Turquie: WikiLeaks publie les emails du gendre d’Erdogan

220px-berat_albayrak_croppedLundi 5 décembre 2016, WikiLeaks publie une base d’archives catégoriques de 57 934 emails provenant de l’adresse email personnelle de Berat Albayrak, gendre du Président Recep Tayyip Erdoğan et ministre de l’Energie de la Turquie

Source: https://wikileaks.org/berats-box/

Communiqué: https://wikileaks.org/berats-box/article

Daesh et le pétrole : Wikileaks publie plus de 50 000 mails personnels du gendre de Recep Erdogan https://francais.rt.com/international/30185-turquie-wikileaks-erdogan-gendre-daesh

Le Yémen, au centre de la guerre pour le pétrole, selon WikiLeaks

Communiqué WikiLeaks, 25 novembre 2016

Aujourd’hui, vendredi 25 novembre, WikiLeaks publie les Yemen Files.

Les Yemen Files sont une collection de plus de 500 documents de l’ambassade des États-Unis à Sanaa, au Yémen. Comprenant plus de 200 emails et 300 fichiers PDF, la collection détaille la correspondance et les documents officiels relatifs à l’Office of Military Cooperation (OMC) situé dans l’ambassade américaine. Cette collection d’étend sur une période allant de 2009 à la veille de la guerre au Yémen qui éclate sérieusement en mars 2015. Cette période couvre à la fois le mandat d’Hillary Clinton en tant que secrétaire d’État (2009-2013) et les deux premières années du mandat du secrétaire John Kerry.

Julian Assange a déclaré: « La guerre au Yémen a produit 3,15 millions de personnes déplacées en interne. Bien que le gouvernement des États-Unis ait fourni la plupart des bombes et soit profondément impliqué dans la conduite de la guerre elle-même, le reportage sur la guerre en anglais est manifestement rare.

Le Yémen est d’un intérêt stratégique significatif, car le Yémen contrôle un point d’étranglement étroit vers la mer Rouge et le canal de Suez par lesquels 11% du pétrole mondial passe chaque jour. En outre, le Yémen est à la frontière de l’Arabie saoudite (au nord) et de l’Oman (à l’est), et il a accès à la mer d’Arabie, à travers laquelle 20% du pétrole mondial passe depuis le détroit d’Ormuz (incluant le pétole saoudien et de l’Iran). L’Arabie Saoudite cherche à contrôler un port du Yémen afin d’éviter la contraction potentielle de ses expéditions de pétrole par l’Iran le long du détroit d’Ormuz ou par des pays qui peuvent contrôler son autre chemin d’expédition de pétrole le long de la mer Rouge.

Les Yemen Files offrent des preuves documentaires de l’armement, de la formation et du financement des forces yéménites par les États-Unis pendant les années qui ont précédé la guerre. Les documents révèlent, entre autres, l’acquisition de nombreux types d’armes: aéronefs, navires, véhicules, propositions pour le contrôle de la sécurité des frontières maritimes et l’achat par le Yémen de systèmes biométriques américains.

Une présence américaine est restée dans le pays jusqu’en février 2015, lorsque les États-Unis ont fermé leur ambassade en raison de l’agitation continue entre les différentes factions du pays. La guerre a éclaté un mois plus tard.

Source: https://wikileaks.org/yemen-files/

Hillary Clinton ratisse de l’argent dans les combustibles fossiles à un rythme alarmant

Desmog, Farron Cousins, 07/09/2016

220px-Secretary_Clinton_8x10_2400_1Dans les discours et conférences de presse, et parfois en politique, le Parti démocrate aux États-Unis a toujours revendiqué de la hauteur sur la question du changement climatique et la nécessité de faire sortir le pays du pétrole, du gaz et du charbon vers les énergies renouvelables. En conséquence, l’industrie des combustibles fossiles a fortement soutenu les politiciens républicains pendant des décennies.

Mais l’élection présidentielle américaine de 2016 a encore une fois prouvé son caractère unique sur chaque mesure. Un nouveau rapport publié par le Wall Street Journal montre que la candidate démocrate et ancienne secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, trouve beaucoup plus d’argent dans l’industrie des combustibles fossiles que son adversaire républicain, Donald Trump.

Le rapport montre que, courant juillet, Hillary Clinton a reçu près de trois fois plus d’argent de campagne auprès des employés des combustibles fossiles que Trump, à hauteur d’environ 525,000 $ comparativement à Trump $ 149,000. Son compte conjoint avec le Comité national démocrate a également reçu un montant supplémentaire de $ 650,000 des employés et cadres des combustibles fossiles.

Compte tenu de l’histoire de Clinton avec l’industrie des combustibles fossiles, ces contributions ne sont pas surprenantes. Au cours de son mandat en tant que secrétaire d’État, le personnel de Clinton a travaillé avec TransCanada pour obtenir l’approbation de l’oléoduc controversé Keystone XL.

Lire la suite: http://www.desmogblog.com/2016/09/07/hillary-clinton-raking-fossil-fuel-money-alarming-rate

Géopolitique de la 3ème Guerre mondiale: Etats-Unis, Russie, Arabie Saoudite, pétrole et cours du dollar

Veterans Today, 19 septembre 2014

Traduction intégrale:

[Charles Krauthammer, chroniqueur affilié] Nous avons, comme vous le dites, Isis, l’Etat islamique, au cœur du Moyen-Orient, l’Iran qui fait le nucléaire, la Russie en mouvement, la Chine réclamant un territoire qu’elle n’a pas vraiment le droit de réclamer.

[Journaliste] Les rapports au jour le jour montrent les troupes russes qui vont plus loin dans le sud-est de l’Ukraine et aident à inverser la tendance.

[Gen. Martin Dempsey] Peuvent-ils être vaincus, sans aborder cette partie de l’organisation qui réside en Syrie? La réponse est non.

[Ben Rhodes, conseiller national adjoint de sécurité] Nous envisageons activement ce qui va être nécessaire pour faire face à cette menace et on ne va pas être limité par des frontières.
http://www.reuters.com/article/2014/08/23/us-iraq-security-usa-idUSKBN0GM1T920140823

[Juge Jeanine Pirro, vidéo] Des frappes aériennes, bombardez-les, bombardez-les, continuez de les bombarder, encore et encore…

[Howard Zinn, vidéo] Si vous êtes né hier, vous croyez à tout ce que quelqu’un vous dit là-haut, et vous n’avez aucun moyen de le vérifier. Avec un peu d’histoire, cela ne prouve pas que le gouvernement vous ment aujourd’hui, cela vous demande juste de vérifier si c’est le cas, et ensuite de décider pour vous-même.

[Narrateur] Contrairement à la croyance générale, la conduite des nations sur les scènes internationales n’est presque jamais guidée par plus de considérations. Mais plutôt par un sombre cocktail d’argent et de géopolitique, comme quand vous voyez les porte-paroles de la classe dirigeante qui commencent à diaboliser un pays étranger, la première question dans votre esprit doit toujours être: « qu’est-ce qui est réellement en jeu ici? »

Depuis quelques temps, la Russie, la Chine, l’Iran et la Syrie ont été dans le collimateur. Une fois que vous comprenez pourquoi, les événements qui se déroulent en ce moment même dans le monde prennent beaucoup plus de sens. Le dollar américain est une monnaie vraiment unique. En fait, sa conception actuelle et sa relation à la géopolitique ne ressemblent à aucune autre dans l’histoire.

