Le changement climatique pourrait conduire à l’augmentation des tremblements de terre et de l’activité volcanique

Les conséquences du changement climatique sont multiples. Dans les médias, on parle principalement de la montée du niveau des océans, ou encore de la fonte des glaces, du dérèglement du climat à l’échelle mondiale et des ours blancs en voie de disparition. Mais quels seront les autres effets du changement climatique? Certains sont parfois évoqués dans des articles, mais sont moins connus du public. Nous avons essayé de rassembler ce que nous avons lu ici et là pour tenter de comprendre le changement climatique dans une perspective plus globale. Le changement climatique impacte toute la terre, et ce qui arrive de manière ponctuelle dans certains pays peut aussi nous donner signe de ce qui peut arriver ailleurs dans les années à venir.

1. Le niveau des océans, des prédictions « dépassées » 

Pour commencer, avons-nous suffisamment conscience de l’ampleur que peut prendre la montée des océans? Il y a 15,000 ans, un changement climatique est supposé avoir fait monter le niveau des océans de plusieurs mètres sur une période de quelques siècles, un changement comparable à ce qui se déroule aujourd’hui sur notre planète comme l’explique un article de Science Daily. Les scientifiques actuels font-ils des prédictions suffisamment réalistes en ce qui concerne la rapidité avec laquelle ces événements vont se produire sur notre planète? Il y a une différence entre un réchauffement climatique qui mettrait quelques siècles, ou quelques décennies à se produire, ou s’il devait au plus tard se réaliser dans une vingtaine d’années. Les mesures pour déplacer et reloger les populations, par exemple, devraient déjà commencer à être envisagées, si un réchauffement climatique brutal devait se produire d’ici 20 ans. Or, aucun modèle ne permet de savoir précisément comment va se dérouler ce changement climatique. Tout semble incertain en ce qui concerne la montée des océans, beaucoup de villes pourraient être concernées, y compris des villes comme Londres, qui pourrait être une ville fortement impactée par la montée des océans, comme l’explique également un autre article de Science Daily:

Il existe un risque important que les mers autour de la Scandinavie, de l’Angleterre, des Pays-Bas et du nord de l’Allemagne augmentent d’environ 1,5 mètres au cours de ce siècle.

« Les prédictions d’il y a quelques années sont déjà dépassées », mais tant d’incertitude peut faire craindre le pire, et rien n’est fait pour nous rassurer, comme le rappelle un article du National Geographic:

Le niveau des océans augmente plus rapidement qu’il y a 50 ans, et il est très probable que cela s’aggravera, selon un scientifique de la NASA.

En attendant d’en savoir plus de la part des scientifiques, on peut calculer en ligne la montée des océans, par exemple sur Flood Map, un site qui permet d’enregistrer un niveau de montée des océans allant de 0 à 800 mètres. Parmi les prédictions évoquées, certains avancent des chiffres d’1 mètre, 3 mètres, 9 mètres, voire 65 mètres. Avec ce logiciel, chacun peut se faire une petite idée de la montée des océans et sélectionner la valeur voulue.

capture-decran-2017-02-12-a-20-35-34Mais prenons simplement 1 mètre de montée des océans, il y aurait déjà de graves conséquences sur nos villes, même en Europe (ici, une copie écran de Flood Map montrant la Belgique, les Pays-Bas et le Nord de la France affectés par une montée d’un mètre du niveau de la mer). Ce genre d’outils permettent d’imaginer de manière plus réaliste les conséquences du changement climatique, d’autant que certains estiment qu’une montée d’un mètre serait tout à fait probable d’ici la fin de notre siècle:

Une telle élévation [1 mètre] du niveau de la mer inonderait les zones côtières fortement peuplées du monde, ce qui pourrait forcer le déplacement de 187 millions de personnes (selon une étude)

