleures politiques à suivre.. Les lanceurs d’alerte sont protégés par la loi, alors si les RH licencient les personnes, ils ne devraient pas le faire sans raison valable ».

Lire la suite: http://www.cipd.co.uk/pm/peoplemanagement/b/weblog/archive/2015/08/03/half-of-whistleblowers-dismissed-or-forced-to-resign-finds-pcaw.aspx

Assange soutient les Pussy Riot, mais n’a jamais osé critiquer ouvertement le régime de Vladimir Poutine

Assange-Pussy Riot

Récemment, on apprend dans les médias que les membres des Pussy Riot, Nadezhda Tolokonnikova et Maria Alyokhina, vont rejoindre l’organisation créée par WikiLeaks en soutien à Edward Snowden, la Courage Foundation. Le 18 novembre 2014, elles ont en effet rencontré le fondateur de Wikileaks, à Londres.

Mais le soutien de Julian Assange au groupe contestataire russe n’est pas nouveau. En effet, en août 2012, il avait déjà dénoncé leur arrestation dans son discours du 19 août à l’ambassade d’Equateur, à Londres. Voici ce qu’il avait dit à leur sujet:

Vendredi, un groupe russe a été condamné à 2 ans de prison pour une performance politique. Il y a unité dans l’oppression. Il doit y avoir une unité et détermination absolues dans la réponse.

Pour le moment, le partenariat avec les Pussy Riot n’a pas été détaillé. Cependant, le Guardian posait déjà la problématique, en 2012, face à ce soutien, alors même que Julian Assange s’associait à la chaîne pro-kremlin Russia Today:

La tentative d’Assange d’établir des parallèles entre lui-même et le groupe punk russe emprisonné Pussy Riot a été accueilli avec éloges et critiques, dans ce dernier cas principalement en raison de son partenariat avec Russia Today, le bras anglophone de la propagande du Kremlin.

« Vendredi, un groupe russe a été condamné à deux ans de prison pour une performance politique », a-t-il dit. « Il y a unité dans l’oppression. Il doit y avoir une unité et détermination absolues dans la réponse. »

Certains observateurs ont fait remarquer qu’Assange a évité toute référence à des dissidents ou des militants de la liberté d’expression en Russie, tout en réalisant des interviews avec des personnalités internationales dans le cadre d’une série diffusée exclusivement par Russia Today.

Evgeny Morozov, l’auteur de Net Delusion: The Dark Side of Internet Freedom, a tweeté sur un ton sarcastique: « Super qu’Assange soutienne les Pussy Riot. Peut-être qu’il peut les avoir dans son émission télé …. Oh, attendez…».

Il a tweeté plus tard: «Une autre idée pour un grand show d’Assange sur RT: l’interview du lanceur d’alerte biélorusse Alexandre Barankov sur le point d’être extradé d’Equateur. »

D’autres semblent voir la comparaison différemment. Le journaliste David Hershkovits a demandé sur Twitter: « #Assange est-il le #pussyriot de l’ouest. Appelant l’attention sur l’injustice».

Certains ont vu et continuent de voir une contradiction: peut-on être à la fois un défenseur des Pussy Riot et avoir recours à l’aide du régime de Vladimir Poutine, le même régime qui a persécuté les Pussy Riot, et créer un show télévisé tout en prétendant défendre ceux qui sont censurés dans le monde? Visiblement, les Pussy Riot n’ont pas eu de réactions sur ce sujet, puisqu’elles ont répondu qu’elles combattent la même chose que Julian Assange. L’une d’entre elles a ainsi répondu, en sortant de l’ambassade:

Je crois que tout ce qui concerne un Etat devrait être transparent pour ses citoyens, y compris la question de la surveillance, dont la légalité et la justification doivent être expliqués au citoyens. Nous sommes sous surveillance constante par le FSB (services secrets russes) en Russie, nous essayons de protester contre cela en demandant sa légalité et pourquoi ils le font, nous ne voudrions naturellement pas que les États de l’Ouest servent un tel mauvais exemple pour notre Etat, où nous essayons ici de combattre absolument les mêmes choses que ce que combat Assange.

On peut donc éventuellement espérer que la prochaine vidéo anti-Poutine des Pussy Riot laissera Julian Assange s’exprimer (en cagoule et avec la même tenue vestimentaire) contre le régime russe de Vladimir Poutine et contre la cyber-surveillance en général.