Avant 1971, le dollar américain était lié au standard de l’or, du moins officiellement. Selon le FMI, en 1966, les banques centrales étrangères détenaient 14 milliards en dollars américains, mais les Etats-Unis avaient seulement 3,2 milliards $ en or alloués pour couvrir les avoirs étrangers.

Traduction: la Réserve fédérale imprimait plus d’argent que ce qu’elle pouvait rembourser.

Le résultat a été une inflation galopante et une fuite générale du dollar.

En 1971, dans ce qui est allait être appelé plus tard appelé le « Choc Nixon« , le président Nixon a supprimé le dollar du standard de l’or, intégralement.

[Richard Nixon] J’ai ordonné au Secrétaire du Trésor de prendre les mesures nécessaires pour défendre le dollar contre les spéculateurs. J’ai ordonné au secrétaire, calmement, de suspendre temporairement la convertibilité du dollar en or ou en d’autres avoirs de réserve, à l’exception du montant et des conditions déterminées à être dans l’intérêt de la stabilité monétaire et dans le meilleur intérêt des États-Unis.

[Narrateur] À ce stade, le dollar est devenu une monnaie purement fondée sur la dette. Avec des monnaies basées sur la dette, l’argent est littéralement prêté à l’existence.

Environ 70% de la monnaie en circulation est créé par les banques ordinaires qui sont autorisés à prêter plus d’argent que ce qu’elles possèdent sur leurs comptes. Le reste est créé par la Réserve fédérale, qui prête de l’argent qu’ils ne possèdent pas, la plupart du temps au gouvernement.

C’est un peu comme faire des chèques sans provision, sauf que c’est légal, pour les banques.

Cette pratique qui est désignée comme un « système de réserves fractionnaires » est prétendument réglementée par la Réserve Fédérale, une institution qui se trouve être  détenue et contrôlée par un conglomérat de banques, et aucune agence ou branche du gouvernement ne réglemente la Réserve Fédérale.

[Journaliste] Quelle est la relation appropriée, quelle devrait être la relation appropriée entre le président de la Fed et le président des États-Unis?

[Allen Greenspan, président du FMI – vidéo] Eh bien, tout d’abord, la Réserve Fédérale est une agence indépendante, ce qui signifie essentiellement qu’il n’y a pas d’autre agence gouvernementale qui peut passer outre les actions que nous prenons. Cela est en place depuis si longtemps et il n’y a aucune preuve que l’administration, ou le Congrès ou qui que ce soit d’autre demande que nous faisons des choses autres que ce que nous pensons être la chose appropriée. Alors, de savoir quelle relation, cela n’a franchement pas d’importance.

Maintenant, pour rendre les choses encore plus intéressantes, ces prêts de réserve fractionnaire ont un intérêt attaché, mais l’argent pour payer ces intérêts n’existe pas dans le système. En conséquence, il y a toujours plus de dette totale que d’argent en circulation, et afin de rester à flot, l’économie doit croître sans cesse.

Ceci n’est évidemment pas durable.

Maintenant, vous commencez peut-être à vous demander comment le dollar a maintenu une position si dominante sur la scène mondiale depuis plus de quarante ans, si c’est réellement un peu plus qu’un système de Ponzi élaboré.

Eh bien, c’est là où le dollar rejoint la géopolitique.

En 1973, sous l’ombre de la crise pétrolière artificielle de l’OPEP, l’administration Nixon entame des négociations secrètes avec le gouvernement de l’Arabie Saoudite pour établir ce qui plus tard va être appelé le système de recyclage des pétrodollars. Selon l’accord, les Saoudiens ne vendaient leur pétrole qu’en dollars américains, et investiraient la majorité de leurs profits pétroliers excédentaires dans les banques américaines et les marchés de capitaux.

Le FMI utiliserait alors cet argent pour faciliter les prêts aux pays importateurs de pétrole qui avaient des difficultés pour couvrir l’augmentation des prix du pétrole. L’intérêt et les paiements sur ces prêts seraient évidemment libellés en dollars américains.

Cet accord a été formalisé dans la « Commission mixte américano-saoudienne sur la coopération économique » mise en place par le secrétaire d’État de Nixon, Henry Kissinger, en 1974.

[Un autre document publié par le Congressional Research Service révèle que ces négociations avaient un avantage pour eux, alors les responsables américains discutaient ouvertement de la possibilité de saisir des champs de pétrole en Arabie Saoudite militairement.]

Le système a été élargi pour inclure le reste de l’OPEP, en 1975.

Bien que présenté comme un tampon pour les effets récessifs de la hausse des prix du pétrole, cet arrangement a eu un effet caché. Il a supprimé les contraintes traditionnelles sur la politique monétaire américaine.

La Réserve Fédérale était maintenant libre d’augmenter l’offre de l’argent à volonté. La demande toujours croissante de pétrole permettrait d’éviter une fuite du dollar, tout en distribuant les conséquences inflationnistes sur l’ensemble de la planète.

Le dollar est passé d’une monnaie basée sur l’or à une monnaie basée sur le pétrole. Il est également devenu le premier produit d’exportation de l’Amérique.

Vous êtes-vous déjà demandé comment l’économie américaine a été en mesure de rester à flot, tout en gardant plusieurs milliards de déficits commerciaux en dollars pendant des décennies? Vous êtes-vous jamais demandé comment il se fait que les États-Unis détiennent une telle quantité disproportionnée de la richesse mondiale, quand 70% de l’économie américaine est fondée sur le consommateur?

Dans l’ère moderne, les combustibles fossiles font tourner le monde. Ils se sont intégrés dans tous les aspects de la civilisation: l’agriculture, le transport, les matières plastiques, le chauffage, la défense et la médecine, et la demande ne cesse de croître.

Aussi longtemps que le monde aura besoin de pétrole, et aussi longtemps que le pétrole sera vendu uniquement en dollars américains, il y aura une demande pour le dollar américain, et cette demande est ce qui donne sa valeur au dollar.

Pour les États-Unis, c’est une très bonne affaire. Les dollars sortent, soit en papier ou en chiffres dans un système informatique, et des produits et services réels et tangibles arrivent. Toutefois, pour le reste du monde, c’est une forme très sournoise d’exploitation.

En ayant un commerce mondial principalement en dollars, cela confère également à Washington une puissante arme financière à travers les sanctions. Cela est dû au fait que la plupart des transactions en dollars à grande échelle sont forcées de passer par les Etats-Unis.

Ce système de pétrodollars restera incontesté jusqu’en septembre 2000, lorsque Saddam Hussein a annoncé sa décision de faire passer les ventes de pétrole de l’Irak du dollar vers l’euro. Ce fut une attaque directe sur le dollar, et facilement, l’événement géopolitique le plus important de l’année, mais seulement un article dans les médias occidentaux l’a mentionné.

Dans le même mois où Saddam a annoncé qu’il s’éloignait du dollar, une organisation appelée « Le Projet pour un Nouveau Siècle Américain » [PNAC], dont Dick Cheney s’est juste avéré être un membre, a publié un document intitulé « Reconstruire les défenses de l’Amérique. Stratégie, Forces et Ressources pour un Nouveau Siècle« . Ce document a appelé à l’augmentation massive des dépenses militaires américaines et à une politique étrangère beaucoup plus agressive afin d’étendre la domination américaine dans le monde. Cependant le document a déploré que la réalisation de ces objectifs prendrait de nombreuses années dans « l’absence d’un événement catastrophique et catalyseur – comme un nouveau Pearl Harbor ».