D’autres estiment que la montée des océans pourrait même atteindre 65 mètres, avec la fonte de toutes les glaces sur terre (modifiant peut-être aussi par endroits la répartition de la masse de la croûte terrestre là où d’importantes quantités de glace auront disparu), ou encore comme on peut le voir dans cette animation vidéo:

A quoi ressemblerait la Terre si toute la glace fondait

2. L’augmentation des tremblements de terre (l’exemple de l’Himalaya)

Le changement climatique n’est pas seulement responsable de la montée des océans. Il pourrait aussi augmenter le nombre des tremblements de terre. Comme on peut le constater, la fréquence des tremblements de terre semble avoir augmenté ces dernières années à l’échelle mondiale, comme en Amérique Latine (Equateur, Chili, Colombie), en Asie (Japon, Indonésie), ou en Europe (Italie). Revenons sur le cas de l’Himalaya pour comprendre l’impact du climat sur les tremblements de terre.

Un article de Live Science explique comment l’eau qui s’écoule des montagnes fait trembler la terre, en Himalaya, après la saison des pluies. Les « variations saisonnières », le passage d’une saison plus froide à une saison plus chaude, mais aussi la variation des pluies et des températures, modifient la structure des sols et les fragilisent par endroits. L’hiver est la saison où se produisent ces variations, ce qui conduit à une augmentation des tremblements de terre pendant la saison hivernale dans l’Himalaya.

A l’échelle mondiale, on sait que le changement climatique va modifier les variations saisonnières dans certaines régions. Par un méchanisme semblable à celui de l’Himalaya (et cela reste une hypothèse), on peut imaginer que des tremblements de terre pourraient aussi s’intensifier dans d’autres régions montagneuses, y compris en Europe, où les variations saisonnières interviennent plutôt au printemps. En modifiant le cycle des pluies à l’échelle de la planète, le changement climatique pourrait aussi augmenter la fréquence des tremblements de terre dans d’autres pays lors des changements saisonniers.

3. Les éruptions volcaniques (l’exemple de l’Islande)

En Islande, les volcans font partie du paysage et de la vie quotidienne. Mais ils sont aussi surveillés par les scientifiques, et ce qui inquiète depuis ces dernières années, c’est que les volcans les plus importants d’Islande « sont tous dans une phase inhabituelle d’activité », selon ce que rapporte le WND.

L’explication donnée à cette activité volcanique inhabituelle pourrait se trouver dans le réchauffement climatique. En effet, tout en rappellant l’éruption du volcan islandais qui avait paralysé les aéroports européens en 2010, un article du Yale Scientific explique les liens entre l’activité des volcans et la fonte des glaciers:

Alors que la planète souffre d’un climat de plus en plus chaud, une hausse des niveaux de magma en Islande pourrait causer un pic d’activité volcanique

L’article détaille le mécanisme qui conduit les glaciers à augmenter l’activité volcanique en Islande. En fondant, les glaciers exercent en effet moins de pression sur les roches, laissant ainsi le magma remonter plus facilement à la surface, ce qui entraîne une activité volcanique plus intense. Par un méchanisme semblable, la fonte des glaciers pourrait augmenter la fréquence des éruptions volcaniques dans d’autres régions du monde, donc pas seulement en Islande.

4. L’affaissement des sols avec la fonte du permafrost (le cas de la Russie)

Plus inquiétant, « des villes en Russie pourraient s’effondrer d’ici 2050, à cause de la fonte du permafrost », annonce un article du Daily Mail. Ce problème pourrait se poser plus tôt que prévu, d’ici à 2020, pour des régions et des villes situées à l’est de la Russie, proches du cercle polaire arctique.

Le changement climatique risque, en effet, de changer la structure des sols et de rendre instable la base sur laquelle reposent les villes et les bâtiments qui ont été construits. En fondant, le permafrost va ramollir et déstabiliser les sols sur des régions entières. Soient les bâtiments devront être reconstruits, soit il faudra déplacer des populations entières vers d’autres villes.