La brigade de fouille des poubelles du FBI vient prochainement fouiller les ordures près de chez vous

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NetworkWorld, 15 juin 2011

Le Manuel de surveillance domestique du FBI daté de 2011 étend les pouvoirs d’espionnage des autorités fédérales et fera devenir 14.000 agents du FBI en une brigade de fouille des poubelles gratuite pour tous. L’augmentation des droits d’espionnage du FBI ne nécessitera ni cause probable, ni la nécessité d’être soupçonné d’une infraction réelle avant que votre vie soit scrutée. Les autres modifications apportées à la liberté d’espionner du FBI ne comprennent plus de paperasse pour les expéditions de fouille pour les enquêtes formelles, car c’est considéré comme «trop lourd» pour le gouvernement fédéral.

Vous pourriez penser que vous êtes intéressant, mais êtes-vous une personne d’intérêt? Espérons que non, puisque l’édition 2011 du Guide des enquêtes internes et des opérations du FBI invite les agents à prendre les poubelles, en fouillant à plein gaz dans vos ordures tout en fouinant dans votre vie. Charlie Savage du New York Times a rapporté que le nouveau manuel donne de « nouveaux pouvoirs significatifs » à des agents du FBI, y compris le droit « à la recherche des bases de données, d’aller dans les ordures ménagères ou d’utiliser des équipes de surveillance pour examiner les conditions de vie des personnes qui ont attiré leur attention. » Et oui, c’est vrai, ce qui signifie que n’importe qui pourrait être ciblé par opposition à des personnes soupçonnées d’un crime réel. L’idée de la cause probable et le quatrième amendement est de nouveau piétiné. En fait, l’avocat général du FBI Valerie E. Caproni « a rejeté les arguments selon lesquels le FBI devrait se concentrer uniquement sur les enquêtes qui commencent par une raison solide pour suspecter des actes répréhensibles. »

L’ACLU a dit au sujet de ces nouveaux pouvoirs d’espionnage élargis, que le FBI est « déjà bientôt en train d’abaisser le fond des normes en matière de surveillance. » Mais Caproni du FBI a essentiellement qualifié ce réglage de mineur au lieu de parler de révisions majeures apportées au manuel de surveillance domestique. Il n’y aura plus d’obligation d’établir un dossier dans la recherche de bases de données commerciales ou d’application de la loi pour piocher-surveiller les gens, car la paperasserie pour les expéditions de fouille pour une enquête formelle est considérée comme «trop lourde» pour le gouvernement fédéral. Pas plus qu’il n’y aura de règle disant qu’une cible doit être suspectée d’actes répréhensibles avant de l’espionner. D’autres changements comprennent d’assouplir une « restriction sur l’administration des tests au détecteur de mensonge » et l’infiltration des groupes en permettant aux agents de participer à « cinq réunions d’un groupe avant que ces règles soient appliquées. » Oh, et si vous êtes un blogueur, vous êtes seulement considéré comme un membre légitime des médias d’informations si votre blog est « au premier plan » pour bénéficier de la «protection supplémentaire» ou pour que l’enquête exige une « surveillance supplémentaire. »

Lire la suite: http://www.networkworld.com/article/2229486/microsoft-subnet/fbi-dumpster-diving-brigade-coming-soon-to-snoop-in-a-trashcan-near-you.html

Un militant du Bahreïn arrêté pour avoir dénoncé le rôle de son pays dans la montée de l’Etat Islamique

220px-Nabeel_Rajab_at_his_officeNabeel Rajab, militant des droits de l’homme au Bahreïn, a été arrêté le 1er octobre pour un tweet qui a déplu aux autorités de son pays. Sans doute habitué aux arrestations et aux réactions excessives de son gouvernement, dans un monde incompréhensible où les réseaux sociaux ont été créés pour la liberté de tous mais où même l’informatique ne peut résoudre l’obscurantisme de certains esprits qui nous gouvernent, Nabeel Rajab a été « convoqué pour expliquer des tweets offensants », d’après un communiqué officiel. Dans ce tweet, « il affirme que d’anciens membres des services de sécurité du Bahreïn sont partis se battre en Syrie, dans les rangs de l’organisation Etat Islamique » (RFI) et il soulève ainsi un problème plus large concernant l’Etat Islamique, celui du rôle de certains gouvernements dans la montée du terrorisme au Moyen-Orient.