Un an plus tard, ils l’avaient.

Surfant sur la réaction émotionnelle du 11 septembre, l’administration Bush a réussi à envahir l’Afghanistan et l’Irak, et à passer le Patriot Act, sans aucune résistance significative.

Wesley Clark: Le plan US post 11/9: envahir 7 pays dont l’Irak, la Lybie, la Syrie et l’Iran

Il n’y avait pas d’armes de destruction massive en Irak, et ce ne fut pas une question de mauvaises informations. Ce fut un mensonge froid et calculé, et la décision d’envahir a été faite en pleine connaissance de la catastrophe qui allait suivre.

[Dick Cheney en 1994, vidéo]

[Journaliste]: Pensez-vous que les Etats-Unis, ou les forces de l’ONU, auraient dû venir à Bagdad?

[Dick Cheney]: Non

[Journaliste]: Pourquoi non?

[Dick Cheney]: Parce que si nous étions allés à Bagdad, nous aurions été tout seuls. Il n’y aurait eu personne d’autre avec nous. Il y aurait eu une occupation américaine en Irak. Aucune des forces arabes prêtes à se battre avec nous au Koweït n’étaient prêtes à envahir l’Irak.

Une fois que vous êtes en Irak et que vous en avez pris le contrôle, que vous faites tomber le gouvernement de Saddam Hussein, alors qu’est-ce que vous allez mettre à sa place? Voilà une partie très instable du monde, et si vous faites tomber le gouvernement central de l’Irak, vous pourriez très facilement finir par voir des morceaux de l’Irak s’envoler: une partie, les Syriens aimeraient en avoir à l’ouest, une partie de celui-ci – l’est de l’Irak – les Iraniens aimeraient le récupérer, ils se sont battus pour ça pendant huit ans. Dans le nord, vous avez les Kurdes, et si les Kurdes se rassemblent et rejoingnent les Kurdes en Turquie, alors vous menacez l’intégrité territoriale de la Turquie.

C’est un bourbier si vous allez aussi loin et essayez de prendre le contrôle de l’Irak.

L’autre chose, c’était les victimes. Tout le monde a été impressionné par le fait que nous avons pu faire notre travail avec aussi peu de victimes que nous avons eues. Mais pour les 146 Américains tués en action, et pour leurs familles – cela n’a pas été une guerre sans prix. Et la question pour le président, pour savoir si oui ou non nous poursuivons notre présence à Bagdad, si nous prenons des pertes supplémentaires dans un effort pour obtenir Saddam Hussein, était de savoir combien de morts supplémentaires Américains vaut Saddam?

Notre jugement a été qu’il n’en vaut pas beaucoup, et je pense que nous avons eu raison.

Ils savaient exactement ce qui allait se passer, mais en 2003, ils l’ont quand même fait. Une fois que les champs de pétrole irakiens ont été sous contrôle américain, les ventes de pétrole ont été immédiatement rétablies en dollars. Mission accomplie.

Peu de temps après l’invasion de l’Irak, l’administration Bush a tenté d’étendre ces guerres à l’Iran. Soi-disant le gouvernement iranien travaillait à la construction d’une arme nucléaire. Après le fiasco en Irak, la crédibilité de Washington a été gravement endommagée, et par conséquent, ils ont été incapables de rassembler un soutien national ou international pour une intervention. Leurs efforts ont en outre été sabotés par des éléments au sein de la CIA et du Mossad qui sont venus à l’avant pour déclarer que l’Iran n’avait même pas pris la décision de développer des armes nucléaires, et encore moins d’en commencer une tentative. Cependant, la campagne de diabolisation contre l’Iran a continué même au sein de l’administration Obama.

Pourquoi?

Eh bien, cela pourrait-il avoir quelque chose en rapport avec le fait que, depuis 2004, l’Iran a été dans un processus d’organisation d’une bourse pétrolière indépendante? Les Iraniens construisaient leur propre marché du pétrole, et il n’allait pas être lié au dollar. Les premières livraisons de pétrole ont été vendues par ce marché en juillet 2011. Incapables d’obtenir la guerre qu’ils voulaient, les États-Unis ont utilisé l’ONU pour imposer des sanctions contre l’Iran. L’objectif des sanctions était de renverser le régime iranien. Bien que cela ait porté préjudice à l’économie iranienne, les mesures ont échoué à déstabiliser le pays. Cela était dû en grande partie à l’aide de la Russie dans le contournement des restrictions bancaires américaines.

En février 2009, Mouammar Kadhafi a été nommé président de l’Union Africaine. Il a immédiatement proposé la formation d’un Etat unifié avec une monnaie unique. C’est la nature de cette monnaie proposée qui l’a tué.

En mars 2009, l’Union Africaine a publié un document intitulé « Vers une monnaie unique africaine ». Les pages 106 et 107 de ce document discutent spécifiquement les avantages et les aspects techniques de l’exécution de la Banque Centrale Africaine sous un standard en or. À la page 94, il est dit explicitement que la clé de la réussite de l’Union monétaire de l’Afrique serait la « liaison éventuelle d’une monnaie unique africaine à la plus monétaire de toutes les marchandises – l’or. »[Remarque: La numérotation des pages est différente sur d’autres versions du document qu’ils ont publié]

En 2011, la CIA est venue en Libye et a commencé à soutenir des groupes militants dans leur campagne pour renverser Kadhafi, et les Etats-Unis et l’OTAN ont soutenu et appliqué une résolution de zone d’exclusion aérienne à l’ONU pour faire pencher la balance avec des frappes aériennes. La présence d’extrémistes d’Al-Qaïda parmi ces combattants rebelles a été mise sous le tapis. La Libye, comme l’Iran et l’Irak, avait commis le crime impardonnable de contester le dollar américain.

L’intervention de l’OTAN en Libye s’est transformée en une guerre secrète contre la Syrie. Le gouvernement libyen a été torpillé et les armes ont été expédiées via la Turquie aux rebelles syriens travaillant à renverser Assad. Il était déjà clair à ce stade qu’un grand pourcentage de ces combattants avaient des liens avec des organisations terroristes. Cependant l’appareil de sécurité nationale des États-Unis a considéré cela comme un mal nécessaire. En fait, le Conseil des relations étrangères a publié un article en 2012 déclarant que « L’afflux des djihadistes apporte de la discipline, de la ferveur religieuse, de l’expérience de la bataille d’Irak, du financement de sympathisants sunnites dans le Golfe, et surtout, des résultats mortels. En bref, la FSA [Armée Syrienne Libre] a maintenant besoin d’al-Qaïda ».

[Voir theantimedia.org pour lire ça]

[Soyons clairs, les Etats-Unis ont mis l’Etat Islamique (ISIS) au pouvoir]

En 2013, ces mêmes rebelles syriens liés à Al-Qaïda ont lancé deux attaques au gaz sarin. Ce fut une tentative d’encadrer Assad et de mobiliser le soutien international pour une intervention militaire. Heureusement, ils ont été exposés par les Nations Unies et les enquêteurs russes, et la poussée en faveur des frappes aériennes s’est complètement effondrée lorsque la Russie est intervenue pour négocier une solution diplomatique.

La campagne pour un changement de régime en Syrie, tout comme en Libye, a été présentée en termes de droits de l’homme. Évidemment, ce ne sont pas les véritables motifs.