Mais la fonte du permafrost ne concerne pas seulement la Russie. La fonte du permafrost et les émissions de méthane qui en résultent ont été étudiées plus largement « sous les lacs de l’Arctique en Alaska, en Sibérie et au Canada », et l’étude suggère que « l’Arctique se réchauffe plus vite qu’aucune autre région du monde », selon un article du National Geographic.

Si le Daily Mail évoque la possibilité que des villes s’effondrent en Russie, on peut imaginer que la même chose pourrait se produire en Alaska (nord des Etats-Unis), et au Canada, même si ces régions sont peut-être moins peuplées que la Sibérie, en Russie.

Dans tous les cas, les effets n’en seraient pas moins désastreux sur les écosystèmes, comme on peut le lire dans un article du CCIN [Canadian Cryospheric Information Network] qui explique l’impact de la fonte du permafrost au Canada (la même chose vaut pour les autres régions du monde concernées par la fonte du permafrost, que ce soient la Russie, ou l’état de l’Alaska aux Etats-Unis):

Cette dégradation du permafrost a des implications importantes pour les processus du paysage (terrain, pente et stabilité côtière), l’hydrologie (régimes d’eaux de surface et souterraines), les caractéristiques de surface (végétation, albédo), les sources de gaz à effets de serre et les puits (tourbières, sols, hydrates de gaz), ainsi que pour les écosystèmes, l’ingénierie et l’infrastructure.

5. La modification du champ magnétique terrestre

Enfin, dans les prédictions les plus pessimistes, des articles font aussi le lien entre le réchauffement climatique et la modification du champ magnétique terrestre. Un article de Discover Magazine soulève une hypothèse intéressante:

Pour établir un lien causal direct entre la diminution du champ magnétique terrestre et l’augmentation des niveaux du Co2 dans l’atmosphère, Vares et Persinger citent un document de 2008 qui a constaté que le magnétisme affecte la solubilité du Co2 dans l’eau.

Le Co2 serait moins soluble dans les océans avec un champ magnétique plus faible. Et comme on constate ces dernières décennies une baisse significative du champ magnétique terrestre, ceci pourrait donc avoir un impact sur le réchauffement climatique et accentuer ses effets sur la planète. Mais cela ne suffirait pas à expliquer l’importance du changement climatique à l’échelle de la planète.

D’autres études font plus directement le lien entre le réchauffement climatique et « les variations du champ géomagnétique trouvées à des intervalles irréguliers au cours des derniers millénaires, en utilisant le dossier archéologique de l’Europe jusqu’au Moyen-Orient. Ces phénomènes semblent corrélés à des événements climatiques importants dans la région de l’Atlantique Nord », selon le résumé d’un article de Science Direct.

Si le champ magnétique terrestre s’est régulièrement inversé au cours de l’histoire, une animation vidéo résume ce qui pourrait arriver sur Terre:

L’inversion des pôles magnétiques terrestres

L’inversion des pôles magnétiques qui a eu lieu il y a 13 000 ans, et il y a 26 000 ans, comme l’explique la vidéo, conduirait soit à une inversion complète des pôles soit à un basculement de la Terre sur 90°. Pendant ce temps, le noyau de la Terre ne serait en rien affecté, car seule la croûte terrestre viendrait, en quelque sorte, à dériver, jusqu’à un point où elle se stabilise de nouveau pour quelques milliers d’années. Mais pour ceux qui vivent à la surface de la terre, ce serait une période difficile à survivre.

Un changement des pôles magnétiques serait catastrophique, car la brutalité du phénomène créerait des tremblements de terre et des tsunamis sur toute la planète. Des articles n’hésitent pas non plus à imaginer qu’avec le réchauffement climatique et l’inversion des pôles magnétiques, d’anciennes zones volcaniques éteintes pourraient éventuellement se réactiver. Mais on peut aussi imaginer qu’un changement des pôles magnétiques pourrait faire entrer en éruption un supervolcan.