« Beaucoup de Bahreïniens qui ont rejoint le terrorisme et l’Etat islamique viennent des institutions sécuritaires. Elles ont été leur premier incubateur idéologique » (Source: Twitter)

Il est étonnant de voir que cette arrestation de Nabeel Rajab n’a pas été largement relayée dans les médias occidentaux, y compris les grandes chaînes audiovisuelles, comme un signe de soutien à toute forme de liberté d’expression, et que l’attention des journalistes se soit uniquement focalisée sur les frappes aériennes et le conflit avec la Turquie. Tout au plus, peut-on trouver le communiqué d’Amnesty International qui appelle à sa libération et celui de RSF qui condamne son arrestation arbitraire. Mais du côté des gouvernements et des institutions internationales, c’est le grand silence. Aucun communiqué ne semble avoir été publié.

Pourquoi les gouvernements européens n’apportent pas un soutien médiatique et politique à Nabeel Rajab, un militant qui a soulevé une question importante sur l’origine et la montée de l’Etat Islamique? Pourquoi n’y a-t-il pas d’appui direct pour soutenir ces voix dissidentes qui se font arrêter dans des pays qui prétendent lutter contre l’Etat Islamique, mais qui en contrepartie arrêtent toute personne qui remet en cause la logique de ce gouvernement? Des personnes comme Nabeel Rajab devraient être au centre du débat sur l’Etat Islamique, car son exemple prouve que des pays participant à la coalition anti-Etat Islamique censurent eux-mêmes leurs propres citoyens. Comment croire de ce fait à la sincérité et à l’efficacité d’une telle coalition, quand la base même de ce débat est censuré?

Alors que les Etats-Unis ont mené des frappes contre les positions de l’Etat Islamique à Kobané, ces derniers jours, et que la coalition internationale s’est réunie à Washington pour discuter de ce qui se passe au Moyen-Orient, avec parmi eux des pays qui ont des intérêts directs dans cette région du monde, à savoir l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Bahreïn et les Emirats arabes unis, on constate parallèlement peu de soutien et peu de volonté de prise de conscience internationale face à l’origine de cette crise militaire et politique qui plonge dans le chaos l’Irak et la Syrie. La censure du débat sur la montée de l’Etat Islamique et l’arrestation de certains dissidents au Bahreïn n’aidera pas à résoudre ce conflit, qui est devenu trop complexe aujourd’hui pour que seule l’élite gouvernementale puisse choisir et diriger le destin de populations entières dans une situation aussi grave.

Résoudre un conflit lié au terrorisme et à une guerre qui semble s’étendre sur toutes les frontières, cela passe aussi par l’information des citoyens et par le débat sur les vraies origines de ce conflit, un débat critique où chaque pays devrait admettre son rôle dans la montée de l’Etat Islamique. Ce n’est pas uniquement un problème de terrorisme. C’est aussi, par exemple, le problème face à la vente des armes au Moyen-Orient, le fait que des pays occidentaux vendent de plus en plus d’armes comme seule méthode pour apaiser des régions en guerre, et le fait qu’un groupe terroriste ait pu s’emparer d’armes sophistiquées à grande échelle.

D’autre part, beaucoup d’armes ont été vendues à des pays qui ne sont pas encore des modèles à suivre en matière de droits de l’homme: que ce soit la Syrie, l’Irak ou d’autres pays confrontés à des rébellions et à des guerres civiles, les gouvernements occidentaux devraient d’autant plus s’interroger sur le sens réel du commerce des armes, quand on sait qu’il faudra deux fois plus d’armement pour arrêter des groupes faisant un usage démesuré de la violence face à des populations civiles.

Il faut peut-être remettre en cause le commerce des armes à un niveau international. Nos démocraties sont sans doute encore trop soumises au pouvoir de l’industrie de l’armement, mais l’armement et la défense ne doivent pas devenir les buts de nos démocraties et ne doivent pas s’imposer comme une logique gouvernementale dans le monde. De la même manière que les technologies de surveillance ne résoudront pas les problèmes de pauvreté et la corruption, il faut trouver d’autres objectifs plus nobles pour nos démocraties. Il faut se détourner de cette logique de l’armement qui ne fait qu’augmenter les guerres et le terrorisme dans le monde. Il faut remettre en cause les profits des sociétés d’armement qui, au lieu d’oeuvrer pour le bien de l’humanité, ne font que contribuer à sa destruction.