En 2009, le Qatar a mis en avant une proposition visant à lancer un pipeline de gaz naturel à travers la Syrie et la Turquie vers l’Europe. Assad l’a toutefois rejeté, et en 2011, il a forgé un pacte avec l’Irak et l’Iran pour construire un pipeline en coupant complètement le Qatar et l’Arabie saoudite de la boucle. Sans surprise, le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie ont été les joueurs régionaux les plus agressifs dans la poussée pour renverser le gouvernement syrien.

Mais pourquoi ce pipeline aurait mis la Syrie dans la ligne de mire de Washington?

Trois raisons:
1. Cet arrangement du pipeline permettait de renforcer de manière significative la position de l’Iran, leur permettant d’exporter vers les marchés européens sans avoir à passer par l’un des alliés de Washington. Cela réduisait évidemment le levier du gouvernement américain.
2. La Syrie est le plus proche allié de l’Iran. Son effondrement aurait intrinsèquement affaibli l’Iran.
3. La Syrie et l’Iran ont signé un accord de défense mutuelle, et une intervention américaine en Syrie pourrait ouvrir la porte à un conflit ouvert avec l’Iran.

En février 2014, ce jeu d’échecs mondial a chauffé dans un nouveau lieu: l’Ukraine. La véritable cible était cependant la Russie.

Vous voyez, la Russie se trouve être juste le deuxième plus grand exportateur de pétrole au monde, et non seulement ils ont été une épine dans le pied de Washington au niveau diplomatique, mais ils ont aussi ouvert une bourse de l’énergie en 2008, avec des ventes libellées en roubles et en or. [Ce projet était en cours depuis 2006. Ils ont également travaillé avec la Chine pour se retirer du dollar dans l’ensemble de leur commerce bilatéral.]

La Russie a également été dans un processus d’organisation d’une Union Economique Eurasienne, qui comprend des plans pour adopter une unité monétaire commune, et qui est prévue pour avoir son propre marché indépendant de l’énergie.

Avant la crise, l’Ukraine a été face à un choix: soit rejoindre l’UE en vertu d’un accord d’association ou rejoindre l’Union eurasienne. L’UE a insisté que ce n’était pas une proposition optionnelle. L’Ukraine ne pouvait pas rejoindre les deux. La Russie, d’autre part, a affirmé que l’adhésion aux deux ne posait pas de problème. Le Président Ianoukovitch a décidé d’aller avec la Russie.

[Cet article du Guardian vaut aussi la peine d’être lu.]

En réponse, l’appareil de sécurité nationale des États-Unis a fait ce qu’il fait le mieux: ils ont renversé Ianoukovitch et installé un gouvernement fantoche. Pour voir la preuve complète de l’implication de Washington dans le coup d’Etat, regardez « La crise en Ukraine: ce qu’on ne vous dit pas ».

Bien que tout cela semblait aller bien au début, les États-Unis ont rapidement perdu le contrôle de la situation. La Crimée a organisé un référendum et le peuple a voté massivement pour faire sécession de l’Ukraine et pour une réunification avec la Russie. La transition a été ordonnée et pacifique. Personne n’a été tué, mais l’Occident a immédiatement encadré tout l’événement comme un acte d’agression russe, et cela est devenu le point de mantra à partir de là.

La Crimée est importante sur le plan géostratégique en raison de sa position sur la mer Noire, qui permet la projection de la puissance navale en Méditerranée. [Elle a aussi été un territoire russe dans une grande partie de l’histoire récente.]

Les Etats-Unis ont fait pression pour l’inclusion de l’Ukraine dans l’OTAN depuis des années maintenant. Une telle démarche aurait placé les forces américaines juste sur la frontière de la Russie et aurait potentiellement pu aboutir à la perte pour la Russie de leur base navale en Crimée. C’est la raison pour laquelle la Russie a immédiatement accepté les résultats du référendum de Crimée et a rapidement consolidé le territoire.

Pendant ce temps, dans l’Est de l’Ukraine, deux régions ont déclaré l’indépendance face à Kiev et ont tenu des référendums de leur propre côté. Des résultats qui ont plébiscité l’autonomie.

Kiev a répondu à cela avec ce qu’ils appelaient des opérations anti-terroristes. Dans la pratique, ce fut une campagne massive et aveugle de bombardements qui ont tué des milliers de civils. Apparemment, tuer des civils n’était pas considéré comme une agression pour l’Occident. En fait, le FMI a explicitement mis en garde le gouvernement provisoire que leur enveloppe de prêts de 17 milliards de dollars pourrait être en danger, s’ils ne sont pas en mesure de mettre un terme au soulèvement en Ukraine orientale.

Alors que la guerre contre l’Ukraine orientale faisait rage, les élections ont eu lieu et Petro Porochenko a été élu président. Il se trouve que Porochenko a été exposé par un câble diplomatique publié par Wikileaks en 2008, pour avoir travaillé comme taupe pour le Département d’État des États-Unis depuis 2006. Ils se sont référés à lui comme « Notre homme en Ukraine » et la plupart du câble fait référence à l’information qu’il fournissait. [Un autre câble montre que les Etats-Unis savaient que Poroshenko était corrompu même à ce moment.]

Avoir une marionnette en place n’a cependant pas été suffisant pour donner à Washington la haute main dans cette crise. Qu’est-ce que Washington fait quand ils n’ont pas d’autre effet de levier? Ils imposent des sanctions, ils diabolisent et ils font des tentatives d’intimidation.

Cela n’est pas une très bonne stratégie lorsqu’ils traitent avec la Russie. En fait, cela s’est déjà retourné contre eux. Les sanctions ont simplement poussé la Russie et la Chine à une coopération plus étroite et a accéléré l’agenda dé-dollarisation de la Russie. Et en dépit de la rhétorique, cela n’a pas conduit la Russie à être isolée. Les États-Unis et l’OTAN ont creusé un fossé entre eux et la Russie, mais pas entre la Russie et le reste du monde.

Ce nouvel axe anti-dollar va plus loin que l’économie. Ces pays comprennent ce qui est en jeu ici. Voilà pourquoi, dans le sillage de la crise ukrainienne, la Chine a proposé un nouveau pacte de sécurité eurasienne qui inclurait la Russie et l’Iran.

Considérez les implications ici, alors que l’administration Obama commence les bombardements en Syrie, un pays qui a également un accord de défense mutuelle avec l’Iran.

Cela n’est pas la guerre froide 2.0. C’est la guerre mondiale 3.0. Les masses n’ont peut-être pas encore compris, mais l’histoire s’en souviendra de cette manière.

Les alliances se consolident et une guerre chaude prend son cours sur de multiples fronts. Si les provocations et les guerres par procuration continuent, c’est seulement une question de temps avant que les grands joueurs s’affrontent directement, et ceci est une recette pour un désastre.

Est-ce que tout cela résonne de manière folle pour vous? Eh bien, vous avez raison. Les gens qui dirigent le monde en ce moment sont fous, et le public est comme un somnambule dans une tragédie. Si vous voulez modifier le cours où nous sommes, il n’y a qu’une seule façon de le faire. Nous devons réveiller ce public. Même les armes les plus puissantes de la guerre sont neutralisées, si vous atteignez l’esprit de l’homme derrière la détente.

Comment pouvons-nous réveiller les masses, demandez-vous? N’attendez pas que quelqu’un d’autre réponde pour vous. Faites preuve de créativité. Agissez comme si l’avenir de vos enfants et de vos petits-enfants était en jeu, parce que c’est le cas.