On constate aujourd’hui que les phénomènes d’éruptions volcaniques et de tremblements de terre occupent une place importante dans l’actualité et ces phénomènes semblent augmenter leur fréquence, comme on a pu le voir ces derniers mois avec les tremblements de terre à répétition en Italie ou dans d’autres régions du monde. On fait rarement le lien de ces phénomènes avec le changement climatique. Pourtant, en dehors de la montée des océans (phénomène le plus visible), le changement climatique aura un impact sur le fonctionnement global du système terrestre et l’augmentation actuelle de ces catastrophes peut aussi être liée au changement climatique déjà en cours. L’ensemble des conséquences directes (montée des océans, catastrophes naturelles, etc) et indirectes (conséquences sociales et politiques) du changement climatique nous font mieux comprendre l’ampleur de ce phénomène et les dangers que cela représente à l’échelle mondiale.

Texte CC BY-SA

Vidéos: youtube
image: Floodmap

Publicités

A quel niveau s’élèveraient les océans si toute la glace fondait sur la planète?

Réponse postée par Eric Griffiths

On estime que l’Antarctique, s’il était entièrement fondu, contribuerait à plus de 60 mètres d’élévation du niveau de la mer, et le Groenland contribuerait à plus de 7 mètres. Les petits glaciers et les calottes glaciaires sur les marges du Groenland et de la péninsule Antarctique pourraient contribuer à environ 0,5 mètres. Bien que ce dernier chiffre soit beaucoup plus faible que pour l’Antarctique ou le Groenland, il pourrait se produire assez rapidement (dans le siècle à venir), alors que la fonte du Groenland serait lente (peut-être 1500 ans pour pleinement déglacer au taux probable le plus rapide), et encore plus lent pour l’Antarctique. Toutefois, ce calcul ne tient pas compte de la possibilité que l’eau de fonte coule en dessous et rende plus glissantes les feuilles de glace plus importantes, et que celles-ci pourraient alors commencer à se déplacer beaucoup plus rapidement vers la mer.

Montée actuelle des océans (wikipedia)

Voici à quoi ressemblerait une montée de 65 mètres:

e3

Source: https://www.quora.com/How-much-would-the-sea-level-increase-if-all-ice-on-the-planet-melted

WikiLeaks : Les US pointent la question de l’eau des tomates

Publié le 25 juin 2012, reblogué depuis SaharaDoc

Western Sahara Resource Watch :

Un câble de l’ambassade des États-Unis en 2005 pose la problématique d’une question restée sans réponse dans la récente ouverture du commerce agricole de l’UE avec le Maroc. “La longévité de l’eau douce aquifère de Dakhla est inconnue”, déclare la note. “Laayoune dépend de dessalement coûteux, et la longévité de l’eau douce aquifère de Dakhla est inconnue”, note l’ambassade des États-Unis dans une dépêche datée du 18 mai 2005“.La question de la gestion de l’eau est une question clé dans toute l’agriculture. Dans son récent rapport, «Label and Liability » (étiquette et responsabilité), WSRW identifie 11 sites agricoles près de Dakhla, tous détenus par le roi du Maroc, des conglomérats marocains d’entreprises franco-marocaines. Le rapport décrit aussi comment les produits de cette agro-industrie controversée, qui pompe l’eau en quantités énormes, trouve son chemin vers les paniers des consommateurs de l’UE.

“Alors que le Maroc souffre d’une sécheresse périodique régulière et de la baisse de l’eau potable, la nappe aquifère de Dakhla offre une source d’irrigation annuelle constante “, déclare le câble.

«L’agriculture pour l’exportation a réussi à Dakhla, mais n’est pas pratique à grande échelle en raison de la pénurie d’eau. […] Le Sahara Occidental a la chance d’avoir une croissance toute l’année et un bon accès routier aux marchés en Europe, mais ce que la région possède en soleil, elle le manque en eau douce “, est-il déclaré.