Il ne s’agit pas pour une société ou un gouvernement de faire des profits rapides et de développer des technologies militaires pour imposer sa suprématie politique dans le monde. Il ne s’agit pas de montrer qu’un pays est capable de produire des milliers d’armes nucléaires ou des quantités infinies de substances chimiques, car la sophistication des armes n’est pas un signe de progrès de l’humanité ni un signe que nos sociétés seraient devenues plus démocratiques que dans le passé. Nos gouvernements sont déjà capables de produire des armes à l’infini, mais parallèlement ils n’ont toujours pas appris à dialoguer entre eux de manière pacifique et ils n’ont toujours pas appris à privilégier la diplomatie et la négociation y compris dans la résolution de conflits liés au terrorisme. En témoigne la situation actuelle dans le monde.

Le chaos actuel au Moyen-Orient témoigne à quel point les Etats-Unis et les grandes puissances sont incapables de s’entendre sur une stratégie pour sortir de cette guerre et à quel point les gouvernements du Moyen-Orient ont du mal à sortir de l’opposition entre les régimes chiites et les régimes sunnites, à dépasser leur intérêt national et leur intérêt individuel pour penser à l’intérêt de tous les pays. Mais c’est aussi la faute de nos gouvernements en Occident qui n’ont pas su imposer leur vision d’une démocratie égalitaire et qui n’ont pas su demander à ces pays de faire plus d’efforts pour améliorer la situation des droits de l’homme, alors que cette chose était tout à fait à leur portée.

Les 8 théories de la conspiration gouvernementale. Conspiration #3: Le gouvernement tente de ruiner ma réputation

La vérité: Le COINTELPRO [Counter Intelligence Program] du FBI l’a fait pendant une durée de 15 ans.

Martin Luther King

Le FBI n’a jamais été un fan de critiques. Au cours du deuxième Red Scare [Peur Rouge], le Bureau a combattu les dissidents, en lançant un programme secret appelé COINTELPRO. Sa mission? « Exposer, perturber, détourner, discréditer, ou sinon neutraliser » les personnes et les groupes rebelles.

Sous COINTELPRO, le FBI a supervisé 2000 opérations de diffamation subversive. Les agents ont mis sur écoute les téléphones, fabriqué des faux documents, et planté de faux rapports pour créer une image publique négative des dissidents. Le COINTELPRO a ciblé des groupes haineux comme le KKK [Ku Klux Klan], mais il a aussi continué à surveiller étroitement la «nouvelle gauche», comme les manifestants pour les droits civiques et les activistes des droits des femmes. Il a surveillé Muhammad Ali, Malcolm X, John Lennon, et Ernest Hemingway.

Peu, cependant, ont été surveillés d’aussi près que Martin Luther King Jr. Après que MLK prononça son fameux discours « I Have a Dream », ce mémo flottait dans les bureaux du FBI:

« A la lumière du puissant discours démagogique d’hier de King, il est tête et épaules au-dessus de tous les autres leaders noirs mis ensemble quand il s’agit d’influencer les grandes masses de Noirs. Nous devons le marquer maintenant, si nous ne l’avons pas fait avant, comme étant le Noir le plus dangereux de l’avenir dans ce pays du point de vue du communisme, du noir, et de la sécurité nationale ».

King est devenu un ennemi non officiel de l’Etat. Les agents ont suivi chacun de ses mouvements, en effectuant une «analyse complète des voies d’approche visant à neutraliser King comme un chef de file Noir efficace. » Quand une écoute téléphonique a révélé une liaison extraconjugale de King, le FBI lui a envoyé une lettre anonyme, en lui prédisant qu’une menace était dans son avenir. « Vous êtes une fraude colossale et un mal, vicieux à cela», dit la lettre. Un mois plus tard, MLK a accepté le prix Nobel de la paix.

Le COINTELPRO a fermé en 1971, bien que le FBI ait continué à surveiller certains groupes. Dans les années 1990, il a surveillé PETA et mis les membres de Greenpeace sur sa liste de surveillance terroriste.

Source: http://mentalfloss.com/article/33497/8-government-conspiracy-theories-and-how-they-could-be-right