Transcription originale en anglais: http://www.veteranstoday.com/2014/09/19/the-geopolitics-of-world-war-iii/

Les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite avaient-ils préparé une guerre au Yémen?

carte-sunnite-chiiteCarte: Les sunnites et les chiites au Moyen-Orient

Après l’Irak et la Syrie, une nouvelle guerre se dessine au Moyen-Orient avec le Yémen. Dans toutes ces guerres, on constate que l’Arabie Saoudite et les Américains ont eu des intérêts communs à renverser des régimes qui ne leur étaient pas favorables ou à bombarder des pays qui possédaient certaines richesses, comme le pétrole.

Quand les Etats-Unis ont envahi l’Irak en 2003, on sait bien qu’il y a eu une volonté de changement de régime, au nom de la démocratie. Cependant, on constate aussi que l’Irak est un pays riche en pétrole et à majorité chiite, à l’opposé de l’Arabie Saoudite qui est sunnite.

De même, le régime syrien est dirigé par une minorité religieuse alaouite qui n’est pas un allié habituel des Etats-Unis ou de l’Arabie Saoudite.

Dans ces guerres au Moyen-Orient, on pourrait donc voir une volonté américano-saoudienne de renverser tous les régimes politiques qui seraient chiites, alliés de l’Iran ou de la Russie, dans le but d’imposer une nouvelle majorité politique dans ces pays, une majorité qui serait désormais favorable à la fois aux intérêts saoudiens et aux intérêts américains.

L’invasion du Yémen semble poursuivre la logique américaine qui avait commencé avec l’invasion de l’Irak en 2003. Et si on reprend les propos du général Wesley Clark, qui évoquait la guerre planifiée au Moyen-Orient:

« Nous allons prendre sept pays en 5 ans, en commençant par l’Irak, puis la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan, et en finissant par l’Iran. » (Global Research)

Si c’était bien l’intention des Etats-Unis, peut-être que le Yémen se trouvait aussi sur cette liste secrète et qu’il y avait un plan pour prendre le contrôle de tout le Moyen-Orient.

Une idée semblable a été exprimée dans un article sur « Les projets secrets pour le Yémen », publié le 27 mars 2011 — soit 4 ans avant les bombardements qui sont en cours —, et qui parle de « l’agenda secret du Pentagone et des services secrets états-uniens ». Mais l’article en question justifie ces projets américains au Yémen par rapport au pétrole, car « les États-Unis visent à militariser l’une des voies d’acheminement de pétrole les plus vitales ». L’invasion saoudienne actuelle n’aurait peut-être que ce seul but: le contrôle de l’exportation du pétrole.

En prenant en compte les arguments sur les différences religieuses (chiites/sunnites), on constate une autre coïncidence, c’est que l’Etat Islamique est sunnite, tout comme l’Arabie Saoudite, et qu’ils avaient le même but: renverser le régime syrien de Bachar al-Assad. De nombreux articles américains se sont penchés sur cette question du financement saoudien de l’Etat Islamique. Cela donnait aussi la possibilité à l’Arabie Saoudite d’étendre son influence sur toute la région.

Ce qui arrive au Moyen-Orient, ce serait donc toujours la continuité de cette guerre entre, d’un côté, les Etats-Unis et leurs alliés, l’Arabie Saoudite et les régimes sunnites arabes, et de l’autre, la Russie et les pays qui lui sont proches, comme l’Iran et la Syrie — mais tout cela sur fond d’une guerre pour le contrôle des ressources stratégiques comme le pétrole. Sur BFM Business, on apprend aussi que « l’Arabie Saoudite cherche à affaiblir la Russie, qui est un concurrent géopolitique redoutable dans la région » — la Russie étant l’ennemi géopolitique de l’Arabie Saoudite, mais aussi l’ennemi diplomatique des Etats-Unis.

L’Arabie Saoudite a-t-elle volontairement déclenché la guerre au Yémen? Il y avait une possibilité de régler le conflit politiquement, pourtant l’Arabie Saoudite a choisi l’option du bombardement. Les civils se font tuer, comme cela a été le cas en Irak et en Syrie. Le Yémen présente un intérêt stratégique et géopolitique pour l’Arabie Saoudite, « premier exportateur mondial d’or noir » (BFM Business).

Prendre le contrôle du Yémen ou y installer un régime qui lui serait entièrement favorable permettrait à l’Arabie Saoudite de maîtriser une zone géographiquement très importante pour l’exportation du pétrole, « l’un des goulots d’étranglement stratégiques du trafic mondial de pétrole, Bab el-Mandab ». « Plus encore, les réserves de pétrole non-exploitées au Yémen et en Arabie Saoudite seraient les plus importantes au monde » (« Les projets secrets pour le Yémen« , Voltaire.net).

Au mépris de toute diplomatie et de toute solution pacifique, l’Arabie Saoudite semble être en train d’imposer un chaos total au Moyen-Orient, dans tous les pays qui ne sont pas des alliés traditionnels ou qui ne sont pas de la même majorité sunnite. Et les Etats-Unis semblent être un soutien stratégique dans cette guerre au Yémen: selon un diplomate français, les « militaires américains supervisent cette guerre en tant qu’associés ». (Marianne.net).

Au final, on trouve beaucoup de points communs entre l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis dans ces guerres au Moyen-Orient, et si on remonte aux attentats du 11 septembre 2001, beaucoup de gens ont aussi dénoncé l’implication saoudienne dans ces attentats et le fait que le gouvernement américain ait refusé de publier le rapport confidentiel de 28 pages qui mettait en cause l’Arabie Saoudite, comme le révèle le New York Times.

Alors, on devrait se demander pourquoi la France apporte aussi ce soutien à l’Arabie Saoudite, auprès des Etats-Unis, dans cette « nouvelle guerre américaine ». S’il y a aussi un intérêt commercial pour le gouvernement français dans le soutien de la guerre au Yémen, est-ce que nous devons continuer à accepter ces guerres, et que pouvons-nous faire en tant que citoyens pour nous opposer à ces conflits qui semblent avoir uniquement pour but le contrôle des ressources pétrolières?

« Gazoduc, Pipelines et Pipocratie », le conflit syrien analysé par René Dzagoyan

Oléoducs et gazoducs au Moyen-Orient

24.01.2013.pacainfoeco.com – Du renversement de Mossadegh par la CIA et les Britanniques en 1953 à la chute de Saddam Hussein en 2003 par les mêmes, l’histoire nous a appris que les enjeux énergétiques n’étaient jamais étrangers aux changements de régime du Moyen-Orient. Pourtant, la presse internationale, particulièrement française, soustrait le conflit syrien à cette règle d’or. Par une heureuse exception, sous l’effet d’une pulsion humanitaire irrépressible, la Turquie et le Qatar, dûment soutenus par les pays occidentaux, au premier chef la France, y œuvreraient pour l’établissement de la démocratie sans aucune autre arrière-pensée que le bonheur des peuples. Que la Turquie soit aujourd’hui une prison à ciel ouvert pour les juristes et journalistes, que le Qatar ne soit rien d’autre qu’une autocratie féodale où la simple expression d’une pensée politique est un blasphème contre Dieu lui-même, n’induit aucun doute quant à l’humanisme de leur idéologie non plus qu’à la pureté de leurs intentions. Pourtant, le simple examen des données régionales suffit à resituer le conflit syrien dans le cadre dont il n’aurait jamais dû sortir : celui de la guerre pour l’énergie.