Les préoccupations du câble US sur la non-durabilité de la production agricole au Sahara Occidental font écho aux déclarations similaires de l’eurodéputé vert José Bové, rapporteur du Parlement Européen sur l’accord agricole UE-Maroc :

«Les entreprises agricoles ont été implantées depuis 2006 dans la banlieue de Dakhla (Sahara Occidental) où ils puisent les eaux souterraines du littoral. La surexploitation de ces réserves va, à long terme, saliniser l’eau douce, ce qui compromet l’approvisionnement en eau de la population à l’échelle locale », a écrit dans son rapport l’eurodéputé français.

Le câble US souligne également que Dakhla est nouvellement une importante région agricole.

“Les produits mûrissent sous les latitudes du sud du Sahara Occidental 10-15 jours avant les concurrents à Agadir 1.000 miles au nord, et donne aux producteurs à Dakhla deux semaines d’avance au démarrage sur les marchés européens”, selon Bové. Il fait spécifiquement référence à ce qui était probablement le premier partenariat franco-marocain qui, en 2002 a signé une joint-venture de 12 millions de dollars en collaboration avec le gouvernement marocain, qui lui a accordé 300 hectares dans la zone de Dakhla. En 2005, le groupe avait déjà couvert 100 hectares, soit une exportation annuelle de 5.000 tonnes de tomates vers l’Europe et le Canada.

Un nouvel accord agricole UE-Maroc devrait entrer en vigueur prochainement. Son champ d’application territorial non précisé permettra l’entrée sur le marché de l’UE à de plus grands volumes de produits frais du Sahara Occidental occupé, estampillés du Maroc.

La question de la gestion de l’eau est une question clé dans toute l’agriculture. Dans son récent rapport, «Label and Liability » (étiquette et responsabilité), WSRW identifie 11 sites agricoles près de Dakhla, tous détenus par le roi du Maroc, des conglomérats marocains d’entreprises franco-marocaines. Le rapport décrit aussi comment les produits de cette agro-industrie controversée, qui pompe l’eau en quantités énormes, trouve son chemin vers les paniers des consommateurs de l’UE.

“Alors que le Maroc souffre d’une sécheresse périodique régulière et de la baisse de l’eau potable, la nappe aquifère de Dakhla offre une source d’irrigation annuelle constante “, déclare le câble.

«L’agriculture pour l’exportation a réussi à Dakhla, mais n’est pas pratique à grande échelle en raison de la pénurie d’eau. […] Le Sahara Occidental a la chance d’avoir une croissance toute l’année et un bon accès routier aux marchés en Europe, mais ce que la région possède en soleil, elle le manque en eau douce “, est-il déclaré.

Les préoccupations du câble US sur la non-durabilité de la production agricole au Sahara Occidental font écho aux déclarations similaires de l’eurodéputé vert José Bové, rapporteur du Parlement Européen sur l’accord agricole UE-Maroc :

«Les entreprises agricoles ont été implantées depuis 2006 dans la banlieue de Dakhla (Sahara Occidental) où ils puisent les eaux souterraines du littoral. La surexploitation de ces réserves va, à long terme, saliniser l’eau douce, ce qui compromet l’approvisionnement en eau de la population à l’échelle locale », a écrit dans son rapport l’eurodéputé français.

Le câble US souligne également que Dakhla est nouvellement une importante région agricole.

“Les produits mûrissent sous les latitudes du sud du Sahara Occidental 10-15 jours avant les concurrents à Agadir 1.000 miles au nord, et donne aux producteurs à Dakhla deux semaines d’avance au démarrage sur les marchés européens”, selon Bové. Il fait spécifiquement référence à ce qui était probablement le premier partenariat franco-marocain qui, en 2002 a signé une joint-venture de 12 millions de dollars en collaboration avec le gouvernement marocain, qui lui a accordé 300 hectares dans la zone de Dakhla. En 2005, le groupe avait déjà couvert 100 hectares, soit une exportation annuelle de 5.000 tonnes de tomates vers l’Europe et le Canada.