Revenons aux fondamentaux : face au tarissement progressif du pétrole, le seul carburant de substitution disponible en abondance est le gaz. Cette ressource est essentiellement située dans trois pays : La Russie, avec 45 000 trillions de m3 de réserves prouvées, soit environ 25% des réserves mondiales, l’Iran, 27 000 trillions , soit 15%, et le Qatar, 26 000 trillions, soit 15% aussi. A eux trois, ces géants du gaz contrôlent plus de la moitié de la production mondiale. Pour écouler ses stocks colossaux, la Russie ne manque pas de clients: ses systèmes de gazoducs courent du Tatarstan à la Bretagne et de la Chine à la Turquie, laquelle y puise 70% des 38 milliards de m3  nécessaires à son fonctionnement, le reste provenant en grande partie de l’Iran.

Or, vu la croissance de son industrie, Ankara prévoit pour 2025 une consommation de 80 à 90 milliards de m3, soit plus du double de ses besoins actuels. Où les trouver ? Les puiser dans le stock russe accroitrait sa dépendance vis-à-vis de l’empire des tsars, et grèverait illico son expansion régionale ; les soutirer de l’Iran aurait les mêmes effets, sans compter le mécontentement des Américains. Reste le Qatar. Mais voilà, entre Doha et Ankara, il n’y a pas l’ombre d’un gazoduc. Qu’à cela ne tienne !

En août 2009, le Sheikh qatari Al-Thani et Abdullah Gül s’accordaient sur la nécessité de tirer un gros tuyau entre Doha à Ankara. Deux passages possibles : par l’Irak, surtout le nord aux mains des Kurdes, option fortement déconseillé ; ou par la Syrie, dirigé par Bachar El-Assad. Ce dernier leur aurait sans doute volontiers cédé le passage, n’étaient les froncements de sourcils de son principal soutien militaire, économique et financier, Moscou, qui n’aurait guère apprécié que son protégé ouvre les vannes gazières à un de ses concurrents, le Qatar, pour alimenter un de ses principaux clients, la Turquie, et au-delà l’Europe par connexion au gazoduc européen Nabucco encore à naître. Oser solliciter Assad était donc sans conteste défier Moscou qui comptait bien tuer dans l’œuf le Nabucco en question, en terminant dare-dare le sien propre au nord de la Turquie, le South Stream. C’était aussi ignorer l’Iran, ce diable d’Etat qui, depuis Mossadegh, tient mordicus à contrôler son pétrole. Lui aussi est sur le point de serrer le dernier boulon de son gazoduc Iran-Irak-Syrie de 25 millions de m3/jour pour les mêmes destinations.

Coincé entre Poutine et Ahmadinéjad, tous deux bien décidés à garder le monopole des approvisionnements européens, le pauvre Bachar n’avait guère le choix que de refuser le passage au pipe-line rêvé par le couple turco-qatari. Le vilain petit canard ! Par son entêtement, voilà la Turquie et l’Europe contraintes malgré elles de rester dépendantes de la seule Russie, ou pire encore, de l’Iran. Un dirigeant, tout syrien soit-il, qui contraint l’Europe à mendier son énergie à ces deux Etats si réticents à nos valeurs éternelles, ne peut être qu’un mauvais démocrate. Et s’il persiste dans ses funestes alliances, il ne peut être qu’un horrible tyran. Et quand on a ne serait-ce qu’un zeste de moralité, un horrible tyran ne mérite que d’être flétri et renversé. CQFD.

Que les autorités françaises, en dépit du contrôle patent de l’armée d’opposition par les fanatiques islamistes, en dépit de la présence désormais avéré de militaires turcs dans l’encadrement de la rébellion, en dépit des exactions assumées des minorités religieuses, accréditent auprès de l’opinion la fable d’une lutte du peuple syrien pour sa liberté, ne peut se comprendre que par les intérêts liés de longue date de la France et du Qatar. Le pétrolier Total, présent au Qatar depuis 1936, est un des principaux opérateurs dans l’exploitation des ressources qataris, tandis que le Qatar, troisième actionnaire de Total, détient près de 17% de Vivendi, près de 13% du Groupe Lagardère, 5% de Véolia, sans parler d’autres petites sucreries telles que le PSG. Défendre les intérêts du Qatar, c’est défendre les intérêts de la France et inversement. La chanson est connue, serinée à loisir par Mme Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement.

Mais le danger n’est plus dans cette politique où l’on est prêt à vendre la France à l’encan au nom des intérêts croisés, car cela est désormais un fait. Il est dans cette idée que la France et l’Europe ont d’elles-mêmes et de leur rôle auprès des peuples qui n’attendent d’elles qu’une étincelle de vertu. A vouloir remplacer la force des valeurs par celle des pipe-lines, nos démocraties risquent tout simplement de devenir de tristes pipocraties.

(1 trillion= 1 millier de millions)

René Dzagoyan

Source: www.pacainfoeco.com/actune/2013/janv_2013/130124.rene_dzagoyan.php

Image: http://commons.wikimedia.org/wiki/File%3AOil_and_Gas_Infrastructure_Persian_Gulf_(large).gif Par Energy Information Administration [Public domain ou Public domain], via Wikimedia Commons

Mais que fait donc Washington dans la région du Chaco?

Des câbles diffusés par WikiLeaks montrent un fort intérêt états-unien dans une vaste zone à cheval sur le Paraguay, la Bolivie et le nord de l’Argentine.
Par Nikolas Kozloff, le 24 juillet 2012

La guerre du Chaco, ayant opposé la Bolivie et le Paraguay, continue d’alimenter des doutes dans la région [GALLO/GETTY]

Récemment, une foule d’individus et d’organisations à travers l’Amérique Latine ont attiré l’attention sur l’état tumultueux de la politique au Paraguay, où le Président démocratiquement élu Fernando Lugo a été destitué par l’Assemblée Nationale du pays dans des circonstances quelque peu suspectes. Dans une lettre de protestation, les signataires ont dessiné une théorie assez incendiaire. Ils attestent, par exemple, que le US Southern Command voulait le voir partir comme ayant été le dirigeant paraguayen qui s’était opposé à la militarisation US de son pays.

Nous savons déjà qui a renversé Fernando Lugo et pourquoi, » ont-ils ajouté. « El Chaco… ne peut être laissé au [Paraguay]… ou à son peuple; [la région a] été prévue pour l’occupation et l’extraction par des multinationales à travers des méga-projets et de la terreur financés par des ressources publiques. Le coup au Paraguay, comme d’autres similaires en Amérique Latine, a été  accompli par et pour les multinationales et leurs partenaires parmi l’élite locale. »

« El Chaco » est une vaste, aride et inhospitalière bande de territoire constituée de plaines et de savanes. Le territoire comprend une bonne part du Paraguay, de la Bolivie et du nord de l’Argentine, et contient des ressources naturelles abondantes. Par conséquent, le Chaco a fait l’objet de beaucoup de combats et de convoitise de la part des nations du voisinage ainsi que de multinationales étrangères. De 1932 à 1935, la Bolivie et le Paraguay se sont affrontés lors de ce qui est depuis connu comme la guerre du Chaco. A l’époque, on pensait que le Chaco contenait des gisements lucratifs d’hydrocarbures et chaque pays espérait se remplir les poches grâce à ce bon filon qui arrivait.

Une histoire d’intrigue

Bien que la Bolivie semblât disposer de grands avantages sur le Paraguay, ses troupes souffraient de manque de moral et moururent en grands nombres à cause de maladies et de morsures de serpents. A la fin de ce conflit futile et ruineux, 100.000 hommes avaient perdu la vie. Le Paraguay contrôlait la majeure partie du territoire disputé à la conclusion de la guerre, mais en petit prix de consolation, la Bolivie reçut l’accès au fleuve Paraguay. La guerre du Chaco s’avéra psychologiquement dévastatrice pour la Bolivie, en particulier parmi les jeunes officiers éduqués qui accusaient les compagnies pétrolières internationales d’avoir manipulé la nation à faire la guerre dès le départ.

Avant le conflit, Standard Oil, une entreprise basée aux USA, avait découvert du pétrole en Bolivie orientale et pensait qu’il y en avait encore dans le Chaco paraguayen. Malheureusement, son concurrent britannique, Shell Oil, possédait les droits d’exploration dans la région. Pendant la guerre, les deux firmes étaient en opposition, avec Standard soutenant la Bolivie et Shell appuyant le Paraguay.Il est spéculé que le diplomate, homme d’affaires et lobbyiste états-unien Spruille Braden ait joué un rôle particulièrement ignoble durant la guerre du Chaco en travaillant comme agent pour la Standard Oil.

A ce jour, la guerre du Chaco continue d’alimenter des suspicions entre les dirigeants régionaux. Récemment la Présidente de l’Argentine Cristina Fernández de Kirchner a fait la remarque que le conflit avait « l’odeur du pétrole » et déclaré que Braden avait joué un rôle en sous-main pour déclencher la guerre. De plus, pendant une cérémonie commémorative de la guerre du Chaco en 2009, le Président de Bolivie Evo Morales a déclaré que le conflit « avait été une guerre injuste pour le pétrole » dans les « intérêts d’empires tels les USA ou l’Angleterre. » L’ancien Président du Paraguay Fernando Lugo a ajouté que « la souveraineté de notre peuple ne sera plus menacée par des intérêts étrangers ou des forces multinationales qui nous ont confronté par le passé. »

Au temps pour les précédentes tribulations diplomatiques, mais y a-t-il quelque preuve que les USA jouent un rôle en sous-main dans le Chaco aujourd’hui? Et qu’en est-il du retrait du pouvoir de Lugo au Paraguay – le contrôle sur le Chaco est-il lié de quelque manière à la récente crise politique? Le public se doit d’être prudent avant d’embrasser des théories du complot sans être capable de fournir assez de preuves, et je suis aussi sceptique que n’importe qui.

Cependant, à l’éclairage de la correspondance confidentielle US diffusée par WikiLeaks, tout comme de rapports de presse ordinaires, il semble plutôt sûr d’affirmer que Washington a été obsédé par le Chaco. En plus, à la lumière de plusieurs étranges voire bizarres développements récents qui sont difficiles à mettre sur le compte d’une simple « coïncidence », il paraît raisonnable d’avancer la conjecture que la destitution de Lugo était liée par certains aspects à l’intrigue du Chaco.

Qu’y a-t-il derrière la présence US au Chaco?

La perspective que le Paraguay et la Bolivie enterrent la hache de guerre pour le Chaco et s’allient sur des lignes politiquement gauchistes n’était guère alléchante pour Washington. Comme je l’ai décrit ailleurs, à la fois l’ancienne Secrétaire d’Etat Condoleeza Rice et l’actuelle Hillary Clinton voyaient la gauche paraguayenne avec méfiance. Ce qui semblait le plus les effrayer fut la notion que Fernando Lugo puisse cultiver des liens avec des nations comme le Vénézuela, qui était allié avec Evo Morales en Bolivie.

Si jamais elle portait ses fruits, une telle alliance pouvait former une sombre menace pour des opérations militaires US sensibles. Pendant des années, les forces US ont opéré au Paraguay sous le Southern Command pour ostensiblement fournir des soins médicaux en zone rurale. Cependant, certains ont suggéré qu’ils étaient en réalité là pour espionner les mouvements hauchistes ou les leaders paysans.Quoiqu’il en soit, il semble que les troupes US ont été déployées vers la région isolée du Chaco pour leurs missions d’entraînement.

En effet, selon le journal argentin Clarin, des techniciens US ont construit une base aérienne à la ville du Chaco paraguayen de Mariscal Estigarribia. En 2005, un correspondant du journal a visité l’installation, décrivant la base comme « un énorme porte-avions au milieu du désert ». Par ailleurs, la piste d’atterrissage était très large et pouvait accueillir des bombardiers B-52, bien que l’armée de l’air paraguayenne n’ait pas de tels avions dans son arsenal.

En 2006, encore deux ans avant que Lugo n’assume ses fonctions présidentielles, des diplomates ont rapporté que des forces US opéraient dans le Chaco afin « d’explorer des sites possibles pour de futurs exercices d’assistance humanitaire ». En fait, par contre, le Département d’Etat lui-même semble ne pas avoir été au courant de ce que le Pentagone fabriquait au Paraguay (effectivement, selon le Washington Office on Latin America (Bureau Central sur l’Amérique Latine), deux membres d’une équipe des US Special Forces agissant à couvert ont été impliqués dans une fusillade mortelle en 2004. Tragiquement, l’échange de coups de feu eut comme résultat le décès d’un Paraguayen qui essayait de voler les soldats. Apparemment, le Pentagone avait complètement caché l’existence de l’équipe à l’ambassade US à Asunción).

La Bolivie et les USA jouent de l’influence

Redoutant l’encerclement, le Vénézuela et la Bolivie ont répliqué et annoncé « un accord pour construire une nouvelle base militaire le long de la région frontalière disputée du Chaco (à Puerto Quijarro) ». Plus tard, le président paraguayen confronta Evo Morales aux Nations Unies pour avoir une explication.

Apparemment remonté contre Asunción, Morales n’était pas d’humeur à céder, et envoya plus tard des officiers militaires au-delà de la frontière dans le Chaco paraguayen pour espionner et poser des questions sur les opérations militaires US. L’incident inquiéta non seulement l’ambassade US à Asunción, mais aussi des officiers de droite au Paraguay.

Pendant ce temps, des sénateurs conservateurs ont dit à l’ambassadeur US que le Vénézuela et la Bolivie voulaient « nous bousculer un peu ». Spécifiquement, les militaires paraguayens étaient « très inquiets que la Bolivie se réarme et projette de développer plusieurs nouvelles installations militaires avec l’assistance du Venezuela ». Le corps des officiers, qui était toujours échaudé de « l’angoisse » de la dispute du Chaco, voulait de nouvelles armes et de la technologie des USA pour « compenser cette menace ».

L’ambassade US en était enthousiaste, notant que « Le poste continuera de pousser pour davantage de coopération militaire ». En dépit de telles assurances, cependant, les militaires paraguayens continuaient de s’inquiéter de « persistantes aspirations irréductibles à l’intérieur de certains segments de l’armée bolivienne à du territoire dans le Chaco ». En un écho de la guerre du Chaco, des diplomates ont expliqué que « des découvertes de ressources de gaz naturel d’une importance commerciale potentiellement significative pourraient alimenter le feu de telles inquiétudes. »

Quelques jours avant l’élection paraguayenne de 2008, le Colorado Party (à droite) se prit d’inquiétude que Lugo puisse gagner. Un sénateur du Parti Colorado déclara à des diplomates US que Washington « échouait » dans son approche de l’Amérique Latine et devrait « travailler avec les militaires paraguayens pour construire une base militaire dans le Chaco pour combattre le trafic de stupéfiants en plein essor (et pour écarter toute idée au Brésil ou de la Bolivie de violer la souveraineté paraguayenne) ».