Un nouvel accord agricole UE-Maroc devrait entrer en vigueur prochainement. Son champ d’application territorial non précisé permettra l’entrée sur le marché de l’UE à de plus grands volumes de produits frais du Sahara Occidental occupé, estampillés du Maroc.

Dow avait payé des entreprises américaines pour espionner des activistes de Bhopal: les e-mails WikiLeaks

Par Priscilla Jebaraj | 27 février 2012

Même pendant que Dow Chemical a résisté à toutes les demandes d’indemnisation à l’égard de la fuite de gaz catastrophique de l’Union Carbide à Bhopal, la firme a trouvé l’argent pour embaucher une société de renseignements privée pour surveiller intensivement toutes les ONG et activistes qui travaillent sur la question.

Ce lundi, WikiLeaks a publié une cache de 5,5 millions d’e-mails de Stratfor, une agence de renseignements basée au Texas, qui a révélé que les rapports de suivi réguliers des activités des ONG ainsi que la couverture médiatique ont été envoyés à Dow et aux directeurs de la communication de Union Carbide.

Dow Chemical, qui a acheté Union Carbide en 2001, insiste qu’il ne porte aucune responsabilité pour indemniser les victimes ou pour nettoyer le site contaminé par la catastrophe en 1984. Toutefois, ces e-mails prouvent qu’ils sont encore très investis dans le suivi des retombées de la catastrophe, et de son impact sur l’image de Dow.

Un rapport de suivi typique commence avec un tour d’horizon de tous les articles d’actualités faisant référence à Dow, Union Carbide ou Bhopal dans les dépêches, journaux, chaînes de télévision et sites web d’actualités d’Inde et de l’étranger. Il comporte un dossier complet sur les activités militantes – qui couvre des affaires judiciaires, pétitions en ligne, projections de films, collectes de fonds et événements publicitaires, communiqués de presse, blogs, articles sur des forums de discussion, e-mails à des listes de diffusion, et des pages de Facebook et des fils d’actualités Twitter. Aucune activité ou déclaration ne semble avoir été trop obscure pour Allis Information Management, l’entreprise basée au Michigan qui a préparé les rapports de suivi pour Dow. Des analystes de renseignement qui vont jusqu’à suivre des signataires de pétitions, des commentateurs sur des blogs, ou ceux qui auraient pu re-tweeté un article lié à Dow. Des noms comme ceux des activistes de Bhopal Rachna Dhingra et Satinah Sarangi sont fréquemment mentionnés, ainsi que les Yes Men, les farceurs anti-corporatistes. Dans la dernière partie de 2011, beaucoup d’attention a été accordée à la campagne qui proteste contre le parrainage des Jeux Olympiques de Londres par Dow.

Dans le cadre des préparatifs du 25e anniversaire de la catastrophe de Bhopal, les analystes de Stratfor ont également discuté ses tendances dans les stratégies activistes, spéculant si des joueurs ONG principaux seront capables de connecter Bhopal à la grande question de l’irresponsabilité des entreprises, la question « d’autres Bhopals ».

Les activistes Yes Men ont accusé Dow d’utiliser des « tactiques sinistres d’espionnage » et de paranoïa corporatiste. « Ces fuites semblent montrer que ce dont le pouvoir corporatiste a le plus peur est tout ce qui révèle le ‘plus grand ensemble’ et les ‘thèmes plus vastes’, c’est-à-dire tout ce qui amène les comportements criminels systémiques à la lumière », dit une déclaration faite lundi par les Yes Men.

Pourtant, tandis que la surveillance était extensive et intensive, il ne semble pas y avoir de preuves d’espionnage, ou de toute activité illégale par Dow dans cette cache de courriels. Toutes les données extraites par l’entreprise de recherche de renseignements semble être dans le domaine public, et ouvertement à la disposition de toute personne intéressée.

http://www.thehindu.com/news/national/article2939308.ece
https://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,8808.msg30069.html#msg30069

Traduit sur WikiLeaks par Arduenna Silva