Le régime Morales à La Paz sonna l’alarme à son tour, accusant les USA de vouloir établir une base militaire dans le Chaco « dans le but de surveiller l’activité en Bolivie ou tenter de contrôler des ressources énergétiques dans les régions paraguayenne et bolivienne du Chaco ». Inquiet d’un encerclement croissant, le ministre bolivien de la défense a fait le voyage au Paraguay et demandé au gouvernement d’Asunción « de ralentir sa relation inter-armées avec les USA ». Le Parti Colorado et « beaucoup de responsables militaires de même idée » ont repoussé la Bolivie et renvoyé le ministre chez lui.

Le Paraguay et la Bolivie enterrent la hache de guerre

Puisque nous n’avons pas accès à la documentation du Pentagone, sans parler d’autres agences de renseignement US, il n’est pas clair quelles actions concrètes l’établissement de la défense fit en relation avec le Chaco. Toutefois, jugeant d’après les câbles diffusés par WikiLeaks, les responsables US étaient amènes avec le Paraguay, avec un diplomate faisant la remarque que les demandes d’assistance du Parti Colorado étaient compréhensibles. « Avec un peu de chance, avec le nouveau président du Paraguay, nous pourrons en faire plus, » écrivait l’ambassade à Asunción.

L’élection de Lugo jeta un boulon dans la géostratégie régionale des USA. Bien que le nouveau président paraguayen ne fusse pas un radical, il émargea une politique étrangère de plus en plus indépendante et commença à limiter le rôle du Pentagone dans son pays. Pire encore, Lugo fit rapidement part de son désir d’enterrer la hache de guerre avec la Bolivie et s’envola pour La Paz pour y rencontrer Morales en personne. Dans une envolée de rhétorique, Lugo fit la remarque que « l’âge de l’impérialisme est terminé en ce nouvel âge de l’Amérique Latine » et que l’avenir des relations de l’Amérique Latine avec les USA seraient « basées sur le respect, l’équité et la justice ».

Si cela ne suffisait pas pour offenser les pouvoirs en place, Lugo conduisit également une rencontre symbolique avec Morales dans la ville rurale du Chaco paraguayen de Mariscal Estigarribia pour commémorer le 74ème anniversaire de la fin de la guerre du Chaco. Les deux dirigeants ont signé une déclaration conjointe de paix et donné des discours, Lugo proclamant que les deux nations latino-américaines avaient « appris que l’intégration de leurs peuples est plus importante que l’héritage laissé par le sang des Boliviens et des Paraguayens versé sur la terre du Chaco ».

Morales semblait espérer que de telles affinités idéologiques amèneraient Lugo à réduire les liens militaires entre le Paraguay et les USA. Quand la Bolivie demanda au Paraguay des clarifications sur de présumées bases US sur son territoire, Lugo nia leur existence mais déclara plus tard qu’il allait ouvrir une enquête. Il va sans dire que de telles proclamations n’étaient pas du goût de la droite nationaliste à l’Assemblée paraguayenne, qui était chagrine de tout rapprochement avec la Bolivie.

Post-scriptum: qui a viré Lugo et le Chaco argentin

C’est sûr, il n’y a pas de « flagrant délit » prouvant que les USA aient joué un rôle dans la sortie récente de Lugo, mais certains rapports sont extrêmement soupçonneux en termes de calendrier. En effet, comme par hasard, un député de la frange droite du Parti Colorado qui présidait le Comité de l’Assemblée sur la Défense rencontra du personnel militaire US peu de temps après la destitution de Lugo. Selon le journal mexicain La Jornada, ses collègues et lui ont parlé aux états-uniens de la construction d’une base militaire dans le Chaco. Le législateur remarqua qu’une base au Chaco était « nécessaire » parce que la Bolivie constituait « une menace pour le Paraguay ».

Et si ce rapport ne suffisait pas à se faire hausser les sourcils, les USA ont aussi engagé des efforts conséquents pour assurer une base militaire dans le Chaco argentin, de l’autre côté de la frontière du Paraguay. Comme au Paraguay, le Pentagone déclara que la base était nécessaire pour fournir une assistance humanitaire locale. Les diplomates US, dans le même temps, ont obtenu le soutien d’un gouverneur régional pro-US pour le projet. Hélas, pour le plus grand échec du Southern Command, le gouvernement argentin a décidé de geler l’initiative à la suite du tollé de la société civile.

A la lumière des preuves, il est bien clair que Washington veuille établir un point d’appui dans le Chaco. Peut-être que la question plus intéressante, par contre, est pourquoi? Peut-être que les USA veulent surveiller le trafic de drogue dans le Chaco, ou alors désirent le contrôle des ressources stratégiques. Peut-être que Washington cherche à empêcher le Paraguay d’entrer dans une alliance gauchiste avec la Bolivie, ou elle cherche à encercler l’étoile montante du Brésil. Ou peut-être que c’est juste une combinaison des trois. Quoiqu’il en soit, par contre, cela impliquera forcément des magouilles.
Vous pouvez suivre Nikolas Kozloff sur Twitter: @NikolasKozloff

Source: http://www.aljazeera.com/indepth/opinion/2012/07/2012718115122519807.html

Traduit depuis le web par willsummer

WikiLeaks : le Big Brother américain surveille l’Afrique

12/03/2012 à 15h:31 Par Jeune Afrique

Stratfor travaille notamment comme sous-traitant de la CIA.

Déploiements de troupes angolaises au Cabinda, état exact des ressources aurifères du Mali, achats d’armes du Tchad, relations entre Kinshasa et la province du Katanga… Depuis le 27 février, le site WikiLeaks publie les télégrammes de l’agence privée de renseignements Stratfor, qui travaille entre autres pour le compte d’agences fédérales américaines.

Diffusés sur le site WikiLeaks depuis le 27 février, les télégrammes secrets de l’agence privée de renseignements texane Stratfor contiennent quelques indications intéressantes concernant les préoccupations américaines en Afrique. Stratfor, qui travaille comme sous-traitant pour le compte, entre autres, de la CIA et de la DIA (un des services de renseignements), donne ainsi une série de « consignes de surveillance » (monitor guidance) à ses agents sur le terrain – lesquels sont souvent des membres, passés ou en fonction, des services de sécurité locaux. Exemples : les déploiements de troupes angolaises au Cabinda, l’état exact des ressources aurifères du Mali, les achats d’armes du Tchad, les relations entre Kinshasa et la province du Katanga. Les rapports « de rivalité et de compétition » entre l’Angola et l’Afrique du Sud sont également scrutés avec attention. Parfois, la requête frôle le cynisme commercial. Stratfor demande ainsi à ses agents en Guinée équatoriale de voir dans quelle mesure les ennuis judiciaires en Europe du pouvoir en place à Malabo pourraient profiter aux sociétés pétrolières américaines.

Source: http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2669p008-009.xml8/usa-angola-tchad-kinshasawikileaks-le-big-brother-americain-surveille-l-afrique.html

http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,9472.0.html